Merci ureli1 pour ton commentaire. Love ~
─ Zoro, Satori t'a fait du mal pour donner le change, tu nous l'as dit. Regarde-moi. Pourquoi n'es-tu pas venu te faire soigner les plaies ?
La nuit, quand il n'y a aucune lune et que les nuages voilent toutes les étoiles, il suffit d'un récif trop près et d'un phare défectueux pour causer un naufrage. Il suffit d'un détail pour transformer l'hymen de la mariée se préparant à être recouverte d'or et d'encens dans les bras de son doux mari pour être chargée en parfum mortuaire. Luffy. Un détail suffit à changer le plus vaillant capitaine en un souvenir oublié. Qui sait ? Si la mort vient m'enlacer de ses bras, peut-être que je pourrais te rejoindre. Pétrifié Zoro écouta les mots venir se fracasser sur son cœur cherchant une énième réponse à trouver devant la main tachée de Trafalgar. Il le vit l'essuyer sur son jean. Zoro se recula, refermant davantage ses bras autour de lui. Il faisait trop chaud ici. Il avait trop chaud. Il n'arrivait pas à respirer.
« Ah … Ah …, haleta-t-il, c'est … rien.
─ Zoro, tu devrais me montrer tes blessures si ce n'est rien. Je suis médecin.
─ Nn … Nh …
─ Zoro, Satori t'a vu nu, n'est-ce pas ?
─ Non.
─ A-t-il vu ta marque ?
─ Pe…être …
─ Tu as dit qu'il l'avait vu. Il l'a vu ?
─ Ui.
─ Donc tu étais nu ?
─ Elle … à ma cheville. J'ai pas… besoin … de … nu …
─ Tu étais nu ?
─ La…Law.
─ Zoro, tu étais nu ?
─ Oui, lâcha-t-il enfin.
─ Et il t'a blessé ?
─ Pas … pas lui.
─ Robin a dit que tu étais seul avec lui quand tu as été blessé. Il t'a donc blessé. »
Le visage de l'homme bascula en avant et il manqua perdre des repères et s'effondrer au sol. Trafalgar le rattrapa avec dureté. Il le plaqua contre le mur. Zoro tressaillit. Il ne pouvait rien nier. Il voyait bien que Law avait lu en lui. Il ne pouvait mettre en danger la mission, les rebelles, les localisations, Trafalgar et les siens. Et Sanji ! Il ne devait pas.
« Oui, il m'a blessé, soupira-t-il, … C'était voulu. J'étais ok. Ça va. Pour donner le change si quelqu'un arrivait.
─ T'as mal ?
─ Ça … va, hacha-t-il.
─ Zoro, est-ce que tu veux me sucer car tu ne peux pas … utiliser … ?
─ Ta gueule, putain ! s'embrouilla Zoro, ne le dis pas. Ne le dis pas ! »
Le regard noirci de Trafalgar s'éloigna. Il alla chercher une fiole dans la droguerie. Il était médecin. Il se le répéta. Il était médecin, il devait respecter son patient. Le secret professionnel, fermer sa putain de gueule, ne pas cogner Zoro d'être aussi con. Ne pas hurler de faire demi-tour pour aller voir Satori. Ne pas prévenir les rebelles de l'exclure. Ne pas agir impulsivement. Agenouille-toi Traff-chéri~, supplie et montre à tous quelle chienne t'as toujours été à changer de camps en fonction du vent. Il haïssait la frustration. Cette maudite frustration de ne pas pouvoir intervenir quand les autres souffraient ou mourraient. Il revint, contenant son énergie, déposant la fiole entre les doigts de Zoro.
« Bois !
─ C'est quoi ?
─ Ça calmera tes douleurs. Arrête d'être aussi suspicieux ou je te la fais avaler de force.
─ Je n'en ai pas besoin.
─ Tu veux te réveiller cette nuit avec une hémorragie interne et que tout le monde sache pourquoi tu chies du sang ? »
L'épéiste jeta un regard noir à Trafalgar mais avala la potion immédiatement. Non, il voulait tout sauf ça ! Il sentait toute la tension dans le médecin. Trafalgar allait tout balancer. Il allait balancer. Il y aurait des morts. Il y aurait des putains de morts parce qu'en plus d'être une pute du gouvernement, cet idiot ne savait pas fermer sa putain de gueule. Ne fais pas ça, je n'ai pas besoin d'un sauveur. Zoro se rapprocha du chirurgien avec inquiétude.
« …. Law, ce n'est pas ce que tu crois, j'étais d'accord. J'étais ok. J'ai proposé de coucher avec lui pour délivrer Robin, murmura-t-il doucereux, et il a réalisé pendant qu'on le fais….
─ Il t'a violé. Au point d'en provoquer des fissures.
─ J'aime quand c'est violent, c'est tout, grogna Zoro, je suis une pute t'as oublié ?
─ Oh, je le sais, sourit enfin Law, son pouce caressant Zoro, tu sais te préparer, tu sais faire en sorte que même la mienne y soit parfaitement chez elle. Car tu sais qu'elle …
─ Tu prends tes rêves pour des réalités ! » siffla l'escrimeur retrouvant sa respiration.
Les taquineries et les moqueries, un registre sur lesquelles ils étaient accordés. Trafalgar soupira de soulagement à le voir reprendre des couleurs. Il déposa son menton sur l'épaule de Zoro.
« Quoi ? Tu la trouves trop petite ?
─ Idiot, … tu vas me parler de ça mais je n'ai pas le droit d'y toucher ?
─ Zoro, tu sais que ça ne changera pas ce qui tu es d'avouer ce qu'il a fait. Je ne te verrais pas autrement.
─ … Law, je t'en prie, ne continue pas ! »
Le médecin redressa des yeux désolés. Il ne pouvait pas le laisser partir sans avoir entendu l'escrimeur sortir les mots d'entre ses lèvres. Trafalgar avait conscience ques si Zoro sortait d'ici sans l'avouer alors il renfermait l'information de manière plus sombre et qu'il faudrait creuser pour arriver à l'aider. Il savait qu'on ne devait pas faire confiance à Satori ! Il savait ce qu'il adviendrait sinon : qu'il finirait par être un problème. Il avait vu assez de démons au travers de sa vie. Il avait entendu parler des hommes du ciel et de leurs manières. Ils se prenaient pour des dieux vivants. Il avait entendu dire qu'ils aimaient tuer les prostitués et les avoir nus. Rendre leurs libertés, les soulager de leurs peines et autres conneries du genre. Être un marchand avait des avantages, il entendait beaucoup. Il savait beaucoup. Il ressemblait en cela beaucoup à Robin. Robin …. Elle avait été seule. Avec Ohm. Avec Satori. Non !
« Est-ce qu'il t'a forcé ?
─ Arrête de dire ça ! J'étais ok. Trafalgar ! Tu n'écoutes pas ce que je dis.
─ Et c'est moi le menteur ?
─ …, fut la seule réponse de l'escrimeur.
─ Zoro !
─ Tu sais quoi ? T'es un connard. Laisse-moi essayer de comprendre : t'es donc un putain de rebelle qui bosse pour le gouvernement et …
─ Ne change pas de sujet !
─ Et du viens chez Barthelemy pour bosser pour lui. Ce vieux taré ! Et ensuite, tout content que tu es, tu viens me baiser ?
─ Zo …
─ Je suis quoi pour toi ? La récompense de Barthelemy ? "Pendant que tu continues à te battre, regarde ce que j'ai chez moi qui s'est reconverti ? Tu veux l'essayer cette salope de Zoro ?"
─ Pu'ain. »
Une lueur de rage traversa le regard de Law. Il devait rester calme. Ses mains agrippèrent celles de Zoro au-dessus de sa tête. Pas question de changer de sujet, il fallait l'orienter vers de vraies réponses. Le problème, c'est que Zoro était en train de paniquer et ça il le ressentait. Il entendait encore sa respiration s'emballer. Il tenait à peine debout. Putain, où était Sabo quand il avait besoin de lui ? Sabo aurait su le calmer.
« Calme-toi bordel, ta respiration s'affole. Zoro, je veux juste qu'on parle. Avant que ce soit trop lointain et trop bien renfermé dans ta tête et que tu ne puisses plus le dire. Je t'aiderai, mais tu dois me parler.
─ J'ai rien à dire. Arrête de forcer !
─ Réponds-moi.
─ Je suis une prime de risque, une récompense ? Un joli cadeau ?
─ Zoro.
─ Ou bien, comme tu as pas pu avoir Luffy, tu te tapes le second ? C'est ça, hein ? Il te foutait la gaule ! Tu voulais à ce point Luffy qu'en fermant les yeux, tu peux croire que c'est lui quand tu claques ton bassin contre mon … »
La patience de Trafalgar venait d'exploser au visage de Zoro. L'épéiste frappa à son tour, fermement, et brutalement, rendant chaque coup.
« Arrête de changer de sujet, Satori !
─ C'est pareil que pour toi, une récompense accomplie pour travail mérité !
─ …, ne dis pas ça ! menaça Law.
─ C'est pareil, toi ou lui, c'est mon job ! T'es comme Satori, Law ! Tu débarques et tu me baises. Fin !
─ Zo' !
─ Je suis la putain, tu te rappelles ?
─ Ne dis pas ça.
─ Me voir là pendant que tu sauvais le monde ! L'orgasme assuré de me voir vendre mon corps. Tu devrais prendre ton pied à savoir que j'étais …
─ Ouais, je prenais mon pied, Zoro ! Je n'sais pas si t'es au courant, mais t'es un putain de bon coup ! Oui, j'ai joui de plaisir ! Ton cul et ta bouche, on sent que tu as bien bossé. Oui, j'aime te baiser bien que t'as toujours refusé de me parler de la capture de Luffy ! J'ai ravalé mes questions comme tu ravalais mon sperme ! Et si tu m'en parlais, maintenant. Pourquoi t'es là ? Qu'est-ce qui a cloché ? Pourquoi seul Luffy a été capturé, hein, Zoro ?
─ C'était ça le truc ? Me punir d'être en vie ? Me punir de vivre alors que Luffy est mort ? T'as raison. Tu as raison. Il est mort et je devrais être à sa place. Tu aurais dû me tuer quand tu m'as retrouvé, tu sais. Mais m'humilier est peut-être … tu as bien duû te marrer à …
─ Idiot. Merde. Zo' »
Toute la colère de Trafalgar venait s'évanouir devant les tremblements de l'homme face à lui. Zoro le frappait, plus mollement, malgré qu'il essayât d'y mettre de la force. Il ne comprenait pas pourquoi il se sentait patraque et Law venait de comprendre que Zoro essayait juste de l'attaquer pour ne pas avoir à répondre. Il le colla contre un mur. Il embrassa doucement sa joue. Il regrettait tellement de lui avoir crié dessus. Il n'avait pas envie de se disputer. Pas maintenant. Ses lèvres vinrent doucement se poser sur la nuque de l'escrimeur, sentant un sanglot être renvoyé par ce dernier.
« Jamais. Jamais je n'ai pensé que tu aurais dû être mort. Jamais je n'ai pensé que tu étais coupable de quoique ce soit. Zoro, je sais que tu aimais Luffy.
─ Je suis coupable pourtant.
─ Un jour, tu me raconteras. Quand tu voudras, mais là. Zoro. Satori, il a ….
─ Je le voulais.
─ Dis-moi la vérité. Dis-moi ce qu'il t'a fait, Zo'. On se doit ça. On se doit de se faire confiance. Regarde-moi, je te fais confiance. Quoique tu dises, j'ai entièrement confiance en toi. J'ai totalement confiance en toi. Tu pourrais me demander de me bander les yeux et de marcher sur le mat au son de ta voix que je le ferais. Je mettrais ma vie entre tes mains.
─ Dis pas ça … Lu ….
─ Zoro. Ma vie entière. Dis-moi ce que je dois faire pour te le prouver ?
─ Tu as entendu Pom ? Satori nous vient en aide et il a l'air plutôt utile et précieux. C'est le cas, n'est-ce pas ? Il est capital à la mission des rebelles ? Law. Est-ce que Satori est primordial ?
─ Ce n'est pas ma question, Zoro.
─ C'est important ce qu'il fait …
─ Toujours pas.
─ J'étais d'accord.
─ Zoro, est-ce que tu me mens ?
─ (…) je suis un prostitué …
─ Et moi un marchand. Si on me vole ma marchandise, je ne l'ai pas vendu. »
Zoro soupira, se laissant tomber entre les bras du chirurgien. Il respira son odeur de sel et de sueur. Le tee-shirt jaune s'humidifia au fur et à mesure de silencieuses et perverses larmes.
« Zoro …. Satori …
─ Ça ne fait rien, Law, murmura tremblant Zoro soudainement épuisé, s'il a volé au début un peu de marchandise mais peut vous aider à venger Luffy, je suis d'accord. Il peut me voler. C'est un risque accep …
─ Je vais le tuer.
─ …, Law, … j'ai pas dit que ….
─ Je vais tuer ce chien. Et je le ferais cuisiner par Sanji et servir au gouvernement.
─ … Tu me fais mal …
─ … Ta gueule.
─ Law … tu … me fais peur. »
Trafalgar réalisa soudainement qu'il serait bien trop fort Zoro. Il relâcha la pression sur l'homme, mais le garda solidement contre lui. Plus personne ne s'approcherait jamais de l'escrimeur ! PLUS PERSONNE.
« Il faut le dire à Barthelemy et Sanji !
─ Il n'y a rien à dire, je suis ok, ça va.
─ PUTAIN. Tu m'écoutes ou quoi ?
─ … Ne le fais pas, si tu leurs dit, Satori … il est important, il n'y a rien à dire, je dirai que j'étais d'accord. Je te le promets, Trafalgar. Tu as dit que tu avais confiance en moi … J'ai confiance en toi …. Ne dis pas ce qu'il a volé …
─ Ce n'était pas juste un vol, ….
─ Law … j'étais d'accord. Je leurs dirais que j'étais d'accord. Je leurs dirais que c'était consenti.
─ Tu le diras, ou tu l'étais ?
─ (…), Law.
─ Ça va aller. Je suis désolé, Zoro.
─ Désolé de … ?
Le chirurgien attira fermement l'autre homme contre lui, caressant ses longs cheveux, respirant son odeur de lavande et d'été. Il ne parviendrait pas à faire dire à Zoro quoique ce soit. Il en avait conscience. Il allait tuer Satori. Il allait tuer.
« Qu'est-ce que tu m'as fait ? Pourquoi je parle autant. Tu m'as drogué ? Pourquoi je suis si fatigué ? » chuchota Zoro sombrant dans le néant.
Ce fut difficile. Ce fut dur pour Trafalgar de déshabiller Zoro sans son accord. Ce fut difficile de recouvrir les plaies et les morsures d'onguents, de voir les bleus violacés et les traces de mains formées par des ecchymoses. Ce fut insupportable de voir les griffures sur le membre de l'homme et pire encore de devoir s'occuper de ses chairs. Il n'avait pas menti, l'hémorragie aurait pu être dangereuse. Il avait menti sur le moyen de soigner : il n'y a pas de potion miracle qui soigne un corps.
L'unique pensée l'aidant à soigner le corps de l'épéiste fut : il va mourir. Il allait tuer Satori, il commencerait par ses oreilles, puisqu'il ne savait pas entendre le non. Puis, par sa bouche, puisqu'il ne savait pas poser de questions. Puis …. Le regard cruel de l'homme ne le quittait pas. Il rhabilla l'escrimeur. Tant pis, il pouvait le haïr, ce n'était pas grave. Il s'en foutait que Zoro le haïsse à cet instant. Peut-être qu'il n'aurait pas dû le droguer. Peut-être qu'il ne devrait pas le forcer à en parler. Est-ce qu'il y avait seulement un manuel pour réagir quand la personne … quand un ami est blessé ?
─ … Traf'lgar ?
On frappa à la porte. L'homme ouvrit la porte, laissant entrer Sabo. Le blond vit immédiatement la haine dans les yeux du médecin et recula d'un pas. Qu'est-ce qui était en train de se passer ?
« T'arrives trop tard.
─ Né ?
─ Tt. Je suis occupé, là, Sabo.
─ Qu'est-c'que t'as ?
─ Je te le dirais, mais je dois avant, voir un dernier détail. »
Robin. Ce n'était pas un détail. Il tuerait la bande à Ohm. Peu importait le gouvernement à cet instant.
« Ok, si tu le dis. J'venais te voir car … qu'ce-que Zoro fait là ?
─ Merde ? Sabo, t'es encore plus cerné ! Tu n'as pas dormi ! gronda Law, je t'avais dit de te reposer.
─ N'agis pas comme-chi t'étais mon père ou mon chef. J'vais bien, arrête de toujours t'en faire.
─ Je n'aurais pas à le faire si tu étais responsable !
─ J'suis pas ta responsabilité, Trafalgar, essaya de dire calmement Sabo.
─ Ce n'est pas ce qu'a dit ton boss.
─ J'oubliai, la mission de veiller sur moi, » soupira le jeune homme, enchaînant sur l'information principale ne voulant pas une énième dispute inutile avec son ainé :
« On arrive dans quelques minutes. Le ciel est assez dégagé. Nami va se rapprocher d'une zone un peu désertique, Elizabeth lui a indiqué l'endroit, Jaa et elle veulent directement se rendre au bordel sans essayer de les joindre. Il faudra peut-être y aller pour les protéger. On risque de devoir se battre.
─ Vraiment ? » questionna le chirurgien un sourire sadique éclairant brutalement son visage.
Il ne réalisa pas qu'il avait blessé Sabo en rappelant qu'il était une mission et Sabo était quelqu'un de trop solaire pour le montrer. Il avait d'autres préoccupations des plus inquiétantes. Il voulait tuer. Il devait tuer. Il voulait se battre. Là, maintenant. Sabo fixa les tâches de sang sur les bandages aux mains de Trafalgar. Il était le dernier à avoir été soigné et Trafalgar n'avait pas de bandages. S'il les avait faits après l'avoir soigné, pourquoi le sang ? Son regard clair se posa sur Zoro. Ce n'était pas la première fois que l'escrimeur était blessé alors pourquoi Law réagissait-il …
« Trafalgar, ton regard.
─ Quoi ? »
Sabo agrippa brutalement le chirurgien par les joues pour qu'il se fixe dans le miroir malgré le courant électrique qui venait de lui crier de fuir cet homme au regard meurtrier.
« J'ne sais pas ce que t'as fait Zoro mais 'y a des innocents sur c't'île. Tu ne peux pas être assoiffé d'sang. »
