Chapitre 9
Mary, did you know - Mary J. Blige
Je suis toujours aussi perdue quand je ferme la porte de ma suite au Four Seasons de Miami. Je ne sais pas bien ce qui m'a poussé à me comporter de la sorte avec mon client ce soir mais, quelque part, je ne peux le renier : il me plait. Il me plait vraiment. Peut-être même plus que ce que je suis prête à l'avouer... cependant, je n'arrive pas à l'accepter.
D'une part, parce qu'il est mon client jusqu'à la fin de la préparation de sa soirée de lancement.
D'autre part, parce que Riley est encore bien trop présent dans ma chair pour que j'accepte d'être attirée par un autre homme que lui.
Je me dirige vers la salle de bain de l'hôtel en soupirant.
J'ôte mes escarpins dans le couloir, puis décide de me faire couler un bain. J'ai vraiment besoin de me détendre et de faire le point sur ce que je ressens, et ce qu'il vient de se passer ce soir.
Mon bain me détend un peu, mais pas pleinement.
J'appréhende de devoir retourner chez mon client demain.
J'appréhende vraiment.
Me retrouver seule, avec lui à nouveau. Passer la matinée entière chez lui... je soupire, puis m'essuie les cheveux en marmonnant contre moi-même.
Je suis persuadée que, bien que je sente qu'il n'est pas totalement indifférent à la tension entre nous, il ne tentera rien. Edward Cullen à l'air d'être quelqu'un de droit... et je suis sûre, au fond de moi, que, temps qu'il me pensera en couple, il ne tentera rien. Peut-être est-ce là juste une façon de me rassurer, mais quelque chose me souffle que même si je l'attire (et surement pas autant qu'il me perturbe) il n'essaiera pas d'avoir de gestes plus intimes envers moi.
Cette réflexion apaise quelque chose dans mon ventre. Je ne veux pas lui mentir au sujet de Riley. Je ne veux pas prétendre ou soutenir devoir le rejoindre demain soir mais, quelque part, je sais que c'est la seule chose qui me protégera de mon client et des sensations qu'il fait naitre dans mon corps entier. C'est comme si… comme si cela était la seule barrière existante entre nous.
Pour l'instant, je ne suis pas prête passer par-dessus, ni même à l'envisager.
Je rejoins mon lit en trainant des pieds après avoir enfiler un t-shirt ample et un bas de jogging.
Dans les draps blancs sans parfum, je tourne pendant près d'une heure, à la recherche d'un sommeil réparateur qui ne vient pas.
J'ai peur de ce que je ressens. J'ai peur d'avoir franchi les limites que je m'étais toujours imposée. J'ai peur d'avoir trahi Riley. J'ai peur d'oublier ce que je ressentais dans ses bras à lui.
M'autoriser à penser à Riley me fait monter les larmes aux yeux.
Notre histoire défile dans le noir, serrant ma gorge à m'en faire mal quand son absence se rappelle à moi comme une vieille amie. Le froid des draps me fait frissonner alors que nos vœux passent en boucle dans mon cerveau fatigué, et que mes larmes finissent par envahir mes joues que je mords piteusement pour étouffer mes sanglots.
J'ai promis de ne jamais en aimer un autre que lui. J'ai promis de lui être fidèle jusqu'à la fin de mes jours. J'ai promis qu'aucune autre âme n'embraserait la mienne comme la sienne a pu le faire un millier de fois. J'ai promis de l'aimer à jamais.
Quand je m'éveille quelques heures plus tard, ma tête lourde me donne l'impression d'avoir été comprimée dans un étau.
Dans la salle de bain, je m'habille en silence, tentant de me réveiller tout en enfilant mon jean et mon t-shirt à manche longue. Mon style vestimentaire de ce matin détonne avec ma tenue d'hier soir -et ma robe dos nu que j'aime tant. Mais je ne peux m'habiller autrement et, pour dire vrai, je m'en fou un peu. J'ai besoin d'être à l'aise pour pouvoir installer toute la déco chez mon client. Et le faire en talons hauts est définitivement une mauvaise idée.
Dans le miroir, mon reflet aux yeux bouffis me regarde noir.
Je me passe de l'eau fraiche sur le visage, espérant que cela fasse dégonfler mes yeux avant de soupirer quand je ne vois aucune différence.
Je finis de me préparer le cœur lourd. J'ai sangloté seule dans ma suite jusqu'à ce que mon corps s'endorme, fatigué d'avoir trop pleuré.
Ce matin, j'ai la sensation d'être vide. Littéralement vide. Comme si plus rien au monde n'arriverai à apaiser la coquille vide d'espoir que je suis devenue.
J'attache mes boucles en une queue de cheval haute, puis enfile mes chaussures et quitte la suite sans prendre la peine de déjeuner. J'n'ai pas faim, de toute façon. Je doute sincèrement d'être capable d'avaler quoi que ce soit.
Il est 8h tapante quand les portes de l'ascenseur s'ouvrent chez mon client.
Je sais qu'il est levé, et ici. La concierge l'a appelé pour que je puisse monter à son étage.
Pourtant, en pénétrant dans la pièce, je me retrouve seule au milieu du salon parfaitement rangé. Ça sent bon. Un mélange de vanille et de bois précieux. Plusieurs bougies sont allumées sur la table basse, et tout l'appartement à l'air impeccable. Les rideaux des immenses baies sont tirés, créant une barrière entre le vide et moi.
J'inspire lentement en m'avançant doucement dans la pièce, essayant de tendre l'oreille pour entendre le moindre bruit. De la musique, -du piano- résonne mais il n'y a pourtant pas la moindre trace de sa présence ici.
- Monsieur Cullen ? Finis-je par demander à voix haute, brusquement incertaine de devoir faire quoi que ce soit temps que je ne l'ai pas vu.
Le silence me répond, alors que la musique s'intensifie.
Je fronce les sourcils en me souvenant de la pièce du piano -presque insonorisée. Timidement, j'avance à travers le salon et rejoins la salle à manger sur ma gauche, pestant en silence contre ma curiosité.
Je m'arrête devant la lourde porte en bois qui enferme le piano, et la douce mélodie qui s'en échappe. J'inspire lentement, puis donne deux petits coups contre le bois.
À l'intérieur, la musique continue.
Est-ce réellement lui qui joue ainsi ? Si c'est le cas, il m'a menti… Il ne se débrouille pas ! Il est carrément doué !
Les notes s'enchainent facilement, créant de longs frissons sur ma peau alors que je serre les dents, repoussant ce que je ressens. Pourquoi ne m'entend-t-il pas ? Dois-je toquer à nouveau ? Dois-je retourner dans l'entrée et attendre qu'il daigne venir me chercher ?
Je reste plusieurs secondes à attendre un signe, quelque chose pour savoir quoi faire avant que, muée par une force invisible, je repousse la porte lentement, priant pour ne pas le déranger dans un moment trop intime pour être vu, ou ne pas le mettre en colère. Je sais pourtant que ça va être le cas, obligatoirement… Je suis une inconnue qui pénètre dans son intimité sans même demander d'autorisation… mais je le fais quand même. Je ne sais pas moi-même pourquoi… je veux le faire. Je veux le voir.
Mes sermons ce stop net lorsque la vision d'Edward Cullen derrière un piano à queue s'ouvre devant moi, faisant s'arrêter brutalement mon cœur.
Le spectacle est trop beau pour que j'arrive à rester de marbre et je reste figée, perdue dans la contemplation de cet être parfait jouant merveilleusement bien.
La pièce est baignée par la lumière du début du jour, inondant son visage, et la moitié de la pièce d'une couleur douce et lumineuse. Concentré, il ne m'entend ni ne me voit... et je comprends pourquoi.
Transporté dans un monde où personne n'a l'air de pouvoir le déranger, je l'observe jouer, ses doigts virevoltant avec facilité sur les notes blanches et noires. À le voir faire ainsi, ça à l'air presque... simple. Je me souviens de mes cours de piano que ma deuxième famille d'accueil m'avait forcé à prendre : un désastre !
Je me mords la lèvre, incapable de détacher mes yeux de lui, ou de lui signaler ma présence pendant un long moment.
Quand j'arrive à enfin défaire mon regard de son visage, je me rends compte qu'il porte un t-shirt gris, et un jean brut foncé. Où est donc son costume ? Sa chemise ?
Sa vision ainsi me déglutir. Il me parait alors tellement... normal, tellement... accessible. Mes yeux caressent ses bras et les mouvements de ses doigts quelques secondes en me sentant rougir sous la pression qui nait dans mon corps à sa simple vision.
Aurai-je pensé que le voir vêtu aussi simplement le rendrait d'autant plus... attirant ?
La musique est douce, parfois plus triste, parfois plus joyeuse. C'est sublime, mais la vision de l'homme devant moi s'abandonnant totalement à ses émotions l'est d'autant plus et je ne vois plus que lui… je ne veux voir plus que lui.
Quand j'entends la mélodie prendre fin lentement, le doute s'empare de ma personne. Que dois-je faire ? M'en aller dans l'entrée sur la pointe des pieds ? Me gratter la gorge pour lui signifier ma présence ? Attendre qu'il me remarque et qu'il me cri dessus ?
Je n'ai pas le temps d'y réfléchir plus que son regard croise le mien, arrêtant brutalement les questions qui s'affolent dans mon crâne. Je m'attends à ce qu'il s'énerve, se vexe, même, mais il n'en fait rien, se contentant de me dévisager impunément, une nouvelle fois.
- Pardon je... j'ai frappé mais vous...
Ma voix s'éteint quand il se relève, toujours aussi silencieux pour me rejoindre d'un pas lent, presque mesuré. Mon cœur s'accélère quand il arrive à ma hauteur, faisant sursauter mon ventre violemment. Ce que je ressens à sa proximité est presque douloureux, et totalement ridicule ! Qui réagit ainsi ?
- Je ne vous ai pas entendue arriver, souffle-t-il simplement en fouillant mon regard.
- La… la concierge a appelé pour que je puisse monter je pensais…
- Oh, elle a dû avoir Anita, ma femme de ménage.
Sa voix chaude est accompagnée d'un très léger sourire. Celui qui est presque invisible, celui qui fait se tordre mon ventre.
Son comportement noue mon estomac et j'inspire doucement, tentant de comprendre ce que je ressens maintenant qu'il est face à moi. J'ai la sensation que ma torture d'hier soir -dans le lit de l'hôtel- n'a jamais eu lieu. Ici, maintenant, avec lui, sous la coupe de son regard... je me sens bien. Et mes questions me paraissent idiotes et sans aucun sens.
- Vous allez bien ? demande-t-il après une minute à me dévisager.
Je hoche la tête lentement, largement perturbée par la façon dont il me regarde. Voit-il que j'ai pleuré au point d'avoir au la voix cassée à mon réveil ?
- Vous avez l'air... fatiguée, remarque-t-il sérieusement.
Je baisse les yeux sur mes pieds, brutalement incapable de le regarder et d'assumer pleinement ce que je ressens devant lui. Mon cœur sursaute quand ses doigts se posent sous mon menton pour relever mon visage vers le sien.
- Ne baissez pas les yeux.
Sa voix est d'une douceur bouleversante, et ses yeux ont l'air d'avoir envie de m'insuffler toute la confiance que je peux, que je devrais avoir en lui.
Je me pince les lèvres, en proie à la chaleur qui se diffuse dans tout mon corps quand ses doigts glissent lentement de mon menton à ma joue, suivant le dessin de ma mâchoire. Je frissonne, puis repousse ce que je ressens quand sa main retombe le long de son corps. Il est mon client bordel. Mon client.
- Je ne voulais pas vous interrompre, dis-je après quelques secondes où je n'arrive plus à aligner deux mots.
Un demi-sourire étire ses lèvres, puis il me contourne, se dirigeant vers la cuisine sans un mot. Je le suis maladroitement, légèrement étourdie par son comportement.
- J'espère que votre présence ici ne pose pas de problème.
- Aucun problème monsieur, soufflé-je en le regardant ouvrir un placard pour se servir un verre d'eau.
- Votre mari viendra vous chercher à l'aéroport de NY ? Ou dois-je vous prévoir un véhicule ?
Le distance dans sa voix me glace alors que ses mots atteignent mon cœur qui se serre douloureusement. Je déglutis, tente de repousser ma douleur, en vain.
- Je... je me débrouillerai monsieur Cullen, balbutié-je en me sentant rougir furieusement.
- Edward n'est donc plus de mise, constate-t-il dans un sourire figé.
Je me mords la lèvre, incapable de contenir ma gêne et la sensation que cette conversation procure.
- Vous êtes mon client, marmotté-je en tremblant.
- J'ai donc été trop présomptueux, lâche-t-il à voix basse, comme s'il se parlait à lui-même.
Je n'ose même pas répondre, presque pétrifiée.
- Je vais devoir vous laisser préparer la salle à manger seule, m'informe-t-il après avoir bu son verre d'eau lentement sans me lâcher du regard. J'ai un tas de choses à régler qui ne peuvent attendre.
- Je... pas de problème.
- Faites comme chez vous. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je serais dans mon bureau.
Je hoche la tête, un peu larguée par sa froideur avant de me rappeler qu'il est monsieur Cullen et que je ne suis que son employée. Son comportement à l'instant est... normal. Le mien en revanche...
Je l'observe partir sans un mot de plus, figée au milieu de sa cuisine. Sa silhouette disparait par la première porte à droit du couloir menant à la partie nuit de son appartement, me laissant seule.
Je respire calmement plusieurs minutes en repoussant le malaise que je ressens. Je ne peux pas lui en vouloir d'être... ainsi, avec moi. Mon comportement avec lui est déplorable et j'ai un sourire ironique en me disant que, finalement, il fait exactement ce que je veux qu'il fasse depuis le départ de notre contrat : me traiter comme son employée.
Pendant presque deux heures, je m'évertue à décorer la salle à manger. J'installe tout ce que nous avons acheté la veille, prenant soin de m'appliquer autant que possible. À mesure que la pièce prend vie, l'appréhension monte en moi. C'est beau, certes, mais cela va-t-il lui plaire réellement ?
Je lisse la nappe rouge pourtant parfaite, puis repositionne nerveusement les bougies, les vases de fleurs séchées et les légumes d'automne -citrouille, pâtisson, butternut- miniatures que j'ai disposés ici et là.
La composition sur le buffet, assortie à celle de la table, est vraiment superbe. Je me félicite en silence d'avoir eu l'idée de mélanger des fleurs de coton aux restes des fleurs sauvages. Ça apporte de la douceur et de la légèreté, et j'adore le résultat. J'ajoute quelques fleurs orange et rouges, -les mêmes que sur la table- et recule pour regarder le résultat.
Mes sourcils se froncent en m'apercevant que la suspension de fleurs séchées entourée de guirlandes tombant au-dessus de la table n'est pas parfaitement droite. J'hésite une seconde avant de monter debout sur une chaise pour la redresser, dans un équilibre frôlant la dangerosité. Quand j'arrive à la faire se maintenir bien droite, je me redresse vivement en sentant la chaise tanguer.
Sans que je ne comprenne bien ce qu'il se passe, je tends mon bras en arrière pour maintenir mon équilibre avant de frapper vivement dans quelque chose... quelqu'un.
Un cri ridicule au possible sort de ma gorge en même temps que je perds l'équilibre et que ma victime -qui vient de se prendre un coup de poing dans le nez- geint de manière pitoyable.
En deux secondes, à même le sol, je me retrouve sur mon client, la chaise renversée à nos pieds et nos corps douloureusement échoués à même le marbre noir de la pièce.
- Putain, lâche-t-il d'une voix rauque en remontant ses mains à sa tête.
Le son que celle-ci à fait en se fracassant sur le sol résonne encore dans mon cerveau étourdit.
- Oh mon dieu ! m'écrié-je d'une voix partant dans les aigus.
Dans mon comportement de folle furieuse encore à moitié assommée par ma chute, mes mains atteignent son visage que je touche de partout, vérifiant qu'il est toujours vivant et que je n'ai pas réduit son cerveau en bouillie le jour de Thanksgiving.
- Ça s'appelle une tentative de meurtre, marmonne-t-il dans un léger sourire.
Il a l'air à l'ouest et je panique légèrement. Mon cœur va surement sortir de ma poitrine tant il bat vite.
- J'suis désolée, m'excusé-je vivement en tentant de me relever quand je me rends compte que je suis pratiquement allongée sur lui.
Ses mains atterrissent sur mes hanches, coupant mon souffle.
- Dites-le si vous voulez démissionner, je vous laisserai partir, continu-t-il, visiblement amusé par mon comportement de folle furieuse.
- J'suis désolée... je n'ai... oh non, vous saignez, m'horrifié-je en fixant mes yeux sur sa lèvre que j'ai abimée.
C'est moi qui lui ai fait ça ? Vraiment ? Quel genre de force ai-je dans les poings ?
- Vous avez une sacrée droite !
Son rire me secoue tout entière alors que je me redresse, me retrouvant assise sur ses cuisses.
- Edward ! m'offusqué-je en le regardant rire de la situation. J'vous ai blessé !
Je suis heureuse de voir qu'il est trop occupé à se moquer de moi pour remarquer que je viens de l'appeler par son prénom sans même y réfléchir.
- Ça n'est rien, cessez de paniquer !
- Vous saignez de la lèvre, ça n'est pas rien !
Il lève les yeux au ciel puis se redresse vivement, tombant nez à nez avec moi, toujours assise sur ses cuisses, incapable de bouger tant je suis choquée, et étourdie. Ses doigts atteignent sa lèvre où il essuie le sang, puis il retrouve mon visage. Je dois être écarlate. Quelle imbécile je fais !
- Je suis désolée. Je... je ne voulais pas vous blesser.
- Vous êtes sûre ? s'amuse-t-il en haussant les sourcils.
La proximité de son visage me coupe le souffle quand j'en prends conscience. Son odeur flotte autour de moi et semble s'insinuer brutalement sous ma peau, faisant s'accélérer mon cœur. C'en est presque douloureux. Je serre les dents en me disant qu'il faut vraiment que je m'éloigne. Pourtant, je ne bouge toujours pas.
- Vraiment désolée, murmuré-je encore pour cacher le trouble violent qui s'en part de moi.
Il lève les yeux au ciel alors qu'un sourire étire sa bouche. Sa lèvre est rouge là où mon point l'a cogné.
Son regard clair verrouille le mien, et mon ventre se tord alors que le désir s'insinue entre mes hanches à la tension qui explose vivement entre nous. Lève-toi Swan !
L'ensemble de son visage devient plus sérieux, accélérant mon souffle malgré moi. J'n'ai jamais ressentie une telle électricité. Jamais.
- Vous avez de la glace ? demandé-je en me relevant avec précipitation.
- Je dois avoir ça.
Debout devant lui qui me fixe sans me lâcher du regard, je ne sais plus quoi faire pendant une seconde avant de lui tendre la main bêtement.
À nouveau, son sourire moqueur étire ses lèvres -et celle que j'ai abimée. Ses doigts se mêlent aux miens dans un frisson quand il glisse sa main dans la mienne. Il se relève rapidement, puis grimace en tanguant légèrement.
- Allez-y doucement, conseillé-je en serrant ses doigts plus fort, espérant réussir à le maintenir debout malgré sa carrure -et la mienne.
Je l'emmène dans la cuisine, puis le force à s'assoir sur l'un des tabourets de l'îlot avant de lui demander où trouver de quoi le soigner.
Malgré son air moqueur, sa lèvre gonfle et les remords me secouent violemment en récupérant de la glace que je mets dans un torchon propre.
Je comprends que je vais devoir m'y coller quand, son regard ne lâchant pas le mien, il écarte légèrement les cuisses pour que je puisse me faufiler contre lui.
J'inspire profondément, tentant de calmer les tremblements de mon corps à sa proximité. C'est incroyable de ressentir tout ça. Vais-je exploser ? Sincèrement, par moment, j'en ai l'impression !
Je m'applique à poser le torchon froid sur le bas de son visage, récoltant une grimace de sa part.
- Désolée, marmonné-je encore.
Un léger sourire illumine ses yeux qui me scrutent attentivement. Sa proximité est réellement déroutante. Et son parfum… c'est presque douloureux.
- Vous n'avez pas réussi à me tuer dans la salle à manger, je pense pouvoir survivre à un morceau de glace.
Je lui lance un regard noir, tentant de refouler ce que je ressens à être aussi proche de lui.
- Ça n'a jamais été mon but, mais si vous continuez à vous moquer de moi...
- Ça n'est rien, balaye-t-il d'un mouvement de main.
Je soulève légèrement le torchon pour regarder les dégâts. Le bord de sa lèvre est tout gonflé. Ses traits n'en sont pas moins parfaits. C'est déroutant.
- J'vous ai tout abimé, marmonné-je en rougissant.
- Et vous me soignez parfaitement. À croire que vous en avez l'habitude.
Je souris en secouant la tête, me concentrant sur ma tâche pour ne pas défaillir tant sa proximité et son souffle contre mes doigts me perturbent.
- Je tombe souvent, avoué-je en rougissant.
Son sourire s'agrandit alors que ses yeux amusés verrouillent les miens.
- Ne vous moquez pas, le prévins-je d'un air pincé.
- Je ne me moque pas.
Je lève les yeux au ciel, ne le croyant pas le moins du monde.
Quelques secondes, je me perds dans son regard plus qu'amusé. Il se moque de moi, je le vois bien. Son amusement est clair comme de l'eau et je mords ma langue, prise dans mon propre jeu. J'appuie légèrement sur le torchon entre mes doigts, le faisant grimacer.
- Aie, se plaint-il comme un enfant.
- Oh, j'vous ai fait mal ?
- Je ne me moquerai plus, promet-il en faisant la moue.
Je ris légèrement, oublieuse, encore quelques secondes, de notre proximité et de la sensation que cela me fait au creux du ventre.
- Je dérange ? nous interrompt une voix féminine et douce derrière nous alors que mon monde ne se résume plus qu'aux deux émeraudes que j'ai sous les yeux.
Mon cœur se fige et je m'éloigne vivement de mon client, pétrifiée au bout d'avoir la respiration courte.
Mon dieu, dites-moi que cette sublime femme aux cheveux roux n'est pas sa mère !
- Maman ? s'étonne mon client en se redressant pour aller à sa rencontre et l'étreindre. Tu es déjà là !
Sa mère. Doux Jésus !
- Si je dérange je peux...
Sa voix est teinté d'amusement et son regard papillonne d'Edward à moi, qui ne sait plus où me mettre.
- Non ! se précipite-t-il à dire avant que je n'ouvre la bouche. Maman je te présente Isabella Swan, elle est là pour m'aider dans la préparation de Thanksgiving. Isabella, j'vous présente ma mère, Esmée.
- Je... enchantée, articulé-je, définitivement mal à l'aise.
- Tout le plaisir est pour moi, souffle la femme en face de moi dans un sourire d'une gentillesse déboussolante. Tu t'es blessé ? demande-t-elle à son fils en reportant son regard sur son visage -sa lèvre encore gonflée.
Edward me glisse un regard amusé alors que je me sens rougir un peu plus.
- Rien de grave. J'n'ai, heureusement, pas frôlé la mort.
Je mords mes joues pour ne pas rire nerveusement puis recule dans la cuisine pour vider le torchon où les glaçons ont sérieusement commencés à fondre pendant que je les entends échanger quelques mots. Je tente de ne pas y prêter attention, de ne pas m'imposer et repart dans la salle à manger. J'y redresse la chaise toujours à terre, et jette un coup d'œil à la table. Je suis satisfaite de mon travail, j'espère que mon client le saura aussi.
- Mon dieu Edward ! s'exclame sa mère en pénétrant dans la pièce où je me trouve. C'est... c'est superbe !
- Je n'y suis pour rien, avoue se dernier dans un sourire en portant son regard sur moi. Isabella à tout fait.
Je me sens rougir malgré mon envie de ne pas le faire. Mon dieu suis-je incapable d'accepter un seul compliment de sa part sans rougir de la sorte ?
- Je... c'était ma mission, lui rappelé-je en baissant les yeux sur la table.
- Tout est magnifique, me complimente sa mère en me souriant doucement. Vous avez un goût incroyable.
- Merci madame.
- Maman, veux-tu boire quelque chose ?
- Je vais aller installer mes affaires dans la chambre d'amis, balaye-t-elle dans un sourire. À moins que Mademoiselle Swan...
- Non, non, la coupé-je vivement, je loge à l'hôtel et... je, dans tous les cas je m'en vais d'ici très peu de temps.
- Oh, vous ne restez pas pour diner ? S'étonne-t-elle en jetant un regard à son fils qui a les yeux rivés sur moi.
- Non, madame, répondis-je dans un sourire, touchée par sa question. Je rentre chez moi.
- Isabella est attendue, enchéri Edward en reportant son attention sur sa mère.
J'ignore le pincement dans ma poitrine à l'évocation de ce qu'il pense m'attendre. Dans quoi ai-je mis les pieds ?
- Oh ! C'est dommage... Bien, dans ce cas, j'espère que vous passerez une belle soirée.
- Merci Madame Cullen, dis-je juste, touchée par sa pensée. J'espère que vous aussi.
- Oh, avec une si belle table il n'y a pas de raison !
Je me mords la lèvre en l'observant sortir de la pièce dans un sourire, me laissant à nouveau seule avec mon client.
- Elle est...
- Vraiment gentille, le coupé-je dans un sourire.
- Trop curieuse, j'aurai dit, s'amuse-t-il en verrouillant son regard au mien.
- Vous devriez remettre de la glace sur votre lèvre, murmuré-je en le voyant approcher d'un pas.
- Je le ferai.
Je reste immobile, peinant à garder les idées claires quand il est tellement près que je dois lever la tête pour pouvoir maintenir le contact visuel entre nous.
- Êtes-vous certaine de devoir rentrer si tôt ? finit-il par demander d'une voix grave.
Je fronce légèrement les sourcils, perdue par sa question.
- Je...
- Je veux dire... je... ma mère serait vraiment ravie que vous restiez, argumente-t-il dans un léger sourire.
Mon cerveau s'affole brusquement alors que je me recule d'un pas et que la peur s'empare de mon corps tout entier. Est-il en train de me demander de rester ?
- Monsieur...
- Edward, me reprend-t-il sèchement.
- Edward, répété-je, tétanisée par sa réaction.
Son prénom dans ma bouche semble le satisfaire et détends ses traits.
- Je... je ne crois pas...
- Vous êtes la bienvenue. Je vous dois au moins ça.
- Vous ne me devez rien, balayé-je en me sentant rougir.
- Au contraire.
- Vous me payez, pour ça, lui rappelé-je en ayant la sensation de le blesser quand son regard s'assombri légèrement.
- C'est vrai, admet-il en se refermant une nouvelle fois.
Je prends brutalement conscience d'être la pire des idiotes. Je soupire. Je voudrais de m'éloigner mais j'ai l'impression d'être incapable de bouger tant sa présence me perturbe. Mes pieds sont cloués au sol, et mon cœur bat si fort que j'ai du mal à entendre autre chose que lui. Son regard est clair, époustouflant. Je m'y noie consciemment, incapable de vouloir regarder ailleurs.
- Je... je vais rentrer à l'hôtel et vous laisser en famille, réussi-je après un silence lourd.
- Bien.
Je me mords la langue, puis quitte la pièce en sentant toujours sa présence derrière moi. Comme hier, j'ai la sensation qu'il faut que je quitte cet endroit rapidement. Ici, je sens que tout m'échappe. Même mes pensées, les sensations que je ressens deviennent incohérentes et incontrôlables. Avec lui, en sa présence, je ne suis que contradiction, et ça me brise le cœur littéralement.
- Je reviens à New-York du 24 au 29 décembre, m'informe-t-il quand nous atteignons l'entrée.
- Dans un mois ? demandé-je, un peu perdue.
Vais-je rester un mois entier sans le voir ? Autant de temps ? Vraiment ? Il hoche la tête, répondant à ma question alors que ses yeux me dévisagent intensément.
- D'accord.
Ma voix tremble. Suis-je incapable de dissimuler ce que je ressens à ce point ?
- Vous prendrez contact avec Alice pour prendre rendez-vous le jour qu'il vous convient, qu'on fasse le point sur la soirée de lancement.
- D'accord, répété-je, déconcertée.
Voilà que je me sens blessée par ses paroles. Je n'ai, alors, plus le droit d'avoir des échanges personnels avec lui ? Je dois maintenant passer par son assistante ? Je baisse les yeux quand il fait un pas vers moi, repoussant une mèche de mon visage.
Pendant un instant, le silence entre nous est oppressant. J'ai l'impression de ne plus être capable de le regarder. Pourtant, mon regard finit par remonter sur son visage, caressant son menton recouvert d'une fine barbe, ses lèvres roses -dont celle d'encore un peu gonflée- son nez droit, et, enfin, ses yeux clairs où flottent un sentiment que je n'arrive pas vraiment à comprendre.
- Joyeux Thanksgiving Isabella, murmure-t-il avec douceur en me regardant sans que je ne puisse lui échapper.
- A vous aussi Edward, réussi-je à dire, troublée la façon dont il vient de prononcer mon prénom.
Un sourire, un vrai, étire ses lèvres à mes mots. Le temps se suspends un instant, puis l'ascenseur s'ouvre dans mon dos, me rappelant que je dois partir.
- Soyez prudente, avec toute cette neige à New-York, lâche-t-il dans un sourire quand je monte dans l'ascenseur en silence.
- Ne prenez pas trop de coup de soleil, dis-je sans y réfléchir, me détendant finalement malgré le poids que ma poitrine.
Son sourire est la dernière chose que je vois quand les portes se referment. Le mien retombe lentement alors que l'ascenseur entame son voyage vers le hall.
Je ne sais pas ce qui me peine le plus. Savoir que je vais passer Thanksgiving sans Riley, pour la troisième fois, ou savoir que je ne vais pas voir Edward Cullen pendant un peu plus d'un mois.
Une année encore, Jake et Sam sauvent mon Thanksgiving que je passe avec eux. Voilà deux ans que Jacob me kidnappe carrément, m'obligeant à passer ma soirée à table avec eux, et leurs -nos- amis les plus proches -dont Angela et Ben.
Les retrouver me fait du bien. Je leur raconte en détails mon périple à Miami, la ville, le soleil, et, Edward, évidement. Ils s'en extasient tous carrément. Et moi, j'ai la sensation que, plus j'en parle, plus je suis ridicule.
À la fin du repas, faisant la vaisselle avec Angela, je nettoie les assiettes, un peu perdue dans mes pensées. Je ne peux cesser de penser à la façon dont Edward Cullen me regarde, à notre voyage sur le toit, à son sourire et à la manière dont ses yeux se sont illuminés quand je l'ai appelé Edward.
- La Terre appelle Bella, souffle Angela à mon côté.
- Excuse-moi, marmonné-je en lui tendant l'assiette rincée.
- Tu rêvais, se moque-t-elle gentiment.
- Hum.
Le silence qui suit est presque pesant. Son regard sur moi me perturbe. Je sais ce à quoi elle pense. Je le sais, parce que j'y pense aussi.
- Tu pourrais l'appeler.
Je me fige et lui adresse un regard sombre.
- Edward Cullen, précise-t-elle.
Comme si elle avait besoin de le préciser !
- Pourquoi faire ?
Elle hausse un sourcil en me regardant comme si j'étais la fille la plus aveugle de la Terre. Le suis-je ?
- Tu veux vraiment que je te réponde ?
- Non je... je ne saurais même pas quoi lui dire…
Elle soupire en reposant l'assiette propre et sèche dans l'étagère à sa droite.
- Et bien, tu pourrais lui souhaiter un joyeux Thanksgiving, par exemple.
- On se l'est dit avant que je parte, lui rappelé-je avant de soupirer. Ça ne sert à rien. Il est avec sa famille, et moi la mienne.
Le sourire que l'on échange avec ma meilleure amie est tendre, et ça me fait du bien. Ma place est ici.
- Je suis certaine qu'il apprécierait, ajoute-t-elle après un moment. Vraiment.
Je ne réponds pas, me concentrant sur le verre à pied entre mes doigts. J'ai envie de lui écrire, de l'appeler. J'en ai envie depuis que je suis rentrée. Savoir que je ne vais pas le voir pendant un mois me parait extrêmement long et la culpabilité m'étrangle quand je pense à Riley.
- Tu sais j'ai... ma mère n'a jamais refait sa vie, après mon père, me confie mon amie après un silence.
Je fronce les sourcils, tentant de la suivre et de ne plus penser à mon client.
- Mais... aujourd'hui, elle le regrette amèrement. Elle est seule. Tout le temps.
- Je... c'est triste.
- Oui. Mais ça aurait pu être autrement.
- Angela...
- Je ne te dis pas de... de sauter sur Edward Cullen ou sur le premier venu juste... ne te prive pas de quelque chose qui te ferait du bien. Riley... Riley voudrait que tu sois heureuse.
- Tu...
- Si. Je le connaissais assez pour savoir que jamais il n'aurait accepté que tu finisses seule, vieille et probablement accoudée au balcon de ton appartement tous les jours où il ne pleut pas.
- Tu as une drôle de vision de la solitude, marmotté-je pour cacher ce que ses mots me font ressentir.
- Et tu as une drôle de vision de la vie, me reproche-t-elle dans un sourire avant de soupirer. Je veux que tu sois heureuse. Avec Edward Cullen, ou le pape, peu importe.
On grimace d'un même ensemble à cette pensée avant de rire légèrement.
- Ça fait longtemps que je ne t'ai pas entendue rire, remarque-t-elle. Et rougir, aussi.
Je lève les yeux au ciel en lui donnant un coup de coude qui la fait pouffer. On termine la vaisselle en silence, puis je m'essuie les mains en m'appuyant contre l'évier. J'observe un instant Jacob et Sam rirent et danser dans le salon. Ils sont beaux. Leur amour arrive vers moi par vagues, et, quelque part, au fond de moi, tout au fond, j'ai envie de ressentir ça, à nouveau : aimer quelqu'un.
- Appelle-le, conseille Angela dans un sourire avant de quitter la cuisine.
Pendant plusieurs minutes, je pèse le pour et le contre. J'aimerais l'appeler mais, là, maintenant... je m'en sens incapable. Que trouverais-je à lui dire ? Je ne serais que bégayements et je passerais encore pour une idiote.
Mon téléphone posé sur le plan de travail de la cuisine noire et bois à l'air de m'appeler tellement fort que je passe mes mains sur mon visage, renonçant définitivement à réfléchir.
Je ne veux pas l'appeler. Je ne suis pas prête à ça. Je serais ridicule et je ne saurais que dire. Cependant, je sais que je peux utiliser un autre moyen de communication qui m'aidera à paraitre peut-être moins... désespérée.
J'ouvre les messages, puis sélectionne le prénom d'Edward Cullen avant de soupirer, ne sachant finalement plus quoi lui dire.
Réfléchis Swan, me sermonné-je à voix basse, les yeux rivés sur la barre clignotante.
Je ferme les yeux une courte seconde, puis décide de ravaler ma peur, ma culpabilité et tout le reste. Une minute. Rien qu'une minute.
J'espère que votre soirée est à la hauteur de vos espérances -et à celles de votre mère. N'oubliez pas d'éteindre la guirlande avant d'aller vous coucher... je ne voudrais pas que votre appartement avec vue sur mer-port-ville brûle par ma faute. P.S. : votre lèvre va-t-elle mieux ? Isabella.
Refusant de réfléchir plus longtemps, j'appuis sur envoi et me maudis la seconde d'après. Quel genre d'employée écrit ce style de message ? Je suis folle à lier !
Je me sens d'autant plus aliénée quand, deux minutes après, mon téléphone vibre à mon côté, me faisant vivement sursauter. Le cœur battant je m'en saisis lentement, comme s'il risquait de m'exploser à la figure.
Le prénom d'Edward s'affiche immédiatement, et mon cœur sursaute en ouvrant son message.
La soirée est une réussite... grâce à vous. Uniquement grâce à vous. Ma mère -ma famille- est ravie et Chloé est définitivement fan de votre décoration (elle veut tout emporter pour les mettre dans sa chambre) Je vais essayer de ne pas me faire bruler vif, merci du conseil et, si vous en voulez un, ne montez plus en équilibre sur une chaise. P.S. : ma lèvre à dégonflée. Si vous étiez restée, vous auriez pu le constater vous-même. Edward.
Je repousse un rire qui s'étrangle dans ma gorge avant de secouer la tête.
Pendant un instant, je pense à lui répondre puis me ravise et repose mon téléphone sur le plan de travail.
Après un énième sourire dont le responsable n'est autre qu'Edward Cullen, je pars rejoindre mes amis, ma famille pour me libérer de chacun de mes tourments.
Une publi un peu tardive mais une publi quand même !
Je sais, Bella vous rends folle (je ne m'excuserai pas) mais hey, faut bien que je vous torture un peu quand même ! Ca serait trop facile qu'elle lui tombe dans les bras au deuxième chapitre !
Merci pour tout vos mots.
Pour toutes celles qui m'ont dit m'écrire pour la première fois alors qu'elles me lisent depuis longtemps : MERCI ! Si vous saviez le bonheur que c'est de vous lire !
Laissez un commentaire, vraiment, même si vous vous sentez bête, ou que vous ne savez pas quoi dire... c'est tellement important de savoir que vous aimez ce que j'écris -ou non !
J'vous embrasse, à très vite.
Tied
