Chapitre 7

Terry regarda par la fenêtre, le vent soufflait fort, un orage arrivait. Il regarda l'heure, Anthony devait être arrivé à Lakewood, la maison de son oncle William Albert, là où il avait passé les premières années de sa vie, et en l'occurrence les mois auprès de Candy jusqu'à cet accident ayant changé le cours du destin. Et elle, y était-elle aussi? En principe oui et ils devaient en être tous deux à se raconter les choses après les embrassades naturelles. Terry rit tout seul en imaginant Anthony et Candy dans les bras l'un de l'autre, même si pour elle il ne pouvait voir qu'une image du passé. Il rit car à une autre époque il aurait été jaloux de lui, hier il aurait un peu envié Candy et aujourd'hui il se sentait ému que ces deux êtres si chers à son cœur à deux époques soient si proches côté cœur. Il ne se sentait pas angoissé de revoir Candy, pas inquiet de la trouver belle et merveilleuse, il savait bien depuis longtemps qu'elle le serait mais sans la passion, point de trouble exagéré ou regret ne pouvaient survenir. La seule chose qui l'angoissait était ce que ressentirait Anthony suivant ce que Candy dirait si elle venait à ce rendez-vous, ce dont il était loin d'être sûr. Mais il préférait que ce rendez-vous ait lieu ou l'inconnu et le doute reviendraient ennuager son couple. Le billet qu'il avait écrit devant son époux donnait rendez-vous dans cette maison isolée entre Rockford et Chicago louée pour ce week-end, entre dix-huit heures et vingt heures. Il n'était que dix heures du matin, Anthony l'appellera en début d'après midi si possible, il fallait s'occuper jusque là. Il commença par lire un scénario possible de futur pièce, « Faust » de Goethe, puis écrivit un peu, lut des poèmes, en imagina un à immortaliser sur papier, lut un journal puis finit par s'assoupir dessus jusqu'à ce que le téléphone le réveille brutalement.

- Oui, c'est moi ! Oui je sais que tu le sais, je dormais, je suis un peu dans le cirage.

- Désolé, moi j'ai eu du mal à trouver une excuse pour téléphoner vu qu'elle ne m'a pas lâché depuis mon arrivée. Elle est ici depuis hier en fait et je crois qu'elle ne retournera pas au Mexique de si tôt. Elle a emmené une petite fille avec elle, c'est elle la surprise, une petite orpheline de cinq ans qu'elle compte adopter.

- J'avais bien pensé à ce genre de surprise aussi, c'est tellement elle ça.

- Oui mais la petite est sourde et muette, elle a été en asile, Candy l'a sauvée d'un horrible destin, c'est admirable.

- Bien sûr, Candy est née pour être admirable. Je le dis sans ironie, c'est bien ce que j'ai compris d'elle, elle est faite pour sauver et aider les autres et trouve sa raison d'être et son bonheur ainsi. Sinon, a-t-elle eu mon mot?

- Oui et elle l'a même lu devant moi. Et pour être honnête, je n'ai lu que de la surprise sur son visage mais pas de joie ni de lumière. Et je n'ai aucune idée encore si elle va venir te voir, non aucune.

- Eh bien nous verrons ce soir. Si elle ne vient pas, tu n'auras pas de preuve formelle Anthony mais j'espère que tu croiras ces signes et que notre avenir sera plus clair, non?

- Je ne te reprocherai jamais plus rien puisque tu auras fait au maximum mais je vais moi aussi faire au maximum pour qu'elle vienne afin de clore une bonne fois ce chapitre et s'il le faut je vais user de ruse car c'est nécessaire à notre avenir et au sien. Comme prévu, je partirai à dix-sept heures pour aller voir en théorie mon ami Steevy de Chicago et ensuite on attendra ensemble le destin de Candy. Puis en murmurant: Je vais te laisser maintenant, je l'entends déjà redescendre quatre à quatre. Enfin à voix haute: A tout à l'heure mon ami.

- Oui Anthony. Puis après avoir entendu une voix féminine crier: «Anthony, j'ai besoin de ton aide, Julia a cassé le vase préféré de la grand-tante, c'est terrible!» il lui dit :Ti amo mi amor!

Et il raccrocha en riant de reconnaître cette voix devenant si aiguë dans la colère ou l'inquiétude, en sept ans sa voix n'avait pas changé, alors qu'en sera-t-il de tout le reste?

Anthony vit Candy en pleine réflexion et tenta une approche.

- Pendant que j'irai voir mon ami, tu devrais aller en ville acheter un cadeau que Julia offrirait au bébé, ce serait plus émouvant non?

- C'est en effet très mignon comme idée Anthony, mais j'ai acheté en route plusieurs cadeaux et le nounours devrait être parfait pour ça.

- Tu comptes rester ici toute la journée alors?

- Oui, je n'ai rien à acheter à Chicago, je vais me reposer pour demain, j'ai le temps ensuite pour aller voir mes amis vu que je reste ici.

- Tu comptes reprendre un poste d'infirmière ici?

- Pas pour l'instant. Je veux m'occuper de Julia à plein temps pour le moment, qu'elle oublie vite ses misères et se sente aimée et s'épanouisse. Je vais l'adopter Anthony, je vais être sa mère, tu te rends compte de la responsabilité et le bonheur que ça engendre pour moi?

- Bien sûr Candy. Et je ne m'inquiète pas, tu sauras être une maman parfaite. Mais j'espère que cette adoption ne sera pas la seule façon pour toi d'être mère Candy.

- Tu sais bien qu'on ne peut faire qu'avec ses possibilités Anthony, un enfant se conçoit à deux mais un orphelin préfère un seul parent à rien du tout.

- Si tu n'étais pas si difficile, tu aurais un père à donner aussi à Julia et plein de petits frères.

- Comme si j'avais eu plein de propositions! J'ai refusé les partis que Grand-Tante Elroy avait choisi : un bègue, un m'as-tu vu et un passionné de grec ancien trop barbant! Quel palmarès!

- Et le jeune docteur alors? Et l'ami d'Archibald? Étaient-ce aussi des minables? Sans parler des lettres ardentes que t'a envoyé ce marquis pendant six mois, même s'il était un peu vieux pour toi!

- Celui-la était en effet trop vieux et trop précieux pour moi. Le docteur faisait le même discours qu'il m'a fait à une autre infirmière. Quand à l'ami d'Archie, il était gentil et beau garçon mais à l'époque je ne pensais qu'à la mort d'Alistair et autres peines.

« Enfin!» pensa Anthony en la voyant ensuite le regard lointain.

- Tu pensais à un ancien amoureux Candy?

- Plus ou moins mais mon esprit n'était pas libre il est vrai.

- Mais aujourd'hui, il l'est non?

- Oh oui. Aujourd'hui je n'ai plus de regrets ni de tristesse pour moi, comme je te l'ai écrit je suis très heureuse.

- Mais tu n'es toujours pas amoureuse à ce que j'ai compris?

- Comme s'il n'y avait qu'ainsi qu'on est heureux! Je suis d'abord heureuse de vivre Anthony, puis d'être en bonne santé, que ma famille et mes amis aillent bien, que mon pays et le monde ne soient plus en guerre. Et surtout, je suis heureuse d'avoir rencontré Julia et d'être sa mère. N'est-ce pas suffisant pour être heureuse?

- Bien sûr que si Candy. Mais être amoureuse te rendrait encore plus heureuse alors au cas où l'amour se pointerait, essaie de garder les yeux ouverts et de ne pas fuir sans être sûre.

- Je n'ai jamais fui de ma vie Anthony mais j'essaierai de regarder mieux, promis. Mais et toi?

- Moi je cherche la rareté, il se peut que je l'ai trouvée mais je ne peux pour l'instant en parler car tout n'est pas encore clair en nous.

- J'espère que ce le sera bientôt alors et que tu me la présenteras après.

- Possible mais il faudra aussi que tu viennes à New York.

- Bien sûr Anthony, quand tu voudras si tu m'y invites.

- Tu y es déjà allée?

- Oui forcément, pour aller à Londres. Mais je n'y ai pas vu grand chose. Au fait, tu as trouvé des journaux à spectacles?

- Oui, je t'en ai ramené un carton, ton amie sera contente, il y a de tout, peinture, musique, cinématographe, théâtre, opéra etc...

- Que joue-t-on en ce moment à l'opéra?

- Aucune idée! Tu sais moi et l'opéra! Mais tu le sauras sur les journaux. Par contre, j'ai été au théâtre le mois dernier, ma première pièce et je l'ai trouvée sensationnelle. C'était Cyrano de Bergerac!

- Ah! Et ça parle de quoi?

- Une histoire d'amour impossible entre un mousquetaire affublé d'un grand nez et sa cousine la belle Roxane qui aime un jeune cadet mousquetaire pour sa beauté, Christian. Mais en réalité elle aime seulement ce qu'elle croit l'esprit de Christian mais qui est en fait celui de Cyrano vu que c'est lui qui lui écrit les mots d'amour car Christian est sot.

- Et ça finit mal je parie?

- Oui et non, Cyrano meurt il est vrai mais Roxane a pu avant lui dire qu'elle l'aimait après avoir enfin deviné la vérité. Mais il y a tant de joie, de rires, de poésie et de bravoure dans la pièce qu'on en sort pas anéanti mais plus fier de l'amour vrai.

- Ça a l'air vraiment passionnant dans ta bouche, même dans tes yeux, on croirait que tu viens de la voir.

- Elle m'a beaucoup marqué c'est vrai. Les acteurs étaient vraiment crédibles surtout Cyrano. Les spectateurs l'ont applaudi plus de dix minutes et il parait que c'est toujours plein depuis tant c'est innovant, passionnant et énergique.

- Si elle passe à Chicago, j'irai la voir alors.

- Oui je te le conseille, tu ne le regretteras pas. Cet acteur est vraiment génial quand même, on oublie si vite sa jeunesse et son physique avantageux dès qu'il se métamorphose en Cyrano, sacrée performance!

- C'est donc un acteur débutant beau et prodige qui joue?

- Beau, prodige, c'est certain mais pas débutant, sauf pour la mise en scène qu'il a fait seul. Mais la belle Roxane était à sa hauteur et Christian bien aussi surtout au combat. Mais oublions Cyrano, tu liras ce que la presse en a dit dans les journaux plus tard avant d'envoyer les journaux au Mexique à ta collègue éprise d'art.

- Bien sûr Anthony, elle sera contente. Sinon tu ne m'as pas encore raconté où en est ta brillante carrière d'avocat mon cher!

- Brillante, non pas encore mais je vais bientôt ouvrir mon propre cabinet et j'espère faire mon métier avec plus de passion et d'altruisme.

- C'est magnifique mon Anthony! J'ai hâte maintenant d'aller te voir à New York, tu sembles bien installé et à l'aise vu ton allure si classe, ton visage heureux et l'évidente forme que tu dégages. Quel est ton secret mon cher frère?

- Comme toi chère sœur, je profite de la vie si fragile, je ne m'attarde pas sur le passé, je savoure l'instant et essaie de semer un avenir qui me plait. Et dans sa tête:

« Et surtout, j'aime et je suis aimé autant chère et douce Candy.»

Terry sortit prendre l'air après avoir grignoté quelques sandwichs, il était seize heures trente et Anthony sera enfin là bientôt. Il commençait à trouver le temps long et à en avoir assez de lire. Il fuma une cigarette en tournant en rond dans le parc, puis, en regardant le chêne un instant, il eut l'envie d'y grimper, chose qu'il n'avait plus fait depuis longtemps. Il n'était pas rouillé, il atteint le sommet très vite et s'installa sur la meilleure branche pour admirer la vue. Il se revit alors au collège de Londres juché sur d'autres arbres alors que Candy faisait pareil, tous deux trouvant réconfort et ressourcement en haut des cimes.

« Fais-tu encore ça mademoiselle casse-cou? Je crois que oui, moins souvent bien sûr mais quand tu retournes à la maison Pony sur ton ami le chêne, cousin de celui du collège. Une chose est sûre pour moi, tu seras une merveilleuse maman pour cette enfant. Je t'avais choisie pour être la mère des miens, le destin ne l'a pas voulu mais tu resteras à jamais la seule avec qui j'ai voulu être père. Ce serait vraiment dommage que tu n'en aies jamais de ton sang toi l'orpheline si faite pour aimer les enfants. Pour ça il faut que tu fasses confiance à un autre homme, si c'est moi qui ai crée ce blocage, j'essaierai de réparer du mieux possible mais je ne pourrai jamais plus être cet homme, même si quelques regrets revenaient tout de même. Anthony! Dépêche-toi de revenir, je m'ennuie à mourir sans toi mon soleil.»

- Je vais y aller Candy, on reparlera demain, je rentrerai peut-être très tard.

- Amuse-toi bien Anthony! Je vais retourner jouer un peu avec Julia avant son dîner.

- N'oublie pas non plus de te faire plaisir, genre un bon bain parfumé et une jolie robe pour te mettre encore plus en valeur devant ta fille, moi ou n'importe qui. Enfin, je veux juste dire, pense aussi juste à toi égoïstement de temps en temps.

- Ça m'arrive Anthony, rassure-toi! Ou alors c'est pour me faire comprendre que je suis habillée comme un sac?

- Mais non ma douce, je sais bien que demain tu n'iras pas au baptême en salopette! Tu as très bon goût quand tu veux! Aller, bonne soirée princesse.

Il lui fit la bise et partit en espérant que tous ces mots glissés et déguisés depuis deux heures feront leur chemin.

Il arriva à la maison une demi-heure après, gara la voiture au sous sol et fut accueilli dès sa sortie du véhicule par deux bras empressés et une bouche en manque.

- Oh! Tu arrives à temps! Une minute de plus m'aurait peut-être rendu fou d'ennui, de douleur et de jalousie! Oh! C'est bon! J'en voudrais bien encore plus ici, tout de suite!

- Terry! c'est impossible! protesta Anthony en sortant difficilement de ses bras et ses mains baladeuses. Elle pourrait venir pile à dix-huit heures, on ne sait jamais!

- Et même si? Il reste beaucoup de temps avant et j'ai tant envie de toi!

- Terry non! Ce ne serait pas correct! Pas ce soir s'il te plaît!

- Bon ça va! Je te laisse tranquille avec ta conscience alors!

- Terry, ne nous fâchons pas cette dernière heure s'il te plaît, ce n'est pas par manque d'envie ni mauvaise conscience, c'est pour ne pas penser à autre chose tant que je ne sais pas, jusqu'à vingt heures seulement, vingt heures mon amour! Ensuite, je te jure que je te ferai oublier ces semaines pénibles et plus jamais il n'y aura de doutes en nous.

- Je comprends Anthony, je ne suis pas fâché contre toi, j'ai juste hâte de repartir à New York tant je m'ennuie ici. Cette baraque est lugubre, le silence pesant et il n'y a même pas vue sur le lac, je ne la louerai plus jamais pour les vacances.

- Moi non plus mon cœur et je regrette tant de ne pas pouvoir te montrer Lakewood. Mais tu la verras à notre prochain voyage, je te le garantis.

- J'espère, surtout ta roseraie. Candy ne m'a jamais parlé d'elle, enfin, j'imagine que c'était difficile à l'époque vu ma stupide jalousie. Déjà entendre si souvent ton prénom me donnait des boutons! Maintenant ça me donne la fièvre au corps!

Ils rirent et Anthony l'entraîna en haut en le prenant par la taille. Puis il lui donna tout de même de quoi patienter, un baiser, une étreinte dans le canapé, juste serrés l'un contre l'autre et une conversation sans Candy en attendant l'heure fatidique.

Dix-huit heure sonna à l'horloge et Anthony commença à être plus nerveux en écoutant les bruits. Terry ne laissait pas dépasser un poil d'angoisse, il plaisantait, se concentrait sur sa partie d'échecs et la gagna vite.

- On recommence?

- Ma foi! Mais je suis trop nul ou toi trop bon.

- Je suis assez bon et toi trop anxieux. Mais si ça t'ennuie, arrêtons et contentons nous d'attendre. L'insupportable attente!

Dix-neuf heures retentit, Terry alluma une cigarette et regarda par la fenêtre.

- Plus qu'une heure! Tu vois déjà qu'elle n'a pas accouru dans mes bras!

- La petite devait dîner à dix-huit heures, elle a dû attendre qu'elle s'endorme et viendra après. C'est vrai qu'elle m'a dit qu'elle ne sortira pas ce soir Terry et je crois qu'elle le pensait mais elle a dû passer l'après-midi à lutter et elle viendra forcément pour savoir de peur de le regretter toujours.

- On verra. Bon, j'ai un creux, je peux très bien attendre en me faisant un nouveau sandwich faute de mieux. Tu en veux un aussi?

- Non chéri. Je vais juste me préparer une bouteille d'eau pour mettre dans la pièce à côté au cas où.

Dix-neuf heures trente. Anthony repartit aux toilettes, Terry gribouillait sur le journal.

Dix-neuf heures trente cinq. Anthony revint et regarda à travers les rideaux en soupirant. Terry haussa les épaules et retourna avaler une poignée de cacahuètes.

Dix-neuf heures quarante. Anthony sursauta en entendant un moteur et se leva vite pour voir à la fenêtre.

- C'est sa voiture Terry! Va te recoiffer un peu s'il te plaît! Pas question de la jouer minable! Sois naturel surtout!

- Comme si j'avais jamais été autrement! Du calme chéri! Fais-moi confiance s'il te plaît!

- Oui, désolé, je me sauve, je ne suis plus là, je n'existe pas ce soir! Ouvre la fenêtre quand même, ça empeste le tabac ici.

- Et Candy déteste! Compléta Terry en allant tirer le rideau, ouvrir la fenêtre et se retrouver face à son regard le fixant.

Il sourit naturellement en voyant son sourire apparemment ravi de le revoir et n'eut aucun mal à lui dire:

- Bonsoir Candy. Je descend t'ouvrir.

- Bonsoir Terrence. Je t'attends.

- Que le spectacle commence Anthony! dit-il doucement avant de sortir de la pièce.

Il avala quand même sa salive en ouvrant la porte et se dit en lui même qu'elle était vraiment aussi belle qu'il l'avait imaginée. Elle était toujours petite et mince mais avait pris des formes là où il fallait et sa jolie robe les mettait bien en valeur. Ses cheveux étaient toujours aussi blonds et bouclés mais c'en était fini des couettes, elle arborait un chignon flou et un petit chapeau en feutre. Elle le regardait de ses grands yeux verts, le visage sans fards et parfait de pureté et de grâce, la bouche nue mais ornée de son charmant sourire.

- C'est bien toi! J'ai encore du mal à le croire Terry! Qu'est-ce que tu es grand, et fort, et beau!

- Merci Candy. Je peux en dire autant, tu es très belle et toujours aussi rayonnante naturellement. Mais entre s'il te plaît !

Elle le fit, regarda autour d'elle et fit la grimace.

- C'est lugubre ici. Ne me dis pas que tu l'as achetée, elle est... moche cette maison.

Il éclata de rire.

- Tu as raison Candy, elle est vraiment moche, je n'ai guère eu le choix mais je te rassure, je ne l'ai louée que jusqu'à demain.

- Alors tu es venu ici juste pour me voir Terry? Dit-elle avec l'air très étonné.

- Oui Candy, je suis venu dans l'Illinois pour un seul jour pour te revoir et te dire certaines choses. Mais d'abord, viens jusqu'au salon s'il te plaît, ce sera un peu moins lugubre. Et accepte que je t'offre un verre.

- Si tu as autre chose que de l'alcool, j'accepte Terry.

- Je n'ai que des jus de fruits, du thé ou du café Candy, pas d'alcool pour moi non plus désormais, enfin, très rarement.

- Tant mieux Terry, mais je crois que tu fumes toujours!

- Oui, désolé mais je m'abstiendrais devant toi.

- Oh! Ce n'était pas un reproche Terry, je n'aime toujours pas ça mais tant que tu ne me souffles plus la fumée au visage, ça ira avec la fenêtre ouverte.

- J'ai fait ça moi? Je ne me souviens plus.

- Moi si Terry mais ça n'a aucune importance.

Elle franchit l'entrée du salon, regarda encore partout et fit un «Quand même! » en voyant le nombre de mégots dans le cendrier. Puis elle enleva son chapeau, ses gants blancs et posa son sac sur le canapé. Puis elle se retourna et sourit à nouveau à Terry qui sortait des verres du buffet.

- C'est étonnant que tu ais décidé de me revoir maintenant Terry car je rentre à peine, j'étais au Mexique depuis six mois.

- Je sais que tu étais au Mexique Candy, je me suis renseigné.

- Comment?

- J'ai engagé un détective.

- Ah! Et comment a-t-il su que je revenais?

- Je suppose qu'il a compris que tu assisterais au baptême du fils d'Archibald et Annie, enfin, je l'ignore mais un détective sait toujours tout.

- Oui forcément. Mais que t'a-t-il dit d'autre sur moi?

- Rien d'indiscret Candy, je voulais juste savoir où tu vivais et essayer de te revoir.

- Pour me dire certaines choses?

- Oui Candy. Excuse-moi, je dois redescendre chercher les jus de fruits dans le placard réfrigérant. Mais assied toi, je t'en prie.

- Je t'attend Terry.

Anthony voulut voir le regard de Candy pendant que Terry s'absentait. La pièce où il se cachait était à côté, la porte était entrouverte mais un rideau la cachait. Il avança doucement, en chaussettes et passa un œil dans le trou du rideau qu'il avait fait lui même mais Candy était toujours de dos et pas assise sur le canapé face à lui. Elle semblait regarder dehors ou réfléchir. Puis brusquement elle se retourna et Anthony recula de peur qu'elle voit son œil et faillit se tordre un orteil. Il tut tout de lui et retourna doucement dans son fauteuil en ne prenant plus de stupides risques et se contentant du son.

Terry revint avec un plateau de jus de fruits, de glaçons et de mignardises.

- Qu'est-ce que tu choisis entre pomme, abricot, raisin et orange?

- Donne-moi l'abricot Terry s'il te plaît, avec deux glaçons.

Il la servit, se prépara un jus d'orange avec un glaçon et vint lui tendre son verre. Elle leva la tête, croisa ses yeux, sourit et lui prit le verre en frôlant sa main. Il ne broncha pas, adopta un air détaché et la regarda s'asseoir avec élégance. Elle croisa les jambes, laissant deviner des chevilles fines et des escarpins à boucles, de trois ou quatre centimètres. Il ne s'attarda pas sur son corps de crainte de méprise et parla à nouveau en fixant ses prunelles vertes.

- Oui Candy, il y a un moment que j'ai envie de te revoir pour d'abord savoir si tu vas bien, si tu es heureuse, enfin avoir de tes nouvelles.

- Je vais très bien Terry, on ne peut mieux même, oui je suis heureuse merci. Et toi?

- Moi aussi Candy mais pas depuis longtemps, presque trois mois en fait.

- Ah! Et qu'est-ce qui t'a empêché d'être heureux avant trois mois Terry?

- Mon mariage Candy. Oui, ne fais pas cette tête déçue, ça a été un échec retentissant que ce mariage. Mais heureusement c'est fini, j'ai divorcé il y a trois mois.

- Tu as divorcé?

- Oui Candy.

- Alors tu es... heureux car tu as divorcé de Susanna? Quelle tristesse!

- Oui, si tu le dis pour tant d'années de perdues Candy, non si c'est pour la morale ou les bondieuseries.

- Les bondieuseries? Enfin Terry, je trouve triste que tu n'ais pas trouvé le bonheur avec celle que tu as choisi d'épouser et qui t'aimait pourtant beaucoup, c'est tout.

- Excuse-moi Candy mais tu n'as pas vraiment connu Susanna, elle ne m'aimait pas tant que ça et tu sais très bien que je ne l'ai choisie que par devoir et ne l'ai jamais aimée.

- Susanna ne t'aimait pas alors qu'elle t'a sauvé la vie et sacrifié sa jambe?

- Elle l'a fait sans savoir les conséquences, par réflexe ou inconscience. Mais peu importe Candy, le soi disant amour de Susanna n'était qu'un caprice et un besoin de poursuivre ses rêves d'actrices, une folie d'égoïste. Je ne veux pas te raconter les détails Candy mais je crois avoir largement été patient avec elle et sa vénéneuse mère et mon divorce a été en effet un soulagement, une libération.

- Je suis désolée Terry, je croyais vraiment qu'elle t'aimait et... que tu l'aimerais.

- Oui je sais que tu as cru faire au mieux mais c'est fini maintenant, heureusement.

- J'espère que tu as quand même eu de bons moments en dehors de ça Terry.

- Oui Candy, j'en ai eu. D'abord, j'ai tissé peu à peu une vraie relation avec ma mère et je sais toujours que c'est grâce à toi que ça a pu débuter.

- Je suis heureuse pour vous Terry. Comment va-t-elle?

- Très bien. J'ai aussi une grande satisfaction avec mon métier, le théâtre était vraiment fait pour moi.

- Ça je le sais. Tu es un immense acteur Terry, je n'ai pas vu beaucoup de tes pièces malheureusement mais je le sais bien.

- Je suis passé par Chicago avec Hamlet et Macbeth.

- Oui mais je ne me sentais pas encore prête pour ça Terry.

- Et maintenant?

- Maintenant? Oh! Vu que tu es devant moi, je devrais pouvoir te voir sur scène je crois. Mais tu n'es pas ici pour une tournée, tu repars demain?

- Oui mais je joue une nouvelle pièce à Broadway et je suis tenté par une tournée quand la salle ne sera plus remplie là-bas. Je t'enverrais donc une place si je viens à Chicago?

- Avec plaisir Terry. Et qu'est-ce que tu joues en ce moment?

- Cyrano de Bergerac.

- Cyrano le mousquetaire au grand nez? S'écria-t-elle.

Anthony retint un rire, Terry l'exprima clairement.

- Oui c'est bien lui, et Cyrano c'est moi.

- Alors c'est de toi qu'...

- Oui?

- Heu non, excuse-moi, je me parle toute seule. Alors tu es Cyrano! C'est étonnant! Et c'est vrai que tu as fait la mise en scène seul?

- Oui Candy, c'est ma première mise en scène et je ne suis pas mécontent de moi et du choix de mes acteurs.

- J'ai vraiment envie de voir ça alors. Remarque, si tu penses la jouer encore longtemps à New York, il se pourrait que je la vois là-bas car je comptais justement m'y rendre bientôt.

- Ah oui?

- Oui, je dois rendre visite à quelqu'un qui y vit aussi mais qui n'est pas toi bien sûr.

- Non bien sûr où tu m'aurais prévenu.

Elle éclata de rire et reprit.

- Oui forcément. Non, il s'agit d'un ami, un avocat, un grand ami avocat.

- Très bien. Ça te fera donc de deux pierres deux coups comme on dit.

- Oui Terry.

Puis elle se tut en buvant un peu, lui ne dit rien non plus en la fixant. Elle posa alors son verre, se releva et reprit:

- En fait il ne s'agit pas que d'un ami, c'est aussi mon cousin cet avocat.

- D'accord Candy.

- Tu ne me demandes pas d'où vient ce cousin puisque ce n'est pas Archibald?

- Je suis désolé Candy mais j'ignore combien tu as de cousins et où ils vivent.

- Ah! Je croyais te l'avoir dit mais c'est vrai qu'en fait on n'a pas beaucoup parlé de ma famille vu qu'à l'époque je ne savais pas que je resterai une André. Mais tu sais quand même qui est Albert? Albert! Ton ami de Londres.

- Oui bien sûr Candy, j'ai lu ça, Albert est ton père adoptif, William André.

- Exact et ça m'a bien surpris crois-moi.

- J'imagine. Comment va-t-il?

- Bien, mais il est encore en Afrique. Mais tu vois, ce n'est pas la seule surprise que j'ai eu ces dernières années, j'en ai vécu une encore plus incroyable il y a deux ans.

- Ah! Oui?

- Oui Terry, j'ai eu la surprise de revoir quelqu'un que je croyais mort, mon cousin Anthony. Tu te souviens?

- Vaguement.

- Celui qui a eu un accident de cheval.

- Ah! Oui en effet, je me souviens que tu avais peur des chevaux car ton ami était tombé de cheval. Donc il est revenu et il va bien?

- Oui mais il a tout de même de graves séquelles, il boite. Mais c'est un tel miracle qu'on ne va pas se plaindre, il a frôlé la mort et la paralysie à vie.

- Je suis bien content qu'il s'en soit sorti et soit revenu, surtout que je crois me rappeler avoir été méchant en parlant de lui.

- Oui Terry mais je sais bien que tu ne le pensais pas vraiment, tu étais jeune, tu t'emportais facilement.

- Oui et j'étais jaloux, surtout quand tu m'as dit que tu pensais à lui en dansant avec moi au festival de mai.

- C'est vrai mais c'était juste parce que la musique était la même que celle du bal où j'ai dansé avec lui.

- Peu importe, j'étais très jaloux de ce garçon et espérais que tu l'oublies et ne pense plus qu'à moi.

- C'est bien arrivé vite Terry, quand tu as quitté le collège, je ne pensais plus qu'à te retrouver. Mais... on n'a pas eu beaucoup de chance après ça.

- C'est vrai, le destin s'est acharné sur nous.

- Il devait avoir ses raisons Terry, il ne sert à rien de s'interroger sur les desseins de Dieu, il sait ce qui est le mieux pour nous.

- Je respecte ta foi Candy mais je ne la partage pas en tant qu'athée.

- Tu ne crois plus en Dieu Terry?

- En fait, je ne crois pas y avoir vraiment jamais cru, ça t'étonne ? Pourtant déjà au collège, qui a fait du scandale à l'église?

- Mais tu étais jeune, en rébellion, provocateur.

- Je suis toujours en rébellion Candy mais plus provocateur. Mais il s'agit de foi Candy, je ne l'ai pas et je suis honnête en disant ce que je pense. Je suis athée, je ne crois pas en Dieu et surtout pas un Dieu qui punit ou récompense, qui décide pour nous et nous fait esclave. Mais arrêtons là dessus Candy, je ne prétends pas avoir raison et respecte qui croit, surtout toi.

- Alors dis-moi la suite de ce que tu voulais me dire Terry.

- Oui, en fait je voulais aussi te dire que je ne t'avais jamais oubliée et que tu as été vraiment une bonne influence pour moi. C'est toi qui m'a aussi ouvert la porte vers mon destin d'acteur, qui m'a montré qu'on n'avait pas à mépriser ce dont on se servait sans scrupules, ni se montrer ingrat de ceux qui nous tendaient la main. J'ai aussi appris peu à peu à montrer mes vrais sentiments grâce à toi et voulu être plus généreux et humble. Voilà Candy, je voulais te remercier d'avoir été mon amie alors que pas grand monde n'avait envie de l'être, et d'avoir eu beaucoup de patience avec mon caractère impossible. Merci Candy.

- Terry!

Elle semblait très émue mais ne versa pas de larmes. Il lui sourit encore gentiment mais enchaîna, de peur de méprise.

- Enfin, je voulais aussi te dire qu'il n'y a pas que mon divorce qui me rend heureux depuis trois mois, c'est aussi parce que je suis très amoureux à nouveau.

- Tu es... amoureux... à nouveau?

Il vit qu'elle avait pâli une seconde, mais elle se reprit vite, sourit et le félicita.

- Je suis heureuse pour toi Terry, je te souhaite un bonheur éternel désormais et un nouveau mariage idyllique, sincèrement.

- Je sais que tu l'es Candy, tu as toujours voulu que les autres soient heureux avant toi, tu es un ange.

Elle sourit encore mais sembla ensuite méditer cette phrase. Puis elle reprit:

- C'est vrai Terry, j'ai souvent tu mes sentiments pour que les autres soient plus heureux. Avec toi, j'ai fait pire encore, j'ai aussi sacrifié ton bonheur avec le mien au détriment d'un seul, celui de Susanna. Jusqu'à présent j'étais persuadée que j'avais eu raison puisqu'elle avait eu ce qu'elle voulait, était heureuse et devait avoir réussi à tenir la promesse qu'elle m'a faite de te rendre heureux. Mais maintenant que je sais le résultat de mon choix, je ne me vois plus en ange Terry mais en idiote.

- Candy, tu ne pouvais savoir que Susanna trichait, tu es trop honnête mais pas idiote.

- Si je l'ai été Terry, j'en ai bien conscience même si ça ne changera rien au futur. Mais j'essaierai maintenant de ne plus refaire la même erreur, ce que j'étais en train de faire depuis un moment déjà.

- Je ne comprends pas Candy.

- Rassure-toi Terry, il ne s'agit pas de toi. Tu seras toujours pour moi quelqu'un d'à part dans mon cœur Terry, je t'ai aimé d'une façon certaine et incomparable mais le destin n'a pas voulu que nous soyons unis ainsi et vu ce que tu m'as annoncé, ton bonheur d'aimer à nouveau, ça signifie qu'il avait bien raison. Moi, ayant la foi, j'ai accepté ce destin sans toi depuis notre séparation, sans pourtant arriver à passer à autre chose très longtemps. D'un côté, je n'ai pas rencontré quelqu'un d'autre qui m'a fait ressentir ce que j'ai ressenti pour toi, d'un autre, je me trouvais presque heureuse dans mes souvenirs et mon métier. Et puis, c'est vrai que dans ma vie, la part qui veut s'occuper des autres, les enfants surtout et la misère, est importante et je sais qu'en me mariant je devrais faire des choix et encore sacrifier une part de bonheur à un autre. Mais j'ai quand même un rêve secret Terry, pouvoir tout de même vivre un amour possible pour moi une fois dans ma vie et surtout avoir un enfant né de cet amour. Seulement, je n'ai aimé que deux garçons dans ma vie et tu es l'un d'eux. Tu devines qui est le deuxième Terry?

- Ton cousin Anthony?

- Oui. Quand il est revenu, je pensais toujours à toi. Ensuite il a pensé que c'était mieux qu'on soient comme frère et sœur vu que son oncle est devenu mon père. Moi, j'ai accepté son choix puisque ça le rendait heureux, encore une fois j'ai choisi le mieux pour un autre, mais lui n'est pas n'importe qui pour moi, à l'inverse de Susanna.

- Qu'aurais-tu choisi alors si c'était ton seul cœur le décideur Candy?

- De l'aimer à nouveau comme une amoureuse, comme avant son accident.

Anthony, derrière, dut mettre sa main sur sa bouche pour ne pas hurler. Terry dut chercher dans son talent d'acteur pour sourire et demander le pire.

- Donc c'est lui que tu aimes aujourd'hui?

- Je n'ai jamais cessé de l'aimer Terry, seule la mort m'a obligé à ne plus croire à mon amour, grâce à toi, pour toi. Si avec toi j'ai à nouveau cru en l'amour, ce fut si court et si douloureux que j'ai choisi de revenir au premier amour pour ses souvenirs plus doux sans pour autant oublier ce que j'ai vécu de meilleur avec toi mais c'était si peu. Anthony est tout ce qu'il me reste maintenant puisque l'amour qui nous a uni toi et moi est entièrement mort. J'ai fait une erreur en acceptant de devenir sa sœur de cœur, je ne lui ai pas dit que je l'aimais autrement, je ne sais donc pas si son choix est totalement de son plein gré.

- Et pourquoi ne le serait-il pas Candy?

- Parce qu'il boite, a des cicatrices et est devenu stérile après son accident. Anthony est fier et généreux, il aurait pu choisir ce chemin par sacrifice vu qu'il pense que je dois plus qu'une autre avoir un enfant naturel. Mais moi, je me fiche qu'il soit naturel si c'est avec lui que j'élève cet enfant. C'est ce que je vais lui dire demain Terry, afin qu'il choisisse maintenant seulement avec son cœur ce que je serai pour lui.

- Et si il... ne t'aime vraiment qu'en sœur?

- Au moins j'aurai choisi cette fois d'être égoïste comme il le veut et je n'aurai plus de regrets en imaginant des si. Qu'ai-je à y perdre Terry?

Anthony se sentit maintenant horriblement malheureux et lâche de ne pas pouvoir se montrer et lui dire qu'elle allait perdre raison si elle voulait qu'il lui dise le fond de son cœur. Les larmes coulaient sur ses joues et il eut du mal à rester silencieux après la réponse de Terry.

- Seulement un peu de salive Candy. Tu as raison, on obtient que ce que l'on veut et pour ça il faut déjà savoir le vrai. Je suis de ceux qui pensent que la vérité est toujours préférable au mensonge, alors je t'approuve et te souhaite d'avoir ce que tu veux le plus au monde et être heureuse avec.

- Merci Terry. C'est agréable de pouvoir tout se dire si facilement après tant d'années. En fait nous devions être fait pour être de grands amis, presque des frères et sœurs en somme.

- Peut-être Candy. Oui, j'aimerai beaucoup que nous soyons des amis à nouveau et qu'on ne se perde plus de vue.

- Compte sur moi Terry.

Elle lui sourit encore puis sans prévenir se jeta dans ses bras. Surpris, il eut une seconde à trouver les gestes mais en la serrant dans ses bras, il sentit une émotion l'envahir et laissa sa main se promener jusqu'à ses cheveux d'or pour les caresser. Elle serrait sa taille, le visage dans sa poitrine, quelques mèches chatouillant son cou. Il regarda vers le rideau et sentit la douleur d'Anthony lui rentrer dans le cœur. Il chercha dans sa tête quoi faire pour que cesse ce cauchemar mais se sentait si briseur de cœur qu'il ne sut que verser une larme.

- Terry!

Elle avait relevé la tête, ses yeux aussi étaient embués et le regardaient avec tant de profondeur qu'il se sentit mis à nu.

- Terry! Pourquoi pleurons-nous alors que nous sommes tous deux heureux?

- Je ne sais pas Candy, c'est ainsi que tu m'as rencontré, c'est peut-être pour revivre cet instant que nous pleurons.

- Oui, je me souviens comme si c'était hier de notre rencontre. Tu pleurais mais tu as préféré te moquer de moi que de l'avouer.

- Tu me troublais tellement avec tes grands yeux verts si purs, tes taches de son si candides et cette robe si légère volant au vent.

- Et toi tu m'avais déjà fasciné par ta beauté et ta fragilité mais ensuite je t'ai détesté de me dire que mes taches de son et mon nez étaient affreux.

- C'est moi aujourd'hui qui suis affublé d'un affreux appendice, c'est ma punition pour avoir osé un mensonge grossier à un joli nez et d'adorables parures rousses.

- Ce que tu sais dire de jolies choses maintenant Terry! Tu es un poète, un merveilleux poète!

- C'est vrai que j'en écris mais c'est beaucoup toi qui m'a inspiré Candy, même au théâtre, tu as été ma muse longtemps.

- J'aurais aimé l'être encore aujourd'hui Terry, dommage!

- Candy! Tu viens de me dire que tu aimes ton cousin, que tu veux que nous soyons des amis!

- Oui et j'étais sincère Terry mais ça n'empêche que je me sens attirée par toi et que c'est avec toi que je voudrais vivre un premier émoi. Tu te souviens quand tu m'as embrassé en Ecosse? J'étais jeune et j'ai réagi stupidement, maintenant je suis une femme et je ne réagirai plus stupidement si tu m'offrais ce cadeau avant de repartir vers ton destin.

- Je ne peux pas Candy, désolé.

- Tu ne peux pas où tu ne veux pas Terry?

- Les deux Candy puisque je ne veux que ce que je peux.

Elle recula en sortant de ses bras et hocha la tête.

- Excuse-moi Terry, je voulais seulement être certaine que tu ne m'aimais plus du tout, c'est évident maintenant.

- Et pourquoi t'aurai-je menti?

- J'ai imaginé que tu pouvais te mentir à toi même et m'aimer encore. C'était ridicule et j'assume la honte au point où j'en suis.

- J'avoue ne plus te suivre Candy, pour une croyante comme toi, je te trouve vraiment culottée et perfide maintenant.

- Ah! Oui! Et bien tant mieux Terry car j'en ai assez qu'on me considère comme une sainte, un ange, la bonne et douce Candy! Car c'est faux Terry, je ne suis pas cette femme! Je suis une femme normale avec un cœur mais aussi des désirs personnels et des besoins physiques. Je t'ai menti Terry, je ne suis pas amoureuse de mon cousin, c'était juste pour tenter de te rendre jaloux mais tu es resté indifférent et tu m'as repoussée si clairement que c'en est affligeant de certitude que tu ne m'aimes vraiment plus et en aime une autre. Oui Terry, tu as bien compris maintenant, je t'aimais toujours et je t'aime encore malgré ton mépris pour moi. Oh!

Il n'avait pu se retenir, il la gifla et la fixa avec colère pour avoir oser mentir ainsi et fait vivre un enfer à Anthony. Puis il choisit de lui dire clairement ses sentiments aujourd'hui.

- Ça c'est pour avoir utilisé ton cousin comme un objet car si un homme emploie de telles méthodes on le traite de salaud et moi qui suis pour l'égalité des sexes te traite ainsi. Ensuite Candy, je suis vraiment amoureux de quelqu'un d'autre, je l'aime passionnément et c'est réciproque et d'un amour qui nous fait nous battre et nous surpasser pour le garder et qu'il dure toujours. Donc, je ne t'aime vraiment plus comme avant, c'est certain mais j'aurais vraiment pu être ton ami et t'aimer tendrement si tu ne m'avais pas fait à nouveau tant de mal. Je suis d'accord Candy, tu n'es pas un ange pour tout le monde et encore moins une personne si généreuse quand on sonde à fond ton cœur. Tu prétends m'aimer encore mais ton amour ne vaut rien Candy, il ne valait pas grand chose avant vu qu'il ne savait pas se battre pour lui et il vaut encore moins aujourd'hui si c'est ainsi que tu l'exprimes. L'amour c'est de croire en l'autre Candy et toi tu ne crois en personne mais croit en un Dieu le père qui sait mieux que nous ce qui nous est bon. Pour moi, personne ne sait ce qui est le mieux pour soi à part soi Candy. Nous n'obtenons que ce que nous semons et méritons ce pour quoi on s'est battu. Tu t'es battue pour être infirmière, tu l'es. Tu te bats tous les jours pour que des enfants aillent mieux, tu y réussis. Mais si tu es célibataire et vierge, c'est uniquement de ta faute Candy car tu n'as pas voulu vraiment qu'il en soit autrement. Oh! Ne rougis pas ainsi, c'est trop tard, tu as voulu la vérité et tu l'auras cette fois. J'espère que tu es solide Candy car je n'ai pas fini de te dire le vrai. Tu m'as souhaité un mariage heureux Candy, il l'est car je suis déjà marié avec l'amour de ma vie. C'est un mariage symbolique juste entre nous deux mais pour moi c'est un vrai mariage à l'inverse de mon premier. Mais ce n'est pas parce que je ne peux plus me marier à l'église que je ne l'épouse pas autrement. Je suis athée et je me fiche de mêler un dieu fictif et l'église à mon histoire d'amour. Je l'aurais épousé civilement si je pouvais, par envie de lui prouver davantage, pour mettre la loi au service de nos droits vu que ce qui m'appartient lui appartient et inversement. Non, ce n'est pas par manque d'envie ou dégoût du mariage que c'est impossible c'est parce que... Assieds-toi Candy, j'ai peur que tu tombes, tu es blanche. Si, je te dis de t'asseoir! Bon, alors accroche-toi et écoute bien la vérité! La personne que j'aime est un homme Candy, pas une femme, c'est pour ça qu'on ne peut se marier !

- Un... homme? Toi?

- Oui moi et ne me fais pas le coup de : « A-t-il fallu que les femmes te déçoivent pour finir par te tourner vers un homme! » car ce n'est pas par dégoût et frustration que je l'aime lui mais vraiment parce qu'il est fait pour moi et moi pour lui. Et si tu trouves ça choquant, contraire à la nature, la morale, ta foi ou ce que tu veux, c'est égal parce que moi je suis fier de l'aimer et d'en être aimé et je ne me soucie que de ce qui est le mieux pour nous deux maintenant et rien d'autre.

- Mon Dieu! Pourquoi m'as-tu fait venir pour entendre ça, c'est cruel!

- Cruel? C'est la vérité Candy et si elle t'est cruelle je n'y peux rien car elle est pour moi un bonheur.

- Un bonheur? Mais deux hommes c'est... impossible!

- Si Candy, quand on s'aime tout est possible et ne compte que ça, rien d'autre. Ça c'est un vrai amour Candy!

Elle le regarda encore avec effroi puis fondit en larmes et s'écroula la tête dans les coussins. Terry regarda vers le rideau, vit l'ombre d'Anthony et se sentit maintenant angoissé en devinant qu'il allait se montrer à elle. Il lui fit non de la tête, voulant assumer tout, seul mais savait bien que c'était inutile, que tout ce qu'il avait surtout dit à lui pour le remettre de sa peine avait mis en lui tout le courage que n'avait plus Terry. Il s'avança doucement, serra la main de Terry avec un regard fier de lui et alla s'asseoir auprès de Candy.

- Ne pleure pas ma douce, Terry t'aime encore autant que moi malgré tout car c'est grâce à toi que nous nous aimons.

Elle poussa un hurlement en se retournant, Terry devina la crise de nerf et vint aider Anthony à l'empêcher de se débattre pour s'enfuir d'ici à toutes jambes.

- Calme-toi ma douce, tu vas te faire mal.

- Laissez-moi partir! Vous êtes des monstres! Des pervers! Des démons! Oh! Je vous déteste! Je vous déteste! Je me déteste d'avoir pu aimer deux tels monstres! C'est cruel! Terry! Comment as-tu pu me faire ça? Je n'avais plus que lui en prince idéal et tu me l'as pris aussi, tu l'as sali, perverti, entraîné avec toi dans la honte et la luxure! C'est... dégueulasse! Mais lâchez-moi! Vous avez assez ri de moi, maintenant laissez-moi partir, je ne veux plus avoir à faire à vous, jamais! J'irai au couvent! Ma place est avec Dieu! Les hommes sont trop cruels!

- Personne n'a ri de toi Candy, fit Anthony en essayant de l'obliger à le regarder dans les yeux alors que Terry la maintenait. Je regrette de te faire subir ça ma douce mais il le faut. Regarde-moi s'il te plaît, je suis toujours le même, ni un ange ni un monstre et Terry non plus. Toi non plus tu n'es pas ange ou démon, tu as menti par désespoir et je ne t'en veux pas même si j'ai eu très peur. Je t'en prie Candy, ne nous déteste pas pour ce que nous ressentons, ne me renie pas parce que nous aimons le même homme et ne déteste pas Terry par frustration.

- Tu as tout entendu? C'est horrible ce que vous avez fait! Pourquoi m'avoir tendu un tel piège? Qu'est-ce que je vous ai fait pour mériter ça? Anthony, même les Legrand ne m'ont jamais fait autant de mal et c'est toi... Laisse-moi partir, je ne veux plus rien entendre, je veux rentrer et oublier ce jour horrible! Toi lâche-moi, tu me dégoûtes, tu me fait horreur Terry, je ne veux plus jamais entendre parler de toi, jamais!

- Tu ne me reverras plus Candy, je repars demain, je suis désolé de t'avoir blessée je ne voulais que finir notre histoire pour te prouver que ça ne valait pas la peine de s'attarder sur le passé. Mais n'en veux pas à Anthony, c'était mon idée, c'est moi qui ai voulu qu'il entende la vérité, mais je n'avais pas prévu cette fin si... cruelle c'est vrai. Je te demande pardon, deux fois pardon car la première fois je pensais être le seul à avoir tant souffert. Je vais te lâcher maintenant mais reste calme et ne te sauve pas, ne fuis pas encore Candy, essaie de penser autrement, sans colère, frustration, haine.

- Tu... tu croyais avoir souffert seul? Mais... c'est toi qui as voulu ça, tu m'as caché l'accident, tu ne m'as rien dit à New York, tu m'as obligée à entendre la vérité par les ragots à l'entracte, à aller voir Susanna pour lui dire qu'on oblige pas quelqu'un à l'épouser par devoir car ce n'est pas de l'amour ! Puis il a fallu que je l'empêche de sauter du toit pour t'éviter son suicide sur la conscience alors que je me suicidais moi-même ! Puis la voir dans tes bras, l'entendre me dire que même si sa carrière et sa vie était fichues, être près de toi lui redonnait goût à la vie, voir ses yeux implorants et être obligée de lui dire qu'elle ne perdrait plus ce goût car je te laissais à elle pour toujours ! Elle qui me regarde en sainte alors que j'aurais eu envie de l'étrangler, qui me promet de prendre bien soin de toi et te rendre heureux alors que... Oh! quelle garce! Elle a eu en plus le culot de m'écrire six mois après pour me remercier et me dire combien elle était heureuse car tu commençais à l'aimer. Ensuite il a fallu que je t'affronte, ravale ma peine, taise encore ma rage de m'avoir fait venir pour ça et tu me dis que tu croyais être le seul à souffrir? Mais quand as-tu agi pour nous faire éviter ce fiasco Terry? Quand m'as-tu empêchée de partir? Rattrapée au train? Recherchée à Chicago? Et quand m'as-tu dis que tu m'aimais pour que je crois devoir me battre pour notre amour? Tu es injuste Terry, tu m'as fait vivre deux fois une terrible humiliation, tu t'es bien vengé mais rassure-toi, je n'irai pas me jeter d'un pont pour toi, c'est fini de souffrir pour toi, j'ai mieux à faire, j'ai un enfant à éduquer. Oui tu peux me lâcher aussi Anthony, je ne me sauverai pas, je ferai face encore mais donne-moi un verre d'eau.

Il se leva, vit le regard de Terry troublé fixant Candy qui s'était calmée mais tremblait encore d'effroi.

- Donne-lui ta veste Terry, elle frissonne. Je reviens ma douce.

Terry prit sa veste sur la chaise et vint la poser sur les épaules blanches puis s'assit près d'elle. Elle serra les pans de la veste contre elle et le regarda.

- Tu veux bien me donner aussi une cigarette Terry, ça me fera peut-être du bien pour une fois ?

- Je ne crois pas Candy, tu vas détester ça et t'étouffer.

- Je m'en fiche, donne m'en une.

- Bon.

Il se releva, prit le paquet sur le buffet, en alluma une et vint se rasseoir et lui tendit. Elle la prit, la porta à sa bouche, aspira, toussa, s'étouffa et lui rendit.

- C'est immonde, tu n'as qu'à la finir. Dommage qu'il n'y ait pas de whisky, pour une fois ça ne me ferait pas de mal.

- Candy, je suis désolé, j'ignorai ta version et c'est vrai, tu as dû supporter trop de douleurs de ma faute. Mais pour celle d'aujourd'hui, c'est le destin le seul responsable. Je ne savais pas qui était Anthony quand je l'ai rencontré, je ne l'ai compris qu'en lisant la lettre que tu lui as envoyée et ça m'a aussi désespéré que le destin soit si tordu. Je te jure que c'est vrai Candy, le hasard a voulu qu'Anthony soit mon avocat pour mon divorce et qu'en le voyant pour la première fois lors de la prononciation, un violent coup de foudre nous transperce l'un et l'autre.

- Un coup de foudre?

- Oui Candy, à la seconde où il est entré il était évident que je l'aimais et qu'il ressentait pareil. Pourtant ça n'était jamais arrivé avec un homme pour moi comme pour lui et nous semblait avant impossible.

- Pourquoi lui Terry?

- Parce que tu avais raison, il est merveilleux, gentil, brillant, courageux et beau. C'est ainsi Candy, tu as choisi deux garçons qui se ressemblaient et se complétaient, j'ignore pourquoi il a fallu qu'on s'aime tous les trois aussi mais ce n'est pas si horrible quand on y réfléchit et s'y habitue.

Anthony revenait avec une bouteille d'eau qu'il tendit à Terry pour remplir les verres. Il but lui même dans celui de Terry puis en le voyant fumer, en prendre une aussi et aller vers la fenêtre pour la fumer.

- Toi aussi tu fumes! Je parie que c'est de sa faute en plus !

- Oui Candy. J'ai commencé quand il m'a repoussé pour que je me marie et fonde une famille. Mais je n'aimais pas ma petite amie et je n'aurai jamais d'enfants alors il a fini par m'accepter. Depuis nous sommes très heureux mais depuis que nous savons que tu nous relies, je suis devenu jaloux par supposition. C'est de ma faute ce rendez-vous, Terry ne voulait pas te revoir pour te blesser, j'ai exigé qu'il te revoit pour savoir s' il ne t'aimait pas encore et inversement. Pardonne-moi Candy.

- Oh! Anthony! Dire que tu as aussi passé l'après midi à me pousser ici, je devrais te détester, pourtant... je n'y arrive pas. Ni toi Terry, j'ai été en colère, vexée et choquée mais te haïr, non, c'est impossible. Mais je me sens vraiment mal dans ma tête maintenant vu ce que j'ai fait moi aussi.

- Il ne faut pas Candy, nous sommes tous trois à égalité pour la nullité ce soir, fit Terry en lui souriant à nouveau. Et c'est vrai que je t'aime toujours, que je t'aimerai toujours quoi qu'il arrive.

- Oui c'est vrai Candy, je l'ai lu en lui ce soir, il t'aime encore beaucoup et je ne suis pas jaloux de le savoir maintenant puisque ça ne change rien à celui qu'il a pour moi.

Elle regarda son cousin lui sourire, puis Terry qui la regardait tendrement, alors elle leur sourit aussi.

- Je vous ai aimé tous les deux plus qu'aucun autres et je vous aimerai toute ma vie ainsi, je n'y peux rien, tous les autres sont bien moins que vous deux. Mais Terry a raison, je ne suis pas faite pour la passion qui sacrifie tout, vous si. Moi je suis heureuse entourée d'enfants à soigner et maintenant que je suis devenue mère d'une petite fille si fragile, je ne me vois pas courir après un homme et lui donner tout mon temps. Alors je me contenterai comme avant de mes souvenirs mais garderai quelques moments égoïstes pour moi et espère que vous garderez une petite place pour moi dans votre bonheur. Terry, est-ce que tu veux bien me redonner une chance comme amie... à part?

- Bien sûr mademoiselle taches de son, tu es mon amie éternelle et à jamais la seule femme au monde que j'ai aimé avec passion et désiré en épouse.

- Alors je suis à nouveau très heureuse car j'ai plus maintenant qu'en arrivant. Dommage que tu doives partir demain Terry, j'aurais aimé te présenter ma petite fille Julia.

- Tu l'emmèneras la semaine prochaine à New York avec toi, elle pourra même voir Cyrano et son grand nez. Et bien sûr, tu nous feras l'honneur de résider tout le temps que tu voudras chez nous, dans notre maison. N'est-ce pas Anthony?

- Oui. Ne crains rien Candy, notre vie est tranquille, simple et sans scandales. J'aimerais que tu viennes ma douce, tu es la seule pour l'instant qui partage mon secret, j'ai besoin de toi pour arriver plus tard à le confier aussi à William.

- Oh! Ce sera plus facile pour lui que pour moi, ne t'inquiète pas. Par contre, les autres?

- Ça suffira que les deux plus chers à mon cœur le sachent Candy, on sait bien que c'est dur à comprendre.

- Et ta belle-mère et ta petite sœur de France?

- On verra quand on ira les voir.

- Bien, alors je vais rentrer à Lakewood.

- Je pars avec toi, il est tard pour rentrer seule en voiture.

- Non, reste avec Terry, je ne vais pas m'attarder en route, crois-moi. Terry, je te dis bon retour et à bientôt. Anthony, on se revoit demain.

- Bonsoir Candy, roule doucement.

Elle sourit et partit sans prendre ses gants alors Anthony dit à Terry:

- Elle ne l'a peut-être pas fait exprès mais profite-en pour aller lui donner ce qu'elle voulait tout à l'heure.

Puis en le voyant perplexe:

- un baiser grand nigaud!

- Anthony!

- Allez, c'est juste un souvenir, je n'ai plus aucun doutes en nous, je t'aime. Dépêche-toi avant qu'elle démarre!

Il dévala alors l'escalier et la rattrapa juste quand elle ouvrait sa portière.

- Candy, tu as oublié tes gants!

- Oh! Ce que je suis écervelée! Tu vois, je n'ai pas tant changé, merci Terry.

- De rien. Mais tu as oublié autre chose encore.

- Quoi?

- Ça!

Il la prit dans ses bras, l'attira contre lui en la soulevant un peu jusqu'à ce que ses yeux soient face aux siens et sa bouche près de la sienne. Elle lâcha d'abord un oh de surprise et le regarda deux secondes avec de l'incompréhension. Mais elle semblait ensuite hypnotisée par les yeux de Terry et quand il posa ses lèvres sur les siennes, elle ne le repoussa pas, au contraire. Elle entoura le cou de Terry de ses mains et se colla encore plus à lui en l'embrassant comme une femme qui veut montrer son amour. Il la laissa faire mais éprouva un plaisir évident en goûtant les arômes de fraises dans sa bouche et en sentant son corps tendre contre lui. Il caressa un peu sa nuque avant de se détacher lentement d'elle et la reposer sur ses pieds. Elle rouvrit les yeux, sourit délicieusement et lui dit en caressant encore un peu sa main.

- Merci Terry, ça valait le coup d'attendre si longtemps et que ce soit toi. Je ne l'oublierai jamais mais je te promets d'en tester d'autres pour ne plus m'attarder trop longtemps sur le passé. Mais tu resteras mon Roméo à jamais, à bientôt.

Et elle monta dans sa voiture, démarra, le regarda une dernière fois avec des yeux brillants et plus verts qu'une prairie puis disparut de son champs de vision.

A suivre... Voilà, la vérité a été dure à entendre mais Candy est une si belle âme, elle finit par l'accepter et pardonner. Ce rendez-vous se finit plutôt bien pour elle et cette invitation à New York avec sa petite fille est peut-être le début d'une nouvelle vie aussi !