La croix de fer
"Une croix?" Dis-tu à voix haute. Elle était faite de métal, sa surface froide fit frissonner ta peau en son contact.
" À qui est le bijou?" Cria Alfred, l'arrachant de ta paume et l'agitant en l'air. Quelqu'un se leva mais ils étaient très éloignés, derrière un grand groupe de nations. Tu regardas avec amusement les autres nations s'écarter, permettant au grand et costaud Allemand de marcher vers Alfred et toi. L'Américain arrêta son agitation et tendit rapidement la main vers Ludwig.
" Ce n'est pas un bijou." Cracha l'homme. " C'est une décoration militaire." Murmura-t-il avec colère avant de l'arracher de la main d'Alfred et de la placer dans sa poche de poitrine.
Sa grande main gantée vint saisir la tienne. Elle était chaude et si grande qu'elle semblait engloutir ta propre main. Tu souris, sentant l'adrénaline commencer à se répandre dans ton corps.
Lentement mais sûrement, vous atteignîtes tous les deux la porte du placard sans aucune aide des autres nations qui semblèrent se méfier de ton compagnon allemand.
Sans même y penser, tu entendis la porte se fermer d'un claquement satisfaisant, puis le verrou se mit rapidement en place. C'était comme s'ils le traitaient comme une sorte d'animal dangereux, en gardant leurs distances et en le mettant en cage dès que possible. Tu secouas la tête tristement, sachant que Ludwig était mal compris et que derrière son apparence sévère se cachait une autre facette de lui, plus gentille mais tout aussi délicate. Tu le connaissais depuis assez longtemps pour savoir qu'il ne ferait de mal à personne par méchanceté, mais seulement s'il était provoqué.
"_." Dit-il soudainement. Il se tourna vers toi, ses yeux bleus brillants et ses sourcils froncés par la concentration. "Je- Je ne pouvais pas rêver d'une meilleure personne qui puisse choisir mon objet que toi." Continua-t-il avec tendresse, sa voix se brisant par l'anxiété.
Bien sûr, entendre ces mots avec son fort accent allemand fit battre ton cœur à la chamade. Sa main se resserra très légèrement autour de la tienne tandis que l'autre vint autour de ton cou. Tout se passa si vite, un instant il scrutait ton âme avec ces beaux yeux et l'instant d'après, sa bouche massait la tienne. Tu croyais que ton cœur allait éclater.
Après avoir compris ce qui se passait, ton corps se détendit et tu te fondis dans les bras musclés de l'homme et tu l'embrassas en retour avec une telle vigueur au point qu'il ouvrit les yeux. Reculant juste assez pour qu'il puisse respirer, il se mit à rire légèrement et tu pouvais sentir les vibrations de sa poitrine secouer ton corps. Tu ris aussi.
"_, prouve-moi que tu ressens vraiment la même chose pour moi, pour que je sache que ce n'est pas un rêve." Prononça Ludwig vaguement. Tu souris.
Rapidement, tu passas ta main derrière sa nuque et dans ses cheveux blonds lisses plaqué en arrière, les ébouriffant afin que des mèches tombent sur son front. Puis tu ramenas son visage vers le tien et le forças à t'embrasser avec insistance, ta langue glissant dans sa bouche sans permission, ce qui ne semblait pas le déranger plus que ça.
Ses mains dérivèrent vers tes hanches et il les tira brutalement contre les siennes, causant un choc audible entre elles. Souriant, tu laissas ton autre main glisser le long de son cou, survolant sa peau du bout de tes doigts. Il gémit lascivement, sa prise sur tes hanches se resserra jusqu'à ce que ses ongles pénétraient douloureusement dans ta chair, mais tu ne fis rien pour l'arrêter. Au contraire, le mélange de douleur et de passion te rendait folle de désir.
Une de ses mains glissa sur ta hanche et fit doucement des cercles en descendant le long de ta cuisse, puis revint lentement à sa place. Ta main gauche tira sur sa cravate, essayant désespérément de la desserrer mais tu ne parvins seulement à étouffer légèrement l'Allemand. Finalement, sa cravate fut arrachée et jetée par terre avec un désintéressement total. Ta main déchira le devant de sa chemise, arrachant ainsi certains boutons mais tu t'en moquais et commença à parcourir sa poitrine musclée, explorant tout son corps, chaque cicatrice et imperfection.
La porte s'ouvrit lentement et silencieusement, trop silencieuse pour vous l'entendiez par-dessus vos respirations rauques et les doux gémissements de Ludwig. La tête d'Alfred apparut en premier, sa bouche ouverte, puis suivit de Francis, un sourire satisfait sur son visage. Ils sont tous deux interloqués par la dégaine étrange de Ludwig, avec ses cheveux ébouriffés et sa chemise à moitié déchirée, tout le contraire de son apparence professionnelle habituelle.
Tu les vis à présent, poussant doucement Ludwig pour rompre l'étreinte. Il se retourna et vit les deux personnes qui regardaient depuis la porte et commença à rougir, une autre bizarrerie qui fit que l'Américain pencha sa tête sur le côté de confusion et un rire de la part du Français.
" Où est mon argent, mon ami?" Demanda Francis. Alfred, toujours étourdi, sortit distraitement cinquante dollars de sa poche et les donna à l'autre homme.
Toujours prise au piège dans une étreinte passionnée, tu te retournas vers Ludwig qui semblait être sur le point de mourir de honte.
"Ludwig." Chuchotas-tu en lui donnant un coup dans son cou avec ton front. "I-ich liebe dich." Murmuras-tu doucement sur sa peau.
Il rit à présent, étant un peu moins nerveux qu'avant."Ich glaube, Ich habe schon meine Liebe zu dir bewährten."[1] Ronronna-t-il dans tes cheveux, juste assez fort pour que tu puisses l'entendre. Bien que tu ne saches pas vraiment ce qu'il avait dit, tu souris quand même. L'amour dans sa voix était un indice suffisant pour toi.
[1] - "Ich glaube, ich habe schon meine Liebe zu dir bewährten." = " Je crois que je t'ai prouvé mon amour."
