Date : 5 décembre 2020
Personnages : Minos x Eaque, pour Nevermind555
Univers : Canon série d'origine
Genre : Amitié, sex-friends, Lemon 18+
Péché de gourmandise
– C'est pour moi ? demanda Eaque tranquillement allongé sur l'un des canapés de Tolomea, les jambes croisées dans une position lascive.
Le Garuda avait pris l'habitude d'entrer sans s'annoncer et s'installer dans les appartements de Minos comme s'il était chez lui. Le Griffon ne s'en formalisait pas. Au contraire même, la venue d'Eaque était annonciateur d'activités ô combien distrayantes.
La vue de son confrère, vêtu d'un sarouel décontractant et d'un marcel collé au corps, épousant bien sa physionomie alléchante, suffirent à faire réagir l'entrejambe du norvégien. Eaque était désirable. Il le savait et il en jouait sans retenu.
– Tu m'as vu t'offrir un cadeau, peut-être ? répondit Minos en reprenant le paquet des mains d'Eaque pour le reposer sur un meuble loin des mains curieuses de son confrère. C'est pour Rune.
– Tu offres un cadeau à ton larbin et pas à moi !
– C'est pour son anniversaire ce mois-ci.
– Et noël alors ?
– T'as passé l'âge de recevoir des cadeaux à noël.
– Je me sens trahi, bouda le plus jeune. Que comptes-tu faire pour ma frustration ?
– Devine, dit Minos d'un ton lubrique en s'installant à califourchon sur son invité. Je vois que tu as enfilé ta tenue de danse. Tu voulais me faire une chorégraphie ? Attends un peu que je règle le son.
– Arrête avec tes metépho... aaaaaaaaaaaaaah.
Gémissement et cambrure, Minos étira largement ses lèvres dans un sourire satisfait alors qu'il n'avait que caresser, au travers des couches de vêtements, le phallus impatient de son partenaire.
– Pas assez fort. Je devrais y mettre plus d'entrain.
– Attends, l'arrêta Eaque et lui saisissant les bras.
– Ne m'interromps pas, ordonna sèchement le Griffon.
D'un coup, les bras et les jambes d'Eaque furent étirés, laissant le champ libre à Minos qui s'en léchait les babines. Il remonta le haut moulant de son confrère pour venir caresser le buste musclé, halé, mortellement attirant. Il n'attendit pas pour se pencher et dévorer cette chair caramel. Depuis le début du mois de décembre, il en avait mangé des friandises, mais celle-ci avait une saveur unique, délicieuse, accrocheuse, si exquise qu'il ne s'en lassait pas.
– T'es pressé, dis donc, dit Eaque dans un sourire.
– Ne me dis pas que tu es là pour parler travail ou prendre le thé.
– On aurait pu prendre le thé.
– Pas envie pour le moment.
Les lèvres gourmandes parsemèrent l'épiderme parfumé aux épices de baisers. Eaque était d'une appétence incroyable. Minos le comparait souvent à un pain d'épices traditionnel. Il s'en goinfrait avec gourmandise tout en remuant son bassin, faisant gonfler le sexe de son partenaire, comme un gâteau auquel on avait pris soin d'y rajouter de la levure. Immobilisé, Eaque ne pouvait que savourer les caresses linguales qui descendaient de plus en plus bas.
– Minos… c'est trop bon.
– Après ne viens pas dire que je ne te gâte pas, mon pain d'épices.
– Oh pitié, pas de surnom mielleux.
– Il y a pourtant du miel dans la recette.
– Ta gueule, Minos… AAAAAAAAAH
– Tu vois ce qu'elle te fait ma gueule, répliqua le norvégien qui l'avait pris en bouche.
Les coups de langue divins étaient une torture pour Eaque. Il maudissait Minos qui savait diablement bien s'y prendre en fellation, mais l'expérimenté Griffon était encore capable de mieux.
En effet, Minos plongea sa main dans les coussins du canapé pour en ressortir un tube de lubrifiant. Est-ce qu'il en avait de dissimulé un peu partout dans son temple, peut-être même son tribunal ?
Eaque sentit ses liens se détendre. Une seule des mains de Minos maintenait la Cosmic marionation, pendant que l'autre le préparait lentement à recevoir Eaque en lui. Le Garuda aurait pu en profiter pour se libérer, prendre les rennes, mais il ne bougea pas. Cette position où il se faisait entièrement choyer n'était pas pour lui déplaire, et ses yeux pourpre était subjugué par son partenaire à la divine peau laiteuse qui contrastait tellement avec la sienne.
Le ballet se poursuivit dans un concert de soupirs, de gémissements et cris. Minos bougeait son bassin à des rythmes aléatoires. Vil Griffon qui le rendait fou. Eaque n'en pouvait plus de gémir. Ses cordes vocales le brûlaient et lui faisaient mal, de même que la tension insupportable dans son bas ventre. Si seulement sa fontaine pouvait jaillir, que lui aussi puisse se désaltérer avec de l'eau pour soulager sa gorge en feu. Comment ce rat de bibliothèque était-il capable de ça ? Minos avait une physionomie mince et bien moins musclée que lui, et pourtant il était capable d'incroyables prouesses physiques pendant l'acte charnel. Définitivement pas un spectre de haut rang pour rien.
Eaque ouvrit les yeux pour observer la silhouette appétissante qui se balançait sur lui au même rythme que sa longue crinière. Sa tête était réservée en arrière, exposant sa gorge qu'Eaque avait bien envie de mordre. Le népalais n'était pas friand de sucreries, mais la chair blanche de Minos lui rappelait les yomari de son pays natal, son péché mignon. Il n'y résistait pas.
Minos et lui n'étaient pas en couple. Leurs cœurs et leurs âmes n'appartenaient qu'au Seigneur Hadès, et aucun d'eux ne souhaitait remettre en doute cette conviction. Mais les deux hommes étaient inéluctablement attirés l'un par l'autre, friands de leurs apparences appétissantes qui leur mettaient l'eau à la bouche. Ils partageaient des actes d'un érotisme titanesque, comme à cet instant, qui en feraient pâlir ce libidineux de Zeus.
L'extase montant encore, la prise de Minos se fit plus leste et Eaque en profita pour se libérer, se redresser et se jeter sur la gorge tant désirée, tandis qu'une de ses mains s'occupait de la hampe délaissée de son partenaire qui se cambra à son tour.
A l'approche de leurs points de rupture, les ailes de leurs totems respectifs semblèrent apparaitre dans leur dos, se déployant majestueusement, les faisant s'envoler plus haut encore. Ou bien l'ivresse de plaisir leur donnait des hallucinations.
Comme à chaque fois, l'acte final se concluait par une explosion orgasmique, faisant presque trembler les murs.
Minos détendit tous ses muscles avant de s'effondrer sur son partenaire qui l'intercepta au vol et l'entraina avec lui sur le canapé. Leurs deux corps enlacés, peau blanche sur peau halée, faisaient penser à un capuccino nappé de crème fouettée. Le Griffon bougea la tête pour venir embrasser et sucer le cou et le haut du buste de son partenaire.
– Pas encore rassasié, sourit Garuda.
– Ce n'est que gourmandise, mon cher. Je raffole du pain d'épices.
– Tu succombes exagérément à ce péché. Je te vois toujours manger du chocolat ou d'autres saletés sucrées. Ton palais doit être complètement détruit par tout ce sucre.
– Mon palais se porte à merveille. Et toi tu manges bien trop épicé, je ne vois pas en quoi c'est meilleur pour ton sens du goût.
– Les épices sont bonnes pour la santé, le sucre est un poison. C'est à se demander comment tu fais pour rester mince. Tu te fais vomir ou quoi ?
– Pfff, pas besoin de faire de régime quand on sait se servir de ça, dit Minos en montrant sa tête. T'es pas au courant que cerveau carbure au glucose ? Quoique rien d'étonnant puisque tu fais partie de la catégorie des gros bras.
– Minos, un mot de plus et je te fais passer à travers le plafond de ton temple, railla Eaque qui sentait venir la chute.
– Tout dans les muscles, poursuivit le Griffon nullement impressionné, rien dans…
– Je rentre, coupa le népalais en jetant littéralement son partenaire de sexe par terre. Va donc crever d'un diabète, sale toxico sucré.
– On ne meurt pas du diabète, inculte, mais de ce qu'il engendre.
– Oh ta gueule. Du sucre ou d'autre chose, j'ai juste envie de te voir crever.
– Eaaaaaaque, minauda Minos en s'étirant au sol tel un chat, je sais tu es aussi gourmand que moi. Je ne te donne pas un jour pour revenir en réclamant ta dose de moi.
– Va te faire foutre, Minos !
– Avec toi, volontiers.
Le népalais sortit en claquant la porte, agacé des réparties toujours bien placées de Minos. Il se croyait malin, peut-être ?
Oui, Eaque était épris du corps de Minos et de leurs étreintes passionnées qui l'électrisaient, ouvraient ses ailes pour l'élever plus haut même que les cieux qu'il dominait. Eaque en avait connu des partenaires, mais aucun ne l'avait fait décoller si furieusement. Si certains hommes se disaient addicts au sexe, Eaque comprenait très bien pourquoi à présent. Comment se passer de cette ivresse ?
Eaque adorait la peau de mochi de son confrère, sa cascade de neige dans laquelle il glissait ses doigts et qui se balançait durant l'acte, sans parler de ces précieux iris d'or rappelant la richesse d'un monarque, la noblesse de cet arrogant Griffon.
Et les caresses exaltantes de Minos, précises, efficaces, enivrantes. Eaque soupirait juste en pensant à ses doigts qui effleuraient, gratouillaient, chatouillaient, pénétraient, mais également qui tuaient avec sa technique. Des doigts cajoleurs et meurtriers.
Sa voix doucereuse, attractive, fascinante, qui attirait l'attention, tel un souverain dont on boit les paroles, qu'on idolâtre. Ah, Eaque ne faisait pas que boire les paroles de Minos.
Son sourire malicieux qui en disait long sur ses intentions peu catholiques. Son souffle dans son oreille qui faisait vibrer sa colonne, hérisser ses cheveux et son duvet, sans oublier sa langue qui flattait sa peau caramel et son organe masculin.
Oui, Minos le sublimait en profondeur et l'obsédait, mais il était fort et il saurait résister à cette addiction. Si ce fourbe de Griffon pensait qu'il pouvait dominer son mental, il se fourvoyait grandement. Eaque était un homme fier, un homme blessé dans son amour-propre. Et non, il ne céderait pas bassement à ses pulsions, pas tant que Minos ne se serait pas excusé pour ses mots déplacés, injurieux envers sa personne. Foi de Garuda.
Eaque rentra chez lui le souffle court. Son sexe s'était de nouveau érigé en se remémorant la posture luxurieuse de ce tentateur au moment de le quitter. Il bâillonna sa bouche, ne souhaitant pas qu'une de ses servantes soit témoin de son état de transe. Discrètement, il se faufila jusqu'à sa salle de bain pour s'y enfermer et prendre un bain pour se débarrasser de ces odeurs corporelles. Son épiderme était imprégné des effluves sucrés de Minos.
– Vil séducteur, maudit Griffon, cracha Eaque entre ses dents, sa main glissant dans son sarouel pour se soulager.
– C'est pour toi, dit Minos en tendant une boite à Eaque.
Le Garuda avisa son amant puis la boite blanche renfermant sûrement quelques douceurs.
– T'écoute quand je te parle ? Je t'ai dit que j'étais pas fans des sucreries.
– Regarde avant de la ramener, grogna Minos qui n'appréciait pas de faire le pied de grue devant Antinora. J'suis sûr que tu diras pas la même chose quand tu verras ce que c'est.
– Tu crois te faire pardonner en m'offrant quelque chose ? demanda Eaque sur un ton toujours contrarié en prenant le présent du Griffon.
– Pour être honnête, oui.
– Tu craques le premier ? sourit Garuda. Ça ne fait que quatre jours… aaaaaaaaah.
Eaque laissa tomber la boite par terre, son contenu bien sécurisé grâce au ruban qui l'entourait. Minos s'était subitement rapproché pour passer un bras autour de sa taille, son autre main s'était posée sans vergogne sur l'entrejambe du népalais.
– Ose me dire que t'en a pas envie.
Son ton était sérieux, tendu. Le noble Minos ressemblait à une toxicomane en quête de sa dose.
– Non… Minos, s'étranglait Eaque qui ne voulait lui céder comme ça. Pas encore…
– T'as gagné, je m'excuse. Ça te va ?
– T'es sincère en disant ça ?
Respiration de plus en plus haletante de part et d'autre. La chaleur montait, les sexes en manque s'érigeaient déjà. Minos rapprocha son bassin, le frotta contre celui d'Eaque qui retint un cri en s'étranglant, dents serrées, tête renversée. Griffon en profita pour jeter ses lèvres dans son cou, lécher la carotide, mettant Eaque au supplice. Il ne tiendrait pas, il avait trop envie de Minos.
– J'ai besoin de toi, dit Minos. Ne me repousse pas, je deviens fou.
La main du norvégien passa sous le tee-shirt. Il caressa le torse, l'abdomen, glissa dans le dos, avant de descendre plus bas, juste à l'entrée de l'intimité d'Eaque, le titillant en surface. Garuda s'accrochait aux vêtements de Minos, détendant ses muscles pour se laisser choyer, soupirant dans l'épaule de son amant.
– Oui, souffla-t-il. Minos, dans la chambre.
– Vite, je vais pas tenir.
Les vêtements volèrent avant qu'ils n'atteignent le lit. Minos poussa Eaque sur le matelas, imposant, sa bouche s'écrasant sur la sienne. Son sexe dressé dansait avec son alter-ego. Elles étaient déjà loin les contrariétés, les deux juges étaient des boules de feu sous tension.
– Le lubrifiant ?
– Dans le tiroir.
– Je vais vite te préparer. Pardon, mais j'ai trop envie de te pénétrer.
– Fais Minos. Ne réfléchis pas, bordel.
Eaque serra les dents et mordit dans un oreiller, d'abord dérangé par cette intrusion. En général, Minos savait y faire sans douleur, du plaisir à l'état pur. Il devait vraiment être en manque pour le culbuter de la sorte. Il ne pouvait rien protester, il était consentant, et la façon dont Minos s'occupait aussi de sa virilité lui faisait oublier sa douleur. Bientôt, même la pénétration ne sembla plus aussi dérangeante.
– Minoooooooos.
– Eaaaaaaque.
Griffon vint en premier, vite suivit par Garuda. Minos tomba sur le côté, s'allongeant sur le dos aux côtés de son amant.
– Si t'étais pas venu aujourd'hui, c'est moi qui serais venu, révéla Eaque.
– Vraiment ?
– Tu m'as manqué, bordel. T'es ma drogue, Minos. S'il y a une friandise dont je raffole, c'est ta peau opaline qui me fait penser à des yomaris. Et j'ADORE les yomari. C'est mon péché mignon.
– Heureux de l'apprendre, mon pain d'épices, sourit grandement le Griffon.
– Tu sais qu'on est pas en couple. Si on pouvait éviter les surnoms niais.
– Oh, allez, c'est bientôt noël. On peut se le permettre un peu, non ?
– Si j'entends un seul spectre faire des sous-entendus, tu vas voler si haut que tu arriveras en Olympe.
– J'en profiterai pour saluer le paternel.
– Mais tu m'énerves à avoir toujours réponse à tout, sale intello, rouspéta Eaque en frappant Minos avec son oreiller.
– Hé, mon magnifique visage.
– M'en fout, c'est que ton corps qui m'intéresse, pas ta tronche. D'ailleurs, j'ai bien l'intention de me servir.
Le thé avait été servi et les yeux d'Eaque pétillèrent lorsqu'il ouvrit la boite qu'avait ramené Minos et qui contenait plusieurs yomari.
– Je t'adore, s'extasia Eaque.
– Tu dis ça avoir m'avoir malmené, sale brute.
– Déjà c'est toi qui m'as brutalisé en premier, et ose prétendre que tu n'as pas aimé.
– J'aime dominer. Je suis l'ainé ici. Tu me dois le respect.
– Des clous, oui !
– Très bien, cette fois c'est moi qui te boude.
– Minos, Minos, soupira le népalais. Franchement, on peut se faire la gueule et baiser quand même, non ? On est pas en couple. C'est comme aller aux toilettes. On soulage juste un besoin, sauf qu'on tire pas la chasse en sortant.
– T'es scato ou quoi ? demanda Minos avec une moue écœurée. Je suis ouvert, mais là non merci.
– C'est une métaphore, débile. T'es pas si intelligent que ça en fait. C'est à cause du sucre, ça pourri ton cerveau. D'ailleurs, je note que tu as des poignées d'amour qui sortent.
– J'ai une anatomie PARFAITE. Aucune graisse en trop. On ne peut pas en dire autant de toi.
– C'est du muscle, connard. Moi je flanche pas sur les exercices de renforcement musculaire.
– Moi je tiens le rythme en longueur. D'ailleurs je suis déjà opérationnel pour le prochain round. Est-ce que tu peux en dire autant ?
– Tu me défies ?
Sourire salace des deux côtés.
– Le thé est trop chaud de de toute façon, trancha Minos en tendant une main à Eaque, qu'il prit sans hésiter.
