Merci infiniment à tous ceux d'entre vous qui ont pris la peine de me lire jusqu'ici, on touche bientôt au but! Un de mes chapitres préférés pour aujourd'hui, place à Hermione et Drago, bonne lecture!


Hermione s'admira quelques instants, et se posa pour lire quelques heures sur son lit. Emportée par l'histoire, elle ne sentit pas ses yeux s'alourdir. Au petit matin, les yeux encore collés, elle regarda le lourd fauteuil de velours sur lequel était posée négligemment sa robe de bal, belle, vaporeuse, parfaite. Un sourire s'afficha sur son visage. Elle n'avait jamais fait grand cas de s'habiller comme une femme populaire, mais elle rêvait désormais de parader dans cette robe, aux bras de son cavalier. Retombant sur ses oreillers, elle souffla un grand coup. Le bal était dans deux jours, Drago la fuyait comme la peste, et Max avait une cavalière.

Ouvrant grand les rideaux, le ciel bleu l'éblouit. Le temps était magnifique. Il était temps de reprendre les choses en mains. Descendant dans le vestibule, la chanson RESPECT de la célèbre sorcière Aretha Franklin passait dans le tourne-disque. Hermione se sentait pousser des ailes.

Passant devant la grande salle, elle remarqua que l'aménagement avait commencé. Un groom la vit à l'entrée, et posant un doigt sur ses lèvres mimant un « chut », il ferma les portes et un écriteau « Accès réservé au personnel autorisé » apparu magiquement. Au comptoir, Mr Whiters remerciait un client de son séjour, ses enfants étant occupés à courir autour des valises. Il régnait une ambiance impalpable, chargée d'électricité et de joie. Elle s'approcha du comptoir alors que la petite famille s'éloignait :

- « Mr Whiters ? »

- « Ah, Mademoiselle Granger, bonjour ! »

- « Je voulais vous remercier pour votre présent, elle est magnifique. Je suis très touchée. »

- « Je ne vois pas de quoi vous parlez Mademoiselle » dit-il avec un clin d'œil. « C'est moi qui vous remercie. Sans ça, tous les clients auraient fui mon hôtel ! » ajouta-t-il en riant.

Elle rit également et prit congé. Elle passa sa matinée avec ses parents sur la terrasse, jouant au bridge, puis descendit au village chercher une paire de chaussures pour aller avec la robe. Elle trouva son bonheur, une paire d'escarpins blancs, simples. Après un diner copieux (mais pas trop, il fallait rentrer dans sa robe), elle enfila son maillot de bain et décida de profiter de la piscine, surement pas trop bondée à cette heure. Elle avait vu juste. S'allongeant sur un bain de soleil, elle sortit son livre de cours et commença à potasser. La température, magiquement maintenue dans la pièce, était idéale, et Hermione s'émerveillait de toutes les possibilités qu'offraient la vie de sorcière. Elle était là, un 30 décembre, dans un hôtel perdu au fond d'une vallée, cernée par la neige, et pourtant elle bronzait en intérieur, en bikini.

Elle se leva et plongea d'un geste souple dans le bassin. Elle était une bonne nageuse et entreprit de faire quelques longueurs sous l'eau, après avoir jeté un sortilège de Têtenbulle. Alors qu'elle dépassait son premier kilomètre, elle vit une autre personne descendre dans l'eau alors qu'elle approchait du bord, et le percuta de plein fouet. Des jambes fines et musclées, un caleçon vert bouteille, une lignée de poils clairs au-dessus du nombril. Remontant à la surface, elle s'apprêtait à passer un savon à leur propriétaire, quand elle se retrouva plongée dans son regard gris, furieux et silencieux. Très vite, une autre lueur s'alluma dans son regard. Elle était presque nue, lui aussi, et ils étaient bien trop proches, mais ni l'un ni l'autre ne fit un mouvement. Elle prit conscience qu'en le percutant, elle l'avait attrapé par le bras, et qu'elle le tenait toujours fermement. Ils baissèrent les yeux vers sa main, et elle le lâcha, doucement, trop doucement.

Drago, à qui ce moment d'hésitation n'avait pas échappé, mais qui lui en voulait toujours pour ce qu'il avait vu hier devant l'hôtel, se dégagea et entreprit de nager sous l'eau, lui aussi. Il fallait qu'il mette le plus rapidement de la distance avec elle. « Elle est parfaite, putain » pensa-t-il. « Miss Je-sais-tout était aussi Miss-je-suis-une-bombe ». Son caleçon lui semblait un peu serré, et le retour des longueurs n'arrangea pas la chose, car il la voyait, elle, au bout du bassin, au même endroit où il l'avait laissée, ses jolies fesses et ses longues jambes le narguant.

Hermione mit quelques secondes à rassembler ses esprits, et voyant Drago revenir vers elle alors qu'elle s'apprêtait à replonger, elle se dit que c'était l'occasion de lui parler. Alors, se baissant, elle lui fit un signe lui indiquant de remonter.

A contrecœur, mais intrigué, Drago ralentit sa brasse et émergea.

- « Qu'est-ce-que tu veux, Granger ? »

D'accord, on en était revenu à Granger. La partie n'était pas gagnée.

- « Drago, je ne sais pas ce que je t'ai fait. On parlait dans la bibliothèque et quand je suis revenue, tu avais disparu. Et depuis tu m'évites. »

- « On n'est pas potes, Granger. Je ne vois pas ce qui t'a fait croire ça, et ce qui te fait croire que je devrais me comporter différemment avec toi. »

- « Je pensais qu'on avait réussi à trouver une sorte de terrain d'entente, un genre de trêve de Noël. »

- « Je ne fais pas dans les amis Granger, surtout que visiblement, tu en as déjà plein ». La référence évidente à Max n'échappa pas à Hermione.

- « Je peux avoir plusieurs amis tu sais, et j'aimerais qu'on arrive à s'entendre toi et moi, ça relâcherait un peu la tension quand on se croise. »

- « De la tension ? On se déteste Granger, l'as-tu déjà oublié ? La semaine prochaine, tu seras de retour parmi ces blaireaux de Gryffondor, et ce sera comme avant, comme si rien ne s'était passé. »

- « C'est donc ça ? Tu ne veux pas qu'on sympathise car tu ne veux pas que les autres le sachent ? » réplique Hermione, à la fois irritée et blessée. « Désolée Malefoy, si tu ne veux pas admettre que derrière ton attitude de connard, tu es quelqu'un d'intéressant. Désolée, si tu ne veux pas admettre que tu peux te faire des amis qui ne sont pas de ton rang. Désolée si tu ne veux pas admettre que je te plais et que tu m'aimes bien! »

C'était la deuxième fois qu'elle lui lançait cela au visage, la première fois pour le provoquer, maintenant parce qu'elle en était sûre, aussi sûre que c'était réciproque. Drago lui avait toujours plu, mais son attitude rendait impossible de s'y attacher. Son visage exprimait une vraie fureur mais elle ne détourna pas les yeux.

Il était dans une rage folle, à la fois révolté par ses propos et par l'effet qu'ils provoquaient sur lui, tout comme la proximité de son corps. Elle avait lu dans ses pensées, et il se sentait mis à nu. Avant de craquer, il sortit rapidement de l'eau et s'enfuit vers les vestiaires. Mais elle fut aussi rapide à réagir et s'élança derrière lui, le rattrapant avant qu'il ait pu atteindre les douches, bloquant la porte. « Oh non Drago » pensa-t-elle. « Tu ne vas t'en sortir si facilement ».

- « Mais bordel, tu vas me laisser à la fin ? »

- « Non, pas tant qu'on n'aura pas parlé ».

- « Je ne veux pas parler Granger. » siffla-t-il entre ces dents.

Coincée entre lui et la porte, elle arrivait au carrefour des choix qui s'offraient à elle. A gauche, partir, laisser ça derrière elle, revenir à Poudlard, reprendre sa vie comme si de rien n'était. A droite, l'aventure, dangereuse et fascinante. Elle amorça le virage le plus important de sa vie.

- « Qu'est-ce que tu veux alors, Drago ? » souffla-t-elle, à peine audible.

Il y eut un éclair dans ses yeux qui s'assombrirent immédiatement, et il se jeta sur ses lèvres. Il fallait qu'il la goûte, qu'il la touche, il allait exploser. Elle était impertinente, belle, têtue, forte, fragile dans ses bras. Il la souleva et la plaqua contre la porte qui s'ouvrit sous le choc. L'eau chaude se déclencha magiquement. Elle était trempée, l'eau ruisselait sur sa peau. Essoufflés, ils se regardèrent un instant, cherchant un accord tacite sur ce qui allait se passer ensuite. Lentement, trop lentement, il défit la bretelle de son bikini et il tomba à terre. Il se pencha pour l'embrasser, la mâchoire, le cou, la naissance de ses seins.

Elle perdait la tête sous ses coups de langue. Les mains dans ses cheveux blonds, elle haletait alors qu'il mordillait le bout durci de ses seins. Il plongea son regard dans le sien, regardant l'effet qu'il lui procurait. Ses cheveux trempés lui collaient au dos, parfaite, telle une sirène sortie de l'eau. Elle s'agrippa à lui et elle l'embrassa, partout, de ses lèvres jusqu'à la lisière de son caleçon. C'était une torture.

Doucement, elle commença à tirer dessus pour le libérer. Jamais une femme ne lui avait fait cet effet. Alors qu'elle le prit dans sa main, la tension de ses muscles atteint son paroxysme. Elle était appuyée contre lui, l'air chaud qu'elle expirait brûlant sa poitrine. Pour elle aussi, il n'y aurait plus de retour en arrière. Elle se recula, l'admirant, et entreprit de défaire les nœuds de sa culotte, qu'elle laissa tomber, au bout d'un temps qui sembla infini, au sol. Son air gêné se mêlait à la fougue de son regard. Elle était la plus belle femme qu'il avait jamais vue. Cet air innocent finit d'achever Drago, qui la souleva contre la paroi, et la pénétra doucement, murmurant « Hermione » à son oreille. Il était lent, il se freinait, car ce moment devait durer éternellement. Le rouge sur ses joues, ses pupilles dilatées, ses jambes qui l'enserraient, ses lèvres fines qu'elle mordillait, il n'en oublierait aucun détail. Quand en expirant, elle cria le nom de Drago, il sut qu'elle arrivait au bout. Il accéléra son bassin et elle ferma les yeux, enfonçant ses ongles dans ses épaules. La douleur, il s'en foutait, rien n'était comparable à elle. Ses oreilles bourdonnaient, il voyait des étoiles. Il n'ouvrit pas les yeux, ils restèrent l'un contre l'autre un long moment, caressant doucement son bras. Elle semblait si frêle. C'est à cet instant qu'il remarqua les quelques gouttes de sang sur le sol.

- « Tu n'avais jamais… ? »

Hermione ne répondit pas, gênée, mais hocha la tête négativement. Drago était bien plus touché qu'il ne savait le dire, mais son silence fut mal interprété.

- « Moques toi, vas-y. » Déjà, elle cherchait son bas de maillot.

- « Non, je suis désolé. Je n'aurais pas été aussi … enfin tu vois, si j'avais su que tu ne l'avais jamais fait… »

Elle se détendit légèrement mais resta sur ses gardes.

- « Je n'en ai jamais eu l'occasion et l'envie. »

- « Même pas avec Weasmoche ? Je pensais que vous étiez ensemble ou un truc du genre… et en même temps, faut vraiment le vouloir pour faire ça avec lui ! »

- « T'es un con, Malefoy. »

Elle prit ses affaires et sortit immédiatement. Il sut qu'il avait encore tout gâché, et lorsque la porte claqua, il resta seul avec ses regrets.

De retour dans sa chambre, Hermione se regarda dans le miroir, comme si ce qui c'était passé l'avait aussi affectée physiquement. Elle avait fait l'amour. Avec Drago. Pour la première fois de sa vie. Et il avait agi comme un con. Pas avec elle. Mais comme un con. Mais surtout, elle avait aimé chaque instant dans ses bras. Et la vérité toute nue la frappa de plein fouet. Elle était amoureuse de lui.