Carlos était rentré complètement lessivé des cours. En effet Jay avait passé le trajet où il les raccompagnait à parler du séjour idyllique qu'il allait passer sur la côte avec Harry ce week end là. Ben était gêné par la situation, et tentait de tempérer au maximum son meilleur ami pour ne pas que son petit frère se sente mal à l'aise. Le blond souffla un grand coup en posant le pied dans la Villa Florian. Il monta à l'étage et s'écroula sur son lit. Le châtain toqua doucement contre la porte de sa chambre, et le jeune garçon roula sur son lit pour le confronter.
"Hey... je suis désolé pour Jay dans la voiture... C'est un grand romantique, ça doit représenter beaucoup pour lui de passer ce week end à la mer avec Harry après leur passage à vide. D'habitude il fait ses shooting photos le week end donc..." dit il timidement.
"Oh... T'inquiète pas. T'as pas besoin de t'excuser pour lui. Je comprends. Et puis comme je te l'ai dit je sais pas trop ce que je ressens." admit le blond. Ben soupira.
"Les parents sont pas là ce soir, ils sont partis à une réception mondaine pour la campagne de mon père, ça te dis qu'on se pose dans ma chambre en mangeant des cochonneries ?" proposa t il avec entrain.
"J'adorerai ça ! "
Aussitôt dit, aussitôt fait. Les deux frères se posèrent dans la vaste chambre du châtain. Après avoir regardé un reportage sur la fabrication du parmesan en Italie qui leur avait donné super faim. Ils étaient désormais en train de manger tous les fromages trouvables dans la cuisine en regardant un reportage sur les orques.
"Oh mon dieu le brie est vraiment excellent..." fit Ben en mâchant d'extase.
"Oh je l'ai pas encore goûté, montre !" Carlos prit un morceau sur le plateau et goûta le met lacté. "Oh j'avoue ! Il est bien moelleux sans être coulant." dit il la bouche pleine.
"Ça me rappelle trop les soufflés au fromage que me faisait Mamie Samovar quand j'étais petit !" Voyant l'incompréhension sur le visage du blond il ajouta : "C'est ma grand mère du côté de ma mère." Le téléphone du châtain vibra, et il le prit de sa main la moins sale. "C'est Jay... il me demande pourquoi tu réponds pas à ses messages." dit il avec un sourcil suspicieux.
"J'ai laissé mon portable dans ma chambre... Et puis qu'est-ce que ça peut lui faire ? Il doit pas préparer ses valises pour partir demain ?" fit Carlos légèrement agacé en prenant un morceaux de Saint-Paulin.
"Non, bah apparement ils sont déjà arrivés, il m'a envoyé un MMS de leur chambre d'hôtel. Regarde"
JAY : Hey mec ! Tu sais pourquoi Carlos répond pas à mes messages ? Je lui ai envoyé plusieurs pendant la soirée et zéro réponses :/ Il va bien ? Je suis inquiet...
JAY : Sinon bien arrivé à Charmington ! C'est tellement beau :D
JAY : *mms photo de la chambre d'hôtel* Regarde la chambre d'hôtel que Harry nous a réservé :D
"Ça va.. il s'est pas moqué de lui !" fit Carlos mi-admiratif mi-dépité face au luxe de la chambre. Le genre de chose qu'il ne pourrait jamais offrir à Jay, et qui creusait douloureusement l'écart entre lui et Harry Crochet. Ben reprit son téléphone et soupira.
"Il se moque tout le temps de lui, c'est bien ça le problème..." soupira t il.
"Qu'est-ce... qu'est-ce qu'il se passe entre eux ? Vous êtes ses amis et vous avez pas l'air super content qu'ils soient ensemble..." constata Carlos.
"Oh... Jay et Harry c'est une histoire très longue et compliquée. Je suppose que tu as le droit de l'entendre vu que tu fais partie de la bande maintenant, mais sache que c'est un truc dont on parle absolument pas entre nous, parce que... bah parce que c'est trop le bordel." Le blond acquiesça doucement.
"Je dirais rien ne t'inquiète pas."
"Bien. En fait ça va faire plus de 2 ans que les deux sont ensemble. On venait d'entrer en seconde quand ils se sont rencontrés. Harry était nouveau en ville. Ses parents venaient de divorcer et son père avait décidé de refaire sa vie à Auradon. Le père d'Harry est Capitaine de la Marine Nationale, un militaire super borné et hyper homophobe. Genre c'est le cliché du mâle viril. Du coup ça a été toujours assez compliqué pour Harry de vivre à ses côtés. Il doit sans arrêt cacher son homosexualité, pas se maquiller quand il est là, même si c'est rare vu qu'il part souvent en Mission. Déjà Monsieur Crochet a eu grave du mal à accepter sa carrière de modèle photo, donc bien sûr il a jamais su pour Jay. Mais bref... je m'égare. C'était compliqué avec son père, et disons que le père de Jay est tout aussi complexe, bien que plus chaleureux. Ils se sont rapprochés parce qu'ils ne trouvaient pas forcément d'amour dans leurs deux foyers et ça a été tout de suite l'amour fou. Jay est le plus grand romantique de la planète, t'aurais du le voir les premières semaines, il rougissait au moindre texto que pouvait lui envoyer Harry. Leur relation était vraiment parfaite, les contrats d'Harry s'enchaînaient, il a même commencé à faire des défilés en plus pour se faire un peu plus d'argent, et comme ça il pouvait emmener Jay au restaurant, ou lui offrir des cadeaux. J'avais pas vu Jay aussi heureux depuis longtemps, Harry le respectait et l'aimait à sa juste valeur, ils ont vécu leur première fois ensemble, ce qui les a soudé davantage. Jay a même trouvé le courage de faire son coming-out à mes parents et à son père. Franchement on a eu rien à redire la première année, c'était génial, et ils s'apportaient vraiment quelque chose. Mais... parce que y'a forcément un mais. Y'a 1 an, Harry est allé sur un shooting complètement K.O, on avait passé une semaine d'examen et y'avais eu l'anniversaire de Jay donc il était vraiment exténué. Et là un photographe lui a proposé de tester un 'petit truc' pour le booster sur ses shootings, et être toujours frais. Harry qui voulait vraiment réussir sur tous les plans pour pas décevoir son père, ni mettre de côté sa passion ou Jay, a accepté. La plus grosse erreur de sa vie... Il s'est mis à consommer de l'héroïne de plus en plus souvent. Au début Jay a trop rien dit parce que c'était vraiment rare, et qu'il voyait bien que ça l'aidait. Mais après Harry a commencé à en prendre même en cours, il s'est mis à en consommer devant Jay qui avait le coeur brisé par ça, chaque occasion était prétexte à plus de drogue. Un jour il a fait une overdose, Jay a passé une heure à essayer de réanimer son corps inconscient. J'étais pas là et j'imagines même pas à quel point ça a dû être stressant et horrible pour lui. Jay a finalement sut le réanimer au bout d'une heure, mais il était anéantie. Il a débarqué chez moi le lendemain en larmes en ne sachant plus quoi faire. Ils en ont parlé, Harry a arrêté quoi... 3 ou 4 mois ? Avant de ressombrer. Et a chaque fois c'était la grosse dispute, les promesses d'Harry, le pardon de Jay, jusqu'à la prochaine discorde. Jay sait toujours ce qu'il lui en coûte quand il reprend Harry, mais il est super amoureux. Je pense tout simplement que Jay a peur d'avoir sa mort sur la conscience, et il a terriblement peur d'être tout seul et de plus se sentir aimé. Parce que malgré la drogue Harry l'aime comme un fou, même si il le montre super bizarrement. C'est tellement compliqué comme histoire que je préfère plus m'en mêler."
Carlos prit la mesure du récit de son grand frère d'accueil. Il comprenait un peu mieux le comportement du brun, et il réalisait aussi qu'effectivement son petit crush était insignifiant face à une telle histoire remplie de passion et d'élans dramatiques. Il saisissait un peu plus le comportement du garçon à l'eye liner à son égard. Le jeune homme se sentait menacé par sa présence, d'où les regards mauvais et les questions indiscrètes pour le ridiculiser. Ce qui lui fit penser à quelque chose.
"Pour...pourquoi ils se sont disputés à la fête ?" demanda Carlos
"Ah ça... Harry a proposé à Jay de consommer avec lui pour fêter son anniversaire, alors qu'il lui avait dit qu'il avait arrêté. Encore un gros bordel..."
"Oui je vois..." fit Carlos en repoussant les cuticules de ses ongles. "C'est triste pour eux deux. Je me sens tellement ridicule d'avoir pu penser que... fin bref..." Ben se releva vers son cadet.
"Hey te sens pas stupide d'aimer quelqu'un. En plus je comprend, Jay est un type vraiment génial, c'est pas mon meilleur ami pour rien. Tu sais... les sentiments ça se contrôle pas, parfois on est surpris, regarde moi : j'aurai jamais pensé m'intéresser à quelqu'un d'aussi loufoque que Mal. 'Fin... regarde cette maison tout est si classique et ordonné ! Regarde ma tronche ! Je suis le mec blanc de base qu'on voit dans toutes les séries. Rien de pétillant, rien de bien foufou. Et là une tornade violette débarque dans ma vie et je suis emporté !" Carlos sourit avec affection.
"Tu l'aimes vraiment ?" demanda le blond avec intérêt.
"Oh je... C'est trop tôt pour le dire, mais disons que j'ai très envie de la connaître un peu mieux, et de l'inviter quelque part mais je sèche, et je suis vraiment nul en drague. Malheureusement pour moi mon meilleur pote est gay et il peut pas vraiment me conseiller sur les filles. Je sais pas si j'aurai plus de chance avec toi, mais au moins t'es son meilleur ami. D'ailleurs je sais pas vraiment... t'es gay ou bi ? Désolé si c'est trop intrusif..."
"Non t'inquiète pas, de toute façon j'imagine que cette soirée fromage s'est transformé en soirée confidences." dit il avec humour. Ben ria avec lui. Carlos prit une grande bouffée d'air et affirma "Bon tout d'abord je suis gay, à 100%, c'est... c'est pour ça que j'ai réagit bizarrement quand j'ai compris que Harry et Jay était ensemble. Quand ma mère l'a su... c'était le soir de la poursuite au pied de biche." Ben encaissa la nouvelle. "Je flirtais gentillement avec des gars sur des appli. Elle a prit mon téléphone alors qu'il était en charge et elle a tout compris." Cela faisait du bien au blond d'être honnête, il se sentait plus léger.
"Oh. Je suis tellement désolé Carlos..." fit Ben avec regret.
"C'est pas ta faute... Allez, parlons d'autre chose. Qu'est-ce que tu voudrais savoir sur Mal ?"
"Je... oh... j'ai tellement de questions. Déjà je la connais pas vraiment. Qu'est-ce qu'elle aime ? À part l'Ecole de Coiffure elle a d'autres activités ? Elle à l'air tellement... badass, on dirait que rien ne peut l'impressionner..."
"Ouai Mal a un côté vachement moqueur et froid, mais c'est la grosse carapace qu'elle se met pour se protéger. Elle dit toujours qu'elle pleure jamais, mais il suffit qu'on regarde une vieille comédie romantique, qu'elle prétend détester, pour se mettre à pleurer. Une fois elle a même pleuré devant Gossip Girl, alors qu'elle disait que c'était que des princesses prout prout avec des faux problèmes de riches !" Les deux garçons rièrent. "Sinon... elle a 17 ans, elle adore les pizza, mais j'imagine que tu l'as vu sur son Insta. Elle est complètement fan de médiéval fantastique, genre Game of Thrones c'est sa fandom ultime. Elle pourrait mourir pour des dragons. Elle adore dessiner aussi, elle a toujours un carnet sur elle pour griffonner. Elle adore traîner dans les musées d'ailleurs ! Mais elle adore aussi les trucs un peu fun qui sortent de l'ordinaire et qui défoulent, genre Lazer Game, Karaoké, Karting... Si tu comptais l'emmener quelques part, le meilleur combo serait fun + musée + pizzeria."
"D'accord, je note. Et pourquoi tu disais qu'elle avait une carapace ? Elle essaye de cacher quoi ?"
"Oh.. ça... C'est juste qu'elle a jamais connu son père, et les rapports avec sa mère sont pas top. En fait sa mère est hyper raciste, contre l'immigration, contre l'avortement, contre la communauté LGBTQI+, du coup Mal essaye de faire la dure à cuire pour pas trop être blessée. C'est pas la joie tous les jours la vie chez elle, à part Uma et moi elle a personne." expliqua le blond.
"Uma ?"
"Sa pote de l'École de coiffure." Ben réfléchit un instant.
"Tu... tu penses que je peux l'inviter moi même pour boire un verre ? Elle a l'air si entreprenante que je sais pas trop si je dois le faire ou non." Carlos sourit.
"Mal adore pousser le destin, elle vit à cent à l'heure c'est pour ça qu'elle est très... directive. Elle tient ça de sa mère en fait. Mais au fond comme je te l'ai dit elle est très sensible, très émotive, et je suis sûr qu'elle attend juste le prince charmant. Elle a besoin de quelqu'un avec un peu de douceur pour la tempérer. Lances toi ! Invites là ! Je suis sûr que ça la toucheras que tu prennes un peu les devants." ajouta le blond avec un clin d'oeil. Ben roula sur son matelas et prit son téléphone.
"Okay... bon... Je me lance !" fit il en retenant sa respiration. Il se mit à pianoter sur son clavier avec appréhension, en considérant tous les conseils de Carlos .
BEN : Bonjour Miss Mal ! John Snow voudrait savoir si vous accepteriez de manger une pizza en la compagnie du Seigneur Benjamin d'Auradon, demain dans le parc du Musée d'Histoire Culturelle ? Et si vous souhaitez ne pas trop fatiguer vos dragons, il se fera un plaisir de venir vous chercher à bord de sa vespa royale ! J'attends votre corbeau de retour. -John
"Oh mon dieu... Oh mon dieu Carlos : j'ai envoyé mon message !" dit il en laissant tomber son portable sur le matelas. Il commença à arpenter sa chambre, deux mains nerveuses derrière sa nuque.
"Fais voir !" lança le blond en cherchant le smartphone dans les couvertures du lit. Il prit le téléphone et lut le sms avec un sourire. "C'est parfait Ben !"
"Vraiment ?" dit il avec une grimace.
"Mais oui ! C'est loufoque, ça parle de ses passions, et je trouve ça marrant. Elle va aimer et... oh elle a répondu !" Ben se laissa tomber sur son matelas.
"Oh non je veux pas voir ça..." soupira t il la tête dans ses coussins.
"Bon bah je te le lis alors... Bonjour John Snow, je m'émeus de savoir que vous vous souveniez de moi après la nuit torride que nous avons passé ensemble où vous ne m'avez même pas rappelé, mais bon cela prouve encore une fois que vous ne savez rien. (You know nothing John Snow). Plus sérieusement... Je croyais que tu n'allais jamais le proposer ! Je vois aussi que tu as su glaner des infos sur moi, c'est un peu creepy mais flatteur. J'espère que mon blondinet de meilleur ami a été élogieux sur moi. Sinon : ça me plairait carrément ! On dit 14h30 ? Et t'en fais pas : mes dragons sont très en forme alors on se retrouve directement au parc. À demain :)" Ben roula une nouvelle fois sur son lit afin de faire face à son petit frère d'accueil.
"Oh mon dieu... J'ai un rencard !" dit il choqué. Carlos ria.
"Ouai, et je veux tout savoir quand tu rentres demain !"
"Je penses que effectivement j'aurai besoin d'en parler demain soir. Bon en attendant ça te dit un dessert ? On pourrait faire un gâteau au chocolat ensemble, j'ai vu que tu avais adoré celui de maman la dernière fois, il est super simple à faire !" fit le châtain avec un peu plus d'entrain. Carlos accepta de bon coeur et se hissa sur ses deux jambes.
"Ben..." fit il avant qu'ils quittent la chambre. Ben se retourna vers lui avec un air interrogatif.
"Merci d'être mon grand frère. Ça rend les choses plus faciles." dit il timidement. Le châtain s'approcha de lui et lui passa un bras autour des épaules.
"Merci à toi d'être mon petit frère. Ça rend les choses plus joyeuses. Allez vient ! Allons faire ce gâteau au chocolat !"
Les deux frères de coeur descendirent dans la vaste cuisine de la Villa et se mirent en quête de tous les ingrédients nécessaires à l'élaboration de leur gâteau au chocolat.
"Alors beurre, oeufs... Carlos tu peux aller chercher une bouteille de lait dans le garage ? Y'en a plus dans le frigo..." fit le châtain la tête dans le dit frigo.
"Euh Ben..." murmura t il. Son frère ferma la porte du réfrigérateur et le fixa avec incompréhension.
"Oh ! Oui ! Mince ! Camarade... j'oubliais. T'inquiète pas j'y vais !" fit il chaleureusement. Carlos regarda le châtain traverser la pièce et soupira.
"Non... tu sais quoi... j'aimerai bien réesayer avec Camarade. Comme le disait Jay : j'ai bien réussi à tenir un serpent autour de mon bras, un chien ça devrait aller." Ben prit la mesure de cette annonce, et fût plus que ravie que le blond avance, et ne se laisse pas dominer par ses émotions.
"Si tu as peur je suis là, d'accord ? Camarade est très vif comme chien, il adore sauter sur les gens, mais promis il ne te veux aucun mal, il veut juste beaucoup d'amour. C'est un chien qu'on a trouvé dans un refuge quand j'étais enfant. Les anciens proprio avaient voulu le noyer alors qu'il n'était qu'un petit chiot, du coup dès qu'il peut avoir un peu d'affection il prend. " expliqua t il en tenant la poignée de la porte qui menait au garage.
L'histoire du petit chien torturé puis recueillis par la famille Florian, fit échos dans la tête du blond. L'animal dont il avait si peur et lui avaient apparemment beaucoup de choses en commun. Le jeune garçon fit signe à son frère d'ouvrir la porte, et ils pénétrèrent tous les deux dans le garage. Comme l'avait anticipé Ben, le petit chien se rua sur eux en remuant la queue avec joie. Il sauta dans les jambes de son maître en aboyant avec une joie infinie. Ben s'accroupit pour lui caresser la tête avec avidité. Le jeune homme releva la tête vers Carlos et l'invita à venir à côté de lui. Le blond s'avança légèrement tremblant et s'installa à genoux aux côtés de son frère.
"Va z'y caresse le, n'aie pas peur." dit il doucement en regardant Carlos avec bienveillance. Carlos leva sa main mais elle sembla comme figée dans les airs. Ben la prit et la posa sur la tête du petit chien qui regarda le blond avec bonheur. "Regarde, il t'aime déjà !" ajouta le fils du Maire avec soulagement. Les doigts du blond se mirent à remuer dans l'épaisse fourrure du chien, qui bientôt ne fit plus attention à son maître, mais n'eut d'yeux que pour le nouveau venu. "Camarade je te présente Carlos. Carlos : Camarade." dit il en s'asseyant sur le béton du garage.
"Il... il est tout doux..." fit Carlos légèrement ému. Le chien se mit à rouler sur le sol, exposant son ventre touffu au jeune homme.
"Ahh ! Ça y est il t'a adopté, il ne va plus vouloir que tu le lâches là !" fit Ben amusé. Carlos le questionna du regard. "Il veut que tu lui gratouilles le ventre. Il adore ça. Dès que tu commences c'est fini tu deviens son esclave de gratouilles !" Le blond se reporta sur l'animal qui se tortillait au sol la langue pendue, et il se mit à lui gratouiller sur le ventre. Carlos câlinait l'animal depuis plusieurs minutes sous le regard amusé de Ben.
"T'as pas l'air de vivre en meute toi... T'es gentil en fait. T'es un bon petit chien." bredouilla le blond tout gaga devant l'animal. L'animal sauta soudainement sur Carlos, qui en basculant en arrière hurla le nom de son frère pour trouver du secours. Il s'imaginait déjà dévoré par l'animal, mais il n'en était rien, le chien était en train de lécher chaque parcelle du visage constellé de taches de rousseur de son nouvel ami. Ben ria à plein poumons.
"Oh mon dieu ! Ça devient pornographique là Camarade..." dit il en récupérant le petit chien au dessus du corps du blond. À son grand soulagement Carlos semblait rire, et n'était absolument pas traumatisé par ce soudain élan d'affection canine. "Bon bah je crois que tu as la preuve par A + B que les chiens sont inoffensifs. » Le blond se releva.
"Ouai... C'était génial, merci Ben !" dit il.
"Oh mais derien. Merci à toi plutôt, grâce à toi j'ai eu un rencard !" fit Ben en câlinant son chien dans ses bras. La porte du garage s'ouvrit, et la berline des Florian s'y garra.
Le père de famille sortit de la voiture, il semblait furieux. Sa compagne ne tarda pas à le rejoindre apeurée.
"Papa, Maman ? Vous rentrez tôt ! Vous tombez bien ! Carlos a fait des progrès il arrive à câliner Camarade ! C'est trop cool ! " fit Ben chaleureusement.
"Fils il faut qu'on parle." répondit Adam avec froideur.
"Un problème papa ?" demanda Ben en posant son chien à terre.
"UN GROS PROBLÈME OUI !" hurla t il. Les deux jeunes garçons se figèrent avec effroi.
"Adam s'il te plait, ne..." tenta Belle.
"Tu savais que ta petite copine était la fille de Malvina Bertha ? Ma concurrente directe dans la course à la mairie ?" demanda le père de famille à l'Orphelin.
"Je...j'ai..." bredouilla Carlos apeuré.
"Adam ça suffit, tu lui fait peur..." essaya de tempérer sa femme.
"Il est hors de question que vous la revoyez tous les deux ! Est-ce que c'est bien clair ? Sa mère est une fachiste de la pire espèce, il est hors de question que mon fils soit vu en la présence de sa fille, et surtout pas en période électorale !" vociféra t il avec rage.
"Adam." fit Belle avec de gros yeux. La Bête tenta de se radoucir.
"Je savais que ce garçon allait nous rapporter des ennuis, comment j'ai pu me laisser berner à reprendre un nouvel orphelin sous notre toit !" cracha t il dans un murmure. À ses mots, Carlos s'enfuit en courant, les larmes aux yeux. Comment pouvait on être si cruel ? Ben vira au rouge, et explosa. Ça avait été une très bonne soirée, pourquoi son père venait tout gâcher avec son élection à la con.
« Mais d'où tu dis ça papa ? Carlos est génial ! T'en a rien à foutre de toute façon, tu penses qu'à ton élection de merde et à ta carrière, 'fin quoi... c'est vrai ! Ça fait combien de temps qu'on t'as pas vu ici dîner avec nous le soir ?, T'as pas compris que si maman accueille des gens ici depuis des années c'est parce qu'elle a pas pu avoir plus d'enfants, et que tu la néglige sans arrêt ! Je sais que je suis pas assez pour maman et qu'elle a besoin d'avoir plus d'enfants. Carlos c'est une des rares personnes qui lui redonne le sourire en ce moment, et c'est un gars super bien, mais t'es trop absent pour le voir. Et d'où tu m'empêches de voir Mal ? Et encore pire d'où t'empêches Carlos de voir la seule amie qu'il ait jamais eu et qui a eu assez de cran pour appeler les services sociaux et le sauver. Il serait mort si elle avait jamais appelé ! Alors oui peut être que sa mère c'est le Voldemort d'Auradon et que c'est une vraie connasse mais si tu pensais moins aux apparences et que tu prêtais un peu plus attention aux autres tu te rendrais compte que sa fille à rien à voir avec elle, et qu'on est pas forcément comme nos parents. Regarde : si je n'étais ne serait-ce qu'1% de ce que tu es je préférerais me tuer. Heureusement je tiens de maman." Une claque vint s'exploser contre la joue du jeune homme. Son père, fidèle à sa réputation de Bête ne s'était pas retenu pour corrigé l'excès d'audace de son fils. "Tu vois papa ! Parfait exemple de ce que tu es : une Bête !" ajouta le fils avant de s'enfuir vers la cuisine son chien sur les talons.
"Adam ! Comment as tu pu !" s'écria Belle avec choc.
"Il n'a pas à parler sur ce ton à son père ! Ma parole est inflexible : ils ne la verront plus, et je retourne ce soir à la Mairie, j'ai des dossiers sur lesquels travailler." et il partit au volant de sa voiture.
Belle resta un instant dans le garage obscur, avant de rejoindre son fils dans la cuisine. Ben était en train de cuisiner le fameux gâteau au chocolat qu'il avait promis à Carlos, cela lui permettait de s'occuper la tête. Belle vint s'asseoir face à son fils, et le regarda touiller avec rage dans le saladier.
"Ben chéri... Si tu continue à battre ses oeufs à cette vitesse tu vas obtenir de la meringue..." dit elle doucement. Son fils s'arrêta net.
"Comment il a pu être aussi abjecte ? Après tout ce que Carlos a vécu, il pense vraiment qu'à sa gueule et à son mandat..." dit il avec colère.
"Tu sais très bien que la campagne de ton père est très importante pour lui..." tenta Belle.
"Et nous ? Pourquoi on est pas plus important ?" demanda t il.
"On l'est Ben. Tu connais ton père... il est fière, et il lui faut du temps pour reconnaître ses erreurs. Cela ne veut pas dire qu'il ne nous aime pas. Bien au contraire Benjamin, il ferait tout pour nous." après un instant de silence, Belle ajouta. "Mon chéri, si tu pensais vraiment ce que tu disais quand tu as dit que tu ne me suffisait pas, sache que c'est faux. Je t'aime Benjamin. Tu es mon monde. Tu le seras toujours."
"Je sais maman..." soupira Ben en relâchant le bol et le fouet. "Est-ce qu'on va vraiment devoir arrêter de voir Mal ? Je pense surtout à Carlos. Moi encore je m'en fiche, même si j'avais rendez vous avec elle demain..." avoua t il la mine triste, en se disant que pour la première fois qu'il avait le courage de demander à une fille de sortir avec lui, c'était l'enfer.
"Oh. Un rendez vous galant ?" demanda Belle avec un sourire.
"On peut dire ça comme ça oui... " fit il gêné.
"Tu ne sors pas avec la fille d'Aurore ?" demanda t elle légèrement perdue.
"Audrey ? Absolument pas ! Qu'est-ce qui te fait penser ça ?"
"Oh c'est ce que j'avais cru comprendre quand j'ai croisé sa mère en faisant mes courses au Bazar Jafar. J'ai du mal comprendre... en attendant. Si tu veux aller à ce rendez-vous je t'y autorise, peu importe l'avis de ton père. J'essaierai de lui faire entendre raison demain. En attendant je vais aller aussi rassurer Carlos, il doit être un peu secoué." dit elle doucement avant de se lever.
"Je peux venir avec toi Mam' ? On s'est beaucoup rapproché avec Carlos ce soir, j'aimerai lui montrer que je suis là pour lui." demanda Ben.
"Bien sûr mon coeur."
La mère et le fils montèrent à l'étage, le petit chien dans les bras du châtain. Ben toqua doucement contre la porte du blond. Carlos était entrain de plier bagage en pleures lorsqu'ils rentrèrent dans la chambre.
"Carlos qu'est-ce que tu fais ?" demanda Ben, confu.
"Je dois retourner chez moi c'est ça ?" demanda t il dans un torrent de larmes. Belle s'avança vers lui avec douleur.
"Mais non mon chéri tu ne vas nulle part. Viens t'asseoir." dit elle avec douceur.
La mère de famille et le blond s'assirent sur le lit de Carlos, rapidement suivis par Ben qui déposa le chien sur les genoux de son petit frère d'accueil.
"Regarde : Camarade est venu te faire un gros calin." fit Ben avec un sourire rassurant. Carlos se mit à caresser l'épaisse fourrure, et trouva un semblant de réconfort grâce à la boule de poil.
"Mon mari est quelque peu bourru parfois, mais tu vas rester avec nous et tu pourras continuer de voir ton amie autant que tu le souhaiteras, ne t'inquiète pas. Tout vas bien." Carlos prit la mesures des paroles de la mère de famille, il était partiellement soulagé.
"Je suis désolé de vous avoir causé des problèmes..." dit il en essuyant ses joues humides.
"Tu ne nous en a pas causé. Ne t'inquiète pas." assura la mère de famille en lui caressant doucement le dos pour qu'il se calme.
"Carlos est-ce que tu veux qu'on le fasse ce gâteau au chocolat ?" demanda Ben avec chaleur.
"Je... j'ai plutôt envie de rester là avec Camarade." admit il.
"D'accord, on te dérange pas plus longtemps. Passe une bonne nuit, et si tu as besoin de quoi que ce soit tu peux toquer à ma porte." fit Ben en se levant du lit avec sa mère.
Il retourna dans sa chambre et s'écroula sur son lit, épuisé par une telle journée. Quand on la résumait, elle était explosive : son petit frère d'accueil lui avait avoué son attirance pour son meilleur ami de toujours, qui dans un sens était également comme un frère pour lui. Il s'était rapproché du blond, avait réussit à le guérir de sa phobie des chiens. Avait invité une fille à un rencard, et avait tenu tête à son père avec plus ou moins de résultat. Son téléphone vibra, c'était Mal, forcément la jeune fille avait vécu la même tornade de son côté...
-MAL : Hey... je suppose que tu as aussi appris la nouvelle ? C'est amusant quand on y pense... Nous sommes les Roméo et Juliette d'Auradon.
BEN : Ouai... amusant je sais pas. J'espère qu'on aura un destin moins tragique que Roméo et Juliette...
-MAL : Donc tu veux pas annuler pour demain ?
BEN : Pourquoi j'annulerai ? C'est pas parce que nos parents sont comme ils sont, qu'on est pareil et puis... j'apprécie ta compagnie.
