Bonjour,
Voici le chapitre 7 de cette histoire. Je n'ai pas publié la semaine dernière car elle a été compliquée avec l'annonce d'un nouveau confinement et tout ce que cela expliquait comme préparatifs pour le boulot (je fais partie des commerces non essentiels, la bonne blague).
Bref, désolée. Merci de continuer à me lire et à m'écrire. Je ne devrais plus sauter de semaines maintenant que tout est en place côté boulot.
L'histoire progresse et nos deux héros continuent à ressentir des choses l'un pour l'autre. Sans se le dire, bien sûr.
Bonne lecture et à la semaine prochaine
Prenez soin de vous et de vos proches et surtout soyez prudents !
Sydney8201
Musique du chapitre:
Birds d'Imagine Dragons
Chapitre 7 : Tentative ratée
« Tu n'échoues jamais complètement jusqu'à ce que tu cesses de tenter ta chance. »
Mike Ditka
Dean n'avait pas aussi bien dormi depuis son accident et la découverte de son don. Pas même quand il avait tenté – parce qu'il n'en pouvait plus – de prendre les somnifères que son médecin lui conseillait. Il avait fini par tout arrêter parce qu'il n'y voyait aucune amélioration. Il ne rêvait plus. Il s'endormait dès qu'il avait posé la tête sur l'oreiller. Mais il était toujours aussi fatigué. Il se réveillait sans avoir la sensation de s'être reposé. Et il se sentait incroyablement coupable. Il tentait de fuir quelque chose d'important. Quelque chose que lui seul pouvait faire.
Mais cette fois-ci, il ne devait pas son sommeil ou l'absence de nouveau cauchemar à un quelconque médicament. Il devait tout à Castiel. Ils n'avaient plus vraiment parlé après avoir longuement discuté du cauchemar de Dean. Et le jeune homme n'en avait d'ailleurs pas ressenti le besoin. Il se sentait bien avec Castiel. Presque comme s'il le connaissait depuis toujours. S'il avait cru à la réincarnation, il aurait été convaincu que le jeune policier et qui avaient été proches dans une vie antérieure. Mais il mettait tout ceci sur le compte de son « don ». Il pouvait sentir ce qui se cachait au plus profond des gens qu'il rencontrait. Il avait senti chez Castiel quelque chose qui l'attirait inexorablement vers lui. Ceci expliquait qu'il soit aussi à l'aise avec lui sans même le connaitre vraiment.
Il s'était endormi sans réellement s'en rendre compte, installé sur le canapé de Castiel, face à la télévision mais suffisamment proche du jeune policier pour sentir sa présence à tous moments. Il avait dormi d'une traite. Sans se réveiller. Sans être accablé par un nouveau cauchemar. Il n'y avait eu que le néant. Et cette sensation qu'il n'était pas seul. Qu'il n'avait rien à craindre.
Castiel était resté avec lui jusqu'à ce qu'il se réveille. Dean aurait cru qu'il aurait profité de son sommeil pour partir se reposer dans sa chambre. Lui aussi avait besoin de reprendre des forces. Lui aussi avait des cernes imposantes sous les yeux. Il avait bien mérité dormir un peu au calme. Dans son lit. Là où il n'aurait pas à veiller constamment sur un quasi inconnu. Mais Castiel était resté. Dean n'était pas vraiment sûr de savoir pourquoi il ne l'avait pas laissé. Il lui en était toutefois grandement reconnaissant. Car il se sentait particulier reposé maintenant. Prêt à faire face à la réalité à nouveau. Il avait repris des forces et avec elles, il avait retrouvé l'espoir de pouvoir sauver la vie du jeune prostitué dont il avait rêvé. Car même si cette nuit passée auprès de Castiel lui donnait envie d'autre chose, il n'oubliait pas pour autant la responsabilité qui pesait sur lui. Le poids semblait juste un peu moins important maintenant qu'il savait qu'il pouvait compter sur quelqu'un. Qu'il aurait toujours une personne vers qui se tourner et qui serait à même de comprendre l'importance de sa « mission ». Quelqu'un qui avait tout autant envie que lui de réussir.
Quand il ouvrit les yeux, Dean sut aussitôt où il se trouvait. Il n'eut pas le moindre doute sur l'identité de la personne qui se trouvait à ses côtés. Il était chez Castiel. Il se souvenait de tout. De chaque mot échangés. Et par-dessus tout, il se souvenait de cette étreinte qu'ils avaient partagé. Celle qui lui avait permis de sécher ses larmes et de reprendre espoir.
Ce n'était pas comme se réveiller chez un inconnu avec qui on avait passé la nuit ou dans un hôtel quelconque. Quand cela arrivait à Dean, il lui fallait toujours plusieurs minutes pour se souvenir de l'endroit où il se trouvait. Il avait toujours un début de panique avant de se souvenir qu'il n'avait rien à craindre. Ici, dans cet appartement qu'il ne connaissait pourtant pas, il se sentait parfaitement bien. Presque comme si c'était déjà un peu chez lui.
Il étira ses jambes et se redressa. Il tourna ensuite le visage vers Castiel et ne put s'empêcher de sourire en voyant que le jeune policier avait les yeux fermés. Dean ne savait pas depuis combien de temps il dormait. Il n'avait toutefois pas le cœur à le réveiller. Il s'autorisa quelques secondes pour admirer à nouveau ses traits parfaits. Castiel semblait tellement plus jeune. Tellement plus calme et serein quand il dormait. Presque vulnérable. Dean aurait pu le regarder pendant des heures sans se lasser.
Mais il ne voulait surtout pas risquer d'être pris sur le fait. Il détacha donc son regard de Castiel puis se leva aussi doucement que possible pour ne pas réveiller le jeune policier. Il prit ensuite la direction de la cuisine. Il y avait une machine à café sur le comptoir et une bouilloire. Dean n'aimait pas l'idée de fouiller dans les placards de Castiel sans en avoir reçu la permission. Mais il avait également envie de faire quelque chose de gentil pour le jeune policier. Lui avait su le réconforter la veille. Il était temps que Dean commence à lui rendre la pareille.
Il ouvrit donc quelques placards sans trop s'attarder sur ce qu'ils contenaient. Il finit par mettre la main sur le café et sur les tasses. Il en sortit deux puis tenta de faire fonctionner la machine.
Il ne put s'empêcher de sourire quand il y parvint. Il s'appuya ensuite contre le bar qui séparait la cuisine du salon. Il se sentait tellement à l'aise dans cette cuisine que cela lui donnait légèrement le tournis. Mais il savoura ce sentiment malgré tout. Il n'était pas sur de le ressentir à nouveau.
Castiel dormait toujours. Dean jeta un coup d'œil dans sa direction avant de retourner auprès de la machine à café. Il hésita une seconde avant d'ouvrir le frigo. Il y avait des œufs à l'intérieur. Il n'était pas sûr que Castiel en mangeait le matin mais il avait vraiment envie de faire quelque chose de gentil. Il espérait que le jeune policier apprécierait le geste même s'il était du genre à ne rien manger le matin.
Il batailla quelques minutes pour trouver ce dont il avait besoin puis pour faire fonctionner la plaque. Il fut toutefois plutôt satisfait du résultat. Il ne manquait plus que Castiel. Dean n'avait pas la moindre idée de l'heure à laquelle il commençait le travail mais il était encore tôt. Ils avaient le temps et le jeune homme n'avait pas envie de réveiller Castiel pour le moment.
Il localisa la salle de bains facilement, presque comme s'il savait déjà où elle se trouvait, et se passa de l'eau sur le visage. Il se passa la main dans le cheveux pour tenter de les discipliner avant de juger qu'il n'obtiendrait rien de mieux et de retourner dans le salon.
Castiel avait les yeux ouverts quand il l'aperçut. Dean s'approcha de lui sans trop savoir quoi dire ou comment se comporter. Devait-il le remercier ou cela n'était-il pas nécessaire ? Il finit par se racler la gorge pour attirer l'attention du jeune policier et ne prit la parole que lorsque ce dernier eut enfin les yeux posés sur lui.
- Je … je me suis permis de préparer du café et des œufs pour vous … pour vous remercier et enfin … j'espère que ça ne vous pose pas de problèmes. Ce n'est pas … je n'ai pas fouillé. Juste ouvert quelques placards. Et … enfin, vous avez bien dormi ?
Il aurait pu être un peu moins hésitant et sans doute plus clair. Il avait toutefois fait de son mieux. Et il fut soulagé quand Castiel hocha la tête en souriant.
- Vous avez eu raison. Quant à moi, j'ai bien dormi oui. Je … j'espère que vous … je n'ai pas eu l'impression que vous faisiez un cauchemar mais … enfin …
- Ne me dites pas que vous êtes resté réveillé toute la nuit juste au cas où parce que j'ai déjà suffisamment l'impression d'abuser de votre gentillesse comme ça … je ne voudrais pas abuser plus encore.
Castiel secoua la tête avant d'étirer longuement ses bras au-dessus de sa tête. Le mouvement souleva légèrement le bord de son tee shirt dévoilant aux yeux avides de Dean quelques centimètre de peau. Il se força à ne pas trop les regarder. Il ne voulait surtout pas avoir l'air d'un pervers.
- Je … enfin … si vous avez faim, c'est … tout est prêt et dans la cuisine.
- Vous … merci et … j'espère que vous comptez rester manger avec moi. Je …
Ils étaient aussi nerveux et incapables de s'exprimer correctement l'un que l'autre. Dean en aurait probablement ri dans d'autres circonstances. Mais il avait encore un peu de mal à gérer l'attirance incroyable qu'il ressentait pour Castiel. Et cela l'empêchait d'être totalement naturel. Il espérait que cela finirait par passer rapidement.
- Je peux rester oui. Je … on ne m'attend pas au garage avant quelques heures et j'ai juste … je dois juste passer prendre une douche rapide chez moi avant d'aller travailler. Je … j'ai le temps.
Il avait surtout très envie de prendre le petit déjeuner avec Castiel. Il n'avait pas envie de le quitter aussi rapidement. Il n'avait pas envie d'être séparé de lui aussi tôt. Il espérait que le jeune policier ressentait la même chose et ne lui proposait pas de rester uniquement par politesse. Il prit la direction de la cuisine, Castiel sur ses talons. Il versa du café dans les deux tasses puis les œufs dans deux assiettes avant de les poser sur la petite table au centre de la pièce. Quand il s'installa face à Castiel, il fut surpris de voir ce dernier l'observer attentivement.
- Est-ce qu'il … commença t-il alors.
- Je suis juste … le coupa Castiel. Je n'ai pas l'habitude de me faire servir chez moi et j'ai l'impression que les rôles devraient être inversés.
- Vous en avez déjà beaucoup fait pour moi hier. J'avais envie de vous rendre la pareille … et même si ce n'est pas suffisant … c'est un début non ?
Castiel prit sa tasse entre les mains et but une rapide gorgée avant de répondre.
- Vous ne me devez rien Dean. Je sais que nous ne sommes pas amis mais … je ne tiens pas les comptes. Vous aviez besoin de moi hier et j'ai été content de pouvoir vous aider. Inutile de vous sentir redevable.
Dean aimait l'idée. C'était ainsi qu'il fonctionnait avec tous ses proches. Ils étaient là les uns pour les autres sans jamais tenir de compte. Il aimait en revanche moins l'idée que Castiel et lui ne soient pas amis. Bien sûr, il était sans doute trop tôt pour définir ainsi leur relation. Ils ne s'étaient vus que très peu de fois. Mais Dean avait toutefois la sensation que quelque chose avait changé entre eux. On ne passait pas la nuit sur le canapé de quelqu'un sans que cela renforce un peu les liens qui nous unissait à elle ou lui. Il voulait croire qu'ils étaient un peu plus proches maintenant qu'ils ne l'étaient la veille. Même si ce n'était clairement pas suffisamment proche à ses yeux.
- Je sais qu'on ne se connait pas vraiment mais … j'aimerais assez vous compter parmi mes amis et … enfin si vous en avez envie. Je sais que ce n'est pas quelque chose qui se demande … que ça se fait naturellement mais voilà … je vous offre mon amitié. Et … on devrait peut-être se tutoyer. On a pratiquement le même âge.
Castiel sembla surpris par la proposition et pendant une seconde, Dean se demanda s'il n'en avait pas trop dit. Peut-être était-il trop tôt pour faire une telle proposition … aussi chaste soit-elle. Castiel n'avait peut-être pas envie d'être son ami. C'était d'ailleurs peut être pour cette raison qu'il avait insisté sur le fait qu'ils ne l'étaient pas.
- Bien sûr si vous n'en avez pas envie, je pourrais comprendre. Je sais que ce n'est pas …
- Non, je … on n'a jamais assez d'amis … c'est quelque chose que Gabriel dit toujours et … il est évident qu'on s'entend bien alors oui … oui aussi cliché et puérile que cela peut sembler … j'accepte volontiers d'être votre … ton ami.
Dean sourit, ravi de l'entendre. Jamais avant, il n'avait autant tenu à être apprécié de quelqu'un. Le plus souvent, il se fichait complètement de ce qu'on pouvait penser de lui. Mais l'avis de Castiel était important pour lui. Et il savait parfaitement pourquoi. Parce qu'il espérait vraiment pouvoir rester dans sa vie quand l'affaire serait résolue. Pour ça, il devait se faire une place maintenant.
- Je ne crois pas que tu m'aies répondu tout à l'heure … est-ce que tu as bien dormi ? Tu n'as pas fait de nouveaux cauchemars ?
La question de Castiel tira Dean de ses songes. Il réalisa alors qu'il était resté sans parler trop longtemps. Il se racla la gorge avant de répondre.
- Je n'ai pas fait de cauchemar non. Je … j'ai bien dormi oui … à vrai dire, c'était la première fois que je dormais aussi bien depuis mon accident. Et je sais que je te le dois. Le fait que tu aies été là pour … enfin pour veiller sur moi … ça m'a aidé à me détendre et à trouver le sommeil.
- Je suis content de l'entendre. Et je suis content que tu sois venu.
Dean hocha la tête avant de boire une gorgée de son café. Les œufs étaient presque froids maintenant mais Castiel les mangeait avec appétit. Peut-être parce qu'il était affamé. Ou parce qu'il était trop poli pour se plaindre. Dans tous les cas, Dean appréciait de le voir manger quelque chose qu'il avait préparé. Cela lui donnait la sensation de prendre soin de lui. D'être utile à son bien-être.
- Je vais aller voir mes supérieurs dès que je serais arrivé au bureau. Je peux te promettre que je vais faire en sorte de les convaincre. Je tenterais tout ce qui est possible. Je ne baisserais pas les bras tant que je n'aurais pas réussi.
Dean le croyait. Il le savait sincère. Il ne pouvait pas être sûr que cela suffirait bien sûr. Mais c'était tout de même agréable à entendre. Et un soulagement de savoir qu'il était pris au sérieux. Qu'il ne se battrait pas seul. Il était convaincu de n'avoir aucune chance de gagner s'il n'était pas soutenu.
- Je sais qu'il est difficile de … que ce que je dis peut paraitre complètement dingue … qu'il est difficile de me croire mais … je n'ai rien inventé et …
- Dean, je te crois. Et franchement, je te croyais déjà avant que tu ne viennes me trouver hier soir. De toute façon, si ça n'avait pas été le cas, crois-moi que je serais convaincu ce matin. L'état dans lequel tu étais … ce n'était pas … il est évident que tu ne jouais pas la comédie et … j'aimerais vraiment pouvoir faire quelque chose pour te soulager un peu. Peut-être porter une partie du fardeau qui repose tous les jours sur tes épaules.
Dean aurait lui aussi aimé pouvoir le partager. Il en avait parfois assez d'être le seul à subir tout ça. Il ne le souhaitait toutefois à personne. Et certainement pas à Castiel. Il en faisait déjà beaucoup. C'était suffisant pour que Dean se sente un peu plus léger. Mais il pouvait facilement comprendre ce qu'il ressentait. Il était difficile de voir souffrir quelqu'un sans rien pouvoir faire pour le soulager durablement. Il aurait ressenti la même chose si les rôles avaient été inversés.
- Le simple fait d'être là pour moi suffit tu sais. C'est déjà beaucoup plus que ce que la majorité de tes collègues auraient fait à ta place. Je ne sais pas pourquoi j'ai été choisi … je ne sais pas pourquoi j'ai ce « don ». Et si parfois, il m'arrive de trouver ça injuste parce que c'est douloureux et que ça me pèse … je ne le regrette pas pour autant. Pas s'il me permet de sauver des vies. Pas s'il m'offre une chance d'être vraiment utile … d'avoir un rôle à jouer. Bien sûr, il est plus facile pour moi de tenir un tel discours après avoir dormi pendant plusieurs heures que lorsque je me réveille après un cauchemar.
Castiel sourit et pendant une seconde, Dean eut la sensation qu'il allait lui prendre la main sur la table. Il fut déçu quand ce ne fut pas le cas. Mais il pouvait sentir que Castiel y avait pensé. Qu'il en avait eu envie pendant un court instant. Il ne devait toutefois surtout pas en tirer la moindre conclusion hâtive. Il ne voulait pas se faire de fausses idées. De croire en quelque chose qui n'arriverait peut être jamais.
- Moi je crois que si tu as été choisi, c'est parce que tu es … tu es suffisamment fort pour le supporter. Suffisamment courageux pour ne pas l'ignorer et suffisamment bon pour l'utiliser à bon escient.
- Tu ne me connais pas Castiel. Peut-être que je ne suis rien de tout ça.
- C'est en tout cas ce que mon instinct me dit et il ne se trompe que très rarement alors … je vais lui faire confiance une fois de plus.
Dean se demandait parfois si certaines personnes n'avaient pas le même « don » que lui mais dans une version un peu moins forte. Que ce qu'on appelait « instinct » n'était pas finalement la même chose. Le penser l'aidait à se sentir moins seul. A ne pas avoir l'impression d'être le seul à porter un tel poids. Et l'idée de partager cela avec Castiel était un soulagement plus intense encore que s'il avait agi de quelqu'un d'autre.
- Je veux bien faire confiance à ton instinct mais si toutefois tu étais déçu plus tard, tu ne pourras t'en prendre qu'à lui. Parce que je t'aurais prévenu, plaisanta Dean.
Il avait dit cela pour faire sourire Castiel. Mais il y avait un fond de vérité dans ses propos. Il avait terriblement peur de finir par décevoir le jeune policier. Il était évident que ce dernier avait une haute estime de lui … qu'il s'était fait une image presque idéale de lui. Et Dean se connaissait suffisamment pour savoir qu'il n'était pas parfait. Il faisait de son mieux mais il commettait des erreurs. Et il lui arrivait de décevoir les gens. Il ne voulait surtout pas que cela arrive avec Castiel.
- J'en doute mais c'est noté, insista Castiel en souriant.
Ils continuèrent à manger ensuite en parlant de tout et de rien comme deux amis. Dean n'en revenait toujours pas de la facilité avec laquelle il pouvait discuter avec le jeune policier. Il n'y avait aucun blanc. Aucune hésitation. Ils trouvaient toujours quelque chose à se dire. Une nouvelle fois, un peu comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Et Dean ne s'en lassait pas. Il aurait pu rester des heures à parler avec Castiel. Il ne voulait plus jamais le quitter. Mais il était réaliste. Il savait bien qu'il devait rentrer chez lui puis aller travailler. Et le jeune policier avait sans doute envie de prendre une douche avant d'aller au bureau. Il était peut-être pressé de retrouver son intimité.
Dean finit donc par devoir quitter sa chaise et le confort de la cuisine de Castiel. Il reprit son téléphone et son portefeuille sur la table basse avant de rejoindre la porte d'entrée de l'appartement. Le jeune policier l'accompagna et lui ouvrit la porte.
- Je t'appelle dès que j'en sais plus. Et si tu as besoin de moi … si tu as envie de me parler ou juste … de quoi que ce soit, n'hésitez pas à m'appeler.
Dean hocha la tête. Une nouvelle fois, entendre Castiel lui dire qu'il était là pour lui, lui fit un bien fou. Il se promit de faire en sorte de le remercier correctement quand tout serait enfin fini. Lui préparer du café et des œufs n'était clairement pas suffisamment. Il avait une dette envers lui. Et peu importait que Castiel ne souhaite pas le voir la payer dans un futur proche. Dean ressentait le besoin de faire quelque chose pour lui. Quelque chose de significatif pour qu'il puisse comprendre combien il lui était reconnaissant de ce qu'il avait fait pour lui cette nuit. De la confiance qu'il lui témoignait sans le connaitre. Et de sa gentillesse.
Ils se saluèrent sur le pas de la porte et Dean résista difficilement à son envie de prendre Castiel dans ses bras. Il n'avait aucune raison valable de le faire et il savait que ce geste était déplacé. Il se contenta donc de le saluer de la main et de lui adresser un large sourire. Il se força à ne pas se retourner pour le regarder à nouveau quand il remonta le couloir. Mais il ressentit le manque dès qu'il entendit la porte de l'appartement se refermer. Il prit une grande inspiration et choisit de ne pas s'en soucier. Il reverrait Castiel bientôt. En attendant, il devait aller travailler.
Si on avait demandé à Castiel de décrire la soirée et la nuit parfaite – sans sexe – il aurait probablement dépeint quelque chose qui ressemblait à ce qu'il avait vécu avec Dean. La situation n'avait rien d'idéal bien sûr. Le jeune homme était venu chez lui désemparé et profondément triste. Il n'était pas venu juste pour partager un peu de temps avec Castiel. Mais parce qu'il avait besoin de lui. Et le jeune inspecteur ne devait surtout pas l'oublier ou s'imaginer des choses dingues. Il devait garder la tête froide. Bien sûr, le fait que Dean soit venu le voir lui et pas quelqu'un d'autre était important à ses yeux. Et tout ce qui avait suivi son arrivée avait été absolument parfait.
Dean s'était confié à lui sans avoir la moindre réticence. Il n'avait pas eu peur d'être jugé. Il avait parlé de son cauchemar, de ses craintes et de ses doutes. Il avait pleuré dans les bras de Castiel. Il avait semblé trouver du réconfort durant cette étreinte. Puis, il avait fermé les yeux et s'était finalement endormi juste à coté du jeune inspecteur. Ce dernier avait alors passé de longues heures à le regarder dormir. Il avait voulu s'assurer qu'il ne faisait pas de nouveaux cauchemars. Qu'il parvenait enfin à se reposer et à reprendre des forces. Il l'avait aussi regardé parce qu'il le trouvait absolument magnifique. S'il était déjà l'homme le plus séduisant que Castiel ait rencontré de sa vie quand il était éveillé, il était tout simplement à couper le souffle une fois endormi. Tous les soucis qui pesaient sur lui disparaissaient. Sa bouche était légèrement entrouverte. Ses longs cils reposaient sur ses joues légèrement roses. Il était adorable. Castiel avait envie de le serrer contre lui et de ne plus jamais le lâcher. Il voulait le garder dans son appartement et le protéger de tout et de tout le monde.
Il devait toutefois se contenter de quelques heures en sa compagnie. Castiel trouvait cela trop peu. Il avait donc lutté contre le sommeil pour ne pas perdre une seule seconde. Il avait malheureusement fini par s'endormir malgré tout.
Ca avait probablement été la meilleure nuit de sa vie. Même si elle avait été courte, jamais repos n'avait été aussi réparateur pour lui. Il savait qu'il le devait à Dean. A cette sensation unique que sa proximité lui procurait. Au-delà de son envie de le toucher et de l'embrasser, de son désir brûlant de lui faire l'amour, il ressentait également une forme de bien-être qu'il n'avait jamais connu jusque-là. Il se sentait à sa place avec lui. Il se sentait bien. Utile. Prêt à tout. Dean avait donné un sens à son existence alors même qu'il ne pensait pas en avoir besoin. Et c'était complètement fou puisqu'ils ne se connaissaient que très peu.
Quand il avait ouvert les yeux le matin, il avait la sensation d'avoir dormi pendant des heures. Il ne s'était pas senti aussi en forme depuis des semaines. Il tourna la tête et fut déçu de voir que Dean n'était pas là. Pendant une seconde, il fut convaincu que le jeune homme était parti sans le réveiller. Il ne lui en aurait pas tenu rigueur mais il aurait préféré pouvoir lui dire « au revoir ».
La déception fut toutefois de courte durée puisque Dean n'était parti. Il se tenait dans le salon après avoir fait un petit tour dans la salle de bains. Et il avait préparé le petit déjeuner. Rien de très extravagant. Castiel ne mangeait pas le matin. Il n'avait presque rien dans son frigo. Mais visiblement, Dean avait tout de même trouvé de quoi lui préparer quelque chose. Et la vision du jeune homme dans sa cuisine, s'activant pour lui faire plaisir, lui fit un drôle de petit pincement au cœur. C'était une image à laquelle il aurait voulu pouvoir être confronté tous les matins. Une image qui semblait tout droit sorti de ses rêves. Il aurait aimé que le temps puisse suspendre son cours pendant plusieurs heures. Il aurait voulu que ce moment ne s'arrête jamais.
Castiel savait toutefois que ce petit moment parfait ne durerait pas éternellement. Il choisit donc d'en profiter au maximum. Il observa Dean dans le moindre de ses mouvements. Il enregistra chaque sourire. Chaque mot prononcé. Il ne voulait surtout rien oublier.
Dean accepta de rester partager le petit déjeuner avec lui. Et il finit même par proposer à Castiel de devenir ami avec lui. C'était une question qu'un adulte ne posait plus. Qu'on entendait principalement dans les cours de récréation. Mais dans la bouche de Dean, c'était touchant et adorable. Bien sûr, Castiel aurait aimé pouvoir être plus que son ami. Il aurait voulu devenir le centre de son univers. Il devait toutefois se montrer réaliste. Et ne pas oublier qu'ils avaient une affaire importante à régler avant d'envisager quoi que ce soit. Être ami était un bon début. C'était même parfait dans leur situation. Il accepta sans hésiter.
Quand il fut l'heure pour Dean de partir travailler, Castiel eut une furieuse envie de le retenir. De le supplier de lui accorder encore quelques minutes. Quelques heures avant d'affronter la réalité dehors. Mais il pouvait sentir que Dean ne partait juste parce qu'il en avait envie. Il le faisait avant tout par obligation. Castiel le laissa donc partir. Il retourna ensuite dans la cuisine, se laissa tomber sur sa chaise et passa les quinze minutes suivantes à se repasser le film de la nuit et du matin dans la tête. Il pouvait encore sentir le parfum de Dean dans l'air. Il lui manquait déjà alors même qu'ils n'étaient séparés que depuis quelques minutes.
Il finit par devoir se lever. Il fit un crochet par son salon pour poser la main à l'endroit où Dean avait dormi sur le canapé avant de se forcer à rejoindre sa salle de bains. Il devait lui aussi aller travailler. Plus vite ils trouveraient le meurtrier et plus vite il pourrait envisager de demander à Dean de sortir avec lui.
Il avait conscience du ridicule de son comportement. Gabriel se moquerait probablement de lui s'il le voyait. Castiel aurait du s'en soucier. Mais il s'en fichait complètement. Il se fichait qu'on puisse le trouver stupide, excessif ou ridicule. Il ressentait le besoin de garder ce minuscule contact avec Dean. Et si cela lui faisait du bien, personne ne pouvait le lui reprocher.
Il finit toutefois par devoir se préparer. Il n'avait pas envie d'aller travailler. Pour la première fois depuis le début de sa carrière, il avait envie de rester chez lui. De se faire porter pâle et d'ignorer le monde extérieur pendant encore vingt quatre heures. Mais il n'en avait pas le droit. Il y avait un meurtrier en cavale et des innocents à protéger. Castiel n'avait pas le droit de leur faire faux bond.
Ce n'était pas tant l'idée d'aller travailler qui le gênait. C'était la possibilité de décevoir Dean. D'échouer à convaincre ses supérieurs. Il allait devoir leur faire face ce matin. Et s'il n'obtenait rien alors il aurait manqué à la promesse faite au jeune homme. Il ne voulait surtout pas avoir à l'appeler pour lui annoncer une telle nouvelle. Pas après que Dean soit venu le voir lui parce qu'il le croyait capable de l'aider.
Castiel resta un peu plus longtemps que d'ordinaire sous la douche. Il hésita une seconde à se masturber pour évacuer un peu de la tension accumulée. Il était presque sûr de pouvoir atteindre l'orgasme rapidement en pensant à Dean. Mais il refusait d'utiliser le jeune homme ainsi. De l'objectifier comme trop d'hommes le faisaient au quotidien.
Il renonça donc et sortit de la douche légèrement frustré mais plutôt fier de lui. Il s'habilla rapidement avant de quitter son appartement. Comme tous les jours, il fit le chemin à pied. Cela l'aidait à faire le vide dans sa tête et à se préparer à sa journée. Il profitait du trajet pour faire la liste des choses qu'il ne devait surtout pas oublier. Le plus souvent, cela l'aidait à aborder sa journée de manière efficace aussitôt.
Gabriel était déjà là quand il arriva à son bureau. Ce n'était pas vraiment étonnant. Son coéquipier aimait être là avant tout le monde. Il profitait du calme pour se préparer mentalement comme Castiel le faisait avec son trajet à pieds. S'ils étaient très différents sur bien des choses ils étaient également étrangement identiques sur beaucoup d'autres. C'était sans doute pour cela que cela fonctionnait aussi bien entre eux.
- Dean est venu me voir cette nuit, lâcha t-il dès qu'il fut à sa hauteur.
Ce n'était pas du tout ce qu'il avait l'intention de lui dire. Il n'envisageait même pas de le lui raconter. Il voulait garder cela pour lui. Pas parce qu'il en avait honte. Mais parce qu'il s'agissait d'un moment précieux qu'il voulait continuait à chérir. Et Gabriel risquait fort de tout gâcher en se faisant de fausses idées.
- Laisse moi deviner … il t'a supplié de lui faire l'amour pendant des heures … ce que tu as certainement accepté parce que personne de censé ne refuserait de lui faire l'amour. Et tu nages dans le bonheur ?
Castiel secoua la tête. Il s'était attendu à ce genre de réflexion. Gabriel restait fidèle à lui-même en toutes circonstances.
- Non, nous n'avons pas fait l'amour. Il est venu parce qu'il a fait un nouveau cauchemar. Il était … bouleversé … terrifié et terriblement triste. Il avait besoin d'en parler à quelqu'un et il a pensé à moi.
- Ok, donc il te fait confiance. C'est une bonne chose non ?
- Bien sûr que c'est une bonne chose mais c'est aussi … il croit en moi pour obtenir qu'on sauve ce jeune prostitué et je … je ne suis pas aussi confiant que lui. C'est une responsabilité qui pèse sur moi et j'ai peur de le décevoir.
Gabriel hocha la tête. De toute évidence, lui aussi doutait de sa capacité à réussir. Parce qu'il était réaliste. Castiel aurait nettement préféré qu'il lui certifie le contraire. Même si ce n'était clairement pas ce dont il avait besoin.
- Personne ne peut te garantir que tu échoueras. Tu dois essayer avant de te condamner de la sorte. Et … je ne connais personne qui sache se montrer plus persuasif que toi.
- Sauf que nos supérieurs refuseront probablement de m'accorder quoi que ce soit simplement parce que Dean a fait un cauchemar. Je le crois. Tu le crois toi aussi mais … eux … ils ne le croiront pas.
Gabriel ne répondit rien. Castiel savait parfaitement ce que cela voulait dire. Il n'avait presque aucune chance. Et Dean serait inévitablement déçu. Il se sentirait coupable de n'avoir rien pu faire pour le jeune garçon de son cauchemar. Et même si tout serait finalement de la faute de Castiel, Dean s'empresserait de se le reprocher à lui-même. Ce que le jeune inspecteur redoutait réellement de voir. Dean ne méritait pas de s'en vouloir. Il était courageux. Il était un héros. Un vrai. Pas seulement parce qu'on lui avait donné une arme et un badge. Ca, c'était à la portée de n'importe qui. Lui était un héros du quotidien. Capable d'accomplir des choses incroyables seulement parce qu'il savait que c'était ce qui était juste. Castiel n'avait que de l'admiration pour lui. Et il aurait que Dean puisse se voir à travers ses yeux pendant quelques secondes.
Gabriel et lui n'ajoutèrent rien de plus. Castiel avala une tasse de thé pour se calmer un peu. Puis, quand il ne put plus reculer, il finit par se rendre dans le bureau de son capitaine pour lui parler du jeune garçon.
Comme il s'y était attendu, son supérieur ne fut pas impressionné par le « don » de Dean. Il ne le croyait pas. Ce n'était pas surprenant. Mais ce n'était pas un bon début.
Castiel tenta de lui expliquer pourquoi il faisait confiance au jeune homme. Pourquoi il savait qu'il ne mentait pas. Qu'il ne cherchait pas à leur faire perdre du temps. C'était difficile sans parler des sentiments complexes et forts qu'il avait développé pour Dean ne seulement quelques jours. S'il évoquait ce qu'il ressentait, il serait moins crédible encore. Son capitaine l'accuserait certainement de ne pas être objectif. Et il risquait de perdre l'affaire. Il se contenta donc de lui dire qu'il croyait le jeune homme parce que c'était ce que son instinct lui dictait. Mais cela ne suffit pas.
Il parla du jeune garçon qui vendait son corps alors qu'il était à peine majeur. Il lui parle de ce qui allait lui arriver si personne ne se souciait de lui. Il supplia pour lui obtenir une surveillance. Il se proposa même pour l'assurer sur son temps libre. Il était prêt à tout pour tenir sa promesse. Et il était presque sur qu'en suivant les conseils de Dean, ils avaient une vraie chance d'arrêter le tueur.
Son capitaine n'avait clairement pas la même foi que lui. Et il se heurta à un refus catégorique qui sonnait comme une sentence de mort pour le jeune prostitué et pour son amitié avec Dean. Il insista mais quand son supérieur le menaça de mettre un de ses collègues à sa place sur l'affaire, il finit par renoncer. Perdre le dossier serait pire encore que de ne pas obtenir une surveillance rapprochée. Il avait besoin de rester aux commandes. Pour ne pas avoir la sensation de laisser tomber Dean complètement.
Lui qui avait toujours eu foi en son métier et qui croyait fermement à la hiérarchie et à l'ordre commençait sérieusement à douter. Il avait toujours suivi les ordres. Il n'était pas de ceux qui croyaient en l'anarchie. Il estimait qu'un système qui fonctionnait était un système organisé. Ou il y avait des ordres à suivre. Des cadres et des employés pour leur obéir. Il ne le faisait pas aveuglément. Mais jusque-là, il avait toujours trouvé les ordres reçu sensés et logiques. Ce n'était pas le cas cette fois. Il trouvait son capitaine borné et stupide. Il avait la sensation qu'en lui obéissant, il allait commettre une grave erreur. Mais aller à l'encontre de ce qu'il avait dit risquait de lui coûter l'affaire mais également sa carrière. Il n'était pas prêt à prendre ce risque. Il espérait sincèrement ne pas le regretter.
Il sortit du bureau la tête basse. Il détestait échouer. Et cela lui arrivait trop rarement pour qu'il sache comment gérer la situation. Il avait une boule au creux du ventre. Une furieuse envie de crier et de casser quelque chose. Il se sentait inutile et stupide. Il ne se sentait clairement pas à la hauteur de Dean. Il ne méritait pas son amitié. Et il ne mériterait jamais quoi que ce soit de plus.
- J'en déduis à ta tête d'enterrement que ça n'a pas fonctionné, commenta Gabriel qui l'attendait à son bureau.
Castiel acquiesça avant de se laisser tomber lourdement sur sa chaise. Il avait la sensation qu'on l'avait vidé de toute son énergie. Il était épuisé alors même que la journée commençait à peine.
- Il est têtu et borné et il … il refuse de déployer une équipe et de dépenser de l'argent sur les dires d'un … et je le cite … « illuminé ».
Gabriel soupira longuement. Castiel le savait heureusement de son côté. S'il n'avait pas eu son soutien, il aurait probablement perdu la tête. Mais il pouvait compter sur son coéquipier dans cette histoire.
- Tu sais que je pense qu'il se trompe mais d'une certaine manière, je le comprends. Le maire met une pression énorme sur lui et il … il n'a pas le droit à l'erreur. Cette affaire pourrait lui couter sa place et il doit … il doit prendre les bonnes décisions. Il ne peut pas … il ne connait pas Dean comme nous. Je peux comprendre qu'il doute de lui. On a eu la même réaction avant de le rencontrer.
Castiel savait bien que Gabriel avait raison. Lui aussi avait refusé de croire Dean avant même de l'avoir rencontré. Il s'était fait une fausse idée de lui dès qu'il avait appris qu'il allait devoir lui parler. N'importe quel esprit rationnel refusait de croire en de telles histoires. Mais il s'était trompé et son supérieur se trompait à son tour. Le problème était que son erreur allait probablement coûter la vie à un innocent.
- Sans doute et … je sais que je verrais probablement les choses du même œil quand je me serais calmé mais … comment veux-tu que j'annonce ça à Dean ? Il … il va faire une bêtise en l'apprenant. Je peux le sentir et je … je me sens tellement impuissant. Tellement … indigne de lui et de la confiance qu'il m'apporte.
- Je ne crois pas que Dean t'en voudra. Il sait que tu as fait de ton mieux. Et s'il doute, je me chargerais de le lui dire.
- Ca ne changera rien à la situation. Ce garçon va mourir Gabriel. Et on le sait.
- Cas, j'ai une totale confiance en Dean. Mais on ne sait pas. On ne peut pas être sûr à cent pourcent qu'il dit vrai. Pas parce qu'il pourrait mentir. Avant que tu ne hurles sur moi, je préfère te le dire. Je sais qu'il nous dit la vérité mais je sais aussi qu'il existe toujours une part d'erreur dans chacune de nos certitudes. Il pourrait se tromper. Il pourrait avoir tort. Se laisser guider par ses émotions.
Castiel aurait vraiment aimé pouvoir le croire. Mais il était pourtant convaincu du contraire. Il pouvait le sentir. Il n'avait pas de « don ». Il n'était pas comme Dean. Il n'aurait jamais la prétention de dire le contraire. Mais il s'était toujours fié à son instinct. Il ne lui avait fait que rarement défaut jusque-là. Et son instinct lui criait que Dean avait raison. Il ne pouvait pas l'ignorer.
- J'aimerais y croire … vraiment.
- Ecoute … je ne peux pas faire de miracle mais je peux te proposer de garder un œil sur ce garçon sur mon temps libre. Et tu peux faire pareil de ton coté. Ce n'est pas parfait mais c'est toujours mieux que rien non ? Je suis sûr que Dean appréciera. Et ça t'aidera sans doute à ne pas te sentir aussi coupable.
- Gabriel, je ne peux pas te demander ça. Tu passes déjà trop de temps ici et tu as ta famille.
- Tu ne me le demandes pas. Je te le propose. Et tu ne peux pas refuser.
Castiel n'avait pas le luxe de rejeter cette proposition. Pas quand il était question de la vie d'un innocent. Et même s'il n'aimait pas l'idée de priver Gabriel de sa famille en dehors des heures de travail, son coéquipier avait raison. C'était la seule solution. Ils devaient absolument faire quelque chose. Rester à attendre que l'inévitable se produise était inconcevable. Dean ne pourrait jamais le leur pardonner.
- Je … merci Gabriel. Mais tu dois me promettre de me le dire et de tout arrêter si toutefois cela cause le moindre problème à ta famille ou si ça te met dans une situation délicate par rapport à ta femme et …
- Cas, ma femme sait combien mon métier est important pour moi. C'est une des raisons pour lesquelles elle m'a épousé. Elle comprendra. Mais je te le promets si ça peut te soulager.
Castiel hocha la tête. Cela le soulageait effectivement. Maintenant, il allait devoir annoncer la nouvelle à Dean. Et prier pour que leur solution suffise à lui redonner le sourire. Ce n'était pas parfait. Loin de là. Mais c'était la seule chose envisageable dans leur situation.
- Tu vas appeler Dean ? demanda Gabriel après quelques secondes.
- Je vais l'appeler oui. J'ai juste besoin de quelques minutes pour préparer ce que je vais lui dire. Je déteste l'idée de le décevoir. Tu n'as pas idée à quel point j'aurais aimé pouvoir lui donner ce qu'il demandait.
- Cas, tu as essayé et je suis sûr que c'est la seule chose que Dean exigeait de toi.
- Mais il croyait en moi.
- Et il continuera de croire en toi et de se tourner vers toi quand il en aura besoin. Maintenant, tu ne dois pas perdre de vue que nous sommes de bons flics si ce n'est les meilleurs et … tu ne dois pas perdre espoir. On va y arriver … ensemble on va trouver ce salop et l'empêcher de continuer à nuire.
Castiel hocha la tête parce qu'il avait envie d'y croire. Et Gabriel avait raison. Il ne devait surtout pas oublier qu'il était doué pour son travail. Qu'il avait déjà arrêté des meurtriers avant ça. Qu'il avait résolu un bon nombre d'enquêtes. Il devait avoir confiance en lui. Confiance en ses capacités. S'il baissait les bras, il laissait ce monstre gagner. Ce qu'il refusait catégoriquement. Maintenant, il espérait pouvoir convaincre Dean de voir les choses sous le même angle. Et de ne surtout pas cesser de croire en lui. Parce qu'il ne le supporterait pas.
