Cette histoire est une traduction de « A Tangled Web », écrite par airedalegirl1, dont vous trouverez le lien sur mon profil.
Chapitre trente-quatre
Jasper
Avant d'avoir atteint la porte de la chambre, je sentis la tension et l'hostilité. Quelque chose n'allait pas, même si je n'avais aucune idée de ce que cela pouvait être. Bella avait semblé soulagée et heureuse de découvrir que Charlotte et Peter avaient fait tout ce chemin pour la retrouver, alors qu'est-ce qui avait causé cette ambiance ?
J'hésitai en entendant des murmures à l'intérieur, visiblement, la conversation était aussi importante que privée.
"Bella, j'ai beaucoup de choses à t'expliquer et certaines ne seront pas faciles à dire, mais crois-moi quand je te dis que rien de ce que nous avons fait n'était destiné à te blesser. Peter et moi... eh bien, nous avons profité d'une situation, quelque chose que nous n'aurions pas dû faire mais..."
La voix de Bella, froide et dure, coupa celle de Charlotte.
"Est-ce que tu connaissais ma mère ? Étais-tu son amie ?"
Charlotte hésita avant de répondre d'une toute petite voix, "Non".
"C'était donc un mensonge aussi. Es-tu responsable de sa mort ?"
"Non."
Cette fois, la voix de Charlotte fût plus ferme et je sentis son horreur de se voir poser une telle question.
"Que s'est-il passé alors ? Tout ce dont je me rappelle, c'est le souvenir vague d'un accident, de tout qui tourne autour de moi et de quelqu'un qui hurle. Je suppose que ça devait être ma mère."
Charlotte avait du mal à faire face à Bella toute seule, d'autant plus que sa " fille " était très hostile. Je tendis donc la main vers la poignée de la porte, mais une autre main se referma sur la mienne.
"C'est mon merdier ça, Major. Je vais m'en occuper. Garde un œil sur Ashley, veux-tu ?"
Je hochai la tête et fis signe à la fille de me suivre jusqu'au camion, nous pourrions y attendre jusqu'à ce que tout soit terminé. J'étais sûr qu'aucun des trois ne voulait qu'elle entende ce qui se disait et, personnellement, je pouvais entendre aussi bien dans le camion qu'en traînant à proximité, comme quelqu'un qui écoute aux portes.
Peter
J'aurais pu crier, pourquoi maintenant ? Pourquoi Bella avait-t-elle besoin de découvrir la vérité et de confronter Charlotte avec ça en plein milieu de ce merdier ?
J'ouvris la porte et je remarquai à quel point Charlotte était sur la défensive et à quel point Bella semblait bouleversée et confuse.
"On a ramené ton amie, Bella. Elle est en sécurité avec le M... Jasper dans le camion. Il faut qu'on bouge avant que les flics viennent nous chercher."
Bella ouvrit la bouche pour objecter ou poser d'autres questions, je ne savais pas lesquelles, mais pour le moment, je n'avais pas le temps pour y répondre.
"Bella, je sais que tu cherches des réponses et je te promets que dès que nous serons partis d'ici, tu les auras, mais pour l'instant, j'ai besoin que tu me fasses confiance. Ça n'est sûr pour aucun d'entre nous, ici. Nous devons partir maintenant et je n'ai pas l'intention de mettre ton amie en danger en lui permettant d'entendre ce que nous avons à te dire. OK ?"
Bella avait l'air contrariée, mais je crois qu'elle comprit que je lui disais la vérité. Elle se leva du lit et se dirigea vers la porte, s'arrêtant devant moi et me regardant droit dans les yeux.
"D'accord. Je te fais confiance, pour l'instant, mais il faut qu'on parle et je ne veut plus être menée en bateau, papa."
Je hochai la tête : "On sera honnêtes avec toi, mais fais-moi une faveur et souviens-toi combien ta mère t'aime. Ne lui en fais pas baver jusqu'à ce que tu connaisses les faits. Tu peux m'insulter autant que tu veux, mais... laisse-la tranquille."
Bella hocha la tête et sortit pendant que je prenais Charlotte dans mes bras, essayant de la réconforter.
"Ça va bien se passer, Charlotte, je te le promets. On va régler ça, mais qu'est-ce qu'elle sait ?"
"Assez, elle a trouvé les coupures de presse que j'avais gardées sur l'accident et sur son père et maintenant elle est désorientée et en colère."
Je grimaçai, ça ne pouvait pas être pire, mais j'espérais qu'une fois que nous aurions expliqué ce qui s'était passé, Bella nous donnerait une seconde chance, que nous le méritions ou pas.
Bien sûr, elle serait alors en grand danger, mais j'espérais que les Volturi n'étaient pas au courant de ce que nous avions fait ou qu'ils ne s'attendaient pas à ce que nous fassions une erreur. Évidemment, nous ferions tout ce que nous pourrions pour la protéger, mais contre la puissance de la garde Volturi, je n'étais pas sûr que ça servirait à grand-chose.
Jasper
Bella sortit de la pièce le dos raide et l'air sérieux, mais quand elle vit son amie, recroquevillée à l'arrière du camion, elle accourut et monta avec un simple signe de tête dans ma direction. Si seulement elle savait à quel point j'avais envie de la prendre dans mes bras et de la serrer contre moi, de me noyer dans son odeur et de ne plus jamais la laisser partir.
Je sortis pour laisser un peu d'espace aux filles, même si je pouvais, bien évidemment, entendre tout ce qu'elles disaient.
"Ash, est-ce que tu vas bien ? Je suis si contente que tu aies décidé de partir."
Son amie éclata de nouveau en sanglots et elles restèrent dans les bras l'une de l'autre quelques instants avant qu'Ashley n'arrive à parler.
"Il m'a quittée, Bella. Timothy a dit qu'il ne pouvait pas me faire confiance, et m'a abandonnée. Si ton père n'était pas venu avec son ami, j'aurais été embarquée par les flics. Je suis désolée de ne pas t'avoir écoutée, Bella. Tu avais raison depuis le début."
Bella la fit taire, caressant ses cheveux et la réconfortant lorsque Charlotte et Peter apparurent avec les sacs.
Je me glissai à l'avant, sur le siège du passager, Charlotte était la personne la plus apte à s'asseoir avec les filles pour essayer de comprendre ce qui se passait. J'en convins alors même que je ressentais cette envie presque irrésistible de prendre Bella dans mes bras et de ne jamais la laisser partir. Peter, lui, se glissa derrière le volant et démarra le moteur en regardant autour de lui avec anxiété.
"Mettons-nous en route. Je ne sais pas où aller ni ce qu'on doit faire, mais on doit quitter la Louisiane et rapidement. Si ce flic nous rattrape, on aura encore plus de problèmes qu'on n'en a déjà."
"Dirige-toi vers l'est, je pense que ce chef de la police a peut-être détecté mon accent texan et qu'il cherchera probablement par là en premier. Il faut qu'on trouve un endroit où se cacher avec cette gamine, visiblement, elle ne pourra pas voyager très loin."
Peter hocha la tête et jeta un coup d'œil par-dessus son épaule.
"Tu as bien raison. Je suis juste soulagé que ce soit elle qui soit enceinte et pas Bella, on a déjà assez de problèmes comme ça. Tu crois que les Volturi savent ce qu'on a fait ?"
"J'en doute, ils ont assez à faire à garder un œil sur les nomades et les fauteurs de troubles. En plus, Charlotte et toi avez toujours fait profil bas."
Il hocha la tête, mais je sentais les vagues de peur qui s'abattaient sur lui.
"J'espère que tu as raison, Major."
Moi aussi, sinon j'aurais encore plus de mal à assurer la sécurité de Bella jusqu'à ce qu'elle comprenne ce que nous étions l'un pour l'autre. Je n'étais même pas sûr de pouvoir la persuader qu'elle était ma compagne, est-ce qu'un humain sentait l'attraction ? L'autre chose qui me tracassait, c'était pourquoi je n'avais pas senti plus fortement l'attraction et pourquoi même maintenant, j'avais le sentiment qu'il y avait quelque chose qui nous séparait. Ça n'était ni Peter, ni Charlotte, ni même le fait que Bella était jeune et humaine. Non, c'était quelque chose de plus nébuleux, quelque chose que je ne pouvais pas voir ou toucher, mais une barrière quand même. Si ça ne passait pas, il faudrait que j'en parle à Carlisle, il serait peut-être au courant de ce phénomène ou pourrait m'indiquer quelqu'un qui en savait plus. Mon bonheur, ma vie en dépendait peut-être littéralement.
Il était facile de voir que l'amie de Bella avait des ennuis jusqu'au cou, non seulement elle était probablement enceinte, mais son mari depuis seulement quelques jours l'avait laissée faire face aux conséquences tandis qu'il se dépêchait de se mettre à l'abri. Et en plus, elle était convaincue que sa mère la mettrait à la porte dès qu'elle apprendrait la nouvelle.
Personnellement, je n'arrivais pas à comprendre qu'un parent puisse laisser sa fille adolescente faire face seule à ce genre d'épreuve. Quoi qu'elle ait fait, elle ne méritait pas d'être abandonnée comme un objet indésirable. Bella était extrêmement inquiète pour elle, mais je savais que Charlotte ferait tout pour trouver comment l'aider, c'était sa façon de faire.
"Ashley, écoute-moi. Je t'accompagnerai chez ta mère pour lui expliquer la situation. De toute manière, je suis sûre que le mariage n'est probablement pas légal, mais on peut essayer de trouver Timothy et s'assurer qu'il s'occupe de toi et du bébé."
"Elle ne me laissera pas rentrer à la maison, elle m'a toujours dit que si j'étais en cloque, elle me mettrait dehors et elle le pensait."
"Les mamans disent beaucoup de choses qu'elles ne pensent pas vraiment. Elle t'aime et je suis sûre qu'elle voudra t'aider autant qu'elle le pourra, mais sinon, je te promets qu'on ne te laissera pas tomber."
Quand elle entendit ça, je pus sentir la gratitude de Bella, même si Ashley était sceptique, car si sa propre mère refusait de l'aider, pourquoi quelqu'un d'autre le ferait-il ?
Nous traversâmes la frontière de l'État, et parcourûmes encore 80 km, puis nous nous arrêtâmes dans un petit motel près de la grand-route et réservâmes trois chambres pour deux nuits. Ashley avait l'air d'aller bien puis, avec l'aide de Bella et Charlotte, elle se coucha rapidement et les filles essayèrent de la rassurer pour qu'elle puisse dormir un peu.
"On ne peut pas rester ici trop longtemps, Peter. On ne sait pas jusqu'où ce flic va aller pour rechercher les filles. Il avait l'air d'avoir une dent contre le pasteur et sa secte et je suppose que plus il y aura de témoins de leur comportement, mieux ce sera pour lui."
"Eh bien, on ne peut pas rentrer chez nous. Charlotte parle de ramener Ashley, mais elle n'a pas les idées claires. Elle va d'abord devoir appeler cette salope pour tâter le terrain. Les flics ont peut-être pris contact avec sa mère pour lui demander de les appeler si sa fille se manifeste. C'est un putain de bordel, Major."
"Tu peux le dire ! Pourquoi ne retournez-vous pas au ranch pendant quelque temps ? Ça prendrait du temps aux flics pour vous retrouver aussi loin et c'est assez isolé. Darius pourrait aussi leur mettre des bâtons dans les roues pour brouiller les pistes."
Peter hocha la tête en souriant sombrement.
"On dirait qu'on va revenir au point de départ. On ne va plus pouvoir se targuer d'avoir réussi à traverser l'enfance de Bella sans dérapage. Tu crois qu'elle nous pardonnera nos mensonges ? Je suppose qu'aucun de nous n'y a vraiment réfléchi, en lui cachant l'identité de son père, je veux dire."
Je haussai les épaules.
"Je ne sais pas Peter, c'était une décision importante que vous avez prise là-bas, mais Bella sait que vous l'aimez. Tout finira par s'arranger, j'en suis sûr, mais en attendant, vous passerez certainement un sale quart d'heure."
Il grimaça.
"Ouais, et je parie que tu ris à cette pensée."
J'ouvris la bouche pour lui dire exactement ce que je pensais de son commentaire quand il soupira fortement et secoua la tête.
"Non, je suis désolé, Major. C'était injustifié. Je crois que je te dois pas mal d'excuses pour la façon dont je me suis comporté ces derniers temps."
Je me détendis et soupirai à mon tour.
"Capitaine, tu as toujours été un connard. Pourquoi changer maintenant l'habitude de toute une vie ? Tant que Bella est en sécurité, c'est tout ce qui compte pour nous deux. Mais je pense que tu me verras beaucoup plus souvent maintenant."
Nous nous retournâmes, surpris par le rire amer qui retentit et vîmes Bella debout devant la porte de la chambre de son amie.
"Eh bien, eh bien ! Le mystère s'épaissit. Je pense qu'il faut qu'on parle, papa."
Peter hocha la tête et ouvrit la porte de leur chambre.
"Bien sûr, entre. Je suis sûr que Charlotte sera là dans une minute."
Je me détournai pour leur laisser un peu de temps seul.
"Je vais essayer de contacter Darius, voir s'il peut nous dire ce qui se passe avec les flics."
"Oh non, Major..."
Sa voix était pleine de sarcasme,
"Tu devrais venir aussi. Tu as aussi des explications à me donner."
Mon regard passa de Bella à Peter, mais pour l'instant, c'était elle qui décidait et il haussa les épaules, alors nous entrâmes tous les trois et, quelques instants plus tard, nous fûmes rejoints par Charlotte, qui avait entendu notre échange.
Il était évident que Bella elle-même était morte de fatigue, qu'elle avait vécu trop de choses dernièrement et qu'une grande partie était pénible ou déroutante, voir, les deux. Malgré cela, personne ne suggéra ce que nous pensions tous, qu'elle devrait se reposer avant cette confrontation. Elle aurait sûrement refusé et nous aurait accusés d'essayer de la décourager.
Nous attendions alors que son regard passait de l'un à l'autre avant qu'elle ne baisse les yeux vers ses mains qui reposaient sur ses genoux.
"Je ne sais vraiment pas par où commencer. J'étais tellement en colère contre vous quand j'ai trouvé ces coupures de presse que je voulais vous faire souffrir. Maintenant que j'y pense, je suis toujours en colère, mais j'aurais dû vous en parler tout de suite. Ça aurait été mieux pour tout le monde."
Elle leva les yeux vers Charlotte.
"C'était ton écriture sur le dossier, alors peut-être que tu peux me dire la vérité maintenant ? Et s'il te plaît, n'essaie pas de cacher quoi que ce soit. Je mérite de connaître la vérité, toute la vérité."
Je me levai.
"Écoute, je n'ai rien à voir là-dedans, je ne connais pas toute l'histoire. Je crois comprendre que tu as aussi des questions à me poser, mais je pense qu'étant donné les circonstances, elles devraient attendre que tout soit réglé. Je vais aller parler à Darius et garder un œil sur ton amie. Je te dirai tout ce que tu veux savoir, je ne vais nulle part Bella, fais moi confiance."
Ses yeux se rétrécirent.
"La confiance se mérite... Major. Cependant, pour l'instant, je veux bien croire que tu ne t'enfuiras pas."
Je hochai la tête et, après un dernier coup d'œil à mes amis, je les laissai à leur histoire et priai pour que Bella comprenne qu'ils ne lui avaient pas voulu de mal.
