Hellooo ! Voici le chapitre 47 ! J'espère qu'il vous plaira

Bonne lecture !


Un silence sombre avait envahi le bureau de l'Hokage. Hashirama et Madara digéraient peu à peu ce qu'Eirin venait de leur raconter. La mine lugubre, Eirin ne parvenait pas à réfléchir. L'idée oppressante de voir tout ce pourquoi elle avait lutté être réduit à néant sur le caprice d'un seigneur l'asphyxiait et la paralysait. Elle se sentait prisonnière et prise au piège, tel un oiseau mis en cage par la noirceur humaine.

— Cet enfoiré de daimyō, grogna Madara. Je savais qu'il trafiquait quelque chose, mais de là à vouloir lancer une guerre…

Frustré par la situation, Hashirama se redressa d'un coup, attirant l'attention des deux autres.

— On ne doit pas se laisser abattre ! Il y a forcément une solution, un moyen de faire changer le daimyō d'avis !

Son optimisme à tout épreuve arracha un sourire à Eirin. Il avait raison se morfondre face à la situation ne changerait rien. À son tour, elle se releva.

— Je suis d'accord que nous devons trouver une solution, mais le daimyō ne reviendra pas sur ses paroles.

— On peut toujours essayer ! J'ai bien réussi à raisonner Madara ! ajouta-t-il avec un sourire.

Sa remarque lui valut un regard dédaigneux, accompagné d'un « Abruti. » de la part de l'Uchiha, et Eirin se dit qu'ils n'avaient vraiment pas changé. Hashirama n'avait pas tort, mais il oubliait quelque chose de fondamental dans son raisonnement.

— Cette fois, ça ne fonctionnera pas, affirma-t-elle à nouveau. Déjà parce que le daimyō se fiche bien de ce qu'on pourra lui dire, nous ne sommes pas ses amis. Et puis, il y a ses yeux… Je n'y ai étrangement vu aucune haine, aucune colère ni même l'ombre d'une incertitude.

Elle marqua une pause.

— Juste une soif inextinguible de pouvoir. Sans oublier qu'il m'a bien dit que si nous n'obéissions pas, reprit-elle, il s'en prendra à Konoha. Et je doute que ce soit du bluff.

Sa déclaration tomba comme un couperet. Mais avant qu'un autre silence pesant n'emplisse encore la pièce, Madara se leva, l'air sérieux et déterminé. Eirin n'aurait pu dire comment ni pourquoi – sans doute était-ce le fait qu'elle le connaisse depuis des années – mais elle sut ce qu'il allait dire au moment où il ouvrit la bouche.

— Si nous ne pouvons pas lui parler, il nous reste une autre solution. Il faut s'en débarrasser.

— S'en débarrasser ? releva Hashirama. Madara ! Tu n'y penses pas ! Il reste le seigneur du pays du Feu, malgré tout !

— C'est le destin des dirigeants d'être assassinés, asséna Madara. Si nous faisons passer ça pour un accident, il n'y aura probablement pas de retombées sur Konoha.

— « Probablement » ? Comment ça « probablement » ? Konoha est un village de paix, ne l'oublie pas !

Les poings d'Hashirama se serrèrent en même temps que sa mâchoire, et Eirin sut qu'il fallait qu'elle intervienne avant que la discussion ne s'envenime un peu plus. Elle frappa dans ses mains pour attirer l'attention des deux hommes qui se regardaient en chien de faïence.

— Konoha est en effet un village de paix, mais si nous ne faisons rien, nous nous retrouverons embarqués dans une guerre quoiqu'il arrive.

Eirin prit une grande inspiration. Il était de son devoir de trancher entre les deux hommes. Hashirama craignait pour la sécurité du village, elle comprenait cela. Mais Eirin comprenait aussi que tant que le daimyō vivrait, ils n'auraient aucun répit.

La jeune femme posa une main compatissante sur l'épaule de son ami.

— Je comprends ce que tu ressens, Hashirama, mais Madara a raison. Essayer de raisonner le daimyō ne mènera à rien… et puis, j'ai juré de protéger ce village quoiqu'il en coûte.

Le Senju ne répondit pas, mais son silence parlait pour lui. Il désapprouvait ce type de méthodes. L'idéalisme d'Hashirama frôlait par moment la naïveté, mais il ne s'agissait en réalité que d'une volonté d'arrêter les massacres, peu importe le camp. Eirin soupira. Elle aussi voudrait dire que cette solution la mettait mal à l'aise sauf que ce n'était pas le cas. À vrai dire, cela la soulageait presque…

Depuis quand suis-je devenue si insensible ?

La question virevolta dans son esprit avant de disparaître aussitôt, sans doute pour revenir la hanter plus tard tel un esprit farceur infiltrant ses rêves et ses cauchemars.

— Il t'a donné trois jours pour lui envoyer les meilleurs shinobis, c'est cela ? reprit Madara.

— En effet, acquiesça Eirin, mais je ne compte pas envoyer des habitants de Konoha à l'abattoir !

— Au contraire, il faut qu'on lui obéisse.

Ses mots claquèrent dans l'air comme un coup de fouet et lui valurent deux regards ahuris de la part d'Eirin et d'Hashirama. Lui obéir ? Mais ne venaient-ils pas de parler de l'assassiner ? La Sayuki se pinça l'arête du nez.

— Madara, j'ignore quel plan tu as en tête, mais se jeter droit dans la gueule du loup est rarement une bonne idée !

— « Rarement », donc pas toujours, releva-t-il de cet air impassible qui le caractérisait. Sa demande est l'occasion parfaite pour s'approcher de lui et le tuer. De plus, ma présence parmi ce groupe de « meilleurs shinobis » n'étonnera personne : le clan Uchiha est suffisamment réputé pour sa puissance.

— Dans ce cas, je me joins à toi ! s'exclama Hashirama.

Madara s'y opposa, arguant qu'il s'agissait d'une mission solitaire et leur duo attirerait trop l'attention. Évidemment, Hashirama s'entêta, et bientôt leur désaccord se transforma un débat fort houleux. Eirin soupira pour la énième fois. Parvenir à un consensus s'annonçait plus difficile que prévu… jusqu'à ce qu'une idée jaillisse dans son esprit. Aucun des deux hommes n'allaient y adhérer, elle le savait déjà, mais cela ne l'empêcha pas de l'énoncer d'une voix claire.

— J'irai avec Madara, et toi, Hashirama, tu seras chargé de veiller sur le village.

Tout deux s'interrompirent en même temps pour la regarder, l'un avec de grands yeux, l'autre avec un froncement de sourcils. Eirin n'eut même pas besoin d'attendre leur réponse pour comprendre qu'ils désapprouvaient complètement cette idée.

— Ce sera trop dangereux, commença Madara.

— Et tu es l'Hokage ! compléta Hashirama. C'est toi qui devrais rester au village.

Une pointe d'agacement électrisa tout son corps. Pour qui la prenaient-ils ? Elle n'était pas une petite chose fragile à protéger, bon sang ! Certes, sa puissance ne rivalisait pas avec la leur, mais Eirin savait se défendre toute seule ! Leur argumentation monta en puissance, et Eirin perdit définitivement le sang-froid dont elle faisait preuve jusqu'ici. De colère, elle frappa la paume de sa main contre son bureau. L'effet fut immédiat : les deux hommes se turent tandis que la jeune femme leur adressa un regard mécontent.

— Je ne suis pas en verre, vous savez ? s'écria-t-elle presque. De plus, si vous y allez tous les deux, le daimyō se montrera beaucoup plus méfiant. Les rumeurs vont bon train au sein du pays, et il est impossible qu'il ne connaisse pas les réputations de vos clans. En revanche, si je prends la place d'Hashirama, non seulement il baissera un peu sa garde, mais il pensera aussi que Konoha n'est plus un ennemi dans l'immédiat !

Sa tirade eut au moins le mérite de leur accorder quelques instants de réflexion. Hashirama finit par accepter avec une profonde réticence Eirin le vit à sa moue sceptique. Elle le remercia d'un sourire et riva son regard sur l'autre homme. Madara ne semblait pas convaincu.

— Je peux très bien y aller seul, insista-t-il.

— Madara… commença-t-elle avant d'être interrompue par trois coups frappés à sa porte.

La silhouette de Tobirama se découpa dans l'encadrement de la porte. Pendant un instant, Eirin fronça les sourcils, incertaine de la raison de sa présence ici jusqu'à ce qu'elle avise la pile de documents dans ses bras.

— Comme demandé, voici les profils des ninjas les plus compétents du village.

Une grimace échappa à la jeune femme à l'idée du surplus de travail qui l'attendait. Elle savait déjà ce qu'elle allait faire lors de ses prochaines nuits pendant trois jours...

— Merci, Tobirama-kun.

Il inclina légèrement la tête en signe de respect. Une lueur de soupçon flotta dans ses prunelles rouges, mais il ne fit aucun commentaire quant à la présence de Madara et Hashirama. En revanche, Tobirama se tourna vers son frère, les yeux plissés.

— D'ailleurs, Anija, Mito-san est passée au clan plus tôt. Elle te cherchait, ça semblait assez important, mais je n'en sais pas plus.

Hashirama parut à la fois surpris et perplexe face à cette information. Il lança un regard interrogateur à Eirin, qui l'autorisa à quitter la pièce. Elle avait déjà son accord, ce n'était plus lui qu'elle avait besoin de convaincre. Au moment où les frères Senju s'en allèrent, la jeune femme recentra son attention sur son compagnon.

Mais avant même qu'elle ouvre la bouche, il la devança.

— Je ne crois pas que tu sois faible, Eirin.

Perturbée par cette soudaine déclaration, elle ne répondit pas. Et face à son silence, Madara poussa un profond soupir et glissa une main dans sa crinière ébène. Eirin sentit qu'il peinait à trouver ses mots et contourna son bureau pour se rapprocher de lui. D'un geste doux et tendre, ses mains se posèrent de chaque côté du visage de Madara.

— Alors, pourquoi refuses-tu que je vienne avec toi ?

Sa voix n'était qu'un murmure, un chuchotement dont l'existence devenait incertaine au fil des secondes qui s'écoulaient. Le bras de Madara retomba le long de son corps. Ses yeux se plongèrent dans ceux d'Eirin où il y lut cette inquiétude qui le surprenait toujours autant malgré le temps passé à ses côtés. Personne ne le regardait avec une telle expression… du moins, plus maintenant.

Les visages de son frère et de sa mère apparurent dans son esprit, et même s'il les chassa aussitôt, Madara ne pouvait se débarrasser de cette peur sourde qui lui vrillait les entrailles.

— Je ne veux pas que tu meures, voilà pourquoi, articula-t-il.

Tu es tout ce qu'il me reste, voulut-il ajouter, mais les mots restèrent enfermés au creux de sa poitrine. Les démonstrations d'affection ne lui étaient toujours pas familières. Madara était un homme d'actes plutôt que de paroles. Il protégerait Eirin quoiqu'il lui en coûte. La guerre lui avait déjà trop de fois enlevé les gens qu'il aimait. Hors de question de la laisser lui prendre encore qui que ce soit.

Néanmoins, connaissant la jeune femme en face de lui, elle ne se laisserait pas « protéger » aussi facilement. Ses bras plus fins entourèrent d'ailleurs sa taille et elle posa sa tête contre son épaule.

— Je sais que cette mission est dangereuse, Madara, mais je suis l'Hokage. Je ne peux pas rester terrée au village pendant que tu risques ta vie à ma place. Toi qui es chef de clan, tu devrais comprendre comment je me sens.

En effet, il le comprenait bien. Et il comprenait tout ce que cette place de « chef » signifiait, y compris les dangers que ça impliquait. Mais, il comprenait aussi ce besoin irrépressible de garantir la sécurité des siens. Le soupir qui franchit les lèvres de Madara fut le symbole de sa défaite. À moins d'enfermer Eirin quelque part dans Konoha, il lui serait impossible de l'empêcher de l'accompagner.

— Très bien, céda-t-il. Mais, au moindre imprévu, je veux que tu te mettes à l'abri ou que tu te caches quelque part, c'est clair ?

— Comme de l'eau de roche sourit-elle.


Les trois jours passèrent à une vitesse folle, surtout pour Eirin qui n'avait que très peu dormi durant ce court laps de temps. Si son travail n'occupait pas toutes ses pensées, son cerveau se chargeait bien de lui renvoyer au visage toutes ses angoisses et ses doutes, l'empêchant de se réfugier au creux des bras du Kami du sommeil. D'immenses cernes encerclaient ses paupières inférieures, à tel point que cela attira l'attention de Madara.

Alors que le palais du daimyō se découpait à travers la forêt et resplendissait de son rouge opulent, l'Uchiha se tourna vers Eirin, les sourcils froncés. Son regard fut plus éloquent que n'importe quel mot, et la jeune femme lui répondit, un sourire rassurant aux lèvres.

— Je vais bien, Madara, je te l'ai déjà dit.

Elle jeta ensuite une œillade au groupe de ninjas qu'elle avait sélectionnée. Ils n'étaient qu'une quinzaine, mais ce serait suffisant pour que le daimyō pense qu'elle avait cédé à ses menaces. Il ne s'agissait que de suppositions, mais ce nombre lui permettait de ne pas attirer sa méfiance… du moins pas suffisamment pour qu'il constitue un danger à ses yeux. Lorsqu'ils arrivèrent à destination, Eirin n'eut même pas besoin de se retourner pour percevoir l'admiration des ninjas derrière elle. Comment leur en vouloir ? Pour la plupart, seule la guerre et la pauvreté avait rythmé leur vie. Alors face à l'étalage de luxe et de richesse qu'était la résidence du seigneur du Feu, ils ne pouvaient qu'être impressionnés. Eirin, elle, se sentait toujours écrasée par la lourdeur de l'infrastructure, comme un insecte face à l'immensité d'un être humain…

Il n'y avait pas à dire elle détestait cet endroit. Les frissons de dégoût qui la parcouraient s'accentuèrent quand la silhouette du daimyō se découpa dans l'entrée, au sommet de ces escaliers bien trop grands. Eirin et Madara grimpèrent à sa rencontre, et la première chose qu'aperçut la jeune femme fut son sourire. Suffisant. Narquois. Et surtout, prêt à la déchiqueter au moindre faux pas.

— Daimyō-sama, le salua-t-elle en s'inclinant à contre-cœur.

Madara l'imita, mais la tension dans ses muscles trahissait toute la colère qui l'habitait.

— Sayuki-dono ! C'est un plaisir de vous revoir ! J'avais peur que vous ne veniez pas suite à notre dernière discussion, mais je vois que vous êtes une femme sage ! Entrez, entrez, il faut que je vous présente quelqu'un !

La joie débordante du daimyō ne faisait qu'accroître la colère de Madara, et Eirin devait bien admettre que garder son sang-froid face à cet homme s'avérerait bien plus difficile que prévu. Et puis, leur présenter quelqu'un ? Un mauvais pressentiment se répandit dans les veines de la jeune femme, visiblement partagé par Madara au vu de l'œillade emplie de soupçons qu'ils s'échangèrent.

Le duo suivit le seigneur du Feu dans une pièce qu'Eirin devina être son bureau. Bien plus petite que la salle dans laquelle elle l'avait rencontrée pour la première, le lieu n'en restait pas moins tout aussi impressionnant que le reste du bâtiment. Un énorme meuble en bois s'étalait contre le mur du fond, mais ce fut l'homme situé derrière ce meuble qui attira l'attention d'Eirin et Madara. Caché dans l'ombre, elle ne le distingua pas bien.

Il s'avança d'un pas, de deux, puis de trois jusqu'à ce que la lumière du jour baigne son faciès sournois.

Eirin blêmit. Des cheveux violets, un regard gris acier, mais surtout ce sourire carnassier qu'elle ne pourrait jamais oublier.

— Sayuki-san, quelle surprise de vous revoir ici ! Vous ne m'avez pas oublié, j'espère ?

Il effectua une petite courbette dont se dégageait une odeur de sarcasme et d'ironie. Aucun de ses gestes n'était sincère. Madara gronda à ses côtés, et son sourire s'élargit un peu plus. Froid. Carnassier.

Vengeur.

— Wasabi Ayato, pour vous servir.


Et voilà pour ce chapitre ! N'hésitez pas à laisser une petite review comme d'habitude, ça fait super plaisir ! (En plus, demain aka le 27 juillet, c'est mon anniversaire, donc soyez cools allez )

Plus sérieusement, j'espère que ça vous a plu et que ce cher cliffhanger ne vous frustre pas trop, hahaha. Ayato est de retour dans la place !

Sur ce, je vous dis à bientôt pour le prochain chapitre !

Lawkyrie, pour vous servir