CHAPITRE 55 : RENONCE A TA FIERTE, PIRATE !


~ Prison d'Impel Down – Niveau 2 – Cellule du détenu n°35148 – 21h49 ~

Les deux gardiennes quittent enfin la cellule du détenu Jeremy Verdy, le corps meurtri par les coups de fouet violent de la démone habillée du cuir rose. Tandis que Domino finit de noter les conclusions de l'entretien avec le détenu, Sadi-chan s'avance entre les cellules en se dandinant sensuellement d'un pied à un autre, attirant les sifflements très appréciés des détenus. Fière de son effet, Sadi-chan passe une main dans ses longs cheveux orange et elle observe calmement la gardienne en chef Domino qui a terminé de rédiger son compte-rendu et qui commence à partir vers l'ascenseur. Sadi-chan la suit en silence sous le regard admiratif des détenus qui les sifflent avec plaisir. Domino continue son chemin avec une indifférence totale tandis que la dominatrice de cuir rose s'amuse à envoyer des coups de fouets aux détenus trop proches des barreaux, tout en riant d'un rire presque enfantin. Domino arrive à l'ascenseur et l'appelle en appuyant sur le bouton d'appel. Sadi-chan la rejoint en continuant à se balancer sur ses pieds et vient attendre aux côtés de la belle blonde, toujours silencieuse et le regard fixé devant elle, impassible.

- Tu m'en veux toujours pour cette fois-là, hein Domino-chan ? roucoule Sadi-chan.

- Ecarte-toi loin de moi, répond la blonde platine sèchement.

- Oooh, arrête avec ça, c'est de l'histoire ancienne ! Et tu connais le règlement : pas d'histoires romantiques avec les détenus ! Ce type ne t'aimait pas, il profitait de to et de ta naïveté à toute épreuve ! je t'ai rendu service ! se défend Sadi-chan.

L'ascenseur arrive au niveau deux à cet instant, laissant apparaître le sous-directeur Hannybal et le directeur en personne, Magellan, tous deux tendus. Les deux femmes cessent immédiatement leur dispute et des regards froids sont échangés dans un silence complet. Sadi-chan rentre dans l'ascenseur tandis que les deux hommes en descendent en faisant signe à Domino de les suivre. Sadi-chan disparait dans l'ascenseur, descendant dans les profondeurs terribles de cette prison sous-marine. Domino tient dans ses bras le rapport de l'entretien et le tend au directeur Magellan qui le prend pour le lire dans les grandes lignes.

- …. Il est plus dangereux qu'il ne le laisse le croire, déclare-t-il à la fin de sa lecture.

Puis sans délicatesse il jette le dossier à son sous-fifre Hannybal qui réceptionne violemment le dossier sous le regard glacial de Domino. Magellan se dirige alors vers la cellule du détenu n°35148 et l'observe à travers des barreaux, le corps dénudé et meurtri par le fouet de Sadi-chan. Ce dernier est à moitié inconscient, le corps flasque, suspendu aux lourdes chaînes le maintenant toujours et encore debout de manière qu'il soit inconfortable de nuit comme de jour. Domino et Hannybal s'avancent à leur tour et observent le détenu, immobile et attendent la réaction de leur supérieur.

- Domino, envoyez ce rapport à Sengoku en indiquant que le dossier n'a pas pu être reconstitué des pièces qu'il nous avait fourni. Mais qu'en revanche, nous avons pu évaluer qu'il était devenu un individu trop dangereux pour la société… Cela signifie donc que même sans preuves tangibles, il restera enfermé entre ses 4 murs le reste de ses jours.

- Bien monsieur, s'incline Domino. Je le fais immédiatement.

Sans attendre, Domino quitte le groupe pour retourner dans ses quartiers faire ses transmissions, laissant les deux hommes face au détenu.

- Hannyabal, avancez l'heure de la balade pour la procédure de la balade pour nos chers prisonniers. Ils en meurent d'envie… ! Sengoku nous en tiendra pas rigueur. Après tout, il faut faire disparaître toute trace de cette vermine ! grogne Magellan. Ca nous libérera déjà une cellule au niveau deux pour un prisonnier un peu plus coriace que ce merdeux ! Exécution !

Magallan et Hannybal repartent en silence du niveau deux et enclenchent la longue procédure d'évacuation des gardes aux différents niveaux pour les faire enfermer dans des salles de surveillance localisées entre les étages de la prison. Durant près de 5 heures, le directeur Magellan supervise la procédure dirigée par Hannybal, tout excité de pouvoir pour la première fois enclencher lui-même la balade mortelle des prisonniers d'Impel Down. Magellan allume son escargot-phone à l'attention de l'ensemble des gardiens.

- Que tout le monde se tienne prêt ! Dans exactement une minute, les portes des bases sécurisées des gardiens seront fermées jusqu'à la fin de la balade ! Tout gardien se situant en-dehors de celle-ci est condamné à mourir dans d'atroces souffrances ! Pas la peine de jouer les gros durs ! hurle Magellan. Une fois ces portes fermées, aucun d'entre vous ne pourra rentrer dans les cellules ou en ressortir tant que je n'en aurais pas donné l'ordre explicite ! Maintenant, si tout le monde est en sécurité…. Hannybal, lancez le compte à rebours !

Se frottant les mains depuis 5 minutes, Hannybal se fait un plaisir d'écraser le bouton rouge enclenchant une sirène dans toute la prison et également à l'extérieur. Cette procédure bloque toutes les portes des cellules de survie des gardiens, mais également toutes les portes entre les différents niveaux et les portes menant à l'extérieur de la prison. Il ne serait pas bon pour la réputation de la prison que des prisonniers réussissent à s'échapper durant ce petit divertissement ! La sirène hurle pendant plusieurs minutes avant qu'un compte à rebours commence à se faire entendre à l'aide d'une voix mécanique et robotique, comme venue des enfers.

- Lancement de la balade n°91984 ! Compte à rebours enclenché ! 10…9…8…7…6…5…4…3…2…1…..0 ! Bonne chance à tous !

A l'instant où le zéro est prononcé, la prison tremble de toute part sous les hurlements et les cris de l'ensemble des prisonniers libérés dans un même élan, pour commettre l'impensable pendant plusieurs heures. Toutes les grilles retenant les prisonniers des niveaux au sein de la prison s'ouvre sous les yeux de l'ensemble des membres du personnel cachés dans leurs bases secrètes et de violentes émeutes éclatent faisant éclabousser le sang sur le sol et les murs froids. Depuis sa cabine, Magellan profite du sanglant spectacle retransmis en direct sur ses caméras de surveillance. Tous les détenus sont prêts à s'entretuer pour survivre avec une récompense à la clé : celui d'une potentielle libération sur parole. Mais bien entendu, le dernier mot revient au directeur Magellan lui-même…. Et jusqu'à aujourd'hui, aucun des grands gagnants n'est sorti vivant de sa prison, mais ça, personne ne le sait.


~ Port de Marineford - 05h55 – Arrivée du bateau de l'amiral Kizaru ~

Marineford est très calme en ce matin, laissant les civils et les soldats en repos dormir quelques heures encore avant le chant du coq. Ce calme permet à l'amiral Kizaru de faire accoster son navire en toute discrétion au sein du port de Marineford avec à son bord, le pirate Trafalgar Law et ses acolytes Penguin, Bepo et Shachi. A peine le navire accosté au pont, Kizaru a déjà sauté par-dessus la barrière de sécurité les mains dans les poches et patiente nerveusement que ses alliées temporaires se dépechent à le suivre. Les pirates sortent sur le ponton du navire, tous habillés de l'uniforme réglementaire de la Marine pour leur grand regret. Trafalgar Law grince des dents avec ses trois compères tandis qu'ils rejoignent l'amiral sous les ricanements des soldats réveillés du navire. Qui aurait cru voir cela un jour ? Un pirate obligé de renoncer à son habit de fier pirate pour prendre celui de la Marine, l'ennemi jugé de tout bon criminel !

- Alloooons, plus vite ! tonne Borsalino. Chaaaque minute compte pour sa viiie, vous l'avez oubliiéééé ?!

Les pirates grognent en retour, et le petit groupe prend le pas rapide derrière l'amiral dans les rues vides de la capitale de Marineford. Kizaru surveille les alentours, tendu comme un arc tandis que les pirates observent curieusement ce lieu si mythique. Borsalino ne peut s'empêcher de jeter des coups d'œil aux pirates derrière lui, avec la peur au ventre de les voir disparaitre et de voir sa mission échouée si près du but. Alors que le groupe s'approche du QG, Borsalino relève la tête pour apercevoir qu'une seule fenêtre du QG est illuminé : celle du bureau de l'amiral en chef en personne. Il aperçoit les rideaux bouger et une silhouette sombre apparaître, les fixant tout aussi inquiète et nerveuse. Il baisse aussitôt les yeux et se reconcentre sur la porte du QG qui lui semble encore si loin. Trafalgar accélère le pas pour venir aux côtés de l'amiral, tandis que ses camarades restent derrière, tous tremblants de peur d'être découverts. Ils arrivent enfin dans le couloir principal de la base, dans un silence pesant. Borsalino leur fait signe de les suivre jusqu'au bureau de l'Amiral en chef. Il n'a pas le temps de lever la main pour frapper à la porte que celle-ci s'ouvre sur ce dernier, les yeux cernés de noirs. Les deux hommes se saluent en silence, et Borsalino s'écarte pour que Sengoku puisse faire face aux pirates. Trafalgar sent un frisson le parcourir dans tout son corps quand il croise le regard fatigué et ténébreux du chef de la Marine, qui ne peut plus cacher sa fatigue et son désespoir même à ses pires ennemis.

- Nous avons conclu un accord. Vous sauvez ma fille et je vous donne l'accès aux archives des soldats du QG puisque c'était votre demande, souffle Sengoku.

- Ma demande était légèrement différente, tique Trafalgar. A vrai dire, le dossier du soldat en question ne m'intéresse pas. Mais c'est vos relations que vous aviez avec lui, qui m'intéressent. Mais nous en reparlons en privé quand j'aurais fait ma part du contrat. Allons-y maintenant !

Sengoku reste figé sur place tandis que Kizaru conduit les pirates jusqu'à l'infirmerie, où tout le personnel infirmier a déjà mis en place tout le matériel nécessaire. Trafalger remonte ses manches et donne ses instructions à ses gars, tandis qu'il met le nez dans mon dossier pour évaluer la situation. Borsalino se rapproche des infirmières nerveuses de me laisser entre les mains d'un criminel.

- Oh Amiral Kizaru, gémit plaintivement la chef des infirmières. N'y-avait-il pas une autre solution… ?

- Noooon. C'est la demaaande de l'amiral en cheeef ! soupire Kizaru, en s'asseyant sur un lit voisin. C'est sûreeement notre meilleur espoir… !

Trafalgar parcourt longuement le dossier et les analyses faites par les infirmières et m'observe longuement, le corps affaibli par la maladie.

- Une maladie génétique transmissible par le sang et les gènes qui était disparue depuis des dizaines d'années. Cette maladie entraîne des conséquences gravissimes sur l'organisme provoquant leur autodestruction si elle n'est pas soignée dans les temps. Actuellement, je crains que ce soit déjà trop avancé pour lui permettre d'avoir une vie normale, conclut-il froidement en refermant le dossier.

- ….

Une lourde atmosphère s'installe dans l'infirmerie, tandis qu'il s'avance pour poser une main sur mon front.

- Sa température corporelle est largement sous les températures normales et son corps est en train de ralentir et de refroidir. Son corps est affaibli mais elle lutte encore, c'est certain. Je ne peux pas promettre un miracle, mais nous ferrons de notre mieux. Bepo, Shachi, Penguin, au travail !

Aussitôt dit, aussi fait. Les trois pirates s'activent pour tirer le lit en salle d'opération au fond de l'infirmerie, et prennent tout le matériel nécessaire. Sengoku arrive à son tour dans l'infirmerie et aperçoit l'absence de mon lit.

- Ils viennent de partir en salle d'opération, Sengoku-sama, fait doucement Kizaru. Allez vous reposer, vous avez besoin.

- Non, je vais rester ici, rétorque Sengoku. Tu reviens tout juste d'une mission à haut risque, je t'en remercie Borsalino pour ton dévouement, je saurais m'en souvenir et te donner ma reconnaissance. Maintenant, retourne te reposer. Je prends le relais.

Kizaru baille longuement mais au lieu de se lever pour se coucher dans sa chambre, il préfère s'écrouler sur le lit, laissant ses jambes dépasser et retire ses lunettes qu'il dépose sur la table de chevet.

- Booonne nuit alors ! ~


Bientôt la conclusion ! Alors, prêt(e) à sortir les mouchoirs ? :3

Chesca-Shan