Salut à tous ! Voici enfin la suite, qui reprend aussi abruptement que le chapitre précédant s'était arrêté - j'essaye au maximum de couper à un endroit qui se tient mais ça avait été compliqué pour ce chapitre. On retrouve nos trois protagonistes, et enfin, ils arrivent à Poudlard !
Et au passage, un grand merci à katymyny pour toutes ses reviews : concernant Lavande, j'ai l'intention d'essayer de garder certains de ses points de caractères les plus importants, tout en lui rendant un peu de badasserie qu'elle mérite. Je garantie pas ma réussite, mais c'est mon but final. Sinon, je vais aller jeter un coup d'œil à tes recommandations dès que possible, mais j'avoue que je lis très peu en dehors du fandom HP, et malheureusement, je connais pas du tout l'univers Sherlock (pourtant les livres de Conan Doyle ont été une grande partie de mon enfance mais... j'ai jamais donné sa chance aux séries ou films dérivés...)
Bonne lecture !
Neville Londubat et Hermione Granger avait ainsi parcouru la grande majorité du train, quand elle ouvrit un énième compartiment où un jeune élève encore en tenu moldu semblait sur le point de tenter un sort pour impressionner un deuxième. Le box était bien vide, par rapport à tous ceux qu'ils venaient de traverser. Neville se fit vaguement la remarque qu'ils ressemblaient aux garçons qui avaient traversé la barrière devant lui, à King's Cross, mais il n'osa le formuler à voix haute.
« Vous n'auriez pas vu un crapaud ? Neville a perdu le sien.
- On n'a rien vu du tout. » C'était le garçon roux qui avait répondu et Neville commençait à perdre espoir. Il était resté à l'entrée du wagon, alors qu'Hermione entra pour s'assoir sur une banquette :
« Tu étais en train de faire de la magie ? On va voir si ça va marcher.
- Bon, allons-y, » le rouquin semblait pris au dépourvu, « Soleil, jonquille et canari, que ce gros rat gris en jaune soit colorié, de la tête jusqu'au pieds. » Neville jeta un coup d'œil, mais le rat semblait toujours aussi gris. Il se sentit un peu rassurait, de savoir que certains élèves rataient parfois leur magie – même s'il s'en voulu immédiatement : il n'avait pas une once de magie, lui, comment pouvait-il se comparer ?
« C'est ça que tu appelles jeter un sort ? Pas très brillant comme résultat. Moi, j'ai essayé de jeter des sorts pour m'entrainer et à chaque fois, ça a marché. Personne n'est sorcier dans ma famille, j'ai eu la surprise de ma vie en recevant ma lettre, j'étais tellement contente ! » Toujours sans reprendre son souffle, elle continua : « On m'a dit que c'était la meilleure école de sorcellerie. J'ai déjà appris par cœur tous les livres au programme, j'espère que ce sera suffisant pour débuter. Ah, au fait, je m'appelle Hermione Granger, et vous ?
- Je m'appelle Ron Weasley. » le rouquin avait marmonné, mais Neville pensa que sur ce point au moins, il avait eu raison : c'était bien la famille Weasley qui avait traversé devant lui. Il fut aussi soulagé de voir sur le visage des deux garçons, qu'aucun n'avait, au contraire d'Hermione, appris par cœur chaque ouvrage.
« Moi, c'est Harry Potter.
- C'est vrai ? » Hermione avait exclamé exactement la réaction de Neville : Harry Potter, le célèbre Harry Potter !? Neville l'avait pensé avec admiration, car comme tous les jeunes sorciers, il avait appris à quel point Harry Potter était le héros de la guerre sorcière – mais franchement, entre vous et moi, nous sommes bien d'accord que ce culte était complètement absurde ? Le gamin n'a jamais rien fait de sa vie, à ce stade-là, que ne pas mourir, et il faudrait le traiter en dieu vivant ? Que nenni, les véritables héros étaient morts pour la plupart et pensez donc à rendre hommage à Regulus Arcturus Black en allant vous coucher. Vous devriez d'ailleurs y aller, depuis combien de temps êtes-vous donc en train de suivre les horreurs que l'ombre cache au lieu de prendre soin de votre santé mentale ? Prenez un thé, et lisez donc un ouvrage de meilleure qualité.
Neville était toujours sur le pas de la porte, à écouter la conversation entre les trois jeunes sorciers. Il se sentait un peu plus mal à l'aise quand la jeune sorcière continua, désormais passionnée :
« Je sais tout sur toi, j'ai lu quelques livres supplémentaires pour ma culture générale et je peux te dire qu'on parle de toi dans Histoire de la magie moderne, Grandeur et décadence de la magie noire et Les Grands Evénements de la sorcellerie au XXe siècle.
- Ah bon ? »
Il aurait pu paraitre étrange que le jeune, prenons donc tous un ton moqueur, célèbre Harry Potter, ne connaissent en rien tous ces ouvrages ni aucun des deux-cent quatre-vingt-trois autres qui citaient son nom comme celui d'un « héros » mais, en se replaçant dans le contexte, il est à lui accorder qu'il n'avait ni eu l'enfance la plus facile et joyeuse, ni la famille la plus à même de lui présenter ses ouvrages. Et il est vrai, que je lui accorderais en ça, que même des années plus tard, il reste toujours le jeune garçon incapable de prendre pleinement conscience du culte qui pouvait lui être voué. Sûrement aurait-il, lui aussi, préférait que la victoire soit redistribuée à tous ceux qui s'étaient vaillamment battu pour et rester un nom, parmi un florilège d'héros inconnus.
« Tu ne savais pas ? Si c'était à moi que c'était arrivé, j'aurais lu tous les livres où on en parlait. » Neville commençait à être franchement mal à l'aise, il ne voulait pas déranger, et voilà qu'il se retrouvait à presque parler à une personne célèbre qui avait sûrement autre chose à faire. Il se permit de tirer légèrement une des manches d'Hermione, faisant de son mieux pour rester invisible, lui, mais celle-ci continua : « Vous savez dans quelle maison vous serez ? Moi j'espère bien aller chez les Gryffondor, ça m'a l'air d'être la meilleure. On m'a dit que Dumbledore y a fait toutes ses études, mais les Serdaigle ne doivent pas être mal non plus. » Neville tira un peu plus fort sur la manche. « Enfin bon, on va essayez de retrouver le crapaud de Neville. Vous feriez bien de mettre vos robes de sorciers, vous deux, on ne va pas tardez à arriver. »
Et en effet, Hermione Granger avait raison : alors que Neville Londubat se remis à la suivre vers les derniers wagons pas encore visités – après avoir murmuré un « merci, bonne fin de voyage » que les deux occupants du wagon ne semblèrent pas entendre – le train, lui, affichait au travers de ses vitres les paysages d'Ecosse. Il restait encore une petite demi-heure de trajet.
Drago Malefoy avait quitté son wagon dans l'espoir d'abandonner Vincent Crabbe derrière lui, ainsi que l'ami de ce dernier, un certain Gregory Goyle. Drago le connaissait de loin, et ne le supportait pas plus que le premier. Les deux avaient dû recevoir une éducation pire que les plus moldu des moldu pour passer ainsi leur temps salir le nom de leur famille : Drago avait tant bien que mal retenu une crise de panique quand Vincent avait englouti trois chocogrenouilles à la fois, laissant des traces de chocolat sur ses doigts et commissures labiales tout en parlant et postillonnant sur deux sorciers plus âgés qui partageaient leur wagon. Drago Malefoy avait fait de son mieux pour rester calme, droit et fier, prouvant ainsi qu'il méritait son nom et essayant tant bien que mal de ne pas jeter plus d'opprobre sur sa famille que la présence des deux incapables le faisait déjà. Comment avait-il pu oublier à quel point ses deux êtres étaient loin des standards que son père avait dressé pour sa famille ? Pourtant, Lucius Malefoy avait toujours semblé respecté le père de Crabbe et Drago aurait juré qu'il avait déjà mentionné les parents de Goyle… Drago n'avait aucune idée de comment il allait bien faire pour que ces deux ne ruinent pas ses efforts. Il sentait déjà sa joue lanciner de la gifle que son père lui mettrait s'il rentrait aux prochaines vacances avec des rumeurs de mauvaise tenue.
Drago Malefoy avait donc quitté son wagon dans l'espoir d'abandonner Vincent Crabbe et Gregory Goyle derrière lui, mais les deux l'avaient suivi. En traversant un wagon, ils croisèrent une jeune fille qui devait être en première année aussi, en témoignait le blason de Poudlard sur sa robe, et un garçon du même âge qui semblait bien plus désireux de disparaitre qu'elle :
« Je n'arrive pas à croire qu'on vient de rencontrer Harry Potter, le vrai Harry Potter, Neville. Tu imagines être dans la même maison que lui ? » Spoiler alert, Neville ne l'imaginait pas, cela lui paraissait impossible, mais Drago Malefoy ne s'en rendit point compte. « Il doit savoir tellement de choses à propos des effets secondaires des sortilèges, et même sur l'Histoire de la Magie. » Mais la voix de la jeune fille – que vous avez sûrement reconnu être Hermione Granger, contrairement à Drago Malefoy – faiblissait déjà au loin, sans que Neville Londubat n'ait eu l'occasion de répondre.
Mais Drago Malefoy était curieux – il avait vaguement idée qu'il aurait dû être dans l'année du célèbre Harry Potter mais il n'y avait pas vraiment pensé. S'il pouvait faire ami avec lui, sûrement que son père serait fier de lui, être le meilleur ami d'Harry Potter ne pouvait qu'aider à parfaire tout le travail que son père avait réalisé pour laver le nom Malefoy.
Drago Malefoy se pencha discrètement pour voir dans les différents wagons qui suivirent la rencontre – mais les deux box suivants étaient occupés par des élèves qui avaient l'air bien trop vieux pour être le célèbre Harry Potter. Enfin, il tomba sur deux jeunes garçons qui n'avaient même pas encore enfilés leurs robes aller plus loin semblait peu crédible par rapport à où ils avaient croisé la jeune sorcière, et Drago décida de tenter sa chance :
« Alors, c'est vrai ? On dit partout que Harry Potter se trouve dans ce compartiment. C'est toi ?
- Oui. »
Drago Malefoy croisa alors ses yeux et le reconnu immédiatement : c'était le garçon de la boutique de Madame Guipure. Il n'avait toujours pas l'air plus bavard que sur le chemin de traverse, mais ils auraient fait de superbes meilleurs amis, Drago pouvait s'imaginer en train de rire, cachés du regard des autres, après un cours de potions où l'un des nés-moldu aurait fait exploser son chaudron. Mais Drago avait conscience que leur première rencontre n'avait pas été, à vrai dire, parfaitement parfaite.
« Lui, c'est Crabbe et l'autre, c'est Goyle. » Drago avait désigné les deux sorciers qui l'avaient suivi jusque-là, la politesse voulant qu'il les présente avant lui. « Moi, je m'appelle Malefoy. Drago Malefoy. »
Il voulut s'avancer pour tendre une main amicale, mais le deuxième garçon se mit à rire. Et Drago se mit automatiquement sur la défensive, près à mordre. Quelques secondes à peine suffirent à identifier Ron Weasley : cheveux roux, taches de rousseur, vêtements moldus abimés… Si Harry Potter avait déjà fait ami avec des traitres, quel espoir avait-il de le récupérer ? Il sentit son monde s'effondrait :
« Mon nom te fait rire ? Inutile de te demander le tien. Mon père m'a dit que tous les Weasley ont les cheveux roux, des taches de rousseur et beaucoup trop d'enfants pour pouvoir les nourrir. » Drago Malefoy tendit sa main vers Harry Potter, dans un dernier espoir : « Fais bien attention à qui tu fréquentes, Potter. Si tu veux éviter les gens douteux, je peux te donner des conseils.
- Je n'ai besoin de personne pour savoir qui sont les gens douteux. »
Et au ton froid qu'il avait employé, Drago sut que les mots qu'il avait dits, étaient sortis plus méchamment qu'il n'aurait voulu. A cet instant précis, il comprit qu'il était inutile d'espérer plus : il avait échoué. Sa main ne fut jamais serrée. Que ce serait-il passé, si Harry n'avait pas été avec Ron Weasley dans ce wagon ? S'il n'avait jamais rencontré Molly Weasley, envoyée là par Albus Dumbledore, directeur de Poudlard, d'après mes sources ? Sûrement qu'il aurait suivi Neville Londubat et que sa grand-mère, beaucoup moins avenante, ne lui aurait pas fait suffisamment bonne impression pour qu'il reste plus que cela avec le garçon. Peut-être, en errant dans le train, serait-il retombé sur les cheveux blonds platines de Drago Malefoy, et que malgré leur première rencontre un peu foireuse, il lui aurait laissé sa chance. Sûrement, alors, que Harry Potter aurait fini à Serpentard, et, apprenant à connaitre Drago Malefoy, les deux auraient pu développer les sentiments opposés à ceux qu'ils s'efforceraient d'avoir l'un pour l'autre pour les sept ans à venir, et même quelques-unes des années qui suivraient. Ne sous-estimez jamais, à quel point votre vie serait différente, si un tout petit détail n'avait pas eu lui : et si les Dursley avaient abandonné Harry en gare plus tôt, lui permettant de passer la barrière avec Millicent Bulstrode – car si Molly était si paniquée ce jour, ce n'était pas parce qu'elle avait oublié la voie, qu'elle connaissait désormais par cœur après avoir passé sept ans à Poudlard elle-même puis y avoir envoyé précédemment cinq de ces garçons, mais bien parce qu'elle était arrivée tard et qu'elle craignait d'avoir loupé Harry Potter…
Les mécanismes de défense sont ce qu'ils sont, et souvent, un animal blessé est plus dangereux encore qu'un animal pouvant courir. Il y a ce dernier sursaut pour garder la vie, qui fait mordre. Drago était cet animal blessé, d'une certaine façon, et il se défendait de la façon qu'on lui avait appris : en mordant. Il s'agissait de garder la face, au moins devant Vincent Crabbe qui irait tout répéter à son misérable père. De prouver, qu'au moins, il ne laissait personne le rabaisser. Il valait mieux que quiconque trainait avec des traitres à leur sang, cela au moins il en était sûr. Et puisqu'Harry Potter semblait vouloir se rabaisser si bas – alors qu'il lui avait proposé son amitié et qu'il avait osé presque lui cracher dessus – Drago n'avait plus aucune envie de paraître sympathique. Il voulait rappeler son rang :
« Si j'étais toi, je serais un peu plus prudent. Si tu n'es pas poli, tu vas finir comme tes parents. Eux aussi ont manqué de prudence. Si tu traines avec de la racaille comme les Weasley ou ce Hagrid, ils finiront par déteindre sur toi.
- Répète un peu ça. » Harry s'était levé, et semblait être passablement énervé désormais.
- Vous voulez vous battre, tous les deux ?
- Vous feriez mieux de filer d'ici. »
Drago était prêt à partir, à vrai dire, même s'il avait besoin d'avoir le dernier mot. Gregory Goyle, de son côté, semblait surtout intéressé par les restants de sucreries qui trainaient sur une des banquettes. Il tendit la main, et détruisant tout espoir que Drago pouvait encore avoir le concernant, dit :
« Oh, mais on n'a pas du tout l'intention de s'en aller, pas vrai les gars ? On a fini toutes nos provisions et vous avez l'air d'en avoir encore. »
Et il ponctua sa phrase d'un hurlement épouvantable, agitant les mains dans tous les sens, jusqu'à envoyer un rat sur la fenêtre du train. Drago recula d'un pas, prudent, et conscient de la catastrophe qui venait de se dérouler : jamais, il ne pourrait tourner la scène à son avantage, il en avait conscience, et il préféra s'éclipser, espérant que les deux loustics resteraient se faire honte, seuls. Les deux loustics ne restèrent pas, et au plus grand malheur de Drago, ils s'empressèrent de le suivre. Comment pourrait-il bien rattraper ça, désormais ? Ses deux joues étaient lancinantes.
Drago Malefoy se retrouva rapidement bloqué par la foule qui avait désormais quitté le confort des banquettes pour rejoindre les allés du train et se rapprocher des portes. Le train ralentissait, sûrement s'approchait-il du château. Celui-ci n'était absolument pas visible par les fenêtres et il l'aurait été encore moins pour le commun des moldus. En effet, quiconque aurait pris la peine de lire l'Histoire de Poudlard – mais il semblait que seuls trois élèves à Poudlard pour l'année se présentant ne l'avait lu, et je peux même vous affirmer que ce chiffre est encore descendu pour l'année actuelle, alors, faites-moi donc une faveur et quittez donc cet écrit pour vous intéresser à des ouvrages plus joyeux l'Histoire de Poudlard serait instructif mais finalement, il est vrai que l'histoire du château n'est pas une suite de joyeuses aventures pour enfants lutin. Déjà, le château n'accueillait pas les enfants lutins – il y avait toujours eu de gros soucis d'inclusion des enfants ne correspondant pas aux critères sorciers du ministère dans ce château, croyez-moi. Et, dans tous les cas, l'Histoire de Poudlard était bien plus une suite de blessés et de morts, qui, malheureusement, était loin d'être finie en ce 1er septembre 1991. Avez-vous déjà penser à l'Histoire du Sir Nicholas de Mimsy-Porpington ? Oui, il était l'ancien responsable de maison de Gryffondor, et non, ce n'est pas une joyeuse histoire pour enfants lutin que sa mort. Alors, je vous en ferai grâce, car nous suivons déjà des destins qui ne seront, à la fin, pas des joyeuses histoires pour enfants lutin mais, si un jour votre enfant reçoit sa lettre d'admission à Poudlard, réfléchissez-y à deux fois, et demandez-vous s'il ne vaudrait pas mieux pour eux aller à Beauxbâtons, ils ont de beaux jardins à la française et un excellent curriculum en danse classique, à la place des morts – et sincèrement, le reste se vaut.
Ainsi donc, Drago Malefoy se trouvait pris dans une foule, et il ne put qu'avoir un regard condescendant sur l'élève encore en tenue moldu à côté de lui – il avait eu un terrible rappel avec, prenez donc votre meilleur ton moqueur, le célèbre Harry Potter que ceux incapable de présenter dignement ne méritait pas son respect – son père avait raison.
Neville Londubat cherchait toujours son crapaud, ce qui était une tâche encore plus impossible dans la foule qui l'avait désormais rejoint. Il aurait fallu chercher une aiguille dans une botte de foin, mais sans aimant et sans possibilité de mettre feu au train – il y avait fort à parier que débuter un feu dans ce train n'aurait pas améliorer les horreurs de l'Histoire de Poudlard. Il avait été abandonné par Hermione Granger – c'est encore un mystère comment la chevalière de la détermination avait abandonné avant de retrouver le crapaud – mais il était désormais accompagné de Lavande Brown qui avait perdu le reste de son wagon, et notamment sa meilleure amie Parvati Patil et la sœur de celle-ci.
« Tu n'as toujours pas retrouvé ton crapaud ?
- Euh… » Neville était surpris qu'on lui adresse la parole dans cette foule : « Non, j'ai cru l'apercevoir tout à l'heure, mais il avait disparu avant que je puisse le rattraper.
- Je vais faire attention, si je l'aperçois, je serais en pleurs si c'était mon lapin qui avait disparu. On dirait qu'on est presque arrivé, il sera peut-être plus facile à remarquer quand tout le monde sera descendu ? »
Les deux restèrent silencieux, aucun ne sachant vraiment comment relancer la conversation. Mais Lavande souriait gentiment. Le silence dura encore plusieurs minutes, le train brinquebalant les élèves sur les derniers mètres qu'il lui restait à parcourir, semblant chaque seconde s'arrêter mais retardant, en réalité, chaque seconde son arrêt. On sentait l'impatience parmi les élèves, et les plus grands regardaient les plus jeunes avec une certaine nostalgie : au bout de six ou sept années, ils n'avaient plus le même émerveillement à l'idée d'arriver à Poudlard – même s'il aurait été mentir que de dire que la plupart avait perdu leur excitation.
« Dans le pire des cas, sûrement que la magie du train l'enverra dans ton dortoir avec tes bagages directement, s'il est monté dans le train. Mes parents m'ont expliqué qu'on n'avait pas besoin de récupérer nos bagages pour sortir, on les retrouve directement au pied de nos lits.
- Il a fui dans les wagons en montant, merci. » Neville ne savait pas vraiment comment se sentir, de voir que tant de monde s'inquiétait sincèrement pour lui ou son crapaud – deux personnes semblaient autant que l'entièreté du monde à cet instant. Il pensa à sa grand-mère qui avait soufflé et râlé quand il lui avait dit avoir perdu son crapaud, et il pensa à ses deux élèves qui n'avaient ni soufflé ni râlé, mais tout au contraire avait décidé de l'aider – comme s'il n'était pas un poids insupportable dans ce monde…
« Nous arriverons à Poudlard dans cinq minutes. Veuillez laisser vos bagages dans les compartiments, ils seront acheminés séparément dans les locaux scolaires. » et ainsi, le train confirma les dires de Lavande.
Celle-ci se remit à chercher des yeux et Trevor et Parvati – peut-être dans l'ordre inverse, mais il aurait été complexe de le dire, tant celle-ci était sincère dans son désir que Neville retrouve son crapaud. Elle aperçut soudainement les longs cheveux presque noirs des deux jumelles tout près de la porte, et après avoir lancé un dernier sourire à Neville, elle tenta de jouer des coupes pour atteindre la porte elle-aussi. La foule était dense, vous l'avais-je déjà dit ? En tout cas, Lavande n'eût pas l'occasion d'atteindre ses amies avant que le Poudlard Express s'arrêtât et déversa un flot d'élèves pressés sur une sorte de minuscule quai magique et dans la fraicheur des soirées d'été écossaises. Un homme immense, aux cheveux et à la barbe partant en toutes directions et se mêlant, étaient présent pour les accueillir :
« Les premières années, par ici. Suivez-moi. » Il avait crié, avec un sourire rayonnant, avant de chuchoter la suite et Lavande ne vit que ces lèvres bouger. Sûrement qu'elle ne se serait même pas rendu compte qu'il avait continué à parler si elle n'avait pas été au même endroit du quai. « Les premières années sont tous là ? Allez, suivez-moi. Et faites attention où vous mettrez les pieds. En route ! »
Faisant attention à ne ni glisser ni trébucher – à côté d'elle, certains élèves n'étaient pas aussi prudents et il y eu quelques chutes – Lavande rattrapa les jumelles Patil le long du chemin sinueux. Le lieu ne semblait pas vraiment accueillant au premier abord, et on pouvait se demander pourquoi il avait été instauré au rang de tradition le fait de faire passer les premières années par ce chemin escarpé et dangereux. Il n'est, en réalité, pas complètement insensé de croire qu'aucun-e directeurice de Poudlard n'avait été réellement compétant pour le rôle : on pourrait, sans même réellement essayer, recenser facilement une vingtaine de raisons de fermer l'école : le troll enfermé dans un donjon, le chien des enfers gardé au deuxième étage, les escaliers mouvants, les accès à la forêt interdite non surveillés, le saule cogneur en plein milieu du parc, le calamar géant du lac, la mauvaise sécurisation des locaux contenant des produits dangereux, les menaces de mort du directeur à l'ensemble des étudiants leur premier soir, la preuve pas vraiment morte de l'assassinat d'élèves dans l'enceinte de l'établissement, la présence du mage noir le plus craint de la décennie… Dois-je vraiment continuer ? Dans tous les cas, la dangerosité de ce chemin ne faisait qu'allonger la longue liste des inepties de cet établissement. Envoyez vos enfants à Beauxbâtons, je vous le répète : les dangers sont remplacés par des jardins à la française très bien entretenu et les morts par des cours de danse classique. Vous préférerez devoir subir le ballet de douze heures et demie de vos enfants, je vous le jure – même si ce ballet est en réalité une façon très ingénieuse de transmettre le message secret suivant : « le café est froid, allumez la troisième bougie. »
Dans tous les cas, Lavande rattrapa ses amies au même moment que l'immense homme déclama :
« Vous allez bientôt apercevoir Poudlard. Après le prochain tournant. »
Et tout le monde lui répondu par des onomatopées d'étonnement, ce qui, ici, pourrait se retranscrit comme qui suit : « Oooooh ! » Ils n'avaient pas conscience qu'ils allaient devoir traverser un lac noir rempli de sirènes – et chacun sait que les sirènes se nourrissent de chair humaine, allez donc savoir comment diantre, Poudlard pouvait en avoir une colonie dans son domaine – et d'un calamar géant, en plus des strangulots, de sympathiques petits démons connus des sorciers pour leur propension à noyer les enfants en les tirant par le bras. Mais le lac était un lieu tout à fait sûr à faire traverser par des élèves de première année, n'ayant, pour la plupart, que de très faibles connaissances magiques.
Ainsi, l'immense homme – que nous nommerons désormais Rubeus Hagrid, gardien des clés de Poudlard, comme il est poli de le présenter – annonçait désormais aux élèves l'affreuse réalité, tout en omettant bien de signaler la présence de sirènes, de calamar géant, de strangulots. Et tout le monde se retrouva ainsi à quatre dans de petites barques peu sûres. Lavande était ainsi en compagnie des deux sœurs Patil, ainsi que d'une autre fille aux cheveux noirs coupés au carré, qui se présenta comme Pansy Parkinson. Parvati Patil se présenta, et présenta aussi les deux autres mais la discussion ne continua pas plus loin car chacune des quatre observait désormais avec émerveillement la haute silhouette du château, qui se dressait dans la lumière des étoiles et des lampions. Pansy Parkinson à l'avant de la barque, faillit se prendre le plafond de la crique sur laquelle s'ouvrait un rideau de lierre, et hurla en riant aux autres de se baisser – c'est ainsi que les quatre filles débarquèrent sur le sol rocheux de la crypte en riant, bien décidées à prendre les événements de la soirée du bon côté.
Dans leur fou rire, Lavande n'entendit par Rubeus Hagrid, gardien des clés de Poudlard, retrouver le crapaud de Neville, mais un grand sourire éclaira son visage quand Neville la cogna, tendant les mains vers son crapaud et hurlant son nom :
« Il l'a retrouvé !
- Tant mieux, je n'aurais pas aimé être à sa place. Personnellement, je ne peux pas quitter des yeux mon chat un instant, je ne sais pas comment je vais faire pour les cours ! » répondit Pansy en riant. Et les quatre filles repartir à la suite des autres élèves, grimpant le long du passage creusé dans la montagne, avant que Pansy les quitte pour rejoindre d'autres amis à elle sur la vaste pelouse du château.
« Tout le monde est là ? » demanda Rubeus Hagrid, gardien des clés de Poudlard. « Toi, là-bas, tu as toujours ton crapaud ? »
Lavande vit Neville affirmer de la tête, et l'homme immense se permit alors de frapper à la porte de Poudlard. Lavande et Parvati échangèrent un regard plein d'excitation : elles étaient enfin à Poudlard ! Et attrapant la main de chacune de ses amies, Lavande se permit d'espérer qu'elles pourraient être toutes les trois dans la même maison, partageant le même dortoir, et vivant de magnifiques aventures. Je suis au regret de vous annoncer, que tout cela ne se déroulerait pas exactement aussi parfaitement qu'elle espérait en cette instant. Mais Lavande était une jeune fille positive et optimiste, laissons-lui encore, un peu, le temps d'être heureuse avant son tragique destin.
J'espère que vous êtes soulagé que Neville ait retrouvé son crapaud ! Même si tout le monde s'y attendait puisque je réécris juste un chapitre déjà connu... En tout cas, on est désormais arrivé à Poudlard, donc la semaine prochaine, ce sera cérémonie de la répartition ! Et on suivra toujours nos trois protagonistes.
Je galère beaucoup à écrire en ce moment - je tente le Nanowrimo mais j'en suis à 4k pour l'instant... J'ai encore un peu d'avance quand même, tout est écrit jusqu'au chapitre 9 et le chapitre 11 est écrit aussi, il faut encore que je relise et corrige, mais le chapitre 10 est... compliqué ? La chronologie part dans tous les sens dans ce chapitre et j'ai eu la bonne idée de la rater, donc bon, faut que je réussisse à sortir de se problème...
En tout cas, bonne semaine à tous, bon courage à ceux qui ferait potentiellement le Nanowrimo et prenez soin de vous !
