Lali-oh~ Nous voilà repartis pour un chapitre supplémentaire. Et ce que je disais être une ficlette sera une bonne et longue fanfiction. A bien y repenser, je pense que je calcule déjà une petite vingtaine de chapitres. Ceci dit, on est bientôt à la moitié, genre, on se rapproche des 10 chapitres, là, non ? En écrivant celui-ci, je me suis rendu compte d'une chose primordiale. Je ne peux pas faire avancer les deux zouzous sans que Kuroo aille chez Tsukishima, vous verrez quand ça sera le cas, ça va débloquer beaucoup de choses. Cependant, on avance déjà pas mal vers la fin du chapitre, alors ils sont en bonne voie, même si on dirait que pas du tout.

Bonne lecture les lapins ! J'espère que vous aimerez.


Kuroo parlait sans cesse de ces journées comme étant un week-end, bien que ce fut en pleine semaine. Ce qui était avantageux puisqu'ils avaient su se promener, faire les magasins et passer le plus clair de leur temps à se demander ce qu'ils allaient pouvoir manger dans les rayons du combini. Ils s'étaient un peu plus rapprochés, ils marchaient près l'un de l'autre, se tenaient parfois la main, Tetsuro l'avait déjà embrassé quelques fois aussi, dans la rue. Kei avait viré rouge en trois secondes, top chrono, et à chaque fois en lui disant qu'il était une bête sauvage et insatiable.

Cela dit, le blond devait bien avouer qu'il avait l'impression d'en être une également. Le second soir, c'était lui qui avait fait le premier pas pour demander un câlin intime au brun. Ce que Kuroo n'avait pas su refuser, ça avait été sage encore, mais bordel, il n'y avait pas de meilleure sensation au monde que de voir Kei découvrir son corps avec lui, et ses sensations, et ses envies. Contrairement ce à quoi il s'était attendu, le plus jeune n'avait pas de problème de gêne particulière, ça semblait être comme un cours qu'il révise, une leçon qu'on apprend. Et d'un autre côté, ça venait si naturellement qu'ils n'avaient pas concrètement parlé de la notion de consentement. Tant que ça venait de Tsukki, il prenait ça pour un oui, et de son côté, ce n'était pas le premier à dire non à quelques plaisirs charnels. Surtout pas avec cette créature de rêve dépourvue d'inconfort face à sa propre nudité.

Kuroo redoutait déjà le jour où Kei se rendrait compte du pouvoir qu'il pourrait avoir sur lui, sexuellement parlant.

-On achète un gâteau, tu penses.. ? Demanda le blond en regardant minutieusement ceux qui étaient proposés.

-Oui, bien-sûr.

Il ne comprenait pas comme il faisait pour rester aussi mince. Bien qu'il ait un appétit d'oiseau, Kei était gourmand en sucreries en tout genre, plus encore les gâteaux et les shortcake… c'était toute une affaire quand il en croisait un. C'était sûrement une question de nerfs.

-Je choisis donc le gâteau, et toi, le repas. Puis pour le film, on verra.

Tetsuro avait l'impression de vivre dans une routine géniale où, chaque jour, il se retrouvait avec l'homme de sa vie, après le boulot, ils regardaient un film, une série en mangeant, puis parlaient et allaient au lit ensemble. Il se voyait bien venir dans ce combini et choisir un gâteau jusqu'à la fin de ses jours. Ou alors, pour ne pas prendre trop de poids, ils feraient ça tous les dimanches. Mais si Tuskki venait réellement à partir dans une équipe professionnelle, ça dépendrait surtout de leurs emplois du temps…

L'heure n'était pas à se faire des films. Il prit des plats préparés et rejoint Kei qui avait déjà une boîte dans les mains. Ça c'était vraiment un gros gâteau.

-Ils n'en ont pas de plus petit…

-Eh bien, tu en auras pour retourner chez toi.

Voilà, elle était là, la dure réalité. Ca ne durait pas indéfiniment et demain, le blond devrait retourner dans une autre préfecture. C'était à chier, cette histoire de distance. Ce n'était pas comme s'ils pouvaient se permettre de faire le trajet ensemble, se séparer entre la fac et le lycée, se retrouver lorsqu'ils avaient une grande pause, et dormir chez l'un ou l'autre selon l'humeur. Ils ne pouvaient pas se permettre de faire de petits cas une grande affaire, car leur temps était compté et de par le fait, précieux.

-Nous pourrons y penser demain, seulement. Proposa le blond en voyant l'expression de Kuroo changer. Ce soir, je suis encore là, et demain matin, je serais encore là, alors profitons des moments présents. Et quand je partirais, ça sera pour mieux revenir. Alors, on y pensera demain.

-Oui. Ce soir, tu es encore tout à moi.

-Même dans trois cent cinquante kilomètres, je serais à toi.

Tetsuro sourit, c'était à la fois si enfantin mais si réel. La distance ne venait pas jouer sur le fait qu'ils étaient en couple. Certes, ils ne pouvaient pas profiter l'un de l'autre comme ils l'entendaient, mais le fait était là. Ils ne donneraient à personne d'autre cette autorisation de profiter d'eux.

Au retour, sa main serra chaleureusement celle du blond, qui arborait un sourire fier. Il se sentait puissant, réellement, à pouvoir vaincre si rapidement la négativité de Kuroo. Pourtant, ce n'était pas un grand pessimiste, mais Kei ne doutait pas du fait que le plus âgé l'aimait. Sa bouche aurait pu jurer que non, que son corps entier lui aurait hurlé le contraire. De son attitude à ses expression, tout lui indiquait. Aussi, c'était la raison pour laquelle le brun n'avait pas besoin de lui dire avec les mots ce qu'il voyait partout en lui, sur lui et autour de lui.

En entrant dans la maison, ce fut le blond qui l'embrassa, ce qui était rare jusqu'à ce jour. Ça lui était sans doute arrivé une fois, au soir, avant de s'endormir en prétextant que c'était important de se souhaiter bonne nuit, en toute circonstance. Après ça, ils avaient dormi, et bien même. Comme cette nuit-là, Kuroo était persuadé qu'il dormirait bien, ce fut le cas d'ailleurs. Le lendemain matin, en revanche, Kei n'avait pas su lui enlever sa morosité.

D'ailleurs, le blond non plus n'avait pas le cœur à la fête. Lui qui disait qu'ils pouvaient profiter jusqu'au moment où ils devraient se quitter, l'idée de partir dans quelques heures le tendait plus qu'il ne le pensait. Il avait préparé ses affaires consciencieusement, comme à son habitude, puis il avait passé le reste de son temps près de Tetsuro, en parlant, en profitant des dernières douceurs. Akiteru s'était encore une fois proposé pour venir le chercher, par chance, et il arrivait dans l'après-midi, de quoi profiter de quelques heures de plus.

-J'aimerais, si ça ne te dérange pas, la garder. Avait dit Kei en tirant sur la manche de la veste que le brun portait. C'est celle que tu avais au lycée, non ?

-Oui, c'est la tenue de sport de Nekoma. Mais tu sais, je l'ai portée, alors elle n'est pas vraiment propre…

-Justement.

Tsukishima avait dit ça sans ciller et Kuroo avait vite compris que c'était en quelque sorte un petit souvenir de sa personne, et ça lui avait fait tellement chaud au cœur qu'il aurait pu lui sauter dans les bras et l'embrasser à n'en plus finir. Il se retint de peu et lui lança un sourire éclatant en ouvrant la fermeture de ladite veste. Puis il la jeta sur ses épaules, sans le quitter du regard.

Ils se nichèrent l'un contre l'autre et continuèrent à regarder la télé en parlant un peu de tout et de rien, surtout de quand ils se verraient à nouveau. En réalité, ils n'avaient pas vraiment parlé de sujets importants qui chiffonnaient le blond la plupart du temps, en même temps, Kuroo avait été très ouvert ces jours-là, les sujets n'étaient pas forcément intime, mais Kei avait su le déchiffrer un peu et ça avait créé une promiscuité intéressante dans cette relation.

Puis les heures tournèrent jusqu'à les séparer totalement. Akiteru était entré avec la permission de Tetsuro qui avait grapillés de sages minutes en plus avec Kei avant de les laisser s'en aller. Par politesse, le frère aîné les avait laissé tranquillement, prétextant d'aller charger le maigre sac de son frère.

Kuroo avait eu du mal à se détacher du blond, et à contrecœur, il l'avait observé s'en aller. Pour ne pas se morfondre, il avait décidé de passer le reste de son temps chez Bokuto et Akaashi qui étaient en pleine partie de Just Dance. Il fut entraîné dans la partie et entre chaque manche, ils discutaient tranquillement.

-Je ne pensais pas qu'il était possible que je m'attache aussi vite. Je veux dire… c'est étrange d'être amoureux à ce point.

-C'est un problème ? Demanda Bokuto en lui tendant une bouteille d'eau.

-C'en est visiblement un, constata Akaashi en s'asseyant sur le bras de fauteuil, posant sa main sur l'avant-bras de son petit-ami.

Kuroo se pinça les lèvres, leva les yeux au ciel pour chercher une réponse et les observa à nouveau. Leur couple donnait envie, il comprenait tout ce qu'ils se disaient sans se parler, et c'était vraiment beau. Puis il soupira et détourna le regard pour regarder au travers de la fenêtre.

-C'est un problème car j'ai tenté de m'accrocher à tant d'autres choses autour de moi, j'ai pas toujours été juste et droit dans mes chaussures. Je me suis surtout accroché à mon orgueil et ma fierté, j'ai planté mes griffe et lacéré des murs entiers afin de ralentir ma chute. Mais il y a mon instinct, et il me hurlait sans cesse d'y aller, de chercher, de continuer, d'aller vers lui, lui parler et le toucher. Tant et si bien qu'au final, quand ma peau a touché la sienne, j'ai finis par me rendre compte que ces griffes ne freinaient plus rien du tout, et maintenant, je continue de chuter et je ne sais pas si ça aura une fin un jour, si ça continue d'être si approximatif, si peu éclairé et flou.

Aucun des deux ne parla durant quelques secondes, tentant d'avaler et de comprendre chaque mot de ces paroles. Kuroo était complexe, et très imagé, c'était délicat de tout saisir avec la complexité du personnage. Akaashi fut le premier à sourire et il se releva, allant chercher une autre musique, une autre chorégraphie. Ce fut lui aussi qui prit la parole dans un premier temps.

-Il n'y a pas de mal dans cette chute, si tant est qu'elle est bien amortie. Je ne garantit pas que ça se fera sans encombre, tu te prendras des branches en pleine figure, mais tout en vaut le coup, parce que ça ne sera rien à côté de tous ces jours qui te feront du bien. Avec Bokuto, nous avons parlé à Kei et, je pense qu'il est celui qu'il te faut. Autrement, tu ne lui aurais pas donné l'accord d'entrer dans ta vie et de t'exposer ainsi à lui.

-Akaashi a raison, mec. Il va te planter des milliers de couteaux dans la poitrine comme pour te faire une saignée. Et quand tout ça sera parti, il ne restera que le sang neuf, que le bon. Et les souvenirs de ces moments te rappelleront pourquoi lui, et pourquoi ça valait le coup. Je veux dire par là que, avec Keiji, nous sommes passés par des moments dont tu te souviens parfaitement, et ça n'a pas toujours été gai. Je pense qu'on en est à un stade où on sait qu'on saurait vivre l'un sans l'autre, mais ça reste inenvisageable. Parce qu'on a coupé ces branches qu'on s'est pris dans la gueule, on les a aidé à pousser dans une autre direction, dans celle qu'on a donné et si on a failli se casser la gueule plusieurs fois, on a une fierté sans pareille à se dire qu'on a su s'en sortir et agir, à deux, comme on le fait aujourd'hui.

Akaashi le couva du regard, un sourire tendre sur les lèvres. Rien ne savait les séparer, c'était certain, et Kuroo savait parfaitement ce par quoi ils avaient bien pu passer au cours de ce temps qu'ils avaient passé à deux. Il sourit et finit par se diriger près de la télévision, en observant ce qu'ils allaient bien pouvoir faire comme chorégraphie maintenant.

Le reste de l'après-midi, ils avaient continué à jouer, et Tetsuro à réfléchir en même temps. Il n'avait pas accordé beaucoup de crédit à Kei et les trois zouzous semblaient penser que la seule personne à sauver ici, c'était bel et bien lui, et aucun autre. C'était vexant, il n'avait pas conscience de ce mal-être qui semblait le ronger.

Au soir, il était rentré tranquillement, son père était encore absent, il n'y avait rien d'exceptionnel. La maison était maintenant bien vide, sans attendre, il partit vers sa chambre, allumant la radio et prenant un livre, puis son téléphone. Kei ne l'avait pas encore contacté, et il y avait son odeur dans la chambre, partout autour de lui, c'était omniprésent et réconfortant.

« Je suis ravi que tu sois venu, Tsukki. J'aimerais venir moi aussi, dès qu'on en aura l'occasion. Il y a encore ton odeur. Et ça me manque déjà. »

Il posa son téléphone portable et prit son livre sans perdre de temps. Mais il n'eut pas le temps de lire la moindre ligne que son vibreur s'activa aussi vite.

« Je ne pensais pas que tu me manquerais aussi vite aussi. Pièce jointe. »

Il cliqua sur l'image qui s'afficha en grand sur l'écran et un sourire tout aussi tendre que celui d'Akaashi pour Bokuto s'étendit sur ses lèvres. Kei Tsukishima avait ses poignets qui dépassaient des manches rouges. La veste était ouverte mais le col remontait près de ses joues. Il était adorable comme tout et Kuroo ne put s'empêcher de le détailler.

« Nous aurions dû faire des photos ensemble. J'aurais pu admirer à quel point nous sommes magnifiques à deux. »

« J'y ai pensé, mais j'étais occupé à passer du temps avec toi. »

Tetsuro sourit davantage. Il n'avait plus envie de lire maintenant. Ils parlèrent par sms toute la soirée jusqu'au moment de se coucher. Sa nuit avait été correcte, la journée aussi, les jours qui suivirent encore, et la semaine, jusqu'à la rentrée. Il s'était passé tout un mois entier et ils n'avaient pas eu l'occasion de se voir.

Maintenant, le brun attendait ses horaires à l'université et ses activités en dehors afin de déterminer quand il serait mieux de recevoir Kei ou aller lui rendre visite, si tant est que ses parents soient d'accord de recevoir. Sans compter les heures de conduite qu'il comptait prendre afin de pouvoir se déplacer librement et quand le cœur lui disait jusqu'à la préfecture de Miyagi. Ça lui semblait être un besoin vital.

Son père était rentré entre temps, et ils n'avaient pas eu le temps de discuter longtemps. Pourtant, le peu de discussion qu'ils avaient eu avait été bénéfique. Ils avaient parlé de la distance jusqu'à l'université, et de ce qu'il serait le mieux pour les études que Tetsuro entreprenait, ils avaient même parlé d'un appartement sur le campus, à condition d'ajouter à ceci un petit boulot étudiant afin de contribuer aux frais, ce qui, en soit, était plus qu'acceptable et normal. Certes, comme toujours, ils avaient eu un mot plus haut que l'autre, mais dans l'ensemble, les nouvelles étaient bonnes pour lui.

Il s'était empressé de le dire au blond également, ce soir-là, ils étaient en discussion par caméra, puis ils avaient survolé le sujet. Evidemment, ça écourtait un peu les moments pour eux, se voir, mais c'était une belle occasion à ne pas manquer.

-C'est mieux pour toi aussi. Je veux dire, ton climat familial n'est pas ce qu'il y a de plus sain pour toi, non ? Avait ajouté Kei comme s'il posait une fleur.

-Eh bien… je serais seul dans tous les cas, alors je pense que je ne verrais pas beaucoup de différences.

-Non, je veux dire par-là, tes relations avec ton père sont souvent tendues. Je suppose que vous vous êtes disputés encore…

-Oui.

A défaut de porter la veste de Nekoma, il s'en servait comme une sorte d'oreiller. Tsukishima, ce soir, avait envie de parler plus sérieusement. Kuroo ne pouvait plus le cacher, son expression montrait que le blond avait touché une corde sensible. Il soupira et se décida à un peu lâcher de leste.

-Je ne le déteste pas, mais je ne peux pas dire qu'il ait été un bon père. Je me suis souvent retrouvé seul avec moi-même et… je ne peux pas affirmer aimer ça.

-Petit, tu étais seul, pourtant. Je veux dire, tes grands-parents travaillaient encore et Kenma n'était pas toujours disponible.

-Mes soucis n'étaient pas les mêmes. Maintenant, c'est différent. La solitude, c'est comme une cage que je quitte le matin et que je retrouve le soir. C'est quand je pars de chez quelqu'un, quand je me retrouve ici, quand tu pars, quand on coupe notre discussion. Ca me fatigue, je déteste être seul. Et, j'en suis venu à me rendre compte que, même entouré, pour diverses raisons, je me sens encore seul.

-Diverses raisons ?

-Je ne souhaite pas devenir le centre du monde de chacun, je ne veux pas qu'on s'occupe de moi comme d'un enfant, j'en ai passé l'âge. Mais je sais que toutes ces choses ne durent qu'un temps. Même quand tu passes du temps avec quelqu'un, ce que tu vis, comment tu le vis et tu le ressens, ça n'appartient qu'à toi, et personne ne vis ça de la même manière. Peu importe les petites et grandes victoires ou peines. Tu nais seul, et tu crèves seul. C'est moche de se dire à quel point tu l'es tout le temps, je voudrais que quelqu'un me dise qu'il m'a attendu toute sa vie, qu'on m'attende quelque part. J'aimerais être utile à quelqu'un et me dire que tout ça n'a pas été vain. Je voudrais que quelqu'un m'aime plus que tout, pour savoir ce que ça fait. Qu'on puisse tout sacrifier et aimer à ce point. Et même si j'ai pu le voir, je n'y ai jamais eu le droit. J'en crève de mal. D'être seul.

Kei se mordit la lèvre et se redressa, s'asseyant en position tailleur, il jouait avec ses doigts, comme s'il cherchait ses mots. C'était rare de le voir perdu, en train de réfléchir à ce qu'il pouvait bien lui dire. C'était rare aussi que le brun se confesse aussi franchement. Son visage ne laissait pas paraître ce que disait ses paroles mais il y croyait et ça transparaissait sur ses traits inquiets. Tsukishima s'inquiétait réellement et pesait chaque mot.

-Je ne peux pas t'empêcher de ressentir ça, et je ne peux pas affirmer beaucoup de choses. Ce soir, je peux te remercier de t'être confié à ce point, je ne sais pas comment tu le prends, comme une faiblesse ou un soulagement. Et je peux seulement te dire toute la tendresse que je ressens pour toi. Je ne comprends pas tout, mais une partie, à cause de ma vision des choses, certainement, si j'avais été là, je t'aurais pris dans mes bras, et je t'aurais embrassé. Merci d'avoir été franc, Kuroo.

Le brun lâcha un piètre sourire et haussa les épaules, il ne dit rien de plus concernant cette discussion, ils ne parlèrent plus de son père pour le moment, ce n'était pas sujet tabou, mais il devait prendre le temps d'observer cette plaie que le blond avait touché du bout des doigts afin de constater le mal et le bien que ça pouvait lui apporter de s'exposer ainsi, de prendre sa confiance te la lui poser dans le creux de la main, sans plus de protection que de se dire qu'entre les mains de Kei, elle y avait sa place. Qu'il ne le décevrait sans doute pas.

Dans le fond, Tetsuro était en train d'y réfléchir, à voix haute, il sourit et continua de parler, légèrement, avec des mots lourds de sens, avec une conséquence importante à l'oreille.

-Je t'ai donné le droit de savoir tout ça de moi, et ça prendra du temps pour se faire, mais je savais inconsciemment que j'avais besoin de quelqu'un comme toi, avec cette vision précieuse de la vie que tu as. Parce que les autres n'auraient pas su voir comme toi tu vois. Ces douleurs que j'ai, ces blessures et ces fêlures, elles prennent un tout autre sens dans tes yeux, et j'ai l'impression de ne pas être aussi dégueulasse que je le pense.

-Car tu ne l'es pas. Faire des choses mauvaises ne fait pas de toi une mauvaise personne. Avoir des faiblesses ne fait pas de toi quelqu'un de faible. Au contraire, c'est justement parce que tu es une bonne personne avec une force incroyable, que tu te rends compte de ces choses-là. Et si tu pouvais te voir avec mes yeux, tu comprendrais. Je ne te connais pas, mais je vois bien qui tu es, et j'y crois, quand tu dis que tu es quelqu'un de fondamentalement gentil. Même si à l'époque c'était pour te la péter.

J'ai peur du jour où tu verras ce que je suis vraiment. Voilà ce que Kuroo avait envie de répondre, mais il ne dit rien de plus, il esquiva tous les autres sujets, puis ils se saluèrent et dormirent. Chacun dans leur lit, dans leur chambre, dans leur ville, et leur préfecture respective.

Encore une nuit durant laquelle, Tetsuro se réveilla en sueur, les poings crispés sur ses couvertures avant de se recroqueviller sur lui-même, comme si cette posture allait chasser tous ses maux. Il étouffait de vide, de solitude, de trop de choses que personne ne soupçonnait. Bien qu'il y ait pire que ça dans la vie, son histoire était la sienne et il le vivait de cette manière. Aussi, il ne comprenait pas pourquoi ça devait lui arriver, pourquoi lui, plus qu'un autre, devait endurer tout ça ?

Il enfonça sa tête entre deux oreillers et les maintint fermement jusqu'à ce que son corps se relâche à nouveau et qu'il finisse par replonger dans le sommeil. Le réveil, au matin, avait été brutal.


J'ai clairement l'impression de donner à Kuroo le syndrome de l'imposteur en réalité. Vous savez, quand dans un cercle de personnes qui vous sont proches et qui tiennent à vous, vous vous dites « quand ils réaliseront que je suis nul, que je ne peux rien leur apporter, que je ne suis pas si fun ou indispensable qu'ils le pensent, quand ils vont ouvrir les yeux, je ne servirai plus à rien, et j'aurais eu raison. Alors autant continuer de me dire que je ne le sers à rien… » enfin, c'est plus complexe que ça quand même, mais l'idée de base est là. Ce pauvre garçon a qui je crée de nouveaux troubles, comme s'il n'en avait pas déjà assez…

J'attends avec impatience les chapitres où leurs patiences respectives vont céder. Parce que la tension s'accumule petit à petit, mine de rien et le soucis des relations distances c'est que les sujets de dispute sont souvent passés à la trappe pour juste profiter du temps l'un avec l'autre, mais vient un moment où les limites sont dépassées. C'est ce qui fait le plus de mal dans ces relations en général.

J'espère que ce chapitre vous aura plu, que les deux loulous continuent de vous parler comme ils me parlent à moi. Qu'Akaashi et Bokuto sont toujours aussi doux et que le fluffy accompagne votre vie ! Haha, jpp de moi…