Après avoir fait leurs adieux, les alliés des Sentinels quittèrent un à un la conférence et l'observatoire se trouva rapidement silencieux à nouveau. Wolf se leva pour que Cassiopea puisse reprendre sa place et il se posta derrière elle tout en pianotant sur les panneaux de contrôle pour afficher toutes les données contenues dans leur base pouvant avoir un rapport avec la planète Onderon.

« C'est assez inquiétant tout de même, dit Matylda pour rompre le silence. Cette histoire de siège. S'il leur arrive la même chose qu'à nous, les habitants d'Onderon doivent être mal en point.

- J'ai déjà entendu parlé de cette planète, poursuivit Sélène. Ils font de la résistance depuis la proclamation de l'Empire et Palpatine n'arrête pas de parler d'eux depuis plus d'un an. Ils font partie de l'ordre du jour de chaque session du Sénat. Il semblerait qu'il les veuille vraiment. Je ne sais pas pourquoi par contre, je n'ai aucune idée de ce que cette planète a de spécial.

- En réalité, dit Obi-Wan. Il est intéressé par eux depuis bien plus longtemps encore. Durant la Guerre des Clones, les Séparatistes ont tenté de placer l'un des leurs sur le trône. Le roi a dû organiser un coup d'état avec des rebelles pour reprendre sa propre place. Ahsoka était allée leur prêter main forte.

- Qu'est-ce-que cette planète a de si spécial ?, demanda Emiliana. Et je crois avoir entendu le Sénateur Organa prononcer le mot Drexis ? De quoi s'agit-il ?

- D'un problème de taille, répondit Sor. Ce sont des aliens répugnants qui envahissent Onderon une fois par an et qui détruisent tout sur leur passage. Les habitants doivent se réfugier dans des bunkers et mettre le plus de choses à l'abri pour survivre. Certains restent pour se battre mais il y a des morts tous les ans. Les Drexis sont carnivores.

- Quelle horreur, souffla Sélène. Je n'avais jamais entendu cette histoire.

- Honnêtement, poursuivit Sor. Nous n'y sommes jamais allés. Le roi et la reine nous apportent leur soutien depuis la création des Sentinels mais ils sont relativement autonomes et nous ont même déjà fourni en matières premières pour lancer notre auto-production alimentaire. Hormis cette histoire de Drexis et l'affaire du coup d'Etat dont Cassiopea nous avait parlé, nous ne savons pas grand chose sur eux.

- Peu importe, reprit Matylda. S'ils sont en danger, il faut les aider. Surtout si ce sont des alliés précieux. Cass a dit qu'il fallait reprendre les missions habituelles, ce serait une bonne occasion.

- Je suis d'accord avec Matylda, dit Wolf. Surtout si l'Empire est sur le coup. Nous pourrions lui faire passer un petit message supplémentaire en lui montrant que nous sommes toujours prêts à lui mettre des bâtons dans les roues.

- Il faut faire quelque chose, conclut Cassiopea. Nous ne pouvons pas les laisser à la merci de Palpatine ni à celle des Drexis. Ils ne pourront jamais gérer les deux en même temps.

- Bail a dit que les systèmes de communication étaient hors-service, dit Quinlan. Il va tout de même falloir entrer en contact avec eux si nous voulons les aider, on ne peut pas juste débarquer chez eux sans connaître toute l'histoire.

- Je suis déjà dessus, intervint Navo qui avait pris place derrière ses écrans. Nous avons un canal habituel avec Onderon vu que le roi participe généralement à nos conférences. Je doute qu'il soit complètement bouché, donnez moi quelques minutes et je devrais réussir à le forcer. »

Tandis que Navo tentait d'ouvrir le canal de communication, Cassiopea relata à ses amis le succès des essais des boucliers et l'évolution du transfert de la base et des Sentinels vers Adumar.

« Je dirais que nous avons déjà déplacé trente à quarante pour cent du matériel et environ la moitié des hommes, dit Cassiopea. Maintenant que nos boucliers sont opérationnels, nous allons pouvoir envisager de bouger encore plus de marchandises, les gros calibres et les vaisseaux cargos et Croiseurs par exemple. Une fois que Bail nous aura fourni le matériel qu'il nous manque, nous pourrons monter des boucliers identiques sur Adumar et nous serons à nouveau en sécurité. En attendant, je doute fort que quoi que ce soit puisse percer nos défenses. Bien sûr, il y a toujours le risque d'un Ravageur, mais les ingénieurs sont formels, si nous agissons vite, nous pourrions réduire le canon en fumée avant même qu'il n'ait eu le temps de faire feu. Personne ne sait que nous avons modifié nos défenses, s'ils attaquent, ils utiliseront des plus petits calibres pour donner au Ravageur le temps de chauffer. En faisant exploser ces derniers dans la bonne direction, nous aurons l'avantage.

- Bail va faire vite, dit Sor. Nous aurons les composants dans deux semaines maximum je pense, le temps pour nous d'organiser la rencontre en sécurité.

- Nous ne pouvons pas tous partir sur Onderon, intervint alors Ivan. Quoi qu'il arrive, il va falloir se déplacer pour les aider mais il est impossible de laisser la base sans véritable commandement, malgré les boucliers. Quelqu'un doit gérer le transfert et l'arrivée sur Adumar. Il va falloir recommencer de zéro là-bas, même si nous y travaillons depuis quelque temps. Il faut tout mettre en place.

- Je suis d'accord, commenta Navo sans lever la tête. Je vais rester ici, je pourrai commander les installations à distance et superviser les ingénieurs déjà sur place.

- Je reste aussi, dit Ivan. Quelqu'un doit gérer la situation ici, nous avons plusieurs petites missions en cours et Rose va revenir avec les RED. Cela va nécessiter de l'organisation.

- Rose revient ?, demanda Emiliana.

- Oui, apparemment, la situation sur Caamas est stabilisée.

- Alors je reste, il faut que je lui parle. J'ai besoin de savoir comment vont mes amis.

- Si vous restez tous les trois, je pense que tout ira bien, conclut Cassiopea.

- Tu es sûre ?, demanda Ann-Mary. Je peux rester aussi au besoin.

- Non je préfèrerais que tu viennes avec nous. On ne sait jamais sur quoi on pourrait tomber et, si les Drexis décident de se manifester, nous aurons besoin de nombreux sabres laser.

- Dans ce cas, je pense que Ben et moi allons vous accompagner, ajouta Quinlan. Je n'ai pas assez l'occasion de me servir de mon sabre et trancher des créatures répugnantes fait partie de mes sports préférés.

- Moi, soupira Obi-Wan. Je vais juste venir pour m'assurer qu'il ne tranche pas autre chose par inadvertance.

- Tu n'as aucune foi en moi. Je suis très vexé.

- Absolument aucune en effet.

- Nous devrions peut-être rester, proposa Sélène à Sor. Pour pouvoir organiser les rencontres et les livraisons ?

- Bail va mettre quelques jours à nous donner les coordonnées d'un lieu sûr, nous avons un peu de temps devant nous, lui expliqua le Twi'lek. Et puis, rien ne nous empêchera de passer les premiers appels sur place au besoin. Nous n'aurons pas de vrai contact immédiatement.

- Tu as surtout très envie d'agiter ton canon-blaster, lâcha Sélène.

- Comment as-tu deviné ?

- Quoi qu'il en soit, dit Cassiopea en se râclant la gorge pour se retenir de rire. Nous allons avoir besoin de vous. Nous partons dans le Phoenix, il est assez grand pour nous tous et peut contenir un bel arsenal. Il faut nous tenir prêts à toutes les éventualités.

- Ce sera votre première véritable mission de Sentinels, s'exclama Wolf à l'attention des filles. Sauver des gens, botter les fesses des impériaux et affronter des créatures repoussantes. Autrement dit, une journée normale pour les Sentinels !

- Tu es un peu trop enthousiaste à mon goût, commenta Matylda en fronçant le nez. Je ne vois rien de très réjouissant là dedans.

- C'est l'excitation de la chasse, poursuivit le pilote en passant un bras autour des épaules de Matylda. Tu vas rapidement y prendre goût tu verras.

- Botter les fesses des impériaux et sauver des gens, probablement. Les créatures repoussantes ? Certainement pas.

- Je m'occuperai de leur cas tu verras.

- Tu m'as déjà dit ça une fois, ton histoire d'aliens douteux ne va pas marcher deux fois.

- Dommage.

- Pourrais-je avoir votre attention, coupa Navo. J'ai ouvert le canal.

- Pardon Navo, répondit Cassiopea en activant l'écran principal. Nous allons savoir de quoi il retourne. »

La sonnerie retentit un long moment dans le vide et les Sentinels craignirent de se retrouver sans réponse. Au bout de plusieurs minutes cependant, une femme d'âge moyen décrocha la ligne. Elle les observa un instant le regard vide puis parut s'animer.

« Oh Mademoiselle El-Solar !, s'exclama-t-elle les larmes aux yeux. Je suis tellement contente de vous voir. J'ai cru que nous ne pourrions plus jamais vous contacter, comment avez-vous fait ?

- Je suis également ravie de vous voir, votre Majesté, répondit Cassiopea. Nous avons tenu une conférence et Bail nous a prévenus de votre situation. Voyez-vous, nous avons également rencontré quelques problèmes avec les impériaux ces derniers temps et nous avions besoin d'un coup de main.

- Ils sont vraiment partout, c'est insupportable.

- Si vous nous racontiez exactement ce qu'il vous arrive votre Majesté, proposa Wolf.

- Bien sûr, Commandant, la reine inspira profondément. Ils sont arrivés il y a trois mois. Ils ont commencé par nous couper du reste de la galaxie en mettant nos systèmes de communication hors-service. Ensuite, ils n'ont eu de cesse de tenter de nous envahir. Nous avons résisté. De toutes nos forces. Nos boucliers viennent d'Alderaan et ils ont tenu le choc. Nous avons également envoyé des combattants pour affronter leurs chasseurs et nous en avons perdus beaucoup. Nous n'avions aucun moyen de demander de l'aide et nos défenses faiblissaient.

- Que voulaient-t-ils ?, demanda Cassiopea. Ont-ils dit quelque chose ?

- Rien du tout. Juste les menaces habituelles et des tirs. Des milliers de tirs. Nous étions arrivés au bout de nos ressources de combat et nous craignions l'arrivée d'un Ravageur. Quand il n'est pas venu, mon époux et moi en avons déduit qu'ils ne voulaient pas nous détruire mais bien nous envahir. Ils veulent quelque chose de nous et il leur faut notre planète intacte.

- Il est possible qu'ils veulent la planète tout court, intervint Obi-Wan.

- Comment ça ?, s'enquit la reine. Pardonnez-moi, mais j'ai l'impression de vous connaître.

- Je suis Obi-Wan Kenobi. J'étais Général et Maître Jedi au temps de la Guerre des Clones.

- Mais oui bien sûr, tout le monde avait entendu parler de vous. Que voulez-vous dire ?

- Il y a longtemps, Onderon faisait partie de l'Empire des Sith – des vrais évidemment. Je suppose que, Palpatine souhaitant en faire une sorte de copie, il a l'intention de récupérer ce qu'il pense lui revenir de droit.

- Fort probable, approuva Quinlan. Et propre au personnage. Ce vieux vicieux.

- Vos défenses peuvent-elles encore tenir ?, reprit Cassiopea. Le temps que nous arrivions.

- C'est bien là que le mystère se creuse, répondit la reine. Ils sont partis.

- Comment ça partis ?, lâcha Sor.

- Il y a trois jours. Ils ont levé le camp sans rien dire. Depuis, nous ne dormons plus et nous attendons leur retour mais rien. Nous devrions en être soulagés mais c'est tout le contraire. Les Drexis vont arriver dans la semaine et nous sommes épuisés. Nous avons perdu des hommes, des armes, nos bunkers sont intacts certes mais si nous n'avons plus assez de combattants pour les défendre et pour protéger nos infrastructures, alors tous nos efforts auront été vains.

- Une semaine vous dites ?, demanda Cassiopea.

- Au maximum, nous ne pouvons pas être exact dans nos estimations. Ils pourraient tout aussi bien descendre demain.

- Donnez-nous, disons six à sept heures, conclut Cassiopea.

- Pourquoi donc ?

- C'est le temps qu'il nous faudra pour nous préparer et réaliser notre saut dans l'hyper-espace vers vous.

- Vous allez venir ? Vraiment ?

- Évidemment. Vous faites partie de nos plus anciens alliés, nous n'allons pas vous laisser seuls dans cette situation.

- Mais… il n'est plus question de l'Empire.

- L'Empire est responsable de votre situation et, qui plus est je pense que leur retrait n'est rien d'autre qu'une manœuvre pour revenir à la charge plus tard. Ils savent pour les Drexis, ils voulaient juste se mettre en sécurité pour mieux attaquer par la suite, impitoyables cette fois.

- Nous allons vous aider à remettre vos défenses en place, ajouta Wolf. Et nous serons là pour les Drexis. Nous resterons avec vous jusqu'à ce qu'ils ait terminé leur petite visite. Ensuite, nous verrons pour vous assigner une protection. Notre escouade mobile est à nouveau disponible.

- Merci. Merci infiniment.

- Vous nous remercierez une fois que vous serez à nouveau en sécurité, conclut Cassiopea en se levant. Nous partons immédiatement. »

Il ne fallut aux Sentinels qu'une petite heure pour se mettre en place et pour charger le Phoenix avec le matériel et les armes nécessaires. Le starfighter de Cassiopea retrouva sa place dans la soute aux côtés d'un R7D8 surexcité et tous s'équipèrent au maximum avant de prendre place à bord. Cassiopea donna ses dernières instructions à Navo et à Ivan puis Sor fit vrombir les moteurs. Les boucliers s'écartèrent légèrement pour laisser passer le cargo qui disparut en un flash dans l'hyper-espace.