Chapitre 6 : Noël.
Les flammes crépitaient, elles illuminaient la grande pièce, un grand salon où les membres de la famille principale des Addams étaient tous assis. Lurch jouait du piano alors que Gomez lisait le journal du jour. Pétunia était confortablement assise sur le canapé avec son neveu, Azazel, qui lui racontait en détail ce qu'il s'était passé durant les premiers mois à Poudlard. Wednesday et Pugsley ajoutaient de temps à autre des détails que leur frère oubliait.
-Et qui est votre professeur de potion ? demanda Pétunia curieuse de savoir si Horace était toujours le professeur de potion.
Lily, sa sœur, avait passé ses étés à lui raconter ce qu'il se passait à Poudlard même si elle l'avait déjà fait dans ses lettres. Pétunia avait aimé entendre les histoires de Poudlard par la bouche de sa sœur.
-Severus Snape. Répondit Pugsley avant que son frère ne réponde.
Les yeux de Pétunia Addams s'élargirent sous le choc. Gomez leva les yeux vers sa belle-soeur. Fester jeta un regard curieux à sa femme. Tous se tournèrent vers Pétunia attendant qu'elle parle. Comment connaissait-elle le professeur de potion ?
-Il était l'ami d'enfance de ma sœur, commença Pétunia avec un sourire nostalgique. C'est lui qui nous a appris que Lily était une sorcière. Néanmoins, leur amitié s'est brisée durant leur sixième année lorsque Snape a insulté Lily de "mudblood". Ils avaient été par le passé très proches, malgré le fait qu'ils avaient été répartis dans une différente maison, Snape à Serpentard et Lily à Gryffondor, ils avaient gardé une certaine relation jusqu'à leur sixième année.
-Mudblood ? Pourquoi a-t-il dit ça ? demanda Fester très curieux.
La pureté de sang n'avait jamais été dans les priorités des Addams. Certes, tout sang pur naissait avec des avantages tels que des héritages magiques, par exemple, mais ceux de famille non maj pouvaient débloquer - ce n'était pas rare si c'était fait avec la bonne manière - leurs capacités ou héritages magiques.
-Je ne…
Pétunia s'interrompit elle-même cherchant dans sa mémoire si Lily lui avait dit ce qu'il s'était passé. Quelques longues secondes passèrent durant laquelle tous la regardèrent.
-Eh bien, il me semble que Snape ait été influencé durant sa jeunesse par des 'mangemorts' et Lily a tenté de… Enfin, je ne sais plus, ce n'est pas grave. Soupira Pétunia ne pouvant pas se souvenir de la raison qui avait poussé l'ami d'enfance de sa soeur à insulter Lily et donc briser leur amitié.
Ils hochèrent la tête n'insistant pas. La conversation dériva sur les cours dont l'ennui les assaillait à chaque fois. Pugsley mentionnait les cours à distance que Samedi faisait, Morticia approuvait l'initiative de sa cousine.
Azazel sourit. Pétunia avec l'accord de ses parents lui avait parlé de ses origines. Elle lui avait raconté l'histoire de ses premiers parents, un couple qui était mort pour le protéger. Sa tante avait également mentionné qu'il avait un parrain qui faisait parti de la Noble et Ancienne Maison des Blacks.
-Père, Mère, Oncle, Tante, qu'en est-il de Sirius Black ? Avez-vous trouvé quelque chose à son sujet ? demanda Azazel très curieux.
Gomez ferma le journal, il le posa sur la table basse. Gomez avait effectivement trouvé des informations sur Sirius Black grâce à son réseau d'informateurs. Le soi-disant criminel, Sirius Black, aurait selon le Ministère Anglais trahi les Potter en vendant l'information sur leur localisation. Néanmoins, Pétunia avait attesté - et plus tard les Gobelins l'avaient également attesté - que Sirius Black n'avait pas été le gardien secret du Fidelus. Non seulement, Sirius Black était innocent mais il avait été aussi victime d'un complot commandité par le véritable coupable Peter Pettigrew.
Alors que sa femme parlait de l'affaire, Gomez s'autorisa à repenser à ses dernières actions. Il ne pouvait pas laisser un Héritier, Héritier Black selon ses informations, qui avait fuit ses propres responsabilités et qui était en plein déni. De plus, Sirius Black aura besoin d'un traitement mental comme physique après sa libération. Son fils, Azazel, aura son parrain libéré avant même qu'il retourne à Poudlard pour sa deuxième année, foi d'Addams ! Gomez avait écrit une lettre à l'actuel Lord Black pour lui demander un rendez-vous, Gomez était sûr que Lord Black accepterait. Cela avait tendance à choquer quand un Addams faisait un pas.
Les températures en France avaient dangereusement chuté. Une tempête magique avait frappé la France au début des vacances de Noël. Samedi était rentrée dans son manoir en France, elle ne pouvait pas laisser sa demeure vide trop longtemps au cas où quelqu'un tentait de voler ou quelque chose dans ce style-là.
Sa demeure se situait en Bourgogne, où le vin était juste exquis, de superbes et puissantes barrières magiques entouraient sa demeure et ses environs. Le manoir appartenait auparavant à la famille de sa mère : sa mère y était née, elle y avait grandi, et ensuite au moment de sa mort, elle lui avait légué la grande demeure. Le manoir était situé non loin d'une ville et d'un village, tous se trouvant à l'opposé de l'autre. La forêt de l'éternelle folie entourait la demeure, le nom de la forêt n'était certes pas commun cependant les gens se fichaient du nom pensant que cela venait d'une légende urbaine. Néanmoins, Samedi connaissait l'origine du nom. C'était une histoire bien sombre qui avait été gardée pendant de nombreuses années dans les cartons suite au dernier accident. Samedi savait qu'il était dangereux de vivre dans cette forêt néanmoins elle y était née, elle y avait grandi, elle y habitait toujours, et pour rien au monde elle n'abandonnerait les lieux. C'était son territoire.
La neige tombait sur Dijon. Tous étaient vêtus d'un manteau chaud, d'une paire de gants (bien que certains n'en portaient pas), et tous se pressaient dans les courses de dernière minute pour Noël. Samedi, la jeune sorcière avait décidé d'aller à Dijon puisque c'était la ville qui possédait le meilleur marché sorcier de Noël. Dijon avait été plus d'une dizaine de fois nommé meilleur marché sorcier de Noël. Elle recherchait des cadeaux spécifiques pour sa famille. Donc, le marché sorcier de Noël était la meilleure place pour y aller.
La jeune sorcière malgré ses onze ans était déjà indépendante bien que personne ne l'avait encore réalisé. L'indépendance avait frappé Samedi très tôt, et même si Cousin Itt s'était occupé de lui faire découvrir toutes les branches et la famille principale du clan Addams, Samedi restait très indépendante. Cousin Itt s'occupait principalement des frais de son éducation, de sa santé et de d'autres paramètres qu'un enfant tel que Samedi ne devrait pas y penser.
-J'y viens d'y penser, c'te honte quand… Entendit Samedi alors qu'elle marchait dans la rue, un sourire fleurit ses lèvres en entendant le bourguignon parlé.
Samedi aimait parler des dialectes comme le bourguignon. Il était très naturel pour elle d'apprendre les accents comme les dialectes lorsqu'elle apprenait les langues.
-V'là l'autre busard, il a beugné ma… Qu'est-ce qu'on fait à draler là ?!
Samedi dépassa les deux hommes bourguignons qui parlaient récoltant quelques regards venant des passants, elle huma une chanson bourguignonne avec un sourire. La jeune sorcière portait un manteau bien chaud noir et gris, un bonnet rouge couvrant sa tête et ses oreilles. La jeune sorcière s'arrêta près d'un stand non loin de l'entrée du marché magique de Noë vendeur était une Little Witch, malgré le froid hivernal l'homme porte seulement un tee-shirt noir avec un tablier bleu avec des points rouges. Samedi observa ce que le vendeur vendait avec attention : il y avait du vin chaud, des gâteaux, des sucreries et du chocolat chaud. Samedi finalement se décida à prendre un gobelet avec du vin chaud à l'intérieur, trois sachets de gâteau, du chocolat chaud dans une gourde magique - qui permet au chocolat chaud de garder sa chaleur - ainsi qu'un sachet de sucrerie. Elle paya en tout quinze euros cinquante. La jeune sorcière vit le vendeur lui faire un clin d'oeil ayant deviné qu'elle était une sorcière. Les Little Witch n'étaient très souvent pas reconnaissables cependant il existait des exceptions comme les Addams qui peuvent les repérer facilement. Par contre, les Little Witch étaient capables de reconnaître n'importe qui.
L'entrée du marché magique était un grand mur coloré, c'était dû moins ce que les non maj voyaient, néanmoins l'entrée était différente pour tous les êtres magiques. Il y avait un grand portail métallique ouvert, des fleurs - sanguis - se mêlaient à la pierre d'argent et formaient une grande porte. Deux lanternes étaient accrochées au-dessus de la porte, au lieu du feu habituel jaune orange, c'était du feu violet. Cela voulait dire qu'une seule chose : des personnalités royales se trouvaient au marché. La jeune sorcière s'avança vers la porte saluant poliment les personnes autour d'elle - des vampires, des elfes, des sorciers - son visage devint complètement impassible alors qu'elle pénétrait les lieux.
Magique. C'était magique.
Des lanternes au feu violet flottaient au-dessus des stands, une grande foule parcourait les allés, l'atmosphère était bonne enfant. Samedi décida de visiter le rechausser avant d'aller à l'étage, il y avait tellement de choses à faire. La jeune sorcière se déplaçait avec aise à travers la foule regardant avec fascination chaque stand, parfois elle s'arrêtait pour regarder de plus près ce que les vendeurs avaient à proposer. Malgré le fait que Samedi n'aime pas la foule, elle pouvait très bien traverser une foule. Pour un enfant de onze ans, ses émotions étaient bien contrôlées cependant pour toute autre personne, un enfant ne montrant aucune émotion était étrange. Sa mère lui avait enseigné lorsqu'elle était encore en vie ce que tout enfant né d'une famille sang pur devait connaître. Bien que les Addams étaient un clan qui vivait différemment des autres sang purs, que sa mère soit une Addams, son père ne l'était pas. Elle n'avait jamais su le nom de son père, tout ce que sa mère lui avait dit, c'était qu'il était un sang pur d'une grande famille anglaise.
Les stands étaient très différents des uns et des autres. D'abord, il y avait des stands avec babioles, des objets magiques tel que les Porkeys, des tentes magiques ou encore des balais, ensuite, il y avait des stands de nourriture et de boisson tous proposaient un menu spécial Noël mélangeant non maj et magique traditions, et il y avait des stands de livre. Samedi s'arrêta trois fois à trois stands de livre différents, elle acheta une dizaine de livres pour cadeaux et deux pour elle-même. Ensuite, elle acheta divers produits comme des en-cas et des boissons. Lorsque la jeune Addams eut fait le tour du rechaussé, elle monta les marches d'un grand escalier illuminé. Le premier étage était tout aussi illuminé, des lanternes flottaient au-dessus des stands de jeux et d'amusements, des enfants couraient dans tous les sens jouant à des jeux aussi bien magiques que non maj.
Samedi mit ses mains dans la poche. Ses achats étaient tous rangés dans son sac sans fond. Il y avait un sort antivol dessus. L'enfant parcourut le premier étage sans être intéressé par quoique ce soit, elle monta au deuxième trouvant un jolie jardin. Il n'y avait pas énormément de monde. Un garçon la bouscula brutalement, Samedi tomba par terre, elle se releva pour voir le garçon s'en aller sans s'excuser.
-Attendez donc ! N'allez-vous donc pas vous excuser pour votre comportement ? appela t-elle.
Le garçon gela. Il tourna les talons et lui fit face. La surprise quitta son visage rapidement lorsqu'il la vit, du dégoût et de l'arrogance apparurent sur son visage.
-Je n'ai pas à m'excuser à une pourriture dans ton espèce, railla le garçon légèrement plus âgé qu'elle.
-Pourriture ? Surveille tes mots, visiblement personne ne t'a appris la politesse. Répliqua d'une voix glaciale Samedi s'approchant doucement de lui tel un prédateur.
Le garçon se tendit. Samedi l'observa attentivement. C'était un garçon d'environ douze ans qui avait des cheveux bruns et des yeux noisettes. L'arrogance brillait dans ses yeux.
-Je n'ai pas à écouter une petite fille comme toi ! Sais-tu qui je suis ?! cria t-il soudainement en colère. Je suis Thomas Von Schokolade !
Il sourit narquoisement pensant que la gamine allait immédiatement s'excuser cependant elle se contenta de lever un sourcil.
-Schön Sie kennenlernen, Thomas Von Schokolade. Ich bin Samedi Addams, mit zwei 'd'. (Ravi de vous rencontrer, Thomas Von Schokolade. Je suis Samedi Addams, avec deux 'd') Se présenta t-elle avec un sourire de prédateur.
Thomas pâlit soudainement. Ses mains se mirent à trembler tandis que l'arrogance disparaissait de ses traits. De la sueur commença à couler son visage, Thomas savait qu'il allait faire une grosse erreur. Maintenant, il comprenait pourquoi son oncle disait que son comportement allait lui causer du tort.
-Bitte ! Vergebt mir ! (S'il vous plaît ! Pardonnez moi !)
Samedi le fixa en silence. Tel un prédateur qui souhaitait dévorer sa proie, elle attendait regardant le garçon pâle et tremblant. Par son comportement, Samedi comprit que ce n'était pas la première fois que le garçon - Thomas - causait un tel problème.
-Ist dein Vater Lord Von Schokolade ? (est-ce que ton père est Lord Von Schokolade?) demanda-t-elle au bout de trois longues minutes.
-Nein, Lord Von Schokolade ist mein Onkel. (Non, Lord Von Schokolade est mon oncle) Répondit-il sans mentir se demandant pourquoi elle n'acceptait pas ses excuses.
-Mein cousin, Lord Addams, kennt dein Onkel. Sie sprechen durch Briefe. Du musst ein Brief schreiben. Du musst die Brief an mir senden. Natürlich, das ist ein Entschuldigungsbrief dass du schreiben musst. (Mon cousin, Lord Addams, connait ton oncle. Ils parlent à travers des lettres. Tu dois écrire une lettre. Tu dois m'envoyer cette lettre. Bien sûr, c'est une lettre d'excuse que tu dois écrire.) Lui informa poliment Samedi regardant le visage du garçon pâlir encore plus.
Thomas hocha la tête. Puis, Samedi le salua poliment, il fit de même. Ils se séparèrent. L'une était très satisfaite de la tournure des événements, l'autre tremblait à l'idée même de voir sa famille, sans doute qu'elle saura la récente bêtise qu'il avait faite.
Samedi s'arrêta net de marcher au bout de cinq minutes quand un garçon, un blondinet portant une tiara, bloqua son passage.
-Shishishi, tu es la paysanne active que je sens depuis tout à l'heure.
Samedi clignota des yeux. Paysanne active ? Et pourquoi portait-il une tiara sur la tête ? C'était un garçon blond un peu plus âgé qu'elle portant un uniforme qu'elle ne reconnaissait pas pourtant il était familier.
-Je n'ai pas la moindre idée de ce que tu me parles. Fit Samedi avec un sourire courtois.
-Ich spreche auf deine Flammen. (Je parle de tes flammes) Lui informa le blondinet avec un sourire.
Ses flammes ? Soudainement, Samedi comprit. Au cours de ces dernières semaines, Samedi avait fait des recherches sur le pouvoir qu'elle avait découvert lors de l'accident avec le troll mutant. Elle avait débloqué les flammes de dernière volonté. Samedi s'apprêtait à parler cependant elle ferma la bouche réalisant à qui elle parlait. Grâce aux lettres échangées avec des membres de la famille, Samedi avait découvert le fonctionnement des flammes de dernière volonté et de la mafia. L'uniforme que le blondinet portait correspondait à la description des uniformes de la Varia, la meilleure équipe d'assassinat au monde. Le blondinet faisait non seulement partie de la Varia mais il était également le Prince d'un Royaume magique.
-Oh mein Prinz ! Vergebt mir ! Ich entdeckte kürzlich meine Flammen. (Oh mon Prince ! Pardonnez-moi ! J'ai récemment découvert mes flammes.) Dit-elle au bout d'une minute.
Le blond ne dit rien pendant un moment. Mais le regard surprit en valait la peine. Peut-être, il n'avait pas prévu de se faire reconnaître. Il l'observa pendant un long moment, réfléchissant. Puis, au coup de dix-neuf heures, le blond s'éclaircit la gorge.
-Je m'appelle Belphégor, Prince du Royaume de Sanguis. Se présenta t-il avec toute la stature d'un prince.
-Samedi Addams. Se présenta, à son tour, Samedi.
-Shishishi, jamais je n'aurai cru rencontrer une Addams. Rit le blondinet en s'asseyant sur banc et invitant en même temps son interlocutrice à faire de même.
-Cela va de même pour moi, ce n'est pas tous les jours qu'on rencontre un prince. Déclara Samedi avec un petit sourire.
Belphégor ne s'attendait à être reconnu, de plus cela faisait quelques années qu'il n'était plus un prince. En soi, il l'était toujours, c'était son droit de naissance. Seulement, il était plus le Prince Ripper, Belphégor, commandant de la division tempête de la Varia. Il n'aurait jamais cru un jour rencontrer une Addams. Belphégor fronça les sourcils en regardant les airs aristocratiques du visage de son interlocutrice, ces airs-là étaient familiers pour une raison inconnue.
-Bist du eine Schülerin auf Poudlard ? (Es-tu une élève de Poudlard?) demanda le blond ayant entendu des rumeurs comme quoi des Addams étaient en train d'étudier à Poudlard.
-Ja. (Oui) Répondit calmement Samedi observant le joli jardin.
-Du bist Aktiv. (Tu es active.) Shishishi. Je suis sûr que t'as déjà deviné qui je suis, n'est-ce pas ?
Elle acquiesça.
-Garde ces informations pour toi. Shishishi.
Puis, le blondinet lui tendit une main, Samedi la serra. Le Prince Ripper lui dit par la suite qu'ils devraient devenir amis. Samedi lui demanda pourquoi, il lui dit simplement qu'il l'aimait bien. Ils échangèrent leurs numéros de téléphone, Belphégor lui déclara qu'il lui écrirait des lettres lorsqu'elle reviendrait à Poudlard. L'assassin la salua et partit probablement pour terminer ce qu'il était en train de faire.
Au matin de Noël, alors que la région s'éveillait lentement sous les cris des enfants pressés de voir leurs cadeaux, de la neige tombait du ciel et recouvrait les traces laissés par les pas.
La forêt de l'éternelle folie était déjà éveillée. Chaque matin de Noël, la forêt frappait de toutes ses forces la moindre personne voulant s'aventurer à l'intérieur d'elle-même. Samedi, vêtu d'un manteau noir bien chaud, se trouvait dans le jardin de son manoir écoutant les murmures venant de la forêt. L'enfant frissonna. Elle n'avait pas été dans la forêt depuis la mort de sa mère, elle ne savait pas comment elle allait faire mais elle devait le faire. Chaque Addams ayant vécu dans cette demeure devait chaque matin de Noël traverser la forêt. C'était le prix à payer pour pouvoir vivre dans la demeure. L'enfant serra le panier en osier dans ses bras et s'avança vers la forêt dont le volume des voix augmentait au fur à mesure.
La magie de la forêt, brute et dangereuse, s'enveloppa autour de Samedi. L'enfant grimaça, elle serra les dents lorsque deux mains invisibles enfoncèrent leurs griffes dans ses épaules. Les mains se retirèrent soudainement, la présence invisible disparut tandis qu'une autre apparaissait. Différents esprits vivaient dans la forêt, ce n'était pas des esprits bienveillants mais bien des esprits dont la santé mentale avait été brisé lorsqu'ils étaient encore vivants. Samedi ne connaissait pas la véritable histoire de la forêt de l'éternelle forêt, elle n'en connaissait que les bases, des informations que la famille de sa mère avait récolté au cours des derniers siècles. Les esprits de la forêt pouvaient blesser n'importe qui mais ils ne pouvaient pas tuer, généralement les personnes qui se perdaient dans cette forêt s'ôtaient la vie. Très peu de personnes avaient réussi à s'enfuir de la forêt. Cette forêt magique laissait des traces autant physiques que mentales.
-Penses-tu pouvoir t'échapper, t'échapper, t'échapper…? murmura une voix masculine au creux de l'oreille.
Samedi tentait de garder son sang froid alors que son corps était paralysé. Elle sentit des lames s'enfoncer dans sa peau provoquant une douleur épouvantable. Les murmures de l'être masculin continuaient, soudainement Samedi eut un flash. Elle se souvenait de cet être, ce n'était pas la première fois qu'elle le rencontrait, depuis sa naissance il était attaché à elle.
-J'aime… j'aime, j'aime te voir ainsi, tu es à moi, à moi, à moi… murmura t-il.
L'enfant se forçait à avancer malgré la douleur, malgré les murmures cruels qui l'entouraient, malgré la dangereuse magie qui l'assaillait. Samedi arrivait à marcher normalement malgré tous les efforts des esprits de la forêt à la ralentir le plus possible car ils savaient tous ce qu'elle était en train de faire. Ils ne voulaient pas que leur jeu se termine. La balade dans la forêt de l'éternelle folie était nécessaire à chaque matin de Noël, cela permettait d'apaiser les esprits pendant un moment. La balade n'était certainement pas une promenade de santé, le centre de la forêt regroupait la magie, et cette magie n'était des plus chaleureuses, elle était brutale, cruelle et dangereuse, plus on s'approchait du centre, plus on ressentait la dangerosité de la magie, c'était d'ailleurs pour ça qu'à l'accoutumé plusieurs membres de la famille se devaient de parcourir la forêt jusqu'au centre.
Le centre de la forêt se trouvait à seize kilomètres de marche. Samedi fit une pause au bout de trois kilomètres. Elle agrandit son sac sans fond, elle décida de grignoter un peu tout en observant la sinistre forêt autour d'elle. Puis, l'enfant entreprit de regarder quelle sorte de blessure elle avait obtenu. Ses vêtements étaient trempés de sueur et de sang, l'enfant ne pouvait pas soigner magiquement ses blessures étant donné que le soin magique et par potion étaient tout simplement impossible à réaliser dans cette forêt.
Today you made me feel irrelevant*
Twisted my intelligence
Made it seem there's no brain in my head
I'm like a skeleton, can't shut my eyes
Le chant était un don, sa mère lui disait souvent qu'elle possédait le don du chant. Les voix se turent alors que Samedi reprenait son chemin en chantant, moins d'esprits vinrent l'attaquer, la blesser dans l'unique but de la ralentir. Il lui fallut un total de cinq heures pour arriver au centre de la forêt. Des flocons de neige tombaient encore, Samedi était en sueur et blessée, l'adrénaline avait remplacé la douleur, l'avait neutralisé pour un temps. Son manteau était troué et du sang tachait le tissu noir. Le centre de la forêt était spécial : il n'y avait aucun arbre, c'était une vaste clairière avec une sorte de lac glacé au milieu, une structure en pierre - qui était autrefois une petite demeure - se trouvait près du lac. La structure en pierre n'était que ruine. Des runes entouraient la clairière la protégeant de n'importe quel sort pouvant détruire le lieu, Samedi approcha de la barrière de runes. Doucement, son corps traversa les runes. Une vive douleur la frappa de plein fouet tandis qu'elle subissait le Jugement de la forêt éternelle de la folie. Un doux murmure absent de toute malice et cruauté parvint aux oreilles de Samedi. L'enfant marcha jusqu'aux vestiges de la petite demeure, elle déposa sur une table en pierre le panier en osier. Le chant l'avait énormément à atteindre le centre. Malgré le froid et le mal de gorge qui commençait à se sentir, Samedi continuait de chanter se souvenant des mots de sa mère lorsqu'elle l'emmenait chaque matin de Noël dans la forêt.
I'm feelin' *2
Dizzy dizzy dizzy dizzy on my mind, can't rewind
Dizzy dizzy dizzy dizzy all the time, that's my life
Dizzy dizzy dizzy dizzy on my mind, can't rewind
Dizzy dizzy dizzy dizzy all the time, that's my life
Le retour fut moins douloureux que l'allée. Samedi prit moins de temps au retour, environ deux heures et demi, elle rentra à l'intérieur du manoir et s'effondra. Raclette, un elfe de maison, vint s'occuper de Samedi. Avec les autres elfes du manoir, ils s'occupèrent de ses blessures.
Pugsley était en train de jouer contre sa sœur au échec tandis que Azazel était en train d'ouvrir une lettre de Samedi. Il se racla la gorge attirant l'attention de tout le monde puis il commença à lire.
À tous les membres du clan Addams,
Aujourd'hui, à midi, j'ai effectué un rituel au sein de la forêt de l'éternelle folie. Ce rituel permet à chacun de passer une semaine sans ressentir le moindre effet négatif provenant de la forêt. Ce rituel a été très coûteux en temps, en énergie et en magie. Je vous prierai donc de prendre soin de ce cadeau.
Je serai présente au manoir, peut-être cet été, dans tous les cas je vous prierai de m'écrire au cas où vous souhaiterez passer une semaine à la demeure.
Que les morts vous hantent,
Samedi Addams.
PS : l'indice est dans la lettre, n'oubliez pas la fête de Famille.
Fester haussa un sourcil. Il ne s'était pas du tout attendu à ça. Plus jeune, il avait entendu un sacré nombre de rumeurs sur la forêt de l'éternelle folie.
-Les enfants, j'attends de vous un comportement exemplaire. Ordonna Morticia comprenant immédiatement ce que Samedi signifiait par 'très coûteux en temps, en énergie et en magie'.
-Oui mère. Dirent en chœur les trois enfants.
-C'est en effet très généreux de sa part, bien que je me demande pourquoi elle a fait ce rituel pour chaque membre du clan. Fit Gomez pensif.
-Je lui poserai la question dans la lettre que j'écrirai. Informa Azazel faisant une note mentale à propos de cela.
-Qu'est-ce la forêt de l'éternelle folie, père ? demanda Pugsley curieux.
Gomez échangea un regard avec son frère et sa femme.
-La forêt de l'éternelle folie a des effets positifs comme négatifs. Ces effets négatifs sont dangereux : ils peuvent vous mener à la folie, vous blesser (mais pas vous tuer), ils peuvent vous affecter profondément jusqu'au point où vous pouvez finir par rester éternellement dans cette forêt… commença Fester, bien sûr c'est les informations que nous connaissons, Samedi serait beaucoup apte à nous expliquer les effets positifs et négatifs.
En somme, personne ne connaissait de réelles informations, songea Azazel très curieux. Le garçon écouta ses parents discuter de la forêt dérivant peu à peu sur d'autres sujets. Le garçon pensait déjà à demander des informations concrètes à Samedi.
Alexander était arrivé à sept heures à la demeure. La protection conférée par Samedi le protégeait des effets négatifs. Samedi étant née dans la demeure ne ressentait pas autant les effets négatifs que tout autre personne pénétrant les lieux. Il était dans le parloir avec Samedi buvant du thé.
-Ce sont un peu des mesures drastiques. Commenta l'homme référant au rituel qu'elle avait effectué.
-C'était le seul rituel qui pouvait te protéger complètement de la forêt, de plus je ne l'ai pas fait uniquement pour toi. Il y a une autre raison.
Alexander haussa un sourcil très surpris.
-Laquelle ? demanda-t-il d'un ton neutre.
-Tu sais très bien qu'il y a une fête de Famille en été. Qui a ton avis est l'hôte ?
Il faillit s'étouffer avec son thé. Il avait complètement oublié qu'il y avait une fête de Famille en été. Maintenant, il comprenait pourquoi Samedi avait fait ce rituel.
-Techniquement, je referais le rituel avant le début de la Fête de Famille car je pense que certains viendront passer un séjour ici. Dans tous les cas, Raclette m'informera des venues.
Le nécromancien hocha la tête. La discussion dériva sur le rituel de purification que Alexander avait trouvé pour soigner Samedi. C'était un rituel très ancien dont la durée était de huit heures. Le nécromancien précisa également que le rituel n'était pas sans douleur. L'homme parla en détail du rituel qui se déroula en début d'après-midi puisque Alexander avait besoin de temps pour préparer la salle de rituel.
Note de fin de chapitre.
*Kill somebody de Yungblud.
*2 - Dizzy de Missio.
