Chapitre 8: Loup-garou et Quidditch
Lorsque j'arrivai au rez-de-chaussée, je vis que Remus lisait dans la bibliothèque alors que j'étais en chemin vers le grand salon. Je décidai d'aller le voir.
- Qu'est-ce que tu lis, lui demandais-je alors que je me laissais tomber dans le divan à ses côtés.
Il referma son livre et me regarda avec un sourire.
- J'essaye de la lecture moldue. Ça s'appelle Les trois mousquetaires. C'est plutôt bon, en fait, me dit-il, me montrant la couverture du livre.
- Ça parle de quoi? Lui demandais-je, intéressée.
- C'est drôle, parce que ça me fait penser un peu à mes amis. C'est à propos d'un groupe de 4 amis qui se sont enrôlés dans les mousquetaires, c'est-à-dire la garde rapprochée du roi, et ils se battent et font des missions secrètes et tout.
- Mais, pourquoi ça s'appelle Les trois mousquetaires s'ils sont quatre et non trois? Demandais-je en fronçant les sourcils.
- Bien vu. C'est que le livre est basé sur les aventures de D'Artagnan, qui rejoins les trois autres mousquetaires, alors trois est finalement devenu quatre, m'expliqua-t-il.
- Ah, d'accord. Et pourquoi ils te font penser à tes amis? Demandais-je intriguée.
Je me callai plus confortablement dans le divan, prenant un des coussins et m'adossant dessus. Ce n'était pas la première fois que Remus et moi avions une discussion de livres, puisque nous étions tous deux de bons lecteurs.
- Tout d'abord, la raison évidente, un groupe de quatre amis liés par un lien très fort. Mais aussi, parce que certains d'entre eux me rappellent mes amis. Il y a d'Artagnan, qui est un peu comme James. À part qu'il provient d'une famille pauvre. Il est le plus jeune du groupe. Il a toujours rêvé de devenir un mousquetaire du roi et il est allé à Paris dans ce but. Il est impétueux, sans peur et arrogant. Et il est complètement fou d'amour pour Constance, l'une des femmes de chambre de la reine.
- C'est vrai que ça fait penser à James...!
- Ensuite, il y a Athos. Il est plus vieux que les trois autres, très brillant et charismatique. Mais il a ses démons qui le rongent de l'intérieur.
Hm. C'est moi, ou ça sonne un peu comme Sirius? Avec sa problématique situation familiale qu'il semble la plupart du temps garder pour lui et face à laquelle il agit comme si de rien n'était? Je veux dire, même si cette famille est horrible, il a grandi avec eux, ça doit être difficile de les quitter et de ne plus jamais les revoir, non? Et le pire dans tout ça, c'est qu'il a un jeune frère, du nom de Regulus, qui est à Poudlard aussi, un Serpentard, et tous les deux, ils agissent comme s'ils ne se connaissaient pas. C'est très triste, en fait... Je suis interrompue dans mes pensées par Remus.
- Dorcas? Toujours parmi nous?
- Ah oui, désolé. Je pensais qu'Athos avait des points en communs avec Sirius.
Il me regarda intensément dans les yeux et son sourire sembla diminuer.
- Ouaip. Tu as raison. C'est ce que j'ai pensé aussi. Et tu n'as même pas le tableau complet encore. Athos a tourné le dos à son passé et s'est enfui sans regarder derrière. Il provenait d'une très riche et puissante famille...
Oh. Alors Athos est tout à fait comme Sirius, donc.
- Et les deux autres? On peut leur trouver des similitudes avec toi ou Peter?
- Je ne sais pas trop. Il y a Portos. Il prend beaucoup de place, est bruyant, extravagant et aspire à devenir riche et puissant. Il a une liaison avec plusieurs riches dames qui l'aident dans ce but.
- Ah, ça ne cadre pas avoir toi ou Peter, n'est-ce-pas?
Une petite voix dans ma tête me disait qu'une petite partie ressemblait tout de même à Peter. Pas pour la liaison ou le fait qu'il soit bruyant et extravagant (qui fait plus penser à James), mais j'avais toujours un peu pensé qu'il se collait à James afin d'attirer un peu de sa popularité sur lui-même... Je décidai de garder ces pensées pour moi.
- Je ne pense pas... Et finalement, il y a Aramis, qui est un prêtre défroqué devenu mousquetaire. Il est studieux, gentleman, il est souvent celui qui tempère les trois autres.
- C'est clairement toi.
- Ah oui? Il me répondit avec un sourire.
- Allez, tu sais bien que oui. Tu es brillant, tu as de bonnes manières et si ce n'était pas de toi, James et Sirius seraient toujours dans le pétrin. Et ça serait bien mérité.
- J'imagine que tu as raison. Et toi, qu'est-ce que tu lis ces jours-ci? Me demanda-t-il.
- Orgueil et préjugés. Aussi un roman moldu. Lily me l'a prêté.
- Qu'est-ce que ça raconte?
- C'est à propos d'Élisabeth Bennet, une jeune femme qui vit avec une famille de dingues. Elle est la plus âgée de cinq filles, sa mère est cinglée, son père est... il est ok, j'imagine... Les sœurs sont aussi tout de même un peu barges, à l'exception d'une d'entre elles... Ça se passe au début du XIXe siècle alors c'est une tragédie pour la famille d'avoir seulement cinq filles et pas de garçon, parce qu'aucune ne peut hériter du père... Elles doivent faire au moins un ''bon mariage'' pour être en mesure de faire vivre leur famille quand le père ne sera plus là... Alors, tout le monde est un peu fou à l'idée de se marier, excepté Elisabeth qui s'en fiche un peu. Et puis, elle fait la rencontre d'un homme très riche et très arrogant et le roman semble tourner autour de l'évolution de leur relation. J'en suis à la moitié seulement encore.
- Et puis? Est-ce que tu t'identifies un peu à cette Elisabeth? Me demanda-t-il.
- Oh, non. Je ne sais pas. J'imagine que je peux la comprendre dans la façon qu'elle a de ne pas avoir peur d'envoyer paître les gens et de dire ce qu'elle pense. Mais ma vie n'est pas proche du romantisme de la sienne. C'est plus du style James et Lily.
- Vrai. Peut-être que leur histoire inspirera un roman à l'eau de rose un jour, qui sait.
- Hm-m.
Nous gardâmes le silence pour quelques secondes avant que je ne prenne la décision de le confronter sur ce que j'avais appris de lui plus tôt ce matin.
- Remus? Je peux te demander quelque chose de très personnel? Demandais-je.
- Je... J'imagine? Que veux-tu savoir?
- Tu es un loup-garou, n'est-ce pas?
Il se leva prestement du canapé, faisant par la même occasion tomber sa tasse de thé qui se trouvait sur l'accoudoir, la faisant éclater en morceaux sur le plancher. Je pris ma baguette, que j'avais déposé sur la petite table devant le canapé, et lançai un Reparo sur le dégât, remettant la tasse en état. Je lançai également un Récurvite, afin de faire disparaître la flaque de thé du plancher. Je repris la tasse et la reposai sur la table. Remus me fixait avec appréhension, comme si j'allais me sauver en courant ou quelque chose du genre.
- Tu vois, je ne me sauve pas, alors s'il-te-plaît, assied-toi qu'on puisse en discuter? Le réassurais-je.
- Comment... Qui...? Balbutia-t-il.
- Lily me l'a dit. Ne soit pas fâché contre elle. Elle sait que tu es un ami très important pour moi et que je ne le dirai à personne. C'est vrai, Remus, ton secret est en sûreté avec moi, dis-je, posant ma main sur son bras.
- N'es-tu pas... Effrayée? Me demanda-t-il.
- Pourquoi le serais-je? Tu n'es pas un loup, là, n'est-ce-pas?
- Non, mais...
- Remus, je te connais depuis quoi? Six ans? Tu es un des plus brillant et gentil jeune homme que je connaisse. Le fait que tu te transformes en loup une fois par mois ne pas peut changer ça.
- …
- Comment tu gères ça, en fait? Avec Poudlard et tout?
- Je... Dumbledore savait à propos de mon... Affliction. Il m'a trouvé un endroit sécuritaire pour mes transformations, où il n'y a aucun risque de mettre quelqu'un en danger. Parce que je pourrais, tu sais? Je pourrais blesser quelqu'un. Je pourrais te blesser, dit-il, posant sa main sur la mienne.
- Je sais, Remus, je ne suis pas si naïve. Je sais que les loups-garous peuvent blesser ou tuer... Mais je sais aussi que tu fais certainement tout en ton pouvoir pour ne pas que ça arrive. Alors, c'est pourquoi tu passes autant de temps à l'infirmerie? Lui demandais-je, un peu mal à l'aise du contact de sa main sur la mienne.
- Oui.
- Maintenant que je sais, je peux aller te visiter?
- Pourquoi le voudrais-tu?
- Parce que, Remus, comme je l'ai dit, tu es mon ami et je tiens à toi. Et je sais combien c'est ennuyeux de passer du temps à l'infirmerie.
J'y était allée plusieurs fois depuis que je fais partie de l'équipe de Quidditch. La première fois, c'était suite à mon premier match contre Serpentard. Un cognard m'avait cassé le nez. Ensuite, j'y étais retournée pour un bras cassé, puis un poignet cassé et finalement, pour une côte fêlée. Les parties contre les Serpentards étaient les pires, je crois que la seule blessure que j'avais eu qui n'était pas reliée à eux c'était le poignet cassé, et le pauvre poursuiveur de Poufsouffle, David Lennox, se sentait tellement coupable qu'il était venu me visiter avec des fleurs et des patacitrouilles. Lily était venue me visiter toutes les fois, mais le problème était qu'elle ne pouvait pas venir durant les heures de cours, et donc, c'était tout de même solitaire par moment.
- Alors, dans ce cas, soit la bienvenue, ta visite me fera très plaisir...
Il dit cela sans me regarder directement, semblant un peu intimidé. Me sentant embarrassée, je retirai ma main de sous la sienne et coinçai mes deux mains sous mes cuisses. Je n'étais pas habituée à provoquer ce genre de réaction sur les garçons, je crois, cette... Je ne sais pas trop, gêne? Honnêtement, je ne détestais pas l'attention, mais je ne savais pas si je devrais l'encourager ou pas? Est-ce que je voulais que notre relation prenne cette direction? Si je comparais avec Sirius, en toute rationalité, je dirais que oui. Parce que j'étais à l'aise avec Remus, il me faisait me sentir bien, confortable, chez moi... Et avec Sirius, c'était tout le contraire. Je me sentais plus... Bousculée, gênée, comme si je marchais souvent sur une corde raide... Et je n'aimais pas tellement ce sentiment... Mais si j'étais complètement honnête, en même temps, c'étais comme si je recherchais cela, comme si j'en avais besoin, un peu. C'était comme choisir entre un long fleuve tranquille ou des rapides tumultueux... Je sentais que me rapprocher de Remus serait plus simple, et je savais que je ne voulais pas être le papillon de nuit qui se brûle à trop vouloir se rapprocher de la lumière... Et bien, j'imagine que je n'avais pas à prendre une décision là, maintenant. Et peut-être aussi que j'étais tout simplement en train d'halluciner que Remus est intéressé par moi alors qu'il était probablement juste très gentil avec moi, comme à son habitude. Et je ne sais pas non plus si Sirius était le moindrement intéressé ou s'il ne faisait que m'embêter par plaisir. À ce moment, la tête de James apparût dans le cadre de porte de la bibliothèque.
- Vous avez faim, tous les deux? Le déjeuner est servi, nous dit-il.
- Oh génial, je suis affamé! Répondis Remus, se levant du canapé.
Je les suivi jusqu'à la salle à dîner, où Sirius était déjà en train de manger ce qui ressemblait à une soupe. Il y avait également une miche de pain, du fromage, des légumes et des pâtés à la viande. Je m'assis face à Sirius, aux côtés de James, pendant que Remus prenait place près de Sirius.
- Vous avez envie de jouer au Quidditch? On pourrait organiser une grosse partie pour demain? Avec des gens de Poudlard? Demanda James.
- Bien sûr! Répondis-je au même moment où Sirius disait ''Pourquoi pas''.
- Dois-je y être? Demanda Remus, souhaitant clairement que la réponse soit négative.
- Non, mais on pourrait avoir besoin d'un arbitre? Suggérais-je.
- On pourrait contacter les autres aujourd'hui et leur demander de nous rejoindre demain après-midi? Dit James.
En plus de James, Sirius et moi dans l'équipe, il y avait quatre autres joueurs. Le gardien était un garçon en quatrième année nommé Riley Davies, l'autre batteur en duo avec Sirius était un grand costaud de notre âge du nom de Glenrick Stormwise. Finalement, les autres membres de mon trio de poursuiveurs étaient Hope Turner une sixième année et Jonathan Davies, le grand frère de Riley qui était aussi du même âge que nous (partageant un dortoir avec Glenrick, entre autres.
- Je vais contacter Davies, c'est plus simple étant donné qu'il est dans une famille de sorcier, je vais le contacter par le réseau des cheminées.
C'est vrai que Hope était une née-moldue et que ça pouvait être plus difficile de la joindre en-dehors de Poudlard pour cette raison. Nous mangeâmes en discutant de Quidditch et de Poudlard, ensuite James se leva et se dirigea vers le foyer, prenant de la poudre de cheminette et abaissant sa tête dans les flammes vertes, demandant ''la maison de Jonathan Davies'' à voix haute. Nous l'entendîmes inviter Jonathan, avant qu'il ne ressorte sa tête des flammes et ne s'étire le dos.
- Alors, il vient? Demandais-je.
- Ouaip, et Riley aussi, me répondit-il.
Il était super gentil, Jonathan, et notre relation est toute simple, étant donné qu'il n'avait aucun intérêt envers les filles (il préfère les garçons, en fait). Ça pouvait rendre les choses plus simples, parfois. Bien sûr, je croyais en l'amitié gars-filles, évidemment, mais il pouvait parfois y avoir de la confusion entres les sentiments (amitié, attirance, amour) de temps en temps, et dans ce cas-ci, ça n'arriverait pas. Nous étions excellents ensembles sur le terrain de Quidditch et il avait toujours été gentil et amical avec moi. Hope était bien aussi, j'imagine, mais le fait qu'elle était très ouvertement attirée par Sirius me tapait sur les nerfs. Un peu. En fait, beaucoup, pour être tout à fait honnête.
- Alors, qui d'autre? Acio papier, plume et encre dit-il, pointant sa baguette. Lorsque ça arriva dans la salle à dîner, il me donna tout le matériel.
- J'imagine que ça veut dire que tu penses que je suis ta secrétaire? Demandais-je, roulant des yeux.
- Exactement, ne te plains pas, c'est la tâche la plus facile, nous aurons à contacter tout le monde pendant que tu vas seulement prendre en notes les noms.
- J'ai une condition, espèce de connard sexiste, dis-je.
- Mais c'est toi qui as la plus belle écriture! James répondit, tentant de se défendre de mon accusation.
- Cette pathétique tentative de flatterie ne te mènera nulle part, tu sais qu'il peut compétitionner avec moi là-dessus, dis-je, pointant Sirius, qui, pour un gars, avait une magnifique plume.
- Je déteste écrire, je le fais bien parce que mère nous a forcé à prendre de ridicules leçons d'écriture lorsqu'on était enfants... Dit Sirius.
- Bon, de toute façon, Potter, je suis en charge, n'est-ce-pas? Confirmais-je, sachant d'avance que c'était gagné.
- Tu m'énerves tellement, se plaignit-il.
- D'accord, ceci étant réglé, dis-je, sans prendre en compte son insulte (de toute façon, je lui retournait souvent le compliment), si on compte nous trois, plus les frères Davies, nous avons encore besoin de 9 autres joueurs, comptais-je tout en écrivant les noms des joueurs de notre équipe sur la liste.
Match improvisé de Quidditch
Dorcas x
James x
Sirius x
Riley x
Jonathan x
Hope
Glenrick
- Ok, donc, pour le reste, on va inviter des joueurs de Poufsouffle et Serdaigle? Leur demandais-je.
- On ne va certainement pas inviter les serpents... Dit Sirius.
- D'accord, donc, on doit contacter Glenrick et Hope en premier, James, essais Glenrick par le réseau de cheminées, je vais écrire à Hope, étant donné qu'elle est dans une famille de moldus. Nous devrons aller la chercher, demain, parce qu'elle ne peut pas encore transplaner. Black, tu iras.
- Pourquoi moi?
- Parce qu'elle fait partie de ton fan club, elle sera folle de joie, me moquais-je de lui.
- Je n'ai pas de fan club, bouda-t-il.
- Biiiiennnnn sûuuuuur, dis-je, roulant les yeux. Donc, ceci étant réglé, continuons la liste...
Nous terminâmes la liste et ensuite j'écrivis à Hope et à trois autres nés-moldus d'autres équipes, alors que les garçons contactaient des joueurs par le réseau de cheminés. À la fin de l'après-midi, nous avions tous les joueurs nécessaires pour le match de demain. Après le dîner, nous nous séparâmes, pour ma part, j'allai lire au lit, encore fatiguée un peu de la veille.
J'étais éveillée, mais je restais paresseusement étendue, ne souhaitant pas du tout quitter ce confortable et gigantesque lit à baldaquin, quand j'entendis un coup à la porte.
- Oui? Dis-je d'une voix encore un peu rauque de sommeil.
La porte s'ouvrit sur Sirius.
- Encore au lit? Il est presque onze heure, espèce de paresseuse! Me dit-il.
- Je ne t'ai pas demandé de venir ici, alors si t'es juste venu pour m'insulter, tu peux toujours retourner d'où tu viens, Black.
- C'est marrant à quel point, parfois, t'es comme exactement mon alter-égo féminin, me dit-il avec un sourire en coin.
- Hey, je viens de te dire d'arrêter de m'insulter. Veux-tu bien m'expliquer pourquoi tu me compares à ta détestable personne?
- Se réveille tard et avec une humeur massacrante, mes amis me décrivent souvent comme ça.
- … Je ne suis pas toujours de mauvaise humeur, tu la déclenche, par ta présence.
- Et dire que j'étais là, venu pour t'offrir de venir essayer ma moto avec moi, j'imagine que je vais arrêter de perdre mon temps et juste demander à quelqu'un de plus agréable... Me dit-il, me gratifiant d'un clin d'œil, avant de se retourner et de se diriger vers la porte.
- Arffff... Black, reviens ici! Lui demandais-je, m'extirpant de la confortable couette et sortant finalement du lit.
Il se retourna vers moi avec un sourire moqueur, les mains dans les poches.
- C'est ce que tu portes pour dormir? C'est ennuyeux à souhait, me dit-il, regardant mon pyjama rouge, qui, c'était vrai, ne me mettais pas particulièrement à mon avantage.
- Et bien, c'est de ta faute, toi et Potter avez gâché mon t-shirt habituel.
- Tu ne sais pas t'amuser, Meadowes.
- Désolé pour la déception. Alors, sors, maintenant, je vais me changer.
- Viens me rejoindre à l'ancienne écurie, me dit-il avant de sortir de ma chambre, refermant la porte derrière lui.
J'enlevai mon pyjama et enfilai un jean et un chandail à manches longues de couleur crème. Je pris aussi une veste rouge foncé, me disant que ça serait peut-être frisquet avec le vent. J'allai en bas et sortis de la maison par la porte de la cuisine. Sirius était en train de sortir la moto de l'ancienne écurie. Il portait un ridicule casque sur la tête.
- Et bien, t'as l'air complètement ridicule, avec ça sur la tête, lui dis-je, pointant le casque.
- C'est bon à savoir, voici le tien, Meadowes, me dit-il avec un sourire moqueur, me donnant une réplique identique à son casque.
- Oh non. Aucun danger que je ne porte cette horreur.
- Oh que oui, ça fait partie du plaisir, c'est fait-moldu.
- … D'accord, mais je conduis, tentais-je.
- Hahaha, t'es une vraie blagueuse, n'est-ce-pas, Meadowes? Dit-il en riant et en me mettant l'horrible casque sur la tête, avant de commencer à me l'attacher.
- Tu ne peux me blâmer d'essayer, boudais-je.
- Arrête de te plaindre et considère-toi juste chanceuse que je t'amène avec moi.
- Un jour, tu vas me laisser essayer? Poussais-je ma chance.
- C'est très improbable, mais qui suis-je pour briser des rêves, me dit-il avec un clin d'œil.
Il attrapa la moto par les poignées et l'approcha de moi. J'étais très excitée à l'idée de me promener dessus avec lui, même si je ne conduirai pas. Le fait que je serai assise très très proche de lui n'était pas pour me déplaire non plus, me faisant un peu oublier ma déception qu'il allait conduire et pas moi. Il embarqua dessus et se retourna vers moi.
- Tu viens ou pas? Me demanda-t-il impatiemment.
Je regardai le petit espace restant derrière lui sur la banquette de cuir et réalisai que je devrai m'asseoir encore plus près de lui que je pensais. Je pris place derrière lui, puis me demandai où mettre mes mains pour ne pas tomber de l'engin.
- Accroche-toi à moi, Meadowes, ou tu seras éjectée immédiatement! Me cria-t-il par-dessus le vrombissement tonitruant du moteur en marche.
J'entourai sa taille de mes bras, un peu mal à l'aise. Alors qu'il commença à avancer, le contre-coup failli me faire tomber de l'engin, alors je resserrai de beaucoup ma poigne autour de lui, nouant mes mains solidement ensemble sur son estomac pour être bien accrochée. Alors qu'on arrivait à la route, Sirius arrêta et je le vis appuyer sur un bouton bleu, nous faisant disparaître, puis pousser un bouton blanc, faisant décoller la moto du sol pour aller dans les airs, volant.
- TU Y ES ARRIVÉ? Lui criais-je.
- EN FAIT, JE SUIS À L'ÉTAPE DU TEST, POUR TOUT TE DIRE! Me dit-il, clairement excité.
Je poussai plus loin dans mon esprit la pensée que si ça ne fonctionnait pas bien, nous tomberions librement du ciel. Après tout, nous avions nos baguettes et nous savions comment nous en servir pour ne pas tomber vers une mort certaine. Je pris tout de même une minute pour noter dans mon esprit les possibles formules qui pourraient me sauver la vie en cas de chute, juste au cas-où. Ensuite, je décidai d'arrêter d'angoisser et de profiter du moment. J'adorais l'excitation qui venait avec le fait de voler, sentir la résistance du vent, la magnifique vue dont nous jouissions sur le moment.
- C'EST INCROYABLE! M'exclamais-je en criant, afin de me faire entendre malgré tout le boucan du moteur et du vent.
- TELLEMENT! Cria-t-il en réponse. AS-TU FROID? Me demanda-t-il.
- UN PEU, OUI, répondis-je en frissonnant.
Je le vis pousser un bouton rouge et je ressentis une bulle de chaleur nous entourer tout de suite après. Nous nous promenâmes dans les alentours pendant un moment, survolant le voisinage, c'est-à-dire les champs, rivières, de petits hameaux... Ça passa tellement vite, je reconnus peu après le manoir Potter et Sirius amorça tranquillement la descente vers la maison, à mon grand déplaisir. J'aurais espéré que la promenade dure plus longtemps, mais j'imagine que toute bonne chose a une fin, n'est-ce-pas? Nous atterrîmes en face de la maison, et Sirius nous ramena à l'ancienne écurie, avant d'éteindre le moteur.
- Alors, as-tu apprécié la promenade, même si tu n'as pas conduit? Me demanda-t-il avec un sourire en coin.
- Vraiment beaucoup, j'ai adoré, en fait, ajoutais-je un peu timidement.
- Et bien, tant mieux... Dit-il, semblant un peu gêné aussi, ou peut-être que j'hallucinais ça.
Nous vîmes Remus et James sortir de la maison pour venir nous retrouver.
- Hey, Patmol, et puis? Ça semble fonctionner? James demanda à Sirius.
- On est revenus en un seul morceau, n'est-ce pas? Sirius blagua.
- Je veux l'essayer aussi! James dit.
- Je conduis, dis Sirius, venant vers moi pour détacher mon casque et le donner à James.
Ils quittèrent une minute plus tard, me laissant seule avec Remus.
- Alors, c'était comment? Me demanda-t-il.
- J'en veux une! Répondis-je avec un sourire, alors que nous retournions à l'intérieur.
Nous attendîmes les garçons en discutant dans le grand salon. Lorsqu'ils revinrent, nous prîmes le déjeuner dans la salle à dîner, puis nous préparâmes pour la partie de Quidditch, nous changeant de vêtements et apportant le matériel nécessaire à la clairière, pendant que Remus attendait au manoir pour se charger de l'accueil de nos joueurs arrivant par le réseau de cheminée.
- Hey, Dorcas! Entendis-je dans mon dos, alors que je déposais un sac d'équipement par terre.
Je me retournai pour voir qui s'était adressé à moi, pour constater que c'était Diana Burke. Elle était une très talentueuse poursuiveuse dans l'équipe de Serdaigle, du même âge que moi.
- Salut, Diana, t'as eu un bel été jusqu'à maintenant?
- Oui, ennuyeux à souhait, mais c'est bien de passer du temps avec ma petite sœur, je m'ennuie beaucoup d'elle durant l'année scolaire. Elle vient finalement à Poudlard cette année!
- Oh, c'est super!
- Et toi, comment ça se passe?
- J'habite chez ma grand-mère, près d'ici, mais présentement je passe quelques jours chez les Potters.
- Ah oui? Comment ça se fait?
- Ma grand-mère a dû quitter et les garçons sont venus me chercher, ne voulant pas que je sois toute seule, tu sais, avec tout ce qui se passe...
- Et bien, c'est plutôt gentil de leur part. Ça doit être un peu fou d'habiter avec James Potter, par contre, non? Me sourit-elle.
- On peut dire ça, dans tous les cas, ça n'est pas ennuyeux!
- Hahaha, non, en effet, ça doit être tout sauf ennuyeux! Dit-elle, riant aussi.
James monta sur la grande roche pour s'élever au-dessus du petit groupe de joueurs afin que tous puissent le voir et l'entendre.
- Bienvenue à tous pour cette petite partie amicale de Quidditch! Nous cria-t-il.
La foule l'acclama bruyamment en réponse.
- Je suggère que nous nous mélangions tous ensemble. J'aurais besoin d'un deuxième capitaine d'équipe? Quelqu'un? Demanda-t-il à la foule.
- Moi! Je ne veux pas laisser passer cette chance de te foutre une râclée, James! Sirius lui dit en riant, avant de monter sur la roche à ses côtés.
- Dans tes rêves, vieux! Alors voilà, on va diviser les joueurs dans les deux équipes. Tout d'abord, les gardiens...
Et les équipes furent montées, je me ramassai dans celle de Sirius, avec Hope et Diana, qui souhaitaient former un trio de poursuiveuses avec moi. Nous nous regroupâmes en un cercle pour se faire un petit plan de match. J'étais à côté de Sirius et, alors que le groupe se rapprochait, Hope vint se placer entre nous deux. Bien sûr. Elle lui sourit largement, toujours aussi subtile, celle-là. Il répondit à son sourire avant de commencer à parler.
- Ok, alors, on connaît nos opposants et leurs faiblesses. Duncan, tu sais ce que tu as à faire, attrape le Vif, vieux, aussi vite que tu peux. Entre-temps, Burke, Turner et Meadowes, vous faites des buts, encore et encore. Et ne cherchez pas à être des vedettes, travaillez avec vos forces, d'accord? Vous savez toutes que Meadowes est la meilleure marqueuse. Burke, t'es la meilleure pour voler le Souaffle et Turner, t'es la meilleure pour te faire ton chemin vers les buts. Alors, c'est simple, Burke vole le Souaffle, le passe à Turner et rendu près des buts, Turner tu passes à Meadowes, c'est d'accord?
Nous approuvâmes le plan de match, même si je pouvais sentir que peut-être que les deux autres poursuiveuses de mon trio n'étaient pas tout à fait d'accord, je pensai que ça avait à voir avec le fait qu'il avait dit que j'était la meilleure scoreuse, ce qui eétait tout de même insultant pour les autres. Pour ma part, j'étais flattée du compliment. Je savais que j'étais douée, mais je ne savais pas qu'il me considérait la meilleure de notre trio.
- Parfait, alors, Davies, pas besoin de te rappeler que tu dois empêcher l'autre équipe de faire des buts de notre côté? Et Button, je vais me concentrer sur la protection des poursuiveuses, tu suis Duncan et tu gardes un œil sur Davies, ça te va? Ok, alors, allons-y!
Nous lançâmes un cri tous ensemble afin de se motiver, puis j'enfourchai mon balai. Alors que je montais dans les airs, je m'approchai de Sirius.
- Tu n'aurais pas dû dire que je suis la meilleure scoreuse, même si j'en suis flattée, lui dis-je.
- Je faisais juste pointer l'évidence, dit-il, haussant les épaules.
- Les filles sont un peu vexées, et ce n'est pas bon pour leur concentration.
- Hm. T'as raison, mais, hey, je n'ai jamais dit que j'étais un bon capitaine, je veux seulement battre James, me dit-il, me gratifiant d'un clin d'œil avant d'aller donner un coup d'épaule à son meilleur ami qui s'approchait de nous.
Un fois en l'air, l'autre équipe vint nous rejoindre. Remus, qui agissait à titre d'arbitre, relâcha le Vif d'or et les Cognards, avant de venir nous rejoindre dans les airs, le Souaffle dans une main. James lui remit un sifflet aussi, pour qu'il puisse siffler des arrêts de jeu au besoin. Il lança le Souaffle dans les airs et s'écarta prestement pour nous laisser jouer. Diana l'attrapa, vint vers nous, faisant la passe à Hope, qui évita un Cognard et poussa Jonathan de sa trajectoire. Je m'approchai des buts et elle me fit la passe. Je vis Sirius renvoyer un Cognard dans l'autre direction alors que j'attrapais le Souaffle et le lançai vers l'anneau de but droit... Et comptai le premier but du match. Mon équipe cria son appréciation et la partie continua. Une heure plus tard, le pointage était de 90 à 50 pour nous, et 6 des 9 buts étaient de moi. Mais j'étais tout de même nerveuse à l'idée que ce petit avantage serait réduit à néant si James venait à attraper le Vif d'or. Alors, en continuant d'essayer de faire des buts, je jetai un regard englobant les joueurs pour voir où en étaient rendus Potter et Duncan à ce moment. Alors que je les trouvai du regard, je vis qu'ils semblaient faire la course vers le même objectif, c'est-à-dire très probablement le vers le Vif d'or, et je vis aussi que James semblait plus rapide que Duncan. Je me retournai et cherchai Sirius du regard, vis il n'était pas loin de moi et l'interpellai en criant.
- Sirius, vise James, MAINTENANT!
Il suivit la direction que je lui pointais et s'y précipita, détournant un Cognard vers James alors qu'il s'approchait de lui. James l'évita de justesse et continua, se rapprochant davantage du Vif. Sirius changea de trajectoire, afin de rattraper le Cognard dans l'autre direction et réessaya de l'envoyer vers James. Cette fois, ça fonctionna, la balle de fer frappa le balai de James à l'endroit où ses doigts s'y agrippaient. James lâcha un juron et perdit l'équilibre momentanément, changeant de trajectoire en raison de la force de frappe du Cognard sur son balai. Duncan le dépassa rapidement, juste à temps pour lui voler le Vif d'or directement sous le nez. Je m'écrasai sur Duncan en criant comme une hystérique pour le serrer dans mes bras, seulement pour être écrasée à mon tour par un Sirius extatique aussi. Je savourai la délicieuse sensation d'être dans ses bras pendant un très court instant avant que les reste de l'équipe ne viennent rejoindre notre câlin de groupe. On descendit tous ensemble vers le sol, nous serrant tous dans nos bras, encore sur l'adrénaline et l'euphorie de la victoire. Quelques secondes plus tard, Sirius quitta notre groupe pour aller voir si les doigts de James étaient ok. Remus était occupé à faire un sort de guérison sur la blessure de James, lui ayant donné un morceau de réconfortant chocolat également.
- Désolé pour ça, James, j'ai essayé de viser ton balai seulement, Sirius s'excusa à son ami.
- Ça fait partie des risques du métier, vieux, ne t'en fais pas. Quel beau match, n'est-ce-pas? Hey groupe, vous voulez venir chez moi? On pourrait se faire un feu de camp et prolonger notre temps ensemble?
La plupart acceptèrent de rester passer la soirée avec nous. Une fois rendue au manoir Potter, je me trouvai chanceuse d'y habiter, en profitant pour aller prendre une douche et changer de vêtements dans ma chambre. Je pris aussi le temps de me faire un léger maquillage, quelque chose que je faisais rarement, mais ce soir j'en avais envie. Ensuite, j'allai rejoindre les autres dans le jardin, où un feu de camp crépitait joyeusement, nimbant les visages d'une belle lueur dorée. Je regardai le groupe, me demandant où m'asseoir, quand j'entendis Jonathan Davies m'interpeller.
- Hey, Meadowes, viens t'asseoir avec moi! Me dit-il.
Je lui souris et vint prendre place à côté de lui sur une couverture posée sur le sol.
- C'était une belle partie, même si vous nous avez battus, dit-il.
- C'était une belle partie PARCE QU'ON vous a battus, lui dis-je avec un clin d'œil.
- Ne soit pas arrogante, Meadowes, habituellement, on gagne ensemble, tu sais.
- Je sais, c'était bizarre de jouer contre toi.
- J'ai entendu une rumeur, c'est vrai que Potter a finalement réussi à charmer Evans?
- Oui. Elle doit être complètement disjonctée, lui dis-je en riant.
- Alors là, pas d'accord. Potter est... appétissant.
- Je pense que je vais être malade, dis-je, feignant un haut-le-cœur.
- Comment peux-tu ne pas être d'accord? Tu es aveugle ou quoi? Dit-il, me gratifiant d'un coup de coude.
- Il paraît bien, mais il est un des humains les plus énervant que je connaisse.
- Tu fais juste ton insolente, je sais que tu l'aimes bien, dit-il.
- C'est vrai, t'as complètement raison, lui dis-je, levant les yeux vers James, qui me fit un clin d'œil. Mais ne lui dit pas, ça gâcherait le plaisir, me chamailler avec lui est très amusant.
- C'est quelque chose que j'apprécie de toi, t'as un cœur tendre, sous tes épines, Meadowes.
- Tu penses qu'elles sont la raison de mon éternel célibat, mes épines?
Il sembla réfléchir pour quelques secondes.
- Tu es célibataire parce que c'est ce que tu veux, affirma-t-il.
- Oui ben, je ne veux pas être avec quelqu'un seulement pour être avec quelqu'un, si c'est ce que tu veux dire par là... Lui répondis-je.
- Exactement. Un jour, essais de juste... Avoir du plaisir, sans sur-analyser, tu peux faire ça?
- Je sais pas, ce n'est pas tellement mon genre.
- Pffff, de belles excuses. Mais, pour répondre à ta question, je crois que c'est une bonne chose, tes épines, parce que la personne qui va être capable de passer par-dessus, elle vaudra la peine, tu sais ce que je veux dire?
- J'imagine... Soupirais-je.
- Tu sais, moi, si j'avais de l'intérêt de ce genre envers la gente féminine, je serais clairement sur ton cas.
- Ah oui?
- C'est certain. T'es super belle et j'ai l'impression que tu... Saurais garder les choses intéressantes...
- Hey, Davies! Nous entendîmes quelqu'un crier de l'autre côté du feu.
- Oh, je reviens, je ne peux juste pas résister à un joli minois, dit-il, allant vers Brian, un grand et, il avait raison, beau Poufsouffle, un des batteurs de son équipe.
Nous fîmes griller des saucisses et autres grignotines sur le feu pendant que le soleil se couchait tranquillement. Je fixais le feu de camp, toujours assise sur la couverture par terre, quand je vis Sirius venir vers moi et prendre place à mes côtés.
- C'était bien joué, tout à l'heure, Meadowes, si tu n'avais pas vu James, nous aurions perdus.
- Merci, et si tu n'avais pas aussi bien visé, nous aurions perdus de toute façon, ajoutais-je.
- C'est vrai, on fait un beau travail d'équipe, non?
- J'imagine.
Il leva sa coupe vers moi avec un sourire en coin.
- Puis-je t'intéresser à un peu de vin de Gobelin? M'offrit-il.
- Tu sais quoi? Je pense que je vais décliner, merci, répondis-je en lui souriant.
- T'es certaine? T'es amusante lorsque t'es saoule.
- Bien sûr que tu trouves ça, puisque j'ai perdu la carte et que tu t'es amusé à inventer des fables.
- Est-ce vraiment farfelu, par contre? Tu ne serais pas la première à tomber sous mon charme légendaire.
- Je pense que je vais vomir de nouveau, dis-je, feignant avoir une violente nausée.
Il me sourit en secouant la tête en signe de découragement, avant de prendre une gorgée de son verre. À ce moment, Hope arriva derrière nous et s'installa dans le dos de Sirius avant de commencer à lui masser les épaules. Il lui sourit et s'adossa plus près d'elle, en redemandant davantage. Pourquoi devait-elle être aussi... Peu subtile? Tactile? Et aussi, pourquoi n'étais-je pas plus comme elle? Ne pensant clairement pas de façon complètement lucide, je pris le verre de Sirius de ses mains et prit une bonne lampée.
- Hey, tu as changé d'idée à ce que je vois? Me dit-il avec un sourire moqueur.
- C'était une belle partie, n'est-ce-pas, vous deux? Dit Hope, massant maintenant le cuir chevelu de Sirius, en souriant.
- Ça l'était, répondis-je simplement, ne me sentant pas particulièrement bavarde.
- Spécialement quand tu as frappé James, Sirius, c'était tellement parfait! On a gagné grâce à toi! Ajouta-t-elle.
- C'est Meadowes qui m'a donné l'idée, alors c'est surtout grâce à elle, en fait, dit-il, me regardant.
Elle se tourna vers moi avec les sourcils froncés.
- Oh, bien vu, Dorcas... Et pourtant, le dire et le faire, ça n'est pas la même chose, non?
Je lui jetai un regard de travers et vit qu'elle me faisait un sourire sournois en retour, avant de commencer à masser le dos de Sirius, me regardant toujours. À ce moment, je réalisai que peut-être que mon expression faciale était peu subtile quant à mon envie qu'elle ne soit pas présente avec moi et Sirius et on dirait qu'elle semble vouloir me le remettre en pleine figure. Ne souhaitant pas embarquer dans ce jeu, je pris une autre gorgée du verre de Sirius, lui redonnai et ensuite me levai, avant de dire quelque chose de stupide. Alors que je me dirigeais vers la maison, j'attrapai une bouteille et l'apportai avec moi.
- Dorcas?
Je me retournai pour voir Remus, assis tout seul sur un banc de marbre.
- Qu'est-ce que tu fais là, tout seul? Lui demandais-je.
- J'étais avec Diana, mais elle est partie au petit coin. Tu vas bien? T'as l'air en contrarié.
- … Ah oui? Demandais-je m'interrogeant sur comment je pourrais mieux cacher mon irritation.
- Je confirme. C'est quoi le problème? Assieds-toi avec moi, veux-tu? Me demanda-t-il, tapotant la place libre à côté de lui.
Je lui obéis et pris place à ses côtés. Je ne pouvais pas lui dire pourquoi j'étais irritée. Tout d'abord, c'était stupide et immature, de plus, je ne voulais pas que personne ne sache à propos de mes idiots de sentiments pour Sirius, surtout pas Remus. Je pris une gorgée de la bouteille que je tenais toujours dans mes mains, me sentant super-pathétique. Je devrais vraiment essayer d'agir de façon plus mature, mais j'étais énervée, et il n'y avait rien que je puisse faire de mieux pour le moment, sauf boire ou me cacher, ou les deux. J'essayerai la maturité lorsque je serai une vraie adulte, pour l'instant j'allais demeurer une adolescente idiote.
- C'est rien, je suis surtout fatiguée, je pense, dis-je avec une petite voix.
- Tu peux te confier à moi, Dorcas, je ne vais pas te juger, insista-t-il.
Oh, zut. Sa main était encore une fois sur la mienne, comme il l'avait fait hier. Je regardai nos mains, puis portai mon regard sur lui. C'était chaleureux et rassurant. Bien sûr que ça l'était, c'était Remus. Avant que je ne puisse dire quelque chose d'autre, nous fûmes interrompus par une voix.
- Hey, je me demandais où tu étais.
Au son de la voix de Sirius, je retirai ma main de sous celle de Remus. Mais, il était trop tard, je vis qu'il l'avait vu.
- J'allais rentrer, en fait, dis-je en me levant.
Je lui donnai la bouteille de vin de Gobelin et rentrai prestement à l'intérieur. En arrivant dans la cuisine, je vis que James s'y trouvait, discutant avec les elfes qui étaient occupés à préparer un plateau de collations.
- Ok, laissez-le-moi ici, je vais l'apporter là-bas. Merci.
Les elfes quittèrent la pièce et James se tourna vers moi.
- Hey, Meadowes, comment ça va? Me demanda-t-il avec un sourire.
- Bof?
- Qu'est-ce qui se passe? Me demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- … C'est pas important... Dis-je, ne me sentant pas très bavarde.
- Oh, attends, j'oubliais, ça vient d'arriver pour toi, me dit-il, pointant une lettre sur le comptoir. Et prend ça, ça va te réchauffer l'intérieur, me dit-il, me donnant un verre de vin chaud aux épices en me gratifiant d'un clin d'œil.
- Merci. La lettre est de ma mère, dis-je en l'ouvrant, avant de prendre le verre qu'il me tendait.
Je pris une gorgée du breuvage chaud, qui goûtait tellement bon et qui était réconfortant. Ensuite, je commençai ma lecture.
Dory,
Les choses ont dérapé, ce soir. Nous étions sur la piste d'une opération menée par des Mangemorts dans une maisonnée moldue. Lorsque que nous sommes arrivés, ils étaient en train de tuer la pauvre famille... Nous sommes parvenus à capturer deux d'entre eux, ils ont été envoyé directement à Azkaban, en attendant leur procès... La raison pourquoi je t'en parle, c'est que ce sont les moldus qui sont les voisins immédiats de la famille de ton amie Mary. Elle est sous le choc au moment où je t'écris ces mots, parce qu'elle a souvent gardé les enfants là-bas et que le père et deux des enfants n'ont pas survécus... Nous sommes parvenus à sauver la mère et le bébé seulement... Je crois que tu devrais aller voir ton amie, elle et sa famille s'en vont chez Marlène...
Soit prudente, on t'aime tellement,
Maman et papa
Je fixais la lettre, sous le choc. Je connaissais cette famille. J'y étais allée avec Mary quelque fois, au début de l'été, pour l'aider à prendre soin des enfants. Justine, dix ans, Mat, 7 ans et Rose, qui avait à peine plus d'un an. Je réalisai que j'avais lâchée mon verre en l'entendant se fracasser sur le plancher.
- Meadowes? Qu'est-ce qui se passe? Entendis-je James me demander.
Je lui donnai la lettre, me sentant comme engourdie. Mon cerveau, par contre, fonctionnait à plein régime. Je pensai à cette famille, puis à Mary, puis à mes parents, qui mettaient encore d'autres Mangemorts à Azkaban... Se faisant de plus en plus d'ennemis. J'entendis Remus et Sirius entrer dans la cuisine, ils n'étaient pas loin, ils avaient probablement entendu le verre éclater au sol. J'eût vaguement conscience que James leur expliquait la situation avant que Remus ne vienne vers moi.
- Hey, Dorcas, voici une chaise, tu devrais t'asseoir, me suggéra-t-il gentiment. Sirius, nettoies les éclats de verre, veux-tu?
Je le laissai me diriger vers une chaise et m'assied, toujours incapable de dire quoi que ce soit, perdue dans mes pensées, et encore clairement sous le choc.
- Et maintenant, quoi? J'entendis Sirius demander.
- Je crois qu'on devrait l'amener à Mary, comme sa mère le suggère... Remus répondit. Je peux l'amener.
- Non, tu ne peux pas. Tu ne sais pas où McKinnon habite, je le sais, je vais l'amener, dit Sirius.
- Tu as bu, je préférais l'amener... Remus s'obstina.
- J'ai bu une coupe de vin de Gobelin, je suis ok, merci, Sirius rétorqua sèchement.
- Ok, vous deux. Je sais aussi où elle habite, je vais l'amener. Allez, viens, Meadowes, entendis-je James interrompre ses amis.
Je levai les yeux vers eux, Sirius et Remus clairement boudeurs, alors que James se tenait devant moi, me tendant la main. Je secouai la tête, pour revenir sur terre et je me concentrai sur le fait que mon amie a besoin de moi et que je ne la laisserai pas tomber. Je me levai et pris la main de James, qui nous fit transplaner sur le porche de Marlène.
- Tu es ok? Tu veux que je reste? Me demanda-t-il.
- Pas besoin, merci, je suis ok, dis-je. Oh! Mais James, peux-tu... Trouver Lily? Je sais que c'est un peu fou, parce qu'elle est au mariage de sa sœur ce soir Merlin sait où, mais... Mary a besoin de nous toutes ce soir...
- Je vais la trouver et la ramener ici. À plus tard... Me dit-il avant de disparaître.
Je sortis ma baguette, récitai une incantation, puis, je pris une grande inspiration avant de frapper à la porte.
