Chapitre 8 - L'évolution des choses

La petite fête au café dura une bonne heure avant que l'équipe ne commence à rentrer chez elle. La journée ne s'arrêtait pas encore pour Zoey : un repas familial avec ses parents l'attendait à la maison et l'avait par la même occasion exempté de fermeture au café, remplacé par son amie Bridget. Durant le dîner, son père parlait de son travail, un gros projet en cours qui semblait bien se dérouler. Puis au moment d'aborder le dessert, il en est venu à venter les mérites de sa fille. Il s'intéressa alors à sa journée d'anniversaire.

— Alors ma chérie, comment s'est passé ta journée ? S'intéressa son père.
— Magnifiquement bien, s'enjoua Zoey. L'équipe du café m'a organisé un goûter d'anniversaire incroyable, ils ont même invité Charlotte et Mimi, tout ça sans que j'en soupçonne quelque chose ! expliqua-t-elle, enjouée. Wesley a même préparé un gâteau à base de fraise, délicieux !
— C'est adorable de la part de tes amies, fit sa mère.
— Oui, vous avez raison, j'ai vraiment des amies incroyables.

La Mew Mew posa son regard sur Dren, mais lorsque qu'il croisa le sien, elle baissa les yeux toujours désolé par ce qu'elle avait fait plus tôt. Si seulement le dialogue pouvait être plus simple entre leurs deux espèces. Elle reprit une gorgée de jus de fruit que sa mère avait sorti exceptionnellement pour le repas.

— Et Marc alors, que t'a-t-il offert pour ton anniversaire ? Interrogea son paternel, joyeux.

La rose posa son verre en manquant de s'étouffer et regarda sur la table quelque chose qui pourrait l'aider à détourner la question de son père. Elle sentait le regard insistant de Dren sur elle ; son père quant à lui, attendait la réponse avec impatience en dégustant un morceau de fruit. Elle vit alors la météo à la télévision en fond et elle décida d'aller dans cette direction.

— Oh regardez, il fait beau demain, détourna-t-elle, c'est cool on avait prévu d'aller au parc avec les filles demain, au moins, on ne craindra pas la pluie, sourit-elle faussement.
— Zoey, tu ne réponds à ma question, s'impatienta son père en éteignant la télévision avec la télécommande.
— Il m'a quitté, avoua-t-elle à voix basse en baissant les yeux après quelques longues secondes.

Dren avait parfaitement entendu ce que venait de dire Zoey et avait stoppé tous ses moindres gestes. Son regard se fit plus insistant : Zoey le regarda furtivement et se concentra sur ce qu'elle pouvait à présent dire. Elle avala difficilement sa salive. Son père posa délicatement ces couverts et rejoignit ses doigts juste devant son visage. Son attitude venait de changer du tout au tout.

— Tu peux répéter chérie ? fit-il calmement.
— Marc m'a quitté la semaine dernière, dit-elle à toute vitesse. Mais Dren m'a offert un magnifique bracelet pour mon anniversaire, s'empressa-t-elle d'ajouter.
— Marc t'a quitté ? répéta son paternel en hachant chaque mot. Pourquoi ? fit-il sur un ton grave.

« Oh papa, parce que je suis une Mew Mew, que lui a été le Seigneur Bleu, mais on l'a détruit, et maintenant il veut s'éloigner de tout ce qui le relie à cette histoire. » Voilà le véritable pourquoi. Mais Zoey refusait de dire cela, bien évidement. Alors elle joua la carte des études, après tout ce n'était qu'un demi-mensonge dans le fond.

— Il est parti pour ses études, commença-t-elle.
— Il t'a quitté pour ses études ? souligna-t-il en tapant la table de ses poings. Alors qu'il m'a promis qu'il t'aimerait jusqu'à la fin de ses jours ! Je vais le détruire, grogna son paternel en se dirigeant vers le téléphone après s'être levé.
— Ça suffit, craqua Zoey en se levant de sa chaise.

Elle lutta aussi fort que possible pour que ses oreilles de chat ne fassent pas leur apparition. Elle serra les poings comme si cela pourrait empêcher ses instincts félins de prendre le dessus. Son père reposa lentement le combiné sur la base et observa sa fille.

— Je l'ai encouragé à partir en Angleterre pour ses études et je savais qu'une relation à distance ne fonctionnerait pas et... lâcha-t-elle. Et puis c'est pas ton problème papa, c'est ma vie ! On peut pas tous faire comme vous, rencontrer la personne avec qui on fera sa vie du premier coup, continua-t-elle dans un reproche. Arrête de me surprotéger papa, je ne suis plus une enfant. Termina-t-elle simplement.

« Si tu savais tout ce que j'ai vécu l'année dernière, tu me confinerais pour me protéger jusqu'à la fin de mes jours.» voulu-t-elle ajouter en regardant Dren. Mais elle se retint et quitta juste la pièce pour rejoindre sa chambre le pas lourd. Cette altercation avait jeté un froid sur le dîner, le soir de son anniversaire. Elle claqua sa porte et se planta devant sa commode pour dénouer les rubans rouges de ses cheveux en ruminant.

— Alors comme ça Roméo t'a largué ?
— Dren, mais qu'est-ce que tu fais dans ma chambre et... sous cette apparence ? Désigna la jeune, étonnée de le voir sous sa forme extraterrestre et tentant de mettre de côté sa frustration récente.
— J'ai été toujours été fascinée par la facilité que tu avais de répondre à mes questions par une autre question. Fit-il en s'asseyant sur le lit de la Mew Mew. Alors ? reprit-il en s'allongeant, les mains derrière la tête.
— Oui, il m'a quitté, avoua Zoey en s'asseyant à côté du cyniclon.
— Tss, T'façon l'un de nous deux était de trop, conclu-t-il en dans un rire étouffé.
— Dren ! Accusa la féline en lui envoyant un coussin sur la figure.

Elle se releva et s'installa sur sa chaise de bureau. Dren s'assit sur le bord du lit en posant le coussin sur ses cuisses. Il attrapa Mini-Mew posé sur le deuxième oreiller de la Mew Mew et le posa sur le coussin devant lui pour jouer avec comme si c'était un enfant. Néanmoins, il observait Zoey : il admirait ses cheveux détachés, et s'étonna même de les voir ainsi alors qu'elle portait toujours son uniforme scolaire.

— Sans indiscrétion, pourquoi ? demanda-t-il.
— Moi tout simplement, répondit-elle en soupirant et en fermant les yeux. Les Mew Mew, le Seigneur Bleu, votre retour, les nouveaux prédasites et... sa perte de pouvoir.
— Je savais que c'était un lâche, pouffa Dren en chatouillant le compagnon de Zoey.
— Arrête Dren, supplia Zoey. J'ai aimé Marc et je l'aime toujours un peu, et je te rappelle que c'est grâce à nos sentiments réciproques que nous avons vaincus le Seigneur Bleu et sauver le monde.
— Vos sentiments réciproques, répéta-t-il en déposant Mini-Mew à côté de lui. Ça ne l'a pas empêché de te quitter à la première occasion, fit-il en se téléportant près de la Mew Mew.

Il attrapa Zoey par le menton pour l'obliger à relever la tête dans sa direction. De son autre main, il déplaça les quelques mèches devant son visage pour admirer les yeux noisettes de la Mew Mew. Le souffle chaud du cyniclon caressait doucement la peau de Zoey ; elle plongea son regard dans les yeux d'or liquides de son ami.

— Je suis revenu pour toi Zoey, sache-le, souffla-t-il en insistant sur son prénom, quand certains en qui tu avais confiance t'ont abandonné, affirma-t-il, ne l'oublie pas.

Elle déglutit lentement, espérant ravaler ses larmes et sa rancœur. Il avait raison : des personnes qu'elles pensaient sincères l'ont abandonné à cause de cette histoire de Mew Mew, comme elle avait toujours eu l'appréhension. Et Dren venait de lui annoncer qu'il était revenu pour elle : tout méritait d'être médité. Il rompit le contact visuel et tactile qu'il avait établi avec la rose. Furtivement il déposa un baiser sur la joue de Zoey et s'éloigna vers la porte en se transformant en humain.

— Ne veille pas trop, conseilla-t-il, bonne nuit mon chaton, souhaita-t-il enfin avant de l'éclipser.

Elle poussa un long soupir une fois la porte refermée derrière Dren. Elle remonta ses genoux contre sa poitrine sur sa chaise de bureau et se surprit à fixer Mini-Mew toujours au milieu de ses peluches sur son lit. Son téléphone posé sur son bureau à côté d'elle annonça l'arrivé d'un message ; qui pouvait bien lui envoyer un message à cette heure-ci ? Un retardataire pour son anniversaire ? Elle fut d'autant plus surprise en voyant Elliot en expéditeur.

→ Nous ne t'avons pas donné ton petit cadeau, rendez-vous demain matin. ;) C'est important.

Ce message commençait si bien : «C'est important.» Qu'était-elle censé comprendre dans cela ? Important comment ? Genre l'avenir de la Terre en dépend ? Quoiqu'il en soit, elle aurait ses réponses demain du moins elle l'espérait. La journée avait été si éprouvante ; ses yeux se posèrent sur le bijou qui ornait à présent son poignet gauche. Ses idées revinrent sur l'altercation avec Tarèns dans l'après-midi. Au fond elle sentait qu'il n'était pas aussi offensif qu'il voulait le faire croire. Elle avait bon espoir qu'il suivrait la voie de son frère et qu'il se battrait avec les Mew Mew contre la nouvelle menace. Mais qui sait ce qu'il a derrière la tête...

Exceptionnellement, Bridget s'était portée volontaire pour faire la fermeture du café à la place de Zoey ; ainsi son amie pourrait profiter de sa soirée d'anniversaire avec sa famille. Elle s'affairait au ménage de la grande salle pour effacer les vestiges de la petite fête d'anniversaire organisée pour Zoey. Elle s'arrêta quelques secondes en se touchant le front comme si ce simple geste allait stopper sa migraine naissante.

— Tu veux un coup de main, Bridget ?
— Non, ça ira, j'ai bientôt terminé, s'empressa d'ajouter la verte en reprenant son balayage. Merci Elliot.
— Bien, ne traîne pas trop, lâcha-t-il avec un sourire. Nous réglons une affaire avec Sardon et vous pourrez rentrer, l'informa-t-il enfin.

La jeune se contenta d'hocher la tête en souriant puis de reprendre sa tâche activement. Elliot fit volte face et se dirigea vers le laboratoire où l'attendait Wesley et Sardon pour continuer une conversation qu'il avait commencé quelques minutes plus tôt. Dans le couloir, il sortit son téléphone de la poche arrière de son pantalon et commença à en tapoter un message. Il s'y reprit plusieurs fois pour en trouver une tournure acceptable. Enfin, au bout de plusieurs minutes, il appuya sur « envoyer », non s'en être convaincu par ce qu'il avait écrit, fourra son mobile dans sa poche et poussa la porte du laboratoire.

— C'est bon, je viens de lui envoyer le message, on lui donne demain, informa-t-il de façon convaincante.

En fait, il ne l'était pas du tout et ce ton qu'il avait employé c'était plus pour le convaincre, lui, du plan que venait de monter les deux hommes. Il s'appuya contre une table devant un poste informatique en veille en croisant les bras contre sa poitrine, un air sérieux sur le visage. Wesley, assis à la table qui occupait le milieu de la pièce, fixa Elliot pour l'inviter à poser la question qui lui taraudait l'esprit. Le brun avait tout de suite comprit qu'il n'était pas convaincu. Sardon restait dans l'ombre des écrans d'ordinateurs, adossé au mur. Le blond soupira avant de prendre la parole.

— Vous êtes certains que ça n'aura aucun impact sur sa santé ?
— Nous sommes sûrs de rien, confia Wesley.
— Mais nos résultats sur ses prélèvements sanguins et son ADN sont concluants, affirma Sardon, à 89, 8%.
— Et si nous échouons ? Brailla le blond. Si cette tentative fait parti des 10,2% restants non concluants ?! Vous avez pensé au cas où ça aurait l'effet inverse ?
— Nous en sommes conscient Elliot, mais nous devons essayer, fit Wesley calmement.

Elliot fulminait ; tout était de sa faute. S'il n'avait pas repris les recherches de son père des années plus tôt, il n'en serait pas là, à mettre la vie d'adolescentes en danger avec des expériences d'ADN. Il considérait chaque échec des Mew Mew comme sa faute, peu importe ce qui pouvait arriver, il remettrait en doute toutes les décisions qu'il avait pris jusque là. Alors qu'il allait riposter à la dernière réplique de Wesley, un léger battement se fit entendre sur la porte du laboratoire. Dans un grincement sourd, elle s'ouvrit doucement laissant apparaître Bridget dans l'encadrement habillée de son uniforme scolaire.

— Je suis désolée de vous déranger, s'excusa la verte, mais je... Sardon, ma mère commence à s'inquiéter.
— J'arrive Bridget, répondit l'intéressé en se décollant du mur.

Le cyniclon s'avança près d'Elliot et posant sa main sur son épaule. Ce geste semblait réconfortant, rassurant et traduisait simplement un « tout se passera bien, fais-nous confiance ». Bien que leur relation ne soit pas encore des meilleurs, Sardon semblait déterminé à aider les créateurs du Projet Mew Mew : de ce fait il les avait aidés pour cette expérience en y apportant de la technologique chimérienne, bien plus développé que celle humaine. Il rejoignit Bridget qui l'attendait toujours dans le couloir ; en passant la porte du laboratoire, une vive lumière éblouit la Mew Mew l'espace d'une seconde, signe que le cyniclon reprenait sa forme humaine. Après avoir salué les deux patrons, Bridget et Sardon quittèrent le café dans les rues encore éclairées de Tokyo.

— Tout va bien avec Elliot et Wesley ? Tenta la verte sur le trajet. Désolé, si cela est indiscret. Se reprit-elle.
— Cesse de t'excuser de faire la conversation Bridget, je m'excuse de ne pas être très loquace ce soir. Sourit-il, faisant au passage rosir les joues de la Mew Mew. Disons qu'Elliot semble se sentir coupable de vous avoir impliquée dans les Mew Mew, et à la première occasion qui n'est pas sûre, il s'égare et s'inquiète. Observa-t-il.

Bridget ne répondit qu'un simple « Oh », comme pour confirmer les paroles de Sardon. Que pouvait-elle bien répondre d'autre ? Elle savait qu'Elliot culpabilisait à cause du Projet Mew Mew et elle ne pouvait qu'imaginer sa peine en voyant que l'équipe reprenait du service sur une menace encore inconnue. Malgré tout, elle était reconnaissante envers le blond et Wesley, car cette aventure lui avait permit de se faire de vraies amies.

— On dirait qu'il va pleuvoir cette nuit, fit le cyniclon, sortant la verte de sa réflexion.
— Oui, tu as raison, l'atmosphère est plutôt humide, remarqua-t-elle en observant le ciel sombre, sans la moindre étoile. Espérons que le mauvais temps ne dure pas et que le printemps arrive vite.

En peu de temps, les voici arrivés devant l'immeuble de la verte. Tout deux allèrent ouvrir la porte d'entrée ; leurs mains se frôlèrent libérant une étincelle à leur contact. A cette intense décharge, Bridget ramena sa main contre sa poitrine en lâchant un petit « aïe », inquiétant d'avantage le cyniclon.

— Je suis désolée, s'empressa d'ajouter la Mew Mew.
— L'air doit être chargé en électricité, peut-être qu'un orage se prépare... soupçonna-t-il.

Ainsi il ouvrit la porte du hall d'entrée en bon gentlemen et fit signe à la jeune de passer. Il jeta un dernier coup d'œil lui aussi à la voûte céleste en espérant que cette étincelle ne soit pas une réaction entre les pouvoirs de la Mew Mew et les siens. Les parents de Bridget leurs avaient laissé leurs dîners sur la table. Ces derniers profitaient de la série policière du soir depuis leur canapé quand le petit frère de Bridget s'adonnait à ses devoirs dans sa chambre. Les deux jeunes avalèrent leurs repas, firent la vaisselle et chacun se rendit dans sa chambre, mais avant Bridget s'installa avec ses parents quelques instants pour profiter de leur compagnie. Enfin elle se décida à aller faire ses propres devoirs. En passant devant la chambre de son petit frère, elle entendit de petits bruits qui attirèrent son attention.

— Nicolas, tout va bien ? S'intéressa la verte en ouvrant la porte.
— Oui, c'est...juste un problème de maths que je n'arrive pas à résoudre, inventa-t-il, seulement cela ne réussit pas à convaincre la Mew Mew.
— D'accord, se désista-t-elle tristement. Tu vas arriver à bout de ce sujet de maths, l'encouragea-t-elle enfin en lui ébouriffant les cheveux, déclenchant un petit rire de son petit frère.

Malgré tout, elle savait que quelque chose clochait ; ce n'était pas un pauvre problème de maths qui mettrait dans tous ses états son petit frère. Au moment de sortir de la chambre, elle aperçut un second cartable de l'école de Nicolas, que ce dernier s'empressa de pousser avec son pied. Le cœur de la Mew Mew se serra : il était entrain de vivre la même expérience que sa grande sœur quelques mois plutôt. Elle referma la porte entre-ouverte et vint s'assoir sur le lit en parfaitement bordé du petit garçon sous le regard interrogatif de ce dernier.

— Tu n'es pas obligé faire cela. S'il y a bien une chose que j'ai compris en vivant ça depuis des années c'est que ça n'aide personne, ni eux ni toi.
— Bridget, lâcha le jeune en éclatant en sanglot, en rejoignant sa sœur sur son lit. Je n'ai pas le choix, avoua-t-il entre deux hoquets. Si je ne fais pas leurs devoirs, ils me tapent à la sortie de l'école. J'ai déjà essayé de leur dire, mais ils refusent de m'écouter, ajouta-t-il. Tu sais les lunettes que j'ai cassé la semaine dernière, c'est parce qu'ils les ont pris et ont fait exprès de marcher dessus parce que je n'avais pas fait leurs exercices de maths.
— C'est grave Nick, il faut que tu les dénonces. Je pourrais aller voir ton proviseur pour...
— Non, la coupa-t-il, ils diraient que je me suis plaint à ma grande sœur et que je suis qu'un bébé.
— Et je sers à quoi moi ? Je suis ta grande sœur, je dois te protéger ! Ironisa la verte. Tout va bien se passer, on va trouver une solution, je te le promets. Le rassura-t-elle en le prenant par les épaules pour déposer un baiser sur sa tempe. Et si on se mettait à nos devoirs ? Encouragea-t-elle après quelques minutes.

Tout deux se lancèrent dans la réalisation de leurs devoirs : Bridget avait la sensation que passer un moment avec son petit frère l'aiderait à lui remonter le moral. Elle ressentait cela quand elle le voyait ces dernières années quand elle se faisait malmenée par les trois Beckys. Sa frimousse d'enfant innocent l'encourageait à être un parfait exemple pour lui. Visiblement tout cela avait un peu trop bien fonctionné et il vivait à présent le même calvaire qu'elle. Ceci la désolait tellement, mais maintenant qu'elle était une Mew Mew et qu'elle avait des amies sur qui compter, elle trouverait une solution.

Le sommeil ne semblait pas gagner notre Mew Mew verte. Elle fixait le plafond l'esprit encombré par l'histoire de son petit frère, la reprise du Projet Mew Mew puis ses futurs examens et la fin de l'année scolaire. Elle se remémorait les mots d'Elliot qu'elle avait surprit dans le couloir plus tôt dans la soirée. Forcément, elle imaginait que cela concernait l'une des Mew Mew, mais laquelle ? Peut-être préparaient-ils quelque chose pour chacune d'elle et le premier essai commencerait bientôt ? Elle ferma les yeux et se concentra sur les bruits qui l'entourait : tout était calme, seule la pluie cognait contre sa vitre et agissait comme une berceuse sur la Mew Mew. Cependant elle se leva et ouvrit sa fenêtre pour apprécier le doux bruit de l'eau sur les feuilles des arbres de la rue. Les travaux d'élagage tardaient dans son quartier, et la forêt dominait encore au pied de son bâtiment. Quelques gouttes venaient toucher ses mains : elle s'étonna en voyant que l'eau s'infiltrait dans sa peau avec une furtive lumière verte. Elle tendit alors le bras pour être plus en contact avec la pluie : cette dernière caressait sa peau en laissant ces points d'illumination et une sensation des plus agréables. Peu à peu l'averse passa freinant la pluie. Non sans frustration, Bridget referma sa fenêtre, observa une dernière fois le ciel sombre dépourvu de points lumineux avant de tirer ses rideaux et de retourner sous ses draps. Étonnement, cette expérience ne la paniquait pas plus ça : elle avait la certitude que cela avait un rapport avec ces pouvoirs de Mew Mew, et que cela ne pouvait pas être mal. L'hypothèse d'un rêve l'attrapa malgré tout, mais cela semblait si réel qu'elle se refusait d'imaginer qu'il en s'agissait d'un. Rapidement un sommeil de plomb la gagna, oubliant quelques instants tous ces sujets embrumant son esprit.