À bord de l'Antarès, an 2581, jour vingt-sept…
— Vous êtes sûre que ce n'est pas les colons qui auraient pu construire ça ? demanda Aiolia en apportant un verre à la jeune femme.
— Ils n'avaient ni les connaissances ni les outils nécessaires pour bâtir une tour de ce genre ! Et d'après les images thermiques, il y en a cinq !
Il s'installa en face d'elle, les coudes sur la table, et la regarda s'animer, émettre des théories, passionnée.
Ils avaient tous été convoqués quelques jours plus tôt en salle de réunion où Marine leur avait fait part des dernières découvertes : la nouvelle sonde placée en orbite, et qui avait, comme Espérance avant elle, envoyé au sol une réplique en miniature d'elle-même, avait transmis des photos pour le moins étonnantes. Parmi tous ces clichés s'en trouvait une seule qui avait chamboulé beaucoup d'estimation et fait naître de nouvelles théories.
Cela avait donné beaucoup de travail à la jeune femme et ils ne s'étaient pas vus depuis près d'une semaine.
— Quand cette planète a été découverte il y a trois cent ans, seules des analyses de surface ont été faites, révéla cette dernière avec entrain. Tout ce qu'on savait en envoyant les colons là-bas c'est que l'air était respirable et qu'il y avait de l'eau en grande quantité et une terre, c'est tout ! Vous imaginez le courage qu'avaient tous ces gens qui ont accepté de partir vers l'inconnu ?
Aiolia sourit et but une gorgée de son whisky. Marine, après avoir repris son souffle, continua :
— Je suis persuadée que ces tours de pierre sont bien antérieures à leur arrivée sur cette planète ! Elles sont très anciennes.
— Ce qui veut dire ? demanda Shura, assis à la droite de son équipier.
— Il y avait très certainement déjà une forme de vie intelligente ici quand les colons sont arrivés, répondit la jeune femme.
— Mais… si c'était le cas, ils en auraient parlé dans leur message, non ?
— Pas du tout, en fait il a été transmis automatiquement par leur vaisseau quand la destination a été atteinte. C'était programmé.
— Un répondeur automatique, quoi.
— En quelque sorte. Dès qu'il s'est placé en orbite géostationnaire les communications ont envoyé un message pré-enregistré informant la base sur Terre qu'ils étaient bien arrivés. C'est tout.
— Ah, donc en fait on a envoyé Espérance en croisant les doigts, déclara Aiolia.
— C'est ça.
— Et ils n'ont pas envoyé d'autres messages après celui-ci ? demanda Shura.
Le comportement de Marine changea légèrement. Si subtilement qu'Aiolia ne s'en rendit pas compte immédiatement. Son excitation devint plus mesurée, elle but une gorgée de sa bière pour se donner le temps de réfléchir et évita brièvement leur regard. Comme si elle se récitait une réponse apprise par cœur avant de la leur donner.
— Si, très probablement, déclara-t-elle plus calmement. Mais comme aucun de nos satellites ne pouvaient les recevoir à cette époque, ils ont erré parmi tous les signaux radios de l'espace pendant très longtemps. Quand nous avons reçu le premier message totalement par hasard, les autres étaient certainement trop détériorés pour être captés, ou peut-être totalement détruits. En fait, nous avons eu beaucoup de chance d'en recevoir au moins un !
Encore une fois, Aiolia sentit quelque chose titiller son esprit, une alerte transmise par son sixième sens militaire mais qu'il ne parvenait pas à comprendre. En jetant un bref coup d'œil à Shura, qui le lui rendit, il s'aperçut que ce dernier ressentait la même chose.
— Vous vous rendez compte que les humanoïdes ne sont peut-être pas seulement des descendants des colons ? leur demanda tout à coup Marine après avoir bu une autre gorgée. Peut-être que les deux espèces se sont mélangées ! Ça expliquerait pourquoi ils ont une couleur de cheveux si étonnante.
— C'est possible ? répliqua Aiolia, étonné.
— Si l'ADN de la peuplade présente sur cette île et la nôtre étaient compatibles, oui, bien sûr.
Les yeux de la jeune femme brillaient à nouveau. Aiolia avait terriblement envie de lui demander, de lui poser la fameuse question : as-tu contracté l'UBT ? Est-ce que tu as réussi à y échapper, là-haut, sur la Lune ? Si elle répondait oui, alors elle avait eu de la chance. Si elle répondait non, cela signifiait que, comme presque toutes les femmes ayant survécu à ce virus, elle était stérile. Ce qui expliquerait l'excitation et la passion qu'il lisait sur son visage.
Il était évident que la forme de vie sur cette planète était fertile. Les trente soldats qui s'étaient portés volontaires savaient à quel point cette mission était importante. Peut-être allaient-ils trouver la solution pour sauver l'Humanité du déclin, lui redonner sa fertilité. Et la réponse était là, bientôt accessible.
Un homme qu'Aiolia n'avait fait qu'entrapercevoir jusqu'à présent entra dans la grande pièce circulaire à la lumière tamisée. Il chercha quelque chose du regard un instant avant de fixer ses étonnants yeux bleus sur Marine. Il les rejoignit alors à grands pas énergiques.
— Ah te voilà ! s'exclama la jeune femme en le voyant.
— Quand Shaka m'a dit que tu étais ici avec tes amis militaires, je ne l'ai pas cru, répliqua le nouveau venu en adressant un salut amical à Aiolia et Shura.
— Que veux-tu, il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis. Assieds-toi !
Elle se décala légèrement pour permettre à son ami de prendre place sur le canapé puis le présenta succinctement :
— Voilà Hyôga ! Il est linguiste, polyglotte et super sexy !
— Pas forcément dans cet ordre-là, déclara le dénommé Hyôga en s'installant.
— Alors, qu'est-ce que tu penses de mon idée ?
Aiolia but une gorgée d'alcool tout en se sentant un peu de trop. Manifestement, ces deux-là avaient l'habitude de travailler ensemble et semblaient même avoir un projet en cours. Il dit à Shura qu'il allait se chercher un autre verre et se rendit au bar.
Dohko se jeta immédiatement sur lui, un bras sur ses épaules, et le serra si fort que leurs têtes se cognèrent.
— C'est qui, lui ?! lui souffla-t-il en pointant Hyôga du doigt.
— Un collègue de Marine. Lâches-moi ou je te butte !
— Putain, faut que tu me présentes !
Jurant, Aiolia parvint à se libérer et récupéra son verre à nouveau plein en disant :
— Hors de question que je t'invite, t'es con comme une enclume tu vas me foutre la honte.
— Oh allez ! Tu sais à quel point j'aime les blondes, insista Dohko en lui emboîtant le pas. Promis je me tiens à carreau !
— Jamais de la vie. Et ne me suis pas !
Son camarade stoppa en jurant, bougon, puis retourna s'installer au bar sans les quitter des yeux. Aiolia reprit sa place près de Shura.
— Ce sera plus facile, je pense, s'ils sont statiques, sans les interférences causées par le vent, dit Hyôga en croisant les bras sur sa poitrine, faisant ressortir des muscles assez impressionnants. C'est une bonne idée.
— Merci, sourit Marine en réponse, ravie. Il m'arrive d'en avoir.
Elle se tourna à nouveau vers les deux militaires en face d'eux et leur expliqua :
— Grâce à ces tours, il sera peut-être plus facile et plus rapide d'en apprendre un peu sur eux, notamment sur leur langue. La mini-sonde est encore sur place et elle est équipée de récepteurs mobiles que Milo pourra peut-être diriger à distance. J'ai cru voir des fenêtres sur la photo, mais il faudrait en avoir d'autres pour être sûr.
Son collègue acquiesça simplement. Aiolia réalisa qu'il n'avait jamais pensé à cette évidente réalité : les humanoïdes parleraient forcément une langue différente de la leur.
— Et tu penses pouvoir les comprendre ? demanda-t-il à Hyôga qui braqua alors sur lui un regard à la fois distant et profond.
— C'est mon boulot, lui répondit-il brièvement, un peu froidement.
— Il parle dix-sept langues, révéla Marine. Il ne lui suffit que de quelques jours pour apprendre une langue qu'il ne connait pas et la parler suffisamment bien pour se faire comprendre.
Shura haussa les sourcils de surprise et lança, abasourdi :
— Dix-sept !
— Quand je pense que nous on a déjà du mal avec notre langue maternelle, marmonna Aiolia en buvant une nouvelle gorgée de son whisky.
Hyôga eut un bref sourire en coin qu'il s'empressa de faire disparaître. Soit il ne les appréciait pas – les militaires terriens savaient que les habitants de la base lunaire avaient énormément de préjugés à leur encontre – soit il était particulièrement réservé.
Soudain, la tablette grise posée sagement sur la table basse entre eux émit un appel. Marine s'essuya rapidement les mains sur son pantalon avant de s'emparer de l'appareil et de faire glisser l'un de ses doigts sur l'écran. Ils entendirent une voix d'homme au ton impérieux dire :
— Désolé de t'appeler pendant ton temps de repos, mais tu ferais bien de revenir au labo tout de suite.
— Qu'est-ce qui se passe ? répliqua la jeune femme en se levant immédiatement.
— Jettes un coup d'œil par un hublot en chemin, tu comprendras.
Sans prendre la peine de leur adresser un signe, Marine s'éloigna. Elle traversa la large pièce circulaire d'un pas énergique sous le regard insondable de Hyôga et Aiolia s'attendait presque à la voir foncer dans la porte avant qu'elle ne s'ouvre tant elle y arriva vite. Mais, heureusement, Milo était réactif et elle put sortir sans accident.
Shura se leva à son tour puis s'approcha de l'immense baie vitrée qui offrait une vue magnifique sur la petite planète. Aiolia déposa son verre et le suivit. Ce qu'il découvrit alors le laissa sans voix.
L'immensité bleu de l'océan avait disparu. À la place, une énorme masse de nuages d'un gris soutenu tournoyait, si vite qu'il était possible de voir les mouvements vaporeux même à cette distance.
— Merde, laissa échapper Aiolia. Si ça c'est pas une tempête, je ne sais pas ce que c'est !
— Ça ressemble à un cyclone, l'appuya Shura. C'est énorme !
Et le mot était faible. L'océan n'était même plus visible. La magnifique boule d'un bleu lumineux était devenue si sombre qu'ils peinaient à en deviner les contours.
...
Marine surgit dans le laboratoire de bord comme une furie, essoufflée, avec sur le visage l'expression de quelqu'un qui semblait s'être réveillée d'un cauchemar.
— Dis-moi que c'est pas vrai ! lança-t-elle vivement.
— Non, désolé, répliqua Shaka sans se détourner de l'écran de son ordinateur. Le cyclone s'est formé très rapidement et se renforce en se déplaçant. Il n'a pas l'air de perdre sa vélocité.
La jeune femme jura et se pencha à son tour sur le pupitre, mains appuyées sur la table, le souffle court. Une représentation parfaite en image de ce qu'il se passait en ce moment sur la planète tournoyait sous ses yeux. Les logiciels de bord étaient en train de réaliser une prévision sur la semaine.
— Verdict ? demanda-t-elle, les dents serrées.
— Les vents soufflent à près de cent quatre-vingts kilomètre-heure, récita Shaka en se laissant tomber au fond de sa chaise. Ils devraient toucher l'île d'ici trois jours terriens. En supposant qu'ils ne faiblissent pas, il risque d'y avoir du dégât.
— Mais pourquoi est-ce qu'il a fallu que ça arrive maintenant ?!
— Ça allait forcément arriver.
— Comment ça ?
Shaka soupira et se frotta l'œil gauche, épuisé.
— On aurait dû se douter que quelque chose comme ça arriverait, reprit-il avec beaucoup de calme. Comme tu l'as dit, il n'y a pas de saisons. C'est comme si l'été succédait directement à l'hiver. L'océan qui se réchauffe d'un seul coup, les terres qui restent froides… je ne suis pas météorologues mais ça fait un sacré choc thermique et d'après la façon dont ça s'est formé, à mon avis ce genre de truc arrive à chaque fois que la lumière et la chaleur reviennent sur l'île. Une bonne grosse mousson, en quelque sorte…
La porte du laboratoire se rouvrit et Marine, qui s'apprêtait à dire quelque chose, se retourna pour voir Hyôga entrer, l'air aussi calme et maître de lui qu'à l'accoutumé. Il s'enquit de la situation et les deux autres lui résumèrent rapidement.
— Ça risque de compliquer les choses pour la mise sur écoute, dit-il, pragmatique. Tu crois qu'on aura le temps de diriger le micro et de le stabiliser avant que cette merde touche l'île ou pas ?
— Je l'espère ! Il faut voir ça avec Milo, s'il arrive à le diriger à distance. Il faut qu'on ait ces enregistrements, même si ce n'est que quelques heures ! En espérant que ça suffise pour que tu aies le temps d'étudier leur langage.
Elle appela l'I.A de bord par le biais du bouton d'appel et, presque immédiatement, comme s'il n'attendait que ça, sa voix surgit des murs tout autour d'eux, demandant :
— Que puis-je pour toi, la rouquine ?
— Il me semble que tu peux diriger la sonde en orbite, répondit Marine d'une voix plus douce, comme si elle essayait d'amadouer un enfant.
— Exact. Tu veux que je lui fasse faire des loopings ?
— Est-ce qu'il te serait possible de diriger sa réplique, qu'elle a envoyé sur la planète ?
— Ça devrait pouvoir se faire. Je n'ai jamais essayé. Pourquoi ?
— J'aurais besoin que tu diriges des récepteurs audios vers un point précis… j'aurais aimé qu'on prenne d'autres photos pour que ce soit plus facile, mais on n'a pas le temps. On va devoir se contenter de la seule qu'on a.
— Ah ouais, rapport au merdier qui souffle en bas ? C'est une sacrée vacherie. Je me suis toujours demandé quel effet ça faisait de sentir le vent.
Hyôga haussa les sourcils et jeta un regard à Shaka qui, sombre, semblait perdu dans ses pensées. Cela faisait peut-être près de cinquante jours maintenant qu'il vivait à bord de l'Antarès mais il n'arrivait pas encore à se faire à la personnalité pour le moins incroyable de Milo. Le fait qu'une Intelligence Artificielle se comporte de cette façon, pense par elle-même et évolue constamment était une incroyable exception. Toutes celles ayant été développées sur la Lune possédaient certes des programmes évolutifs mais ces derniers étaient limités et contrôlés constamment. Ils n'avaient donc jamais été confrontés à ce genre d'esprit informatique et ignorait encore comment s'adresser à lui convenablement. Quant à Shaka il ne l'avait jamais entendu lui parler et, s'il ne le connaissait pas aussi bien, il pourrait penser qu'il en avait peur.
Au moment où Milo acceptait sa nouvelle mission et que revenait le silence, le logiciel travaillant aux prévisions météorologique terminait ses estimations. Ils prirent ensembles le temps de regarder les images montrant la tempête se déplaçant sur la surface de la petite planète.
— Les vents devraient normalement perdre énormément de force, apparemment cette formation est aussi brutale qu'elle est éphémère, mais ça va quand même souffler et pleuvoir très fort sur l'île et retarder le début de l'expédition de huit jours terriens, lut Shaka.
— Bon, ça aurait pu être pire, déclara Marine avec un certain soulagement dans la voix.
— En espérant que les soldats ne nous fassent pas une mutinerie parce qu'ils sont enfermés ici depuis trop longtemps.
— Je crois qu'ils aiment bien leur vie à bord du vaisseau !
— Pour ça il faudrait déjà qu'ils sachent ce que le mot « mutinerie » veut dire, grommela Shaka.
Hyôga ne put empêcher un rire de naître sur ses lèvres.
— Toi, tu as un avis tellement négatif sur les militaires que tu pourrais très bien devenir ami avec eux, s'amusa Marine, taquine.
— J'en doute, rétorqua immédiatement son collègue. Je ne suis pas aussi tolérant que toi.
— Ils sont sympas une fois qu'on a appris à les connaître.
— Je ne supporte pas la compagnie des cons.
— Ils ne sont pas si bêtes que ça !
Shaka roula des yeux tout en se levant de son siège et déclara :
— Presque un mois que la planète est en vue et aucun d'entre eux ne s'est encore demandé où était le vaisseau des colons.
— Moins fort ! répliqua Marine dans un chuchotement énervé.
— Pour le coup je suis d'accord avec lui, s'interposa Hyôga. Qu'ils ne remarquent pas son absence passe encore, l'orbite de l'île n'est toujours pas en vue, mais quand même, aucun d'entre eux n'a posé de question à son sujet.
Marine se renfrogna. Elle avait toujours eu beaucoup moins de préjugés que ses collègues à propos de l'armée et plus encore des terriens, mais elle était forcée de reconnaître, en cet instant, qu'ils avaient raison.
Les informations reçues d'Espérance avaient été habilement filtrées et l'absence du vaisseau colonisateur parti de la Terre trois cent ans plus tôt avaient été gardée secrète quelques jours. Toutefois, certains journaux d'information commençaient déjà à se poser des questions alors que l'Antarès n'avait toujours pas décollé. De peur que les soldats sélectionnés pour cette mission en entendent parler et refusent dès lors de partir, les hauts gradés du campement militaire de l'Armée Solidaire Européenne, approuvés par leur gouvernement, avaient fait en sorte de les garder dans l'ignorance.
Toutes les nouvelles qui leur parvenaient étaient avant tout triées, qu'il s'agisse du canal général ou des réseaux sociaux qui, de toute façon, étaient interdits d'utilisation en dehors des permissions.
Fort heureusement, cela avait suffi à garder ce détail secret et le décollage s'était fait sans heurt. Marine pensait à ce moment-là que les hommes ne manqueraient pas de remarquer quelque chose une fois la destination atteinte, or rien ne s'était produit. Les militaires profitaient simplement de la vie à bord, heureux et bruyants quoi qu'extrêmement disciplinés avec les entraînements.
— On devrait peut-être leur dire dans ce cas, déclara la jeune femme après un instant de réflexion.
Shaka, alors occupé à classer les nouveaux relevés dans sa tablette de sauvegarde, braqua sur elle un regard consterné.
— Tu ne sais pas ce que « mutinerie » veut dire, toi non plus ? lui demanda-t-il après quelques secondes.
— Je pense qu'ils l'accepteront mieux si on prend l'initiative de leur dire nous-même, dit doucement Marine en souriant, amusée malgré elle par la répartie de son ami.
Milo choisit cet instant pour revenir parmi eux.
— C'est bon, la rouquine, je contrôle la sonde au sol, déclara-t-il l'air de rien.
Un silence gêné s'installa. Les trois collègues échangèrent des regards, se demandant silencieusement jusqu'à quel point cette I.A pouvait manquer de discrétion. Milo avait-il écouté leur conversation ?
— Ouais désolé, j'aurais dû toussoter pour m'annoncer, déclara ce dernier avec, dans la voix, ce qui ressemblait fort à de l'amusement. J'ai essayé mais je me suis vite souvenu que je ne respirais pas. Du coup, c'est pas possible pour moi de tousser.
Cette fois, Hyôga sourit franchement. Marine se gratta la tête, à la fois amusée et inquiète, et Shaka posa lentement sa tablette sur le bureau, l'expression indéchiffrable.
— Ne t'inquiète pas, tu ne nous déranges pas, dit la jeune femme en reprenant un ton plus maternel. Est-ce que tu peux retransmettre des images ? Je vais essayer de te guider. Sers-toi de la sonde en orbite comme relais. En espérant que ce foutu cyclone ne créé pas d'interférences.
— Il est encore loin de l'île, ça devrait le faire, déclara Hyôga en s'approchant.
Marine s'installa aux commandes du pupitre. Immédiatement, sur l'écran de l'ordinateur principal s'affichèrent des images retransmises en direct. Malgré les grésillements et les tressautements, l'immense tour de pierre se dessina dans l'obscurité.
...
Plusieurs heures plus tard, étendu sur sa couchette, Aiolia rechignait à se lever, l'esprit et le corps encore lourds de sommeil. Puis il se souvint tout à coup qu'il avait ce matin le droit de prendre une douche et repoussa vivement les couvertures. L'eau chaude eut le mérite de le réveiller totalement et il repensa à l'annonce faite la veille, après que tous eurent vu les énormes nuages gris et noirs à la surface de la planète.
Le fait que la mission soit à nouveau repoussée n'était pas véritablement un problème, il pouvait l'endurer, mais pour être tout à fait franc avec lui-même il commençait à se languir de l'extérieur.
L'air sur Terre était certes irrespirable mais sentir le vent et le soleil sur sa peau n'avait rien de comparable et cela lui manquait. Il avait véritablement très hâte de poser enfin le pied sur cette planète à explorer et de pouvoir respirer un air pur sans avoir à porter de masque.
Sans parler du temps qui continuait à s'écouler sur Terre.
— Ah ! Enfin ! s'écria Milo lorsqu'il sortit, le faisant sursauter.
— Merde, souffla-t-il en frottant ses cheveux mouillés avec une serviette. Tu m'as fait peur, connard. Et c'est nouveau, tu t'invites dans ma chambre maintenant ?
— Je suis chez moi partout.
— Sauf dans ma salle de bain.
— Ouais, mes codes sources sont interdits d'accès dans les vestiaires, les salles de bain et les toilettes. C'est nul. Hey, j'ai piloté une sonde à distance hier ! Marine a dit que je m'étais super bien débrouillé. Elle est gentille, je l'aime bien.
— De toute façon dès que quelqu'un est sympa avec toi, tu l'adores.
— Pas forcément. Regarde, toi t'es un salop.
— Merci.
Aiolia termina d'enfiler un caleçon avec un ample tee-shirt pour faire quelques étirements.
— Tu l'aimes bien toi aussi, non ? demanda tout à coup Milo après quelques secondes de silence.
— C'est vrai, répondit franchement Aiolia en commençant à faire des pompes. Elle est belle, je ne vais pas mentir, et… brillante. Pas seulement intelligente et passionnée, brillante.
— Merde. Tu la respectes. C'est mauvais signe.
Concentré sur ce qu'il faisait, Aiolia sourit sans répondre.
— Par contre, elle et ses potes vous trouvent tous idiots, reprit Milo avec ce qui ressemblait de près à de la colère dans la voix. Je les entendu le dire hier quand ils parlaient du vaisseau des colons. Surtout l'autre qui a l'air d'avoir un balai dans le cul, le Shaka. Lui, je ne l'aime pas. Il vous a traité de cons. Un jour je vais m'énerver et le bloquer quelques heures dans un sas d'accès, ça lui fera pieds. Ou alors dans un…
— Attends, stop ! s'écria Aiolia en se redressant, un peu essoufflé. Qu'est-ce que tu as dit ?
— Je te jure, il a dit « cons », je l'ai entendu !
— Mais non, pas ça ! Tu as parlé d'un vaisseau !
— Ah, oui…
Milo se tut quelques secondes, le temps de ménager son effet. Il n'avait pas parlé à tort et à travers pour rien, il était évident qu'il l'avait fait exprès. Aiolia, agenouillé au sol, les talons de ses pieds sous ses fesses et les mains sur les genoux, attendait. Il sentait son cœur cogner affreusement fort dans sa poitrine et ses oreilles.
— Le vaisseau des colons, répondit finalement l'I.A.
— Putain…
— Ah, tu ne l'as pas vu venir celle-là, hein ?
Sans attendre plus longtemps, Aiolia se releva. Il se changea en quatrième vitesse, troquant caleçon et tee-shirt contre l'uniforme réglementaire, et entendit Milo préciser tandis qu'il sortait de sa chambre minuscule :
— Bah moi non plus, à vrai dire.
L'unique personne à côté de qui il se rendit sans attendre fut son frère. Aioros avait été le premier, et peut-être le seul, à se dire que quelque chose n'allait pas. Il se sentait idiot tandis qu'il courrait à travers les couloirs et les sas à la recherche de son aîné. Maintenant qu'il avait la solution, le problème lui paraissait tellement évident ! Puis, très vite, ce sentiment d'infériorité fut remplacé par la colère. Pourquoi leur avoir caché cette information ?
Il le trouva à la salle de sport à bavarder joyeusement avec les quatre membres de son unité. Deux d'entre eux étaient en train de faire un bras-de-fer et les trois restants les encourageaient en pariant sur le vainqueur. Il parvint à capter son attention sans trop attirer celle des autres.
— Je crois que j'ai mis le doigt sur ce qui te chiffonnait, lui dit-il sans préambule lorsqu'ils se furent un peu éloignés.
— Comment ça ?
— Milo ? Tu peux nous isoler dans un sas et faire en sorte que personne ne passe ni ne nous entende tant que je ne te dis pas de nous ouvrir ?
— Oui ! Ah, j'adore ça, faire de l'espionnage industriel ! répondit immédiatement l'I.A avec excitation.
À peine eurent-ils atteint le secteur suivant qu'il y eut un déclic sonore lorsque les deux portes coulissantes qui les entouraient se verrouillèrent, les enfermant dans une bulle insonorisée. Ces passerelles de sécurité, que tous à bord appelaient vulgairement des « sas », étaient là pour étanchéifier le vaisseau en cas de perte de pression, si un trou venait à être percé dans la coque par exemple. Ce qui permettait d'isoler les secteurs qui se vidaient de leur air.
Aiolia résuma très brièvement à son frère la révélation que Milo lui avait fait quelques instants plus tôt.
— Merde, soupira Aioros en ouvrant très grand les yeux. Mais c'est…
— Tellement évident, je sais, le coupa son cadet. Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
— On fonce au labo, on défonce la porte et on les latte à coup de pied dans le cul ! lança Milo, la voix plus sonore que jamais dans ce tout petit espace où le moindre son rebondissait sur les parois.
— On va faire preuve d'un peu de diplomatie, c'est mieux, répliqua Aioros.
— Qu'est-ce que c'est ?
— Discuter ? cracha Aiolia en croisant les bras, du feu dans les yeux. Tu veux faire la causette alors qu'ils nous ont caché quelque chose de foutrement important !? Et apparemment, ils n'avaient pas l'intention de nous le dire !
— Je confirme.
— Milo, reste en dehors de ça s'il te plaît, s'agaça le plus âgé avant de s'adresser à nouveau à son frère. Écoute, l'Antarès a beau être très grand, ça reste un endroit confiné duquel on ne peut absolument pas sortir. Alors à moins d'avoir envie d'un petit plongeon dans le vide total si ça s'envenime, on ferait mieux de ne pas provoquer de tension entre les deux camps. D'autant qu'on est loin de la Terre. Il n'y a plus les terriens d'un côté et les lunaires de l'autre. Il n'y a que des humains venus accomplir une mission très importante.
Un silence sourd, un peu résonnant, accompagna ses paroles. Jusqu'à ce que Milo dise, leur vrillant à nouveau les tympans :
— Putain, c'est beau. Je t'ai enregistré.
En d'autres circonstances, Aiolia aurait pu en rire. À la place, il soupira, les nerfs à fleur de peau.
— On va en discuter avec eux, reprit Aioros d'un ton autoritaire. Tous les deux. Dans le calme. Et Milo tu n'en parles à personne.
— À tes ordres, sempaï, confirme l'I.A.
Les portes de la passerelle se rouvrirent sans bruit et les deux frères prirent la direction du laboratoire. Tout le long du trajet l'indignation d'Aiolia ne fit que grandir et il sentait la colère bouillonner dans ses veines. Il avait toujours eu le sang chaud et s'énervait facilement mais plus encore lorsqu'il avait l'impression d'avoir été trahi et pris pour un idiot.
Au fil des jours qui s'étaient écoulés à bord il s'était peu à peu rapproché de Marine. Ils s'étaient plusieurs fois donné rendez-vous en salle de repos. Mais si, très souvent, Seiya et Dohko se joignaient à eux, trop heureux de faire les intéressants dès qu'ils en avaient l'occasion, jamais les collègues de la jeune femme ne s'étaient montrés, hormis la veille lorsque Hyôga était apparu.
Il reconnaissait sans honte qu'il appréciait la compagnie de la scientifique. Il avait appris à la connaître et elle ne cessait de se dévoiler. Et ce qu'il découvrait lui plaisait beaucoup. Elle était vive d'esprit, intelligente et un peu butée, mais surtout très forte.
En plus d'avoir drastiquement fait chuter le nombre de la population mondiale sur Terre, l'UBT avait eu un impact social très négatif pour les femmes : devenues trop précieuses, elles se voyaient rarement confier des postes de travail trop risqués et le gouvernement de certains pays du monde leur interdisaient totalement de travailler. Certaines, lorsqu'elles parvenaient donc à décrocher un emploi, devaient évoluer au milieu d'hommes qui approuvaient de moins en moins leur présence et les risques qu'elles prenaient. La plupart abandonnaient, malheureusement, mais d'autres se forgeaient un caractère d'acier et une volonté de fer. Comme Marine. Voilà pourquoi parfois Aiolia mourait d'envie de lui demander si elle avait contracté le virus.
Mais en ce moment, tout ceci était bien loin de ses pensées tandis qu'il suivait son frère aîné dans les couloirs. Toutes ses coursives étroites se ressemblaient, grises et blanches, éclairé de moitié car un néon sur deux seulement était allumé, trop étroite pour que trois personnes puissent s'y croiser.
Brusquement, cette sensation d'oppression qu'il avait ressentie en se réveillant revint, plus forte. En tant que soldat, il passait la majorité de son temps sur le terrain, et même étant enfant il ne restait jamais enfermé bien longtemps chez lui. Petit à petit, la vie à bord de ce vaisseau commençait à lui peser. Il n'était pas difficile, alors, de comprendre pourquoi ceux qui connaissaient la vérité à propos du Sanctuary avait choisi de la cacher.
Malheureusement, il était à ce moment-là bien trop en colère pour parvenir à se raisonner lui-même.
Lorsqu'ils parvinrent devant la porte close du laboratoire, une vive lumière rouge sur le boîtier tactile d'appel les stoppa. Ceux qui travaillaient à l'intérieur avaient demandé à ne pas être dérangés. L'accès était verrouillé.
— Merde, jura Aioros.
— Aucun problème, je peux ouvrir ! proposa immédiatement Milo avec entrain.
— J'en doute pas, mais si on entre sans y avoir été autorisés on risque un blâme.
— Rien à foutre, contra Aiolia. J'ai deux mots à leur dire !
Il n'eut même pas besoin de le demander : la porte s'ouvrit dans un déclic sonore et le voyant lumineux passa au vert. Il entra immédiatement, suivit de son grand frère qui, même s'il n'approuvait pas ce comportement, choisit cette fois de ne rien dire.
Assis devant leurs pupitres, en plein travail, Marine et Shaka se retournèrent, une expression de vive surprise sur le visage. À l'opposé, un casque sur la tête, Hyôga leur tournait le dos. Il écoutait quelque chose par le biais d'énormes écouteurs qui faisaient disparaître ses oreilles, aussi ne les entendit-il pas.
— Comment avez-vous fait pour entrer ? demanda immédiatement Shaka en se levant de sa chaise.
— Il suffit de demander, déclara Milo d'une voix grave, avec un sérieux qui ne lui ressemblait pas.
Marine se leva à son tour, sans rien dire. Elle avait tout de suite deviné, en voyant l'expression du visage d'Aiolia et la lueur dans son regard, qu'il était très en colère. Ils n'avaient certes passé que peu de temps ensemble pour le moment, mais elle le connaissait désormais suffisamment pour savoir qu'il s'emportait très facilement.
— Je peux savoir pourquoi personne ne nous a dit que le vaisseau des colons avait disparu ? lança-t-il furieusement.
Shaka devint blême et Marine fit un pas en arrière. Hyôga se redressa, jeta un regard par-dessus son épaule, puis retira son casque, surpris.
Aioros parvint près de son frère et posa calmement une main sur l'une de ses épaules pour le tempérer. Le plus jeune croisa les bras et garda le silence mais son visage crispé de fureur parlait pour lui.
— C'est votre I.A qui a parlé, c'est ça ? demanda Shaka, une fois la surprise passée. Vous savez qu'on pourrait ordonner qu'elle soit reformatée ?! C'est de l'espionnage ! Et elle n'avait aucun droit de vous ouvrir cette porte !
— Essaye un peu, connard, grogna Aiolia, la voix basse. Touche-le et…
— Ça suffit ! s'écria Aioros pour le faire taire. Il a raison, Milo n'avait pas le droit. Mais c'est moi le plus haut gradé ici, si vous voulez punir quelqu'un, foutez-moi un blâme.
Marine le fixa, tendue. Il y avait tout autant de calme dans le regard d'Aioros qu'il y avait de colère dans celui d'Aiolia. Physiquement, les deux frères se ressemblaient beaucoup, si ce n'est que le cadet était un peu plus grand et ses yeux arboraient un bleu plus clair. Toutefois, leur personnalité étaient aux antipodes l'une de l'autre.
— J'accepterai d'être sanctionné, reprit l'aîné en faisant un pas en avant. Mais répondez d'abord à cette question, sinon nous laisserons Milo mettre tout le monde au courant ! Le Sanctuary a-t-il disparu, oui ou non ?
Il y eut un bref silence durant lequel Marine expira lentement, puis elle répondit fermement :
— Oui.
Parvenant difficilement à croire ce qu'il venait d'entendre, Aiolia jura puis passa ses mains sur son visage. Il paraissait sur le point d'exploser. Il croisa les bras à nouveau en prenant une grande inspiration.
— Le premier message que nous avons reçu des colons nous a été envoyé automatiquement par le vaisseau, c'est celui que nous avons partagé en masse sur les réseaux et les chaînes d'information, continua la jeune femme, la voix toujours aussi sûre. Mais ensuite, nous en avons reçu d'autres. Le deuxième était de l'un des biologistes de bord. Il était fortement détérioré mais nous avons pu le reconstituer en partie, et…
— Et ça ne vous regarde pas ! s'écria tout à coup Shaka, rouge de colère. On ne vous demande pas de réfléchir, juste de jouer les armoires à glace sans cervelle !
Aiolia perdit totalement le peu de sang froid qui lui restait. Il bougea si vite que son frère ne parvint pas à le retenir à temps et fut sur Shaka en un éclair. Il l'attrapa par le col de sa longue chemise blanche avec une telle force que Marine s'attendait à voir les pieds de son collègue décoller du sol.
— Arrête ! s'écria Aioros en le stoppant avant qu'il ait pu dire ou faire quoi que ce soit.
Il parvint à lui faire lâcher prise puis le força à reculer en le bousculant un peu. Hyôga les rejoignit discrètement et se plaça près de son collègue, afin d'intervenir lui aussi si ce genre de chose se reproduisait.
Le lieutenant se tourna ensuite vers la jeune femme et reprit plus calmement :
— Sur le terrain, les missions se déroulent toujours au mieux si tous les soldats sont au courant des dangers qu'ils peuvent courir. Leur cacher des informations, c'est risquer leur vie et compromettre la réussite de l'expédition. S'il y a quelque chose de vraiment important que nous devons savoir, dites-le.
Shaka tourna vers Marine un regard dur et froid. Il campait fermement sur ses positions, les lèvres pincées. Il remit le col de sa blouse en place d'un geste sec et croisa lui aussi les bras.
Marine adressa un bref regard à Hyôga, comme si elle cherchait confirmation. Il ne tenta même pas de répondre à sa place, il savait que la jeune femme avait les nerfs suffisamment solides pour le faire.
— Dans ce deuxième message, reprit-elle enfin. Les biologistes nous disaient qu'ils avaient des preuves qu'une vie intelligente s'était développée sur cette planète, qu'ils avaient trouvé des vestiges… nous ignorions de quelle sorte car les images transmises étaient illisibles, mais maintenant, nous savons de quoi il était sans doute question.
— Les tours, répondit Aioros en fronçant les sourcils. C'est ça ?
— Très certainement. Tous les autres messages ont été impossibles à lire, sauf un, parmi les derniers reçus, où un médecin nous expliquait que… qu'il y avait eu des pertes. Beaucoup de pertes. Et qu'ils ne pouvaient rester sur l'île. Que beaucoup parmi les survivants préféraient partir.
Un silence lourd s'installa lorsqu'elle eut fini de parler. Aiolia n'en croyait pas ses oreilles. Il eut un rire désabusé et s'éloigna pour se laisser brusquement tomber dans une chaise à haut dossier. Shaka ne le quittait pas des yeux, comme s'il s'attendait à tout moment à le voir cracher des flammes de colère.
— Bordel, on fonce droit sur un territoire que vous savez hostile et vous ne nous avez rien dit ?! laissa finalement échapper Aioros. Vous vous rendez compte de la gravité de la situation ? Combien de pertes ont-ils eu ? Combien parmi les cent colons sont morts ?
— Nous l'ignorons, répondit la jeune femme, un peu honteusement. Si les données étaient dans le message elles étaient trop abîmées pour qu'on les reçoive. On ne sait pas ce qu'il s'est passé.
— Ils ont quitté la planète pour revenir sur Terre ?
— On ne sait pas non plus. C'est ce qu'on suppose, oui, mais le Sanctuary n'est jamais revenu.
Aiolia laissa encore une fois échapper un rire cynique.
— Bande d'enfoirés, déclara-t-il d'une voix rauque.
— On n'avait pas le choix ! s'écria Marine en lui faisant enfin face avec colère. Notre planète est en train de mourir, l'humanité est en train de mourir ! Peu importe ce qu'il s'est passé ici, nous devons essayer ! Malgré les dangers potentiels une forme de vie humanoïde s'est développée, c'est peut-être notre seule chance de sauver ceux qui sont restés sur Terre !
Ils se fixèrent comme s'ils étaient sur le point de se jeter l'un sur l'autre pour se battre. Aioros soupira doucement et baissa la tête, les mains sur les hanches.
— C'est un putain de cauchemar, marmonna-t-il.
— Hors de question de garder le secret là-dessus, déclara son frère en se relevant. On va mettre tout le monde au courant. Ils doivent savoir.
— Nous ferons une annonce sur le canal général, acquiesça durement Marine.
L'expression qu'affichait Shaka était claire : il n'approuvait absolument pas. Il était sur le point de dire quelque chose mais Milo parla avant lui.
— Désolé de vous interrompre mais vous devriez regarder ça, dit-il alors qu'une image de la planète s'affichait sur l'écran principal. Le cyclone a atteint l'île.
Hey salut !
Voici donc ce qui perturbait Aioros depuis un moment :D
Qui d'entre vous avait pensé au Sanctuary ?
Les colons sont arrivés sur la planète grâce à lui, en toute logique il devrait encore être soit en orbite, soit retourné sur Terre :P Sauf que c'est pas le cas :D
Dans le prochain chapitre : le retourne d'un personnage du chapitre 1 ;)
Je vous dis au 20 ^^
