Auteure: Tch0upi

Disclamer: Les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto

Pairing: NaruSasu, peut-être d'autres.

Rating: T (pour violence et possibles scènes explicites)


Double Tranchant

Chapitre 9


Itachi étudia minutieusement le badge au nom de son petit frère. Il leva un air indéchiffrable vers son cadet, qui venait d'entrer officiellement dans les rangs de la police municipale, après avoir complété avec brio l'école de gendarmerie. Il était un jeune patrouilleur d'à peine 20 ans, rempli de talent et même le lieutenant du commissariat, Kakashi Hatake, qui était l'un des meilleurs flics tous grades confondus, ne pouvait nier que le plus jeune de la fratrie Uchiwa était voué à une grande carrière.

- Alors ?

- Une pâle copie de son grand frère, marmonna Itachi avec un rictus.

Sasuke le bouscula, certes sans pouvoir retenir le rire tonitruant qui s'échappa de sa bouche.

- Hey ! Avoue que t'es jaloux, en fait. J'ai complété l'école de police plus rapidement d'un mois que toi.

- Ouais, c'est ça, cause toujours.

Itachi, brillant sergent-détective, était l'homme que Sasuke admirait le plus, et ce depuis toujours – malgré sa nonchalance et le fait qu'il était le frère le plus casse-pied de tous les temps.

Même s'il était six ans son aîné, leur relation avait toujours été solide, soudée par un amour fraternel sans pareil. Encore plus depuis la mort de leurs parents, déjà presque quatre ans auparavant. Ce sombre événement les avait rapprochés plus que jamais.

C'était d'ailleurs l'une des raisons qui avaient poussé Sasuke à devenir policier. À part son sens de la morale développé, sa dévotion pour la justice et son puissant sentiment de protection envers les plus vulnérables, voir ses parents mourir à cause d'imbéciles ivrognes qui n'avaient pas eu assez de jugement pour prendre un foutu taxi… Ça l'avait convaincu de devenir un fier défenseur des lois. En plus, son père et son frère avant lui avaient été des policiers. Son sentiment de fierté en était encore plus inébranlable.

Itachi se détourna et s'engagea dans le couloir du commissariat qui menait à l'aire des bureaux. Même s'il avait cette habitude de l'agacer pour s'amuser, Sasuke savait reconnaître la fierté dans les yeux noir d'Itachi. Celui-ci n'avait pas spécialement montré son engouement quand Sasuke avait décidé de suivre ses pas et ceux de leur père, ni même encouragé son cadet plus que nécessaire, et Sasuke savait pourquoi. Itachi était surprotecteur. Il l'avait toujours été, considérant son cadet comme plus précieux que la prunelle de ses yeux. Malgré tout, Sasuke savait qu'il était fier de lui.

Habillé d'un splendide costume très élégant, avec son badge qui était accroché à sa ceinture, Sasuke lui devait revêtir l'uniforme – il était un patrouilleur, après tout. Et même si Itachi s'était tourné vers les enquêtes majeurs, et même s'il était en totale admiration devant son travail incroyablement impressionnant (et nécessaire), Sasuke préférait l'action de la rue.

- Tu sais que tu ne peux pas rester collé à mes basques, Sas'ke ? s'enquit Itachi tandis qu'ils marchaient tous deux à travers le poste.

- Je sais, je vais rejoindre mon superviseur, t'en fais pas.

- Étant ton frère, qui travaille dans la même unité, tu comprends…

- Bien sûr. Le protocole, tout ça…

Ils arrivèrent aux bureaux. Itachi se dirigea vers son ordinateur, à côté duquel il s'empara d'un dossier. Sasuke se planta à ses côtés, après avoir balayé la salle du regard. Son superviseur n'était nulle part en vue. Il ne connaissait pas encore les lieux, et s'il s'aventurait par lui-même, il risquait de ne pas retrouver son chemin. Son superviseur lui avait bel et bien demandé de l'attendre ici.

- C'est quoi, cette affaire ? demanda-t-il lorsqu'il vit les sourcils de son frère se froncer gravement.

Itachi sembla soudain bien songeur. Il leva un œil vers Sasuke.

- Une enquête vraiment complexe… à laquelle tu ne devrais pas te soucier.

Sasuke soupira.

- Je t'en prie, Ita. Je ne suis plus un gosse. Je suis flic, moi aussi, maintenant, au cas où ça t'aurait passé sous le nez. Si jamais je vois ou entends un truc dans la rue, lors de mes rondes, je pourrais peut-être t'aider, on sait jamais…

Le regard que lui envoya ensuite son frère le fit douter. Il fixa son jeune frère intensément, comme s'il pesait le pour et le contre. Finalement, au bout d'un instant, il soupira.

- Tu n'es pas prêt pour cette enquête. Ton job, Sasuke, c'est d'arrêter les voleurs et les chauffards. Moi, c'est de démanteler des organisations criminelles. On ne joue pas dans la même ligue.

Sasuke leva les yeux au ciel. Pas de chance… Itachi le traitait toujours et encore comme un enfant. D'un autre côté, il avait raison. Sasuke aimait l'action. Il aimait agir concrètement. Rester assis derrière un bureau à faire des appels et à démystifier des indices pour faire avancer une enquête… ce n'était pas trop son truc. En fait, ce n'était pas du tout son truc.

- Itachi ! lança une agente en s'approchant. Le jeune homme que tu as fait appeler est là.

Les deux frères pivotèrent pour voir arriver l'agente, qui escortait un garçon aux longs cheveux blonds. Il portait un manteau en tweed et un bonnet. De la neige saupoudrait ses épaules et son foulard cachait le menton et la bouche, mais il était évident que cet individu était un adolescent. Seize, ou alors dix-sept ans, tout au plus. Le plus évident, c'était que ce n'était pas la première fois que Sasuke le voyait au poste. Il l'avait croisé la semaine dernière, alors qu'il était venu chercher ses affaires, son uniforme, son badge et son emploi du temps pour sa première semaine de travail.

Ce blondinet s'était trouvé en salle d'interrogatoire, avec nulle autre que le sergent Itachi Uchiwa.

Sasuke leva un sourcil en voyant les yeux de son aîné s'illuminer. Ce dernier esquissa un grand sourire dirigé vers l'adolescent, puis glissa le dossier sous son aisselle.

- Merci, Kurenaï ! J'arrive tout de suite.

Sasuke le retint d'une main autour de son bras.

- Attends une minute, 'spèce de pervers. Il est pas un peu jeune pour toi, celui-là ?

Itachi avait 27 ans. Le gosse, pas plus de 17 !

- Qu'est-ce que tu insinues au juste, Sasuke ?

- C'est pas la première fois que tu invites des témoins à sortir. Je dois te rappeler que c'est illégal, en plus ?

Itachi réajusta son col, l'air pas du tout perturbé par les propos de son petit frère.

- Relaxe, Sasuke. On ne sort pas. Il a été placé sous protection policière et il va me parler plus en profondeur au sujet d'un proxénète qui œuvre dans son quartier. Tu vois ? Je t'en ai déjà bien trop dit. Oh et, le gamin va avoir 18 ans dans moins d'un mois. Je ne fais rien d'illégal. Rassuré ?

Sasuke secoua la tête.

- Vraiment, t'as aucune classe mon vieux, s'importuna-t-il.

Mais Itachi ne lui rendit qu'un sourire moqueur et malicieux ainsi qu'une réplique comme lui seul savait les concocter :

- C'est toujours mieux que d'avoir absolument aucune vie sexuelle ! A plus, et ne rentre pas trop tard, poussin !

Sasuke ouvrit la bouche sous le choc et le cran de son frère.

- Qu'est-ce que…

Itachi s'était déjà éloigné.

Depuis, quatre ans s'étaient écoulés, mais Sasuke voyait encore, sous ses paupières closes, le dos de son frère, alors qu'il marchait vers le mystérieux garçon aux cheveux blonds. Comme si c'était hier.

Il n'avait jamais su grand-chose des histoires de cœur de son frère. Mais il savait que son frère était ouvertement bisexuel, et qu'il était friand d'aventures. Des aventures de toutes sortes. Même avec d'anciens témoins de ses enquêtes. Même avec des gens beaucoup plus vieux ou beaucoup plus jeunes. Pour lui, ça ne changeait rien, et parfois ça ajoutait même du piquant. Itachi attirait les hommes et les femmes comme un foutu trou noir.

Alors ce gamin… était-ce le même ? Avait-il connu Itachi ? Savait-il quelque chose sur sa mort ? Ça expliquerait pourquoi Kisame Hoshigaki, le meurtrier de son frère, avait essayé de le passer. La même rengaine qu'avec Konan, qui, se souvenait Sasuke, avait été sur le point de parler à la police.

Sasuke releva les yeux de son écran d'ordinateur. Bien installé dans son canapé, habillé d'un confortable pyjama constitué d'un pantalon jogging vieux de cent ans et d'un chandail molleton d'un noir d'encre, il était en pleine rédaction du rapport à propos du kidnapping de la veille.

Mais ce n'était pas facile quand un mec diablement sexy, dégoulinant de sueur et ne portant absolument aucun vêtement autre qu'un short très court, était en pleine séance de pompes à même le plancher de son salon.

- Vingt-deux, vingt-trois, vingt-quatre… comptait Naruto à bout de souffle, alors que son corps musclé montait et redescendait.

Sasuke ravala sa salive, détaillant la forme de ses épaules, son dos délicieusement courbé à la chute des reins. Son fessier indéniablement musclé et bombé, qui faisait envie. Naruto avait une musculature beaucoup trop impressionnante, un contrôle du corps qui suggérait un entraînement sévère. Étant policier, et étant lui-même en grande forme physique, soumis à des entraînements musculaires réguliers, Sasuke savait très bien ce qu'il fallait pour ressembler à… à ça. Bon sang, Naruto faisait passer Sasuke pour un gringalet alors que sa musculature n'avait pourtant rien à envier à quiconque !

Sa peau bronzée, reluisante de transpiration, son visage rougi par l'effort, son expression douloureuse alors qu'il tentait de pousser ses limites…

Il crut perdre définitivement le nord lorsque Naruto balança un bras dans son dos et continua ses pompes à une main. Il était accro aux petits bruits essoufflés que le blond poussait durant ses exercices… accro aux contractions de chacun des muscles de son corps, et ce n'était pas bon pour lui. Pas alors qu'il essayait de garder la tête froide.

- Rappelle-moi pourquoi tu ne peux pas faire ça à la salle de gym ? se plaignit-il, en véritable bougon. Ou chez toi… ?

Naruto lui adressa un rictus séducteur qui fit monter la température d'au moins vingt degrés. Sasuke déglutit une nouvelle fois, agrippant son ordinateur portable, en équilibre sur ses cuisses.

Puis, le blond reposa ses genoux par terre et se redressa en attrapant une serviette pour s'essuyer la figure. Il était essoufflé, en sueur, et rouge. Sasuke laissa dériver son regard vers les abdominaux découpés, d'où ruisselaient des gouttes qu'il parvint à suivre. Ce corps était une œuvre d'art… une œuvre d'art au milieu de son salon, qu'il pouvait contempler autant qu'il le voulait.

- Parce que tu adores me regarder m'entraîner, et qui suis-je pour te priver du spectacle ?

- Ce n'est pas ce que j'avais en tête quand j'ai accepté que tu passes le weekend chez moi… bouda Sasuke en réfugiant son regard sur le seul endroit sain et sauf : l'écran morne et ennuyante de son ordinateur.

- Tu sais que t'es vraiment trop mignon avec tes lunettes ?

Sasuke piqua un fard monumental. La réplique de Naruto venait de lui rappeler qu'il avait encore ces monstruosités sur le bout du nez. De vieilles lunettes qu'il ne portait qu'à l'abri des regards quand il lisait ou qu'il travaillait sur son ordinateur, et qui lui redonnaient son vieil air d'intello qu'il avait arboré toute son adolescence. Mais jamais, au grand jamais il ne les portait en public !

D'un geste maladroit et brusque, il attrapa la monture et la jeta de côté.

- Tu me déconcentres, l'accusa Sasuke.

- T'as du travail ? demanda Naruto en se relevant enfin.

Debout, il était encore doublement impressionnant.

- Non, je m'amuse comme un petit fou. Bien sûr que j'ai du travail ! Je dois rédiger un rapport et…

L'ombre du blond s'approcha de plus en plus du canapé, l'enveloppant tout entier. Sasuke leva la tête, juste à temps pour voir Naruto penché vers lui, les deux bras autour de lui comme pour le coincer là où il était. Son genou s'enfonça également dans le coussin juste à côté de sa cuisse.

- Naruto, tu es couvert de sueur…

- Rien à foutre…

Et lui non plus n'en avait que faire, songea Sasuke en laissant son regard descendre de nouveau vers la gorge du blond, vers sa mâchoire d'acier, où il décelait quelques poils blonds. Il n'avait jamais été très attiré par les barbes. Mais Naruto était Naruto. Ça expliquait tout. Il n'y avait rien qu'il n'aimait pas de son corps, même ses imperfections.

Il laissa son regard s'aventurer vers le torse, les pectoraux gonflés par l'effort physique. Les mamelons roses qu'il avait envie de toucher entre ses doigts…

- Sasuke, l'appela le blond.

Le jeune sergent releva la tête, et faillit sursauter lorsqu'il constata que son amant était encore plus proche. Si près qu'il pouvait sentir son souffle sur sa bouche. Ses yeux bleus étaient si beaux, bon Dieu pourquoi étaient-ils si beaux ? Sasuke y plongea corps et âme, toutes questions et toutes incertitudes reléguées au fond de son esprit. Les mains du blond lui prit son ordinateur et le posa à côté, afin de se placer contre lui, entre ses jambes qu'il écarta doucement, sans même que Sasuke ne s'en rende compte. C'était comme si son corps bougeait tout seul…

- Il faut vraiment que je bosse… murmura Sasuke.

Il leva une main qu'il posa sans pouvoir se contrôler sur la joue légèrement rugueuse de Naruto, mais également moite et chaude. Ses doigts à lui étaient tout froids contre la chaleur du plus vieux.

- Hm-hm…

- Naruto…

Les lèvres du blond capturèrent les siennes et tout partit en vrille. Son cœur s'emballa d'un coup, comme ça arrivait lors de la première descente la plus apique d'une montagne russe. Il crut tomber dans le vide, son ventre se retourna, il inspira par le nez et s'accrocha aux épaules de son amant comme s'il venait de se jeter dans une bataille – perdue d'avance – contre la gravité.

Le baiser s'approfondit et bientôt, Naruto força ses lèvres à s'ouvrir et Sasuke n'avait tout bonnement pas ce qu'il fallait pour résister. Il tentait de garder la tête froide, mais un incendie était déjà allumé dans son corps.

Il embrassa Naruto – ou plutôt, il se laissa embrasser, puisque le blond contrôlait cet échange. Comme d'habitude, Naruto contrôlait tout, jusqu'aux sensations, aux frissons qui secouèrent son corps. C'était passionné, langoureux. Sasuke n'arrivait pas à croire qu'un simple baiser pouvait le retourner autant. Il n'était plus un adolescent ! Et en plus, Sasuke avait déjà goûté au fruit défendu dans son entièreté, il avait déjà goûté au corps de Naruto, ils avaient déjà fait l'amour, alors pourquoi était-il si impatient, si incapable de se retenir ?

Il gémit tout bas de frustration, lorsque Naruto rompit le baiser. Le plus vieux enfouit ensuite sa bouche au creux du cou pâle, où il déposa une ribambelle de petits baisers, dont une belle sucette qui laissa une légère marque rose foncé.

- Hey…souffla Sasuke.

Mais Naruto, sourd à ses appels, continua à embrasser sa peau, tirant un peu sur le chandail d'un noir d'encre, afin de dénuder son épaule. En même temps, il glissa ses grandes mains sous les cuisses de Sasuke, attirant ses jambes autour de sa taille. Bientôt, Sasuke se sentit soulever, et de nouveau, il sentit un grand vertige.

Naruto le prit dans ses bras, comme s'il était un simple petit oiseau à peine plus lourd qu'une plume ou deux. Il les manœuvra de manière que Naruto soit celui à être assis bien au fond des coussins du canapé, acceptant le poids de Sasuke sur lui. Sasuke se retrouva à cheval sur le bassin de Naruto, et cette nouvelle position amena de nouvelles couleurs à son visage.

Et avant qu'il ne puisse dire quoique ce soit, Naruto replongeait dans sa bouche. Ce nouveau baiser fut tout aussi enflammé que le précédent. La passion s'infiltra dans chacun des pores de sa peau, ravageant tout sur son passage. Sasuke continuait à lutter, mais il échouait misérablement. Quelque part au fond de sa tête, il pensait à Sasori qui menait sa petite enquête, à savoir si Naruto était connu dans la rue, à savoir qui il était vraiment. Et son cœur battait la chamade à cette pensée, autant par le fait que c'était malhonnête, que par les possibles découvertes qu'il y ferait. Quelle meilleure distraction que de dévorer ces fabuleuses lèvres charnues ? Alors Sasuke s'abandonna…

Les mains pâles du sergent caressèrent la nuque bronzée, introduisit ses mains dans les cheveux blonds, tandis que Naruto agrippa ses hanches.

Doucement, presque inconsciemment, les deux hommes s'étaient mis à bouger leurs bassins ensemble. Lorsqu'il réalisa ce doux mouvement plus que suggestif, Sasuke crut défaillir, en même temps que ses joues devinrent encore plus rouges. Pourtant, ils l'avaient déjà fait. Ils étaient déjà passés à l'acte, pourquoi réagissait-il comme une pauvre vierge effarouchée ? Le pouvoir qu'exerçait Naruto sur lui était grandiose. C'était excitant, c'était provoquant, c'était addictif !

Il était déjà dur, évidemment. Son entrejambe n'avait pas la même résistance à ces sensations délicieuses que pouvait l'avoir son esprit entêté. Ce qui était encore plus évident, c'était que Naruto l'était aussi, si l'immense bosse dur qu'il sentait contre ses fesses était un indicatif. La façon dont ils se trémoussaient ensemble… Ils étaient tout habillés et pourtant… c'était comme s'il imaginait parfaitement le contact de sa peau chaude.

- Naruto… chuchota Sasuke en séparant ses lèvres.

- Désolé, souffla celui-ci. Je vais trop vite… ?

Sasuke fit glisser ses bras le long des épaules larges et vint poser son front contre celui de Naruto. Il fit cesser leurs va-et-vient sexuels et se blottit dans les bras du blond.

- J'arrive pas à…je…

Il se mordilla la lèvre et replongea dans les yeux bleus ensorcelants.

- Tu es comme une drogue, Naruto…

- C'est bien la première fois qu'on me la sort, celle-là, susurra-t-il, en glissant une mèche derrière l'oreille du sergent.

Sasuke ferma les yeux, ne faisant qu'apprécier l'instant présent. Naruto avait visiblement envie de lui, envie de lui faire l'amour passionnément. Sasuke arrivait à le percevoir, c'était un désir puissant qui teintait l'air, qui remplissait la pièce de phéromones et de tension sexuelle lourde. Il le savait aussi parce qu'il était également un homme et parce qu'il ressentait exactement la même envie.

Mais son sang était encore tiède dans ses veines. Il penchait encore trop du côté de la raison pour chavirer. Naruto ne savait sûrement rien de ses tumultes internes. Tout ce qu'il savait, c'était qu'ils n'allaient pas baiser, là, tout de suite. Et pourtant, Naruto restait près de lui, il gardait ses bras solidement autour de lui et il respirait doucement avec lui. Juste tous les deux, comme ça, c'était un moment si doux… qui n'avait rien de sexuel dans son essence. Et ce même s'ils l'avaient pratiquement fait à travers leurs vêtements…Comme une évidence, Sasuke eut l'impression de vivre un tendre moment de couple.

Je ne peux pas tomber amoureux, je ne PEUX pas, se répéta-t-il presque au bord de la panique. Pas tout de suite, pas aussi facilement !

Mais peut-être que c'était déjà trop tard.

- Ça va ? vint le bas murmure de Naruto.

Sasuke rouvrit les paupières.

- Je suis sérieux, répondit le policier. Je suis incapable de te résister… incapable de me détourner… Je suis comme un fichu moustique qui vole sans cesse autour d'une flamme, incontestablement attiré par sa chaleur. Quoique je fasse, je reviens toujours dans tes bras, même si je risque de m'y brûler. C'est stupide…

Naruto fronça doucement les sourcils. Presque imperceptiblement, Naruto resserra sa prise autour de lui. À nouveau, il dégagea ses cheveux de son visage, afin de mieux le regarder et à nouveau, Sasuke se sentit en parfaite sécurité.

- Pourquoi penses-tu te brûler, si tu venais trop près ?

Sasuke ouvrit les lèvres – et ce même s'il n'avait aucune idée de ce qu'il devait dire au blond.

- J'ignore ce qui te retient, continua son amant. Peut-être qu'on ne se connaît pas suffisamment, et ça je peux le comprendre. Tu as peur de t'ouvrir trop vite. Mais Sasuke, je ne te ferai jamais le moindre mal. Jamais, d'accord ?

Son cœur loupa un battement.

Oh oui, pensa Sasuke.

Il était trop tard.

Lentement, Sasuke se redressa, recula et s'éloigna du blond – à regret. Naruto, toujours installé sur le canapé, lui envoya un regard rempli de chaleur et de douceur, l'observant en silence se remettre debout.

- Je… hum, je dois vraiment bosser, s'excusa-t-il. En plus, il est bientôt l'heure de préparer le dîner…

Il était si nerveux, ses mains étaient moites et ses jambes flageolantes. Comment était-ce arrivé, en si peu de temps ? C'était pas croyable…

Naruto se leva à son tour. Une fois debout à côté de lui, le dépassant de plusieurs centimètres, il demanda :

- Tu veux que je m'en occupe ?

- Non, ça ira, je…

- Je gère, Sasuke, t'inquiète. C'est moi qui me suis invité alors je vais donner un coup de main ! Laisse-moi prendre une douche rapide et je me mets aux chaudrons !

Sasuke crut s'évanouir. Des images du blond sous la douche, et maintenant des images de lui à la cuisine en train de lui préparer son repas ! Bon sang de bonsoir ! Il n'allait pas tenir la soirée…

- Je te demanderais bien de me rejoindre, mais…

Le petit rictus aguicheur du blond se transforma un sourire tendre. Un petit rire parfaitement attirant lui échappa.

- Je respecte tes barrières, termina-t-il en l'embrassant sur la joue. Ainsi que tes limites…

- Naruto, tu sais, ce n'est pas contre toi…

- Ne t'en fais pas avec ça, Sasuke. Je ne suis pas du genre à forcer qui que ce soit. Et je te l'ai déjà dit… Tu me plais énormément. Et pas juste sexuellement. Quoique, je dois le dire, de ce côté-là, on est vraiment connectés… Mais tu me plais aussi comme personne. Sans blagues. Moi non plus, je ne veux pas tout gâcher.

Sasuke réfléchit à ses paroles même lorsque le jeune blond eut disparu à la salle de bain. Il écouta l'eau qui ruisselait sous la douche et put souffler enfin.

Il abandonna son ordinateur au salon – il n'y avait aucune chance qu'il soit capable de se concentrer pour terminer maintenant. Mais comme son rapport était dû pour lundi matin, alors il avait encore le temps.

Sasuke se passa une main sur le front. Il tenta de refroidir ses ardeurs. Mais ce moment entre eux avait été magique, chaud, bouillant, et avait été indéniable dans son esprit. Naruto était sous sa peau, il s'était infiltré dans son cœur, dans son corps, dans son âme. Il ne pouvait plus s'en débarrasser. Il ne pouvait qu'espérer que Sasori ne trouve rien de gênant. Et peut-être qu'il pourrait se contenter de faire confiance à Naruto ? Peut-être qu'il était juste baraqué comme ça parce qu'il était un adepte d'entraînement musculaire. Ce n'était pas un crime, non ? Un athlète n'était pas forcément un flic infiltré.

Mais non.

Il y avait autre chose… son intuition ne mentait que rarement.

Sasuke poussa un nouveau soupir monumental. Il fallait qu'il trouve un moyen d'éclaircir ses idées. Il en allait de sa santé mentale.

Il se dirigea vers la cuisine de son appartement. Naruto s'était gentiment offert pour faire à manger, mais Sasuke se dit qu'il pouvait bien l'aider à sortir ce qu'il fallait. Il avait un restant de pâtes à faire cuire et quelques ingrédients pour préparer la sauce.

Alors qu'il était en train de disposer les aliments sur le comptoir, Sasuke remarqua le carton encore sur la table, celui qui contenant les affaires d'Itachi. Il s'arrêta un moment, se souvenant de ce qu'il y avait trouvé avant son premier rendez-vous avec Naruto.

Et si… il y avait autre chose le concernant ? Sasuke se mordit la lèvre, pesant le pour et le contre. Il jeta un regard vers le couloir, mais la porte de la salle de bain était encore fermée et le bruit de l'eau se faisait entendre, signe que Naruto était bien sous le jet.

Abandonnant les pâtes et les chaudrons, Sasuke contourna le comptoir et s'approcha de la table. Il ouvrit le carton qu'il avait laissé là il y avait un peu plus d'une semaine. Il ne savait pas exactement ce qu'il cherchait. Itachi avait disparu si subitement. Il avait tout laissé en plan. Sa vie, ses amours, son frère… ses enquêtes. Son enquête. Et si Sasuke était celui qui était désormais destiné à poursuivre son travail ? Il se souvenait de sa voix… « Tu n'es pas prêt pour cette enquête, Sasuke. »

Qu'est-ce que tu voulais dire, grand-frère ? Suis-je prêt, aujourd'hui ?

Sasuke soupira en ressortant des papiers sans importance. Des contrats, de vieilles factures, relevés de comptes d'électricité et autres. Sasuke trouva même d'anciennes lettres d'amour écrites par des filles. Il eut un drôle de sourire : que des filles écrivent à son frère beau comme un diable n'était pas une chose étonnante. Mais qu'Itachi les ait toutes gardées… alors ça c'était une surprise.

Le cœur de Sasuke se serra dans sa poitrine. Il n'avait pas pleuré des masses quand son frère était mort. En fait, il était devenu un véritable bloc de glace. À peine quelques buées dans le regard au moment des funérailles, le jour pluvieux où son cercueil avait été mis en terre, mais jamais de déluge. Jamais de cascades de chaudes larmes. Le ciel avait pleuré pour lui. Itachi lui manquait terriblement, oui, et cette déchirure dans sa poitrine était demeurée intacte, mais il était incapable de pleurer. Pleurer signifiait faire son deuil – chose qu'il n'avait pas fait, et qu'il ne ferait pas.

Pas tout de suite.

- Qu'est-ce que…, chuchota-t-il soudainement lorsqu'il ouvrit une pochette de plastique.

À l'intérieur, Sasuke découvrit une suite d'articles de journaux. Le premier titre lui sauta à la gorge comme une bête : « Un grave accident de voiture emporte le respecté commandant Uchiwa. »

Sasuke fronça brusquement les sourcils et tourna la page pour lire le second gros titre : « Fugaku Uchiwa, commandant de police de l'unité 47, décède avec sa femme dans une collision. »

Pourquoi Itachi avait-il gardé toutes ces pages de journaux ? Ça n'avait aucun sens !

- Je meurs de faim ! À l'attaque, chéri.

Sasuke sursauta violemment, manquant de lâcher un cri. Ses nerfs venaient d'être piqués à vif.

Naruto s'était glissé derrière le comptoir, frais et dispo. Il émanait de lui l'odeur de son propre gel pour le corps. Ses cheveux étaient encore mouillés et il portait des vêtements de rechange qu'il avait pensé à apporter.

Son sourire s'agrandit sur son visage lorsque leurs regards se croisèrent.

- Tout va bien ?

Sasuke remit la pochette de plastique où il l'avait trouvé et lâcha un souffle tremblant.

Non, ça n'allait pas.

Ça n'allait pas du tout.

- O-oui bien sûr, mentit-il cependant.


Sasori lâcha une plainte qu'il étouffa d'une main sur sa bouche et son nez, lorsqu'il poussa la porte et qu'il entra. Il se faufila dans le hall, pas plus large que lui, et se dirigea vers le salon, où il trouva le gamin. Emmitouflé dans une couverture devant la télé, Deidara se tourna vers lui quand il le vit arriver. Les deux hommes s'étaient textés durant les dernières minutes. Deidara avait écrit à l'autre son adresse et Sasori lui avait répondu une fois qu'il se trouvait en bas de son immeuble.

Il était hors de question que Deidara aille voir la police. Il avait trop peur, et puis, de toute façon, qu'est-ce que ces imbéciles en uniforme pouvaient faire pour lui ? En plus, il avait des antécédents avec la police. Et il n'avait aucune envie de resasser le passé… pas si ce passé risquait de lui coller une balle dans la cervelle. Il avait largement donné.

- C'est quoi ce putain de trou à rat ? se plaignit Sasori, une main toujours sur son nez.

- C'est mon appart', se défendit Deidara, légèrement insulté.

- C'est quoi, c't'odeur de merde ? Quelque est mort ici ou quoi ?

Deidara roula des yeux.

- Bien sûr que non. 'Fin je crois…

Il se leva du canapé, la couverture toujours autour de ses épaules. Ses longs cheveux blonds tombaient sur ses épaules et Sasori ne put s'empêcher de se demander ce qu'il fichait dans un tel appartement.

Il suivit le jeune homme vers l'étroit corridor qui menait à une chambre. Deidara ouvrit une porte et jeta un coup d'œil à l'intérieur.

- C'est mon coloc', il est complètement bourré encore une fois et j'crois qu'il a vomi.

Sasori réprima un haut-le-cœur.

- OK. Ramasse tes affaires, on se tire d'ici.

Deidara jeta vers lui une expression démesurée.

- Quoi ?

- Je n'ai pas l'intention de te surveiller dans un endroit aussi dégueulasse. Prends tes affaires et viens.

Sa patience avait ses limites, ainsi que sa tolérance. Sasori s'éclipsa vers le hall, où l'odeur pestilentielle était moins intense. Deidara hésita au départ, mais son instinct le poussa à obéir. Il disparut dans sa propre chambre et Sasori l'attendit plusieurs minutes. Lorsqu'il revint finalement, avec un sac à dos bien rempli, il l'interrogea du regard. La question lui brûlait les lèvres, si bien que Deidara finit par la poser à haute voix :

- Pourquoi tu fais tout ça pour moi ?

- En route, grommela Sasori.

Un moment plus tard, ils étaient dehors sur le trottoir et s'approchaient de la voiture de luxe du rouquin. Deidara ne put retenir l'exclamation de surprise et d'admiration. Sasori ne fit aucun commentaire, mais esquissa un fin sourire. Il n'était pas peu fier de sa superbe bagnole.

- Dis-moi, tu dois sortir dans les prochains jours ? demanda-t-il.

De l'autre côté, la main sur la portière, Deidara le fixa, confus.

- Non, pourquoi ?

- Tes cours à l'université… ?

- Le trimestre d'automne est terminé. Je n'ai pas cours avant fin janvier.

- Parfait, c'est tout ce que je voulais savoir.

- T'es en train de me kidnapper ?

- Non, je t'offre une protection, idiot. Encore plus efficace que celle de la police, je t'assure.

Deidara haussa les sourcils, réfléchissant un moment. Puis, il haussa les épaules.

- Eh bien, en selle, mon capitaine !

Sasori pouffa doucement. Deidara monta dans sa voiture et il en fit de même.


Sasuke s'était depuis presque deux heures maintenant plongé dans ses pensées, admirant avec affection le visage de Naruto, endormi sur son canapé. Assis à même le parquet, près de la table basse, il réfléchissait à ce qu'il avait trouvé un peu plus tôt. Il aurait pu se blottir contre Naruto et profiter de la soirée, profiter de cette nouvelle relation qui, pour l'instant, était plutôt promettante. Sasuke n'avait jamais vécu rien d'aussi beau, avec personne. Itachi le taquinait souvent, de son apparente absence de vie sexuelle, même de son absence de vie amoureuse. Mais c'était une réalité.

Après tout, plus jeune, il était extrêmement réservé. Il ne s'était jamais considéré comme beau ou attirant, au lycée. Affublé de grosses lunettes, il ne donnait pas envie, bien qu'il ait eu de nombreuses admiratrices malgré tout, car il lui arrivait de se dévoiler la figure en cours de sport par exemple. Il était le genre d'adolescent pas particulièrement prompt à se joindre à un groupe social.

Du coup, il n'avait pas beaucoup d'amis, et pas beaucoup d'opportunités amoureuses, sans parler de son orientation sexuelle. Si les filles arrivaient à percer son tempérament calme, son visage doux et sa timidité et voyaient chez lui un idéal, un petit ami parfait, pour ce qui était des garçons, c'était bien différent. Il avait eu des petits amis mais qui se comptaient sur les doigts d'une seule main. Ses expériences amoureuses avaient véritablement commencé à l'âge adulte. Et si beaucoup de ses conquêtes lui avaient ouvert les portes de la sexualité, aucune étincelle n'avait jailli. Jamais… non que Sasuke ait un jour nécessairement eu le désir de tomber amoureux et de vivre une grande histoire d'amour. Ce qu'il vivait avec Naruto en ce moment, c'était… beau. Et agréable. Et cette idée de ne plus être seul lui offrait un réconfort inattendu, en même temps de lui faire miroiter l'amour qu'il avait autrefois eu pour sa famille, ses parents et son frère, et qui lui avait été cruellement arraché.

Sasuke détacha son regard de Naruto, et secoua la tête comme pour se remettre les pendules à l'heure.

Il ramena son attention sur le carton contenant les affaires d'Itachi.

Pourquoi, pourquoi y avait-il des découpures de journaux parlant de la mort de ses parents ? Ça n'avait aucun sens. Aucun. À moins que… que ça en avait un, mais qu'il lui manquait des éléments.

- Faut que j'en aie le cœur net ! souffla-t-il en bondissant sur ses pieds.

S'assurant que Naruto demeurait endormi, et glissant deux doigts contre sa joue tendrement au passage, il prit son téléphone et se réfugia à sa chambre, où il ferma la porte derrière lui. Se jetant sur son lit, il s'empressa de sélectionner parmi ses contacts le numéro du lieutenant.

Kakashi répondit après deux sonneries.

- Sasuke, est-ce que tout va bien ?

- Non. En fait, je me posais une question, et je crois que vous pourrez peut-être y répondre…

- C'est samedi soir, Sasuke. Je ne suis pas sur des heures supplémentaires là.

- Je sais, mais s'il vous plaît, c'est important…

Sasuke crut presque entendre les méninges de Kakashi se mettre en branle. Il le visualisait dans son bureau, même s'il était sans doute chez lui. Il allait s'énerver, Sasuke en était certain, comme chaque fois qu'ils survolaient le sujet de son frère.

- Bien, alors je t'écoute.

- Y a-t-il eu une enquête au sujet de la mort de mes parents ?

- Quelle mouche t'a piqué, Sasuke ?

- Répondez.

- Bien sûr que oui, comme n'importe quel événement de la sorte.

- Une enquête criminelle ?

- Non, voyons, Sasuke, tu sais comme moi que la police en est venue rapidement au constat que tes parents étaient décédés dans un accident de voiture. Tout était là, il n'y avait rien de suspect. Un très malheureux accident.

- Alors pourquoi Itachi collectionnait-il les articles de journaux parlant de cet accident ? Kakashi, mon frère ne faisait jamais rien au hasard. Rien du tout et vous le savez comme moi.

Un lourd silence résonna à l'autre bout du fil. Sasuke sentit son cœur détonner dans sa poitrine. Il avait besoin de réponses, sinon il allait devenir fou.

- Kakashi ?

- Je t'ai dit de ne pas te mêler des histoires de ton frère.

Et c'était une mise en garde. Mais si Itachi était méticuleux ; Sasuke, lui, était têtu.

- Ça n'a rien à voir avec la mort d'Itachi, cette fois, ou en fait, je ne le crois pas, même si on est jamais au bout de nos surprises dans ce genre d'enquête… Écoutez, mon lieutenant, je crois que mon frère était sur une grosse affaire, et je… Je souhaite reprendre là où il s'était arrêté. C'est interdit ?

Kakashi poussa un gros soupir.

- Sasuke. Je suis ton lieutenant, et c'est moi qui décide sur quel dossier tu dois travailler. Ceux d'Itachi, tu n'y touches pas, c'est clair ?

- Qu'est-ce qu'il peut bien y avoir d'aussi compliqué ? s'énerva Sasuke. Je suis sergent-détective aux enquêtes majeures, exactement comme lui l'était !

- Sasuke, répéta Kakashi lentement. Itachi n'était pas seul sur cette affaire. Si tu veux vraiment tout savoir, eh bien il travaillait de pair avec le gouvernement. Les services secrets. Ils ont repris tout le dossier, t'inquiète pas pour ça.

- Attendez, QUOI ? s'écria Sasuke.

- Sasuke, je t'ai dit que…

- Les services secrets ?

Tout le monde dans la police savait que les services secrets relevaient effectivement du gouvernement, et que leur implication dans quelque enquête que ce soit signifiait que c'était quelque chose de très grave. Sur quoi son frère travaillait-il ? Une simple enquête sur le crime organisé ne nécessitait pas le renfort de forces aussi puissantes et aussi hautes dans la hiérarchie policière.

- Sasuke, gronda Kakashi en élevant la voix. Je t'interdis de creuser plus loin et c'est un ordre de ton lieutenant ! Je ne veux plus en entendre un mot, c'est bien compris ?

Sasuke serra la mâchoire.

- Oui, mon lieutenant, marmonna-t-il avant de brusquement terminer l'appel.

De rage, il balança son portable sur son lit, et se prit ensuite la tête entre les mains.

Putain, Itachi, tu aurais pu me laisser plus d'indices ! Mais Itachi avait sûrement fait exprès afin qu'il ne retrouve que des miettes de son enquête. La tête qu'il avait eu ce jour-là, quand Sasuke avait posé des questions au sujet de son affaire…

Soudain, Sasuke eut une nouvelle idée. Il se rongea un ongle un court instant, avant de finalement se décider.

Il allait sûrement avoir des problèmes, si son patron apprenait ce qu'il avait dans l'idée de comploter. Oh oui, de gros problèmes.

Mais il n'y avait aucune raison qu'il l'apprenne…et puis, Sasuke s'en fichait. Si ça pouvait l'aider à faire avancer son enquête…Il n'avait aucune intention de reculer. Le mystère autour d'Itachi était opaque, de profondes ténèbres entouraient cet événement et Sasuke ne pourrait jamais tourner la page et poursuivre sa propre vie s'il ne mettait pas en lumière ce qui s'était passé ce soir-là. Il ne trouverait jamais la paix.

Quitte à perdre son travail. De toute façon, ça n'avait plus aucun sens pour lui de continuer si le meurtre de son frère demeurait irrésolu.

Bien décidé, Sasuke s'étira et récupéra son téléphone une nouvelle fois. Il fouilla sa liste de contacts avant de trouver la personne à qui il souhaitait parler.

Au bout de deux sonneries, une voix blasée, masculine, répondit en bâillant :

- Allô ?

- Shikamaru Nara ?

- Qui est-ce ?

- Sasuke. Sasuke Uchiwa.

Il entendit un vacarme de l'autre côté, comme si son protagoniste avait laissé tomber quelque chose, un objet lourd. Il entendit un vague juron. Sasuke comprenait parfaitement qu'un appel d'un sergent à cette heure un samedi soir pouvait en surprendre plus d'un au poste.

- Sergent Uchiwa ? Que puis-je…

- Écoute, Shikamaru, je sais que c'est samedi soir et que tu… tu reviens de ton congé seulement cette semaine, mais je…

Sasuke se passa la langue sur les lèvres.

- J'ai besoin de ton aide, termina-t-il.


A suivre...


Salut !

J'espère que vous avez passé un beau Noel malgré les conditions sanitaires et les distanciations sociales. Pour ma part, j'ai beaucoup écrit ! :)

Les choses avancent... J'ai bien hâte de vous entraîner dans les prochains chapitres, où véritablement les choses vont se compliquer ! ^^

Bisous et à très bientôt !

Tch0upi