Clause de non responsabilité

Je ne possède toujours pas les personnages, ils appartiennent à Shonda Rhimes. Ce travail est à but non lucratif, juste pour le plaisir. J'espère que vous prendrez du plaisir aussi


Chapitre 7

Callie était épuisée par les séances de chimiothérapie, elle passait toutes les matinées à l'hôpital où on lui injectait le poison virulent dans les veines. Toujours accompagnée d'Arizona qui ne la quittait pas d'une semelle, elles rentraient ensuite à l'hôtel. Les soirées étaient devenues un triste rituel, elle était secouée par de terribles nausées, elle vomissait pendant des heures, elle avait l'impression qu'elle allait mourir dans cette salle de bain.

Attentive à tous ses besoins, son ex-femme ne la laissait pas une seconde, elle se tenait derrière elle. Sans un mot, elle caressait son dos tendrement pour l'apaiser, relevait affectueusement une mèche de cheveux qui tombait sur son visage, proposait un verre d'eau, puis installées le plus confortablement possible avec des coussins et des couvertures sur le sol de la salle de bain, elles attendaient pendant des heures interminables que les nausées disparaissent. Il n'y avait rien à dire, l'une et l'autre savaient qu'il fallait passer par là. Callie épuisée, finissait toujours par s'assoupir.

Arizona, elle, ne s'endormait pas, elle restait vigilante, elle observait le moindre signe clinique de Callie, mais elle n'était pas uniquement médecin, elle était aussi l'ex-femme qui tenait dans ses bras la femme qu'elle avait tant aimé, la femme à laquelle elle avait décidé un jour d'unir chaque minute de sa vie.

Les émotions qui la traversaient devenaient plus difficiles à gérer de jour en jour. Son esprit voyageait sans cesse entre les rappels de leur passé, l'horreur du présent et l'angoisse de l'avenir, mais elle s'était promis de tenir bon, alors elle tenait.

Allongée par terre, la tête posée sur les cuisses de la blonde, Callie sent des mains douces masser délicatement sa tête, les doigts peignant tendrement sa chevelure épaisse. Les yeux mi- clos, elle sourit. Pour Arizona, ce geste, a toujours été naturel, Callie se sentait immédiatement réconfortée quand elle passait les doigts dans ses cheveux, mais elle avait l'impression que ça apaisait aussi Arizona. Elle ricane intérieurement, c'était toujours gagnant -gagnant entre elles deux. Son sourire s'efface à cette pensée. Dans son état qu'avait-elle à offrir? Importunée par cette réflexion, inconsciemment, son corps se crispe, alertant ainsi Arizona de son réveil

- Hey, tu te sens mieux ?

- Ouai… Enfin, je crois. On peut rester encore un peu ?

- Bien sûr.

Le silence s'installe à nouveau dans la pièce, Arizona recommence le massage et Callie laisse son esprit voguer. Bizarrement ce n'était pas inconfortable, comme quelque chose de familier. Si elle ne savait pas mieux, elle pourrait croire qu'elle était dans l'appartement 502, avant toutes les tragédies et peut-être Marc allait passer sa tête à travers la porte de la salle de bain avec son grand sourire, ce qui allait à coup sûr agacer considérablement Arizona, mais elle se rattraperait plus tard et lui ferait l'amour passionnément. Callie sourit au souvenir, ce n'était pas sans combat, mais c'était le grand bonheur !

- Arizona ?

- Hum ?

- Crois-tu qu'il y ait une seule personne pour toi dans le monde ? Tu sais cette histoire d'âme sœur… Euh parce qu'on s'est séparé, Euh… je ne sais plus combien de fois, pourtant, on est encore là dans cette salle de bain

- Ouai, on a toujours eu un truc pour les salles de bain. La blonde élude volontairement la question par une blague.

- Quoi ? S'écrie Callie incrédule à l'allusion de son ex-femme

- Je t'ai embrassée par surprise dans une salle de bain.

- Vrai, notre premier baiser chez Joe's soupire Callie avec nostalgie

- Tes yeux ont cessé de me regarder avec mépris et colère dans une autre salle de bain. La brune relevant la tête interroge du regard

- Au tribunal pour l'affaire de Travis. Un truc s'est passé dans cette salle de bain. Tu étais bouleversée, mais tes yeux m'ont enfin dit autre chose que « je te déteste, tu es une sale tricheuse qui m'a brisée » et ça faisait des mois que tu ne m'avais pas regardée comme ça. Ouai, un truc s'est passé dans cette salle de bain. Affirme la blonde songeuse. Elle était convaincue que ce jour-là, lorsqu'elles avaient échangé un rire dans les toilettes du tribunal, elle avait gagné ce qu'elle voulait plus que tout : Une autre chance.

Callie repense à ce moment, elle était étonnée que sa femme soit venue la soutenir. Elles étaient tellement éloignées à cette période. Elle était terriblement en colère contre Arizona, elle ne la reconnaissait plus, ne la comprenait plus, elles ne se parlaient pratiquement plus.

Cependant, quand elle s'était retrouvée dans ce tribunal, accusée pour faute professionnelle, Arizona était là. Comme en ce moment, Arizona était toujours là.

- Ouai, moi je me souviens de trucs beaucoup plus marrants, dans les salle de bain avec toi… L'air malicieux, Callie lève la tête vers la blonde qui sourit.

- Oh mais je m'en souviens aussi.

- Et, aujourd'hui nous sommes encore allongées sur le sol d'une salle de bain attendant que j'en ai terminé de vomir. C'est absolument pathétique

- Non ce n'est pas pathétique du tout, c'est nous

- Donc nous sommes pathétiques. Ricane Callie dépitée, les yeux perdus au loin

La blonde secouait sa tête négativement, elle dirige son regard vers le plafond, tentant de retenir les larmes qui se formaient dans ses yeux, et contrôler l'émotion qui l'envahissait. L'état de Callie la terrorisait, elle mangeait peu, était amaigrie, la chimio avait commencé ses ravages, et l'observation minutieuse du médecin en elle, ne manquait aucun des signes de son affaiblissement, ni de son découragement.

- Quatre fois. Reprend -elle souhaitant interrompre les pensées de son ex-femme qu'elle suppose négatives. Callie était d'humeur sombre depuis quelque jours.

- Quoi ?

- Nous nous sommes séparées quatre fois… et ça a été chaque fois plus douloureux.

- Je sais, j'y étais chaque fois. Ironise la brune mi songeuse, mi amère Je pense que nous avons trop compté sur le fait que la plupart du temps nous nous comprenions d'un regard. Quand les choses se sont compliquées, que les yeux ne suffisaient pas, que ça demandait plus d'explications, nous n'avons pas su parler. Nous aurions pu faire autrement…J'aurai dû faire autrement.

Je veux dire… j'aurai dû te laisser du temps, je saute toujours les étapes. L'air absent elle se parle comme si elle était seule. Quand je pense que j'exigeais des enfants, alors que nous ne vivions même pas ensemble. Je … Je crois que j'avais peur de te perdre en fait. Se levant pratiquement de sa position, les yeux grands ouverts elle regarde Arizona, comme si elle venait d'avoir la révélation. Elle s'écrie Oh merde tu crois que j'essayais de te coincer dans une vie avec moi, en t'obligeant à t'engager avec un enfant ?

La blonde la tire contre elle et l'installe à nouveau confortablement afin d'essayer de calmer la soudaine excitation qu'elle observe les sourcils froncés. Désabusée elle inspire bruyamment.

- Calliope Iphygénia Torres je te déconseille d'emprunter ce chemin périlleux, je pense que ça pourrait me mettre en colère.

Je ne me suis jamais sentie coincée par ma fille, et je ne suis pas celle qui suffoquait et voulait être libre ! Okay ?

Callie avait le don de laisser son esprit divaguer vers des angoisses jusqu'à ce qu'elle finisse par se convaincre qu'elles étaient réelles, et dans ces moments elle était absolument incontrôlable. C'était injuste et tellement déroutant que ça laissait toujours la blonde sans mot. Ce comportement avait contribué à de nombreux malentendus entre elles, ça avait si souvent irrité Arizona, que les mots étaient sortis un peu plus dur que ce qu'elle ne l'aurait souhaité. Elle jette un œil sur son ex-femme, qui concentrée sur ses élucubrations ne semblait pas être bouleversée. Continuant les tendres massages dans la chevelure corbeau, elle parle avec douceur

- Pour escalader la montagne il y a toujours différentes voies et nous n'étions pas toujours d'accord sur la voie à prendre, alors nous avons toujours pris les plus difficiles sans prendre toutes les mesures de sécurité. Donc, nous avons dévalé la pente, plusieurs fois. Mais peu importe, l'essentiel c'est que nous continuions à grimper et je jure que tu vas atteindre le sommet même si pour cela, je dois te porter sur mes épaules.

Enveloppée par la force de l'affection de ses paroles, Callie lève des yeux reconnaissants vers la femme qui la soutenait depuis des semaines maintenant, sans la moindre faille. Elle surveillait son sommeil, sa santé, son moral, jour et nuit. Elle regarde l'ombre qui s'était formée autour des magnifiques yeux bleus marines dans lesquels, lorsqu'on avait le privilège qu'elle vous y laisse plonger, on pouvait voir toute la profondeur de son âme, et l'immensité de son cœur brisé tant de fois, mais toujours prête à recommencer, c'était son petit soldat. Peu importe, ce qu'elles avaient vécu, ce qu'elles étaient l'une pour l'autre aujourd'hui, Arizona était sa personne dans le monde entier, celle dont elle avait besoin quand le poids de la vie se faisait trop lourd, celle qui se trouvait toujours là pour alléger le fardeau. Sentant qu'elle se laissait submerger par des sentiments qu'elle ne pouvait plus voir ressurgir dans cette situation, elle propose.

- On devrait aller se coucher.

- Tu es sûre ?

- Arizona, tu as l'air plus épuisé que moi, tu dois dormir

La blonde aide son ex-femme à se lever du sol. Elle perdait des forces tous les jours, alors Arizona tendait une main aidante sur le mode de la plaisanterie, elle développait des trésors d'imagination pour lui éviter le moindre effort sans rendre évidente son extrême faiblesse. De sa voix la plus enjouée, elle prévient comme si elle parlait à Sofia.

- Avant de t'endormir, tu dois manger un peu. Ma mère t'a fait sa soupe miraculeuse. Quand nous étions enfants, Tim et moi guérissions de tout grâce à sa soupe, elle devrait être remboursée par la sécurité sociale

- Okay pour la soupe miraculeuse répond Callie l'esprit ailleurs

Lorsqu'elle revient dans la chambre, avec sur un plateau un bol de soupe et les médicaments, Callie allongée sur le lit avait les yeux fixés au plafond. Elle n'est pas dupe de la situation, elle connait son état. Il lui semblait que c'était le moment ou jamais, elles avaient laissé tant de choses en suspens, tout au long de leur relation. Si elle devait partir, elle voulait qu'Arizona soit totalement apaisée et guérie des blessures qu'elle lui avait infligées.

Elle était inquiète sur la façon dont son ex- femme pourrait réagir face à une nouvelle perte. Callie était obsédée par l'idée que son ex-femme ne méritait pas un nouveau chagrin, et elle ne voulait pas être à nouveau la cause de ce nouveau chagrin.

- Tu es ma seule personne, quoiqu'il se passe, tu dois te souvenir de ça, tu as toujours été ma personne

Un demi sourire triste sur le visage, Arizona pose le plateau sur la table et tourne le dos pour sortir de la chambre de son ex-femme sans un mot. Elle ne peut pas faire face à ce genre de déclarations, pas en ce moment. Elle a peur de s'effondrer devant Callie. Depuis des jours elle est submergée par les émotions, les souvenirs, le bonheur, les conflits, tout ce qu'elle aurait voulu faire autrement, tout ce qu'elle aurait souhaité reprendre, tout l'amour qu'elle sait qu'elle n'a jamais cessé de ressentir pour Callie. Mais au-dessus de tout, elle a peur. Elle a peur pour Callie, elle a peur pour Sofia, elle a peur pour elle, elle n'est pas prête et ne sera jamais prête pour qu'elle n'existe que dans sa tête.

-Arizona !

-Hum ?

- S'il te plait ne pars pas.

La douceur des mots suppliants l'arrête instantanément. Elle se rend bien compte que Callie veut lui parler. Elle essaie de reprendre leur vie passée. Elle veut s'expliquer, elle parait poussée par le besoin urgent de régler les choses, comme on écrit un testament, comme si elle craignait de manquer de temps. Arizona laisse échapper une larme. Elle sait que même extrêmement malade, la latine tellement protectrice essaie encore de la préparer à l'inéluctable. Pourquoi a-t-elle mis autant de temps pour comprendre qu'elle était en sécurité avec une personne aussi honorable et généreuse ? Pourquoi a-t-elle perdu ce temps qui s'avère aujourd'hui précieux ?

Elle s'était assise au bord du lit, les yeux fixés au sol. Callie l'observe avec une tendre inquiétude, les épaules affaissées , elle paraissait porter toute la misère du monde.

- Reste, viens t'allonger avec moi.

- Callie ce n'est peut-être pas une bonne idée.

- Arizona, il n'y a aucun risque, je ne sais pas où est passée ma libido, mais où qu'elle soit ce n'est pas comme si j'avais la force pour quoique ce soit d'amusant. En revanche, les bras réconfortant d'un adulte reconnaissant, c'est encore dans mes cordes. Si ça peut aider un peu ? Elle prononce ses mots, en passant ses doigts sur la ride du lion entre les sourcils de la blonde.

Face à la lueur taquine dans les yeux noirs qu'elle aimait tant, la femme blonde ne peut retenir un rire gêné

- Non, non, je suis désolée. Je ne voulais pas dire…je veux dire…Ne crois pas que j'imaginais…

- Arizona, ne panique pas, je comprends parfaitement que tu aies peur de succomber à mon charme irrésistible. Comme tu peux le voir, mon potentiel d'attraction érotique est à son plus haut niveau en ce moment ! La latine jouait la femme fatale

La blonde, renifle et monte dans le lit derrière son ex-femme, passant son bras autour de sa taille elle pose son front sur le dos de Callie

- Tu es incroyable tu le sais ? Elle était admirative, de cette capacité qu'avait Callie, de plaisanter dans les pires situations pour les rendre supportables, capacité dont elle usait abondamment ces derniers jours d'ailleurs.

- Donc au sujet de ta libido à toi

- Non Callie nous n'allons pas avoir cette conversation. Certainement pas.

- Okaaay, rétorque la brune déçue, mais ne s'avouant pas vaincue. Donc, qu'en est-il de cette obstétricienne italienne, faisant des études approfondies sur l'orgasme ?

- Callie nous ne parlons pas non plus de Carina ! s'exclame Arizona embarrassée que Callie connaisse l'existence de son ex.

Malgré leur séparation, chaque fois qu'elle avait rencontré quelqu'un, elle avait gardé toujours le sentiment désagréable même si elle le savait parfaitement injustifié, de trahir un peu Callie ou leur histoire, ou peut-être l'impression qu'elle n'était pas, là où elle devait être.

- Carina ! Donc elle s'appelle Carina. Poursuit Callie s'amusant visiblement beaucoup aux dépens d'Arizona qui ne voulait surtout pas que la conversation prenne cette direction.

Auriez- vous un style latin Dr Robbins ? Allez, Arizona, tu peux m'en parler. Entre amies.

Une ombre passe dans les yeux bleu, brusquement, le visage se ferme, Arizona est visiblement contrariée

- Nous ne sommes pas amies Callie, nous ne l'avons jamais été. J'ai été ton rencard, puis j'ai été ta petite -amie, ton ex petite amie et ta petite amie à nouveau, ta fiancée, puis ta femme, et ton ex-femme mais jamais ton amie. Marc était ton ami, et certainement ta personne mais je ne l'étais pas. Alors concentrons- nous sur ta guérison, ferme les yeux et essaie de dormir, s'il te plait.

Elle se rapproche de Callie, et celle-ci peut sentir, les larmes silencieuses d'Arizona à travers sa chemise. Décontenancée par cette attitude , Callie, sent qu'elle a touché un point sensible que son ex-femme n'était pas prête à partager.

- Ouai, tu as raison dormons.


Elle n'avait pas pu fermer les yeux, elle était désolée que ses plaisanteries aient provoqué une telle réaction chez Arizona. Bien sûr Marc avait été souvent le problème entre elles, mais elle pensait qu'Arizona avait dépassé cette question depuis longtemps. Il lui paraissait peu probable que ce soit la raison des larmes, elle avait fini par adorer Marc. Ils avaient trouvé un équilibre dans leur relation, ils étaient comme frère et sœur, se chamaillant tout le temps, mais ne pouvant pas se passer l'un de l'autre.

Soudain, elle réalise, Arizona a tout abandonné pour venir à son secours, elle a laissé sa carrière, mais aussi sa vie, et… sa petite amie ou ce qu'était cette Carina pour elle. Son esprit se met en route à la vitesse de la lumière, elle avait dit qu'elle n'était pas son âme -sœur, qu'elle n'était pas son amie non plus, seulement son ex-femme, et elle avait pleuré.

Ça ne faisait plus aucun doute dans l'esprit de la latine accablée, « Arizona avait rencontré quelqu'un qui comptait pour elle, et elle se sacrifiait, sacrifiait sa vie, sa relation pour l'accompagner, la soutenir jusqu'à… » « Pourquoi ferait-elle ça ? Bien sûr, pour Sofia comme elle l'avait clamé dès son arrivée à Portland ». Les questions et les réponses se bousculaient maintenant dans le cerveau en ébullition de la latine. « Ou pire encore par culpabilité !» envisage Callie dans son dilemme intérieur. Elle n'ignorait pas que depuis qu'elle l'avait trompée, Arizona se reprochait la destruction de leur famille, elle-même, le lui avait assez souvent rappelé pendant leur combats pour qu'elle ne l'oublie jamais.

Comment avait-elle été aussi égoïste. Depuis des semaines, elle s'était appuyée sur son ex-femme, avait profité, et aimé au-delà de ce qu'elle aurait imaginé, tous les moments qu'elles avaient partagé. Elle avait même joué à flirter de temps en temps, sans seulement se demander ce que son ex -femme ressentait ou avait quitté pour elle, comme si elle lui appartenait. Bien sûr c'était Arizona qui avait proposé, mais encore une fois, elle avait fait passer ses désirs et ses besoins en premier, sans se préoccuper de ce qu'il y avait autour. N'avait-elle pas entendu, lorsque sa femme lui avait hurlé chez le thérapeute, qu'elle décidait toujours tout ?

« Attitude d'enfant gâtée » se sermonne-t-elle, « tu veux toujours tout et tout de suite, quand tu le décides ».

Occupée à s'autoflageller, elle était aux prises avec ses réflexions, quand Arizona, bouge dans son sommeil, se rapprochant d'elle, elle passe sa jambe droite entre les siennes.

Son souffle s'arrête lorsqu'elle sent la main d'Arizona, caresser légèrement, telle une plume, son sein droit, avant de s'immobiliser dessus. C'était une chose qu'elle avait l'habitude de faire chaque fois qu'elles dormaient dans cette position, il y a des années, bien avant le divorce, avant le crash. Le corps traversé de frissons, Callie souri, sa libido n'était pas partie très loin en fait, avec Arizona Robbins quasiment allongée sur elle, une main posée sur son sein, ça ne l'étonnait pas vraiment. Elle déglutit, et se laisse envahir par les souvenirs de cette intimité qu'elles avaient perdue et jamais retrouvée, du fait d'abord, de l'inconfort d'Arizona suite à l'amputation puis du malaise qui avait subsisté entre elles après son infidélité.

Malgré la douceur du moment, un sentiment de malaise envahi la latine, il est probable qu'Arizona dans son sommeil la prend pour cette Carina dont lui avait parlé Meredith. Elle ne savait rien de cette relation, si ce n'est que l'italienne était plutôt sexy, d'après les photos qu'elle avait trouvé sur internet et assez dévergondée d'après Meredith.

Imaginer Arizona dans un lit avec une autre femme, l'avait toujours dérangée même après leur séparation.

C'était injuste, elle le savait, elle même avait eu des relations, elle les avait amenées à l'hôpital en plus, sous les yeux de son ex-femme. Elle ne pouvait même pas commencer à comprendre comment elle avait pu le supporter restant toujours aimable et compréhensive. Dans tous les cas, en ce qui la concernait, elle détestait la vision d'Arizona dans un lit avec quelqu'un d'autre.

En général, elle évitait simplement d'y penser, mais ce soir l'image s'imposait à elle et c'était devenu absolument insupportable. Elle se lève délicatement se retirant de l'étreinte qui serait à coup sûr également embarrassante pour la belle endormie si elle se réveillait dans cette position.

Assise sur le canapé, elle est résolue à parler à Arizona. Malgré sa maladie et les traitements exténuant, leur relation n'avait jamais été aussi apaisée. Callie se sent comblée comme elle l'était au tout début, quand Arizona lui était indispensable, quand quelques heures de séparation lui paraissaient une éternité, qu'elle ne trouvait nulle part un meilleur réconfort que dans ses bras.

Entre elles, le timing n'avait jamais été bon. Dans d'autres circonstances, elle aurait pu imaginer séduire à nouveau son ex-femme. Sachant ce qu'elles savaient aujourd'hui, elles auraient pu recommencer leur histoire et faire tellement mieux. Cependant c'était le moment de ne pas louper le coche, elle avait l'occasion de se montrer à la hauteur, de laisser à Arizona un autre souvenir que la femme égoïste qu'elle avait été ces deux dernières années.

Elle était consciente que sa vie tenait à un fil, que resterait-il de celle d'Arizona quand le fil casserait ? Elle n'avait pas le droit de priver Arizona de sa vie, elle devait la faire passer en priorité cette fois. Elle le lui avait expliqué, elle avait dû l'enfermer à double tour dans le tiroir, elle n'aurait jamais dû en sortir, elle devait retourner dans ce tiroir. Le son des béquilles d'Arizona entrant dans la pièce, interrompt la course folle de ses pensées.

- Hey quelque chose ne va pas ? Tu veux que je reste avec toi et puis tu t'en vas ? Pourquoi tu ne m'as pas réveillée ?

- Je ne suis pas arrivée à trouver le sommeil, et tu as besoin de repos aussi.

- Tu as mal quelque part ? Tu as de la fièvre ?

Déclenchant le mode : -médecin ex-femme hyper-protectrice paniquée, totalement amoureuse mais ne voulant pas l'avouer encore, ou en tout cas pas à voix haute- Arizona se précipite vers la brune pour l'évaluer.

- J'ai réfléchi Arizona. Tu n'as pas à arrêter ta vie pour moi. Tu dois revenir à Seattle et continuer à avancer. Levant les yeux au ciel la blonde soupire avant de répondre d'un ton ferme.

- On en a déjà parlé Callie, nous rentrons à Seattle ensemble et tu continues ton traitement à Seattle ou tu fais ton traitement à Portland et je ne quitte pas Portland ! Fin de la discussion. Et arrête de me dire ce que je dois faire s'il te plait !

- Je ne suis rien d'autre que ton ex-femme

- Et tu pense que ce n'est rien?

- Non...non bien sur... Je veux dire.. tu n'as pas à sacrifier ta carrière, ta relation, ta vie pour ton ex-femme !

- Qu'est ce qui ne va pas avec toi aujourd'hui ? De quelle relation parles-tu ? Carina ? Arizona paraissait visiblement agacée

Je ne sais pas qui t'a parlé de Carina et je ne veux même pas le savoir. Putain Meredith va m'entendre ! marmonne Arizona se promettant de fustiger la chirurgienne, et tout le moulin à rumeurs du Grey Sloan Memorial. Tu n'as pas à te préoccuper de Carina okay ? Prévient-elle sèchement les sourcils froncés.

Confrontée à la contrariété de son ex-femme et à sa volonté farouche de protéger sa petite amie, Callie baisse les yeux, dissimulant le sentiment de tristesse mêlé d'un peu de jalousie qu'elle aurait aimé ne pas ressentir

- Désolée, tu as raison ce ne sont pas mes affaires, j'ai passé la ligne. Encore. Mais…

- Ecoute, Carina c'est…euh …c'était …

La blonde hésite, tortillant ses doigts avec anxiété, elle cherche les mots justes, laissant Callie dans une incertitude affligeante.

- C'est bon, tu n'as pas à te justifier, tu n'as rien à dire Arizona, je comprends …

- Ah et tu comprends quoi ? Hein ? Tu es encore une fois en train de mettre les mots dans ma bouche et de créer des problèmes là où il n'y en a pas Callie ! agacée elle élève le ton malgré elle

- Tu pleurais en t'endormant ! Et…pour la première fois je ne sais pas pourquoi tu es triste, parce que tu as une vie sans moi depuis des années, et tu l'as abandonnée du jour au lendemain.

Arizona ferme les yeux, elle ne veut pas se laisser déborder par la contrariété. Elle essayait de ne jamais perdre son calme, d'abord Callie était malade, et de toute façon rien ne sortait de bon de cette manière avec la latine

Elle aurait vraiment préféré éviter cette conversation, elles avaient d'autres problèmes en ce moment pour avoir à se préoccuper d'une relation dans laquelle elle ne s'était même pas vraiment impliquée. De plus, elle ne voulait vraiment pas discuter de ça avec son ex-femme. Elle ne voulait pas de Callie comme amie, elle n'avait pas envie que Callie soit ravie de sa relation, mais elle ne voulait pas non plus envisager une relation amoureuse avec Callie. Comment expliquer, il y avait un tel désordre dans sa tête. Mais elle connait Callie, elle ne peut pas la laisser avec ça en tête, elle va pousser, et pousser encore jusqu'à l'explosion, alors elle se résigne à contre cœur.

- Putain ! tu sais bien que je n'aime pas entendre parler de tes ex et je déteste te parler des miens… Je ne sais pas comment appeler ça … elle ouvre grand ses yeux en soupirant, cherchant une définition adéquate. Euh …c'est… Carina c'est… « C'était du sexe médicament » ! Un rictus de consternation s'inscrit sur son visage dès qu'elle a utilisé cette expression pour le moins dévalorisante pour son ex-amante, et tellement pitoyable dite à voix haute. Ce n'est pas une relation dans laquelle je me suis vraiment investie en tout cas. Crois-moi, elle-même est certainement déjà passée à autre chose. Dooonc, on se concentre sur ce que l'on fait ici.

- Sexe médicament ? grimace Callie, stupéfaite par la métaphore

- Ouai ce truc. Tu sais. Pas vraiment une relation avec laquelle tu envisages un avenir mais c'est sympa et tu ne rentres pas toujours seule dans une maison vide. Elle soupire. J'ai en quelque sorte accepté l'idée que j'avais eu ma grande histoire et ça va maintenant. Donc un truc sympa, c'était pas mal et puis j'ai un peu passé l'âge de draguer et me faire draguer dans les bars.

Callie semble éberluée et même désarmée par la théorie sur la les relations amoureuses d'Arizona. Si elle, tombe immédiatement amoureuse, à l'opposé, son ex-femme à une vision de la sexualité, extrêmement détachée des sentiments. Elle savait ça, elle l'a toujours su, mais ça reste toujours un peu déconcertant de l'entendre. Non pas qu'Arizona ait eu aussi peu de considération pour elle. Bien au contraire la blonde avait littéralement changé ses habitudes lorsqu'elle l'avait rencontrée. Callie se demandait même à cette époque, si elles finiraient par avoir des relations sexuelles un jour. En effet, le chirurgien pédiatrique avait été vraiment très respectueuse de son corps pendant de très, très longs mois. Des années plus tard, Arizona lui avait avoué, qu'elle savait dès le premier baiser que c'était différent avec Callie, et qu'elle était paniquée à l'idée de ne pas être à la hauteur, ce qui avait ramené l'histoire du nouveau-né à zéro dans des éclats de rire. La latine ne peut dissimuler un sourire, à la pensée que sa femme n'aimait personne comme elle l'avait aimée.

- Tu le dis toi-même, tu n'es même pas mon amie, seulement mon ex- femme, et tu n'as pas à faire ça.

- Mais je veux le faire , si tu me laisses Murmure-t-elle en hochant une épaule. Je suis désolée j'ai encore une fois mal dit les choses.

Elle s'assied sur la table pour faire face à Callie, baissant la tête pour essayer d'attraper son regard. Elle prend une profonde inspiration, et expulse lentement l'air entre ses lèvres serrées, comme elle le fait toujours quand elle doit trouver le courage de verbaliser les émotions qu'elle garde depuis des années au plus profond d'elle.

- J'ai peur. J'ai toujours échoué avec toi, j'ai essayé tellement fort d'être à la hauteur tout le long de notre histoire, mais j'ai toujours échoué. J'avais tellement peur que j'ai même fui le bonheur de peur qu'il ne se sauve. Pour une raison ou une autre j'ai toujours eu peur de te perdre, elle hausse les épaules de dépit et c'est exactement ce que j'ai fini par obtenir. Je t'ai perdue. Et j'ai peur parce que cette fois, je ne peux pas échouer. Je veux tellement que tu guérisses Calliope, je veux ça plus que tout mais j'ai peur de ne pas être la personne qu'il te faut. Marc serait cette personne c'est certain, mais moi je n'ai jamais réussi.

- C'est ça ?

- Quoi ça ?

- C'est ce qui te fait paniquer ? Tu penses encore que tu fais moins bien que Marc ? Arizona! Comment une personne aussi intelligente que toi peux dire autant d'inepties dans une seule phrase. S'exclame Callie en levant les yeux au ciel

De qui crois-tu que j'avais besoin dans cette salle de bain, au tribunal ? J'étais en train de déchirer, toi tu rentres et avec ton petit dessin de Sofia et tes conneries sur les papillons sur mes collants, tu me fais rire et tu me remets sur pied, tu m'as remise en confiance en un tour de main pour que je puisse témoigner, alors qu'il y avait un micro devant moi et tout ! Personne d'autre ne peut faire ça

Arizona rit au souvenir de la phobie de Callie de parler en public, en particulier quand il y a un micro.

- Ouai, je ne savais pas si tu avais pensé au micro. J'étais vraiment inquiète depuis des jours à ce sujet, mais je n'osais même pas venir t'en parler.

- Quand je l'ai réalisé, en entrant au tribunal, j'étais terrorisée, j'ai cru que j'allais m'enfuir en courant. S'exclame Callie entre deux rires, elle regarde la blonde tendrement.

Arizona, tu as été, et tu es, plus qu'à la hauteur,. La vie nous a jeté tellement de merde en quelques années Pourtant regarde nous, nous sommes là encore ensemble, traversant encore une autre épreuve. Et tout ça c'est grâce à toi. Je n'appelle pas ça un échec moi.

Dans les bras de qui je pleurais, quand ma famille m'a rejetée ? Qui était là après l'accident de voiture ? Prenant une profonde inspiration la latine expire un lourd soupir. Malgré tout, qui m'a donné ce qu'elle avait de plus cher, dans l'espoir de me rendre heureuse?

Arizona lève des yeux pleins de larmes sur la brune dont les yeux brillaient aussi. Personne ne peut la rassurer comme cette femme, elle a tellement besoin d'elle aussi

- Arrête de me virer alors. Elle gémit à voix basse

Callie s'approche et déplace une mèche de cheveux blonds tombant devant les yeux bleus, en souriant elle déclare

- J'arrête de te virer

Un silence confortable s'installe entre les deux femmes secouées par tant d'émotion. Soudain Arizona racle sa gorge.

-Je ne veux pas être ton amie Callie, tu ne peux pas être mon amie non plus. Tu es celle avec qui je voulais construire ma vie, ce n'est pas ce que l'on veut avec ses amis. Je suis… « l'autre mère de ta fille ton ex-femme qui se soucie encore, beaucoup de toi », mais pas ton amie.

-Okay. Callie ne cachant pas sa joie, se met en mode actrice, tendant une main à un personnage invisible devant elle. Bonjour laissez-moi vous présenter le Dr Robbins, « l'autre mère de ma fille, mon ex-femme qui se soucie encore, beaucoup de moi ». Hum…C'est un peu long pour des présentations, mais j'achète.

Arizona prend la couverture posée sur le dos du canapé, la drape sur Callie en gloussant aux enfantillages de son ex-femme.

- Allez « l'autre mère de ma fille mon ex-femme dont je me soucie beaucoup » Arrête de faire marcher ton cerveau trop vite et de paniquer pour des problèmes qui n'existent pas. Il nous reste que quelques heures avant de retourner à l'hôpital alors allonge toi et repose-toi maintenant.

- Même si les circonstances ne sont pas idéales, j'aime beaucoup être coincée avec toi, Arizona. Chuchote Callie les yeux déjà fermés

Arizona se rapproche d'elle et dépose un doux baiser sur sa tempe. C'est ainsi qu'est sa Calliope, elle passe en un éclair d'un sentiment à l'autre. Il y a quelques années elle se sentait coincé avec elle et affirmait à qui voulait l'entendre qu'elle vivait un amour avec « Perfect Pretty Penny » comme elle ne l'avait jamais vécue avant. La blonde se souvient de ces mots, dieu que ça avait fait mal d'entendre ça, et que cette femme était difficile à suivre. Pourtant, elle l'avait toujours suivie, poursuivie même quelques fois, et elle continuait encore.

- Ça ne va pas être simple, non ça ne va pas être simple murmure t-elle pour elle -même


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