Commentaire d'auteur :

Coucou les loulous ! Comme prévu, on se retrouve aujourd'hui plus tôt que prévu pour un chapitre bonus ! J'espère que vous êtes pressés tout autant que moi d'être demain ahah !

Samedi dernier, notre troupe est finalement arrivée chez Thranduil (enfin, disons plutôt que Bilbo et Thorin y sont arrivés, car les autres nains ont été traînés de force ahaha) et notre cher dragon a réussi à s'arranger pour faire libérer tout le monde, on enchaîne donc directement sur la suite ! :)

Je n'ai pas grand-chose à vous dire pour ce chapitre-là, donc je vais juste vous laisser lire et on se retrouve en bas !


Chapitre 7

Bilbo et Thorin retrouvèrent rapidement le reste de la compagnie - ces derniers avaient été relâchés, et placés dans une salle mise à l'écart des elfes, avec une quantité de nourriture suffisante pour qu'ils fassent tous un bon repas.

- Où étiez-vous passés, tous les deux ?! demanda Balin en les voyant arriver, attirant l'attention du reste des nains par la même occasion. On pensait qu'il vous était arrivé quelque chose d'horrible dans cette maudite forêt !

S'installant avec eux pour pouvoir manger, Bilbo ignora le regard toujours aussi intrigué du roi sous la montagne, qui se tourna vers la compagnie pour expliquer :

- Dans la forêt, nous avons passé trop de temps à discuter avec Bilbo et nous vous avons perdus de vue. Nous vous avons cherchés pendant des heures, mais lorsque nous avons compris que nous n'arriverions pas à vous retrouver comme ça, nous avons été obliger d'aller voir ces... elfes pour leur demander de l'aide.

- Et vous avez donc appris par la même occasion que nous étions emprisonnés ici, devina Balin.

- Il y a quelque chose que je ne comprends pas, maugréa Dwalin, qui avait actuellement les mains pleines de nourriture, son arme reposant à côté de lui, mais toujours à portée. Pourquoi les elfes nous ont-ils libérés, au lieu de vous enfermer, vous aussi ? Qu'est-ce que vous leur avez dit ?

Les deux concernés se jetèrent un regard, et Thorin sembla hésiter un instant - il savait qu'il ne pouvait pas donner qu'une vague réponse, car les nains étaient persistants, et demanderaient à savoir la vérité coûte que coûte. Bilbo acquiesça et le roi se tourna vers la compagnie.

- Bilbo a réussi a le menacer pour que nous puissions manger un repas et passer la nuit ici, mais nous devons absolument partir demain matin à la première heure.

Le regard des nains se tourna vers le hobbit qui leur adressa un sourire gêné - il savait que cela devai être dur à croire, car il ne semblait pas le moins du monde menaçant lorsqu'on le voyait de prime abord. Malgré tout, vu l'air mal à l'aise de Bilbo sur le sujet, la compagnie ne dit rien et sembla accepter la situation, même si il se doutait que la plupart d'entre eux iraient voir Thorin pour en savoir plus dès qu'ils le pourraient.

Tout le monde retourna s'asseoir à table et Nori fouilla dans ses affaires jusqu'à en tirer une carte, qu'il posa à plat au centre de la table, leur laissant l'occasion de l'observer de plus près tandis qu'ils continuaient leurs repas.

- Nous ne sommes pas très loin de Lacville, à quelques jours de marche, tout au plus, et je pense qu'il serait une bonne idée de nous y rendre, avant de partir vers Erebor.

- Pourquoi faire un détour par Lacville ? demanda Thorin, les sourcils froncés.

- Eh bien, nos vivres viendront vite à manquer, et une fois l'Arkenstone récupérée, nous allons devoir choisir un endroit où attendre que les autres nains se rallient à nous, et nous ne pouvons pas rester au milieu de nulle part, sans nourriture. De plus, je pense que nous serons bien accueillis - ces hommes souhaitent tout autant que nous revenir à l'âge d'or, lorsque le commerce était florissant et qu'aucun d'eux n'avait à se soucier de trouver à manger ou de quoi se tenir chaud pour l'hiver, expliqua Balin.

- Pourrons-nous tout de même arriver pour le jour de Durin ? C'est notre seule chance, nous ne pouvons pas la manquer.

- Tout se passera bien, confirma le plus vieux des nains à leur chef qui semblait encore hésitant.

- Si tu es sûr, alors je te fais confiance, Balin, confirma le roi avant de se remettre à manger. Mais nous devrons avancer vite, car nous ne pouvons pas nous éterniser alors que la montagne n'attend plus que nous.

- Peut-être même que le dragon est mort, plaisanta Kili avec un grand sourire, une chope à la main.

- Je ne compterais pas vraiment là-dessus, répliqua Thorin d'un ton plus sec que nécessaire. Si c'était le cas, ces maudits elfes s'y seraient rendus depuis bien longtemps pour nous voler ce qui nous appartient.

Bilbo ne pouvait s'empêcher d'être d'accord avec Oakenshield, car agir d'une telle manière ressemblait parfaitement à Thranduil. Et puis, il savait bien que Smaug n'était pas mort, car plus il se rapprochait de la montagne, plus il sentait quelque chose au fond de lui s'agiter. Était-ce la joie de son esprit, à l'idée de revoir un congénère, ou alors la soif d'or, qui commençait à peser sur son coeur sans qu'il n'y prenne garde ? Il n'était sûr de rien sauf d'une chose - une grande bataille l'attendrait bientôt, entre les murs d'Erebor - et il était de plus en plus inquiet de ne pas en sortir vivant ou pire, que les nains périssent dans cette terrible quête qu'ils avaient pourtant décidé de mener à bien coûte que coûte.


Plus tard dans la soirée, la plupart des nains s'étaient placés autour d'un feu, fait sur l'un des jolis balcons des elfes, entassant leurs meubles parfaitement décorés pour être sûrs d'alimenter la flamme. Bilbo aurait trouvé cela particulièrement irrespectueux en temps normal, mais après son altercation avec Thranduil, il éprouvait une satisfaction malsaine à voir le bois précieux brûler aussi facilement pour les réchauffer et faire cuire quelques saucisses qui leur restait en guise de fin de repas.

Le hobbit et le roi sous la montagne se tenaient un peu plus loin du groupe. Le dragon fumait u peu d'herbe qu'il avait réussi à voler aux elfes, fixant le ciel étoilé qu'il apercevait légèrement entre les branches épaisses des arbres qui cachait le royaume sylvestre. Thorin était à ses côtés, s'occupant de nettoyer sa lame elfique et de l'affûter, alors même qu'elle n'avait pas besoin d'un tel traitement - mais cela le détendait, et son visage, sans froncement de sourcils permanent, semblait presque avoir rajeuni.

- Je ne peux m'empêcher de penser à votre altercation avec Thranduil, fit remarquer le nain, jetant un regard en coin au cambrioleur. Et j'ai remarqué que vous vous connaissiez, du moins, cela en donnait l'impression - et j'ai aussi remarqué que vous ne le portiez pas dans votre coeur. Pourquoi cela ?

Bilbo prit le temps de tirer sur sa pipe, alors que Thorin le fixait sans bouger, comme s'il espérait revoir la lueur cuivre qui avait allumé ses yeux face au seigneur elfe. Finalement, le dragon répondit :

- Il y a fort longtemps, moi et mes congénères avons été chassés de nos terres, tués et abattus sans pitié - Thranduil faisait partie de ceux-là, ne souhaitant que récupérer ce que nous avions à offrir pour se l'approprier.

Le regard du roi sous la montagne se durcit et se voila, le bleu d'habitude si clair se teintant d'orage, et il murmura d'un ton froid :

- Pourquoi ne pas l'avoir tué, Bilbo ?

- C'est un seigneur elfe, répondit ce dernier, comme si cela expliquait tout. Le tuer reviendrait à me faire traquer par le moindre de ses sujets.

Il hésita un instant, terminant sa pipe en rejetant quelques ronds de fumée, sortant son bloc de bois et le couteau donné par Bofur pour continuer à travailler sur la sculpture des nains qu'il avançait de temps à autre. Il avait déjà bien avancé dans son oeuvre, et la silhouette des trois trolls, bien qu'encore un peu grossière, devenait de plus en plus définie, et il travaillait à présent sur les expressions de leurs visages, et les plis de leur peau - du moins, autant qu'il le pouvait avec un seul outil à sa disposition. Thorin le regarda faire avec fascination - le travail du bois ne l'avait jamais vraiment intéressé, et il était curieux de voir le hobbit procéder, même si ce dernier n'avait pas plus d'expérience que lui dans le domaine.

- Peut-être que je l'aurai tué quand même, si j'en avais eu l'occasion. Mais depuis...

- Depuis ? releva le roi, intrigué de voir ce qui avait pu détourner leur cambrioleur de la vengeance qui devait brûler au fond de sa poitrine.

- Depuis, j'ai compris qu'il y avait des causes plus nobles pour lesquelles sacrifier sa vie.

Bien que touché par les paroles du hobbit, Thorin plissa les yeux, comprenant ce que sous-entendait le semi-homme, et il posa une main sur son bras, ne sachant pas comment apporter du réconfort d'une autre manière, et fit remarquer :

- Lorsque tout cela sera terminé, vous pourrez rentrer chez vous en vie, Bilbo. Je m'en assurerai, soyez-en certain.

Le concerné détourna les yeux du ciel et le fixa, et Thorin se rendit compter pour la première fois d'à quel point les yeux du hobbit étaient resplendissants, le vert noisette cachant la véritable couleur d'ambre cuivrée qu'il avait eu le privilège de voir. Bilbo avait un air un peu triste sur le visage et il avoua dans un murmure, si faible que Oakenshield dû se pencher pour être sûr de l'entendre :

- Et si je n'avais pas envie de rentrer...?

A ces mots, Thorin resta interdit un instant, comme s'il ne parvenait pas à croire de telles paroles - pourtant, le semi-homme semblait sérieux, car la tristesse de son regard n'était pas simulée.

- Que voulez-vous dire ? Et votre maison ?! La Comté ?

Bilbo secoua la tête et répondit :

- Je n'ai personne qui m'attend là-bas, vous savez. Je n'ai jamais vraiment eu de véritables amis, car les hobbits sont des gens qui apprécient le contact et les discussions autour d'un feu avec une bonne tasse de thé, mais ne se lient jamais vraiment d'une amitié sincère, ne restant que de grandes connaissances, tout au plus. Qui sera véritablement heureux de me voir, lorsque je reviendrais ? Ils sont probablement déjà en train de vider ma maison et de voler le peu d'affaires de valeur que j'y ai laissé.

Le roi retint une grimace à ces mots, tout aussi attristé que celui qui lui racontait tout cela. Ce genre de relations ne valait rien, à ses yeux - ils étaient des nains, et il n'y avait pas de juste milieu - soit ils détestaient les gens, soit ils appréciaient leur compagnie, et leur offrait une réelle camaraderie, un endroit ou rester. Après tout, que valait la vie, s'il n'y avait personne avec qui la partager ?

- Rien ne vous oblige à y retourner, vous savez, souffla Thorin.

- Je- bien sûr que si, je dois y retourner, c'est l'endroit où je vis-

- Non, répliqua le roi, le coupant dans sa tirade. Qui vous oblige à retourner à un endroit où vous ne vous sentez pas à votre place ? Vous l'avez dit vous même, personne ne vous attend dans la Comté.

Ses paroles semblèrent déprimer le hobbit encore davantage, vu comment ce dernier avait les épaules affaissées, les mains crispées sur le petit bout de bois donné par Bofur. Oakenshield observa la sculpture grossière, un sourire naissant sur ses lèvres en se rappelant de l'amusant souvenir qu'étaient les trolls - ils avaient failli y rester, mais à présent que cela était passé, ce n'était plus qu'une belle histoire à raconter.

- Lorsque tout cela sera terminé, rien ne vous empêche de vous installer où vous le souhaitez. Pourquoi pas même rester en notre compagnie, à Erebor ?

Bilbo releva enfin les yeux à ces mots, le fixant comme s'il le voyait pour la première fois. Il semblait y avoir au fond de ses yeux un reflet d'incompréhension, comme s'il ne parvenait à croire que le roi venait tout juste de lui faire une telle proposition. Pour lui, si il parvenait à rester en vie jusqu'à la fin de cette aventure, il savait qu'il devait retourner en Comté, même s'il n'en avait pas envie, et que sa soif d'aventure était si grande qu'il ne pourrait plus tenir en place devant un feu de cheminée, avec un livre et une tasse de son meilleur thé, comme il le faisait autrefois.

- Vous- vous me laisseriez rester parmi les nains ? demanda le hobbit, les yeux écarquillés d'une stupeur qui ne semblait pas vouloir le quitter.

Un sourire hésitant traversa le visage du roi sans couronne et il se demanda un instant comment leur cambrioleur pouvait penser un moindre instant qu'ils ne voudraient plus le voir une fois la quête accomplie. Certes, il avait mal agit envers lui, et plus d'une fois, mais il avait appris de ses erreurs et ne voyait honnêtement pas Bilbo retourner dans la Comté après une telle aventure - il avait prouvé plus d'une fois être né pour de telles péripéties, sauvant leur vie tellement de fois qu'il ne voyait pas ce dernier refuser de les suivre pour de longues années encore.

- Bilbo, vous avez votre place parmi nous. Je vous ai peut-être fait douter au début, et cela n'est plus mon intention, et je réalise à quel point j'ai été aveugle - vous êtes tout aussi important que n'importe quel membre de cette compagnie, et nous sommes tous heureux et fiers de vous avoir à nos côtés.

Thorin fut récompensé par ces mots d'un sourire étincelant de la part du hobbit et il sentit son coeur se contracter dans sa poitrine - oui, il ne pouvait imaginer leur cambrioleur retourner à l'autre bout du monde, pas alors qu'il souhaitait le voir continuellement à leurs côtés, à ses côtés, alors qu'il reprenait la maison qu'ils avaient perdu il y a si longtemps.

- Je ne suis pas fait pour rester enfermer dans une montagne, j'aime l'air libre, les fleurs et le soleil, vous savez, fit remarquer le hobbit avec un sourire d'excuse.

- Alors je construirais un jardin, sur les flancs de la montagne solitaire, répondit aussitôt Thorin, avec une détermination qui surprit Bilbo plus qu'il ne voulait l'admettre. Je ferais ramener des pousses des arbres de votre propre jardin, là-bas dans la Comté, si il le faut.

Touché par les paroles pleines de promesses du roi, Bilbo lui sourit, sachant très bien au fond de lui que tout cela n'était qu'un doux mirage qu'il ne pourrait jamais obtenir - après tout, Thorin finirait par connaître la vérité à son sujet, et quelle place avait un dragon au milieu des montagnes d'or d'Erebor ? Il devrait fuir avant que les nains ne lui tranchent la tête, alors même qu'il ne souhaitait que les aider à reprendre leur foyer.

- Nous verrons, répondit-il alors, plus triste qu'il ne le montrait. Nous avons encore une longue route devant nous avant d'arriver à de telles promesses.


Le lendemain matin, les nains furent debout très tôt, réveillés par nulle autre que Legolas, le fils du roi, qui allait les escorter jusqu'à la lisière de la forêt noire avec une poignée d'autres elfes, pour s'assurer qu'ils tiennent parole et quittent leurs terres. Les nains avaient râlé, ne parlant plus qu'en Khûzdul pour pouvoir parler librement sans être espionné des elfes, contrairement à Bilbo qui s'entretenait avec l'une d'entre eux sur le chemin, prénommée Tauriel, qui semblait très intéressée par les hobbits - après tout, il était le premier qu'elle ait jamais rencontré, et sa curiosité la poussait à lui poser tout un tas de questions sur qui ils étaient, ainsi que leur mode de vie, la nourriture, jusqu'à arriver aux méthodes traditionnelles employées par les siens pour montrer leur intérêt amoureux à une tierce personne.

- Nous sommes très ouverts sur le sujet dans la Comté, ça c'est une chose certaine, expliqua-t-il avec enthousiasme, retenant un sourire en voyant que le regard de la capitaine des gardes semblait parfois dévier vers Kili - il avait appris de la bouche de Fili que quelque chose semblait s'être passé entre son petit frère et l'elfe, qui les avait secourus des araignées, et était curieux de voir ce qui se tramait entre ces deux-là.

- Vous ne vous souciez pas de quel espèce sont les autres, ni même de leur sexe ? s'exclama-t-elle dans un chuchotis, comme si cette simple idée la surprenait agréablement, et qu'elle n'avait jamais vu cela ailleurs jusqu'à aujourd'hui.

- C'est exact, et le couple lié, bien qu'il puisse faire à peu près tout ce qui est autorisé, est généralement attendu à se marier assez tôt pour, hmm, passer aux choses sérieuses.

Bilbo n'était pas très doué pour expliquer ces choses-là - après tout, il était un dragon avant d'être un hobbit, et avait appris les traditions de ces derniers sur le tas. Les siennes, celles des dragons et vouivres, ne marchaient pas du tout d'une telle manière et il se retrouvait coincé entre les deux, sans savoir laquelle il appliquerait si ce jour chanceux arrivait un jour, bien qu'il en doute, car il n'était pas au goût des hobbits à cause de sa joie pour l'aventure, et ne parlons même pas des dragons, dont il était persuadé que le seul représentant mis à part lui, n'était nulle autre que Smaug.

- Et qu'en est-il des cadeaux ? demanda Tauriel.

- Oh oui, les cadeaux ! Eh bien, il est coutume d'offrir des fleurs, parfois même des objets réalisés soit-même, ce qui est infiniment plus personnel et recherché, si vous voulez mon avis.

- Et pour vous ? demanda-t-elle, intrigué. Qu'aimeriez-vous recevoir ?

Bilbo, un peu surprit de la question, fronça un peu les sourcils - si il ne savait pas que Tauriel semblait intéressée par Kili, il aurait pensé qu'elle tentait de mieux le connaître pour lui faire un cadeau, mais en cet instant, cela ressemblait davantage à une curiosité maladive de sa part, et cela l'attendrit plus que de raison.

- J'apprécie énormément les géodes, avoua-t-il avec un sourire gêné. En particulier le Bismuth, dont les cristaux figés ressemblent aux bâtiments d'une ville arc-en-ciel - ma mère m'en rapportait parfois, il y a bien longtemps.

Le dragon à l'intérieur de lui approuva d'un grondement - voilà bien longtemps qu'il l'avait pas vu de bismuth, unique cadeau de sa mère, quelques jours avant qu'elle ne soit traquée et tuée. Il avait perdu la géode dans la bataille, mais cela restait un beau souvenir qu'il ne voulait pas oublier. Remarquant son air peiné, Tauriel se sentit soudainement coupable et s'excusa mais il secoua la tête, avant de faire remarquer :

- Ce n'est rien, tout cela était il y a bien longtemps. Il ne sert à rien de se perdre dans le passé, alors que nous avons l'entièreté de l'avenir à portée de main.

Remarquant que beaucoup de monde semblait silencieux, Bilbo regarda autour de lui et remarqua que les nains écoutaient leur discussion avec beaucoup d'attention, et il fronça légèrement les sourcils, surpris d'être ainsi fixé.

- Vous ralentissez la marche, souffla Legolas d'un ton sec, en voyant qu'ils n'avançaient plus.

Le cambrioleur détourna les yeux de la compagnie et fixa l'elfe blond, et le regard mauvais que ce dernier jetait sur lui - il n'y avait pas de doute sur le fait que Legolas semblait savoir qu'il était un dragon, vu l'air suspicieux, et la main crispée sur son arme en permanence. Soupirant, il secoua la tête et fit remarquer au fils de Thranduil :

- Ce n'est pas la peine d'être aussi rigide, maître elfe. Je ne vous ferais rien de mal.

Legolas se contenta de plisser les yeux, montrant clairement qu'il ne le croyait pas et Bilbo souffla du nez, agacé, avant de reprendre la route, laissant Tauriel revenir auprès du prince qui semblait lui faire une remarque désobligeante en elfique, tandis que Thorin venait jusqu'à lui, marchant à son niveau.

- Je ne pensais pas que vous aimiez les pierres précieuses, souffla-t-il après quelques minutes de marche, lui jetant un regard en coin. Vous n'en donnez pas l'impression.

Le cambrioleur se tourna vers lui, légèrement gêné. Si il ne semblait pas être un dragon affamé de trésors, cela lui convenait très bien, mais il savait aussi que la seule raison pour laquelle cela ne se remarquait pas était l'absence flagrante du moindre objet de valeur depuis le début de leur voyage. La seule chose constituée d'or qu'il y avait ici étaient les perles tressées dans les cheveux du roi et il avait réussi à se contrôler en les voyant la première fois, tant et si bien qu'elles n'avaient plus autant d'attrait à ses yeux.

- Ce- ce n'est qu'une préférence personnelle en matière de cadeaux de courtoisie, je ne pense pas que cela ait une grande importance, fit-il, haussant les épaules par la même occasion.

- C'est toujours une information intéressante à savoir, répliqua Thorin, et cela fit chanceler le dragon qui se sentit plus que déstabilisé.

Que sous-entendait le roi ainsi ?! Il ne pouvait pas dire cela, alors que le dragon caché à l'intérieur du hobbit, soudainement intéressé par la discussion, s'agitait avec force.

Bilbo savait que l'esprit à l'intérieur de lui, avait été intéressé par le nain depuis le début - après tout, il avait repéré bien malgré lui la beauté de Thorin malgré son caractère plus que détestable de prime abord - mais de là à le voir comme son Coeur d'écailles ?! C'était tout simplement ridicule, et il força cette pensée hors de son esprit, refusant de la regarder de plus près. Ils avaient des choses bien plus importantes à pensée, comme le fait qu'ils allaient bientôt arriver à la montagne solitaire, dans quelques jours tout au plus une semaine, et qu'il allait se retrouver face à Smaug.

En repensant au dragon, le hobbit retint une grimace - il avait beau tourner cette information dans tous les sens, il ne savait toujours pas comment il allait agir face à la créature, et surtout, comme cette dernière allait réagir en le voyant. Il était peu probable que Smaug l'accueille avec joie, car il possédait le plus gros des trésors de la Terre du Milieu, et serait bien trop inquiet à l'idée de voir Bilbo tenter de lui voler. Il espérait pouvoir amadouer le dragon, mais il n'était sûr de rien.

Chassant cette pensée de son esprit, le cambrioleur revint à la discussion avec Thorin, qui continuait d'avancer à ses côtés. Il hésita un instant avant de finalement demander, intrigué :

- Vous m'avez entendu raconter à Tauriel comment cela se passait dans la Comté. Mais qu'en est-il des nains ?

- Ce n'est rien de bien compliqué, la manière la plus courante de courtiser quelqu'un étant en créant une arme de parade, la plus belle qu'il soit, un bijou, ou de construire directement un endroit qui pourrait être considéré comme habitable pour le futur couple. Il y a beaucoup d'autres choses à savoir, mais je ne pense pas que cela soit si intéressant pour vous.

- En effet, s'obligea à répondre le hobbit, alors que l'esprit de son dragon rugissait de protestation, absolument pas d'accord avec lui, cherchant à en savoir le plus possible.

Ces paroles semblèrent atteindre Thorin, bien qu'il ne le montra pas et il détourna les yeux avant de retourner auprès de Balin, entamant une discussion en Khûzdul incompréhensible pour le pauvre cambrioleur. Ce dernier fronça les sourcils, se demandant si il avait dit quelque chose de mal pour voir le roi agir aussi soudainement, et sursauta en voyant Fili et Kili se placer de chaque côté de lui alors que la frontière de la forêt était quasiment visible, semblant vouloir discuter à leur tour avec lui.

- Bilbo, vous êtes incroyablement stupide, lâcha le plus jeune des deux avec un haussement de sourcils qui semblait presque accusateur.

- Que- pourquoi donc ?! demanda le hobbit d'un air frustré, sans comprendre la raison d'une telle remarque.

Kili se contenta de secouer la tête d'un air désolé, et Fili fit une grimace. Leur pauvre oncle ne savait pas où il en était de sa relation avec le hobbit, et il en était de même pour ce dernier, tant et si bien qu'ils avaient l'air ridicules, avec leurs discussions sans queue ni tête. Une chose était sûre - ces deux-là allaient avoir besoin d'aide !


Commentaire d'auteur :

Et voilà ! J'espère tout d'abord que ce nouveau chapitre vous a plu, comme d'habitude !

Eh oui, il semblerait que notre cher hobbit ne soit pas pressé de rentrer chez lui, voir même ne compte pas y retourner du tout ! :p J'ai également parlé des coutumes et autre, j'ai décidé de changer un peu de ce que l'on voit d'habitude, rien qu'un peu, et je trouve que ce n'est pas trop mal ainsi !

Je n'ai rien de plus à dire donc j'en profite pour vous remercier une fois encore pour vos reviews, vous êtes super nombreux à prendre le temps d'en laisser une chaque semaine ou de temps à autre et c'est vraiment gentil de votre part, alors merci encore ! :)

Bien, le tour des sujets est fait alors je vous fait des bisous, et profitez bien des fêtes ! :) On se retrouve donc samedi dans trois jours pour le chapitre huit !