Et voilà, c'est déjà Noël ! J'espère que le Père-Noël vous a gâtés et que vous passez de belles fêtes entourés de vos proches.
Pour ma part, j'ai reçu une belle montre Serpentard, et la baguette magique de Leta Lestrange :D
Le dernier chapitre de cette histoire est arrivé. Je vous souhaite donc une très bonne lecture et je vous remercie encore pour toutes ces reviews positives qui font si chaud au cœur ! Joyeux Noël 2020 !
Didie
7.
-Harry ! Harry, sors de là-dessous ! Ne m'oblige pas à venir te chercher !
De là où il s'était caché, Harry – ou plutôt Shadow – parvenait très bien à percevoir toutes les nuances d'agacement dans la voix de Draco. Celui-ci avait l'air vraiment énervé après lui. Il fallait toute sa volonté au petit chien noir pour s'empêcher de sortir de dessous le lit et d'obéir à la voix qui lui sommait de ramener ses fesses au plus vite. Et sa volonté fondait comme neige au soleil au fil des minutes qui passaient. Pourquoi avait-il fallu que sa forme Animagus soit un chien ? Pourquoi pas un loup plutôt ? ou tout autre animal sauvage ? N'importe quel autre animal du moment qu'il était dépourvu de ces foutus instincts d'obéissance envers le premier humain un peu attachant qui s'occupait de lui ! Surtout si l'humain en question s'appelait Draco Malfoy…
Shadow ne pouvait pas s'empêcher de vouloir obéir à Malfoy, alors qu'en cet instant, Harry voulait tout l'inverse. Il faudrait vraiment qu'il analyse tout cela plus tard, au calme.
La matinée avait pourtant plutôt bien commencé. Harry avait mis un long moment à s'endormir la veille, mais ensuite, il avait dormi comme un bébé, bercé par la respiration régulière du blond blotti contre lui. Il s'était réveillé avec la sensation la plus agréable qui soit. Un battement de cœur rassurant parvenait à son oreille posée sur le torse d'un corps délicieusement chaud, pendant que des doigts caressaient doucement ses cheveux. Il s'était étiré comme un chat avant d'ouvrir ses grands yeux verts sur le visage souriant de Draco, parfaitement réveillé. Ils étaient restés un long moment blottis l'un contre l'autre sans bouger, pour savourer la présence silencieuse de l'autre.
C'est ensuite que les choses s'étaient gâtées. Lorsque Draco avait suggéré qu'il fallait qu'ils bougent s'ils voulaient être prêts lorsque les invités arriveraient, Harry avait soudain réalisé que les amis Serpentard de Draco venaient au Manoir pour fêter Noël. Il avait alors paniqué à l'idée de se retrouver seul Gryffondor au milieu de tous ces Vert et Argent. Même la grand-mère de Teddy, Andromeda, avait fait partie de la maison Serpentard. Il serait seul Gryffon au milieu d'un nid de Serpents ! Qui plus est, personne n'était encore au courant de l'évolution récente de la relation entre les deux anciens rivaux de Hogwarts. Affronter Zabini, Parkinson, et peut-être même Nott s'il venait, paressait soudain à Harry la chose la plus dangereuse du moment, d'autant plus avec son nouveau statut auprès de leur ancien Prince. Il y avait fort à parier qu'ils ne lui rendraient pas la tâche facile. Sans Hermione et Ron à ses côtés, Harry se sentait incapable de survivre à cette journée.
Il avait donc préféré lâchement se métamorphoser en Shadow pour ensuite courir se planquer dans un endroit hors d'atteinte d'un certain blond qui n'était pas au meilleur de sa forme – c'est-à-dire sous le lit. Cela devait bien faire une heure qu'il résistait aux appels de plus en plus autoritaires et énervés du blond en question, et la résistance mentale de Shadow était presque épuisée. Il fallait toute la concentration de Harry pour l'empêcher de ramper en tremblant aux pieds de son maître qui l'appelait. Harry devait bien l'admettre, lorsqu'il était Shadow, Draco était loin d'être son patient, attendant docilement des baisers en récompense. Il se transformait en humain à la fois protecteur et autoritaire, qui incitait tout chien normalement constitué à lui obéir sans résister.
-Shadow, ça suffit maintenant ! Viens ici tout de suite ! lança la voix absolument toute puissante.
Harry abandonna la lutte contre les instincts canins qui prenaient toute la place en lui. Il se risqua tout d'abord à sortir sa tête de dessous le lit, pour évaluer le degré de colère du Serpentard avec un regard qu'il rendit le plus larmoyant possible. Si le danger était trop grand, il repartirait se terrer sous le lit jusqu'à la fin des temps. Mais en voyant la crainte qui emplissait ses grands yeux verts, Draco se montra plutôt encourageant. Il s'assit par terre contre la grande armoire et l'appela d'une voix plus douce.
-Viens ici Shadow. Je ne sais pas ce qui te prend mais tu ne crains rien si tu sors enfin de ta cachette.
Ledit Shadow s'approcha au ralenti, les oreilles basses et cette maudite queue plaquée entre ses pattes. N'y avait-il aucun moyen de contrôler un minimum le langage corporel canin, se demanda Harry, mortifié. Il continua cependant d'avancer jusqu'à son humain, assis par terre, en essayant de réfréner les tremblements qui parcouraient sa fourrure. Il se faufila sous la main tendue de Draco, et ce contact lui procura instantanément un mieux-être, lui insufflant la dose de courage nécessaire pour aller se blottir sur ses genoux. Les caresses dont il fut l'objet finirent de le rassurer. Draco n'était plus en colère contre lui, c'était déjà ça. S'il avait été un chat, il aurait volontiers ronronné. Chaque passage de la main blanche et délicate dans sa fourrure avait raison de ses dernières craintes. Il n'y avait pour l'instant que sous cette configuration que Harry se sentait parfaitement en sécurité.
Une idée prit forme dans son esprit. Qu'est-ce qui l'obligeait à affronter cette journée de Noël sous sa forme humaine après tout ? Il pourrait sans aucun problème rester indéfiniment ce petit chien noir et ne plus jamais bouger de là. De plus, les amis de Draco n'avaient pas besoin de savoir qui était Shadow. Ils ne pourraient que craquer face à lui, et le couvrir de caresses. Il n'aurait pas à craindre d'être jugé, ni même rejeté. Tant qu'il était Shadow, il savait conquérir tous les cœurs. C'est bien ainsi qu'il avait fait fondre le plus endurci d'entre eux après tout…
La voix de Draco le ramena à la réalité.
-Harry, je ne sais pas ce qui t'arrive, ni pourquoi tu ne te retransformes pas en toi-même, mais c'est Noël aujourd'hui, et j'aimerais beaucoup le passer avec toi. Shadow est très mignon, mais c'est difficile de savoir ce qui te tracasse si tu restes sous cette forme. J'ai fait quelque chose qui t'a déplu ?
Harry leva ses yeux d'animal innocent sur le regard perplexe de Draco. Les deux lacs gris montraient de l'inquiétude, et Harry s'en voulut de se montrer si égoïste tout à coup. C'était stupide de sa part de vouloir passer Noël en restant sous le prisme confortable d'un chien choyé. Il se serra une dernière fois tout contre Draco, profitant d'une autre caresse de cette main si douce, puis en deux bonds, il grimpa sur le lit avant de retrouver sa forme humaine. Il n'osait pas affronter le regard de Draco, et observait avec grand intérêt les plis que formait le drap soyeux sous ses jambes repliées en tailleur.
-Je peux savoir ce qui se passe dans ton crâne de bon matin pour me faire tourner en bourrique comme ça ? demanda une voix qui se rapprochait de lui.
Le matelas s'enfonça légèrement lorsque Draco prit place à côté de lui. Il n'était toujours vêtu que d'une unique chemise et le regard de Harry changea l'objet de sa contemplation pour admirer la peau claire des jambes nues de Draco, recouvertes d'un fin duvet blond. Cela ne l'aida pas du tout à retrouver l'usage de la parole.
-Harry, tu veux bien me regarder s'il-te-plait ? Explique-moi ce qui se passe.
L'unique main valide de Draco obligeait maintenant son menton à se relever, et deux yeux gris le sondèrent de fond en comble.
-Tu vas te moquer.
-Je veux juste comprendre ce qui te pousse à te terrer sous mon lit le matin de Noël. C'est trop demander ?
Harry sentait la pointe d'énervement refaire surface chez Draco. Il ne pouvait pas l'en blâmer. Lui-même se trouvait pathétique. Mais aucun mot ne voulait franchir la barrière de ses lèvres.
-Tu ne veux pas essayer de m'expliquer…s'il-te-plait ?
La tête de Harry répondit par la négative.
-Très bien, puisque c'est comme ça, je ne t'offrirai pas ton cadeau de Noël. Je voulais te le donner avant que tout le monde arrive, mais je n'ai plus très envie maintenant. En plus, on ne sera jamais prêts à temps avec tes histoires.
-Draco… c'est du chantage, soupira Harry.
-Tu m'y obliges un peu, tu ne crois pas ?
-Tu promets de ne pas te moquer ?
-Harry, crache ton problème, on perd du temps !
-Iln'yauraquedesSerpentardaujourd'hui…
-Hein ? tu peux répéter plus lentement, je n'ai rien compris ! s'indigna Draco.
Il commençait à perdre patience, Harry le sentait bien. Il respira un bon coup avant de répéter.
-Il n'y aura que des Serpentard aujourd'hui…
Draco le regarda un instant sans rien dire, cherchant visiblement pourquoi l'évidence qu'avait énoncé Harry le dérangeait tant que ça. Une fois que l'information prit enfin tout son sens, le blond put difficilement réfréner le sourire narquois qui apparaissait sur son visage.
-Et c'est ça qui te dérange depuis tout à l'heure ? Le Sauveur du Monde Sorcier a peur d'une bande de Serpents au point de vouloir passer Noël caché sous un lit ?
-Draco, arrête, ce n'est pas drôle ! bouda Harry.
-Excuse-moi, mais si ! Où est passé le soi-disant courage des Gryffondor, dis-moi ? se moqua gentiment le blond.
-Très bien, tu te moques, alors tes amis ne me verront pas aujourd'hui. Ils verront uniquement ton nouveau chien !
-Harry, c'est ridicule ! Tu te priverais d'un Noël avec ton filleul juste parce qu'il y aura Blaise, Pansy et peut-être Théo au Manoir ?
-Je te rappelle qu'aux dernières nouvelles, ils ne me portaient pas vraiment dans leurs cœurs ! Ils ne savent même pas qu'on est ensemble. Je n'ai pas très envie de passer pour celui qui t'a retourné le cerveau. Ils vont vouloir te raisonner !
Draco était à présent pris d'un énorme fou rire qu'il avait grand peine à calmer. Harry ne put s'empêcher de lui lancer un regard noir avant de se retransformer en Shadow.
-Harry, attends ! Arrête de bouder ! réussit à articuler Draco entre deux crises de rire. Tu n'as pas à avoir peur de mes amis, je t'assure ! Allez ! Un peu de courage ! rigola Draco.
Mais Harry en avait marre de devoir être tout le temps courageux. Si en plus Draco se moquait de lui, cette journée était bonne pour la passer roulé en boule sous la couette. Il s'empressa d'ailleurs de se faufiler sous les couvertures pour se cacher. Une main assurée l'en empêcha. Harry se sentit soulevé du lit, ses quatre petites pattes se débattant dans l'air sans succès de fuite, puis Draco le plaqua bien serré contre son torse.
-Tu ne réussiras pas à t'enfuir cette fois, je te tiens ! lui susurra Draco près de ses oreilles. Tu vas m'écouter jusqu'au bout, ensuite je te lâcherai, donc ça ne sert à rien de gigoter comme tu le fais, Shadow.
Sa voix était rauque tandis qu'il le maintenait fermement avec son bras gauche tout contre lui. Dans ces conditions, il était difficile pour Shadow de lutter. Il cessa bientôt de se débattre. De toute façon, l'odeur envoutante de Draco avait déjà eu raison de lui. Il pouvait bien lui demander ce qu'il voulait, il aurait du mal à lui tenir tête.
-C'est mieux, le félicita Draco en constatant qu'il ne chercherait plus à s'enfuir pour l'instant. Pour commencer, si mes amis peuvent venir fêter Noël au Manoir, c'est grâce à toi, donc ça m'étonnerait beaucoup qu'ils te lynchent sur place.
En le sentant s'agiter à nouveau, Draco poursuivit tout en resserrant sa prise sur lui.
-S'il te faut d'autres raisons, je te rappelle que ton témoignage à mon procès m'a évité d'être envoyé à Azkaban. Et l'article qui est paru hier matin dans la Gazette mentionne tes exploits ici-même. Mes amis sont intelligents, Harry. Ils comprennent vite, pas comme la belette qui te sert de pote.
La remarque eut le don d'agacer Harry qui décida qu'il en avait assez entendu. Il essaya de se dégager une nouvelle fois du bras qui l'immobilisait, sans succès. Draco n'était pas attrapeur au Quidditch pour rien. Harry put constater la poigne qu'il pouvait avoir dans un seul bras.
-Tout doux ! C'était de l'humour ! rigola Draco tout contre son oreille. Les vibrations de sa voix qui se diffusèrent tout le long de son corps le calmèrent instantanément. Tout ça pour te dire qu'ils ne te feront rien, vu tout ce que tu as fait pour moi. J'ajouterai pour terminer que concernant tes inquiétudes de m'avoir retourné le cerveau, c'est inutile. Tu me l'as retourné il y a très longtemps, au grand désespoir de Blaise… Il sera donc plutôt ravi de la tournure des choses entre nous. Si Pansy et Théo sont choqués, tu auras toujours l'option d'aller te cacher sous le sapin, ajouta Draco en riant. Mais vu que je te tiendrai la main, tu n'auras rien à craindre, murmura-t-il ensuite au creux de son oreille.
La dernière phrase lui valut un coup de langue sur le visage.
-Je préfère ça ! Par contre, tu risques de t'attirer les foudres de ma mère si tu descends en pyjama, donc tu arrêtes tout de suite de te prendre autant la tête et tu te prépares, c'est compris ?
En même temps qu'il prononçait ces mots, Draco relâcha progressivement son emprise sur Shadow. Le petit chien bondit au sol pour redevenir Harry, le jeune garçon, puis s'approcha d'un mouvement leste de Draco, toujours assis sur le lit. Il s'empara de ses lèvres pour les embrasser avec passion, le laissant un instant plus tard sans souffle.
-J'ai du mal à te suivre, Harry Potter, prononça le blond, les yeux encore fermés sous l'effet du baiser.
-Tu te débrouilles bien, je trouve. Tu as juste oublié que je devais t'aider à te préparer aussi.
-Hmm ?
Harry rit devant l'absence de réaction de Draco. Il le tira par la main pour le pousser en direction de la salle de bain. Harry lui avait déjà fait perdre assez de temps comme ça pour ce matin. Il était temps qu'il se reprenne. Narcissa n'avait pas besoin d'un Harry Potter larmoyant pour ses retrouvailles avec sa sœur Andromeda. Il se devait de se montrer présentable, et d'aider Draco à l'être aussi.
C'était Noël après tout ! Chez les Moldus, ce jour était magique. Il pouvait donc bien l'être doublement chez les Sorciers, qui plus est chez des sorciers Serpentard !
Comme la veille, Harry abandonna Draco dans la salle de bain, avant de courir rejoindre la sienne.
Il l'avait juste aidé à libérer son bras droit puis à le débarrasser de sa chemise, avant de s'éclipser en hâte. Une douche froide s'imposait pour sa part. Draco lui avait reproché entre deux baisers que, sans toutes ses histoires, ils auraient eu le temps de prendre un bain ensemble, ce qui avait immédiatement fait réagir le corps de Harry.
Une fois son afflux sanguin revenu à la normale après sa douche, il n'avait pas mis longtemps à se sécher, puis à enfiler pantalon, chemise, cravate et pull. Il ne s'habillait que rarement dans ce genre de tenue, mais il avait tenu à faire un effort particulier vu l'endroit où il se trouvait. Il abandonna l'idée de discipliner sa tignasse noire, et rejoignit Draco qui devait l'attendre.
Le blond avait commencé à s'habiller tout seul, au grand soulagement de Harry. Il réfléchirait à deux fois la prochaine fois qu'il lui viendrait l'idée de faire une crise de panique. Draco avait raison. Ce temps aurait pu être mieux employé. Harry se fit la promesse que la prochaine fois qu'il se retrouverait seul dans la salle de bain avec lui, il saurait rattraper le temps perdu.
Au lieu de cela, il se contenta une nouvelle fois de l'aider à boutonner lentement sa chemise, tout en savourant les frissons que le contact de ses doigts déclenchait sur la peau d'albâtre. Draco avait choisi de porter un pantalon gris foncé avec une chemise un peu plus claire, de la même couleur métallique que ses yeux. Cela ne facilitait pas le travail de Harry qui avait l'impression d'être englouti par le regard de Draco où qu'il regarde. Il noua sa cravate du même gris que le pantalon, avant de s'en servir pour l'attirer à lui et goûter une nouvelle fois ses lèvres.
Il se perdit un instant dans tourbillon de sensations qui l'envahissait à chaque fois que leurs langues dansaient ensemble, puis il poursuivit son travail. Le Médicomage n'avait pas précisé combien de temps le bras de Draco devait rester immobilisé, mais Harry l'enroula d'office dans le tissu. Son patient ne protestait plus depuis longtemps, anesthésié par les baisers qu'il recevait presqu'en continu. Tout était prétexte à l'embrasser, et Draco ne semblait pas s'en plaindre. Depuis que Harry était revenu dans la chambre, le blond semblait en incapacité d'aligner deux mots cohérents l'un à la suite de l'autre. De temps à autre, un soupir de plaisir s'échappait de sa bouche, accompagné parfois d'un gémissement rauque sous les assauts de la bouche de Harry sur la sienne. Harry ne semblait pas en meilleur état, si ce n'est qu'il réussissait tout de même à garder un semblant de contrôle sur la situation, dirigeant la suite des opérations à chaque fois.
Il avait perdu le compte du nombre de baisers dont il avait couvert Draco, mais les deux amoureux finirent tout de même par être prêts pour descendre rejoindre Narcissa et accueillir les invités.
Au moment d'entraîner Draco vers le couloir, celui-ci montra une résistance.
-Attends Harry. Je veux t'offrir ton cadeau de Noël maintenant, réussit-il à prononcer.
-Tu viens déjà de me le donner Draco. J'ai encore le goût de tes lèvres sur les miennes, et c'est délicieux.
Le blond ne tint pas compte de la réponse de Harry. Il se dirigea vers son bureau, et extirpa un petit paquet d'un des tiroirs. Harry en profita pour prononcer un sort en entrebâillant la porte de la chambre. Un paquet argenté provenant de la pièce d'en face atterrit dans sa paume.
-Moi aussi j'ai quelque chose pour toi, dit-il dans un grand sourire satisfait en voyant la mine intriguée de Draco.
Les deux jeunes hommes s'assirent sur le bord du lit pour s'échanger leurs paquets.
-Toi d'abord, Harry, le devança Draco.
Harry s'exécuta et déchira fébrilement le papier cadeau vert émeraude qui emballait une boite rectangulaire noire. Sous le regard encourageant du blond, il l'ouvrit.
Une magnifique chaîne en argent retenait un fin pendentif ciselé en forme de vif d'or, argenté lui aussi.
-Oh Draco, c'est magnifique ! dit Harry d'une voix émue.
-La chaîne est enchantée et se transforme automatiquement en collier quand tu prends la forme de Shadow. Ça te plait ? demanda Draco.
-Je ne sais pas quoi dire, c'est tellement beau !
Pour changer, Harry l'embrassa. En un geste possessif, il posa ses mains sur la nuque du blond, en essayant cette fois de faire passer dans son baiser toute l'émotion qu'il ressentait en cet instant. Sa langue caressa langoureusement celle de Draco de toute la lenteur dont il se sentait capable, arrachant une cascade de frissons tout le long de la colonne vertébrale de son petit ami. Il mit fin au baiser à contrecœur, peinant à retrouver son souffle.
-On ne m'a jamais offert un tel cadeau. C'est sublime, Draco !
-Je t'aiderai bien à la passer autour de ton cou, mais je n'ai qu'une seule main, grimaça Draco.
-Ne t'inquiète pas, je vais le faire. Harry s'empressa de passer la chaîne autour de son cou. Avant qu'il n'ait le temps de la glisser sous ses vêtements, Draco se saisit du petit vif d'or et l'attira doucement vers lui.
-Au moins j'en ai attrapé un, dit-il avant de coller à nouveau ses lèvres sur les siennes en souriant.
Harry sourit aussi devant la puérilité du Serpentard. Avant de ranger le bijou sous sa chemise, il surprit son amoureux en prenant l'apparence de Shadow en un éclair. Le petit chien noir arborait maintenant un joli collier argenté, décoré d'un vif d'or.
-C'est bien ce que je dis, continua Draco très fier de lui. Tu es vraiment à moi maintenant. Tu n'es plus ce petit chien perdu qui errait sans maître dans le froid.
-Oui, confirma Harry aussitôt qu'il eut repris son apparence humaine. J'ai tout de même une question. Comment as-tu fait ? Tu n'es pas sorti d'ici que je sache…
-Tu sauras que lorsqu'un Malfoy désire quelque chose, il l'obtient par tous les moyens. Je ne pouvais pas aller jusqu'au bijoutier, je l'ai donc fait venir jusqu'ici hier soir lorsque tu étais avec tes amis.
Harry secoua la tête en riant devant les méthodes que Draco n'hésitait pas à employer pour lui offrir quelque chose pour Noël. Il pourrait y prendre goût.
-À toi maintenant. Ouvre-ton cadeau ! s'impatienta Harry.
Draco prit tout son temps pour défaire le papier argenté qui emballait son présent. Un Malfoy ne déchirait probablement pas les emballages, se dit Harry, amusé. En même temps, il n'avait qu'une seule main de disponible.
Draco tenait à présent une petite boîte carrée de couleur blanche au creux de sa main gauche.
-Allez, qu'est-ce-que tu attends ? Ouvre-la ! l'encouragea Harry.
Draco échoua du premier coup, alors Harry l'aida discrètement à ouvrir délicatement la boîte. Les yeux gris s'illuminèrent en voyant la montre qui se trouvait à l'intérieur.
-Harry, elle est superbe ! Aide-moi à la sortir !
Ce que le Gryffondor effectua avec plaisir. Le cadran de la montre, en or blanc, était incrusté de petites agates grises. Plusieurs petits cadrans différents, situés au centre du cadran indiquant l'heure, renseignaient sur l'alignement des planètes ou encore les phases de la lune. Les aiguilles étaient enchantées pour donner l'heure quelque soit l'endroit où se situait son porteur sur la planète. Draco restait en admiration sur les petites planètes qui tournaient sur elles-mêmes toutes seules. Ses yeux brillaient d'émotion.
-Regarde derrière, murmura Harry.
Draco retourna la montre. Harry avait fait graver au dos le symbole de la constellation du Dragon, à l'origine du prénom du Serpentard.
Dessous, une phrase était incrustée. 'Only your stars light up my shadow.' H.
[ndA : ce qui signifie en français : 'Seules tes étoiles illuminent mon ombre.']
La main de Draco tremblait à présent. Il n'avait toujours prononcé aucun mot, la gorge nouée par l'émotion. La larme qui roula sur sa joue parla pour lui. Harry l'essuya avec son pouce juste avant que Draco vienne se réfugier dans ses bras. Harry l'enlaça fort, ému de sa réaction. Le cœur de Draco tambourinait si fort que Harry pouvait le sentir contre lui.
Ils restèrent un long moment dans les bras l'un de l'autre, sans prononcer une seule parole. Aucun autre mot n'aurait pu mieux exprimer leurs émotions. Lorsque Draco jugea que le regard émeraude pouvait à nouveau le dévisager, il se décolla doucement de l'étreinte de Harry pour l'embrasser tendrement.
-Aide-moi à la mettre à mon poignet, s'il-te-plait, murmura-t-il d'une voix enrouée par l'émotion.
Harry s'empressa de nouer le bracelet en cuir noir autour du poignet de Draco.
-Elle te plait ?
Draco hocha vivement la tête.
-Énormément… Où l'as-tu trouvée ? Aucun bijoutier à Londres ne vend ce genre de montre à ma connaissance.
Ce fut au tour de Harry d'en profiter pour se vanter.
-Haha, tu sauras que pendant que tu dors comme une marmotte, le Sauveur du Monde Sorcier transplane à Paris pour faire ses achats. Ça te surprend, n'est-ce-pas ? ria Harry. La célébrité m'empêche de me balader à Londres sans être poursuivi par une foule en liesse. Alors la Place Cachée à Paris m'offre une relative tranquillité. Être un petit chien ne me permet pas tout, malheureusement.
-Ou heureusement…, continua Draco en plaquant à nouveau ses lèvres sur celle de son amoureux.
La nervosité de Harry ne fit qu'aller en augmentant une fois descendu dans le grand salon du Manoir. Narcissa Malfoy était tendue également, mais d'impatience. Elle était splendide, habillée d'une longue robe de couleur bleu nuit, à manche longue, qui épousait parfaitement sa silhouette longiligne. Le tissu chatoyant reflétait la lumière hivernale à chacun de ses mouvements. Des pendentifs en argent scintillaient à ses oreilles. Seuls ses doigts qui jouaient constamment avec ses bagues trahissaient sa fébrilité.
-Draco, Harry, avez-vous bien dormi les garçons ?
-Oui, mère, très bien, répondit Draco en la rassurant d'une bise sur la joue.
-Comment va ton épaule ce matin ? s'inquiéta-t-elle sincèrement.
-Je ne ressens plus aucune douleur, si ce n'est que je ne peux toujours pas bouger mon bras, s'agaça Draco avec un regard en coin vers Harry.
Narcissa ignora complètement la remarque de son fils et se tourna vers Harry en souriant.
-Merci Harry de vous occuper de lui. Je sais combien Draco peut être pénible parfois !
Ledit Draco pesta tout seul dans son coin en entendant sa mère.
Un grand sourire éclaira le visage de Harry.
-Ne vous inquiétez pas, il sait aussi se montrer raisonnable lorsqu'il est motivé.
Il ponctua sa phrase d'un clin d'œil en direction de Draco dont les joues s'étaient joliment colorées.
Le crépitement des flammes dans la cheminée les interrompit. Elles se teintèrent en vert, puis Andromeda en sortit, tenant un grand couffin dans les mains. Teddy dormait à poings fermés à l'intérieur. Une petite couverture brodée avec des animaux de la forêt le recouvrait jusqu'au menton. Ses petites joues rebondies le rendaient adorable, tel un angelot endormi dans un sommeil paisible.
Harry n'avait pas vu son filleul depuis un tout petit mois, mais il avait encore changé. Le couffin commençait à devenir étroit pour ce petit bout 'chou qui grandissait à vue d'œil. La petite touffe de fins cheveux qui ornait sa tête arborait pour l'instant une jolie couleur dorée. Le petit garçon, Métamorphomage comme sa mère, changeait constamment la couleur de ses cheveux en fonction de son humeur. Harry sourit en le voyant. Il était tellement fier d'être le parrain de ce petit bonhomme. Il se tourna ensuite vers Andromeda pour l'accueillir aussi d'un grand sourire.
La grand-mère de Teddy était toute émue de se retrouver au Manoir Malfoy. Les deux sœurs se dévisageaient avec émotion, les yeux brillants. Andromeda posa le couffin sur le sol avant de s'avancer vers Narcissa. Les deux femmes s'étreignirent avec affection, ébranlées de se retrouver après tant d'années.
-Merci d'être venue, murmura Narcissa, la gorge nouée par l'émotion.
-Nous avons beaucoup de temps à rattraper, petite sœur. Merci de ton invitation qui m'a fait chaud au cœur.
-Ne restons pas devant la cheminée, les amis de Draco vont arriver. Viens donc t'asseoir près de moi. Je suis tellement heureuse que tu sois venue. Nous devons remercier Harry pour cela. C'est lui qui m'a suggéré de renouer contact, et c'était une formidable idée !
-Bonjour Andromeda, dit simplement Harry, soudain gêné d'être mis en avant.
-Bonjour mon grand. Je suis heureuse d'être ici en ta compagnie. Teddy sera également enchanté de revoir son parrain.
Elle se tourna ensuite vers Draco, qui était resté en retrait jusque-là.
-Bonjour ma Tante. Bienvenue au Manoir, dit-il courtoisement.
-Bonjour cher neveu. Je suis ravie de faire enfin ta connaissance. J'ai beaucoup entendu parler de toi par l'intermédiaire de Harry. C'est donc un plaisir de vous voir tous les deux aujourd'hui.
Harry s'empourpra devant les dires de Andromeda. Lui avait-il tant parlé que ça de Draco ? Il avait bien entendu trouvé énormément de soutien auprès d'elle cet été, durant toute cette période où il était sollicité de toute part lors des procès et de la constitution du nouveau Ministère. Ses visites auprès d'Andromeda et de Teddy avaient constitué un point de repère rassurant dans toute cette frénésie. Tenir son filleul dans ses bras l'apaisait beaucoup. L'innocence qui caractérisait tant les bébés était rafraichissante. Durant les moments où Harry était avec Teddy, il oubliait la folie du monde extérieur.
Andromeda l'avait également beaucoup conseillé lorsqu'il s'était mis en tête de rénover le 12, Square Grimmault. Il se rappelait maintenant lui avoir mentionné qu'il était inquiet de ne pas trouver de nouvelles des Malfoy, mère et fils, dans la Gazette. Avait-il été si transparent que cela, alors qu'il ne savait pas trop lui-même pourquoi cette absence de nouvelles le tracassait tant. Andromeda lui avait demandé si Draco et lui étaient proches à Hogwarts, et il avait dû mentionner une fois ou deux leurs perpétuels conflits. Il s'était dit qu'elle cherchait simplement à mieux connaître son neveu. Elle avait manifestement été plus perspicace que lui !
Les flammes à nouveau verdoyantes dans la cheminée l'empêchèrent de se torturer davantage. Instinctivement, il recula pour se positionner derrière un fauteuil. Draco lui avait assuré que ses amis ne lui feraient rien, mais il ne pouvait s'empêcher de vouloir s'enfuir à toutes jambes – ou à toutes pattes ! Seule la présence de Teddy l'encourageait à rester. Il ne voulait pas avoir l'air d'être un parrain dégonflé.
Zabini sortit des flammes en premier, suivi de Pansy Parkinson accompagnée de Théodore Nott ! Décidément, ils étaient là au complet. Harry, pas rassuré pour un Gallion, se fit la réflexion que seul Goyle manquait au tableau de ces retrouvailles Serpentardesques ! Il n'en menait vraiment pas large.
Draco, au contraire, arborait un large sourire qui illuminait tout son visage. Il s'était dirigé vers ses amis pour les accueillir avec une chaleur que Harry avait très peu eu l'occasion de voir chez lui, sauf devant Shadow. Il rayonnait littéralement.
-Blaise ! Mon pote ! Que ça fait plaisir de te voir ici ! dit-il en l'étreignant dans une accolade joyeuse.
-Draco ! Je suis content de te voir aussi ! répondit le métis en lui rendant son étreinte.
-Pansy ! et Théo ! Tu étais où tout ce temps ? continua Draco en se tournant vers ses deux autres amis.
-Drake ! Que c'est bon de te voir ! J'ai mis du temps mais j'ai enfin réussi à mettre la main sur notre cher Théo. Il se cachait en Scandinavie ! répondit la jeune fille toute excitée. Elle embrassa Draco sur la joue en se collant à lui bien trop près au goût de Harry.
-Salut Draco. Pansy est très persuasive quand elle veut. J'avais envie de voir du pays, et je voyage pas mal. Merci pour l'invitation en tout cas !
Draco lui sourit en l'accueillant d'une tape dans le dos.
-Mais qu'as-tu fait à ton bras ? couina soudain Parkinson. Tu es blessé ? J'ai lu l'article dans la Gazette, c'est affreux ce qui s'est passé !
Au grand soulagement de Harry, Narcissa Malfoy coupa les retrouvailles entre son fils et ses amis.
-Jeunes gens, bienvenue au Manoir Malfoy ! Draco et moi sommes heureux de vous recevoir ici en ce jour de Noël. Je vous présente ma sœur Andromeda Tonks et son petit-fils Ted qui n'a que 8 mois, et qui est assoupi pour l'instant. Son parrain est avec nous également. Harry, approchez donc ! Nous allons nous installer dans la salle à manger, nous serons plus à l'aise.
Les amis de Draco, après avoir salué Andromeda d'une poignée de main polie, se tournèrent vers Harry pour le dévisager en silence.
En parfaite hôtesse, Narcissa avait réussi à légitimer sa présence parmi eux sans l'embarrasser, ce pour quoi il lui serait infiniment reconnaissant. Il prit son courage à deux mains et contourna le fauteuil pour se poster à côté de Draco. Cette Parkinson devait comprendre que son blond chéri n'était plus libre après tout !
-Zabini, Parkinson, Nott, prononça-t-il avec un signe de tête.
-Potter, répondit Blaise avec un sourire plein de sous-entendus. Draco nous avait caché ta venue. Tu m'en vois ravi !
Draco lança un regard noir à Blaise.
-Blaise, ne commence pas ! Harry est ici depuis plusieurs jours. Si vous avez lu l'article dans la Gazette, vous êtes donc au courant. Il a permis de dénouer la situation problématique qui régnait ici depuis plusieurs mois. Sans lui, je n'aurais pas pu vous inviter.
-Dans ce cas, je suppose qu'on doit te remercier, lança Parkinson d'un air perplexe. Son regard passait de Draco à Blaise à Harry, et des rouages semblables à ceux d'Hermione devant une énigme à résoudre s'étaient enclenchés dans son esprit. Harry pouvait lire sur son visage qu'elle réfléchissait à toute vitesse.
Nott, lui, n'avait rien ajouté. Son visage était neutre. Il n'exprimait pas d'animosité.
C'était déjà ça, se dit Harry. Se retrouver devant des enfants de Mangemorts, désormais à Azkaban et dont il avait contribué à leur sort funeste, avait quelque chose de très, très embarrassant.
-Pas besoin de me remercier. Je n'ai fait qu'aider à réparer une injustice, bredouilla Harry.
-Saint Potter a encore frappé ! Il faudra que tu nous racontes tous les détails en tout cas ! Si on compte sur Draco pour ça, on peut toujours attendre, n'est-ce-pas Draco ? plaisanta Blaise.
Le métis semblait s'amuser follement de la situation.
Draco, lui, essayait d'afficher son air de confiance habituel devant ses amis, mais il ne trompait personne. Surtout pas Harry, qui avait vu passer une lueur d'anxiété dans les yeux de son petit-ami. Appréhendait-il lui aussi la réaction de ses amis face à la présence de Harry à ses côtés ?
Alors que tout le monde rejoignait les deux sœurs qui s'étaient déjà dirigées vers la Salle à Manger, Harry se glissa derrière Draco et lui prit discrètement la main pour le rassurer. La réaction de Zabini, Parkinson et Nott n'était pas si importante pour lui, sauf si cela devait perturber Draco.
Draco lui rendit son geste en serrant légèrement sa main dans la sienne. Ils ne remarquèrent pas la lueur amusée dans les yeux de Zabini, qui n'avait rien manqué de la scène.
Narcissa avait réellement pris à cœur l'organisation de ce repas. Les trois elfes qui restaient désormais au service des Malfoy au Manoir avaient suivi les indications de leur Maîtresse à la lettre. La table ovale était magnifiquement décorée. Une délicate vaisselle en porcelaine avait été sortie pour l'occasion, ainsi que des verres en cristal finement ouvragés.
Narcissa présidait naturellement la table, encadrée par sa sœur et par Harry. Draco était à gauche du Gryffondor, puis venait ensuite Théo. Blaise et Pansy leur faisaient face. Tous les invités avaient reçu suffisamment d'éducation pour que le repas se déroule dans une ambiance chaleureuse et réussie.
Personne ne fit de remarque lorsque Harry s'empara sans rien dire de l'assiette de Draco pour lui couper sa viande. Les regards entendus qu'échangèrent entre eux les camarades de Draco ne passèrent toutefois pas inaperçus pour le Prince des Serpentard, qui les défia d'un regard orageux de faire un quelconque commentaire.
Teddy se réveilla peu de temps après, et sa bouille de bébé contribua à ce que tout le monde tombe sous son charme.
Harry, mu par ses instincts de parrain protecteur, le prit instantanément dans ses bras dès que son filleul ouvrit les yeux. Teddy le reconnut aussitôt et le gratifia d'un grand sourire baveux, alors que ses cheveux prirent une jolie teinte émeraude. Ses gazouillis firent rire tout le monde. Le bébé, enchanté de tant d'attention, se montra d'une humeur agréable. Harry le garda sur les genoux une bonne partie du repas, le laissant jouer avec sa petite cuillère en argent, et lui faisant goûter par moment quelques bouchées de la purée de châtaignes, ou bien un petit morceau de pomme de terre bien cuite. Le bébé n'était pas difficile, avide de découvrir par sa bouche tout ce que lui proposait son parrain adoré. Plusieurs fois, Harry croisa le regard de Draco qui brillait d'une lueur attendrie en l'observant s'occuper du bébé.
Pansy les interrompit juste avant le dessert, charmée elle aussi par ce bébé joufflu qui ne faisait que babiller joyeusement. Elle se leva de sa chaise pour s'approcher doucement de Harry.
-Potter, est-ce-que tu me permettrais de le prendre un peu ? Il est vraiment mignon !
Harry regarda un instant Andromeda qui acquiesça d'un signe à sa demande silencieuse.
-Avec plaisir, Parkinson. Teddy, tu veux aller avec Pansy ?
Teddy babilla quelque chose et ses cheveux prirent une jolie teinte rose lorsqu'il regarda Pansy se pencher vers lui. Il tendit les bras, ravi d'avoir du public prêt à s'occuper de lui.
La jeune fille retourna à sa place, Teddy dans ses bras, complètement conquise par ce petit bout qui essayait de jouer avec ses boucles d'oreille et qui admirait sa robe scintillante.
Une magnifique bûche de Noël, magiquement décorée sur son fin glaçage au chocolat, conclut le repas. Un petit bonhomme de neige saluait les convives depuis la pâtisserie, et des lutins jouaient à cache-cache derrière les champignons en sucre. Teddy se montra fasciné par la décoration magique.
Au fur et à mesure des plats, l'ambiance s'était détendue considérablement, la politesse ayant cédé place à un réel plaisir de se retrouver autour de cette table. Nott, que Harry connaissait peu loquace, leur raconta son périple à travers l'Europe depuis plusieurs mois. Il apprit que son père était décédé à Azkaban, peu après avoir été arrêté. Harry se tassa sur sa chaise à cette nouvelle, mais il ne reçut aucun regard de reproche. Décidément, ces Serpentard l'étonnaient. Se retrouvant orphelin, Théo avait décidé de prendre son sac à dos et de partir à la découverte du monde sorcier étranger juste après le décès de son père.
Parkinson avait cherché à avoir des nouvelles durant l'été, mais ses hiboux étaient revenus sans réponses. Théo avait enfin reçu une de ses lettres alors qu'il venait d'arriver en Finlande. Il n'avait plus aucune famille avec laquelle passer les fêtes, et il avait d'abord eu l'idée de les passer là-bas, au cœur des traditions festives scandinaves. La lettre de Pansy l'avait convaincu de revenir en Angleterre.
Parkinson, elle, évoqua brièvement ses parents, réfugiés à l'étranger depuis plusieurs années. Elle se partageait entre sa demeure anglaise et celle de ses parents.
Il savait déjà, pour avoir lu le courrier de Zabini, que le jeune homme, lui, était seul en Angleterre, sa mère occupée avec un énième amant quelque part ailleurs.
Tous attendaient de pouvoir passer leurs ASPICs dès que Hogwarts rouvrirait ses portes, probablement en septembre prochain. Harry se rendit compte que le château avait l'image d'un vrai foyer pour plus d'élèves qu'il ne l'aurait cru.
Lorsqu'ils repassèrent au salon pour prendre le café, le moment d'échanger les cadeaux arriva. Les foulards que Harry avait rapportés de Paris pour Narcissa et Andromeda plurent beaucoup aux deux sœurs. Il reçut de la part d'Andromeda une nouvelle écharpe aux couleurs de sa maison. Narcissa, quant à elle, lui offrit un livre relié en cuir portant sur la magie ancienne. Il fut très touché par l'affection que lui portaient les deux femmes, et il les embrassa chaleureusement.
Draco reçut de sa tante la même écharpe que Harry, mais aux couleurs de Serpentard, ce qui lui arracha un sourire de fierté. Lorsqu'il ouvrit ensuite le petit paquet soigneusement emballé par sa mère, il rompit toutes ses habitudes de convenance pour aller l'enlacer avec émotion. La petite boîte contenait des boutons de manchette gravés du blason familial. Son père en prison, sa mère lui signifiait qu'il était désormais l'homme de la maison.
Les Serpentard s'échangèrent ensuite entre eux friandises, livres et, à la grande surprise de Harry, des boites de farces et attrapes venant de chez Weasley. Il sourit devant l'ironie de la situation. Les jumeaux avaient décidément conquis le cœur de tous les sorciers, toutes maisons confondues. Il espéra secrètement que Fred puisse voir ça, d'où qu'il soit là-haut. Son cœur se serra un instant en repensant à sa famille de cœur qui devait fêter Noël au Terrier au même moment, pour la première fois sans un de leurs fils. Harry s'obligea à ramener son esprit au Manoir, entouré de tous ces Serpentard qui ne l'avaient pas rejeté, comme il l'avait craint un peu plus tôt. L'heure n'était pas à la tristesse.
Il s'empara du cadeau qu'il avait acheté pour son filleul. Teddy, assis sur les genoux de son parrain installé dans un des fauteuils, se montra longtemps fasciné par le papier cadeau brillant. Harry le laissa jouer quelques minutes avec le ruban avant de lui montrer comment l'ouvrir. Le papier doré une fois défait, la petite peluche enchantée comme un vif d'or s'envola et virevolta autour d'eux, arrachant des cris de ravissement au petit. Il essaya plusieurs fois de l'attraper avec sa petite main, mais après plusieurs tentatives infructueuses, il se contenta de la regarder voler en posant sa petite tête fatiguée dans le creux du cou de son parrain. Harry se releva, Teddy calé contre son épaule, pour le bercer en déambulant avec lui près du sapin, la peluche continuant de virevolter autour d'eux.
-Tu prépares la relève ? murmura Draco qui s'était approché d'eux.
-C'est tout à fait ça ! sourit Harry. Tu as devant toi la nouvelle génération d'attrapeur. Je lui apprendrai tous mes trucs pour battre les Serpentard !
-Et qui te dit que ce petit ne sera pas un Vert et Argent comme sa grand-mère ?
-C'est un risque à prendre en effet, rigola Harry. L'avenir nous le dira !
Chacun perdu dans le regard de l'autre, ils n'avaient pas entendu Zabini s'approcher d'eux, un large sourire sur le visage.
-Alors ? Est-ce-que j'interromps quelque chose ? demanda-t-il d'un air qui n'avait rien d'innocent.
-Tu es lourd, Blaise, tu le sais ? lui lança Draco.
-C'est pour ça que tu m'aimes, non ? répliqua-t-il en passant son bras autour des épaules du blond. Harry, ajouta-t-il en insistant sur l'usage du prénom, je te l'emprunte quelques minutes, tu n'y vois pas d'inconvénients ?
-Pas du tout, je vais coucher Teddy, je crois qu'il s'est endormi.
Tandis que Zabini entrainait Draco à l'écart vers les grandes fenêtres, Harry se dirigea vers le couffin de son filleul pour le poser au creux de ses couvertures. Narcissa et Andromeda s'étaient assises sur un canapé situé à l'écart des jeunes gens, et discutaient avec émotion devant un album de vieilles photographies sorcières. Harry sourit en les voyant. Il était assez fier d'avoir initié ce rapprochement. Ensemble, les deux femmes surmonteraient mieux les épreuves que la vie leur avait infligé. C'est du moins ce que Harry espérait.
Parkinson l'interrompit dans ses réflexions. Elle l'avait suivi vers le couffin, avec l'intention de lui dire quelque chose d'important si Harry en jugeait par l'air sérieux sur son visage.
-Potter, on ne s'est pas souvent parlé jusque-là, mais ce repas est la preuve que certaines choses ont changé. Je tenais à te dire que si tu fais du mal à Draco, d'une quelconque manière, tu le regretteras.
-C'est une menace, Parkinson ? répliqua Harry, soudain tendu.
-Non, c'est un avertissement, de la part de ses amis. Entre Serpentard, tu sauras qu'on se protège mutuellement. Et tu peux m'appeler Pansy d'ailleurs.
-Sache alors que tu n'as pas à t'inquiéter, Pansy. Je n'ai pas l'intention de faire de mal à Draco.
-Alors ramène tes fesses vers nous, Harry, et arrêtez de faire semblant tous les deux ! Vous êtes ridicules !
Harry s'aperçut que Pansy le tirait par la main en direction des garçons, regroupés à l'autre bout de la pièce. Draco, trop craquant avec les joues rosées, était encadré par Zabini et Nott, hilares.
Pansy le poussa dans le dos pour le placer face à lui. Tous les trois riaient autour d'eux, attendant visiblement quelque chose de leur part. Harry leur jeta un regard interrogateur, sans comprendre.
Zabini pointa un doigt vers le plafond, tordu de rire. Harry leva la tête. Une boule de gui était joliment accrochée à une des poutres du haut-plafond, n'attendant plus qu'un couple se retrouve en dessous.
La raison de l'hilarité des Serpentard fut soudain plus claire dans l'esprit de Harry. Le rouge aux joues lui aussi, il reposa son regard sur les deux yeux gris qui lui faisaient face. Une lueur d'envie brillait à présent dans le regard de son amoureux. Ils n'avaient pas spécialement agi pour cacher leurs sentiments aujourd'hui, mais ils n'avaient rien fait non plus pour s'afficher ouvertement. C'est du moins ce qu'ils croyaient. Blaise avait certainement lâché quelques indices à Pansy et Théo avant de venir ici.
-Vous attendez le Nouvel-An, ou quoi ? lança Blaise, toujours hilare.
Harry n'avait pas quitté Draco du regard. Son cœur s'était emballé en comprenant que tous autour d'eux attendaient qu'ils s'embrassent. Il voulait être sûr que Draco voulait bien la même chose. Vu qu'il semblait hypnotisé par les yeux verts de Harry et qu'il n'avait aucune réaction du tout à ce qui se passait autour d'eux, Harry se décida à agir. Il avança d'un pas vers Draco. Leurs visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Il remarqua la veine dans le cou de son petit ami qui pulsait sous les battements frénétiques de son cœur. Ses lèvres étaient légèrement entrouvertes, n'attendant plus que celles de Harry les rejoignent. De sa main droite, il se saisit de la main de Draco, inerte le long de son corps. Sa main gauche, quant à elle, se nicha au creux des reins du Serpentard, pour l'attirer soudain contre lui. Leurs lèvres se rencontrèrent enfin, puis leurs langues. Ils se laissèrent enfin aller à un contact sulfureux, complètement hermétiques aux sifflements proférés par les amis de Draco derrière eux. Le baiser les laissa essoufflés, dans les bras l'un de l'autre, un sourire niais collé sur le visage.
-C'est pas trop tôt ! rigola Blaise. On se demandait quand vous alliez vous décider !
-Ta gueule, Blaise ! Tu es un traître ! lui sourit Draco.
-Drake, Blaise n'a jamais vendu la mèche ! s'indigna Pansy.
-Depuis le temps que vous vous tournez autour, tu crois qu'on n'avait rien remarqué ? déclara Théo, qui ne parlait jamais pour ne rien dire.
-Il faut croire que tout le monde était au courant sauf nous, sourit Harry en cachant subitement son visage mortifié au creux du cou de Draco, qui resserra sa prise autour de lui avec un sourire possessif.
Les sifflements repartirent de plus belle parmi la troupe autour d'eux.
-C'est bon, moins fort ! grommela-t-il. Vous allez réveiller le bébé !
Blaise crut bon d'en rajouter une couche en s'adressant à ses deux amis d'un air goguenard.
-Si c'est pas mignon ! Ils forment déjà un vrai petit couple !
Un coup de poing sur son épaule le fit s'éloigner de Harry en rigolant.
-Tout doux Potter ! Il faudra que tu t'habitues à l'humour des Vert et Argent !
-Et vous, au fait que le Choixpeau voulait m'envoyer à Serpentard, répondit-il avec un clin d'œil, ce qui eut le mérite de tous les laisser sans voix.
Devant l'air interloqué de son amoureux toujours dans ses bras, il ponctua sa phrase d'un baiser en ajoutant :
-Joyeux Noël Draco !
-Joyeux Noël Harry ! réussit à répondre l'intéressé.
Restées à l'écart, les deux sœurs Black n'avaient pourtant rien perdu de la scène. Toutes deux se réjouissaient devant ce nouvel avenir qui s'annonçait. Plus loin, dans son couffin, un ange souriait dans son sommeil. Celui qui ornait le sommet du sapin battit ses ailes dans un mouvement silencieux.
L'histoire raconte aussi que, plusieurs mois après cette scène, il n'était pas rare de voir gambader gaiement dans les pelouses du Manoir Malfoy un petit chien noir accompagné d'un renard au beau pelage argenté.
Certains affirment même les avoir aperçus dans le parc de Hogwarts, lorsque, après l'été suivant, les élèves repartirent au château.
~FIN~
Et voilà, cette histoire se termine ici... J'espère qu'elle aura rempli sa mission de vous apporter tout plein d'ambiance de Noël et de douceur en cette période pas toujours simple. Je vous souhaite à nouveau de très belles fêtes de fin d'année ! J'espère à très vite, en fonction de mon avancement dans l'écriture d'une autre histoire. Merci en tout cas de tous vos retours. Je vous adore !
Didie
