Un Dernier Détail

J'observais Harry, assis à son chevet. Je venais de lui administrer le breuvage. Il ne restait plus qu'à espérer. Puis, quand je remarquai que les Avengers et les membres de l'Ordre commençaient à s'agiter, je me levai et baisai le front du jeune homme, murmurant un sort pour le protéger au passage avant de les rejoindre.

« Il me semble qu'il reste encore un indésirable, » fis-je après les avoir salués.

« Voldemort, » confirma Minerva. « Mais comment le retrouver maintenant ? Il doit certainement avoir disparu. »

« Il peut certainement se dissimuler aux yeux de tous mais pas d'une personne, » ris-je doucement tout en portant mon regard sur Thor.

« Tu penses à qui je pense ? » fit ce dernier.

« Et à qui penserais-tu ? » rétorquai-je.

« Heimdall. Et toi ? »

Je me frappai le visage en soupirant de dépit.

« Pas à lui ! Enfin… peut-être qu'il pourrait le voir… Mais tu me vois lui demander ?! Il me renverrait pieds et poings liés directement devant Odin sans même me laisser terminer le travail ici ! Non, je ne demanderai pas son aide ! » terminai-je en croisant les bras.

« Et tu pensais à qui alors ? » soupira à son tour Natasha Romanoff.

« A moi, » répondis-je en dévoilant la marque des ténèbres sur mon bras. « En prenant l'identité, l'apparence même de Severus Snape, en prenant l'essence même qu'il m'avait donné de son plein gré, je tiens à le préciser, eh bien, j'ai pris ses problèmes, ses serments et ses attachements. Je suis donc devenu le parrain de Drago Malfoy, mais aussi un serviteur du Seigneur des Ténèbres et un espion pour l'Ordre du Phénix. »

« Tu le savais avant de prendre son apparence ? » demanda Steve Rogers.

« Si je savais que prenant son apparence pour vous fuir, je me glissais dans des ennuis mortels ? » ris-je doucement. « Oui. Mais ce sont des problèmes midgardiens, je ne les trouvais pas si insurmontables comparés aux miens. Et j'avais besoin de temps pour réfléchir. Quoi de mieux que de vivre la vie d'un autre en attendant ? » Je gardais le silence un instant. « Cette marque est empreinte de la magie du Seigneur des Ténèbres. Avec elle, il peut nous appeler, mais nous, mangemorts, en retour, nous pouvons le retrouver. Où qu'il soit. Encore plus maintenant qu'il est au summum de sa puissance. »

« Et tu peux le retrouver là, maintenant, mon frère ? » demanda Thor.

Je soupirai à l'appellation familière mais fermai les yeux, la main suspendue deux centimètres au-dessus de la marque. Je laissai la magie du Lord Noir, ce lien ténu qui existait entre nous depuis le rituel, me guider. Je le retrouvai bien rapidement mais je sentis quelque chose d'étrange. Quelque chose que je n'avais encore jamais ressenti auparavant. Dans le doute, avant d'y amener du monde, je pris la décision de m'y diriger seul.

Je rouvris les yeux et les fixai avec un sourire en coin avant de disparaitre. Je me retrouvai devant une bâtisse en ruine en plein milieu d'une forêt sombre. Ayant parcouru Midgard d'innombrables fois, je reconnus immédiatement la Forêt Noire.

« L'Allemagne, » murmurai-je. « Bon endroit pour s'isoler… mais pas assez dissimulé pour moi, vieux serpent. »

Je me métamorphosai en corbeau et partis à la recherche du mage noir. Je le retrouvai rapidement au milieu des ruines. Il mangeait … quelque chose. Je n'arrivais pas à déterminer quoi et j'avouais ne pas vouloir le savoir. Pour l'empêcher de s'enfuir à mon apparition, je tissais au préalable une toile magique. Il serait pris au piège dans mes filets.

Une fois sûr de mon piège, ce qui ne me prit pas plus de deux minutes, j'apparus devant l'homme qui avait causé tant de malheurs et en particulier sur mon protégé.

« Alors, » fis-je. « Tu croyais vraiment pouvoir m'échapper, misérable Mortel ? »

Voldemort bondit sur ses pieds et me lança un sortilège. Je l'évitai facilement d'un pas sur le côté. Il m'en lança d'autres que j'évitai ou bloquai aussi facilement que je respirais.

« Est-ce tout ce dont tu es capable ? » ricanai-je, amusé et ajoutant une once de menace dans ma voix. « Et tu espères pouvoir me vaincre avec ces sortilèges minables ? »

Je le laissai encore tenter quelques maléfices bien noirs avant de le mettre à ma merci. Une fois qu'il fut à mes pieds sans défense et avec une lueur de frayeur dans le regard, je m'agenouillai devant lui pour prendre son menton entre mes doigts et ce sans la moindre douceur.

« Tu t'es cru puissant. Le plus grand sorcier qu'il puisse exister, » murmurai-je à son oreille. « Hélas pour toi, tu as touché à mon protégé bien trop de fois et cela m'a mis en colère. Et il n'est jamais bon de mettre en colère le plus grand sorcier de l'univers. »

« Tu ne peux pas être … »

« Le dieu Loki ? Bien sûr que si, misérable. Et c'est justement parce que je suis qui je suis que tu ne peux pas me vaincre avec de si pathétiques sortilèges. Aucun Midgardien n'a encore le pouvoir, ni la sagesse de me surpasser. Vous êtes encore trop jeunes et ignorants. Mais, hélas pour toi, tu n'auras plus jamais l'occasion d'évoluer car ta vie s'achève ici. »

Sur ces mots, je lui brisai la nuque d'un geste vif. Je ne m'attardai pas plus en ce lieu et je retournai à Poudlard, emportant juste le cadavre avec moi pour prouver au monde sorcier anglais que le monstre qu'ils craignaient n'était plus.

Une fois sur place, je vérifiais mon bras. Une habitude acquise ces trois dernières années à force de sentir la marque. Celle-ci était toujours là mais n'était plus qu'un vulgaire tatouage sans plus la moindre magie si ce n'était la mienne. Je rejoignis les Avengers et leur en informai.

« A priori, cette histoire est finie. Il est mort. »

« Il n'y a plus aucun fragment d'âme qui reste ? » demanda Clint Barton.

« Aucun, » confirmai-je. « Tout ce qui pourrait encore rester de lui, ce sont ses partisans les plus fanatiques. Mais je doute qu'ils fassent encore beaucoup de vagues, nous avons tués les plus dangereux. »

« Et maintenant ? » demanda Natasha Romanoff.

« On avance, » fis-je. « On reconstruit. Et on apprend de l'histoire. »

« Je rêve ou c'est toi qui viens de dire ça, le Gothique ? » fit l'homme de métal.

Je fixai le Mortel un instant avant de m'éloigner en soupirant. Mes pas me menèrent vers l'infirmerie où je veillais sur le jeune Gryffondor comme je l'avais toujours fait ces dernières années.

« C'est fini, Harry, » murmurai-je. « On a gagné. Tu peux te réveiller dans un monde en paix, libre de ce monstre. »