Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Tôt" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.


Une main secoua brusquement Harry, pour le tirer de son sommeil. L'adolescent grogna, et se tourna, décidé à rester au chaud sous sa couette. Comme la main insistait, Harry soupira profondément et marmonna, sans ouvrir les yeux.
- Il est trop tôt Ron !

Un rire répondit à sa remarque.
- Erreur Potter. Ce n'est pas la belette.

L'information arriva au cerveau de Harry et il se dressa dans son lit brusquement, tâtonnant à ses côtés pour trouver ses lunettes.
Une main secourable les lui tendit, et il les enfila, retrouvant avec soulagement un monde net.

Harry prit conscience qu'il n'était pas dans la Tour Gryffondor mais à l'infirmerie. Et devant lui, dans l'obscurité à peine dissipée par quelques bougies, se tenait Drago Malefoy, un rictus amusé aux lèvres, semblant attendre quelque chose.
Le jeune homme fronça les sourcils et porta la main à sa tête, grimaçant légèrement. Il soupira en sentant un bandage autour de sa tête. Face à son air perdu, Malefoy sembla s'adoucir, et il murmura.
- Tu ne te souviens de rien, n'est-ce-pas ?

Le Sauveur regarda autour de lui, essayant de trouver des réponses. Il ne comprenait pas la situation, d'autant plus que c'était Malefoy qui était à son chevet et non pas ses meilleurs amis. Méfiant, il plissa les yeux.
- Qu'est-ce que tu fais ici Malefoy ?

Le Serpentard croisa les bras sur sa poitrine et leva un sourcil moqueur. Il semblait détendu, mais Harry nota quelque chose dans le regard gris, comme un malaise.
- Tu vas devoir me faire confiance cette fois Potter.

Il y eut un moment de silence pendant lequel les deux garçons se jaugèrent en silence, puis Harry grogna.
- Si c'est un piège, Malefoy…
Le blond ricana, mais Harry eut à nouveau un sentiment étrange. Ce fut probablement cette légère hésitation qui décida le Sauveur, et il se leva.

Le brun vacilla et Drago se précipita pour le rattraper. Lorsqu'il passa son bras autour de sa taille, Harry se raidit soudain. Non pas parce que le contact le répugnait, mais plutôt comme si ça lui semblait… naturel.
Drago resta immobile, attendant visiblement d'être rejeté, mais Harry cessa de lutter et se détendit, s'appuyant légèrement contre le blond.

Il s'était réveillé à l'infirmerie, ne se souvenant pas de ce qui s'était passé, et Drago Malefoy était venu, se montrant plus amical qu'il ne l'avait jamais été. Il y avait suffisamment d'éléments pour qu'il s'interroge soigneusement sur la situation.
Et s'il en écoutait son instinct, Malefoy ne représentait pas un danger.

Les deux garçons sortirent de l'infirmerie en silence, et Harry ne fut pas vraiment surpris de trouver Hermione et Ron qui les attendaient, l'air soucieux. Avant que quiconque ne puisse prononcer le moindre mot, Drago marmonna quelques mots.
- Il ne se souvient de rien.

Harry s'immobilisa brusquement, furieux, et il échappa à la prise de Drago. Les mains sur les hanches, il les regarda tous, sourcils froncés, ses yeux verts brillants de colère.
- Je peux savoir ce qui se passe exactement ?
Harry recula discrètement jusqu'au mur pour cacher qu'il tenait à peine sur ses jambes. Il n'était pas certain que Madame Pomfresh verrait d'un bon oeil sa petite escapade et il commençait à croire que l'infirmière aurait raison de lui reprocher son imprudence.

Hermione s'avança vers lui, et avant que le brun ne puisse la repousser, elle lui avait sauté au coup, murmurant qu'elle était soulagée de le voir sain et sauf. Puis, elle s'éloigna et lui offrit un petit sourire d'excuses, en essuyant ses yeux humides.
- Quelqu'un a essayé de te blesser. On ne sait pas qui… Pas pour l'instant en tout cas.
Harry l'interrompit brusquement.
- Commence par le début. Pourquoi Malefoy est venu me tirer du lit aussi tôt ? Pourquoi lui ?

Harry nota le regard désolé que Hermione glissa en direction du Serpentard, puis la brunette soupira.
- Il y a quelques semaines, tu… tu étais littéralement obsédé par Drago. Tu le suivais en permanence, et ça nous rendait dingue. Tu étais certain qu'il était un Mangemort et tu voulais le prouver.

Harry plissa le front, se souvenant de sa certitude et de ses soirées à observer la carte du Maraudeur. Méfiant, il hocha la tête.
Hermione eut un bref sourire et continua.
- Un soir… tu es parti d'un coup du repas. Nous nous étions disputé au sujet de ton obsession et… Et bien tu as surpris Drago dans les toilettes de Mimi Geignarde. Vous vous êtes battus. Et puis je ne sais pas ce qui s'est passé, mais vous avez trouvé un terrain d'entente.

Harry nota avec fascination les joues de Drago s'empourprer. Cette vue remua quelque chose en lui, et son froncement de sourcils s'accentua.
- Un terrain d'entente ?
Drago prit la parole, après avoir visiblement hésité.
- J'ai bel et bien été marqué. Mais contre mon gré. Tu m'as juré de m'aider…

Le regard de Harry descendit sur le bras de Drago, et ce dernier chercha à le placer derrière son corps. Comme hypnotisé, Harry avança et l'attrapa doucement, puis il remonta la manche de son pull. La marque noire s'étalait sur l'avant bras pâle, et Harry haleta.

Il toucha le tatouage, faisant frissonner Drago, et Harry eut l'impression qu'il avait déjà fait ce geste plusieurs fois. Cependant, l'ébauche de souvenir disparut quand Ron émit un son agacé. Hermione, rieuse, le bouscula, et ses deux amis échangèrent un regard lourd de sens.

Drago recula et baissa sa manche. Il avait les joues rouges et semblait gêné, mais Harry choisit de laisser ses réactions de côté pour l'instant.
- Ok. Donc. On a fait la paix si je comprends bien. Et ensuite ?

Hermione jeta un regard désolé en direction du Serpentard.
- Quelqu'un a renseigné… tu-sais-qui du changement d'allégeance de Drago. C'était lui qui était visé et tu t'es interposé.

Harry porta une main à sa tête, tâtant le bandage serré. Son amie soupira.
- Un sort est arrivé de nulle part, et tu t'es jeté devant.
Près de lui, Drago marmonna "Stupide Gryffondor" mais son ton était bien trop doux. Harry haleta et porta la main à sa tête, convaincu que le blond avait déjà dit ces mots dans d'autres circonstances. Aussitôt, Drago fut près de lui, prêt à le soutenir.

Hermione, inquiète, termina ses explications.
- Nous avons décidé de te sortir de l'infirmerie aussi tôt pour que le professeur Rogue puisse… t'aider. Il n'a pas pu entrer à l'infirmerie, puisque MacGonagall l'a accusé d'être à l'origine de l'attaque mais…
- Quoi ?
Drago leva les yeux au ciel.
- Longue histoire. Mon parrain peut probablement aider à te soigner, aider à te souvenir.
- Mais MacGonagall…
- Le professeur a lancé un sort. Mais c'était un protego. J'étais près de lui et je l'ai entendu.

Ron finit par prendre la parole, visiblement de mauvaise humeur.
- Bon, on y va ? Ça ne servira à rien si on se fait surprendre ici !
Harry lui jeta un regard étrange et le rouquin grimaça un sourire.
- Allez mon pote, j'ai hâte de voir la tête de Rogue quand il nous trouvera à sa porte…

Hermione hocha la tête et avança dans le couloir pour s'assurer que la voie était libre. Drago passa d'autorité son bras autour de la taille de Harry, pour l'aider, et Ron soupira avant de rejoindre Hermione. Hésitant, Harry posa la question qui lui brûlait les lèvres à Drago.
- Il y a un souci avec Ron ? Il est fâché après moi ?

Le blond grimaça et admis du bout des lèvres.
- Il n'était pas trop ravi de notre… rapprochement. Mais comme tu peux voir… il s'adapte.
Harry lui glissa un coup d'oeil surpris.
- Vraiment ?

Le reste du trajet jusque dans les cachots se fit en silence, alors que Harry se creusait la cervelle pour essayer de se souvenir. Alors qu'il s'appuyait contre Drago, il prit une inspiration et sentit l'odeur du parfum de Drago. Quelque chose d'épicé, et aussitôt, une foule de sensation lui revint. Ce n'était que du positif, une impression de bien être. Inconsciemment, il s'appuya un peu plus contre le blond, sans être gêné d'être aussi proche de lui.

Lorsqu'ils arrivèrent dans les cachots, Harry haletait, et Drago le portait plus qu'il ne le soutenait. Malgré le mal de tête lancinant qui le rendait nauséeux et la douleur qui le rendait faible, Harry avait la certitude qu'il allait découvrir qu'il était bien plus proche de Drago Malefoy que ses amis n'avaient osé le dire.

Ce fut Hermione qui frappa à la porte du professeur de potions, mais Drago passa devant, en traînant Harry. Le maître des potions leva les yeux au ciel mais il indiqua un siège à Drago pour qu'il y installe Harry, et il glissa rapidement le goulot d'une fiole entre les lèvres du brun.

L'esprit embrumé par la douleur, Harry leva les yeux vers Drago et ce dernier hocha doucement la tête, avec un signe d'encouragement. Sans réfléchir, Harry but la potion, faisant totalement confiance à celui qui avait été son ennemi peu auparavant.

Le brun gémit alors qu'il avait l'impression que son crâne allait exploser, et il entendit dans le lointain Drago crier après Rogue. Puis, quelque chose sembla se débloquer dans son esprit, et la douleur s'atténua alors que les souvenirs affluaient.
Il hoqueta et rougit, en se rendant compte qu'effectivement, il était bien plus proche de Drago que ce qu'il avait pu imaginer. Mais curieusement, ce constat ne le gênait pas vraiment. Il avait ce fichu Serpentard dans la peau et il ne voulait pas le voir lui échapper après tout.
Quelques minutes de plus, et Harry se redressa. Il se sentait bien mieux, il ne subsistait plus qu'un léger mal de tête. Avec reconnaissance, il sourit à Severus Rogue.
- Merci Professeur.
L'homme grogna vaguement, et renifla.
- Déguerpissez. Retournez à l'infirmerie avant que cette fichue infirmière ne se décide à démonter le château pierre par pierre pour vous localiser. Et vous n'êtes jamais venu ici.

Drago gloussa, recevant un regard noir de l'adulte, mais Harry se releva et entremêla ses doigts à ceux du Serpentard pour le tirer vers la sortie. Il remercia une fois de plus l'homme, et entraîna le blond.

Celui-ci le regardait étrangement, essayant visiblement de deviner s'il se souvenait ou non. Hermione et Ron attendaient dans le couloir, mais Harry les ignora pour pousser Drago contre le mur. Il eut un sourire malicieux et il l'embrassa tendrement avant de lui glisser à l'oreille.
- Je me souviens de tout.