Salutations !
Pour une fois, pas grand-chose à raconter (si ce n'est que ça fait plusieurs semaines que je n'ai pas écrit un mot, j'y suis presque, pourtant ! j'ai bientôt fini d'écrire cette histoire, ne lâchons rien !), je vous laisse avec la suite et vous retrouve la semaine prochaine !
Mutekiam : Carol, provoquer l'État d'Avatar de Peter ? Mais que vas-tu chercher là... *rire nerveux*
Itsme : ta bonne foi n'a d'égale que ton assiduité 8) mwahaha tu lis dans mon esprit. Mini-spoilers alerte (à ce stade, est-ce encore du spoil ?) : évidemment ! Je n'écrirais pas une fic marvel / avatar sans le projet d'une grande bataille finale, voyons. Je prends note de tes souhaits et désirs, les ingrédients pour une bataille réussie... mais je ne vais rien dire de plus (diantre ce que c'est tentant !) (sachant que je l'ai toujours pas écrite, cette bataille. Je prends du retard sur mon avance o_o). Ceci étant dit, on a encore pas mal de mise en place avant d'y arriver (point trop vite, sacrebleu), et je risque de te tirer encore quelques larmes au chapitre suivant qui répondra à tes autres requêtes. En attendant, celui-ci est plutôt plan-plan (une fois de temps en temps, ça ne fait de mal à personne).
Chapitre 48 - Voyage
Le dirigeable Stark quitta l'Île du Feu quelques heures à peine après son arrivée, tard dans la nuit. Steve, Tony et Gamora y avaient embarqué, laissant le soin à la Nation de se préparer. Ils n'avaient pas eu besoin de s'entretenir très longtemps, Tony se fiait à Rhodes, Steve à Natasha et tous trois à Thor pour mener à bien la mission que le Seigneur avait accepté : convaincre le peuple de l'Air de les rejoindre, faire front vers le Pôle Sud, et, implicitement, veiller sur Loki.
Rhodes et Tony avaient examiné l'arsenal Stark – du moins, ce que le volcan n'avait pas mangé – pour choisir le bateau le plus rapide et permettre à Steve de rejoindre la Tribu du Nord en des temps records.
« Tu ne veux pas passer voir Pepper ? » encouragea Rhodes lorsqu'il comprit que Tony avait prévu de faire route pour Ba Sing Se le soir même.
L'ingénieur hésita une petite seconde, avant de sourire avec nostalgie.
« Salue-la de ma part. Et tu gagneras des points si tu lui glisses que je suis prêt à aller jusque dans le Royaume des Esprits pour avoir des enfants. »
James ne put s'empêcher un sourire taquin.
« Juste... reviens entier, ok ? On a encore besoin de toi.
– On a surtout besoin de lui. »
"Lui" étant Peter Parker, que la pudeur du milliardaire n'arrivait pas encore à prononcer. Le Général, côtoyant Tony depuis suffisamment longtemps pour lire entre ses lignes, lui offrit une tape sur l'épaule, et ils se mirent d'accord sur le bateau qu'ils allaient embarquer dans le ballon dirigeable.
Steve avait demandé quelque chose de léger, il ne serait pas déçu de constater que son embarcation relèverait plus de la barque que du navire de guerre.
« Ce sera un long voyage... nota Natasha avec un soupçon de tracas.
– Ça ira, assura Steve, j'ai besoin de me rendre au Nord personnellement. »
L'espionne se pinça les lèvres, elle semblait peu convaincue. Steve hésita un instant, avant de la prendre à partie et parler à voix basse. Natasha tendit l'oreille.
« J'ai la confirmation que Bucky est en vie. »
Les sourcils auburn se froncèrent, Steve continua sur le ton de la confidence.
« Il était là, au Temple de l'Air. Je l'ai combattu, il s'est enfui. Je... pense qu'il est manipulé par la même énergie qui corrompt les esprits et le dragon.
– Il serait manipulé par Thanos ?
– Oui.
– Comment...
– De la même manière qu'Howard m'a sauvé. »
Natasha avisa Steve avec une inquiétude qu'elle ne chercha plus à masquer.
« Je vous en informe pour que vous soyez préparée, affirma le soldat. Le pouvoir de Thanos est grand, et il agit dans l'ombre depuis des années. Nous ne pouvons pas le sous-estimer. Si vous avez le courage, interrogez Loki...
– Entre nous, Captain, peut-on se fier à lui ? »
Steve se redressa pour réfléchir à la question. Il balaya le hangar du regard, James et Tony discutaient encore, Gamora s'approchait.
« Restez sur vos gardes, mais je pense qu'il est dans notre camp.
– Pour ce combat-ci du moins, » confirma Gamora qui arrivait à leur hauteur.
Steve hocha la tête. Sur un dernier regard entendu, il prit congé des deux femmes pour rejoindre les hommes du Feu.
« Romanoff, j'ai une question pour vous, déclara la mercenaire.
– Je vous écoute, fit l'espionne en se redressant légèrement, croyant percevoir un brin d'agressivité chez son interlocutrice.
– Vous êtes en contact avec Barton. Avez-vous des nouvelles de lui ? Je ne sais pas si le combat, au Temple de l'Air... »
Natasha sourit et se détendit d'autant.
« Il va bien. Je crois qu'il a reçu un méchant coup sur la tête, mais il aurait gagné une amie qui se soucie de lui. »
Gamora masqua un léger sourire et hocha la tête.
« Passez-lui le bonjour de ma part lorsque vous le retrouverez.
– Passez le mien à Nick Fury, » acquiesça Natasha.
La mercenaire considéra la demande un instant, avant que l'espionne n'ajoute :
« Non, je plaisante, ne lui passez surtout pas. »
Et Gamora sourit. Les deux femmes entamèrent une marche lente, presque flegmatique.
« Avez-vous réfléchi à ce que vous allez lui dire, à Nick Fury ? s'enquit la femme rousse.
– Qu'a-t-il besoin d'entendre pour nous rejoindre ?
– Oh, il vous suivra. C'est plutôt l'humeur avec laquelle il le fera qui est en jeu.
– Je lui dirais ce qu'il faudra.
– Lui direz-vous que Thanos est votre père ? »
Gamora ne réagit pas tout de suite, elle considéra Natasha du coin de l'œil. L'espionne était légèrement plus petite qu'elle mais en s'y arrêtant quelques secondes, elle crut percevoir de l'acier tranchant sous ses manches évasées, deux autres lames attachée à ses mollets, une autre dans son dos, et même une lame cachée dans les cheveux. Une apparence hautement trompeuse.
« Oui, je lui dirais, répondit-elle finalement. Je connais Thanos. Il est inutile de le cacher.
– Serez-vous prête à l'affronter ?
– J'ai eu toute une vie pour m'y préparer. »
Après leur première rencontre, dans ce temple abandonné, Gamora pouvait dire qu'elle avait dépassé le stade de l'appréhension. L'heure était maintenant aux règlements de comptes.
La voix de Tony résonna soudain à l'autre bout du hangar.
« Gamora, un coup de main ? »
La Gardienne et l'espionne rejoignirent les autres, et, d'une maîtrise du métal soignée, Gamora aida à charger le bateau à bord du dirigeable. Quelques instants après les mentors levèrent l'ancre.
Steve quitta le dirigeable le premier. Au petit matin, affairé autour de son navire entreposé dans la soute du ballon, il vérifiait ses derniers équipements.
« Tu as assez de carburant pour la moitié du trajet, les deux tiers en ne forçant pas trop... ouais, donc la moitié, considéra Tony d'un hochement de tête pour lui-même.
– Ça sera suffisant, » affirma le capitaine en chargeant ses sacs de ravitaillement.
Son bateau ressemblait à un navire de plaisance : une cabine contre les intempéries, un pont à peine assez large pour accueillir deux personnes bien portantes, et une cale avec assez de place pour stocker de quoi faire un voyage jusqu'au bout du monde – ou du moins, la moitié. D'une puissance insoupçonnée – amélioration sauce Stark – il dépasserait en vitesse les biplans les plus rapides... à condition de tenir sur la longueur.
À la réflexion, Tony ne se faisait pas trop de soucis pour la traversée en tant que telle. Les conditions s'annonçaient favorables, la Tribu était prévenue... Non, une autre considération le tracassait. Le voyage allait être long et qui savait ce qu'il pourrait rencontrer en chemin. Des icebergs, des esprits en colère, un dragon tombé du ciel... Bucky.
Oui, tout compte fait, Tony était inquiet. Il se rendit compte qu'il le masquait terriblement mal lorsque Steve, l'observant depuis quelques secondes déjà, questionna :
« Qu'est-ce qu'il y a, Tony ? »
L'ingénieur rencontra les prunelles bleues du soldat. Le sentiment qu'il n'aimait pas le voir partir ne s'en vit que renforcé. Il se détourna.
« Barnes... est en vie. »
Steve prit une légère inspiration.
« Oui.
– Il a tué mes parents.
– Thanos a tué tes parents.
– Par le biais de Barnes.
– Où veux-tu en venir ? » redouta Steve.
Le milliardaire fit quelques pas. Sa contrariété prenait forme dans son esprit, il chercha un moyen de la verbaliser.
« Jusqu'où es-tu prêt à aller pour le ramener ? »
Steve agrippa le rebord de son embarcation des deux mains. Il prit une seconde de réflexion pour être sûr de ne pas répondre à côté.
« L'enjeu n'est pas là.
– Réponds à ma question.
– Qu'est-ce que tu veux savoir ?
– Si tu as le choix entre sauver Bucky et sauver Peter, tu fais quoi ? »
Imperceptiblement, Steve soupira.
« Tony, la seule chose qui compte aujourd'hui, c'est Peter.
– Ok, laisse-moi reformuler. Si tu as l'occasion de sauver Peter au prix de la vie de Barnes, tu fais quoi ? »
Steve marqua un temps d'hésitation, infime instant de flottement qui révéla à Tony plus qu'il n'avait voulu savoir. L'ingénieur s'énerva, il porta sur le soldat un regard accusateur.
« Comment peux-tu prendre à ce point le parti d'un assassin ?
– La question ne se pose pas...
– Je crois que si, Steve. Si t'es amené à douter comme tu viens de le faire lorsque ce choix se présentera, je crois que la question se pose.
– Bucky est une victime de Thanos.
– C'est une arme de guerre, une machine à tuer ! Il se mettra dans ton passage et il fera tout pour t'arrêter !
– Et je ne me laisserai pas faire, mais s'il existe le moindre espoir de le sauver aussi-
– Tu sacrifierais Peter.
– Bien sûr que non ! se souleva soudain le soldat.
– Alors quoi ? Tu feras quoi ?
– Tu ne peux pas me reprocher de vouloir sauver un maximum de vies.
– Seule celle de Peter compte.
– Qu'est-ce que tu crois ? Que j'irais risquer un seul instant de le perdre ?
– C'est l'impression que tu me donnes !
– Je donnerais ma vie, celle de Bucky pour le sauver ! Je t'interdis d'en douter. »
Tony ouvrit la bouche, avant de la refermer. Il considéra Steve un instant et questionna, d'une voix où l'espoir remplaçait progressivement la colère :
« Celle de Bucky ? »
Le regard de Steve était dur, sa voix âpre.
« J'ai déjà fait mon deuil de Bucky, pas celui de Peter. On ne le perdra pas, tu m'entends ? Quoi qu'il en coûte, nous le sauverons. »
Le doute de Tony s'effaça sous la détermination du capitaine. L'ingénieur prit un instant pour reconsidérer son excès de colère, regrettant à moitié d'avoir si manifestement poussé Steve dans ses retranchements – l'autre moitié soulagée par ce qu'il avait voulu entendre.
« Thanos... a fait beaucoup de mal, » déclara une voix derrière eux.
Les deux hommes se retournèrent, Gamora fit son apparition dans la soute du dirigeable.
« Nous sommes tous ses victimes, il nous a tous pris quelqu'un. Une mère, un père... un frère, ou une sœur, il créera beaucoup d'orphelins encore si nous n'intervenons pas. »
Steve respira profondément, soucieux de faire retomber son soudain coup de sang.
« Il faut être prêt au pire Cap, » murmura Tony sans être certain d'être très réconfortant.
Le soldat se redressa, il avait intégré cette information.
« Je sais. »
Du coin de l'œil il avisa Tony, lisant dans les prunelles brunes de l'ingénieur tout le souci qu'il se faisait. Quelques rides qui n'y avaient pas été il y a une poignée de jours, une pupille plus brillante que d'habitude, de légères cernes trahissant des nuits peu réparatrices. Steve ne pouvait pas lui tenir rigueur de telles angoisses, il s'y retrouvait bien trop.
Il se surprit à constater la main tendue de l'ingénieur. Il considéra son collègue un instant, avant de la saisir avec conviction.
« Bon voyage, Captain. »
Le soldat tendit ensuite sa main vers Gamora qui la serra à son tour.
« On se retrouve au Sud, » déclara-t-il.
Tony et Gamora acquiescèrent, ils reculèrent de quelques pas. Steve s'installa aux commandes de son navire, l'ingénieur saisit un levier.
« Accroche-toi. »
Et Tony actionna la barre. La trappe sous le bateau s'ouvrit, le bateau tomba sur quelques mètres avant de percuter l'eau. Une fois stable, Steve osa un regard en l'air. Déjà la trappe se refermait et le dirigeable ajustait sa trajectoire vers l'Est.
Il régla ses propres commandes pour pointer au Nord.
Carol avait été une avatar résolue.
Ce constat grandit chez Peter à mesure que la conversation avec son incarnation passée se prolongeait. Cela l'amena à se questionner : comment lui-même pouvait-il tant douter quand sa vie antérieure faisait preuve d'une telle détermination ? Qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ?
Ces pensées lui parvinrent durant leur discussion spirituelle, et s'il était capable de ressentir toute l'assurance de la maîtresse de l'Eau, elle-même était parfaitement capable d'identifier ses doutes et hésitations.
« Tu es jeune Peter, il est normal que tu te poses des questions. Garde confiance en toi. Tes intuitions sont bonnes, continue à t'y fier.
– Mais je n'ai pas pressenti Thanos. Je ne sais pas comment le vaincre, je ne sais même pas comment sortir d'ici...
– Garde confiance, insista-t-elle. Une fenêtre s'ouvrira, il faudra la saisir.
– Quand ? Comment ? »
Quel genre d'ouverture, comment identifier le bon moment ? Que sera-t-il censé faire ? Comment pourrait-il agir, il ne maîtrisait même pas l'État d'Avatar !
« Carol ? »
Il la ressentait, elle était encore là, mais elle ne répondait plus. Pourquoi ce silence soudain ?
Peter sentit quelque chose. Une sensation physique, un contact direct qui lui fit réintégrer son corps. Il se réappropria ses sensations, petit à petit, il revint pieds à terre. Il sentit enfin ses mains, ses jambes, son cœur pomper dans son buste, sa tête posée sur le sol. À travers ses paupières une étrange lueur orange filtrait, il ouvrit les yeux avec difficulté. Il se redressa, membres ankylosés. Il leva la tête.
Haut.
Beaucoup plus haut qu'il n'aurait pensé.
Un homme – un géant l'observait. Le mastodonte s'accroupit, mais dominait toujours autant le garçon au sol. Sa main seule faisait la taille du visage de l'enfant, ses deux yeux l'observaient avec attention. Sa voix fut calme et grave.
« Bonjour, Avatar. »
Peter s'inclina légèrement en arrière pour considérer le géant dans son intégralité. Sa carrure était dantesque, il se sentit submergé. Thanos se redressa. Il se tourna pour partir, accorda un regard en arrière à Peter qui était resté trop abasourdi pour bouger.
« Viens. »
Le garçon déglutit. Il se leva difficilement, ses jambes semblaient récalcitrantes à le supporter. Il prit une grande inspiration. Carol était avec lui. Elle ne l'avait pas quittée, sa présence demeurait, infaillible. Il puisa dans la détermination de sa prédécesseure et la fit sienne.
Son instinct le poussa à coopérer sans discuter, il emboita donc le pas à son geôlier.
Tony et Gamora atteignirent rapidement le Royaume de la Terre. Quelques heures à peine après avoir dépassé la côte du continent, le dirigeable ralentit au dessus d'une plaine aride. En atterrissant, le ballon souleva de la poussière et fit frémir quelques buissons.
Sur le bord de la route aux allures de chemin de terre, une berline flambant neuve attendait.
À l'intérieur, trois individus et un raton laveur.
La rampe du dirigeable se déploya, la maîtresse de la Terre et celui du Feu restèrent sur le palier un instant.
« Eh ben... hésita l'ingénieur. Bonne route jusqu'à Republic City, je suppose. »
Gamora n'ajouta rien, ce qui prolongea le moment. Son regard s'attarda sur le milliardaire. Elle lui saisit la main des deux siennes, Tony se laissa faire avec surprise.
« Tu es quelqu'un de généreux, Tony Stark. »
Il considéra la Gardienne avec surprise. Il aurait aimé répondre avec un trait d'esprit mais une émotion inattendue l'en empêcha. Incapable de formuler un mot sans se trahir, il hocha simplement la tête et serra les mains de sa partenaire dans la sienne.
Elle lui sourit avec retenue et décida de ne rien dire de plus. Elle saisit ses affaires, quitta le ballon et embarqua dans la voiture qui l'attendait, répondant avec délice au chaleureux accueil que les Gardiens lui réservait. Seul Peter Quill masquait mal sa réserve.
« Il te drague ?
– Non, Peter, » s'amusa-t-elle aussitôt.
Quill fronça les sourcils, elle le sermonna doucement. Puis elle adressa un dernier regard vers Tony, resté une seconde de plus sur le pas de son dirigeable. L'ingénieur finit par disparaître à l'intérieur de sa forteresse volante, la rampe fut ravalée. Le dirigeable décolla, cap à l'Est, et l'équipe des Gardiens se mit en route vers Republic City.
