Hello ! Voici le chapitre 48 !
Réponses aux reviews :
Guest : Merci beaucoup ! Contente que ça te plaise !
Sakka-sensei : Héhé, je sais j'ai été cruelle au précédent chapitre ! Merci beaucoup pour ta review !
Sur ce, bonne lecture !
Une tension presque palpable régnait dans l'air. Eirin affrontait du regard Ayato. Les poings et la mâchoire serrés étaient en complète contradiction avec l'attitude nonchalante du Wasabi. Elle se remémora avec amertume leur première rencontre. Et dire qu'elle pensait ne plus jamais le revoir ! Que faisait-il ici aux côtés du daimyō ?
Leur duel silencieux se poursuivit de longues secondes durant lesquelles Eirin le détailla. Sans pouvoir mettre le doigt dessus, elle savait que quelque chose avait changé chez Ayato. Il dégageait toujours cette aura malfaisante, mais elle était nimbée d'une noirceur bien plus dangereuse qu'auparavant.
Son questionnement dura quelques secondes, jusqu'à ce que Madara prenne la parole.
— Qu'est-ce qu'il fait ici ?
Son calme apparent ne trompait pas face au tranchant de sa voix... et de son katana. Eirin se demanda à quel moment exactement il l'avait dégainé avant de prendre conscience que pointer une arme vers le daimyō n'était pas la meilleure façon de rendre son assassinat « discret ». Mais comment lui en vouloir ? Ayato avait tenté de détruire tout ce qu'ils avaient construit !
— Uchiha-dono, intervint le daimyō, rangez votre arme, s'il vous plaît. Wasabi-dono est mon invité et votre attitude à son égard est plus qu'impolie.
Eirin s'indigna avant que Madara n'ait le temps d'ouvrir la bouche :
— Votre invité ? Il a tenté de détruire le village de Konoha, et comme si ce n'était pas suffisant, il a porté atteinte à ses habitants, et m'a littéralement capturée ! Comment pouvez-vous accepter qu'il soit votre « invité » alors que vous êtes le seigneur du Pays du Feu !
Le daimyō poussa un profond soupir.
— Sayuki-dono, je comprends ce que vous dites, mais dites à votre ami de rengainer son sabre. Vous ne voulez pas déclencher un scandale, n'est-ce pas ?
Madara n'attendit même pas qu'Eirin se tourne dans sa direction et obtempéra. Loin d'apaiser la tension dans la pièce, cela ne fit que la renforcer. L'électricité présente entre le daimyō et les trois ninjas étaient presque visibles à l'œil nu.
— Il est vrai que Wasabi-dono a commis des erreurs, reprit-il, mais il est un facteur important de la réussite de notre idéal !
— Votre idéal, corrigea Madara. Aucun ninja sain d'esprit n'accepterait de relancer une guerre.
— Ne faites comme si cela ne vous plaisait pas, Uchiha-san, intervint enfin Ayato. Tout le monde sait que votre clan prend plaisir à tuer !
Il sautilla tranquillement à travers le bureau et fit mine de s'intéresser aux rouleaux posés sur les étagères. Aux côtés de Madara, Eirin posa une main réconfortante sur son bras, l'empêchant par la même occasion de reprendre son katana.
Ayato se retourna, l'air trop surpris pour que ce soit naturel.
— Oh ! Ne le prenez pas mal ! Comment pourrais-je vous blâmer ? Une fois qu'on a goûté au sentiment grisant de la vie qui s'écoule entre nos doigts, il est difficile de s'en défaire ! Personnellement, je ne tue que pour Jashin-sama, mais je comprends les ninjas dans votre genre Uchiha-san.
— Il n'y a pas de ninjas dans mon genre, trancha-t-il, méprisant.
— Il y a toujours eu des ninjas dans votre genre. Vous ne vivez que par et pour la guerre, n'est-ce pas ?
Une brusque onde de chakra traversa la pièce avec une telle force et une telle violence que même le sol s'en retrouva fissuré. Le daimyō avait reculé au fond de la pièce tandis que le sourire d'Ayato avait vacillé un instant. Madara dardait un œil rougeoyant et bien plus menaçant que n'importe quelle parole sur les deux hommes, et Eirin savait que cette fois, elle ne pourrait l'empêcher de les attaquer à la moindre nouvelle provocation.
— Qu'est-ce qu'un avorton comme toi pense savoir de la guerre ?
Un silence lourd et chargé d'électricité suivit sa question. Un peu de poussière s'échappa du plafond où s'étalait des déchirures semblables à celles sur le mur. Eirin frissonna ; elle n'avait été que rarement témoin de la puissance écrasante de Madara.
Un léger soupir franchit ses lèvres. Il fallait qu'elle calme les choses maintenant s'il voulait pouvoir accomplir leur mission discrètement... ou du moins, sans trop attirer l'attention.
Mais avec ces fissures aux murs, c'est plutôt mal parti, grimaça-t-elle intérieurement.
Eirin aperçut alors le daimyō lentement se redresser au fond de la pièce. Il ne semblait pas blessé, mais des tremblements parcouraient ses mains et ses bras.
— Daimyō-sama, commença-t-elle avant d'être interrompue.
— Je vous ai laissé une chance, Sayuki-dono. Je vous ai laissé l'opportunité de marcher à mes côtés et de faire partie d'un nouveau monde. Mais je ne peux tolérer pas tolérer plus d'affronts de la part d'Uchiha-dono.
Le sang d'Eirin se figea. Leur plan venait de tomber à l'eau. Il fallait qu'elle réfléchisse, et vite ! Ils n'auront plus jamais d'autres chances de se retrouver aussi près du daimyō ! C'était sans compter la nature imprévisible d'Ayato, qui changea radicalement d'expression.
— On était en pleine discussion, le vieux. On ne vous a jamais dit que c'était impoli d'interrompre les gens ?
— Que...
Le Wasabi ne lui laissa pas le temps d'aligner plus de mots. Dans un geste vif, il dégaina le wakizachi qui pendait à sa ceinture et poignarda le seigneur du Feu en plein cœur sans une once de regret. Un fin sourire de satisfaction flotta au contraire sur ses lèvres alors qu'il retirait la lame rouge du corps en un bruit écœurant.
Eirin resta sous le choc pendant quelques secondes, incapable de déterminer comment réagir. Sans le savoir, Ayato venait de les débarrasser d'un de leurs plus gros problèmes. Cependant, la gentillesse ne faisait pas partie de son vocabulaire, et il reprit comme si de rien n'était :
— Bien ! Où en étions-nous ? Ah oui ! Uchiha-san, je ne vous faisais pas un reproche, mais étant donné que vous et moi, on se ressemble, je pense que vous devriez rejoindre la Voie de Jashin-sama ! Vous n'aurez plus à maintenir cette « paix » risible entre votre clan et les Senju, n'est-ce pas fabuleux ?
Cette fois, Madara dégaina son katana sans attendre, mais Eirin ne lui laissa pas l'occasion de mener l'offensive. Elle posa sa main sur son bras, le regard empli d'urgence.
— Il faut qu'on parte d'ici. Maintenant !
Alertés par les bruits étranges provenant de la pièce, les ninjas au dehors commençaient à s'agiter et ce n'était qu'une question de temps avant que les gardes du daimyō leur tombent dessus. Elle ne doutait pas qu'ils ne feraient pas le poids face à Madara, mais Konoha n'avait pas besoin que son Hokage soit ouvertement accusée de meurtre !
Les clochettes accrochées à son index émirent un léger bourdonnement, pas plus puissant que le chant d'un verre en cristal, mais Eirin n'avait pas besoin de plus. L'onde provoquée s'engouffra dans les fissures dues au chakra de Madara, et projeta Ayato par-dessus le bureau. Le bâtiment produisit un grincement sinistre. Tout s'enchaîna. Madara agrippa la main d'Eirin, et tous deux sautèrent par la fenêtre. Alors qu'il avait à peine le temps d'invoquer son Susanoo pour amortir leur chute, les poutres de la pièce s'effondrèrent et en quelques secondes à peine, toute l'aile ouest du palais du daimyō se retrouvait réduite en poussière.
Eirin jeta un œil derrière elle. Est-ce qu'Ayato était mort ? Elle avait le sentiment que cet homme ne se laisserait pas si facilement abattre.
— Eirin ? Tu vas bien ?
— Oui, ne t'en fais pas ! Dans tous les cas, profitons de la confusion pour prévenir les shinobis qui nous ont accompagnés et partons d'ici ! Je ne préfère pas être là quand ils découvriront le corps du daimyō.
Madara acquiesça. Ils retrouvèrent avec quelques difficultés les quinze ninjas qui les accompagnaient, mais finirent par s'en aller, invisibles dans ce nuage de poussière et de saletés. Aucun ne posa de questions, et même si Eirin les en remercia intérieurement, elle était persuadée que l'air maussade de Madara les en avait dissuadés.
Une semaine s'écoula après l'assassinat du daimyō. La nouvelle de sa mort avait fait grand bruit au Pays du Feu, mais ils n'entendirent pas parler d'Ayato. Si Eirin fut surprise d'apprendre que ce vieil homme avait un fils, sa mâchoire manqua de se décrocher quand celui-ci fut choisi comme son successeur, mais elle crut faire une syncope quand il demanda à la rencontrer, ici à Konoha.
Avec Madara et Hashirama à ses côtés, Eirin appréhendait un peu moins cette rencontre, mais elle avait toujours l'estomac noué. Il pouvait décider de renier l'existence de Konoha d'un claquement de doigts, et aucun d'entre eux ne pourrait rien y faire, peu importe leur puissance.
Lorsque l'homme pénétra dans son bureau, Eirin déglutit et se força à lui offrir un sourire bienveillant.
— Daimyō-sama, c'est un honneur de vous rencontrer, salua-t-elle avec un respect qui masquait son angoisse intérieure.
Il inclina la tête en retour. La jeune femme ignorait son âge exact, mais il paraissait jeune pour être le seigneur du Pays du Feu, peut-être la trentaine à peine ? Un début de calvitie dégageait son front tandis que ses petits yeux l'observaient avec intérêt. Il lui sourit et s'installa sur la chaise qu'elle lui présenta. Hashirama et Madara se tenaient debout derrière elle tandis qu'elle s'installa à son bureau.
— De même, Sayuki-dono. J'étais curieux de voir qui dirigeait ce village ninja dont mon père me parlait parfois. Je n'imaginais cependant pas trouver une jeune femme aussi charmante à sa tête...
Eirin écarquilla les yeux, désarçonnée. Elle rêvait ou le daimyō tentait ouvertement de lui faire du charme ? Sans se retourner, Eirin pouvait sans peine deviner le regard noir que lançait Madara au daimyō. Elle devait désamorcer la situation. Un léger rire franchit ses lèvres.
— Vous me flattez, Daimyō-sama, mais je ne dois cette position qu'à la générosité de votre père.
Ses mots lui brûlaient presque les lèvres, et Eirin dut faire un effort incommensurable pour conserver son sourire de façade. Elle ne l'avouerait pas devant lui, mais la mort de l'ancien daimyō l'avait soulagée d'un grand poids sur ses épaules.
— Vous n'avez pas besoin de mentir, Sayuki-dono. Je sais aussi bien que vous que mon père était loin d'être un homme bien.
Le silence d'Eirin conforta le daimyō dans ses dires. Comment pourrait-elle le contredire ? À cause de sa mégalomanie, l'ancien seigneur était à deux doigts de déclencher une nouvelle guerre ! Elle poussa un fin soupir.
— Il est vrai que l'ancien daimyō avait des objectifs... douteux.
Elle marqua une pause et planta ses prunelles dorées dans le regard de son interlocuteur. Bien qu'il semble plus avenant que son prédécesseur, cet homme restait son fils avant tout. Eirin se devait d'être très claire avec lui.
— Excusez mon franc-parler, Daimyō-sama, mais pour le bien de Konoha et de ses habitants, j'ai besoin de savoir si vous comptez poursuivre « l'idéal » de votre père ?
Son sourire s'élargit, et il se leva. Suspicieux, Madara posa une main sur le pommeau de son katana. Il ne fallut pas attendre une seconde de plus pour que les gardes du seigneur dégainent leurs armes à leur tour. Eirin se raidit et se redressa, elle aussi sur ses gardes. La folie du précédent seigneur était-elle donc héréditaire ? Le daimyō effectua un signe de main à son escorte, et ils rangèrent leurs armes.
— C'est justement pour cette raison que je suis venu jusqu'ici, Sayuki-dono. Contrairement à mon père, je suis d'avis que nous devons construire une relation de confiance et travailler main dans la main pour protéger le Pays du Feu et ses habitants.
— Comment pouvons-nous êtres sûrs qu'il ne s'agit d'une manigance pour nous utiliser comme votre père a essayé de le faire ? intervint soudainement Madara.
— Madara ! s'indigna Eirin.
— Vous ne pouvez pas, Uchiha-dono, répondit-il simplement. Tout comme je ne peux pas m'assurer que vous ne tenterez pas de m'assassiner. C'est là tout l'intérêt d'une relation de confiance.
Une relation de confiance, hein ?
Eirin resta silencieuse un moment, hésitante. Pouvait-elle vraiment accorder sa confiance à ce nouveau daimyō ? Il n'y avait qu'une seule façon de le savoir, et pour cela, elle devait se débarrasser des angoisses et doutes qui ne cessaient d'envahir. Eirin ferma les yeux pendant une seconde et les rouvrit, forte d'une détermination nouvelle. Pour le village et pour leur rêve, elle acceptait de croire cet homme.
Elle lui tendit une main, qu'il saisit sans hésiter. Ensemble, ils scellèrent le début officiel de cette ère de paix.
Au loin, tapie dans les souterrains de la forêt du Feu, se trouvait l'antre des jashinistes. L'effondrement du palais du daimyō avait infligé de sévères blessures à Ayato, mais l'immortalité que lui conférait Jashin-sama l'empêchait d'y succomber. Des bandages recouvraient l'entièreté de son torse, de ses bras et de ses jambes ; mais il ne s'en souciait guère. L'homme se releva de son lit et repoussa ceux qui tentèrent de lui barrer la route. Le sol froid et rocailleux blessait ses pieds sans qu'il ne s'en soucie. Ayato erra pendant un moment au sein de l'antre jusqu'à arriver dans une grande pièce circulaire. Au centre, se trouvait un cristal rouge entouré d'une multitude de cadavres. Son rouge malsain pulsait lentement, à l'image d'un cœur à l'agonie.
Il partit dans un rire frénétique, presque dément. Le temps serait bientôt venu. Que cela lui prenne un, dix ou cent ans, il s'en fichait.
Bientôt, il se vengerait d'Eirin Sayuki.
Bientôt, il ferait mordre la poussière à Madara Uchiha
Bientôt, il détruirait enfin ce village de malheur.
Car bientôt, Jashin-sama les rejoindrait.
Et voilà, fin du chapitre ! J'espère que vous l'avez apprécié ! Au prochain chapitre, on entre dans l'arc final de Légendes Éternelles ! Accrochez-vous, ce ne sera pas une partie de plaisir !
Et n'oubliez pas, une review = un auteur sauvé de la déprime !
Lawkyrie, pour vous servir
