Chapitre 13 : Sylvestra Selwyn

.

« Tu n'as qu'à aller voir Selwyn pendant que j'irai à Gringott's, qu'en dis-tu ? Je te rejoindrai là-bas, proposa-t-il quelques secondes plus tard. »

Elle approuva puis lui demanda qui précisément il y aurait ce soir au réveillon. Il lui dit que la famille de son père et la famille de sa mère seraient là. Elle grimaça en pensant à Mrs Falbala Fortescue, et il ne trouva qu'à rire en insistant sur le fait qu'effectivement sa tante serait là, avec le frère de sa mère, leur fille aînée Ambuela ainsi que le mari de celle-ci, Aristote Parkinson, et leurs trois fils de douze, huit et six ans. Il mentionna aussi une autre cousine et ses deux cousins, Fabian et Flavien, les enfants de l'autre frère de sa mère, qu'elle avait vaguement rencontré au mariage. Sa grand-mère Fortescue serait aussi présente.

« Et ton frère ? demanda-t-elle en essayant de ne pas être trop sèche.

-Euh oui, il sera là.

-Bien, fit-elle.

-Ecoute, ignore-le, tout simplement, jusqu'à ce qu'il te présente ses excuses, proposa-t-il en grimaçant.

-Oh mais je n'avais pas d'autres ambitions le concernant, dit-elle en se levant de table. »

Elle n'entendit pas d'autre réponse qu'un rire gêné lorsqu'elle enfila ses gants. Charlus posa sa cape sur ses épaules, et elle le remercia d'un sourire avant de l'accrocher. Puis elle le suivit jusqu'au comptoir où il régla leur note et où Tom les félicita à nouveau pour leur mariage avant de sortir sur le Chemin de Traverse.

Elle n'avait plus mis les pieds au Chemin de Traverse depuis deux mois et demi, si ce n'est pour faire l'unique et dernier essayage de sa robe de mariée, autant dire qu'elle fit un pas en arrière lorsqu'elle vit la foule attroupée sous les fanions rouge et vert. Son cœur s'emballa et elle dut prendre sur elle pour ne pas faire demi-tour.

« Tout va bien, Dorea ? résonna la voix de Charlus à son oreille.

-Oui, pourquoi ? demanda-t-elle la gorge sèche.

-Eh bien, tu nous as arrêtés et, bien que j'aime te savoir pendue à mon bras, tu es en train de le comprimer un peu trop, dit-il avec légèreté.

-Désolée, bafouilla-t-elle en faisant un pas en avant et en relâchant son bras. Je… Je vais voir Sylvestra. A tout de suite. »

Elle prit le chemin de l'Allée des Embrumes aussitôt. Elle repéra rapidement la boutique de la Grand-mère de son amie, et poussa la porte vitrée. Le carillon retentit et deux secondes plus tard, Anathema Selwyn apparaissait derrière le comptoir.

« Ah Dorea, la mariée enfin délivrée de la folie furieuse de ses parents, l'accueillit Anathema les joues sur-poudrées, les cheveux négligemment relevés en un énorme chignon et les mains noueuses. C'était très gentil de ta part de nous avoir invitées, ma petite, même si nous n'avons pas pu v'nir. Sylvestra a dû aller en catastrophe en Roumanie pour une commande parce que ce bon à rien d'Adrian s'est fait arrêter par les Aurors, râla la vieille Anathema. Je lui ai dit de ne pas faire de livraison aux clients, mais ce salopiot ne veut rien comprendre. Il lui manque des cases, je l'ai toujours dit. Bref, il en a pour trois semaines à Azkaban. Franchement, un peu de Goutte du mort-vivant, c'est pas la mort ! râla-t-elle. Enfin. Tu viens pour une potion aphrodisiaque ? demanda-t-elle en ouvrant l'armoire à potions derrière elle. Cet imbécile de Potter…

-Non, non, la coupa Dorea en remerciant Merlin que Charlus ne soit pas venue avec elle. Il n'en a pas besoin. Je viens voir Sylvestra.

-Ah ça, tu es une chipie. Ta mère te pense toute gentille et docile, mais y a rien de vrai là-dedans. Mariée et hop, tu désobéis à ton père. Bah tu sais quoi, t'as bien raison. SYLVESTRA ! DESCENDS UN PEU VOIR QUI EST LA ! Cygnus Black est un débile, un idiot et un blaireau. Si j'avais eu une jolie fille comme toi, je l'aurais laissée faire tout ce qu'elle aurait voulu. Et ta mère n'a rien dans le crâne. SYLVESTRA DEPECHE-TOI ! Franchement, qui empêche sa fille de briller alors qu'elle marie un joueur de Quidditch ? Et pas n'importe lequel ! Sylvestra a fait une de ces têtes quand elle a vu tu finirais dans le lit de qui ! BON SANG SYLVESTRA, EST-CE QUE JE DOIS VENIR TA CHERCHER PAR LA PEAU DES FESSES ? Elle était verte de jalousie, si tu veux mon avis. Ah ça, tu caches bien ton jeu, espèce de sainte-nitouche. Je suis sûre que tu as passé quatre jours au lit, et pas pour dormir… SYLV…

-Je suis là, s'exaspéra son amie en apparaissant derrière le comptoir. »

Elle se figea en voyant Dorea.

« Salut Syl, fit Dorea en riant.

-Dorea, c'est bien toi ? se réjouit Sylvestra en faisant le tour du comptoir pour se jeter dans ses bras. »

Dorea resta un instant figée, peu habituée à de telles marques d'affection, puis lui tapota maladroitement l'épaule.

« Oui, c'est moi. Je sais, j'ai manqué mes visites ces derniers temps, reprit Dorea. Lucretia m'a dit qu'elle t'avait donné ma lettre. Mais tu comprends, entre les articles, mon père qui…

-Ton père est taré, cracha Sylvestra en la lâchant.

-C'est c'que j'ai dit, commenta Anathema.

-Il s'inquiétait seulement pour ma réputation à cause des journaux, protesta Dorea.

-Pff, tout le monde s'en fichait, et personne n'y croyait, rétorqua Sylvestra. Les gens ont un peu ri, grand bien leur fasse, puis ça s'est calmé. Tout le monde a bien vu qu'il te séquestrait.

-Il ne m'a pas séquestrée, bafouilla Dorea.

-Bah qu'un peu si, râla la vieille Anathema.

-Mêle-toi de ce qui te regarde, Grand-mère, la rembarra Sylvestra. Viens dans l'arrière boutique, Dorea, on sera plus tranquille.

-Je t'ai nourrie, gamine, un peu de respect pour ta vieille, vu ? râla Anathema.

-Et tu m'as fait manquer le mariage de ma meilleure amie avec tes histoires de Valérianes roumaines, alors mollo, répliqua Sylvestra en tirant Dorea après elle. »

Dorea s'assit sur le petit fauteuil qu'elle occupait habituellement, et Sylvestra sur celui d'en face.

« Ton-père-est-taré, Dorea, il t'a gardée enfermée comme une vulgaire Sang-de-Bourbe, tu ne peux pas le défendre ! Tout le monde n'a fait que parler de lui en ces termes.

-Mais non, il m'a expliqué pourquoi il fallait…

-Il t'a manipulée, c'est tout, martela Sylvestra en prenant ses mains dans les siennes. Caractacus me l'a dit lui-même. Caractacus Beurk, le type qui ne voit pas plus loin que son nombril ! Même Theophilius a fait taire sa mauvaise tête pour dire à demi-mot que ce mariage rendait ton père parano.

-Pourquoi tu me parles de Theophilius ? râla Dorea. Face-de-Rat a osé me demander en mariage alors que je le déteste cordialement et qu'il le sait très bien. Heureusement que Charlus est arrivé avant lui, sinon…

-Eh, tu parles de mon premier béguin, rappela Sylvestra en faisant la moue. Attends, quoi ?

-Oui, c'est vrai, je ne t'ai pas raconté. »

Elle relata la journée rocambolesque qu'elle avait vécue trois mois plus tôt, quand charmée de la demande de Charlus Potter, elle avait cru mourir de peur et de dégoût en entendant celle de son cousin.

« Et ton père t'a laissée choisir ? s'étonna Sylvestra.

-Je ne lui ai pas vraiment laissé le temps de ne pas me laisser choisir, reconnut Dorea. J'ai vu Beurk, j'ai dit que j'épouserai Charlus.

-Mais tout de même, tu ne trouves pas ça étrange ? insista Sylvestra.

-J'imagine qu'il pense que c'est quelque chose d'important pour moi, avança Dorea.

-Ou bien, Charlus Potter a avancé des arguments convaincants…Tu aurais pu me dire que tu le fréquentais, je suis assez agacée de l'avoir appris par la Gazette, lui reprocha Sylvestra.

-Je… Je ne me rappelle pas lui avoir parlé avant nos fiançailles, avoua Dorea. Pas plus que ça, nuança-t-elle en voyant les yeux de Sylvestra sortir de leurs orbites. Enfin, je n'ai rien vu avant nos fiançailles. »

Elle mentait un peu. Mais dès qu'on lui posait cette question, comme à chaque fois quelque chose l'embêtait là-dedans parce qu'elle avait l'impression qu'il lui manquait une pièce du puzzle, elle préférait enrober la réalité d'un peu d'autre chose. Et puis, Sylvestra lui aurait fait tout un discours virulent sur les mariages arrangés, sans pouvoir approuver que Dorea veuille juste un mari qu'elle puisse respecter et apprécier.

« Pardon ? s'étonna Sylvestra. Mais… Mais pourquoi un type comme lui est-il venu te demander en mariage alors ? Je veux dire, il a profité de son célibat, c'est indéniable !

-Il voulait ennuyer Beurk, justement, lui raconta-t-elle.

-Quoi ? s'étonna Sylvestra.

-Je lui ai demandé, le soir de notre mariage, quand mon père ne pouvait plus me… séquestrer, comme tu dis, même si je trouve que c'est un mot un peu fort et qu'il ne m'a pas manipul…

-Accouche ! s'impatienta son amie.

-Eh, c'est bon, j'y viens, râla Dorea. Il m'avait déjà remarquée, de ce que j'ai compris, il m'a même sûrement déjà parlé puisqu'il a dit que... qu'il aimait ma tête bien faite, avoua-t-elle en sentant ses joues chauffer.

-Ta tête bien faite ? s'étonna un peu plus Sylvestra.

-Je n'ai pas vraiment compris, avoua-t-elle. Mais Bref. Il a entendu Beurk se vanter de vouloir me demander en mariage et il a voulu lui couper l'herbe sous le pied. Et moi j'ai accepté immédiatement parce que je préfère épouser n'importe qui plutôt que Beurk.

-Epouser n'importe qui plutôt que Theophilius ? Mais ce n'est pas n'importe qui ! C'est Charlus Potter ! Je veux dire, c'est Charlus Potter, quand même, l'Attrapeur d'Angleterre, le fantasme de toutes les filles… Et là, en plus, tu l'as pris pour mari ! Je veux dire, tu l'apprécies, non ? Ce n'est pas ton père qui a magouillé encore une fois ?

-Mais non ! Je t'ai dit qu'il était venu de lui-même voir mon père !

-Dorea, tu l'apprécies ? insista gravement Sylvestra. Tu l'apprécies plus que n'importe quel homme ? Tu n'as pas dit amen à ton père ? ou à lui parce qu'il t'a demandé et que tu t'inquiètes de n'être toujours pas mariée à vingt-trois ans, hein ?

-Mais oui, je l'apprécie, soupira Dorea en sentant un mal de crâne pointer comme à chaque fois que Sylvestra lui parlait d'amour. Il me plaît. Son impertinence me rappelle la tienne avec un peu plus d'insolence. Et il me fait rire en un rien de temps.

-Tu es sûr ce n'est pas aussi une question... de physique ? souffla Sylvestra en arquant un sourcil. Grand-mère dit que les articles de Sorcière Hebdo mentaient parce que sinon tu serais venu la voir, mais moi je ne suis pas sûre.

-Syl ! protesta Dorea. Tu... tu sais très bien que je ne voulais faire ça qu'avec mon mari, bafouilla Dorea.

-C'est ton mari à présent. Alors à quelques semaines près, fit-elle en regardant le ventre de son amie.

-Non, mais non, j'ai attendu que nous soyons mariés, insista Dorea.

-Eh bien si tu tiens le même discours dans dix ans, Potter est un veinard, commenta Sylvestra avec un sourire sarcastique. T'es bien la seule à rester si tranchée là-dessus, se moqua gentiment Sylvestra en levant les yeux au ciel. Je suis sûre que même la Vipère…

-N'appelle pas ma sœur comme cela, protesta Dorea en souriant.

-… a déjà couché.

-Je n'en sais rien, mentit Dorea, comme d'habitude.

-Bref. Alors, raconte, c'était comment ?

-Syl, protesta-t-elle en rougissant. Ce… C'est mon mari.

-Allez, dis-moi s'il est bon amant ! fit Sylvestra en souriant largement.

-Syl !

-Allez, je t'ai toujours tout raconté, moi ! »

Dorea secoua la tête de gauche à droite. Elle ne pouvait pas parler de Charlus en ces termes avec Sylvestra. Et puis, que pourrait-elle raconter à Sylvestra, elle qui avait déjà eu plusieurs amants ?

« Je vais finir par croire qu'il n'y avait rien d'intéressant, lui dit Sylvestra dans la pure optique de la faire parler et Dorea n'y tint plus.

-Tu as raison, c'est… c'est…

-Génial, hein ? »

Dorea hocha vivement la tête en souriant rêveusement. Ses joues avaient bien trop chaud pour être aussi blanches qu'ordinaire, mais tant pis. C'était Sylvestra.

« Alors, est-ce qu'il est bon amant ?

-Très, répondit aussitôt Dorea.

-Hi ! Je veux des détails ! piailla Sylvestra en trépignant d'impatience.

-Syl !

-Je t'avais dit de ne pas attendre si longtemps, regarde le temps que tu as perdu ! Il va falloir que tu galopes pour me rattraper, ma vieille !

-Eh ! J'ai déjà bien trotté en quatre jours, avoua Dorea à demi-mot.

-Si tu me dis ça, tu dois m'en dire plus ! »

Elle raconta deux, trois trucs à Sylvestra à voix basse qui firent soupirer d'envie son amie.

« Et toi ? demanda finalement Dorea pour couper court à la curiosité de Sylvestra.

-Je me suis consolée dans les bras d'un Roumain comme je ne pouvais pas venir à ton mariage, mais l'expérience fut décevante, avoua Sylvestra en soupirant de façon dramatique.

-Tu vois toujours Carparus ? demanda Dorea en grimaçant.

-De temps en temps. Mais il se fait des idées. Son sang n'est pas clair, alors coucher, je veux bien, mais l'épouser, c'est niet, fit-elle en soupirant.

-Et Smuck ?

-De temps en temps, mais il ne quittera pas sa femme, alors je tiens bien mes émotions en laisse, reconnut Sylvestra sous le regard agacé de Dorea.

-Pourquoi tu continues à le voir, alors ?

-Parce que je l'aime bien quand même, et puis, je ne vais pas te parler des avantages qu'il m'apporte, maintenant que tu connais ces avantages, fit Sylvestra en se jetant sur elle pour la chatouiller. Dorea est une femme, une vraie maintenant !

-Arrête ! protesta Dorea en riant aux éclats. Arrête, s'il te plaît !

-Dans trois mois elle va même laisser un truc grossir dans son ventre !

-Syl !

-Et tiens, parle-moi de Potter, tu l'avais revu quand ? capitula Sylvestra.

-Revu quand ?

-Depuis Poudlard, pardi ! On l'a assez vu devant la porte de notre salle commune en train de guetter Theophilius pour lui lancer un sortilège ! Un vrai petit enfoiré à cette époque, moi je te l'dis !

-Je ne m'en souviens pas, s'étonna Dorea.

-Bien sûr que tu ne t'en souviens pas, tu ne te souviens de personne à part de tes théoriciens de la magie que tu as vus une fois en photo, reconnut Sylvestra en levant les yeux au plafond. D'ailleurs, Saepius Niger a sorti un nouvel ouvrage. Je t'ai réservé un exemplaire, ça t'intéresse ?

-Bien sûr ! Je le prendrai après Noël, lui dit-elle. Je ne suis pas encore sûre que Charlus accepte que je continue mes recherches.

-Oh, arrête de faire comme avec ton père à demander tout ce que tu dois faire, râla Sylvestra. C'est ton mari, pas un juge ou un bourreau. Et puis s'il râle, tu n'as qu'à rien lui en dire, et puis c'est tout, martela son amie.

-Après Noël quand même, se contenta de répéter Dorea en souriant.

-Et donc, quand est-ce que tu l'as revu ?

-Je ne sais plus, bafouilla-t-elle. »

Sylvestra ne comprendrait pas. Sylvestra…

« Vous êtes sûr …voulez pas de potion aphrodisiaque ? Enfin, je… Dorea soit toute belle, mais elle n'est pas très expérimentée !

-Mrs Slewyn… »

Dorea écarquilla les yeux et se leva précipitamment du fauteuil pour retourner dans la boutique. Charlus était dans un coin du magasin, les yeux exorbités, pendant qu'Anathema agitait sous son nez une fiole d'un rose fuchsia.

« Charlus, je suis là, bredouilla-t-elle en venant prendre son bras. »

Entendre Anathema en parler était une chose : Dorea la connaissait depuis si longtemps que plus rien – ou presque – ne la gênait ou la surprenait. Il en était de même avec Sylvestra. Mais qu'Anathema parle d'elle en ces termes à Charlus, et puis qu'elle parle tout simplement à Charlus de cette manière, gênait monstrueusement Dorea. Elle était censée être très loin de toutes ses préoccupations, et si elle s'était toujours arrangée pour que sa mère ne vienne jamais la chercher chez Anathema, c'était pour une bonne raison.

« Tu m'attends depuis longtemps ? demanda-t-elle en tirant sur son bras pour obtenir son attention.

-Non, non, je viens d'arriver, lui dit-il en tournant les yeux vers elle. Selwyn, ça faisait longtemps, reprit-il en tendant la main à Sylvestra.

-Potter, se contenta de répondre Sylvestra en le détaillant des pieds à la tête. »

Elle fit un sourire suggestif à Dorea qui gêna comme jamais la jeune mariée. En privé, d'accord, mais devant son mari, c'était du dévergondage pur et dur.

« Et je vois que tu as déjà rencontré Anathema, fit-elle à mi-voix.

-Hum, exact, fit-il avec son sourire impertinent. Elle pense que tu as besoin d'un aphrodisiaque. J'allais lui dire que je te trouvais tout à fait à mon goût. »

Le ricanement d'Anathema couplé aux coups de coudes de Sylvestra finit de la faire bouillir de gêne.

« Charlus, souffla-t-elle en écarquillant les yeux.

-Oui, Dorea ?

-Eh bien on verra dans dix ans si vous causez toujours pareil ! reprit Anathema. Je vous offre une tasse de thé, histoire qu'on discute un peu ? proposa-t-elle en agitant sa baguette. Tu as fait des gâteaux ce matin, Syl ? Va en chercher. On va se mettre dans l'arrière-boutique, là.

-Ce n'est pas la peine Syl, nous venons de prendre le petit-déjeuner, la retint Dorea. »

Sylvestra haussa les épaules.

« D'accord, je comprends pourquoi tu as dit oui, il est encore mieux en vrai qu'en photo, souffla-t-elle à la place en s'asseyant avec eux.

-Syl, pas devant lui, s'il te plaît, ça me gêne, souffla Dorea.

-Tu me fais rire avec ta fausse pudeur, Dorea, la piqua Sylvestra. Eh bien, comment est-elle cette maison à Flaquemare ? reprit-elle plus haut en direction de Charlus.

-Pas vraiment arrangée.

-Même pas aménagée, corrigea Dorea en pinçant les lèvres.

-Je t'ai dit de tout arranger comme tu le voulais, Dorea, fit Charlus en levant les yeux au plafond.

-Personne ne viendra tant que tout ne sera pas en ordre, fit-elle de façon catégorique. Il n'y a même pas de table dans la salle à manger, dit-elle. En fait, il n'y a même pas de salle à manger, corrigea-t-elle en grimaçant.

-Tu fais des manières, Dorea, commenta Charlus.

-Je fais des manières ? s'outra-t-elle.

-Elle a grandi au 12, Square Grimmaurd, Potter, rappela Sylvestra. Y a trois fourchettes et trois couteaux différents autour de son assiette depuis qu'elle est gosse, même au petit-déjeuner.

-J'ai eu l'impression d'assister à une réception à chaque repas là-bas, avoua Charlus.

-Mais qu'est-ce que tu es rustre, s'exaspéra Dorea.

-Merlin, mais tu l'as énervée, hallucina Sylvestra. Ah ça, c'est trop fort.

-Ah oui ? s'amusa Charlus.

-Dorea n'élève jamais la voix, surtout pas sur un homme, se moqua Sylvestra. »

Dorea enfonça son visage dans ses mains.

« Arrêtez de l'embêter, la pauvre petite, essaya de temporiser Anathema.

-J'ai vingt-trois ans, protesta Dorea.

-Arrêtez de l'embêter quand même. Dis, Dorea, j'ai entendu dire que ton père était malade.

-Il toussait un peu au mariage, c'est vrai, reconnut-elle.

-Theophilius – il t'en veut d'ailleurs, on raconte que tu as refusé sa demande en mariage, c'est vrai cette histoire ? – m'a même dit y a pas deux jours qu'il était cloué au lit. Une méchante grippe, apparemment. Personne t'a dit ? Bah, c'est que c'est presque fini.

-J'irai le voir demain alors.

-Et Theophilius ? insista la vieille Anathema.

-Est un Veracrasse, marmonna-t-elle.

-Eh ! râla Sylvestra.

-C'est un Veracrasse, confirma Charlus. »

Puis commença le conte des multiples aventures et mésaventures que Charlus avait fait subir à Beurk, et inversement. Dorea se contenta de soupirer en protestant de temps à autre pendant qu'Anathema mourait de rire.

« Nous devrions y aller, Dorea, avant que les magasins ne soient fermés, suggéra Charlus au bout d'un long moment.

-Oui, allons-y, accepta-t-elle en se levant. A très bientôt, Sylvestra.

-Lundi, comme d'habitude ?

-Lundi, confirma-t-elle. Anathema, la salua-t-elle en suivant Charlus dehors. »

Elle s'arrêta dans la ruelle pour laisser passer une harpie. Elle voulut repartir mais Charlus l'arrêta pour la prendre brusquement dans ses bras.

« Je vais finir par croire que tu aimes l'impertinence sous toutes ses formes, lui souffla-t-il à l'oreille.

-Pourquoi ? s'étonna-t-elle en enfouissant ses joues rouges dans son cou.

-Sylvestra est sans gêne, et Mrs Selwyn rivalise d'indécence. Je ne suis pas prude ou pudique, mais il y a des limites, dit-il.

-Toi, tu dis cela ? s'amusa-t-elle.

-J'ai plus d'élégance que ces deux-là, Dorea, enfin, j'espère, s'inquiéta-t-il. »

Le pli entre ses sourcils, lorsqu'il se fut reculé, amusa Dorea.

« Dans la chambre, pourtant…

-Mais c'est entre toi et moi ! protesta-t-il. Dis-moi que je ne donne pas cette image-là, s'il te plaît, la pria-t-il. »

Il n'y avait même pas une étincelle de malice dans son regard tant cette idée devait le perturber.

« Tu es plus élégant et plus fin, confirma Dorea en posant ses mains sur les siennes qu'il avait posé sur ses joues avant de l'embrasser. Mais comme je connais Sylvestra et Anathema depuis que je suis entrée à Poudlard, je suis habituée à leur façon d'être. Allez, viens, allons faire les boutiques. Je veux une écharpe en soie pour ta mère, une bonne bouteille de Whiskey-Pur-Feu pour ton père, des friandises pour les enfants de ta cousine, et puis je devrais bien pouvoir trouver quelque chose aux autres. »

Cinq ou six heures plus tard, c'était chose faite. Elle avait même réussi à fausser compagnie à Charlus assez longtemps pour lui trouver quelque chose. Elle n'avait plus qu'à tout emballer et se préparer. L'emballage des paquets fut rapidement fait, même si elle fut gênée de devoir le faire sur la table de la cuisine. Puis elle monta dans leurs chambres et fit leurs sacs puisqu'ils étaient censés dormir chez Mr et Mrs Potter. Si faire sa malle lui prit quelques secondes, elle se retrouva perplexe, puis gênée devant l'armoire de Charlus. Heureusement, Charlus s'en occupa en voyant son embarras et elle put ensuite se rendre à la salle d'eau. Elle se doucha à nouveau, et chercha comment faire son chignon sans y passer des heures. Faire un chignon simple, c'était facile. Mais avec ses cheveux si indisciplinés, ses épis et les nœuds qu'il s'y formait sans cesse, c'était très compliqué. Elle finit par sortir de la chambre une serviette attachée autour de son corps, sa trousse de toilette à la main. Elle sursauta en découvrant Charlus assis sur l'un des fauteuils un Vif d'Or devant lui. Il était déjà habillé pour la soirée. Il avait revêtu une robe de cérémonie pourpre avec des dentelles crème au col et aux poignets. Le bas de sa robe était brodé. Il était très élégant. Plus encore qu'à leur mariage.

« Ah, te voilà, je m'ennuyais, commenta-t-il. Je regardais tous tes livres. Tu en as une quantité monstre, nom de nom. Tu les as tous lus ? demanda-t-il en rangeant le Vif d'or dans sa poche.

-Presque, pourquoi je les aurais achetés sinon ? demanda-t-elle en haussant les épaules.

-Pour le plaisir, je n'en sais rien, dit-il.

-Dis, est-ce que ça te dérangerait si je débarrassais cette table pour pouvoir me préparer convenablement ? demanda-t-elle en faisant un signe de main pour désigner la table.

-Euh… Mais tu vas mettre tous mes papiers où ? fit-il avec méfiance.

-Sur le lit, et tu les trieras pendant que je me préparerai, proposa-t-elle avec innocence.

-Euh je ne sais pas si c'est une bonne idée.

-Tu ne veux pas, donc ?

-Ce n'est pas ça, c'est que…

-Oui ?

-D'accord, accepta-t-il en grimaçant.

-Quel est le problème ? Il y a quelque chose qui te gêne dans ton désordre ?

-Non…

-Alors tu as peur du rangement ? soupira-t-elle.

-Je n'ai peur de rien ! protesta-t-il en se levant brusquement. »

Elle haussa les sourcils sous le coup de la surprise.

« D'accord, fit-elle lentement.

-Tu ne me crois pas ? Je vais tout ranger, tu vas voir, s'emporta-t-il. »

Elle le regarda avec perplexité envoyer tout son désordre à terre et se mettre à le trier. Bon. S'il suffisait de sous-entendre qu'il avait peur d'une chose pour qu'il la fasse, c'était bon à retenir. Elle prit le miroir de la salle de bain pour l'installer sur la table et se préparer tranquillement. De temps en temps, elle entendait les jurons de son mari et l'instant d'étonnement passé, elle finit par le trouver drôle à râler dans son coin. Sa coiffure lui parut satisfaisante lorsqu'elle commença à avoir les bras engourdis. Elle ajouta des perles dans ses cheveux, et abandonna l'idée de faire plus. Elle se maquilla légèrement, lima ses ongles proprement, et se retourna.

Charlus n'avait rien rangé. Il s'était contenté d'étaler un peu plus son désordre. Elle prit sur elle pour ne pas soupirer, ni s'agacer. A la place, elle emporta sa trousse de voyage, ainsi que le miroir pour le remettre dans la salle d'eau, et le contourna pour ouvrir la porte de son armoire. Manque de chance, les papiers allaient jusque devant l'armoire.

« Charlus, peux-tu me laisser accéder à l'armoire, s'il te plaît ? fit-elle patiemment. »

Il releva des yeux si désespérés vers elle qu'elle se trouva l'instant d'après à se retenir de rire. A la place, elle s'avança vers lui et prit le premier rouleau de parchemin chiffonné qu'elle vit.

« Contrat d'engagement pour l'équipe de Flaquemare, lut-elle. Il faut le garder, non ?

-Oui, couina-t-il. »

Elle arqua un sourcil, intriguée par la détresse de son mari. Elle refusa de chercher à comprendre, aplatit le parchemin, et le roula proprement avant de le poser sur la chaise.

« Ceci est une facture pour un chaudron, tu peux peut-être la jeter ? fit-elle patiemment.

-Oui, couina-t-il à nouveau pendant qu'elle levait les yeux au ciel.

-Et ceci est une facture pour des courses de… Janvier 1940 ? s'étonna-t-elle. Pourquoi as-tu gardé cela ?

-Je ne sais pas, couina-t-il. »

Elle releva les yeux vers lui et s'étonna de le trouver assis contre le lit, dans tous ses états.

« Charlus ? l'appela-t-elle.

-Oui ? couina-t-il.

-Tu… Tu ne sais pas ranger tes affaires ? demanda-t-elle avec une perplexité grandissante.

-…

-Tu veux que je le fasse ? proposa-t-elle en sentant quelque d'étrange dans sa bouche.

-Tu ferais ça pour moi ? demanda-t-il sans y croire.

-Eh bien, je peux le faire là, et à partir de maintenant, tu rangeras tout dès le départ.

-Oui, couina-t-il.

-Mais arrête de couiner, s'il te plaît.

-Je ne couine pas, protesta-t-il… en couinant. Mon animal totem est un cerf, comme tous les Potter. Je brame, si tu veux, mais… Ne ris pas ! »

Elle se mordit les lèvres pour se retenir et s'occupa à remettre tout le désordre sur la table. L'éclat de soulagement qui passa dans les yeux de Charlus la fit rire à nouveau.

« Tu es effrayé par le rangement, en fait, comprit-elle. C'est pour cela que tu n'as pas arrangé cette maison, et que…

-Je n'ai pas peur du rangement, protesta-t-il.

-Oh Merlin, c'est trop drôle, ne put-elle s'empêcher de rire aux éclats. »

Elle s'assit sur le lit pour ne pas s'écrouler par terre tant elle riait. Charlus Potter, le grand Attrapeur de l'équipe de Flaquemare, embauché dès sa sortie de Poudlard, Attrapeur de l'équipe d'Angleterre à dix-neuf ans, élégant, distingué, vingt-cinq ans, impertinent, jamais gêné, insolent et fauteur de trouble était phobique du rangement ! Ah ça, pour le coup, c'était une nouvelle !

« Je n'ai pas peur, protesta-t-il.

-Si Sorcière Hebdo savait que ton épouvantard est une pièce en désordre, tu n'aurais plus aucune crédibilité, commenta-t-elle en essayant de retenir son fou rire.

-Ne leur dis pas, s'il te plaît, couina-t-il.

-Et pourquoi ?

-Parce que tu leur mentirais, dit-il plus posément.

-Ah oui ? demanda-t-elle avec provocation.

-Ma plus grande peur, depuis quelques temps, ce n'est plus le rangement, reprit-il avec un peu plus de maîtrise sur lui-même.

-Ah bon ? Et quelle est-elle ?

-Tu n'as pas une petite idée ? s'étonna-t-il faussement. »

Elle fronça les sourcils et se demanda vaguement comment il allait encore retourner la situation à son avantage et la mettre mal à l'aise mais ne trouva pas.

« Même pas une toute petite ?

-Non, fit-elle avec méfiance.

-Alors c'est que tu n'es pas prête à le savoir, conclut-il en haussant les épaules. Allez, il nous reste vingt minutes avant de prendre la poudre de Cheminette. Habille-toi. »

Eh ! Ce n'était pas juste, ça, il ne pouvait pas la mener en bateau de la sorte. Elle se détourna furieusement de lui pour prendre une robe de cérémonie neuve, la première pourpre qu'elle s'était jamais fait confectionner, et ce spécialement pour son mari. Elle hésita un instant à se venger en revêtant une autre robe, puis se trouva gamine, et s'habilla comme elle l'avait prévu ce matin.

Lorsqu'elle eut enfin passé la robe, elle commença à se contorsionner pour resserrer les liens de son dos, grimaça, puis sentit les doigts de Charlus se poser sur les siens. Elle tourna la tête pour voir son ombre dans son dos, et le laissa faire. Il se montra bien plus délicat que ce matin et lorsqu'elle passa la main dans son dos pour inspecter le travail fini, elle sourit au vide.

« J'aime bien quand… commença-t-elle avant de se taire.

-Tu aimes bien quand ? insista-t-il. »

Elle secoua la tête en se demandant ce qu'il lui prenait. Elle se retourna vers son mari. Le sourire en coin qu'arborait Charlus la fit parler.

« J'aime bien quand tu m'aides.

-Quand je t'aide ? répéta-t-il en souriant un peu plus.

-J'ai l'impression que tu prends soin de moi, souffla-t-elle et pour une fois elle ne se sentit même pas rougir.

-Tu préfères que je prenne soin de toi en t'habillant plutôt qu'en te déshabillant ? s'étonna-t-il avec un sourire moqueur et Dorea perdit cette sensation étrange au creux du ventre.

-Tu es obligé de toujours tout ramener à… à ça ! s'exaspéra-t-elle sans pouvoir se retenir. »

Il explosa de rire et elle ne trouva qu'à lever les yeux au ciel.

« C'est ce rouge sur toi, aussi, je ne pensais jamais te voir dans une robe de cette couleur un jour, commenta-t-il lorsqu'elle lui fit signe de sortir de la chambre. »

Là, elle rougit, parce qu'il avait remarqué ce détail, détail qu'elle avait pris soin de mettre en œuvre pour lui.

« C'est ta couleur préférée, souffla-t-elle lorsqu'il fut devant elle.

-J'apprécie l'attention, mais tu n'es pas obligée, tu sais, lui dit-il à mi-voix en posant sa main sur sa joue.

-Je veux te faire plaisir, répondit-elle.

-C'est très réussi, mais fais-toi plaisir à toi aussi, d'accord ?

-Je prends plaisir à te faire plaisir, dit-elle en se sentant véritablement stupide. »

Il dut le penser aussi puisqu'il ne répondit rien mais son sourire s'élargit. Elle essaya de sourire mais ce fut plus une grimace qu'autre chose que prit la forme de ses lèvres.

« Il y a des gens qui te trouvent froide et insensible, dit-il en approchant ses lèvres des siennes.

-Ah ? dit-elle en se crispant.

-Ils devraient essayer de te connaître avant de le dire. »

Il l'embrassa la seconde d'après et tout se mélangea dans sa tête. Il ne l'avait jamais embrassée comme ça, avec une lenteur et une douceur qui frôlait chaque petit morceau de sa peau. Il lui avait retourné tous les sens avec ses baisers, il lui avait coupé le souffle, il lui avait fait éprouver ce désir au creux du ventre, mais il n'avait pas pris le temps d'éveiller des parties de son corps qu'elle ne connaissait pas encore à coups de frissons. Avant elle s'était senti désirée, ce sentiment avait été très agréable et l'avait emplie d'une fierté mal placée, mais là, à présent, elle se sentait… Elle se sentait aimée. Elle se sentit tant aimée que cette douceur finit par la mettre mal à l'aise et par l'angoisser. Il ne pouvait pas lui laisser miroiter quelque chose d'aussi instable et illusoire. Il n'avait pas le droit de lui promettre l'amour éternel des romans. Il était son mari. C'était tout. Elle finit habilement le baiser et posa son front contre le sien.

« Ma Dorea, souffla-t-il et elle fit de son mieux pour lui répondre.

-Oui, Charlus ? »

Sa voix était un peu enrouée mais celle de Charlus aussi, alors il ne devait pas s'en rendre compte.

« Nous devons y aller, rappela-t-elle pour ne pas qu'il l'embrasse à nouveau de cette manière. »

Oh elle avait aimé, très aimé, trop aimé. Car elle savait que s'il recommençait, c'en serait fini de son cœur.

« Certes, en convint-il sans pour autant bouger. »

Elle sentit son souffle chaud buter sur ses lèvres une fois, deux fois, trois et quatre fois avant de serrer les poings à s'en enfoncer les ongles dans la paume de sa main. Mais qu'est-ce qui lui arrivait ? Qu'est-ce que c'était que cette envie de l'embrasser, là, tout de suite ? Qu'est-ce que c'était ce poids qui alourdissait un cœur qui n'avait jamais été aussi léger ? Qu'est-ce que c'était cet air chaud et pur que sa gorge refusait ?

« Certes, répéta-t-il.

-A quelle heure précisément sommes-nous attendus ? demanda-t-elle la voix tremblante.

-Je ne sais plus.

-Tu plaisantes ?

-Ce n'est pas très important. Si nous sommes en avance mes parents seront ravis de nous voir plus tôt. Si nous sommes en retard, nous serons impatiemment attendus. »

L'amusement s'empara de Dorea malgré elle. Elle se recula, et se rendit compte après l'avoir fait qu'elle lui avait embrassé la joue. Elle se précipita dans les escaliers pour ne pas voir sa réaction, récupéra son sac plein de paquets-cadeaux sur la table de la cuisine et l'attendit dans le salon. Il arriva quelques secondes plus tard.

Il s'approcha d'elle pour s'emparer de sa main gantée de noir et la porter à sa bouche. Il embrassa le dos de sa main sans la quitter du regard, puis l'intérieur de son poignet. Son sourire provocateur était encore plus moqueur qu'à l'accoutumée.

« Tu restes près de moi ce soir, n'est-ce pas ? demanda-t-il.

-Où veux-tu que j'aille ? demanda-t-elle de la même manière.

-Mes cousins sont séduisants et nous dormons tous là-bas.

-Charlus, commença-t-elle à râler avant de remarquer son sourire moqueur. »

Elle plissa les yeux une seconde avant de se permettre d'entrer dans son jeu.

« Il est vrai, dit-elle lentement.

-Hein ? bafouilla-t-il, apparemment pris au dépourvu.

-Je reconnais que Flavien et Fabian Fortescue sont bien faits de leurs personnes, développa-t-elle.

-Mais, mais Dorea…

-Mais que j'ai un Joueur de Quidditch pour mari, ce qui, pour le genre d'activité auquel tu penses, me semble bien plus adéquat, fit-elle en soupirant avec une fausse lourdeur.

-Adéquat ? s'offusqua-t-il.

-Adéquat, répéta-elle en hochant la tête.

-Je suis adéquat ? insista-t-il.

-Tu es beaucoup de choses, fit-elle en essayant de prendre le même ton nonchalant que lui.

-Mais la première qui te vient à l'esprit est adéquat ? hallucina-t-il.

-Oh non, la première est impertinent, nuança-t-elle. La deuxième est adéquat.

-Imper… Tu me taquines, c'est cela ? réalisa-t-il. Merlin, Je passe mon temps à te provoquer dans l'idée que tu me taquines, et lorsque tu le fais, je ne m'en rends pas compte. Je suis vraiment stupide, se lamenta-t-il.

-Les Cognards ont dû te détruire quelques neurones, ajouta-t-elle en riant. »

Il la provoquait pour qu'elle le taquine ? Par Merlin, elle aurait dû s'en souvenir. Qui bene amat, bene castigat. Qui aime bien, châtie bien. Il le lui avait dit le jour de leurs fiançailles.

« Allons-y avant que je ne dise autre chose de ridicule, l'invita-t-il. Tu veux que je passe le premier ?

-S'il te plaît. »

Elle regarda Charlus disparaître dans l'âtre de la cheminée avec leur sac de voyage et après un dernier coup d'œil au désordre ambiant, elle le rejoignit dans la maison de ses beaux-parents en quelques secondes, un étrange sentiment faisant picoter ses doigts.

.

.

.

(... On y arrive doucement pour les sentiments de Dorea... Que pensez-vous de Sylvestra ? ^^ J'avoue, je me suis un peu lâchée avec Anathema et Sylvestra, et je me demande d'ailleurs si je vais pas faire un fic sur Sylvestra un jour, dans les bas-fonds de l'allée des Embrumes... à voir ! Charlus phobique du rangement, vous vous y attendiez ? Et une petite idée de la nouvelle grande peur de Charlus ?...

Merci FelicityCarrow et MarlyMcKinnon pour vos reviews ;)

FelicityCarrow : Ahhh Dorea essaie de faire le tri, mais c'est difficile c'est sûr! Et Charlus est trop chou avec elle, ouai x) Et son piquant va revenir, c'est promis !

MarlyMcKinnon : tu es terrible mdrr x)

Et les deux prochains chapitres qui arrivent tout de suite après... ambiance Noël à la Potter garantie !)