Chapitre VII :
Je suis désolée pour la longue attente mais j'ai été très occupée.
Voici la suite. Bonne lecture !
L'incrédulité, l'émerveillement et la sidération étaient les mots qui pouvaient décrire l'état émotionnel de John en ces instants où sa femme défunte lui souriait, bien vivante devant lui.
« -Comment ? » fit l'ex-tueur à gages, en tendant une main tremblante et hésitante vers la joue d'Helen.
La jeune femme, les traits sereins et un amour irradiant ses yeux, attrapa la main de John et doucement et tendrement, déposa un baiser furtif sur la paume.
Son regard s'attrista un moment lorsque le doigt amputé de son mari parvint dans le champ de vision de la jeune femme. Le doigt qui avait porté fidèlement l'alliance.
« -Santino a conclu un pacte avec Lucifer, expliqua Helen, d'une voix douce. Mon âme contre la sienne. »
John, en entendant la révélation du sacrifice inattendue de la part de Santino, tressaillit et son regard sombre, involontairement, se dirigea vers le lit où reposait le jeune Italien.
Le mafioso semblait plongé dans un profond sommeil, les traits pâles, immobiles et pareils à ceux d'une statue de pierre.
Aux côtés du lit, Lucifer et Michael observaient John et Helen. Voyant la requête muette de Wick, Michael se tourna vers son jumeau, murmura quelques mots dans l'oreille du roi des Enfers qui, les sourcils froncés et l'air déconcerté, disparut de la chambre.
Michael salua d'un bref signe de la tête que John rendit, silencieux et respectueusement.
Après le départ des deux archanges, John enlaça Helen dans une effusion de tendresse emplie de révérence et d'adoration.
« -John, je ne peux rester, informa Helen, en s'écartant de son mari.
-Pourquoi ? demanda John, confus. Nous avons une seconde chance…
-Mon temps sur Terre est terminé, répliqua la jeune femme avec une patience infinie. Je ne suis ici que grâce au sacrifice de Santino. Ce ne serait pas juste pour lui. »
Un sentiment amer d'abandon menaça de submerger John qui inspira profondément.
« -C'était ce que désirait Santino, fit l'ex tueur à gages.
-Il a fait ce pacte car il sait que tu le mépriserais toujours, dit Helen. Il est ton âme sœur et tu es sa seule lumière dans sa vie. Il est temps de tourner la page, John. Ce que nous avons partagé était merveilleux, unique et particulier. Je t'aimerai toujours, John. Mais il est temps de donner une chance à toi et ton âme sœur. »
Ecoutant les paroles sages et judicieuses de sa femme, John ne put retenir un sanglot et aveuglé par les larmes, il serra Helen dans ses bras, ne désirant pas la lâcher.
Helen n'y mit fin qu'après de longues minutes, émue et bouleversée.
« -Ne m'abandonne pas, Helen, supplia John, éperdu. Sans toi, je n'ai plus rien qui me retient sur Terre. S'il te plait, Helen. »
La jeune femme saisit les mains de son mari entre les siennes et fixant John dans les yeux, elle lui dit, avec gentillesse et douceur :
« -Tu n'es pas seul, John, mon amour. Dan a intercédé en ma faveur auprès de son Père et j'ai pu t'observer depuis la Cité D'Argent : tu a de nouveaux amis et des personnes sur qui tu peux compter. Lucifer, Dan et Steve…Ces personnes se sont prises d'affection pour toi. Ils seront là pour toi si tu les laisses entrer dans ta vie. Donne une chance à Santino. Je sais. Il n'est pas un ange et il a commis des actes répréhensibles et immoraux. Mais si Dieu a su lui pardonner et lui permettre une seconde chance au bonheur, ne pourrais-tu pas aussi lui accorder le bénéfice du doute ? »
Ne sachant que dire sur l'instant et réalisant à quel point il avait été privilégié d'avoir eu une femme si extraordinaire durant les cinq dernières années, John demeura de longues minutes à contempler Helen, tacite et les larmes continuant de glisser sur ses joues.
Il comprenait que sa vie avec Helen était bel et bien finie.
….
Les rayons du soleil new yorkais chatoyaient, à travers les branches et les feuilles des multitudes arbres qui composaient la verdure de l'immense propriété acquise par John Wick, sur la baie vitrée de la chambre du maitre des lieux.
Santino, vêtu d'un élégant pyjama de satin, émergea d'un long sommeil et étouffant un bayement, il examina, désorienté et perdu, les meubles aux design épuré et moderne.
Il remarqua, avec étonnement, la présence de John qui, une expression indéchiffrable sur ses traits, le contemplait depuis un fauteuil gris.
Silencieux et pensif.
Santino rompit le contact visuel et finit par lancer, un sourire amusé sur les lèvres :
« -Lucifer s'est surpassé cette fois-ci ! Il a compris que nos désirs peuvent créer propres enfers. Je suis coincé avec une image de ma frustration en Enfer et je suis condamné à vivre un bonheur illusoire avec toi, John Wick. »
Lestement, le jeune Italien sauta du lit et s'approcha de l'illusion de John qui n'avait cessé de le regarder, impassible et muet.
Santino, avec assurance et confiance, s'installa sur les genoux de son âme sœur et lentement, posa sa tête sur l'épaule du simulacre de John.
Il soupira, comblé et satisfait malgré le fait de savoir que tout ceci n'était qu'une illusion créée par son esprit et sachant, avec pertinence, qu'une fois qu'il s'abandonnerait totalement à cette illusion, John disparaitrait.
Sentant que son John allait bouger et voulant faire durer l'illusion aussi longtemps que possible, Santino chercha à le retenir et leva la tête, rencontrant le regard de son âme sœur.
Là, dans cette situation créée par son esprit, Santino se permit de se montrer vulnérable et sans masque.
« -S'il te plait, John, mio amore, reste, supplia le jeune Italien. S'il te plait, reste encore un peu. S'il te plait, Azazel, laisse le moi encore une minute. Puis tu feras de moi ce que tu voudras. »
Une émotion passa dans les yeux de John et Santino sut. Le mafioso, les joues rouges, se leva prestement des genoux et tenta de s'échapper, humilié et embarrassé.
Mais une poigne ferme et solide le retint et le ramena dans les bras de ce que le jeune Italien avait cru être une illusion.
Des doigts se glissèrent sous le menton de Santino et le jeune homme fut obligé de soutenir le regard perçant et scrutateur de John.
« -Mon Cher Père a jugé que vous ne méritiez pas de passer l'éternité en Enfer, Santino. » annonça la voix gouailleuse de Lucifer qui s'était installé, tranquillement, sur le canapé confortable de la chambre.
Les deux âmes sœur, surpris, se quittèrent des yeux et se tournèrent vers l'archange qui les observait, un sourire désinvolte sur les lèvres.
« -Renoncez à la Camorra et vous aurez rempli vôtre contrat envers moi et mon Père, conseilla Lucifer, d'un ton sérieux.
-Je veux bien, accepta Santino, en s'enfouissant inconsciemment dans les bras de John qui le serra, contre lui, dans une étreinte protectrice. Mais la Grande Table ne me laissera pas partir, ainsi que la Camorra. J'en sais trop et je suis une menace éventuelle. »
Lucifer se leva du canapé, avec nonchalance quand Michael apparut soudainement. Les deux frères se concertèrent par télépathie et Lucifer éclata de rire, ne pouvant croire combien leur Père aimait les intrigues !
« -C'est pourquoi Tony et Lucifer ont aidé John à acquérir une maison dans les périmètres du Q.G des Avengers et de leurs propriétés, fit Michael, paisiblement. Quant à la Camorra et à la Grande Table, soyez tranquillisé : Père s'en occupe. Mais n'oubliez pas, Santino. Retournez à vos anciennes activités et Père vous retire sa protection. A vous, mais ainsi qu'à John. »
Les yeux verts de Santino prirent une teinte orageuse car le jeune Italien ne supportait pas les menaces contre sa personne.
Mais Santino se maitrisa, se souvenant qu'il ne serait pas le seul à payer les conséquences de sa rébellion.
John risquait aussi de les subir. Le jeune Italien se contenta de hocher de la tête, montrant qu'il avait accepté les conditions imposées pour obtenir la protection de Dieu.
« -J'ai encore une dette envers le roi des Bowery, déclara John, calmement. Le roi viendra réclamer son dû et il en a le droit. »
A la déclaration de John, Lucifer n'eut qu'un sourire espiègle et conspirateur.
« -Une autre personne est chargé de régler cette dette. » fit le roi des Enfers, d'un ton énigmatique.
Puis se tournant vers Santino, Lucifer lança :
« -Vous êtes toujours redevable envers moi. Comment comptez-vous régler vôtre dette ? »
Santino déglutit, sous le regard intimidant de Lucifer qui avait quitté son attitude désinvolte et enjoué.
« -Je m'acquitterai de sa dette à sa place, informa John, d'une voix déterminée.
-John, non ! protesta Santino, surpris. Il s'agit de mon problème… »
Mais la protestation du jeune Italien fut interrompu par un baiser bref mais doux de John. Agréablement pris au dépourvu, Santino fut effectivement et efficacement réduit au silence.
Lucifer avait contemplé les deux âmes sœur, amusé. Il échangea des mots à voix basse avec Michael qui finit par partir.
« -J'accepte, fit le roi des Enfers, s'adressant à John. Il se peut qu'un jour, un Timot Danlen aura besoin de vôtre aide, John. En attendant ce jour, vous avez l'amitié sans faille du Diable !»
Sur ces mots, Lucifer disparut de la chambre, laissant, enfin, seuls John et Santino.
Les deux hommes se fixèrent, sans rien dire et ignorant quoi se dire. Ce fut Santino qui rompit le silence :
« -Maintenant, que faisons-nous ? »
La question pertinente fit sortir John de ses pensées et l'ex tueur à gages sembla indécis sur la réponse à fournir.
Constatant cela, Santino ne put retenir un soupir de frustration et quitta les genoux de son âme sœur. John ne chercha pas à le retenir cette fois-ci.
« -Ecoute, fit le jeune Italien, sentant une lassitude désabusée l'envahir. Tu n'as aucune obligation envers moi. Je peux me trouver une maison et y vivre. Ma fortune personnelle me permet une vie confortable. »
John, en quelques pas, rejoignit l'ex chef de la Camorra et l'enveloppa dans une étreinte rassurante.
« -Je ne sais pas ce nous deux ensemble peut donner, avoua l'ex tueur à gages, honnêtement. Mais je voudrais essayer. Si tu veux bien, Santino. »
Santino médita les paroles de son âme sœur et se rendit compte qu'il était aussi incertain de l'avenir de leur relation que John.
Cependant, connaissant le degré d'investissement de John lorsque celui-ci avait eu un projet ou une idée en tête, l'ex mafioso se décida à tenter l'aventure avec son âme sœur.
« -OK, mio amore. » consentit Santino, en s'abandonnant à l'étreinte de John.
…
Le roi de Bowery, assis dans son trône, observait ce qui restait de son empire et de ses hommes de main.
Des torches illuminaient le sous sol où s'était réfugié le reste du Bowery afin d'échapper à l'attention de la Grande Table.
Un de ses fidèles lieutenants s'approcha du roi et donna le compte rendu de sa patrouille à travers la ville.
« -John Wick vit avec Santino D'Antonio dans une villa proche du Q.G des Avengers, annonça le bras du roi. Ils sont intouchables. Santino a renoncé à son titre de chef de la Camorra et à son siège de la Grande Table. La Camorra et La Grande Table sont furieuses mais elles ne peuvent agir. Il se murmure que John et Santino bénéficient de la protection de Tony Stark et de Lucifer. »
Le roi écoutait, sans sourciller et masquant sa contrariété devant ces nouvelles qui mettaient un frein à ses projets de vengeance contre la Grande Table.
Il ne devait plus compter sur le Baba Yaga comme il avait escompté car visiblement, John Wick n'était plus aux abois et excommunié.
Par le plus grand des miracles et des mystères, Santino avait ressuscité et avait mis fin au contrat sur John.
Mais The Boggeyman avait une dette envers lui et le roi savait que John s'acquittait toujours de ses dettes.
Le Baba Yaga était un homme avec un code moral et éthique. Et le roi de Bowery comptait bien tirer avantage de cela.
Brusquement, les hommes de main du Bowery se figèrent, en alerte et dégainant leurs armes.
Un homme blond, les yeux bleus et en costume cravate d'un noir sombre, surgit dans la pièce où se trouvait le roi.
Avec un large sourire arrogant qui dévoilant toutes ses dents parfaites et blanches, il jeta le corps d'une femme aux longs cheveux noirs aux pieds du roi.
Le roi sourcilla à peine, scrutant le cadavre de la jeune femme.
« -Qui êtes-vous ? » demanda le roi déchu.
L'intrus eut un sourire qui fit frissonner intérieurement le roi et avec des gestes sûres, il entreprit d'extraire le cœur du corps de la jeune morte.
Tranquillement, sous les regards écoeurés des mercenaires, il dévora, à pleines dents et avec un plaisir sadique, le cœur de sa victime.
Le roi déchu du Bowery faillit avoir un haut le cœur. Son instinct lui disait que cet homme, au physique de top model, était dangereux.
Plus dangereux que la Grande Table.
« -J'ai éliminé une tueuse qui était chargée de mettre un terme à vôtre existence sur Terre, déclara l'inconnu. Selon ce qui est convenu avec Lucifer, je peux festoyer sur les entrailles de mes victimes tant que je me tienne aux lies de la société : assassins, pédophiles, violeurs, ceux qui maltraitent les animaux car apparemment, Dan, le mari de mon roi, a une faiblesse pour ces créatures sans défense. Mercenaires aussi… Ah, j'oubliais : je suis Azazel. »
Le roi de Bowery sentait une migraine venir en écoutant Azazel parler et manger, avec un appétit obscène, le cœur de la défunte tueuse.
Pourtant, cet Azazel lui avait sauvé la vie. Ce que la vie lui avait appris était que personne n'agissait par pure bonté d'âme.
Il y avait toujours un prix à payer.
« -Je devrais vous remercier, supposa le roi déchu. Mais pourquoi êtes-vous là ?
-Je suis là pour payer la dette que John Wick a contracté envers vous, répondit Azazel, en finissant d'avaler sa friandise. Condition sinequanon pour que le Père de Lucifer me laisse errer sur Terre. »
Disant cela, Azazel sortit une arme, avec un sourire de prédateur et déclara, avec une lueur sadique et impatiente :
« -J'ai hâte de commencer ma tâche, mon très cher roi déchu. Oh, vous pouvez m'appeler « le fossoyeur ». »
Le roi de Bowery réprima un frisson et une envie de fuir : Azazel dégageait une aura menaçante, pernicieuse et dangereuse.
Et impitoyable.
Voyant les dents rougies, par le sang, d'Azazel, le roi déchu devina que le surnom de « fossoyeur » venait du fait que l'assassin donnait une sépulture insolite à ses victimes…
…
Dans son loft de Hell's Kitchen, blotti dans les bras de Frank, son âme sœur et compagnon de patrouille, Matt tressaillit, son sommeil tourmenté par une voix lointaine et familière.
Fin
Le 27/09/20
Duneline.
