J'avais dit un chapitre environ toutes les semaines ? Hahaha... Je suis vraiment désolée. En vérité, j'étais motivée à reprendre mes fics en main et à publier régulièrement, mais j'ai trouvé un travail qui m'a pris absolument tout mon temps au début.
Mais je reviens et, pour me faire pardonner, je vais vous poster les 3 derniers chapitre d'un coup. Au moins, plus de suspens et plus d'attentes interminables !
Bien sûr, ça ne veut pas dire que je ne vous quémanderai pas de reviews haha. Bref, enjoy !
Chapitre 7 : The game is on
Mycroft soupira longuement.
Lui qui pensait ne pas posséder de cœur, celui-ci se rappelait constamment à son bon souvenir, et pas pour la meilleure des sensations. Depuis deux jours, Lestrade ne répondait à ses SMS que très brièvement, par une phrase courte ou une monosyllabe… quand il répondait. Il s'était définitivement passé quelque chose lors de leur petit entretien au Diogenes Club et Mycroft Holmes, le plus intelligent des deux frères, l'homme qui représentait le gouvernement britannique à lui tout seul, n'arrivait pas à comprendre quoi.
Mycroft décida pourtant de ne pas renoncer : il ne pouvait se résoudre à perdre cette relation naissante qui, pour la première fois de sa vie, lui faisait ressentir des émotions si profondément humaines et bénéfiques à son moral. Quand avait-il ressenti autant de bonheur que lorsque Greg était venu effleurer sa main sur la table ? Ou que lorsque Greg lui avait offert un immense sourire en le voyant arriver devant le salon de thé ?
Bref. Cet homme le rendait heureux et il ne se sentait pas le droit de, lui, le rendre malheureux.
"Peut-on se voir aujourd'hui ? J'ai reçu un nouveau thé qui a l'air excellent, j'aimerais le déguster en ta compagnie. MH."
"Trop de travail. GL"
Court, concis, échec et mat.
Mycroft, désespéré, prit ses billets d'avion : il allait devoir rencontrer le conseiller mégalomane en personne pour le convaincre de mettre un terme à toutes ses idées d'invasion. Décidément, toutes ces histoires le fatiguaient de plus en plus. Et maintenant, il était même obligé de se déplacer, de quitter son bureau, d'aller sur place, de se mêler aux gens… Il le lui ferait payer. D'une manière ou d'une autre, ce conseiller allait comprendre qu'on ne dérange pas impunément Mycroft Holmes.
"Alors ce voyage d'affaires ?" demanda Sherlock en fouillant un de ses dossiers.
"Intéressant," répondit Mycroft d'un ton égal, essayant de ne pas laisser paraître sa lassitude.
"Intéressant ? Je t'ai connu moins avare de détails," le railla son frère.
"Vous nous avez ramené des souvenirs ?" plaisanta John.
Celui-ci était dans le canapé, jouant avec Rosamund et s'amusant, comme toujours, de la situation tendue entre les deux frères Holmes. Pourtant, Mycroft ne lâcha pas de réplique cinglante, pas de rhétorique suffisante. A la place, l'homme retint un profond soupir et sortit un petit livret de sa veste. Il le tendit en tournant la tête, visiblement gêné ou ennuyé. Sherlock réagit promptement et vint subtiliser le cadeau, abandonnant ses innombrables dossiers. Il examina rapidement le livret, apprenant son contenu, le retournant dans tous les sens, le passant sous son nez : rien de suspect. Il le passa donc à John et échangea avec lui un regard éloquent : Mycroft leur avait ramené un cadeau. John prit quelques secondes pour se remettre du choc.
"C'est pour nous ?" demanda-t-il, interloqué.
"Pour Rosamund," répondit Mycroft d'une voix neutre.
John laissa échapper un petit rire avant de consulter le fameux cadeau : un petit livret pour apprendre les bases du hongrois.
"Mais," hoqueta John. "Elle n'a qu'un an !"
Mycroft leva un sourcil : où était donc le problème ?
"Bien, merci pour ce cadeau," coupa Sherlock en virevoltant dans la pièce, comme à son habitude, pour atterrir dans son fauteuil en face de son frère. "Qu'as-tu donc fait à Lestrade ?" demanda-t-il ensuite de but en blanc, plantant son regard inquisiteur dans celui glacial de Mycroft.
"Lestrade ? Ton ami de Scotland Yard ? Je ne l'ai pas vu depuis ce fameux jour."
Sherlock sourit.
"Faux."
Mycroft était intelligent, il avait su dissimuler toute trace de ses entrevues avec l'inspecteur. Même Sherlock n'aurait pas pu voir sur lui des signes lui indiquant la relation grandissante entre les deux hommes.
Mais il réalisa soudain : Lestrade n'avait pas dû aussi bien cacher les indices. Sherlock avait dû trouver un malin plaisir à voir l'évolution de leur relation sur l'inspecteur. Il décida donc de donner une version épurée collant le plus à la vérité pour éviter de devoir en dire trop en n'en révélant pas assez.
"Il est vrai que nous nous sommes rencontrés quelques fois afin de régler cette malheureuse affaire."
"Cette affaire a… traîné en longueur."
"Effectivement."
"Mais vous ne voyez plus depuis quelques jours. Que s'est-il passé ?" interrogea Sherlock.
"L'affaire a été réglée," éluda Mycroft. "As-tu une affaire en cours ?" essaya-t-il de changer de sujet.
Sherlock le regarda comme essayant de le sonder aux rayons x - il n'était pas dupe.
"Oui. Pourquoi as-tu menti sur vos entrevues ?" reprit Sherlock. Mais il n'obtint qu'un haussement d'épaules faussement détaché. "Il n'y a que deux catégories de sujets qu'on évite : ceux qui ne sont pas importants et ceux que l'on voudrait classer dans les pas importants. Sauf que… vouloir ne suffit pas."
Mycroft sentait la colère monter en lui. Cette histoire avec Lestrade le rendait plus sensible, plus vulnérable. Sherlock allait finir par le cerner et ça, c'était inadmissible.
"Il n'est pas important."
"Sûr ?" Mycroft lui lança un regard noir. "Très bien. Ça ne te dérange donc pas de savoir que je l'ai invité. Il ne devrait plus tarder à arriver…"
L'instant d'après, Mycroft entendait la porte d'entrée du 221B s'ouvrir et quelqu'un monter les escaliers. Il était piégé.
Sherlock sourit en coin en se levant pour aller, une fois de plus, fouiller dans ses dossiers. John quant à lui regardait l'aîné des Holmes avec une certaine… pitié ? Compassion ? Mycroft ne sut dire laquelle des deux prévalait, mais au moins ne se délectait-il pas de la situation comme un certain détective.
Puis Lestrade entra. Un regard circulaire lui apprit qui était présent et son intelligence bien que limitée lui permit de savoir qu'il avait été piégé. Raclement de gorge gêné.
"Sherlock, John," salua-t-il. Il tourna légèrement la tête vers Mycroft. Il ouvrit la bouche. Une hésitation. "Mr Holmes."
La partie pouvait commencer.
