Une nouvelle fois merci d'être là. Merci pour vos mises en follow, favori et surtout merci pour vos mots qui donnent vie à cette fic et par la même, à la souffrance de ses soldats oubliés de tous. Merci pour eux.
.
Merci aussi aux guest à qui je ne peux répondre personnellement.
.
Merci à ma fidèle Beta, Cha.
.
Enjoy.
.
Chapitre XV : " Au nom du père, du non-fils et du plus sain d'esprit. "
.
Adossé à la porte d'entrée, Dean fait le point sur sa longue et étrange journée. Après quelques secondes d'introspection, il jette un coup d'œil las à sa montre.
Il est près d'une heure du matin… On est dimanche.
En soi, ça ne change rien à sa vie mais, dans les faits, c'est juste un rappel que, demain, il va reprendre la route. Sa vie de chasseur. Une routine mise entre parenthèses durant ces quelques jours qui en ont redistribué les cartes.
Bobby s'est contenté d'une main sur son épaule et d'un sourire bougon. Dean sait qu'il peut compter sur lui, c'est tout ce qui importe. Un hochement de tête et l'affaire était pliée.
Le vieux chasseur lui a alors fait un rapide compte rendu de la chasse à venir.
Un jeune dealer qui ne s'est pas présenté à l'audience. La dernière fois qu'il a été vu, il prenait la direction du nord.
Charlie a vite fait de rassembler les pièces du puzzle. Une demi-sœur vivant à quelques kilomètres de la frontière canadienne. Un coup de fil et le tour était joué. Ça ne leur demandera pas plus d'un jour ou deux à lui et son frère pour lui mettre la main dessus. Excepté un couac inattendu, ce type de fugitif se montre très souvent prévisible.
Si, au départ de la soirée, la tension était bien présente, elle a eu vite fait de céder la place à la détente et aux rires, Bobby et son duo avec Jody formant le prétexte idéal pour se détourner des sujets qui fâchent. Ce dernier a joué le jeu en ronchonnant pour le principe.
Le béguin de l'un n'est plus un secret pour personne, Jody comprise. Mais elle en est encore à chercher ses marques après le décès de son mari lors d'une chasse, deux ans plus tôt.
Le dîner s'est prolongé tard dans la nuit avant que Jessica ne donne le signal de départ en somnolant contre l'épaule de Sam.
.
Et là, Dean se retrouve seul dans cette maison soudain devenue trop grande et trop vide. Il soupire et, d'une poussée sur les fesses, s'écarte de la porte pour prendre la direction de l'étage.
Une douche plus tard, il se glisse sous les draps. Un avant-bras calé sous sa tête, il fixe le plafond en pensant à la tournure que sa vie vient de prendre.
Il étouffe un rire désabusé, roule sur son ventre et s'endort quelques minutes plus tard, le regard de Castiel planté dans le sien.
.
www
.
Jimmy est venu le chercher pour le dîner. Il ne lui a pas vraiment laissé le choix. Mains sur les poignées de son fauteuil, il l'a poussé hors de sa chambre.
Castiel n'a eu ni la force ni l'envie de protester. Il en est encore à se demander ce qui lui a pris d'écrire à Gabriel.
Ils n'étaient que quatre présents dans la salle à manger. Castiel a reconnu l'homme qui les a abordés, Dean et lui, à leur retour du Roadhouse. Cesar. C'est à sa gauche que Jimmy a glissé sa chaise.
Il y avait là aussi Rob et Martin. Castiel a évité de croiser leurs regards il ne cherchait pas à faire leur connaissance.
Face à lui se tenait un homme à la peau d'ébène, le crâne rasé, droit sur sa chaise. Il émanait de lui une classe naturelle qui imposait le respect.
" Lemuel Worthy ", s'est-il présenté, appuyé d'un hochement de tête.
" Novak ", lui a-t-il finalement répondu du bout des lèvres, paumes calées sur ses cuisses.
Mildred est entrée, s'est installée en bout de table en les saluant. Jimmy y avait déjà déposé les deux plats de gratin de pâtes ainsi qu'un bol de salade mixte avant de s'asseoir à l'autre bout.
Cruche d'eau et de jus de fruits sont passés de main en main. Mildred a invité Cesar à faire le service.
Castiel n'a pas dit un mot de tout le repas. Il s'est forcé à vider la moitié de son plat, dédaignant l'autre moitié, couverts croisés sur l'assiette.
Il a écouté quelques bribes de conversations entre deux absences.
Mildred n'a rien demandé ni posé aucune question. Elle a laissé ses résidents s'exprimer, parler de tout et de rien entre deux bouchées avant que ne surgisse, au détour d'une phrase, un souvenir qui hante ou qui fait sourire.
Aidé par Martin et Abner, venus les rejoindre en cours de repas, Jimmy a débarrassé la table.
Abner qui a tenté de parler à Castiel, mais qui s'est heurté à un mur. Il n'a pas insisté. Personne ne l'a fait. Ils savent et cela suffit.
En cela, Castiel leur a été reconnaissant.
Cette routine allait devenir la sienne durant les mois à venir. Il s'est demandé et se demande encore s'il sera capable de s'y plier et d'un jour être apte, comme ses compagnons d'infortune, à exprimer ce qui le ronge.
Il en doute, mais il doutait aussi un jour de quitter ces maudits trottoirs.
Il a refusé poliment la tasse de thé proposé par Jimmy et a quitté la salle à manger sans un regard ni un mot.
Une fois dans le couloir, il a perçu quelques bribes de phrases et son nom cité.
.
" Novak ", l'a interpellé Mildred alors qu'il s'apprêtait à entrer dans sa chambre.
Il s'est arrêté et l'a laissée approcher.
" Est-ce que tout va bien ? ", s'est-elle enquise.
" Je suis fatigué "
" Je comprends ", avec un doux sourire. " On se retrouve demain pour le déjeuner ", sonnant comme un fait.
" Je ne serai pas là ", a-t-il répondu sur le même ton.
" Je vois ", contrariée. " Sachez cependant qu'il est de coutume que tous les résidents déjeunent ensemble le dimanche, c'est une des règles explicites de la maison. "
Les mains de Castiel se crispent sur ses accoudoirs. Il ferme les yeux pour ne pas laisser la colère le submerger.
Respire… Expire… Respire…
.
" Novak… Novak…", la voix de Mildred résonne comme un écho.
" Vous n'avez pas le droit ", les mâchoires serrées.
" Ce n'est pas là un droit ", à présent face à lui, le visage impassible. " C'est un réapprentissage ", avec un sourire avenant. " Et si cela peut vous rassurer, cette règle n'exclut pas que vous ne puissiez avoir des invités », lui a-t-elle assuré.
.
Il ne l'a pas regardée, ne lui a pas répondu et lui a juste laissé le temps de s'écarter avant de heurter la porte du marche-pieds de son fauteuil.
Il s'est battu avec la clenche, repoussant sèchement sa main quand elle a voulu lui apporter son aide. Sans un regard, il lui a claqué la porte au nez.
" Mildred ? ", s'est approché Abner, inquiet.
" Il a du caractère ", impassible.
" C'est ce que j'ai cru voir ", avec une touche d'ironie.
" Il va s'en sortir… C'est un battant ", en encourageant Abner à la suivre dans le salon.
À peine passé l'arcade, elle s'est dirigée vers Jimmy.
Cette nuit, il veillerait à nouveau sur le sommeil de Castiel.
.
www
.
Cela fait plus de deux heures qu'ils sont terrés dans cet abri de fortune creusé dans la roche.
Une dizaine d'hommes confinés dans quelques mètres carrés, accroupis à respirer un oxygène appauvri par la promiscuité.
Novak les entend râler parce que l'un a pété ou l'autre pue de la gueule. Ils pourraient tous en rire si le moindre son ne risquait pas de dénoncer leur position.
" Silence ", ordonne-t-il, proche du murmure.
Gadreel est collé à sa droite. Au moins, dans cet espace réduit, n'ont-ils pas le temps de s'inquiéter des températures extérieures 20 degrés moins élevées qu'en journée.
Un roulement de pierre… Puis un deuxième…
Novak aperçoit leurs cibles ou, tout du moins, les bouts de cigarettes qui se consument et éclairent leurs visages fantômes.
Un par un, lui et ses hommes sortent du ventre de la terre. Les vêtements qui se frottent et les armes qui cliquent résonnent en écho dans la nuit.
Un cri en pachto et…
.
Un ballet de filets de lumière se met à strier le ciel et le terrain rocailleux qui les séparent les uns des autres.
Ça tire et ricoche.
Ça crie pour s'encourager. Ça hurle de douleur.
Un nouveau chaos.
Les viseurs traquent leur cible. Le sifflement des balles percent les tympans et les chairs.
Novak glisse, dérape, se rattrape tout en guidant ses hommes, fusils d'assaut à l'épaule.
.
" GO… GO… GO "
.
Puis un choc violent qui manque le renverser. Celui d'un corps projeté contre le sien. L'homme le fixe, le regard sans vie. Novak le repousse, arme au poing. Les tripes du mort restent accrochées à sa ceinture. Il les regarde se détricoter alors que l'homme s'affale et roule sur lui-même.
" Sympa votre nouvelle ceinture, LT ", balance un de ses hommes en passant.
" Et merde ! ", impassible, en tâchant de s'en défaire tout en restant en alerte.
Il rejette les tripes au sol et s'essuie les mains sur son pantalon.
" Et Merde ! ", quand des morceaux restent collés à ses doigts.
.
" Merde ! Merde ! Merde ! ", hurlant en battant des mains sur son lit.
La porte s'ouvre sur un Jimmy aux rares cheveux ébouriffés et au visage chiffonné. Il ignore l'interrupteur et se dirige immédiatement vers la table de chevet pour en allumer la veilleuse.
Castiel se débat, vocifère, les yeux grands ouverts sur le plafond.
" Tout va bien… Vous êtes en sécurité…", psalmodie Jimmy en évitant soigneusement de le toucher.
Il ne connaît que trop bien les réactions d'un soldat pris en plein tourment.
" Novak… Novak…", insiste-t-il.
Les paupières clignotent. Les orbes sont voilés de larmes contenues.
" Novak ? ", en s'asseyant au bord du lit aux draps trempés de sueur.
Castiel relève les mains sur ses paupières pour les écraser de ses paumes.
Sa respiration demeure erratique et sa mémoire brouillée mais, lentement, il reprend conscience de son environnement.
.
" Jimmy ? ", en se tournant vers lui, recroquevillé sur lui-même, se protégeant la tête entre ses bras.
" C'est moi ", répète Jimmy, la voix encore teintée de sommeil.
" Je suis désolé ", en fermant les yeux.
" Vous n'avez pas à l'être ", le rassure-t-il. " Je vais vous chercher un verre d'eau ", en se levant. " Et des draps propres ", rajoute-t-il.
Arrivé à la porte, il se retourne.
" Pensez à changer de pyjama… Je reviens. »
Une heure plus tard, Jimmy quitte la chambre. La veilleuse restera allumée toute la nuit. Ce qui n'empêchera pas Castiel de refaire un cauchemar, moins violent cette fois.
" Novak ? ", s'enquiert Jimmy.
" Castiel ", lui répond-il, avant-bras recouvrant ses yeux.
.
www
.
Castiel prend son petit-déjeuner dans sa chambre. Après avoir déposé le plateau repas sur le bureau, Jimmy s'est assis sur le rebord du lit, une tasse de chocolat chaud dans les mains. Il l'incite gentiment à manger pour reprendre des forces. Forces dont il aura besoin dans les prochaines semaines pour réapprendre la maîtrise de ce corps laissé à la dérive.
Castiel met plusieurs minutes à vider son jus d'orange et son assiette de pancakes. Rien n'a vraiment de goût.
Tasse de café entre les mains, il observe les oiseaux qui virevoltent dans le ciel. Libres. Il les envie.
Il baisse les yeux sur ses cuisses.
.
Regard sur ses moignons, ces résidus de tibias, quand, assis sur le siège adapté, placé dans sa douche, il observe l'eau tiède qui trace sa route dans le sillon des cicatrices de ce corps meurtri qu'il ne reconnaît plus. Il n'y a plus rien à aimer, à vénérer ou choyer dans le méandre de ces chairs déchiquetées, pas même ce sexe flasque.
.
Pour la première fois depuis des mois se mêlent aux jets de la douche les larmes amères d'un passé renié qu'une guerre perdue a fait ressurgir :
.
Au nom du père, du non-fils et du plus sain d'esprit…, en riant et pleurant à la fois.
.
www
.
Dean ne dit rien. Le visage de Castiel est une réponse à toutes les questions muettes qu'il se pose.
De larges cernes, les traits tirés et surtout ce bleu baigné de rouge. Il lui sourit en s'accroupissant face à lui, cherchant à plonger dans ce regard qui le fuit, encore et toujours.
Il lève la main et la cale sur sa nuque. Castiel accepte le contact et ferme les yeux. La paume est chaude et le geste empli de cette tendresse qui esquive les mots.
Dean le tire vers lui et colle son front au sien.
Castiel devrait le repousser. Lui dire de partir et non se raccrocher à lui comme à une bouée de sauvetage. Dean mérite mieux que cette moitié d'homme coincée dans un fauteuil et dans sa tête, mais il n'y arrive pas.
Pour la première fois depuis plus d'un an, il ressent…, non pas l'amertume, loyale compagne de sa solitude, mais le besoin de l'autre.
Il laisse glisser son front sur son épaule, mains à plat sur ses cuisses. Et Dean le serre dans ses bras. Doucement, prudemment. Ne pas effrayer l'animal qu'il est encore. Ré-apprivoiser l'homme qu'il est toujours.
Le temps passe tel le sablier qui se déverse. Castiel finit par se redresser et Dean le lâche aussitôt, un peu à contrecœur.
" Allez, viens ", en plantant un bécot sur ses lèvres sèches. " Je crève la dalle ", avec trop d'emphase pour que ce soit naturel.
Jolie dérobade, Winchester, se dit-il, dépité, en se relevant alors que Castiel fouille la poche latérale de son fauteuil pour en sortir sa paire de gants.
Dean salue Jimmy et Abner en grande discussion dans la cuisine avant de quitter Baker's house.
.
Cette fois encore, Castiel refuse d'entrer au Roadhouse. Qu'à cela ne tienne… Ça ne décourage pas Dean pour autant.
Ils déjeunent à l'extérieur.
Dean lui parle de sa soirée et de sa prochaine chasse. Il ne sait pas trop si Castiel l'écoute. Son regard semble distant. Ailleurs.
Mais ça meuble le silence et l'aide à étouffer les battements de son cœur qui dérape à chaque fois qu'il tente d'aborder la question qui le taraude depuis la veille. Il n'arrive pas à trouver les mots justes. Ni le bon moment…
Lui, le champion de la tchatche quand il s'agit de fanfaronner, redevient le dernier des abrutis dès qu'il s'agit de gérer ses émotions.
.
" Étant donné qu'on risque de ne plus se voir avant le week-end prochain... ", commence-t-il, faussement débonnaire alors qu'ils sont sur le chemin du retour. " … je me disais que j'pourrais p'être bien… tu vois… ", bafouillant lamentablement.
Castiel ne répond pas il se contente de tourner la tête vers lui. Perplexe.
Non, visiblement il ne voit pas, se désespère Dean.
" Tu m'aides pas là, tu sais ", soupire-t-il, abattu.
Et Castiel sourit. Ce simple pli sur ses lèvres lui donne le courage qui, jusque-là, lui manquait.
" Je me disais que ça serait sympa si on se téléphonait le soir pour faire le point sur nos journées, hum ! ", lance-t-il, d'un souffle " T'en penses quoi ? ", en lui jetant une œillade tout en prenant garde à la signalisation.
" Je pourrais ne pas te répondre ", les yeux figés sur le trottoir à sa droite. " Mais… d'accord », lui souriant via le reflet de la vitre.
" Génial… On fait comme ça… Je t'appelle… Tu réponds si tu le sens ou tu m'envoies un texto juste, tu sais pour…", balançant la main dans le vide pour finir sa phrase. « Enfin bref… » sourire contrit et dents qui mordillent sa lèvre inférieure.
" Okay ", en opinant.
" Que ça ne t'empêche de m'appeler si tu en as envie, hein ?", rajoute Dean.
.
Castiel devrait répondre toi aussi, mais il n'en a ni l'envie ni la force. Il se déteste pour cela. Déteste ce qu'il est devenu, lui qui prenait toujours à cœur celui des autres. Égoïste.
En son temps, Benny a essayé de lui expliquer que c'était normal. Trop de colère à gérer. Trop d'émotions à vouloir faire taire. TROP…
Trop, il y a toujours trop de TROP. Il ferme les yeux. Trop de sang… De rage… De bruit…
" Cass ? Hey, Cass ? "
Il cligne des paupières.
" T'es avec moi, mec ? ", s'inquiète Dean.
Il opine, mais ne répond pas. Il a peur que sa voix lui désobéisse.
" On fait comme ça, alors ? ", redemande un Dean incertain.
Castiel tique.
" Les coups de fil… Les textos ", lui rappelle-t-il.
" On fait comme ça ", forçant un sourire.
.
L'Impala se gare à la droite d'une Audie. La porte de Baker's house est grande ouverte. Des rires d'enfants résonnent jusque dans l'habitacle.
Deux petites filles surgissent en courant de la maison, poursuivies par Abner. Elles tournent autour des voitures, frôlent celle de Dean. Abner les salue en passant, tout en imitant des cris d'ours.
Dean se surprend à rire avant de sortir de l'habitacle pour en faire le tour et déplier le fauteuil de Castiel.
.
Castiel qui refuse de sortir, les yeux focalisés sur les deux enfants. Pas de peur, ni de panique… Juste un éclat infini d'espoir.
Abner les rattrape et les soulève toutes deux du sol en mimant des morsures sur leurs cous. Elles se débattent avant de se retourner et de le serrer dans leurs bras.
.
Appuyé sur la portière-passager ouverte, Dean réalise soudain que derrière ceux qu'il n'a jamais voulu voir que comme des soldats se cachent des pères, des maris, des amants, des frères et sœurs, des familles… Une vie civile dans laquelle tous tentent de retrouver leurs marques et leur place.
Baker's house est ce pont entre le soldat et l'homme. Cette passerelle qui les aide à renouer avec les deux mondes. Là où cette famille, cette armée pour laquelle ils ont tout sacrifié, ne leur a rien offert en retour que quelques billets verts et des hôpitaux pour y cacher leurs plaies. Mildred et tous les propriétaires de logements de transition leur offrent une rédemption, une seconde chance et, plus que tout, l'espoir d'une vie meilleure.
.
Dean s'accroupit et se tourne vers Castiel.
" Prêt ? ", en sachant pertinemment tout ce que ce mot implique.
Les mains se crispent sur le baggy, les paupières se font lourdes et la respiration plus désordonnée.
Respire… Expire… Respire… Expire…
Castiel rouvre les yeux et les plante dans les siens.
" Prêt ", d'une voix trop basse, mais Dean n'en a cure.
Ce simple mot est à lui seul une victoire…
.
Ils terminent l'après-midi dans le salon, à partager une part de cake avec Cesar et Claude Madsen, un autre des résidents.
Castiel les écoute plus qu'il ne parle. Dean et Claude ont directement sympathisé. Pour une raison toute simple : Madsen possède une Impala cabriolet rouge décapotable de 1960.
Cesar ne cesse d'échanger des regards de connivence avec Castiel.
Un semblant de normalité dans ces vies qui ne le sont plus vraiment.
.
www
.
Cette nuit-là, Castiel ne trouve pas le sommeil. Demain matin, Josuah l'accompagnera jusqu'à Johnson pour y rencontrer le docteur Robert. Cette nouvelle étape l'angoisse. Seul face à tous.
Il pense à ses hommes encore sur le terrain pour certains. Morts pour d'autres…
À ceux qui meurent, ici, chaque jour, dans l'indifférence générale.
Il a vu autant de cadavres sur les trottoirs et dans les ruelles de Portland que sur le terrain.
Les balles amies tuent plus que celles des ennemis. Qu'elles soient de plombs, de cordes ou chimiques.
.
Assis dans le canapé du salon à suivre une émission culinaire dont il n'enregistre rien, Dean sirote une bière tout en tournant les pages du dossier constitué par Charlie sur leur fugitif.
Il finit par s'endormir devant l'écran, épuisé d'avoir repoussé l'échéance.
.
Il est réveillé en sursaut à 4 heures du matin par une fusillade dans une série policière. Après une courte douche et trois cafés, il prépare son sac de voyage.
Il pourrait presque croire que ces derniers jours n'ont été qu'un vague cauchemar dont il viendrait de se réveiller avec une sacrée gueule de bois.
Il est 7 heures quand il se gare devant l'immeuble où Sam et Jessica ont emménagé quelques mois auparavant. Son frère est déjà là, adossé au mur. Sac de lin à ses pieds. Téléphone dans les mains.
Il ne faut pas être devin pour savoir à qui il écrit.
Dean sourit et sort son portable. Il hésite un instant puis soupire et le range, incapable de trouver les mots justes, préférant le silence.
.
La portière s'ouvre, les suspensions dansent. Sam jette son sac à l'arrière et échange un regard complice à son aîné.
" Prêt ? ", en faisant tourner le moteur.
" Prêt ", en mettant sa ceinture de sécurité.
.
Fin de chapitre XV
.
En espérant que ce chapitre vous aura plu, on se retrouve dimanche prochain si le coeur vous en dit.
.
" Lovely " de Billie Eilish ( et Khalid) donne parfaitement le ton de cette fic.
Ce difficile combat contre la dépression. De celle qui ronge Castiel depuis plusieurs années.
.
Love you
