Chapitre 8

Dimitri avait prévu un dîner rassemblant la plupart des élèves de la classe des Lions de Saphirs pour célébrer le retour de leur chère professeure. Beleth fut heureuse d'avoir quelques instants de solitude avant de rejoindre le repas pour se changer et se laver de la saleté du voyage. Elle eut tout le loisir de se remémorer ces retrouvailles qu'elle avait tant redoutées et de se préparer mentalement à faire face à ses anciens étudiants.

Comment faire ? Comment s'expliquer ? Elle aurait préféré avoir le choix de les revoir plutôt que d'y être quasi contrainte par Félix ! Oui, elle comprenait le point de vue de l'épéiste, mais elle lui en voulait terriblement. Que croyait-il ? Qu'elle ne s'était pas bâti une vie à Dagda et qu'elle pouvait tout quitter sur un coup de tête ? Et l'instant d'après, la petite voix dans son esprit lui reprochait que c'était elle qui n'avait pas été correcte avec eux en disparaissant sans dire au revoir.

Elle repensa alors à Dimitri et à cette froideur dans ses yeux. Elle ne s'était pas immédiatement rendu compte que cela la peinait et cela lui avait appris, si jamais elle en doutait, qu'elle était toujours terriblement attachée à lui. À quel point leurs rapports étaient-ils changés maintenant ? Dimitri… était-il marié ? Peut-être avait-il des enfants ? Si tel était le cas, que devait-elle faire ? Elle ne pouvait plus lui mentir sur Grenat, mais… s'il avait d'autres enfants ?

Beleth avait rejoint ses élèves dans une salle à manger à la dimension bien plus petite qu'elle imaginait. Dorothea lui confia qu'il s'agissait d'une pièce que le roi utilisait lorsqu'il souhaitait dîner en privé ou avec ses proches, soit quotidiennement. L'ancienne mercenaire fut soulagée de ne pas devoir faire face à l'ensemble de la cour de Faerghus, mais elle n'était pas rassurée pour autant. Presque toute la totalité des élèves des Lions de Saphir était là. Sylvain avait été prévenu le jour même de son arrivée et avait chevauché toute la journée pour l'accueillir. Il avait poussé un rugissement de joie en la voyant.

« Bon retour parmi nous professeur ! Ah la la ! J'ai tellement de choses à vous dire ! »

Beleth ne put s'empêcher de sourire devant l'enthousiasme du margrave Gautier. Au fond d'elle-même, et malgré les circonstances, elle devait reconnaitre qu'elle était heureuse de les revoir. Il ne manquait que Mercedes à l'appel. Annette lui avait dit qu'elle n'avait pas pu s'absenter de l'orphelinat. Ses surveillantes avaient pris leurs soirées et il fallait quelqu'un pour veiller sur les enfants.

« Mais ne vous inquiétez pas ! On pourra aller lui rendre visite demain ! assura Annette. Elle avait vraiment hâte de vous voir. »

Bien entendu, on avait bombardé Beleth de questions. Au départ mesurée dans ses réactions, Beleth avait fini par se détendre et par répondre plus franchement à mesure que le temps (et le vin aidant) avançait. Elle avait répété la même version qu'elle avait racontée à Félix, Dorothea, Ferdinand, Yuri et Constance, mais rechignait moins à donner des détails. Elle vivait à Dagda et elle avait ouvert un comptoir de mercenariat et oui, Flayn habitait avec elle. Il n'y avait que lorsqu'il fallait expliquer son départ et le manque de nouvelle qu'elle était mal à l'aise et dans ce cas, elle regrettait l'absence de Mercedes. C'était la seule à savoir qu'elle avait un enfant. Heureusement pour elle, Annette et Ashe assuraient l'ambiance et monopolisaient la plupart des conversations, notamment pour se moquer gentiment de la façon dont elle avait croisé Félix et Dorothea.

« Dire qu'ils auraient pu vous renverser, professeur ! lança le chevalier.

— C'est entièrement ma faute. Je n'avais pas vu le carrosse et en voulant l'éviter, j'ai dérapé. C'est très idiot comme manière de se blesser.

— Ce genre de maladresse, c'est le style d'Annette, ricana Sylvain. Pas le vôtre, professeur. »

La mage lui lança un regard furibond et ils éclatèrent de rire.

« C'est en tout cas un mal pour un bien, intervint Gustave. Nous n'aurions pas pu vous revoir sans cela. Que faisiez-vous à Enbarr d'ailleurs ?

— Un travail pour un client, répondit-elle. Il avait besoin de contacter un cousin qui vit à Enbarr.

— Il ne pouvait pas le faire lui-même ? interrogea Ingrid.

— Il se trouve dans une situation délicate. En fait, il est en difficulté avec une des familles de nobles les plus influentes d'Àtha. Il est tombé amoureux de leur fille, il l'a demandé en mariage, mais le père a refusé immédiatement leur union. Un mariage entre noble et roturier est considéré comme marginal à Dagda, encore plus si l'un des deux vient de Fódlan. Ils l'ont donc emprisonné. Mon client a pu se libérer en payant sa caution, mais cela lui a couté tout ce qu'il possédait.

— C'est horrible ! s'exclama Dorothea. Quelle cruelle façon de faire ! Tous les nobles agissent-ils de cette façon ?

— Peut-être pas de manière aussi violente. Mais ils accordent tous beaucoup d'importance au rang. »

Comme ici, se retint-elle d'ajouter.

« Pourquoi reste-t-il à Dagda ? s'enquit Dimitri.

— Il jure que ses sentiments sont réciproques et il est persuadé que la famille acceptera sa demande s'il prouve qu'il a un bon statut à Fódlan.

— Est-il noble ?

— Non, mais son cousin travaille pour Ferdinand. Il fait partie de ses conseillers à ce que je sais. »

Parler en détail de ce qui l'avait poussé à revenir en Fódlan l'aidait à oublier les explications qu'elle leur devait. Elle était d'ailleurs surprise que ses anciens élèves n'insistent pas davantage. Peut-être espéraient-ils la mettre plus à l'aise ? Si c'était le cas, elle leur en était reconnaissante.

Beleth n'osait pas se tourner vers Dimitri, assis à l'opposée de sa place. Elle avait la sensation qu'il l'observait. En apparence, rien ne le distinguait des autres. Il était chaleureux, cordial et paraissait heureux de son retour. Elle n'avait pas oublié ce regard froid lorsqu'elle était arrivée et elle le connaissait assez pour savoir qu'il était tout à fait capable de très bien dissimuler ses véritables sentiments. Lui n'attendrait pas qu'elle soit à l'aise pour exiger des réponses.

« Est-ce vrai que Flayn vit avec vous ? demanda Gustave. Seteth me l'a dit et j'ai trouvé extrêmement étonnant qu'il consente à ce qu'elle parte si loin de lui.

— Flayn vit avec moi oui, et elle m'aide énormément à gérer mon affaire, répondit Beleth. Moi aussi j'ai été surprise que Seteth accepte son départ. Elle a dû utiliser les bons mots pour le convaincre.

— Je l'ai croisé une fois au monastère avec Mercie, fit Annette. Vous n'étiez pas avec elle ?

— Flayn rentre de temps en temps en Fódlan pour justement revoir son p… frère. Mais je ne l'ai jamais accompagné. Je ne pouvais laisser ma boutique fermée… »

Elle crut percevoir le regard inquisiteur de Félix et de Dimitri.

« Et je ne suis plus en bons termes avec l'Église, acheva-t-elle en baissant les yeux. »

La raison principale était surtout qu'elle ne pouvait pas laisser Grenat toute seule.

« C'est vrai que votre démission était brutale, soupira Sylvain. Qu'est-ce qui a pu vous pousser à quitter l'Église ? On n'a jamais eu l'occasion de vous le demander. »

Tous les regards se tournèrent vers elle. Il s'attendait de toute évidence à une réponse concrète. Beleth réfléchit à toute vitesse à l'explication la plus crédible et la plus concise possible.

« Pour faire simple… commença-t-elle avec hésitation, il y avait beaucoup trop de désaccord entre moi et une partie du clergé.

— Quel genre de désaccord ? lança Félix. Pour que vous partiez, ils devaient vraiment être profonds.

— Disons… qu'il y a eu une succession d'opposition. Certains membres n'étaient pas d'accord avec les réformes que je voulais mettre en place. Et un jour, ils ont réussi à « saboter » l'une de ces décisions. Je n'avais l'impression d'être soutenue ni en confiance donc j'ai préféré m'en aller. »

Un silence pesant s'était installé. Beleth espéra qu'ils ne lui demandent pas plus de détails. Elle n'avait pas le droit de révéler ce qu'était réellement ce « sabotage ». Pourtant, elle sentait bien qu'on attendait d'elle davantage.

« Je suis désolée, murmura-t-elle. Ce serait trop long et trop compliqué de tout vous raconter ce soir.

— J'ai cru comprendre, en effet, intervint Gustave, qu'il y avait de grosses tensions entre vous et certains cardinaux, notamment sur l'Église Occidentale. Je n'aurais jamais pensé qu'elles deviennent profondes au point de vous pousser à quitter l'Église.

— Les cardinaux… persiffla Beleth entre ses dents. »

Elle but immédiatement une gorgée de vin pour s'empêcher d'en dire plus. Une forte colère l'envahissait dès qu'elle repensait aux cardinaux. Malheureusement, tout ce qui concernait les cardinaux était placé sous le signe du secret, et bien qu'elle ne fasse plus partie du clergé, elle ne pouvait en révéler toutes ses facettes.

« Peu importe, soupira-t-elle. C'est derrière moi à présent.

— Si cela peut vous rassurer, dit Dimitri, votre successeur, l'archevêque Matteus, poursuit dignement votre œuvre. »

Elle sourit timidement. Oui, c'était rassurant quelque part. Cela signifiait qu'elle ne s'était pas trompée dans son choix et que l'Église n'était pas retombée dans ses vieux travers.

« De toute façon, je n'imaginais pas le professeur resté indéfiniment comme archevêque, intervint Dedue. »

Ses compagnons, Dimitri y compris, se tournèrent vers lui, surpris. Même Beleth était étonnée. Dedue parlait peu, mais devinait souvent juste dans ses déductions, et elle était stupéfaite qu'il ait si bien vu en elle. Effectivement, elle n'avait aucune intention de rester des années comme archevêque. Pour elle, ça n'avait jamais été que temporaire. Elle n'avait accepté que le temps de bien mettre en place le nouveau régime et de panser les plaies de la guerre. Seulement, elle n'avait jamais cela avec quiconque.

« C'est vrai ça, professeur ? fit Ashe. Vous ne vouliez pas rester archevêque ? »

Elle haussa les épaules.

« Ce n'était pas mon ambition, en tout cas. Mais comme je l'ai dit, c'est derrière moi maintenant.

— Quoi que vous fassiez aujourd'hui, professeur, continua Dedue, j'espère que vous vous sentez à votre place.

— Merci, Dedue. »

Elle ne savait pas si elle était à sa place à Dagda, mais elle était bien plus dans son élément à gérer des contrats de mercenariat que des cérémonies religieuses, c'était certain.

« Quand comptez-vous retourner à Dagda ? demanda Dimitri. »

Elle le remercia mentalement d'avoir changé de sujet. Il la regardait, le visage neutre, mais c'était un soulagement de ne plus avoir à discuter de son rapport avec l'Église.

« Je ne sais pas… Je voudrais rentrer le plus tôt possible pour que Flayn ne s'inquiète pas. Cela dépendra sans doute de l'état de ma jambe. »

Elle avait cependant renoncé à un retour rapide. Près de deux semaines s'étaient écoulées depuis qu'elle avait débarqué à Nuvelle et elle sentait qu'elle allait devoir s'attarder quelques jours à Fhirdiad. Elle serait plus d'une lune, c'était certain. Pourvu que Yuri ait pu envoyer quelqu'un prévenir Flayn !

La soirée s'acheva après un dernier toast pour fêter leurs retrouvailles. Bien malgré elle, Beleth sourit. Elle les avait vraiment aimés, ces jeunes de Faerghus. Elle les aimait toujours. À ses yeux, ils étaient des proches irremplaçables. La dévotion et le respect qu'ils lui vouaient encore, en dépit des sept années de silence, la touchaient profondément. Dans le même temps, elle se sentait honteuse de la manière dont elle avait disparu. Elle devait être honnête avec eux, c'était une promesse qu'elle se faisait.

Une fois dans sa chambre, elle se laissa tomber sur le lit, épuisée. Les émotions, les retrouvailles, le voyage et sa jambe… tout cela s'était révélé éprouvant. Elle commençait aussi à avoir mal à la tête. Elle avait hâte de voir Mercedes demain. Avec Flayn, elle était la meilleure soigneuse qu'elle connaissait et elle était persuadée qu'elle serait de précieux conseils pour elle.

Des coups retentirent soudain à la porte. Beleth se redressa immédiatement. Déjà ? Elle avait espéré qu'il lui accorde un peu de paix en cette fin de soirée.

« Entrez. »

La décence lui imposait qu'elle se lève, malgré sa jambe. Dimitri marqua un temps d'arrêt en la voyant debout. Il paraissait inquiet.

« Assis-toi, lui intima-t-il. Je ne voudrais pas que tu aggraves ta blessure.

— Je te remercie, répondit-elle en s'exécutant.

— Ça va ?

— C'est supportable. J'ai connu plus grave comme blessure. »

Elle regarda cette partie d'elle qui lui causait tant de tracas, l'air gêné. Elle avait subi pire comme blessure, mais c'était bien la première fois qu'elle se retrouvait aussi handicapée.

« Je n'ai qu'à considérer comme un retour de bâton, soupira-t-elle. »

Elle vit Dimitri sourire légèrement. Les sept années écoulées l'avaient lui aussi un peu changé, mais elle reconnaissait le jeune homme qu'elle avait guidé, couronné et dont elle était tombée éperdument amoureuse. Il semblait fatigué, des cernes creusaient son visage. Le poids de la couronne peut-être ? Néanmoins en bonne santé.

« J'étais sérieux tout à l'heure, dit-il. Tu as vraiment un don pour apparaitre quand on s'y attend le moins. J'étais persuadé ne jamais te revoir.

— Je n'avais pas l'intention de revenir, reconnut-elle.

— Je m'en suis douté. Félix m'a raconté qu'il t'avait forcé la main pour venir. Et pourtant, te voilà. »

Elle ne répondit pas parce qu'une nouvelle fois, elle n'avait rien à répondre à part des excuses. Dimitri ne semblait pas d'ailleurs s'attendre à ce qu'elle dise quelque chose. Il était même terriblement calme. Au fond, elle aurait préféré le voir en colère. Qu'il crie, qu'il lui hurle qu'elle l'avait déçu, qu'elle n'aurait pas dû partir en voleuse…

À la place, le roi de Faerghus sortit de sa poche un parchemin vieilli, froissé et le tendit à Beleth. Elle le reconnut sitôt qu'elle le lut. C'était le fameux message qu'elle avait laissé avant de partir il y a sept ans.

Elle rougit et détourna les yeux, honteuse.

« Je veux juste comprendre, murmura-t-il. »

C'était pour cela qu'elle voulait à tout prix l'éviter. À lui plus que les autres, elle lui devait la vérité. Mais la résolution qu'elle avait prise quelques instants plus tôt se heurtait à sa relation avec Dimitri. Elle ne pouvait agir avec lui comme avec Félix, Annette, Ashe, Dedue, Ingrid, Sylvain ou Mercedes. Elle en était incapable.

Sept ans plus tôt, elle avait appris qu'elle était enceinte. De Dimitri. Beleth se remettait tout juste de terribles blessures infligées par les Serpents des Ténèbres, d'une année d'errance à la recherche des réponses qui se refusaient à elle à Garreg Mach. Apprendre qu'elle attendait un enfant l'avait secoué au-delà du raisonnable. Elle ne s'était jamais imaginée en mère. Elle avait passé la moitié de sa vie sur les routes en tant que mercenaire, en compagnie de guerriers et de guerrières qui excellaient plus dans les beuveries et les combats sanglants que dans l'éducation d'enfant. Son propre père, Jeralt, malgré tout l'amour et l'affection qu'elle avait pour lui, l'avait élevé de façon inhabituelle. Elle n'avait aucun modèle vers qui se tourner pour élever un enfant, encore moins celui d'un roi.

Dimitri… aurait été fou de joie d'apprendre qu'ils allaient être parents, elle en était persuadée. Il l'aurait aidé, rassuré, il aurait tout fait pour qu'elle se sente en sécurité, elle et le bébé à naitre. Cependant, malgré tout l'amour et l'affection qu'il lui portait, il n'en restait pas moins roi avec toutes les responsabilités que cela exigeait. Un roi avait besoin d'une reine et d'un héritier. Il y avait des règles de successions, des attentes, un protocole, et quand bien même il aurait voulu passer outre ces exigences, le devoir était plus fort que son désir.

Elle ne se sentait pas capable de partager ses responsabilités, elle ignorait qui elle était, ce qu'elle était. Elle était en perdition et ne savait pas quel rôle et quelle place elle avait dans ce monde.

Comme elle ne répondait toujours pas, Dimitri prit l'initiative.

« Est-ce à cause des Serpents des Ténèbres ? Ou bien de ton départ de l'Église ?

— Un peu des deux… avoua-t-elle d'une voix tremblante.

— Quand tu as quitté l'Église, tu m'as dit de me méfier de Rhea et de l'Église ? Pourquoi ? Tu dis qu'ils ont tenté de saper ton autorité, mais en quoi ? Rhea s'est-elle ouvertement opposée à toi ? Depuis quand te méfies-tu d'elle ?

— Depuis toujours. Mon père m'a mis en garde contre elle quand nous sommes arrivés. »

Elle vit Dimitri se lever et s'asseoir à côté d'elle. Sa proximité tendit encore davantage Beleth.

« Pourquoi ? s'étonna-t-il. »

Elle soupira. Elle-même ne savait pas pourquoi son père avait cette défiance envers Rhea mais dès l'instant où elle l'avait rencontré, Beleth avait senti que cette femme la connaissait bien mieux qu'elle-même et qu'il fallait qu'elle s'en méfie.

« Elle n'est pas… commença-t-elle en cherchant ses mots. Elle ne dit pas tout. Elle a conscience de beaucoup de choses, mais plutôt que de dire la vérité, elle la dissimule derrière des histoires. »

Elle vit que Dimitri était sceptique. Quoi de plus naturel ? Faerghus plus que toute autre nation était proche de l'Église. Ne l'appelait-on pas le Saint-Royaume de Faerghus ? Dimitri avait été éduqué avec le respect de l'Église et des préceptes de Seiros. Elle ne pouvait exiger de lui une totale confiance quand elle mettait en cause une personnalité aussi appréciée que Rhea.

Au bout de quelques minutes, il se leva pour partir.

« Je n'insisterai pas davantage pour ce soir, dit-il. Je vois bien que tu es épuisée. Seulement Beleth, tu ne pourras pas indéfiniment te contenter de demi-réponse. Un jour, il faudra bien que tu nous racontes ce qui t'est réellement arrivé et si possible, que tu nous laisses t'aider. »

Beleth ne se détendit que lorsqu'elle entendit la porte se refermer. Cet échange avait bien plus éprouvant que le dîner à lui seul. Elle regarda le morceau de parchemin qu'elle tenait toujours entre les mains.

Je ne cesserais jamais de t'aimer.

Elle avait écrit ces mots au bord du désespoir et de la confusion. Ils étaient vrais, même après toutes ces années, ses sentiments pour Dimitri n'avaient pas changés. Seules les circonstances étaient différentes. Elle avait tant à lui dire ! Comment pouvait-elle s'y prendre pour ne serait-ce qu'atténué le choc de l'existence de Grenat ? Et pouvait-elle remettre en cause l'intégrité de Rhea si elle n'avait rien d'autre que sa parole ? La dernière chose qu'elle souhaitait était de plonger Fódlan de nouveau dans l'incertitude et malheureusement, elle ne voyait aucune autre issue à ce qu'elle savait.

Blabla de l'auteure

Et voilà le chapitre cadeau promos ! Comme je l'ai dit, le 7 et le 8 aurait dû être dans le même chapitre mais limitation oblige, je l'ai coupé.

J'ai presque entièrement réécrit le chapitre, notamment les dialogues que je trouvais pas assez impactant la première fois. Beleth n'est pas très à l'aise mais je voulais aussi montré qu'en dépit de tout, elle était heureuse de revoir ses élèves. Et qu'elle était capable de se livrer aussi... mais pas trop quand même XD.

La discussion finale entre Dimitri et Beleth est un début. Pas encore de grosses explications ou de clash parce que Dimitri veut être le plus compréhensif possible, en tout cas au début. Et non, il ne sait pas encore qu'il a une fille. D'où le fait que je précise au début.

C'est tout ce que j'ai à dire pour le moment !

Je vous souhaite à tous un bon weekend, une bonne lecture et à la prochaine !

Bises, Sheena