Je vous souhaite à tous et toutes un bon reconfinement, si vous êtes en France et si vous êtes concernés !

Bonne lecture !


Chapitre 7

Numéro inconnu [13:34] :
Pouik-Pouik, mon Pouik-Pouik adoré ! Je suis à Ame, ce week-end, pour un colloque, on va boire un café ensemble ?

Sasuke [13:36] :
Mais comment tu as eu ce numéro ?

Obito [13:36] :
C'était bien plus simple que tu sembles le croire, il suffisait de demander à Shisui qui l'a obtenu auprès du juge. Alors, ce café ?

Sasuke [13:37] :
Impossible, pas disponible.

Sasuke [13:45] :
Sincèrement, ça aurait été avec plaisir.

Sasuke [13:45] :
J'ai vu que tu revenais en juin, y a des affiches pour ta conférence à mon école.

Sasuke [13:50] :
On pourra peut-être boire un café à ce moment ?


8 mars

Il n'était pas loin de vingt-et-une heures quand Itachi interrompit sa marche au milieu du terminal de l'aéroport, alors qu'il fendait la foule à contresens pour récupérer Obito au sortir de son avion.

Il se mit un peu en retrait, à l'abri d'un pilier de béton afin de tirer son téléphone de sa poche pour le déverrouiller et froncer les sourcils face au message qui ornait l'écran d'accueil de l'appareil : « je suis doublement terriblement embêté », disait Nagato, « je suis coincé sur quelque chose et j'ai envie de t'en parler, mais je ne peux pas parce que ce serait trahir un secret que j'ai le goût de conserver ».

Sa curiosité attisée par cette phrase mystérieuse, le biologiste choisit pourtant d'ignorer le SMS pour reprendre sa marche jusqu'à la porte de débarquement de son cousin. Il était un peu en avance, l'avion venait à peine de se poser. Il s'installa contre un mur puis sortit de nouveau son téléphone pour expédier une réponse concise – « As-tu la possibilité de rester évasif ? » – puis il laissa ses prunelles vagabonder sur les gens qui étaient présents, avisant le teint blafard et les traits d'un vieux monsieur, les frémissements d'un sourire sur le visage d'une femme.

Depuis les précédentes fêtes de fin d'année, il s'était noté plus enclin à l'observation de ses contemporains comme s'il remarquait pour la première fois que l'humanité était plus qu'une somme d'individualités amenées à se côtoyer, comme si la seule lecture du livre d'Obito avait bousculé tout ce qu'il pensait savoir du monde, comme si tout semblait à présent nouveau, recoloré.

Il était évident que la personne qui vivait dans son téléphone avait aussi sa part de gloire dans les changements qui s'opéraient chez Itachi.

Souvent, les réactions et les réponses de Nagato laissaient son correspondant pantois, le forçant à reconfigurer sa pensée, à chercher d'autres solutions à des problèmes qu'il n'avait même pas remarqués. Leurs discussions le tenaient régulièrement éveillé et songeur, et il sentait quelque chose glisser en lui : des comportements qui jadis l'auraient profondément heurté ne le choquaient plus tant que ça, un vocabulaire nouveau teintait ses dires et une impatience certaine vibrait en lui quand il s'éveillait le matin.

Il attendait de plus en plus le premier message que lui enverrait Nagato et qui lancerait la discussion qui perdurerait jusqu'à tard, même si entrecoupée d'une journée de travail éreintante et ces échanges lui manquaient quand ils n'avaient pas lieu – malheureusement, Nagato n'engageait pas la conversation chaque matin et la discussion était parfois moins rythmée, espacée sur plusieurs jours.

Itachi consulta la réponse qui lui était parvenue, levant les yeux pour s'assurer qu'Obito n'avait pas franchi les portes, puis, ne le voyant pas venir, il s'attacha à déchiffrer le message qui lui était adressé : « Hm Je peux essayer, mais tu es trop perspicace pour mon propre bien. Tu te souviens quand je t'avais dit que je tentais de me prendre pour un écrivain ? En fait, j'écris un livre à partir des notes laissées par mon père décédé, et j'ai un trou scénaristique dans ses planifications. Un des protagonistes devient soudainement gentil, mais je n'arrive pas à justifier ce revirement. Dans le premier tome, rien ne semble indiquer qu'il ait une possibilité de rédemption. »

Un second message lui parvint, du même expéditeur : « Oh, excuse-moi, je viens de me souvenir que c'était ce soir que tu récupérais ton cousin à l'aéroport, je vous laisse vous retrouver, passe un bon week-end ! »

Frustré, Itachi soupira avant de rempocher son téléphone, parfaitement conscient que Nagato était sans doute déjà reparti au travail sans se soucier une seule seconde d'avoir une réponse. Ça aussi, c'était nouveau, pour lui. Son ami était une personne qui aimait la solitude, qui appréciait réellement se trouver seul avec lui-même pour réfléchir, pour travailler. Il n'était pas comme Izumi, ou Shisui, qui s'inquiétaient dès le moindre signe d'isolement, bien au contraire. Il comprenait.

Souriant à Obito qui s'approchait, Itachi se décolla du mur où il s'était appuyé pour avancer jusqu'à son cousin bien trop chargé pour une personne qui ne restait qu'un week-end.

— Bonsoir, Obito. As-tu fait bon voyage ?

— Inconfortable, grommela Obito en s'étirant. Dans ces satanées machines, je n'ai pas la possibilité d'étendre ma jambe et je suis toujours fourbu en descendant.

Tendant la main vers les sacs, Itachi sourit, proposant de les transporter plutôt qu'en laisser la charge au plus âgé et ce dernier secoua la tête d'un air atterré.

— Ok, je te laisse faire, mais uniquement parce que je sais que tu ferais ça avec n'importe qui, pas seulement parce que je suis handicapé.

Étonné, Itachi coula un regard à Obito alors que ce dernier commençait à s'avancer vers la sortie. Il lui emboîta le pas pour se mettre à son niveau, calquant son allure sur celle du sociologue boiteux.

— Je ne t'ai jamais considéré comme une personne dépendante des autres, avoua Itachi. Je ne comprends pas pourquoi tu dis ça.

Obito se fendit d'un sourire qui tira sur sa cicatrice, laissant Itachi sortir en premier : c'était lui qui connaissait le mieux les lieux.

— Quel est le programme ? interrogea-t-il finalement.

Itachi pivota vers lui, tâtant ses poches pour trouver ses clés de voiture et déployant son parapluie pour les protéger.

— Si tu n'as pas dîné, je peux te conduire vers un de mes restaurants préférés. Le centre-ville est un peu bouché, ce soir, se souvint-il en fronçant les sourcils. Il y a des manifestations en cours.

Obito observa le profil de son cousin, notant sa contrariété, mais il ne dit rien, pas immédiatement, préférant d'abord s'installer dans la voiture bien au sec.

— Ça semble te chagriner.

— Oui, convint Itachi avec réticence. Pour plusieurs raisons.

Il n'en dit pourtant pas un mot de plus. Obito retint un rictus : ce n'était pas sans lui rappeler certains entretiens qu'il avait faits pour ses enquêtes. Il hésita quelques secondes – devait-il relancer ou pas ? – mais finalement, Itachi soupira.

— Je ne comprends pas pourquoi les indépendantistes ne sont pas contents de ce que Konoha leur a apporté. Et je ne comprends pas pourquoi ils sont prêts à tuer pour montrer qu'ils ne sont pas d'accord. Avant les Accords, aucun d'eux n'aurait mené la vie qu'il mène en ce moment, le Pays du Feu a apporté la modernité à Ame, le confort, les infrastructures, l'éducation… Et je ne comprends pas pourquoi… Je ne comprends pas pourquoi Nagato les défend, c'est pourtant quelqu'un d'intelligent.

Le sociologue ne demanda pas qui était Nagato – il réservait cette question pour plus tard, il était rarement que son cousin fût contrarié à l'idée qu'un ami n'eût pas la même opinion que lui.

— Tu lui as demandé ? relança Obito quand le serveur du restaurant les laissa près de la table.

— Non. J'ai peur de découvrir qu'il est indépendantiste.

— Ça changerait quelque chose ?

— Ils ont tué mes parents, souffla Itachi. Bien sûr que ça changerait quelque chose.

Il grimaça légèrement en se rendant compte que ce n'était pas totalement la vérité. Il exhala.

— Je n'en sais rien et ça m'inquiète.

Cette nouvelle forme d'honnêteté surprit Obito qui lui jeta un regard oblique par-dessus la carte. Seul le haut du crâne dépassait par-dessus celle que lisait Itachi et une réflexivité nouvelle contracta les traits du sociologue. Il soupira, farfouillant dans sa sacoche pour extraire sa boîte de médicaments, après avoir reposé la carte sur le bord de la table.

— Je ne sais pas quoi choisir, annonça-t-il à Itachi quand ce dernier émergea de derrière la carte. Les noms des plats sont… Très compliqués et je ne vois pas ce qu'ils représentent.

— C'est de la gastronomie moléculaire, sourit Itachi, c'est très amusant.

— Je te laisse choisir pour moi, alors.

Lorsque le serveur se présenta, Itachi s'exécuta avec plaisir, un sourire sur les lèvres puis, finalement, son regard revint vers Obito et la conversation initiale.

— Je ne sais pas comment je réagirais, parce que je ne sais même pas ce que veulent les indépendantistes, à part semer le trouble et la mort.

Obito saisit la carafe et versa de l'eau dans leurs verres. Il examina les lieux avec minutie, son regard s'arrêtant sur un couple qui dînait en tête à tête, murmurant à voix basse. L'endroit baignait dans une lumière vive, éclairant l'intérieur industriel avec force. Le sociologue n'avait pas le souvenir d'avoir jamais dîné dans un lieu qui sentait autant le privilège de classe.

Il tendit l'oreille pour tenter de percevoir les langages qui s'exprimaient, ne pouvait saisir le moindre mot de langue native et rien, dans les manières, n'indiquait que ce lieu était fréquenté par les gens originaires d'Ame. Un coup d'œil aux prix sur la carte le fit grimacer discrètement.

— Connais-tu l'histoire d'Ame ?

Itachi secoua brièvement la tête.

— Très peu, mes cours d'Histoire se sont principalement centrés sur les grandes puissances.

— Eh bien, voilà qui nous occupera tout le repas, se réjouit Obito.

Il se tut quand le serveur déposa devant eux des assiettes emplies de petites billes colorées.

— Déjà ce qu'il faut savoir, c'est que la bande qui sépare Iwa, Konoha et Suna n'est pas un seul territoire unifié. Cette bande était il y a encore deux-cents ans, répartie entre quatre grandes peuplades, elles-mêmes subdivisées en tribus, qui sont devenues des villages avec la sédentarisation… Ame est l'un d'entre eux. Je ne pourrais pas te dire pourquoi les tribus ont choisi de se sédentariser, pas plus que je ne pourrais t'expliquer les raisons de ce manque de cohésion entre les tribus des mêmes peuplades.

Il continua, expliquant les conflits intestins entre ces peuples, la finale stabilisation des frontières de la bande puis il arriva sur la Grande Guerre qui avait affaibli Suna et Konoha, des conflits qui avaient ravagé le territoire des kawas et mordu les frontières d'Ame, la victoire du pays du Feu sur Suna grâce aux troupes menées par le général Madara Uchiwa, le statu quo qui avait résulté de l'échec des négociations entre les politiques des deux pays.

Il retraça rapidement les erreurs diplomatiques ayant conduit à la Seconde Grande Guerre, « la mal-nommée ». Il raconta comment Madara Uchiwa, déjà vieillissant, avait eu l'idée de contourner Kawa, passant par Ame pour atteindre Suna. Il avait envoyé des troupes en nombre, espérant attirer sur lui le regard de Suna qui avait répliqué pour répondre à l'appel à l'aide d'Ame, puis il avait amené d'autres troupes avec lui, traversant Kawa, prenant à revers les soldats du pays du Sable, l'attaque-surprise réveillant de vieilles rancœurs et déclenchant les hostilités avec Iwa qui avait traversé et dévasté Kusa pour arrêter les armées de Madara, piétinant Taki au passage pour tenter de prendre une Konoha pensée sans défense. Il expliqua que le général Hashirama Senju avait laissé leur pays imprenable, laissant les troupes ennemies à l'extérieur de leurs frontières.

Quand il fit une pause, Obito scruta le visage de son cousin pour y découvrir l'air émerveillé des enfants à qui on raconte une histoire et Itachi s'engouffra dans le silence pour commenter :

— Il se dit que pas un homme d'Iwa n'a posé un seul orteil sur le territoire du pays du Feu grâce à la finesse de la stratégie du général Senju et de la ruse de ses soldats.

— En effet. De même, Madara a laissé s'écraser ses troupes sur les murailles de Suna, les usant jusqu'à la corde, jusqu'à ce qu'ils lâchent et il y parvint, après plusieurs mois de siège. La question qui subsiste alors est la suivante : si les défenses de Konoha et de Suna étaient réellement imprenables, où les troupes d'Iwa, Suna et Konoha se sont-elles affrontées ?

Itachi se tut, pourtant il connaissait la réponse : sur la bande de territoire occupée par des peuplades jugées barbares. Il secoua la tête, atterré, alors qu'Obito engloutissait une cuillère entière de riz avec des billes de curry. Il reprit après avoir avalé :

— Nos livres d'Histoire encensent la ténacité des troupes de Madara qui se sont heurtées à des opposants puissants et acharnés, qui n'ont jamais reculé et ont lutté jusqu'à la mort, refusant la reddition, entraînant ce qu'on appelle « la prise d'Ame ». À vrai dire, à ce moment-là, la petite ville qu'était Ame a été presque entièrement rasée. Rien n'a été épargné, ni les habitations, ni les lieux de culte, ni les cultures. En repartant, Madara a laissé la ville exsangue. Une paix provisoire s'est installée, Madara Uchiwa et Hashirama Senju ont été adulés comme des héros, puis des dissensions personnelles entre eux ont commencé à émerger, mais je ne t'apprends rien.

— En effet, confirma le biologiste, ce sont des histoires que me racontait mon père quand j'étais enfant. Madara est celui qui a élevé notre clan au rang noble qu'il occupe actuellement.

Obito hocha le menton, clignant des paupières.

— On en arrive donc à la Troisième Guerre, celle qui a pris fin il y a trente ans. Elle s'est étendue sur toute la bande, de Taki à Kawa, le port de Kawa ayant été le lieu d'une bataille navale épique, mais ce n'est pas ça qui nous intéresse. C'est bel et bien Ame qui a été le point de rencontre des trois armées, au début de la guerre. Rapidement, la ville est devenue un lieu démilitarisé et les heurts entre les troupes se sont excentrés dans les campagnes qui ont connu des bombardements de toute sorte. La guerre a duré environ une quarantaine d'années, si on compte de son déclenchement à la signature des Accords et du traité de paix. La guerre a changé, est devenue économique, des délégations se sont installées sur la bande et des batailles rangées continuaient de faire rage par ci et par là.

— Puis finalement, le général Sarutobi et le général Namikaze ont œuvré pour la paix, malgré la mort du dernier, je sais tout ça. Nos gouvernements ont travaillé de concert avec le gouvernement d'Ame pour instaurer une paix durable, des équipes formées et diplômées sont venues sur les terres d'Ame qui ont été rattachées à Konoha après négociation et la modernisation accélérée du pays a eu lieu, nous amenant à cette métropole que je connais aujourd'hui. D'où ma question, que veulent les indépendantistes, exactement ? Nous avons la paix, le confort, les infrastructures… Que veulent-ils de plus ?

Obito humecta ses lèvres, se retenant de lever les yeux au ciel.

— Tu n'as pas fait attention à ce que j'ai dit au début, affirma-t-il de ce ton qu'il utilisait avec ses élèves quand il les prenait en faute. Quelle était la structure politique d'Ame au moment de la signature des Accords ?

— C'était des tribus indépendantes les unes des autres et… Oh… Qui était ce gouvernement qui a signé les Accords ?

Obito hocha la tête, reprenant une bouchée pour terminer son assiette.

— C'est le point que soulèvent les premières mouvances indépendantistes. Elles critiquent la légitimité des Accords.

Pensif, Itachi garda le silence quelques instants puis il repoussa son assiette.

— Mais tout ça, c'était il y a trente ans. Depuis, ils ont bien dû constater que leur pays va mieux. Ils ont provoqué une nation plus puissante, ont perdu, la nation plus puissante a généreusement décidé de les prendre sous son aile… Alors peut-être qu'effectivement, il y a un problème de légitimité dans ces traités, mais n'est-ce pas pour le mieux, finalement ? Au moins, il y a la paix.

— Digère déjà ça, conclut Obito. Et essaie de porter un regard critique à ce que je viens de dire. Quand ce sera fait, nous parlerons des revendications des Natifs indépendantistes.

Le biologiste hocha la tête, l'esprit encombré par toutes les informations que son cousin avait ravivé dans ses souvenirs. Bien entendu, il avait déjà entendu la plupart de ce que son cousin lui avait énoncé. Il savait tout des exploits militaires de leur ancêtre.

Ils achevèrent leur dîner dans un silence concentré et quittèrent finalement le restaurant.

Le trajet de retour jusqu'à l'immeuble d'Itachi resta tout aussi muet, chacun étant absorbé dans ses pensées, le calme n'étant brisé que par les émissions de la radio. Le plus jeune des deux mit du temps à réaliser que son cousin lui avait posé une question et, coupant le contact, il secoua la tête.

— Oui, à Ame, c'est suicidaire d'avoir des parkings souterrains, ils sont tous aériens, dans les Quartiers Hauts. La pluie perpétuelle noie les sous-sols.

Ils se dirigèrent vers l'ascenseur qui leur permettrait de redescendre vers l'appartement où vivait Itachi et Obito commenta longuement la beauté de l'architecture, se tournant avant la fermeture de la porte pour s'étonner :

— Cette vue de la ville, c'est vraiment magnifique.

Itachi sourit doucement en hochant la tête alors que le signal sonore avertissant du début de la descente retentissait.

— Oui, c'est sublime, mais je dois bien admettre ne jamais en profiter. Je ne suis pas souvent chez moi, je passe la plupart de mon temps à Oto Corp.

Il laissa passer quelques secondes durant lesquelles Obito lui jeta un regard étonné puis les portes s'ouvrirent. Les deux hommes s'engagèrent dans le couloir jusqu'à la porte et, au moment de déverrouiller l'appartement, Itachi jeta une œillade en biais à Obito, mordillant ses lèvres, un peu gêné.

— Le silence me gêne, avoua-t-il. Alors j'essaie d'être le moins possible à la maison.

Le battant bascula sur ses gonds et le propriétaire des lieux activa l'interrupteur pour éclairer l'entrée, invitant Obito à le suivre. Il referma la porte derrière son cousin et lui présenta succinctement les lieux.

— Sur ta gauche, il y a la cuisine, à droite, c'est le salon, où tu dormiras… Probablement avec le chat. Et au fond, ce sont nos chambres.

Inutile de demander qui était ce « nous », remarqua Obito. Il suffisait de remarquer l'air éteint de son hôte quand ses yeux glissèrent sur la porte de la chambre de son frère. Au fond de lui, le sociologue fut ému de voir qu'Itachi pensait toujours que son frère reviendrait, qu'il lui avait conservé un lieu à considérait comme la maison. Il trouvait ça touchant. Il espérait vraiment qu'ils parviendraient à se réconcilier et, doucement, il pressa l'épaule de son cousin qui parut revenir à lui, lui indiquant le chemin du salon.

Obito déposa son sac sur le côté du canapé, se décidant à prendre place dans le meuble qui paraissait moelleux. Son entreprise fut pourtant interrompue par un feulement et, surpris, il se tourna vers l'assis pour contempler une boule de poils roux minuscule qui lui tendait un regard courroucé.

Itachi s'avança, et les poings fermés sur les hanches, il soupira :

— Kurama, on en avait parlé, tous les deux, et tu sais que le canapé, c'est non. Tu as un panier pour toi.

Malgré le ton sévère, il n'obtint pas ce qu'il désirait, puisque l'animal se contenta de bâiller avant de se remettre en boule. Obito choisit donc de s'asseoir à côté du chat, un rire montant le long de sa gorge.

— Apparemment, cette décision était unilatérale, s'amusa-t-il alors qu'Itachi attrapait Kurama par la peau du cou pour le lever au niveau de ses yeux.

Le regard ennuyé, le chat refusa de ciller et Itachi secoua longuement la tête, lèvres pincées avant d'aller le poser dans son panier.

— Je crains que tu aies raison, pour cette fois, affirma-t-il en s'installant aux côtés de son cousin. Bienvenue chez moi, en tout cas.

— La décoration est vraiment pas terrible, commenta Obito sans prendre de pincettes en observant les murs dépouillés.

Itachi suivit son regard et parcourut rapidement l'ensemble de la pièce avant de laisser un sourire orner ses lèvres.

— Je n'ai pas pris le temps de m'en occuper. C'était Izumi qui…

Il ferma les paupières et déglutit, troublé. Il esquiva la mine inquiète d'Obito qui grimaçait, honteux d'avoir mis les pieds dans le plat sans le vouloir. Itachi frotta ses yeux puis affronta finalement le malaise d'Obito, pivotant légèrement vers lui.

— C'était elle qui gérait la décoration de l'appartement, finit-il par souffler.

— Tu tiens le coup ?

— Étonnamment, oui, admit Itachi avec une moue contrite. Je pensais vraiment finir ma vie avec elle. Qu'on aurait 2,3 enfants, un joli mariage, que je mourrais à 82,6 ans et qu'elle me rejoindrait quatre ans plus tard.

Il y eut un silence déconfit pendant lequel Obito papillonna des cils. Il grimaça.

— C'est censé être romantique ?

— Non. Je voulais seulement qu'elle m'apporte la normalité dont je manquais. Je l'aimais, vraiment, tendrement, mais pour les mauvaises raisons.

Il prit le temps de respirer plusieurs fois avant de finalement confesser :

— Elle n'a jamais réussi à éloigner le silence.

Obito bougea légèrement sur le canapé et Kurama bondit sur l'accoudoir, passant des genoux de l'invité aux genoux de son propriétaire où il s'installa. Les doigts d'Itachi se perdirent dans son pelage pendant qu'il caressait l'animal et Obito hésita avant de lancer :

— Alors qui l'a fait ?

— Tous les matins, depuis la fin décembre, à sept heures précises, je reçois une playlist constituée de morceaux que je ne connais pas. Quand je rentre, le soir, j'allume mon ordinateur et je laisse la musique casser le silence pesant. Et…

Finalement, il baissa la voix et les yeux vers le sol, embarrassé.

— C'est Nagato. Il a réussi à éloigner le silence en moi.

Alea jacta est, pensa Obito en contemplant la gêne de son cousin et les lueurs qui brillaient au fond de ses yeux. Peut-être était-ce là une des clés qui manquaient pour qu'Itachi se pardonne finalement ce qui était arrivé à Sasuke.


Sakura [07:02] :
NARUTO !

Sakura [07:02] :
Je compte jusqu'à 5 et si t'es pas levé, je te jure que ça va être ta fête !

Sakura [07:03] :
1

Sakura [07:04] :
2

Sakura [07:04] :
3

Sakura [07:05] :
4

Sakura [07:05] :
5, ça va chier !

Naruto [07:05] :
Non, non, non, c'est bon, je suis debout, je suis debout !

Naruto [07:05] :
J'arrive !

Sakura [07:05] :
Trop tard.


9 mars

— Tu as reçu le message de Hanzo, toi aussi ?

Nagato hocha la tête en déglutissant légèrement, tendant son visage au vent qui soufflait. Ils avaient profité d'une accalmie pour sortir hors de la chambre de Konan. Son ventre rond émerveillait toujours Nagato et il avait longuement négocié pour que son amie accepte d'être alité pour la fin de sa grossesse. La clinique privée était agréable, elle ne pouvait pas le nier, mais elle commençait déjà à s'ennuyer.

— Oui. Ça m'a surpris d'être encore dans la liste de diffusion, d'ailleurs. Tu as eu plus d'informations ? Je suis assez isolé du milieu militant, depuis quatre ans.

Elle dégagea une mèche de devant ses yeux et commença à agiter ses pieds, mettant en mouvement la balançoire sur laquelle elle était assise, sentant le regard de Nagato la suivre avec attention.

— D'après ce que j'ai compris, commença-t-elle, le mouvement s'essouffle un peu à cause de la réponse musclée des forces de l'ordre. Les jeunes en ont marre de se faire cogner sur le coin du museau.

Elle se tut un instant et s'immobilisa pour observer le profil de son meilleur ami puis elle murmura :

— C'est Naruto qui a lancé l'appel à l'aide auprès de Hanzo.

— Quoi ? Mais depuis quand est-ce que Naruto…

Il prit une respiration difficile, sa nuque claquant douloureusement quand il tourna la tête vers Konan dans un mouvement vif et douloureux.

— Depuis trois ans, environ, expliqua-t-elle avec réluctance. Il fait ça avec quelques-uns de ses copains d'école, il a pris la relève, vu que Yahiko et moi avons pris du recul.

— Il n'a pas pu s'en empêcher, n'est-ce pas ? murmura Nagato.

Une part de lui ne pouvait se retenir d'être immensément fier. Il leva les yeux sur le ciel nuageux, laissant un sourire triste retourner ses lèvres, alors que sa meilleure amie lui jetait une œillade inquiète, comme s'il allait s'effondrer. Il trouva ça cocasse : c'était elle qui était hospitalisée, pas lui. Appuyant ses coudes sur ses genoux, il l'observa, pensif, et finit par secouer la tête.

— Finalement, ce n'est pas si étonnant que ça. Et je suis sûr qu'il saura faire bouger les choses. Il a tout ce qu'il faut pour.

Elle hésita un instant et lui coula un regard doux, donnant une impulsion sur le sol pour reprendre les balancements.

— Il aurait besoin que tu le lui dises.

Nagato secoua la tête, essuyant une goutte de pluie qui s'écrasa sur son front.

— Je suis la dernière personne dont il cherche l'approbation, à mon avis… Je te ramène dans ta chambre, il commence à pleuvoir.

Arrêtant la course de la balançoire, elle se laissa guider jusqu'au fauteuil roulant qu'il poussait pour elle. Depuis qu'elle était entrée en clinique, elle n'avait pas pu parcourir plus de cinq mètres sur ses pieds sans qu'une armée d'infirmiers débarque pour tenter de l'empêcher de faire le moindre mouvement, afin de ne pas déclencher l'accouchement trop tôt. Et Nagato se prêtait au jeu avec bonheur.

La première fois qu'il était venu, il avait éclaté d'un rire qui masquait les souvenirs horribles qui remontaient à se trouver dans un univers aseptisé et il avait attrapé les poignées de la chaise roulante avec empressement, murmurant à son oreille « je suis heureux d'être ton chauffeur de fauteuil, ça change agréablement d'être utile » et elle l'avait frappé doucement, ponctuant d'un « tu es bête, tu m'es indispensable ».

Ils parvinrent à la chambre après quelques minutes de marche.

— Et ton correspondant ? s'enquit Konan. Comment va-t-il ?

Nagato ouvrit la porte alors que son amie lui offrait un sourire taquin.

— Il va bien, répondit Nagato très succinctement.

— Oh allez, te fais pas prier, raconte !

Il lui tira la langue le temps qu'elle se remette dans son lit, qu'il mit à profit pour tirer les rideaux, allumer les spots et fermer la porte. Elle rabattit les couvertures sur elle, redressa le lit en appuyant sur la télécommande adaptée puis elle lui jeta une œillade amusée.

— Ça c'est du confort que j'aimerais avoir à la maison, si tu sais pas quoi me fabriquer pour mon prochain anniversaire, rit-elle avant de redevenir sérieuse. Allez, raconte-moi.

— Y a rien à raconter, répondit-il en s'asseyant au bord du lit. Je t'assure.

— Mais je ne te crois pas. Tu as les yeux qui brillent quand tu parles de lui.

L'exhalation qui envahit la pièce la fit grimacer un peu, elle lissa les couvertures.

— Oui. Il est… Il est super intéressant, vraiment. On discute de tout et de rien, c'est génial et je ne regrette pas, finalement, d'avoir envoyé le premier message.

— Mais ?

Il sourit.

— Mais rien. C'est un ami.

— Quelque chose dans ta façon de le dire montre que tu n'es pas d'accord avec ça, devina-t-elle.

— Je te vois venir. Il est hétéro, Konan, laisse tomber. C'est pas grave. C'est seulement que j'adore sa façon de penser et le son de sa voix.

Il finit par s'allonger à côté d'elle, portant une main à son ventre pour sentir le bébé bouger.

— J'ai hâte qu'il soit là, avoua-t-il.

— Moi aussi, il pèse sur ma vessie et j'en ai marre de rester couchée, mais ne change pas de sujet, on parlait de ton amoureux.

— Ce n'est pas, protesta-t-il en sentant ses joues cuire, ce n'est pas mon petit ami–

— Pas encore...

— Oh arrête ! Quand bien même il serait intéressé… Quand bien même il serait intéressé, répéta-t-il, ce qui n'est pas le cas, ses parents sont morts dans l'attentat perpétré par Katsu il y a douze ans. Et tu sais aussi bien que moi que ça condamne d'entrée de jeu une quelconque relation entre lui et moi.

La taquinerie qui luisait dans les yeux de Konan disparut et le coin de ses lèvres s'abaissa.

— Katsu, murmura-t-elle. Enfoirés de bellicistes, grogna-t-elle. Ils sont forts pour attirer les regards sur la cause, mais…

Elle soupira, secouant la tête puis elle lia leurs doigts dans un geste empreint de tendresse et il déposa un baiser sur le haut de son crâne, elle murmura doucement « c'est pas grave, moi, je t'aime bien assez pour plusieurs, tant pis pour lui » et il sourit tristement, lui rendant son mot d'amour.


Yahiko [17:28] :
C'est un enfer.

Naruto [17:29] :
De quoi tu parles ?

Yahiko [17:31] :
J'ai dit « mais non, ne t'inquiète pas, va voir Konan à la clinique, je vais m'occuper de monter la chambre tout seul, hahaha ! »

Yahiko [17:32] :
Hahaha. Ben c'était une idée de merde. Le schéma me dit de mettre la vis 15 dans le trou C

Yahiko [17:34] :
MAIS Y A PAS DE TROU C OU DE VIS 15 !

Yahiko [17:35] :
J'AI DES VIS BLEUES ET DES TROUS BLEUS, MAIS PAS DE VIS 15 ET DE TROU C.

Naruto [17:36] :

Naruto [17:37] :
Tu te rends compte que même moi, j'aurais essayé de mettre la vis bleue dans le trou bleu, hein ?

Yahiko [17:38] :
… 😮 T'es un génie !

Naruto [17:39] :
Clairement pas ce qu'on me dit le plus. Il est temps que Bébé arrive, tu es fatigué, je pense.

Yahiko [17:40] :
Si tu savais à quel point 😭


« Es-tu de retour ? »

Le battant de la porte claqua alors que Nagato posait son parapluie dans le dévidoir, permettant à l'objet de ruisseler de l'eau qu'il avait accumulée, souriant au message qu'il consultait en même temps qu'il avançait dans l'entrée, se dépêtrant comme il le pouvait du lourd manteau qui l'avait protégé toute la journée des courants d'air insidieux. Il répondit un concis « Oui, à l'instant » en déposant son vêtement sur le portemanteau puis il s'engagea dans le salon, jetant une œillade tout à la fois menaçante et désespérée sur la machine à écrire.

Une feuille pendait mollement au-dessus des touches, pincée et blanche alors que tout autour s'éparpillaient des dizaines de feuilles couvertes de notes et de caractères imprimés, révélant tout de ses échecs à débloquer ce scénario.

Résistant à l'envie d'aller s'installer dans le canapé, il se força à avancer jusqu'à l'appareil, tirant la chaise pour s'y asseoir, un regard torve dirigé vers les nombreuses pistes qui n'aboutiraient jamais. Ses doigts saisirent le bloc de papier qui constituait le chapitre précédent, unique et dernier qui fut planifié par Jiraya et ses rétines frôlèrent les mots comme ses mains touchaient les feuilles, apprenant leurs aspérités, les lettres embossées par les marteaux de la machine à écrire.

Il murmura les dernières phrases du passage pour rompre le silence qui régnait à son poste de travail, puis le papier bruissa doucement quand il revint sur la première page avec un soupir, aplatissant le chapitre sur la table.

Il remonta ses manches, posa le bout de ses doigts sur les touches.

Le premier essai du jour lui tira un grognement dépité entre les fautes d'orthographe et les contradictions, il était très loin d'exceller le génie créateur de son père adoptif. Le second test fut interrompu en cours, son attention appelée par une ombre qui passait près de la fenêtre dont les lumières s'affadissaient avec le coucher du soleil. Il oublia la phrase qu'il voulait inscrire, arracha la feuille pour froisser et la boule de papier termina sa course près d'un tas constitué des tentatives avortées de la veille.

Il finit par saisir son téléphone, espérant avoir reçu un message qui n'était pas arrivé. Ses lèvres se pincèrent et il porta ses prunelles vers le plafond, pour rappeler à son souvenir les conseils que son père égrenait de son vivant.

Repoussant la machine à écrire, il attrapa son carnet et un stylo pour y dessiner un schéma de relations, réfléchissant, et une nostalgie soudaine, inattendue, saisit son cœur, voilant son regard d'une tristesse immense.

— Bientôt quatre ans, murmura-t-il avant de secouer la tête pour reprendre contenance. Je dois finir.

Alors bien sûr, écrire ce roman à la place de Jiraya ne lui rendrait pas la vie et Nagato le savait parfaitement. Ce qu'il espérait, c'était principalement réussir à apaiser son cœur, à apaiser les sentiments amers qui l'envahissaient jusqu'à la nausée quand il restait trop longtemps seul, enfoui dans un silence épais.

Son portable vibra sur la table, lui arrachant un sursaut bienvenu, offrant ainsi une diversion inespérée.

« As-tu réussi à sortir de ton impasse romanesque ? »

Si Konan avait vu la douceur qui s'imprima sur le visage de son meilleur ami quand il déverrouilla pour répondre, si elle avait noté la réponse immédiate qui fut réceptionnée, elle aurait probablement souri d'un air entendu, dardant sur Nagato une œillade amicale et taquine.

Elle lui aurait sans doute glissé, l'air de rien, que cette affection méritait d'aboutir à quelque chose de plus fort, qu'il ne pouvait pas s'enfermer dans ce silence punitif pour toujours, qu'il devait avancer, avec ou sans Naruto, avec ou sans Jiraya.

Un coup de tonnerre fit vibrer les carreaux et il s'arracha à son assise pour aller activer l'interrupteur, illuminant le salon d'une lueur douce et légèrement orangée et son téléphone vibra une nouvelle fois sur la table, se déplaçant vers les bords. Il se précipita pour le rattraper avant qu'il s'écrase au sol, le retournant pour voir l'écran, puis il se hissa de nouveau à son siège, massant sa cuisse de sa main droite, par réflexe. Ses yeux glissèrent sur le message, puis il les releva vers ses notes, un soupir réflexif accroché à ses lèvres entrouvertes.

Il hésita un instant, se demandant comment il allait s'y prendre pour discuter de ce roman sans en dévoiler le titre. Ses doigts tapotèrent l'appareil qu'ils tenaient, manquant de le lâcher et, exaspéré de lui-même, Nagato jura, rattrapant au vol une idée qui manqua de lui échapper, se promettant d'inscrire ses maladresses dans les gestes de son héros.

— Au pire, il saura, trancha-t-il dans la solitude de la maison. Est-ce si grave que ça, s'il l'apprend ?

Seul le silence lui répondit et il contempla longuement la bibliothèque et ses portes vitrées qui protégeaient de la poussière les épais volumes que Jiraya avait amassés tout au long de sa vie. Il se leva une nouvelle fois pour se diriger vers la cuisine, enclencher la bouilloire, se laissant quelques minutes de réflexion supplémentaires, hésitant une fois de plus. À l'écrit, il était plus facile pour lui d'éviter de laisser échapper le nom des personnages, reconnaissables entre mille. La tasse sortie, il glissa sa cuillère à thé emplie dedans, arrosant largement d'eau brûlante, puis il revint prudemment vers la machine à écrire, veillant à ne pas renverser de thé sur lui et il se décida enfin.

Quelques secondes après qu'il eut envoyé un court « De vive voix, ce sera peut-être plus simple », le son d'un appel entrant retentit dans la pièce et il décrocha avec plaisir, son sourire résonnant contre les fenêtres.

— Bonsoir Itachi, dit-il en décrochant, comment se passe la visite de ton cousin ?

Étonnamment bien, répliqua son ami, il est incroyablement bavard et intarissable sur ses recherches, mais il ne m'agace plus comme autrefois. Comment se sentait ta meilleure amie ?

— Oh, elle râle à cause des infirmiers qui sont aux petits soins, de son ventre qui l'empêche de voir ses pieds, du temps pourri, et même de la nourriture, je pense qu'on peut considérer qu'elle se porte à merveille.

Encore combien de semaines avant la naissance ?

— Normalement cinq. Je dois avouer avoir vraiment hâte de rencontrer mon filleul. Il ne fallait pas te déranger pour moi, tu sais, affirma-t-il, mais sa voix sonnait comme un merci. J'aurais bien fini par trouver la solution tout seul.

Tu ne me déranges pas, répondit Itachi. Obito dîne avec ses collègues, ce soir, pour prolonger la conférence et continuer les débats. Puis-je t'aider à réfléchir ? À deux cerveaux, on devrait pouvoir trouver quelque chose pour te permettre d'avancer.

L'aiguille de l'horloge glissa sur le douze, et les mécanismes grincèrent avec difficulté. Nagato se prit à penser que peut-être c'était Itachi dont il avait besoin pour avancer, que peut-être, en effet, sans lui, il n'y parviendrait pas. Cependant, il fut incapable de savoir s'il s'agissait du roman ou de sa vie.


Sushi [22:21] :
T'es rentré ?

Sushi [22:23] :
Il était comment ?

Sushi [22:23] :
Il était en forme ?

Sushi [22:24] :
J'aurais dû aller le voir en février quand je suis passé à Ame.

Sushi [22:24] :
Il est mal, hein ?

Sushi [22:25] :
Je me sens tellement coupable. 😱

Sushi [22:26] :
En plus, je sais qu'il est tout seul…

Obito [22:36] :
Être une telle mère poule te fera avoir une attaque un jour.


Voilà, j'espère que ça vous plu ! À bientôt !