Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Normal" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Jusqu'à ses onze ans, Harry Potter avait cru qu'il était normal pour lui de vivre dans un placard, et de servir d'esclave à sa famille. Il avait réellement cru qu'il méritait cette vie misérable, entre reproches constants, insultes et coups.
Il entendait souvent qu'il était anormal après tout.
Puis, il y avait eu la lettre de Poudlard. La découverte de la Magie, de ses origines. L'arrivée au château, l'émerveillement. Ses premiers amis.
Il avait profité de cette nouvelle vie, appréciant chaque petit bonheur du quotidien. Ce qui paraissait normal pour ses camarades était une fête pour lui. Manger à sa faim. Avoir des vêtements neufs et à sa taille. Dormir dans un lit confortable, au chaud. Avoir des amis, parler sans récolter des coups.
Le garçon avait vite compris que ce qu'il avait cru normal autrefois ne l'était pas. Et il avait eu honte, refusant de parler de son enfance misérable, gardant le silence sur ce qu'il subissait chez sa famille moldue.
Le jeune Harry était un garçon capable de s'adapter très vite. Il s'était glissé dans son nouveau rôle avec aisance, avec la facilité d'un enfant habitué à ne pas se faire remarquer. Un enfant caméléon qui avait rapidement assimilé qu'il devait passer inaperçu pour être tranquille.
S'il faisait parfaitement illusion, Harry avait un autre principe gravé en lui, dans sa chair. Chaque coup donné par son oncle, chaque insulte l'avait marqué profondément et il avait compris qu'il ne devait pas faire confiance aux adultes.
Il avait peut être l'air d'un gentil garçon un peu naïf et trop confiant, un bon petit Gryffondor, mais le choixpeau avait très sérieusement penché pour Serpentard pendant sa répartition. Et il y avait une bonne raison.
Sous le vernis du garçon joyeux, se cachait l'enfant maltraité, repoussé, oublié de tous.
C'était son secret, sa part d'ombre, qu'il cachait avec soin pour ne plus jamais sortir de la normalité.
Et autour de lui, personne ne semblait remarquer qu'il forçait un peu trop le trait sur son caractère Gryffondor, qu'il avait parfois une ombre dans le regard, que ses yeux verts se voilaient de tristesse quand les autres enfants parlaient de leur famille.
Harry était seul. Isolée, au milieu d'une école surpeuplée.
Personne ne voyait son mal-être, excepté une seule personne. Un homme qui avait eu une enfance aussi dure.
Malheureusement pour Harry, l'homme en question détestait son père James Potter au point de reporter les fautes du père sur le fils et de juger le petit garçon sans même lui accorder un regard.
Cependant, le jeune Harry Potter avait un atout qu'il ignorait. La seule chose qui puisse faire plier son professeur de potions, l'amener à le considérer autrement.
Ses yeux.
Ses yeux verts, hérités de sa mère. Couleur émeraude, bien trop expressifs.
Lorsqu'ils fixaient l'homme sombre, ce dernier revoyait sa tendre amie, celle qu'il avait aimé à la folie au point de sacrifier sa vie. Parfois, il en était furieux, furieux de voir les yeux de Lily sur le visage de James, signe qu'il l'avait perdue à jamais.
Mais le plus souvent, une vague de nostalgie l'assaillait et il se souvenait de la promesse qu'il avait faite à l'élue de son coeur, alors qu'il tenait son corps encore chaud entre ses bras. Protéger son fils. Prendre soin de Harry.
Pour toutes ces raisons, Harry était constamment observé par son professeur. Officiellement, il le surveillait étroitement, convaincu que le fils de James Potter était un agitateur né. Un briseur de règles.
Mais l'homme devait avouer que le gamin détruisait toutes ses illusions.
La scolarité de Harry aurait pu se poursuivre ainsi, lui affichant un visage de normalité, surveillé de près par un professeur qui le méprisait.
Cependant, un jour, le jeune Harry eut une réaction instinctive tout sauf normale.
Face à un geste brusque, il s'était recroquevillé, prêt à recevoir un coup. Horrifié, Severus Rogue s'était figé. D'un coup, chaque pièce du puzzle s'était assemblée, et ses illusions avaient volé en éclats.
Harry Potter n'était pas un enfant choyé, comme il le pensait. Comme Dumbledore le laissait entendre puisqu'il ne l'avait jamais détrompé.
C'était un enfant battu, profondément malheureux.
C'était un tel rappel de sa propre enfance que l'homme ne pouvait plus fermer les yeux, ou détourner le regard. La promesse faite à sa Lily devait être tenue, quels que soient ses sentiments.
Il était temps de l'honorer, et de montrer au jeune garçon ce qu'était réellement une vie normale.
