Nous passons enfin à un chapitre exclusivement consacré à Tharsten et sa famille (et, comme le titre l'indique, surtout à son frère).
Chapitre VII
Harstrad
Âtrefeu 4E 191
Harstrad était son héros. Peut-être cela avait-il à voir avec le fait que Morthal était un petit village sans beaucoup de distractions et que Tharsten ne s'entendait pas avec les enfants de son âge – ils finissaient souvent par en venir aux mains à cause de désaccords.
Quoi qu'il en soit, son grand frère était son héros. Bien que de huit ans son aîné, Harstrad avait toujours été là pour lui. Il jouait avec lui quand il pouvait, l'entraînait à l'épée et le réconfortait quand ça n'allait pas. Il l'emmenait de temps en temps lors de ses voyages à travers Bordeciel pour livrer leurs produits et revenait toujours avec un cadeau pour lui, souvent acheté à des caravanes Khajiits qui siégeaient près de Faillaise, de Blancherive ou de Solitude.
Du haut de ses douze ans, Tharsten savait déjà qu'il voudrait être aussi valeureux et fort que Harstrad quand il aurait son âge.
Il se dit un peu moins cela lorsqu'il atterrit par terre, après que son frère lui ait fauché les jambes avec son bâton. Il grimaça en sentant sa tête cogner contre le sol pendant que Harstrad rit doucement.
« Je pense que cette victoire me revient, petit frère. »
Tharsten fit la moue mais accepta la main tendue de son frère. Il se releva, dépoussiérera ses genoux salis et prit son épée en bois que Harstrad avait ramassé pour lui.
« Ce n'est pas juste, se plaignit-il. Comment faites-vous pour toujours gagner alors que vous n'avez qu'un bâton et moi une épée ?
— La victoire ne se détermine pas par l'arme dont nous sommes dotés mais par la manière dont nous nous en servons, lui expliqua Harstrad en souriant. Regardez-vous. Vous ne l'emportez pas contre moi et pourtant, lorsque vous êtes impliqué dans des bagarres avec les enfants de votre âge, vous l'emportez toujours et ce alors que vous vous battez à mains nues.
— Cela veut dire que je devrais arrêter de vous défier avec une épée ?
— Non, simplement que vous battre à mains nues et avec une épée n'est pas la même chose – et ce aussi bien pour vous que pour vos adversaires. »
Tharsten souffla, amusant Harstrad qui arqua un sourcil.
« Qu'y a-t-il ? Ce que je vous dit est ennuyeux ?
— Oui, déclara franchement Tharsten. Quand vous m'avez dit que vous m'entraîneriez à l'épée, je pensais que ce serait avec de vraies épées !
— De vraies épées ? Enfin Tharsten, ce serait trop dangereux, voyons. Les vrais armes sont faites pour de vrais combats et non pas un simple entraînement, surtout pas entre frères. »
Le plus jeune fronça les sourcils.
« Pourtant je ne vous ai jamais vu vous battre avec votre épée mais vous l'emmenez tout le temps avec vous quand vous partez de Morthal et la nettoyez une fois de retour. Est-ce que ça veut dire que vous vous battez souvent contre des bandits ? »
Harstrad écarquilla les yeux, regardant autour d'eux pour voir si quelqu'un risquait de les entendre mais il y avait peu de chance que cela arrive : les deux frères étaient dans les marais de Morthal et voyaient le village au loin à travers la brume mais n'y entendaient personne, seul résonnait faiblement le bruit de la scierie qui travaillait.
Il sourit et s'agenouilla devant son cadet.
« Oui, je me bats contre des bandits. Des bandits de la pire espèce qui ne ressemblent pas à ce que vous imaginez. Ce ne sont pas des rustres portant de grosses armures et des armes imposants qui vous attaquent en chemin pour vous dépouiller de tous vos biens. Ceux que j'affronte sont bien plus fourbes et sournois.
— Ce sont des voleurs ?
— D'une certaine façon, oui. Vous voulez savoir à quoi ils ressemblent ?
— Oui ! Pour pouvoir les reconnaître quand je serai grand et qu'il faudra que je me batte moi aussi.
— Bien, mais vous devrez faire attention de ne pas l'évoquer n'importe où. Certains, comme ici à Morthal, ne partagent pas nos opinions et voient ces bandits comme leurs protecteurs sans comprendre qu'ils en sont non pas les protégés mais les esclaves. Pouvez-vous me promettre de garder le silence à ce sujet ?
— Je vous le promet, grand frère. »
Harstrad sourit et posa une main sur son épaule.
« Vous êtes un brave, Tharsten. Quand vous serez grand, Bordeciel aurait besoin de quelqu'un aussi fidèle et dévoué que vous pour faire face à l'ennemi qui dévoilera son véritable jeu, quand les citoyens de notre province ouvriront enfin les yeux sur le crime ignoble commis envers leur contrée bien-aimée. »
Tharsten pencha la tête.
« L'ennemi ? Qui est l'ennemi ?
— L'Empire, Tharsten. L'ennemi, c'est l'Empire. »
. . .
Jusque là, Tharsten n'avait jamais compris pourquoi Harstrad et leurs parents se disputaient pour ce qu'il croyait être des broutilles. Son grand frère parlait sans cesse de s'engager et de partir se battre pour assurer la défense de Bordeciel mais cela rendait leur mère triste et énervait leur père. Il n'élevait jamais la voix mais la manière dont son ton devenait sec et tranchant ne laissait aucun doute concernant son état d'esprit.
« Vous rendez-vous compte de ce que vous osez dire sous ce toit, mon garçon ? s'écria un jour leur paternel. Si un soldat impérial vous entendait, vous seriez jeté dans les cachots de Solitude pour trahison ! Est-ce cela que vous voulez ?
— Trahison ? répéta Harstrad en se levant, sa chaise grinçant contre le parquet de leur maison. En quoi est-ce une traîtrise que de croire qu'Ulfric Sombrage a raison quand il affirme que l'Empire va provoquer la chute de Bordeciel, de nos traditions, de nos cultures et de notre foi ? Regardez ce qui s'est passé à Markarth. Il a fait ce que le Haut-Roi Torygg promettait de faire depuis des années sans jamais avoir levé le petit doigt pour ! Si Ulfric Sombrage avait été jarl de Markarth, les Parjures qui font régner la peur dans la châtellerie de la Crevasse ne seraient déjà qu'un mauvais souvenir.
— Vous glorifiez trop ce Nordique, intervenue leur mère. Certes, il a agi quand l'Empire ne l'a pas fait mais n'avez pas entendu parler des conséquences de l'Incident de Markarth ? De plus cela remonte à si longtemps maintenant. Nous sommes en l'an 191. Les choses ont changé depuis.
— Vous avez raison, les temps ont changé. Tout est encore pire qu'avant. Le Thalmor s'est définitivement installé sur nos terres, empêche toute tentative de faire revenir le culte de Talos et l'Empire ne fait rien pour l'arrêter. Tout comme il ne fait rien pour arrêter la misère qui sévit à Faillaise. »
Leur père soupira.
« Encore cette histoire de Faillaise ? Ne pouvez pas passer à autre chose, fils ? Vous venger du jarl et de ceux qui travaillent pour lui ne la ramèneront pas, en êtes-vous conscient ? Que pensez-vous que cela vous apportera, d'arrêter la corruption qui règne dans cette infâme cité ? La seule chose que vous gagnerez dans ce combat vain, ce sera votre tête mise à prix et la Guilde des Voleurs voulant votre peau. »
Harstrad baissa la tête et fixa l'anneau à son index droit. Tharsten sut que leur père venait de toucher un point sensible. Le mépris de son frère aîné pour la famille Juste-Loi de Faillaise n'avait jamais été une simple affaire de morale et de conviction.
C'était un sujet dont on évitait de parler pour ne pas blesser Harstrad, surtout que cet incident ne remontait qu'à quelques mois.
Il y a un an de cela, il était revenu à Morthal avec un grand sourire aux lèvres, leur annonçant que cela faisait de nombreux mois qu'il était tombé amoureux d'une jeune Nordique vivant à Faillaise et qu'il comptait bientôt la demander en mariage. Cette révélation expliquait pourquoi il s'attardait toujours plus à Faillaise que dans les autres châtelleries lorsqu'il partait y livrer les produits familiaux.
Sauf qu'il y avait eu un incident peu avant leur union. La promise de Harstrad venait d'une famille propriétaire d'une hydromellerie importante et ses parents avaient refusé une récente offre d'alliance avec une affaire rivale, l'hydromellerie des Roncenoir.
Un soir, l'hydromellerie fut brûlée et on retrouva toute la famille morte à son domicile. Officiellement, rien ne pouvait accuser les Roncenoir mais des rumeurs s'étaient faites entendre, parlant d'un accord entre les Roncenoir et le jarl de Faillaise, ainsi que d'un travail donné à la Guilde des Voleurs qui aurait dégénéré. Les Roncenoir auraient passé un arrangement avec le jarl Juste-Loi qui, en échange, aurait fait appel aux services de la Guilde des Voleurs. Celle-ci aurait tenté de le faire chanter ensuite et, en guise de représailles, le jarl aurait ordonné leur exécution et fait décimé une bonne partie de ses membres. Les citoyens de Faillaise ne portèrent pas rigueur au jarl de l'incident de l'hydromellerie parce qu'ils pensaient que l'affaiblissement de la Guilde des Voleurs serait bénéfique à leur cité.
Harstrad ne se remit jamais de la mort de sa future épouse et, en sa mémoire, garda à son doigt son anneau de mariage remis par le prêtre du Temple de Mara en guise de consolation. Il n'avait pas changé pour autant, restait le grand frère calme et attentionné dont Tharsten se souvenait mais désormais mêlé à un chagrin qui embrumait ses yeux et son sourire autrefois si lumineux.
« Je ne crains pas la Guilde des Voleurs ou la Confrérie Noire, déclara Harstrad en soutenant le regard de son père. Tout le monde sait que la Confrérie Noire est pratiquement défaite, tandis que la Guilde des Voleurs est remplie de lâches qui agissent dans l'ombre et courent dès que la lumière se tourne vers eux. Ce ne sont pas des ragnards d'égouts qui auront raison de moi. »
Leur père croisa les bras en soupirant.
« Votre témérité vous perdra un jour, mon garçon. Savez-vous ce qu'il restera une fois que vous aurez accompli votre projet insensé et que vous serez tué d'un coup de poignard dans le dos ? Il restera votre mère, votre frère et moi, votre père, pour vous enterrer et pleurer votre mort. Nous ne tenons pas à ce que cela arrive. »
Tharsten vit la détermination de Harstrad flancher avant que son frère, à court de mots, secoue la tête et quitte la salle pour se rendre dans sa chambre. Le reste du souper se passa dans le calme, leurs parents agissants comme si cette conversation n'avait jamais eu lieu.
« Comment avancent vos cours d'escrime, Tharsten ?
— Bien, père. Harstrad dit que je progresse beaucoup.
— Je vois. Faites attention à ne pas vous blesser, tout de même. »
Une fois le dîner passé, Tharsten se rendit dans la chambre qu'il partageait avec son frère, ce dernier déjà allongé dans son lit, ses cheveux ébène normalement attachés en des nattes désormais lâchés. Il s'allongea dans le sien et fixa son frère aîné.
« Harstrad ? Vous êtes réveillé ? »
Un fredonnement lui répondit.
« Quand vous parliez de Faillaise… vous comptez vraiment faire quelque chose ?
— Oui, petite frère. Je vais faire ce que l'Empire ne fait pas. Je vais agir. »
Harstrad tourna la tête vers lui et sourit.
« Un jour, quand vous serez plus grand, vous vous battrez à mes côtés. Nous rejoindrons Ulfric Sombrage et nous lutterons pour l'avenir de Bordeciel.
— Bien sûr ! siffla Tharsten avec impatience. J'aimerais déjà y être. »
Son frère aîné rit.
« Doucement, petit frère. Chaque chose en son temps. Vous êtes encore jeune. Profitez de votre insouciance pendant qu'il est encore possible. Quand le moment sera venu, elle disparaîtra à jamais et je ne veux pas être celui responsable de cela. »
Il se tut et observa le ciel étoilé avant de reprendre avec douceur :
« Bien que ça me fasse mal de l'admettre, notre père a raison. Je ne voudrais pas que vous ayez à pleurer ma mort, comme je ne souhaite pas avoir à pleurer la vôtre, Tharsten. Nous nous tiendrons côte à côte contre l'Empire et le Thalmor seulement lorsque je serai certain que vous êtes prêt à cela. Je veux lutter pour ma province, ma terre natale mais également pour ma famille, pour vous. À quoi bon me battre si c'est pour un monde meilleur que vous ne pourriez pas voir ? »
Sans laisser le temps à son frère de répondre, il ajouta :
« Dormez bien, Tharsten. Que Talos veille sur vous.
— Vous aussi, Harstrad. »
Tharsten remarqua que son frère contemplait toujours le ciel nocturne visible par la fenêtre. Ses yeux verts brillaient avec intensité et avant de s'endormir, Tharsten se demanda ce à quoi pouvait bien songer Harstrad.
. . .
Le 15 Soirétoile de l'an 191 de l'Ère Quatrième, le jarl Juste-Loi fut assassiné à Faillaise par un groupe de dissidents vêtus de tenues bleues semblables à celles des soldats de Vendeaume. Il assistait à la cérémonie de la Prière des Vents du Nord à l'extérieur des remparts de la ville quand les assaillants débarquèrent et l'assassinèrent sans que les gardes aient le temps d'intervenir. Les assassins masqués s'enfuirent dès l'acte fait et les seuls qui purent être rattrapés se battirent jusqu'à la mort, empêchant toute tentative de faire des prisonniers. Juste après cela fut découvert dans le Château d'Embruine une lettre ensanglantée dans laquelle était marquée une phrase : ''Un crime ne reste jamais impuni et tôt ou tard les innocents sont vengés''.
Pendant que Faillaise se décidait sur le nouveau jarl de la châtellerie de la Brèche, le Haut-Roi Torygg assurait aux jarls des autres châtelleries qu'il veillerait à ce que cet incident n'inspire pas d'autres tentatives ailleurs et promettait à l'Empire qu'il lui laisserait vérifier l'implication du jarl Ulfric Sombrage dans cet assassinat – l'ancien jarl Juste-Loi, sans être un partisan de l'Empire, avait juste que là toléré sa présence et ainsi, son meurtre était peut-être un message d'avertissement du Nordique dissident.
Lorsque la nouvelle arriva à Morthal, la réaction de Harstrad ne fut pas aussi exaltée que ce à quoi s'attendait sa famille. Le Nordique aux cheveux ébène se contenta de sourire avec suffisance, en déclarant impétueusement :
« Ne vous avais-je pas dit que cela n'était qu'une question de temps ? »
Tharsten ne comprit pas pourquoi il se sentit mal à l'aise face au sourire si glacial et satisfait de son frère – ainsi que par sa manière si détachée et nonchalante d'en parler.
Harstrad cachait quelque chose et il craignait de savoir quoi. En regardant ses parents, il prit conscience qu'ils pensaient comme lui. Il les surpris à en parler un soir à voix basse, croyant que leurs deux enfants dormaient.
« Pensez-vous que quelqu'un sache que c'est lui ?
— Non. Il m'a dit que ses alliés habitaient Vendeaume et Aubétoile et étaient tous des partisans de la cause d'Ulfric Sombrage. Ici, personne n'est au courant. Il ne craint rien. L'Empire ne saura jamais que c'est lui a fait ça.
— Sauf s'il se décidait à recommencer… Il pourrait ne pas être aussi prudent.
— Il… Il faut espérer qu'il ne le fasse pas. Il m'a promis qu'il en avait fini. Prions Talos que cela soit vrai et que notre famille puisse continuer de vivre en paix. »
Ils ne dirent pas une seule fois directement ce qui apparu comme une évidence à Tharsten qui, cette nuit là, ne parvint pas à trouver le sommeil. Ses pensées furent remplies d'images d'un meurtre s'étant passé à des lieux de là.
Dès le lendemain, lorsque son frère l'emmena à l'écart du village pour qu'ils puissent s'entraîner, Tharsten laissa tomber son épée en bois sur la terre humide.
« Hé bien, Tharsten ? Vous abandonnez avant d'avoir essayé ? le taquina Harstrad en ramassant le morceau de bois. Si vous ne vous sentez d'humeur à faire quelques passes, il suffit de le dire. Ce n'est pas si grave.
— Grand frère… Est-ce vrai que c'est vous qui avez tué le jarl de Faillaise ? »
Harstrad ne bougea plus, le dévisageant en silence. Tharsten déglutit, craignant d'avoir fait une erreur en posant cette question. Était-il allé trop loin ?
Il fut rassuré quand Harstrad laissa tomber l'épée en bois par terre et se rapprocha de son frère cadet pour passer un bras autour de ses épaules.
« Comment savez-vous ça ?
— Je… l'ai deviné ? »
Harstrad sourit.
« Je ne dois pas être très discret, dans ce cas. Ne le prenez pas mal mais la déduction n'est pas votre fort, Tharsten. »
Il reprit son sérieux et le regarda droit dans les yeux.
« Tharsten… m'en voulez-vous ?
— De quoi ? D'avoir tué cet homme ? »
Le jeune Nordique y avait beaucoup réfléchi au cours de la journée, à si l'occasion devait se présenter pour qu'il parle avec son frère aîné et que ses hypothèses soient confirmés. Comment prendrait-il le fait que celui qu'il admirait soit un meurtrier de sang froid ? C'était une chose de tuer des soldats impériaux pour libérer quelqu'un soutenant ouvertement Ulfric Sombrage – c'était ce que Harstrad appelait se battre contre des bandits de grand chemin – mais c'en était une autre que d'assassiner un homme partiellement désarmé sans lui laisser le temps de répliquer, lors d'une cérémonie.
« Non, déclara-t-il finalement. Je n'ai pas peur de vous, si c'est ce que voulez dire. Je crois que ce que vous avez fait était la bonne chose. »
Si le jarl Juste-Loi était comme le décrivait constamment Harstrad, alors il méritait sans doute de mourir et Faillaise ne se porterait pas plus mal sans lui.
Harstrad lui sourit tendrement.
« Merci, Tharsten. Cela compte beaucoup pour moi que vous ne m'en teniez pas rigueur. Cependant, je dois aussi vous demander de garder le secret sur ce que vous savez. Si on venait à apprendre que je suis celui ayant tué le jar Juste-Loi, je serai exécuté. Vous ne devrez jamais en parler à qui que ce soit. Vous comprenez ?
— Oui, acquiesça Tharsten. Ne vous en faites pas, je n'en parlerai à personne. »
. . .
Mi-l'an 4E 192
Quelques mois après l'incident de Faillaise, un condamné du nom de Harstrad fut sur le point d'être exécuté sur la place publique de la capitale impériale en Bordeciel pour le meurtre du jarl Juste-Loi, sous ordres du Haut-Roi Torygg.
Le Nordique aux cheveux ébène s'avança et, insensible au dédain et dégoût que lui portait le peuple de la châtellerie d'Haafingar, exprima ses derniers mots :
« Je ne regrette rien de ce que j'ai accompli ce jour là ! J'ai tué un homme et cela fait de moi un meurtrier mais le jarl Juste-Loi méritait son sort. Il se moquait de la misère des citoyens de la Brèche, de la corruption qui sévissait dans la ville et de l'insécurité qui donnaient à Faillaise sa réputation de cité de tous les dangers. Il ne méritait pas d'être jarl ! Il ne méritait pas de diriger et représenter une partie de notre belle province qu'est Bordeciel ! Vous pouvez me considérer comme un criminel qui mérite l'exécution mais vous ne pourrez pas éternellement vous voiler la face. L'Empire ne fera rien pour assurer le bien-être des habitants de Bordeciel alors c'est à nous de nous battre pour notre propre avenir. Je suis fier d'avoir agi ! Je suis fier d'être considéré comme un partisan des Sombrages et si je le pouvais, je m'agenouillerai devant Ulfric Sombrage pour lui jurer fidélité ! »
Le capitaine des gardes l'interrompu avant qu'il ne puisse continuer son discours et provoquer une émeute. Il força le condamné à s'agenouiller et poser sa tête sur le billot pendant que le bourreau leva sa hache.
Les derniers mots de Harstrad furent prononcés avec le calme et le contrôle de soi que Tharsten avait toujours connu venant de son frère.
« Lorsque nous nous retrouverons à Sovngarde, vous reconnaîtrez votre erreur de croire que l'Empire est ce qu'il y a de mieux pour Bordeciel. »
En l'an 192 de l'Ère Quatrième, Tharsten vit son frère être décapité sous les applaudissements du peuple de Solitude et les dernières paroles du Nordique qu'il admirait plus que tout au monde retentissaient à ses oreilles.
Quelques heures plus tard, à la Nécropole, on découvrit que les objets personnels du condamné avaient disparu du coffre où ils avaient été rangés. Personne ne chercha à les retrouver.
Une fois de retour à Morthal, Tharsten se plaça sur un ponton en bois faisant face au marais et pressa un paquet contre son corps, tremblant à cause des sanglots qu'il ne parvenait pas à contenir.
Ce parquet contenait tout les souvenirs qui restaient de Harstrad : une tenue des Sombrages et une amulette de Talos.
Woah, ce chapitre était bien plus long que prévu ! Je pensais qu'il serait au contraire trop court mais pas du tout. J'espère que vous l'avez apprécié, j'étais impatiente d'écrire sur le frère de Tharsten. Mine de rien, j'ai l'impression qu'on en a pas appris beaucoup sur Harstrad mais il fallait bien que ce chapitre prenne fin un jour…
