Le reste de la journée se passait agréablement bien, Natsu disparu pendant bien deux heures avec Happy, sous prétexte d'aller me préparer une surprise. Toujours méfiante malgré les années et les quelques changements dans notre relation, je préférais ne rien dire et attendre de voir ce qu'ils allaient encore m'inventer comme bêtise. Quand ils revenaient le sourire aux lèvres je fronçais les sourcils, essayant de savoir ce qu'ils avaient bien pu préparer pendant tout ce temps, mais ils refusaient de parler et ils s'enfuyaient en direction du bar, demander à boire à Mirajane, qui relevait enfin un détail important sur notre salamandre.
- Au faite Natsu, j'ai remarqué ce matin que tu avais attaché tes cheveux ça te va bien. Lui sourit-elle, avant de demander confirmation aux autres membres de la guilde qui affirmait tous que cette nouvelle coupe lui allait à ravir.
- Ahaha merci tout le monde mais ce n'est pas moi qui eut l'idée, c'est Lucy qui m'a coiffé ce matin avant de partir. Avouait-il gêné, se grattant la nuque.
- Ah parce que Lucy te coiffe maintenant ? Demandait Mira son sourire de démon scotché aux lèvres.
- Ses cheveux semblaient l'ennuyer alors j'ai simplement eu cette idée. Me dédouanais-je, espérant éviter les folles questions du démon de l'amour.
Je voulais éviter au maximum de subir encore ses foudres, j'avais bien assez enduré à mon goût avec Ignia. Puis me rappeler de ce moment, faisait également remonter en moi toute la ribambelle d'émotion étrange de ce matin. Le trouble que j'avais ressentie à ce moment-là, me laissait encore toute chose et je ne le comprenais pas, tout comme les étranges regards que Natsu me lançait par moment, quand personne ne faisait attention à lui. Etait-ce parce qu'il se sentait toujours coupable ? Se posait-il encore des questions sur les potentielles effets que la réécriture du livre avait pu engendrer chez moi ? Ou étais-ce tout simplement autre chose ?
En parlant de la réécriture d'END, je n'en avais parlé à personne au sein de la guilde encore. A vrai dire maintenant que je savais que mon ancienne équipe n'avait rien dit sur notre rencontre, je ne voyais pas comment aborder le sujet avec eux. Si au départ je pensais leur parler dès que je raconterais tout ce que j'avais fait pendant tout ce temps de séparation, les événements ont fait que je n'ai pas eu l'occasion de l'aborder. En effet entre les grands jeux magiques, Ignia qui était resté un peu et qui s'était chargé de raconter beaucoup de chose pour moi, parfois à mon plus grand désespoir. Et le retour à la guilde mouvementé par énormément de larmes, je n'avais pas abordé une seule fois le sujet qui fâche même avec le principal concerné. Et maintenant je ne savais pas comment leur en parler. Après tout grâce à Grey je ne possédais plus rien de cette marque démoniaque, je m'en étais assuré et Ignia aussi pendant les mois qui avaient suivi, alors pourquoi ramener sur la table de douloureux souvenirs ? Pourtant je devrais bien leur en parler à un moment donné, surtout à Natsu.
Pourtant quand la journée touchait à sa fin, je ne pris pas le temps d'en parler à qui que ce soit, jamais le bon moment. Enfin ça c'est ce que je me disais, la vérité c'est que j'avais peur d'en parler, surtout avec Natsu, pourtant je voulais connaitre son ressenti actuelle sur cet événement. J'avais besoin de savoir qu'il ne s'en voulait plus et que son drôle de comportement n'était pas dû à une forme de culpabilité. Et quand il me proposait de m'inviter au restaurant avec Happy ce soir car il avait la flemme de faire à manger, je me dis que c'était l'occasion idéal pour aborder ce sujet. Mais je me dégonflais encore une fois. L'ambiance était tellement bonne, on riait tellement tous les trois ensembles comme avant que je ne me voyais pas gâcher ce moment avec mes préoccupations anodines. Je décidais donc de reporter à plus tard mes interrogations, après tout j'aurais tout le temps de les poser, et de profiter pleinement de cet instant en leur compagnie, les regardant s'empiffrer comme des ogres.
Cependant ma bonne humeur fut de courte durée. En effet une fois sur le trajet du retour Happy et Natsu passait beaucoup trop de temps à parler entre eux loin devant moi de façon à ce que je ne puisse pas les entendre. Me rappelant qu'ils avaient disparu une bonne partie de l'après-midi, je me tendais, sur mes gardes me demandant encore quelle ânerie ils allaient commettre. Ces messes basses ne me disaient rien qui vaille et je commençais à psychoter face au potentiel gage qu'ils me réservaient. Quelle idée stupide d'accepter ce pari. J'aurais dû me douter qu'ils préparaient un truc de dingue encore ces deux-là. Je m'imaginais déjà devoir être leur servante pendant un mois entier. Alors quand ils se figeaient tous les deux devant l'entrée de leur maison, je sus que j'étais foutue.
- Lucy tu te souviens que tu dois réaliser un gage qu'Happy et moi on va te donner, peu importe le gage hein ? Me sourit Natsu mauvais.
- Héhé… Oui… Et voilà j'avais raison ils allaient encore m'en faire voir de toutes les couleurs.
- Bien ! Du coup je te laisse rentrer voir ce qu'on t'a préparé. M'ouvrit-il la porte.
Je franchi le seuil de la porte, en poussant un profond soupir, prête à affronter la dure réalité, m'attendant à des pièges à eaux ou que sais-je d'autre de farfelu. Mais bizarrement quand je rentrais rien de tout ça n'était présent. A vrai dire la maison semblait tout à fait normale, rien n'avait changé par rapport à ce matin quand on l'avait quitté excepté un détail. Un lit trônait désormais du coté nuit, remplaçant le vielle hamac dans lequel ils dormaient habituellement. Dubitative, je me demandais si c'était ça leur surprise, avant de me dire que non ça ne pouvait pas être ça. Ces deux-là préparaient forcément autre chose. Cela dit pourquoi investir dans un lit maintenant ? C'était étrange.
- Tu as vu on a acheté un lit ? Me sourit Happy fier de lui.
- Euh… Oui. Mais je ne comprends pas bien le rapport avec mon gage. Avouais-je perdu.
- Bah ton gage c'est de dormir avec nous Louchy. Me répondit le plus simplement du monde de petit chat bleu.
La mâchoire m'en tombait. Décidemment j'avais pensé à tout comme gage, du plus ridicule ou plus dangereux mais jamais je n'aurais cru que ce serait ça. Dormir dans un lit avec eux sérieusement ? Il devait y avoir un piège, c'était évident, ça ne pouvait pas être ça… Si ?
- Ahaha très drôle Happy ! Non plus sérieusement c'est quoi votre gage ? Je dois vous faire le ménage tous les jours ? La cuisine ? Riais-je.
- Non ! Ton gage c'est réellement de dormir avec nous. Affirmait Natsu.
Ok. Temps mort. Ils voulaient vraiment que je dorme avec eux ? Mais… mais… Je ne voulais pas moi. Non pas que ça serait désagréable mais je ne pouvais pas faire ça.
- Mais je refuse, je ne peux pas dormir avec vous. M'écriais-je.
- Pourquoi ? Tu dormais bien avec Ignia à ce que je sache ça ne t'as jamais posé problème. M'accusait Natsu, visiblement irrité.
- Oui mais ce n'était pas pareil. Ignia est un dragon et puis je le voyais comme un frère, vous ce n'est pas pareil. Me défendais-je.
- Je te rappel qu'on dormait ensemble par le passé. Réenrichissait-il.
- Oui mais sans mon consentement je te rappel. M'exaspérais-je face à son entêtement.
- Oui mais tu n'as pas le choix c'est ton gage. Tu te souviens tu as promis de l'accepter quoiqu'il arrive donc tu dormiras avec nous jusqu'à ce que tu partes. S'écriait soudain Happy sentant la tension montée entre Natsu et moi.
Ce chasseur de dragon semblait tout d'un coup bien en colère et je n'arrivais pas à en comprendre la raison, encore une fois. Ne voulant pas envenimer la situation et ayant accepté le gage peu importe sa nature comme l'avait si bien rappelé Happy. Je soupirais lassée avant d'aller prendre une douche, espérant qu'il serait calmé à mon retour. Faisant au plus vite pour ne pas consommer toute l'eau chaude, je profitais malgré tout de ce moment pour réfléchir. Décidemment je n'arrivais vraiment pas à comprendre ce nouveau Natsu. Et puis d'où lui venait cette idée de dormir ensemble. Ne se rendait-il pas compte que c'était gênant ? Ou n'avait-il pas du tout évolué sur ce point-là restant un éternel enfant ?
Cela dit pourquoi est-ce que ça me gênait tant aussi ? Il n'avait pas totalement tord en disant que ce n'est pas comme si c'était une action que j'avais jamais faite, que ce soit avec lui ou avec d'autre. Pourtant la situation me mettait mal à l'aise. Dormi avec Natsu me foutait des frissons pour je ne sais quelle raison et rien que d'y penser l'idée me rendait anxieuse, comme si j'avais peur qu'il se passe quelque chose. Alors que je savais très bien que je n'avais rien à craindre, il s'agissait de Natsu après tout. Pourtant l'idée de partager son lit me stressait et je n'arrivais pas à comprendre pourquoi. Incapable de comprendre mes émotions et mes sensations, je ressortais de la douche agacée.
Une fois dehors, Natsu fonçait dans la pièce d'où je venais de sortir sans un mot. Visiblement monsieur était toujours énervé. Génial, cette soirée commençait si bien et je venais de la gâcher. Même si je ne comprenais vraiment pas ce que j'avais pu dire pour le mettre autant en colère. Il était habitué à mes refus, ça ne devrait pas le mettre dans un tel état alors pourquoi réagissait-il de façon si extrême ? Rah il m'énervait. Je lui en toucherai deux mots une fois qu'il serait sorti de la douche, en attendant j'allais me coucher dans le lit vu que de toute façon je n'avais pas le choix.
Je fus agréablement surprise par celui-ci, à la fois moelleux et ferme, je ne pus m'empêcher de me pelotonner sous les couvertures. Ce lit était bien meilleur que mon ancien lit, enfin d'après mes souvenirs et je soupirais de bien être cette fois. Ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas dormi dans un vrai bon lit, ça faisait du bien. Pourtant hors de question d'en profiter pleinement tant que je n'aurais pas eu une conversation avec monsieur ronchon, j'attendis alors patiemment qu'il revienne de la douche. Mais le temps passé et visiblement monsieur ne semblait pas presser de revenir. Punaise mais il foutait quoi dans cette salle de bain ? Légèrement irritée, je m'agitais dans le lit, avant de voir Happy s'avançait vers moi, me demandant s'il pouvait se poser sur mon ventre pour avoir des caresses. Attendri par sa demande faite avec les yeux à demi clos de fatigue, je répondais par l'affirmatif. Il se roulait alors en boule, pendant que j'attaquais mes caresses. Au moins un qui n'avait pas changé. Apaisée par la présence de l'exceed, je ne me rendis pas compte que je sombrais dans le sommeil avant même d'avoir pu parler à Natsu et seul un vague Luce me parvient avant que je ne sois aspirée par le néant.
Le lendemain matin, la légère lueur du jour qui perçait à travers les volets à demi clos me sorti de mon sommeil. La tête dans les vapes, je l'enfouissais dans mon oreiller souhaitant profiter encore un peu de ce lieu si confortable et de la chaleur réconfortante qui m'enveloppait. Pourtant quand je voulu bouger, je sentis un bras me retenir fermement par la taille. Surprise, j'ouvrais les yeux, totalement réveillé cette fois-ci, l'inquiétude au maximum, avant de me rappeler de mon gage. Pas besoin de paniquer je savais exactement à qui appartenait ce bras. Rah voilà pourquoi je ne voulais pas dormir avec eux, Natsu me prenait toujours pour sa peluche personnelle et en plus de ça il tenait affreusement chaud. Irritée, je me retournais vers lui prête à lui donner un Lucy Kick légendaire, mais j'en fus incapable une fois face à son visage si détendu.
Son expression contrastait tellement avec celle de la veille, que je ne pus me résoudre à le sortir violement du sommeil. Il semblait tellement apaisé, si serein je ne pouvais pas gâcher ça. Et puis la chaleur qu'il dégageait n'était pas aussi dérangeante que je voulais le faire croire. A vrai dire je me mentais à moi-même en disant que cela m'ennuyer, j'avais toujours adoré dormir avec lui malgré moi à cause de sa température corporelle. Je décidais donc de profiter de l'instant finalement, étudiant ses traits du visage pour au moins la millième fois que j'étais revenu. Incapable de me contrôler j'avançais ma main droite vers lui, effleurant du bout des doigts sa peau, redessinant les traits de sa mâchoire, avant d'aller me perdre dans ses cheveux qui tombaient en cascade sur son visage. Il fallait vraiment qu'il aille chez le coiffeur, souris-je. Occupée à essayer de dompter sa crinière, j'essayais de faire fit de la nuée de papillon s'envolant au creux de mon estomac, quand soudain il se rapprochait brutalement de moi nichant sa tête à la naissance de ma poitrine. Gênée au plus haut point, le cœur en tachycardie je cessais tout mouvement.
- Continue s'il te plait. Me soufflait-il la voix encore endormi.
Punaise depuis combien de temps il était réveillé celui-là ? Je savais que j'aurais dû le réveiller à coup de pied, en plus j'étais persuadée qu'il pouvait entendre mon cœur battre à mille à l'heure avec son audition surdéveloppée. Pourtant, après avoir jetais un bref coup d'œil à Happy, vérifiant qu'il dormait toujours poser de l'autre côté du lit, je repris mes mouvements sur sa nuque, lui arrachant un gémissement de bien-être. Tous mes sens se mirent en alerte à l'entende de ce son, m'électrisant de part en part. Il voulait ma mort ou quoi ? Mon cœur battait la chamade comme jamais et je n'arrivais pas à le contrôler tout comme je n'arrivais pas à dénouer le nœud de plaisir qui m'enserrait le ventre. Lorsqu'il relevait la tête vers moi, plantant ses pupilles verts onyx dans les miennes, je m'y perdais totalement, absorbé par la myriade de sentiment inconnu brillant en leur sein et dont je n'arrivais pas à en saisir la signification. La respiration comme coupée, je ne pensais plus qu'à une seule chose l'embrassait. J'en mourrais d'envie et je dus me mordre la lèvre inférieure pour me retenir de lui sauter dessus. Punaise qu'est-ce qu'il t'arrivait ma pauvre ? Tu n'es plus une jeune adolescente aux hormones en feu mais une jeune femme capable de se contrôler. De plus je ne ressentais plus rien pour Natsu depuis longtemps… Pas vrai ?
- Je voudrais m'excuser pour hier soir. Soufflait-il en saisissant ma main qui était toujours dans ses cheveux, entrelaçant nos doigts.
- Natsu Dragneel qui s'excuse c'est assez rare. Riais-je souhaitant détendre l'atmosphère et surtout me détendre moi.
- Roh ça va hein. Se vexait-il. C'est juste que… Comment dire… Ça m'énerve de savoir que dormir avec moi te dégoute autant alors qu'avec Ignia ou n'importe quel autre mec que tu as pu fréquenter ça ne te posait pas de problème.
- Je rêve où tu es jaloux ? M'écriais-je abasourdi par ses aveux.
- Non… Enfin si… Un peu peut être… S'enfonçait-il, me laissant sur les fesses. Jamais n'aurai pu croire que Natsu serait jaloux.
- Tu ne me dégoute pas Natsu. C'est juste que c'est toi et je ne serais pas t'expliquer pourquoi mais dormir avec toi me gêne... Peut-être est-ce dû aux derniers événements qu'il y a eu entre nous et tout c'est non-dit. Tentais-je de m'expliquer, en abaissant mon regard vers nos mains entrelaçaient, sachant très bien qu'il n'y avait pas que ça. Mais quoi d'autre ?
- Je voudrais m'excuser aussi pour ça… Pour être partie comme un voleur il y a presque trois ans de cela. Avouait-il ses yeux suivant les miens.
- Pourquoi es-tu partie comme cela ? Je ne méritais pas que tu me le dises en face… Je comptais donc si peu pour toi ? Le terme coéquipier signifiait-il si peu à tes yeux ? Car j'aurais compris tu sais, je veux dire je sais ce que peut provoquer un deuil chez les personnes. Débitais-je, posant enfin les questions qui m'avaient toujours tourmenté depuis des années.
- Quoi ? Non pas du tout ! Luce tu te trompes totalement. Si je suis parti comme ça c'est parce que je savais très bien que si je venais te le dire en face j'aurais craqué et t'aurais emmené avec nous. Or ce n'est pas ce que je voulais, je voulais pouvoir te protéger… Et à l'époque je m'en sentais incapable… Il était hors de question que je revive encore une fois la scène de ta mort et que je perde encore un être cher, c'est pour ça que je suis parti seul avec Happy. Et d'ailleurs sache que tu es la seule à qui j'ai laissé une lettre, ça prouve bien que tu comptais pour moi. Si seulement j'avais su ce qu'il se passerait et ce que tu ferais… J'aurais peut-être fait les choses autrement. S'expliquait-il culpabilisant, resserrant sa prise sur mes doigts.
- Tu t'en veux toujours pour ça ? Pour le livre ?
- Non. Enfin plus comme avant. Disons que j'aurais préférai être là avec toi quand tu as fait ça. Enfaite j'aurais voulu pouvoir être avec toi pour tout ce qui a suivi car c'est moi ton coéquipier et pas ce maudit dieu dragon sorti de nulle part. Grognait-il contrarié, m'arrachant un rire.
- Ahaha vous ne pouvez pas vous empêcher d'être rivaux vous deux ce n'est pas croyable. Vous êtes les mêmes ! Le charriais-je sachant très bien que ça aller l'énerver.
- Quoi ? Ce n'est pas vrai je n'ai rien à voir avec cet égocentrique ! S'énervait-il.
- Oh mais tu connais ce mot toi ? Rajoutais-je toujours morte de rire.
- Tu vas voir toi ! S'écriait-il avant de se jeter sur moi.
Contrarié Natsu s'employait à me torturer à coup de chatouille, m'arrachant des quintes de rire à n'en plus finir. Je me demandais même comment Happy pouvait continuer à dormir avec tout le raffut qu'on faisait. Mais ça faisait tellement du bien. Cette conversation fut courte mais elle suffit à m'alléger le cœur. J'avais l'impression de retrouver enfin notre complicité d'antan bien que quelque chose clochait toujours chez moi et chez lui, j'étais convaincu que ce n'était qu'une question de temps avant que je ne comprenne de quoi il s'agissait et de lui en parler. Maintenant que le dialogue était rétabli, j'étais convaincu qu'on pourrait tout se dire en temps et en heure. Heureuse comme jamais en cet instant, j'éprouvais du mal à reprendre mon souffle face sa sentence et je fus à nouveau prise de frissons incontrôlables et de palpitations quand il se calait au-dessus de moi, son visage à seulement quelques centimètres du miens, une de ses mains occupées à enlever mes cheveux de mon visage, m'arrachant des frémissements de plaisir. La même envie que tout à l'heure revient au grand galop et je dû me concentrer à nouveau pour ne pas l'attirer à moi. Et alors que je luttais contre moi-même pour ne pas craquer, me demandant ce qui pouvait bien clocher chez moi, il s'allongeait subitement sur moi, ses bras se déplaçant au niveau de ma taille pour me serrer contre lui. Le souffle court, j'hésitais un instant à répondre à son étreinte avant de craquer, mes bras s'enroulant autour de son dos et de sa nuque. Au diable les conséquences je voulais juste profiter de sa présence et de cette quiétude en cet instant.
- Tu m'as tellement manqué Luce. Murmurait-il au creux de mon oreille.
- Toi aussi. Répondis-je de la même manière, renforçant ma prise sur lui.
Quelques jours étaient passés depuis notre mise au point avec Natsu, mais jamais on ne reparlait de ce qu'il s'était passé ce matin-là, que ce soit sur les paroles ou les actes. Je continuais donc à dormir avec eux comme si de rien n'était, me réveillant presque chaque matin encerclait par les bras chauds de mon logeur. La gêne de la première nuit était vite passée et désormais je savourais pleinement le fait de partager son lit, bien que je continuais à lui faire croire le contraire la moitié du temps. Je ne voulais pas qu'il se doute de mon trouble grandissait à son égard, surtout maintenant qu'on avait retrouvé une bonne relation, bien qu'il est toujours des actions étranges en ma présence parfois, mais Natsu était bizarre par nature. On passait donc beaucoup de temps ensemble comme si on souhaitait rattraper le temps perdu, bien qu'une fois arrivé à la guilde il passait beaucoup de temps à se battre, pendant que moi de mon côté je restais avec les filles.
A vrai dire bien que je sois totalement fauché, je sortais souvent en ville avec elles et j'aidais régulièrement Levy et Gadjeel avec leurs enfants. D'ailleurs Gadjeel était un vrai papa poule, il s'inquiétait pour tout et rien, dès que j'en prenais un dans les bras il retenait sa respiration comme un apnéiste, faisant rire toute la guilde à chaque fois. Heureusement que Levy était plus détendu, sinon ces pauvres enfants seraient couvés comme pas permit. N'empêche qui aurait cru que Gadjeel serait comme ça ? Personne je crois. Il s'attirait d'ailleurs très souvent les moqueries des autres garçons qui se prenaient tous dans la tronche un « attendez votre tour on en reparle » acerbe. Suivi d'une Juvia courant après un Grey visiblement pas prêt à avoir des enfants bien qu'ils se fréquentaient sérieusement depuis presque un an, d'un Eflman criant que lui il serait un homme avait d'être aussitôt reprit par Evergreen, d'un Gerald rouge de gêne quand il venait voir Erza à la guilde, autrement dit très régulièrement, et un Natsu d'un calme très étrange, comme s'il se perdait dans ses pensées les plus profondes. Pourtant j'aurais parié qu'il serait le premier à répondre à Gadjeel. Enfin bref, c'était Fairy Tail et cette drôle d'ambiance m'avait vraiment manqué, alors la retrouver me faisait un bien fou.
J'avais également enfin avoué à toute la guilde que si Natsu était toujours en vie, c'était grâce à moi. Ce moment, ne se passait pas aussi mal que je l'avais imaginé, même si cela arrachait des larmes au maitre et d'autre membre de la guilde de savoir que je m'étais sacrifiée pour mon coéquipier. Emmenant Mirajane et Lisanna dans un autre monde, pendant que les autres s'intéressaient surtout aux effets secondaires que cette marque avait pu avoir sur mon corps, et gênant effroyablement un Natsu qui ne me lâchait pas d'une semelle ce jour-là. Je ne sus si c'était par culpabilité ou juste parce qu'il était concerné par l'histoire, mais il me collait, sa main effleurant régulièrement la mienne en signe de soutien très certainement.
Et aujourd'hui ça faisait d'ailleurs presque deux semaines que j'étais revenu et je commençais à me sentir prête pour repartir en mission. Mais devais-je partir en mission toute seule ou alors pourrais-je demander à mon ancienne équipe de me réintégrer ? Je savais que Juvia prenait très souvent ma place au cours des missions pour être avec Grey et je ne voulais pas m'imposer en la jetant. Elle avait tout à fait le droit de me remplacer, j'étais partie si longtemps après tout. Pourtant refaire une mission comme avant me plairait énormément. D'autant plus que j'étais face à une mission qui serait parfaite pour nous. Escorter un convoi à travers une zone dangereuse du pays et le protéger des bandits et autre animaux sauvage sur la route. Une mission avec suffisamment de bagarre pour nos têtes brulée et givrée et suffisamment tactique sur le placement à avoir autour du convoi pour permettre à Erza de mettre en œuvre ses talents de tacticienne. Hésitante, je saisis malgré tout le bout de papier avant de m'avancer vers la table où ils étaient rassemblés.
- Les amies dites-moi, est ce que ça vous direz de faire une mission comme avant… Tous ensemble je veux dire ? Lançais-je hésitante.
- Mais bien sûr que oui ! S'écriai Erza un peu trop motivé à mon goût.
- Vous êtes sûr ? Je sais que Juvia a pris ma place sur pas mal de mission après mon départ, je ne voudrais pas la remplacer si elle est un membre à part entière de l'équipe maintenant.
- Ne raconte pas n'importe quoi Lucy, il était toujours convenu que dès ton retour tu reprendrais ta place au sein de l'équipe. Même Juvia était d'accord là-dessus. Affirmait Grey.
- C'est vrai ? Demandais-je émue.
- Affirmatif, même si Juvia t'as à l'œil rivale d'amour, pas touche à Monsieur Grey. Me menaçait Juvia plus pour la forme qu'autre chose.
- Merci, vous êtes tous géniaux. Les enlaçais-je.
- Tu as déjà trouvé une mission ? Me demandait Wendy.
- Oui tenez je me suis dit que ça nous conviendrait bien comme mission et puis la somme est suffisamment élevée pour que je commence à mettre de côté pour payer un loyer. Je ne vais pas squatter chez Natsu et Happy à vie quand même. Riais-je, attendant une réflexion moqueuse des principaux concernés qui ne vient pas.
A vrai dire Natsu, me fixait à nouveau de son regard étrange et une drôle de tension semblait flotter dans l'air. Aurais-je dit quelque chose de mal encore sans le savoir ? Ou réfléchissait-il à sa prochaine blague sur le fait que je squattais son pieux, bien que ce soit sous ses ordres. Oh et peu importe, j'étais de trop euphorique pour laisser Natsu et ses agissements bizarres me gâcher ma joie. Joie qui fut interrompue par un Luxus bruyant.
- Hé Natsu tu viens à la boite avec moi ce soir ? Ça fait longtemps que tu n'as pas pécho de gonzesse ! Criait Luxus à travers toute la guilde.
La douche froidement. Comment ça Natsu n'avait pas pécho de gonzesse depuis longtemps ça voulait dire quoi ça ? Que cet idiot n'était plus aussi innocent qu'il en avait l'air ? Apparemment oui vu comment le charrier les autres membres de la guilde, sur le fait qu'il était vrai, ils ne l'avaient pas vu depuis longtemps aller en boite avec Luxus pour ramener des filles chez lui. Stupéfaite, je me penchais vers Happy afin d'avoir des explication, en effet il semblait particulièrement bien au courant de la situation.
- Hein ? Bah ça fait un petit moment maintenant. A vrai dire Natsu a commencé à fréquenter des filles pendant notre entrainement d'un an, mais c'était assez rare vu qu'on était souvent perdu en forêt. Par contre une fois revenu en ville il y allait quasiment chaque semaine. M'avouait-il, son poisson entre les pâtes.
Deuxième douche froide. Alors comme ça monsieur était devenu un spécialiste du sexe ? Je comprenais définitivement mieux les regards de femmes que je pouvais voir sur lui quand on se baladait ensemble. Certainement que sa réputation de don juan ou pire de dieu du sexe devait le devancer, vu que tout le monde semblait au courant de la situation sauf moi. Quand je pensais que je dormais avec lui depuis tout ce temps sans rien savoir. Quelle cruche je faisais. J'aurais dû me douter qu'il ne serait plus innocent, après tout je ne l'étais plus non plus et je savais que Natsu était bien plus intelligent et mature qu'il ne s'en donnait l'air. Alors pourquoi ça me blessait autant ? Parce que j'avais l'impression d'avoir été prise pour une conne. Parce qu'il ne m'avait rien dit, pour pouvoir me prendre comme peluche tous les soirs dans ses bras sans que je ne m'inquiète de quoique ce soit à son sujet. L'enfoiré. Et le pire c'est qu'il n'avait rien tenté avec moi. J'aurais dû en être heureuse qu'il me respect mais je ne l'étais pas, car pour moi s'il n'avait rien tenté avec moi ça voulait dire que je ne l'attirais pas, que je ne l'avais jamais attiré, que jamais il ne m'avait considéré comme une femme. Furieuse, je lui lançais un regard assassin, avant de m'enfuir vers la sortir.
Une fois arrivée chez Natsu et Happy, je me dépêchais de prendre ma valise et de rassembler mes affaires. Hors de question que je passe une seconde de plus dans cette maison où on me mentait effrontément depuis le début et où surtout je n'étais pas considérée comme une femme. Et alors que me m'évertuais à tout mettre en ordre le plus vite possible, la porte d'entrée s'ouvrir avec fracas, laissant apparaitre un Natsu qui avait visiblement couru jusqu'ici pour me rejoindre. Interloqué par mon comportement, il comprit bien vite ce que j'étais entrain de faire et me saisit violement le poignet pour m'arrêter dans ma tâche.
- Qu'est que tu fais Luce ? Paniquait-il.
- Ça ne se voit pas ? Je fais mes valises. Me débattais-je souhaitant qu'il me lâche.
- Mais pourquoi ? S'écriait-il.
- Parce que je refuse de passer une seconde de plus avec toi. Je n'en reviens pas que tu ne m'es rien dit pour tes conquêtes. Si j'avais su jamais je n'aurais accepté de partager ton lit. Criais-je à mon tour, agacé par son entêtement à vouloir me retenir.
- Parce que tu m'aurais cru ?
- Bien sûr que je t'aurais cru ! Tu es un homme Natsu et tu as grandi, si j'ai pu découvrir les plaisirs de la chair, tu as très bien pu le faire aussi. Et si tu l'as fait plus d'une fois tu sais très bien qu'on ne partage pas son lit avec une femme impunément.
- Mais pourquoi tu focalise sur ce lit ? S'énervait-il.
- Parce que j'ai dormi avec toi alors que tu es en pleine conscience de tes capacités sexuelles et que tu ne m'as rien dit. J'avais le droit de savoir avec qui je dormais.
- Mais tu dors avec moi quoiqu'il arrive. Que je sois actif sexuellement ou pas ne change rien. Je ne comprends pas pourquoi tu réagis de façon aussi excessive.
A vrai dire moi non plus je ne comprenais pas pourquoi. Enfin si je savais exactement pourquoi je réagissais comme cela mais je refusais de l'admettre. Je ne voulais pas reconnaitre le fait qu'il n'ait rien tenté en ma présence me rendait folle, le fait qu'il est surement préfère être avec d'autre femme qu'avec moi me rendait triste, que j'étais mort de jalousie, parce que j'aimais encore cet idiot de tout mon cœur malgré les années passées et que je n'avais qu'une envie c'était de partager ma vie avec lui.
- Parce que tu n'as rien tenté avec moi. Soufflais-je tellement bas qu'une oreille normale ne l'aurait pas entendu.
- Quoi ? Se figeait-il stupéfait.
- Tu n'as rien tenté avec moi. Comment je dois le prendre que je suis moche ? Que je ne t'attire pas ? Que je ne suis même pas une femme à tes yeux ? Tu devais trouver le fait de partager ton lit avec moi vachement chiant, tu avais enfin investi dedans et tu ne pouvais pas t'en servir convenablement. Mais t'en fais pas je te le laisse ton lit, tu pourras dès ce soir ramener une fille et faire ce que tu as à faire dedans. Me libérais-je enfin de sa poigne, me détournant de lui trop morte de honte pour affronter son regard et mes sentiments à demi dévoilés.
- Comment peux-tu croire que je n'ai pas envie de toi ne serait-ce qu'un seul instant ? Comment peux-tu croire que j'ai envie de partager mon lit avec une autre femme que toi ? Criait-il me rattrapant, me retournant afin de me planquer contre son torse, m'emprisonnant de ses bras, ses yeux plongeaient dans les miens.
- Lâche-moi ! Arrête de me mentir ! Hurlais-je.
- Je ne te mens pas. Luce regarde-moi. Il n'y a pas une femme que je désire plus en ce monde que toi. Soufflait-il démuni face à la situation.
- Alors pourquoi tu n'as rien tenté pendant toutes ces semaines ? Me lamentais-je.
- Parce que je ne peux pas faire avec toi ce que je fais avec les autres. Expliquait-il maladroitement.
- Hein ? Comment ça ? Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Demandais-je perdue.
- Avec toi il n'y aura pas de retour en arrière possible, si je me laisse aller ça serra définitif, je ne te laisserai plus jamais repartir… Luce tu es ma femelle. Avouait-il, apeuré.
Le choc me frappait de plein fouet. Comment ça j'étais sa femelle ? J'étais son âme sœur ? La dragonne, enfin en l'occurrence la femme avec qui s'il s'accouplait c'était pour la vie. La seule femme pour qui il pourrait éprouver un amour éternel sans jamais se lasser, celle avec qui il voudrait fonder une famille comme Gadjeel et Levy l'avait fait. Celle que jamais il n'accepterait de revoir partir. Tout prenait sens tout d'un coup. Le changement d'Ignia face à son égard après le campement en forêt, les sous-entendus qu'il me lançait lors de notre quête, les regards insistant de Natsu, ses drôles de comportement envers moi, notamment lorsqu'on parlait d'autre homme.
- Luce une femelle c'est…
- Je sais ce qu'est une femelle pour un dragon ou un dragon slayer Natsu. Ignia m'a expliqué. Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? Demandais-je abasourdi.
- Parce que je ne savais pas ce que tu éprouvais pour moi depuis tout ce temps. Parce qu'il y avait Ignia et qu'il y a toujours Ignia et que je ne peux m'empêcher de me poser des questions sur vous deux. Parce que je ne veux pas que tu te sentes obligée à quoique ce soit, que je veux que tu sois sûr de toi avant de t'engager là-dedans. Et que j'ai peur de ne pas arriver à me contrôler pour notre première fois et te faire mal. Se livrait-il son front venant se poser contre le miens.
- Depuis quand le sais-tu ?
- Depuis mon entrainement. Comme beaucoup d'entre nous je ne l'ai compris que quand on s'est retrouvé séparer. Tu sais au début ces femmes s'étaient pour évacuer la pression et puis je me disais que ça serait mieux si j'avais de l'expérience. Puis ensuite c'est devenu une échappatoire, un moyen d'oublier pendant quelques instants que tu n'étais pas là avec moi. Continuait-il de s'expliquer, se livrant totalement.
- Tu sais les hommes que j'ai fréquenté s'était pour t'oublier, je voulais passer à autre chose, force est de constater que ça n'a pas réellement marché. Et concernant Ignia je te promets qu'il n'y a jamais rien eu et qu'il n'y aura jamais rien entre nous, il est comme un grand frère pour moi. Décidais-je d'être honnête à mon tour, lui saisissant le visage de mes mains.
- Quand je pense que la seule chose que j'avais prévu de te dire ce soir c'était de rester vivre avec nous. Avouait-il fermant les yeux, avant de venir nicher sa tête dans mon cou renforçant son étreinte.
Je buguais réellement à cette annonce et ne sus quoi répondre. Que pouvais-je répondre à cela maintenant ? C'était bien trop tôt pour lui donner une décision avec tout ce que je venais d'apprendre. Car après tout il avait raison, si j'étais bien sa femelle, il n'y aurait pas de retour en arrière possible me concernant. Et même si j'étais sûr de l'aimer comme une folle, j'avais besoin de temps pour réaliser la chose et me dire que si je m'engageais c'était à vie. L'envisager c'était une chose, le savoir et le concrétiser s'en était une autre. Heureusement pour moi Natsu, semblait comprendre mon trouble et ne me demandait pas de réponse ce soir pour quoi que ce soit. Il se contentait juste d'un baiser sur mon front et d'une nuit partager simplement dans les bras l'un de l'autre.
Je fus la première à me réveiller le lendemain et je constatais rapidement qu'Happy n'était pas rentrée, surement avait-il décidé de passer la soirée chez Wendy ou avec Touka. Il aimait bien alterner entre les deux, visiblement pas sûr de son choix entre Carla et Touka. Cela dit me concernant j'étais team Touka, au moins elle le traitait bien elle. C'est donc sur cette pensée, que je décidais de me lever sans réveiller mon compagnon afin de nous préparer un petit déjeuner digne de ce nom. Je trouvais qu'il méritait bien ça après notre engueulade d'hier soir et puis cuisiner me permettrait de me détendre et de repenser aux derniers évènements de manières sereine. Quand je pensais que j'étais sa femelle. Cette simple information suffisait à me mettre en joie et à me faire sentir comme une adolescente en plein émoi amoureux. Pourtant étais-je vraiment prête à encaisser toutes les conséquences ?
Perdu dans mes pensées, me demandant si j'étais vraiment prête à m'engager aussi intensément avec Natsu alors qu'on venait tout juste de se retrouver, je ne vis pas le sujet de toutes mes pensées, se lever et venir m'encerclait de ses puissants bras par derrière, déposant un baiser sur ma tempe. Surprise, je sursautais avant de laisser mes lèvres s'étiraient dans un immense sourire, ravi de le voir aussi tendre dès le matin. Mais Natsu restait Natsu et très vite, il se détournait de moi pour se pencher sur ce que je cuisinais, la bave apparaissant limite en voyant le tas de pancake que je venais de préparer. Irrécupérable. Voyant bien qu'il mourrait d'envie d'y toucher mais n'osait pas de peur de se prendre un coup de fouet, je lui tendis les ingrédients que je prévoyais pour agrémentés notre repas. Très vite il se jetais sur la chantilly, en mettant trois tonnes sur son assiette. La peur de ne pas en avoir me saisit et je commençais à l'engueuler sur le fait qu'il devait m'en laisser. Amusé de me voir en panique face à la pénurie de chantilly imminente, il se mit à rire portant la bouteille à bout de bras de façon à ce que je ne l'atteigne pas. Je m'évertuais donc à essayer de rattraper cette bombonne mais il n'y avait rien à faire, il était bien plus grand que moi, je commençais donc à réciter une incantation pour utiliser une de mes star dress quand je fus interrompue dans ma diction par une attaque sauvage de chantilly.
Il venait de m'en mettre sur le nez, me coupant la chique. Enervée par sa bêtise, je me mis à bouder, lui disant que j'avais l'air fine maintenant avec ça sur le nez. Soudainement il se penchait vers moi, léchant la crème fouette de sa langue, un sourire mi moqueur, mi provoquant ornant son visage. D'abord stupéfaite par son action, elle réveillait rapidement toute une masse de sensations. Loin de trouver ça dégoutant, je trouvais cela extrêmement excitant. Je n'avais qu'une envie sentir sa langue ailleurs sur ma peau. En un claquement de doigt mes doutes s'envolaient et je me jetais sur ses lèvres, le prenant au dépourvu. Cependant il reprit rapidement ses esprits, me répondant avec sauvagerie. Ni une, ni deux, il me portait me déposant sur le plan de travail, me ramenant vers lui en me maintenant fermement par la taille, pendant que moi je perdais mes mains sur sa nuque et dans ses cheveux. Ce baiser loin d'être doux, était abrupt, on exprimait à travers celui-ci tous nos doutes, nos blessures passées, notre désir, notre amour trop longtemps refoulé. Nos lippes jouaient entre elles se cherchant, laissant parfois nos langues s'entrecroiser. Je me sentais enfin complète pour la première fois depuis longtemps et je me disais que j'avais été bien stupide de douter, d'avoir peur. Car c'était lui que je voulais quoiqu'il arrive et désormais c'était moi qui n'allais plus le lâcher et le laisser repartir un jour.
Nos mains devenaient de plus en plus baladeuses, Natsu se faisait de plus en plus entreprenant, retenant tant bien que mal ses râles plus proches de l'animal que de l'humain, m'excitant davantage. Pourtant je percevais au fin fond de ses prunelles le doute, la peur de ne pas réussir à se contrôler, de me faire mal, mais je ne voulais pas qu'il se contrôle. Je le poussais donc à continuer, jusqu'à ce qu'on entende toquer à la porte. Frustré d'avoir été interrompu, Natsu demandait en criant qui s'était et ce qu'il voulait. Grey nous répondit de l'autre côté, disant que tout le monde nous attendait à la gare et que si on ne se dépêchait pas de rappliquer Erza aller nous tuer. Punaise on avait totalement oublié la mission ! Ni une, ni deux on se dépêchait de se préparer le plus rapidement possible, la simple idée d'une Erza folle de rage venant nous chercher, nous refroidissant immédiatement. C'est donc déçu mais heureux qu'on sortait rejoindre Grey, courant vers la gare, se disant que ce n'était que partie remise.
