Le lundi matin, lorsque Hermione reçut par hibou son exemplaire de La Gazette du Sorcier elle ne pouvait rater la première page, une grande photo de Dolores Ombrage souriant largement avec de gros yeux de crapaud sous le titre géant :

LE MINISTÈRE VEUT RÉFORMER L'ÉDUCATION

DOLORES OMBRAGE NOMMÉE

GRANDE INQUISITRICE

- Ombrage, Grande Inquisitrice, mais qu'est ce que ça veut dire... ? Demanda Harry, son toast lui tombant doucement des mains.

Hermione se mit à lire pour elle avant d'expliquer la nouvelle à ses amis :

- Le Ministère veut traiter la baisse de niveau à Poudlard, et la Grande Inquisitrice devra s'occuper d'inspecter les enseignants et ainsi de veiller à ce qu'ils soient à la hauteur de leurs tâche...

- Ce qui veut dire... ? Demanda Ron, inquiet.

- Ce qui veut dire que dorénavant, Dolores Ombrage à le pouvoir de virer les professeur qu'elle jugera incompétents.

La respiration d'Hermione s'accélérait, Drago Malefoy en avait parlé, elle l'avait entendu le dire à ses idiots d'amis la semaine dernière pendant le cours de Soins aux Créatures Magiques. Elle avait été en quelque sorte prévenue et n'avait pas su lire entre les lignes. Elle en voulait à Malefoy, elle ne savait pas vraiment pourquoi mais elle n'était pas prête à lui reparler, elle se le jura, elle ne prononcerait aucun mot lors de la prochaine retenue. Elle le tenait un peu responsable de la nouvelle place d'Ombrage, même si au fond d'elle, Hermione savait que ça n'avait aucun sens.

Toute la semaine, le professeur Ombrage s'était insinué dans plusieurs de leurs classes : celle du professeur Trelawney selon Harry et Ron, celui de McGonagall et celui de madame Gobe-Planche. Dans ce dernier, Malefoy ne s'était pas retenu de mentir sur leur professeur absent, Hagrid, en le faisant passer pour un ogre écervelé. Pile ce qu'Ombrage voulait entendre. Hermione ne lui pardonna pas.

Depuis leur altercation dans les gradins du stade de Quidditch du dimanche, Drago ne l'avait plus regardé une seule fois de la semaine, et d'ailleurs, elle avait bien remarqué que son humeur avait l'air exécrable chaque jour. Il n'avait même pas daigné faire une seule remarque au trio de Gryffondor. Et Hermione avait aussi remarqué que Drago se comportait horriblement avec l'ogre de Pansy Parkinson. Elle ne savait pas pourquoi mais tout au fond d'elle elle avait ressentit un pincement de satisfaction lorsque Drago Malefoy avait donné un grand coup dans la brioche que Pansy Parkinson essayait de lui faire avaler, le poussant sur la bouche bien fermée du blond. Son mouvement de main, témoignant d'une grande lassitude, contre la brioche que Pansy tenait la fit voler jusqu'à la table de Serdaigle. Hermione avait retenu un rire en voyant le visage scandalisé de Pansy. Même elle, savait que jamais Drago Malefoy ne se laisserait donner à manger de cette façon. Pendant une demie seconde, regardant Drago Malefoy pester contre sa camarade, Hermione Granger s'était dit qu'elle semblait mieux le connaître que cette âne de Pansy, et pendant une fraction de seconde, elle en avait ressentit de la fierté, avant de se reprendre en secouant vivement sa tête pour faire partir cette pensée biaisée. Elle était fâché contre lui.

Lorsque Drago Malefoy était entré dans la salle des potions le vendredi soir à 21h pile, arborant un visage rageur qu'elle ne lui avait encore jamais connu lors de leurs retenue, Hermione se dit que c'était peut-être par sa faute que l'humeur de Drago ait été en chute libre toute la semaine.

L'ambiance tendue et pleine de haine de cette retenue dénotait totalement avec le souvenir d'alcool joyeux, d'amusement et de « trêve » de la semaine passée.

Mais Hermione n'avait pas oublié pour autant les paroles si brutales qu'il avait prononcé dans les gradins. « Pourquoi ses paroles me blessent autant ? Drago Malefoy a toujours été ainsi. », cette question trottait dans la tête d'Hermione. Et pendant un instant, alors qu'elle balayait le sol recouvert de toutes sortes de substances servant aux potions que les élèves avaient fait tombé la semaine, une petite voix s'immisça dans la tête d'Hermione :

« Les paroles de Drago Malefoy t'ont tant blessée car tu lui as permis de se rapprocher de toi. La barrière de haine qui vous séparait auparavant à été brisée. »

Hermione fut contrariée par sa propre pensée, jamais, ô grand jamais, Drago Malefoy ne se rapprocherait d'elle ! Cette réponse à la question qu'elle se posait lui déplaisait si fortement qu'elle lâcha un jurons à haute voix, ce qui fit se retourner Drago qui était entrain de ranger les tables, il lui lança un regard assassin, pensant certainement que son jurons était en sa faveur. Ce qui vexa Hermione.

Alors les deux ennemis semblèrent se haïrent bien plus qu'à l'habitué, aucun d'eux n'avait prononcé un seul mot depuis le début de leur retenue, la simple présence de l'un suffisait pour mettre l'autre hors de lui. Si les regards pouvaient tuer, alors cette pièce contiendrait deux cadavres cette nuit là.

Ils eurent finit de nettoyer la salle à une vitesse folle, et se retrouvèrent tous deux comme des idiots. Chacun dans un coin de la salle, à croire que se retrouver si éloignés changerait quelque chose à leurs mauvaise humeur. Au bout de ce qui paraissait être une dizaine de minutes, Malefoy donna un coup de pied rageur dans la porte, faisant sursauter Hermione qui se trouvait près du bureau de Rogue. Elle lui lança un regard choqué l'air de dire « Mais qu'est ce qu'il fout? »

- McGonagall n'est pas fichue de lancer un sortilège à cette porte pour qu'elle s'ouvre dès qu'on a finit le travail à faire !

- Je crois que tu n'as pas bien compris le principe d'une retenue, répondit-elle d'un air de dédain.

- Je suppose que tu meurs d'envie de me l'expliquer, comme à ton habitude. Dit-il en retirant d'un geste rageur sa robe de sorcier, comme si elle lui collait à la peau avant de la rejeter violemment sur une chaise.

D'un coup Hermione se rendit compte qu'elle n'avait pas ramené la robe de sorcier de Malefoy. Elle était toujours dans sa malle. Elle devint écarlate et se retourna vivement, agrippant son crâne de ses deux mains, qu'est ce qu'elle pouvait être bête ! Elle ne pouvait pas se permettre de la garder une semaine de plus, c'était déjà assez horrible de devoir lui avouer qu'elle l'avait gardée tout ce temps.

- Oh c'est bon Granger, le prend pas comme ça maintenant, dit il d'un air las.

- C'est pas ça Malefoy ! dit-elle. Bon, écoute moi bien maintenant, et ne me coupe pas, d'accord ?

Il la regardait étrangement, l'air suspicieux avant de lui faire un signe de tête l'air de dire « vas-y »

- Alors, tu te souviens quand tu t'es blessé à la main, commença-t-elle.

- Comment l'oublier ! La coupa-t-il. Heureusement que je m'en sors avec aucune cicatrice !

Elle lui lança un regard lourd de sens.

- Ah oui, vas-y.

- Bien. Quand tu es partis ce soir là tu as oublié ta robe de sorcier dans la classe. Et je l'ai récupérée pour toi, le truc c'est que comme j'ai pas que ça à penser, j'ai oublié de te la rendre.

Hermione crut voir passer très rapidement une lueur dans les yeux du blond qu'elle n'arriva pas à décrypter.

- Ça fait des semaines que je la cherche Granger ! Tu devrais me payer les frais de retard, j'en ai pas des centaines de robes, s'indigna-t-il. Mais comme je suis quelqu'un de gentil, je te laisse aller me la chercher après cette retenue sans représailles. Dit-il naturellement.

Hermione fut suspicieuse mais se dit qu'au fond, ça lui permettrait d'en être débarrassée et elle ne lui devrait plus rien. C'était dans son intérêt à elle aussi, qui voulait s'en défaire le plus vite possible, avant que quelqu'un ne la voit.

- Très bien Malefoy, elle est dans ma valise, je monterais te la chercher.

- Je t'accompagnerais, dit il d'un ton catégorique, mais avec un sourire en coin qu'il fit s'effacer très rapidement.

- Comme tu voudras, c'est toi qui te colleras la honte de m'attendre devant la Salle Commune de Gryffondor. Répondit Hermione sur la défensive.

- Je m'en sortirais, clama-t-il fièrement.

C'était louche, Hermione fusait tout le reste de l'heure tandis-que l'humeur de Malefoy semblait avoir changé du tout au tout. Il patientait sagement assit à sa place habituelle, ses mains croisées devant son visage, comme s'il réfléchissait. Hermione crut voir un moment que derrière ses mains il cachait un sourire, mais elle pensa qu'elle avait sûrement dut rêver.

Lorsque la porte de la salle s'ouvrit dans un grincement, Malefoy sauta presque de sa chaise.

- Après toi, Granger ! Dit-il avec un faux sourire, montrant la porte ouverte de sa main d'un geste théâtrale.

Hermione s'avança, bougonnant. Elle récupéra sa baguette qui était posée négligemment sur le sol à côté de la porte, là où Rusard l'avait probablement lancée ainsi que celle de Malefoy. Soudain, une idée lui éveilla tous ses sens et elle s'empara de la baguette du Serpentard avant que celui-ci ne soit même sortit de la salle.

- Je garde ta baguette jusqu'à ce que je te rende ta robe Malefoy ! Tu es louches !

- Si ça peut te faire plaisir Granger, c'est sans problème. Répondit-il calmement, s'avançant déjà vers les escaliers d'un pas assuré. J'aimerais en finir au plus vite.

- On est d'accord. Murmura-t-elle, agacée.

Ils marchèrent dans un silence palpable. Heureusement pour elle, il était 22h, et tous les élèves se devaient d'être dans leurs dortoirs. Elle ne ferait alors pas de rencontre fortuite accompagnée d'un Serpentard, se dirigeant vers la tour de Gryffondor. Le comportement de Drago était extrêmement suspicieux, mais Hermione avait beau se creuser les méninges, elle ne trouvait aucun semblant de plan qui aurait pu traverser l'esprit de son ennemi.

Lorsqu'ils arrivèrent devant le portrait qui gardait l'entrée de leur Salle Commune, Hermione demanda à Drago de se boucher les oreilles et de chanter un air de musique pour qu'elle puisse donner le mot de passe sans qu'il ne l'entende. C'était la seule idée qui lui était venu en tête en tentant de trouver pourquoi Drago voulait l'accompagner. Mais Drago ne trouva rien à redire et il fit ce qu'elle lui avait demandé sans dire un mot, il était ridicule à chantonner un air de musique en se bouchant les oreilles théâtralement, Hermione réprima un rire. En fait, que Malefoy accepte de faire ça était encore plus louche. Mais une fois que le tableau s'était penché pour laisser passer Hermione, elle se dit que ça n'importerait pas, et que peut être, il voulait simplement récupérer sa robe de sorcier au plus vite.

Ce dont elle n'avait pas pensé, c'était à ce qui se trouverait de l'autre côté du tableau, et comment elle se justifierait auprès d'eux. La Salle Commune était relativement vide à son plus grand soulagement, les personnes présentent près du feu étaient des troisième années qu'elle ne connaissait pas. Mais lorsque son regard balaya la pièce, elle vit Harry et Ron assit à une table, concentrés à leurs devoirs pour le prochain cours de Rogue. Son cœur fit un bon, elle devrait passer devant eux sans se faire remarquer, car elle en était sûre, ils lui demanderaient ce qu'elle fabriquait.

Dans un espoir que ses deux amis ne la remarquent pas, elle s'avança rapidement, la tête baissée vers les escaliers qui menaient aux dortoirs des filles.

Malheureusement, Ron qui rêvassait devant son parchemin vierge, avait relevé la tête, en voyant Hermione il eut trouvé une bonne excuse pour se défaire de ce maudit travail. Il se leva brusquement et s'approcha rapidement d'Hermione, tandis que Harry écrivait une longue phrase sur son parchemin.

- Ah Hermione ! Dit-il.

- Cette dernière n'avait pas le choix, elle se retourna vers le roux, un faux sourire plaqué sur le visage.

- Ah... Ron ! Répondit-elle, tout sourire. Quelle coïncidence...

- Alors cette retenue ? Demanda Ron.

Hermione se dit qu'il avait l'air de vouloir se rattraper pour l'autre jour. Mais elle n'avait pas le temps, Drago Malefoy l'attendait au dehors, et elle ne savait pas ce qu'il manigançait.

- Euh oui ! Très bien, c'était très bien. Euh bon, je voulais juste aller vite fait-

- Comment ça, très bien ? Demanda brusquement le roux. Tu as passé une très bonne retenue avec Malefoy ?

- Euh non ! Non non, mais je voulais dire euh... Très bien pour une retenue avec lui quoi, répondit-elle les joues rosies, sa phrase finie par un faux rire sonore. Ron je dois monter !

Et sans lui laisser le bénéfice du doute, Hermione monta en trombe les escaliers, sachant que Ron ne pouvait pas y accéder. Elle ouvrit la porte de son dortoir à la volée, et la referma aussitôt, comme si elle était suivie, le dos plaqué contre la porte, elle allait enfin pouvoir se détendre plus. Mais lorsqu'elle ouvrit les yeux, Parvati et Lavande, toutes deux assises sur un même lit, avaient les yeux rivés sur elle.

- Ça va Hermione ? Demanda Parvati, interloquée.

- Oui oui ! Euh... Je venais juste récupérer quelque chose pour Harry, ahah... Ne faites pas attention à moi ! Reprenez où vous en étiez...

Les deux filles avaient l'air dubitatives, Hermione s'avançait doucement vers son lit, retenant son souffle, voulant feindre un comportement tout à fait normal. Elle passa un certain temps devant sa valise, faisant semblant de chercher dans ses livres, espérant entendre les deux filles reprendre leurs conversation, pour qu'elle puisse agir sans qu'elles ne la regardent. Au bout d'une petite minute, son plan avait fonctionné, Parvati et Lavande avaient reprit leur discussion coupée de gloussements et murmures entendus sur un garçon que Hermione ne connaissait pas.

Lorsque Hermione était sûre qu'elles ne se doutaient plus de rien, elle ouvrit sa valise et sortit rapidement la robe de sorcier, la roula en une grosse boule noire, et sortit en trombe de la chambre.

Mais elle n'était pas au bout de ses peines, elle devait repasser devant Ron et Harry qui étaient toujours attablés près de la sortie de la Salle Commune

Son cœur battait la chamade lorsqu'elle descendit les escaliers, le plus silencieusement possible. Prise par le stress, elle décida de cacher sa tête avec la robe du Serpentard et de passer rapidement devant eux, comme ça, peut-être qu'ils ne feraient pas attention et penseront que ce n'est qu'un élè passa rapidement devant la table, son visage caché par la robe, elle n'osa pas se retourner pour savoir s'ils l'avaient vu, et passa l'ouverture dans le mur à une vitesse folle.

Elle l'avait fait ! Elle n'avait plus qu'à rendre sa stupide robe à Drago Malefoy et ce serait bon. En sortant de la Salle Commune elle avait été surprise que Malefoy l'attendait sagement, contre la rambarde des escaliers, tranquillement, le visage impénétrable. Elle s'avança vers lui, alors au final il n'avait pas de plan.

- Tiens Malefoy. Maintenant je te dois plus rien, dit-elle en s'avançant vers lui.

- C'est ce que tu crois Granger, tu te rappelles le petit service ? Je t'en avais parlé la semaine dernière, dit-il un sourire narquois aux lèvres. Tu me le dois toujours celui là, t'inquiètes pas j'en ferais bon usage.

Hermione bouillonnait, elle lui tendit vivement sa robe de sorcier, qu'il ne prit pas tout de suite, son sourire s'était agrandit.

- Prends ça et rentre vite maintenant, commanda-t-elle d'un air sévère. Et n'en parle à personne !

Le sourire de Drago s'était encore élargit, et il semblait maintenant regarder au dessus d'elle.

- Parler à personne de quoi ?

La voix s'était élevée de nulle part, Hermione se figea un instant, les bras tendus tenant la robe de sorcier. Elle se retourna vivement pour se retrouver devant une grande tignasse rousse, comme un enfant qu'on aurait surprit à voler dans la réserve de bonbons. Ron l'air sévère se tenait derrière elle, près du cadre qui se refermait. Mais avant qu'Hermione ait pu ouvrir la bouche, Drago Malefoy commença à parler, tout en montant les quelques marches qui les séparaient, et se planta aux côtés d'Hermione.

- Oh t'inquiètes pas Weaslaid, Hermione me rendait juste ma robe de sorcier.

Ron s'empourpra tellement de fureur qu'il semblait avoir prit la couleur de ses cheveux. Son regard passant rapidement de Hermione au Serpentard, comme si, rien que l'idée qu'ils soient debout côte à côte soit totalement impensable.

- Pourquoi Hermione aurait une de tes robes dans sa chambre ? Demanda Ron à deux doigts de l'explosion.

Drago entoura Hermione de son bras avant de reprendre. Ce qui fit presque sortir de leurs orbites les yeux de Ron.

- Et bien, figures toi que c'est elle qui me l'a prise.

- Parce qu'il l'avait oublié dans la salle après la retenue ! S'écrira Hermione

- Ah oui, ce soir là je n'ai pas perdu que ma cape... dit-il d'un air rêveur. Si tu vois ce que je veux dire Weaslaid, insinua-t-il un sourire niais au visages suivit d'un clin-d'oeil entendu en direction de Ron.

Ron avait agrippé sa baguette d'un geste vif.

- Enfin bref, je m'en suis rendu compte un peu plus tard, reprit le blond. Mais tu connais les filles... Elles adorent garder les vêtements des mecs, pour dormir avec mon odeur. Mais comme Papa m'a acheté une vingtaine de robe de sorcier cette année, me séparer d'une n'était pas si grave, si seulement ça pouvait lui faire plaisir ! Dit-il avec un regard cajoleur vers Hermione qu'il encerclait toujours de son bras, mais maintenant sa main devant sa bouche empêchait Hermione de le couper.

Hermione se débattait vivement, elle était folle de rage. Tandis que Ron avait totalement sortit sa baguette et la pointait sur le blond, prêt à se battre.

- Lâche la sale fouine !

- Ooh, non, Weasley tu n'as pas apprit les bonnes manières ? On ne menace pas de sa baguette un homme désarmé !

- Un homme désarmé ? Arrête de te défiler Malefoy ! Dit Ron brandissant sa baguette encore plus.

- Ah non pour une fois c'est vrai, c'est cette Miss qui l'a. Elle adore l'avoir en main. En fait elle a une bonne poigne sur ma... baguette.

À ces mots Hermione lui donna un coup de coude dans les côtes aussi fort qu'elle put, il la lâcha directement, se tenant le flan de ses mains, sans perdre son sourire narquois pour autant.

- Aouch ! Tu vois Weasley, j'te l'avais dis, elle est sauvage. Les femmes détestent quand on parle de choses si... privées, dit-il d'une voix plaintive à cause de la douleur.

- Ferme là Malefoy ! Je vais te le faire payer je te le jure ! S'écria-t-elle en s'approchant férocement du blond, lui pointant sa propre baguette sur la gorge tandis qu'il était bloqué par la rambarde de l'escalier.

Malefoy semblait s'amuser autant que si c'était lui qui menait la danse. Hermione folle de rage tenait vigoureusement sa baguette sur sa trachée, la seule chose qui fit stopper Hermione de lui lancer un sort puissant fut le miaulement du chat du concierge, Miss-Teigne, qui venait de monter les escaliers, intrigué. Suivit de la voix rauque et pressée du concierge lui-même plusieurs étages plus bas : « Qu'est ce qui se passe là haut ! ».

- T'as de la chance Malefoy ! Viens Ron, vite !

Hermione avait balancé la baguette du blond et sa cape sur son torse tandis qu'elle prenait par le bras Ron qui semblait vouloir arracher le cou du Serpentard, le forçant à rentrer dans le trou que le portrait cachait, Harry n'était plus là.

Une fois à l'intérieur de la Salle Commune, Ron arracha vivement son bras de l'emprise de la brune et lui lança un regard assassin.

- Tu me dégoûte Hermione ! cracha-t-il.

- Quoi ?! Hésita la brune. Comment peux-tu croire une seule seconde un seul mot de ce que Malefoy peut dire ? Ron ! Ne me dis pas que tu crois le filet de mensonges qu'il a raconté ?

Hermione avait presque hurlé tellement elle était déçue et énervée que son meilleur ami puisse croire une chose pareil, qui plus est de la bouche de la fouine.

- Tu sais très bien comme moi que Malefoy parle beaucoup mais que ses paroles sont toujours fondées. Dit-il avec une moue de mépris.

- Ronald Weasley ! … Tu croirais cet espèce de lâche dégoûtant plutôt que ta meilleure amie ? Tu me déçois tellement !

- Tu me déçois tellement Hermione ! Si vraiment tu as fait ce qu'il a insinué que vous ayez fait... clama-t-il en la regardant de la tête aux pieds avec mépris. Tu me répugne, après Fred tu te tapes Malefoy ! T'es vraiment...

- Fred ?! Ron de quoi tu parles, tu délires sérieusement ! Vas te faire soigner !

Hermione était sur le point de pleurer de rage et de déception.

- Ne fais pas l'innocente Hermione ! Sous tes airs de Miss-Je-Sais-Tout en fait t'es vraiment... T'es vraiment une Marie-couche-toi-là !

- Ron je n'ai rien fait avec Malefoy ! Et encore moins avec ton frère ! Comment... Comment peux-tu croire ça... Dit-elle dans un soubresaut dut à ses pleurs. Et même si... Et même si c'était le cas ! Comment peux tu me parler comme ça !

Un élève de troisième année assit seul près de la cheminée coupa Ron qui était sur le point de répondre, plein de rage, le visage et les oreilles toujours aussi rouges.

- Vous pourriez faire moins de bruit s'il vous plait ou aller vous battre autre part ?

- On est les préfets ! Alors toi dégage ! Cria Hermione, les yeux pleins de larmes. Non tu sais quoi, moi je m'en vais ! Je croyais que tu avais plus de respect pour moi que ça Ronald !

Et la brune partit en courant vers les escaliers. Dans sa course elle entendit Ron scander d'une voix forte :

- ET MOI JE CROYAIS QUE TU AVAIS PLUS DE RESPECT POUR TOI MÊME.

Ces mots eurent un impact énorme sur la jeune fille, elle avait sentit une douleur aiguë lui traverser le corps entier et lui électriser le coeur, si fort qu'elle en perdit presque pieds. Elle s'enferma alors dans son dortoir où elle y pleura toute la nuit, si silencieusement que sa gorge lui brûlait, elle aurait voulu crier pour se défaire de cette douleur. Mais elle n'y parviendra pas, recroquevillée dans son lit, ses mains couvrant ses plaintes. Elle avait mal, Ron lui faisait si mal. Le comportement de Ron avait été un choc bien plus intense pour elle que les bêtises que Draco Malefoy avait pu dire. Ron, son meilleur ami, la personne qu'elle aimait le plus, qui visiblement ne voyait rien à l'amour qu'elle lui portait, lui faisait tant de mal. Ses mots étaient si blessants, comment pouvait-il lui parler ainsi, comment pouvait-il la regarder avec tant de dégoût au moindre mensonge qu'il entendait ?