CHAPITRE 7


La soirée avec la meute s'est bien déroulée, pour l'occasion, nous avons mangé dans le jardin des Uley, la meute au grand complet. Sara était très intimidée par tout le monde et surtout par Sam et Paul. C'est d'ailleurs au cours de cette soirée que je me suis vraiment rendu compte qu'elle était toute petite. Egale à elles-mêmes, Emily, Rachel et Kim ont vraiment été des anges avec Sara, n'hésitant pas à remettre les garçons à leur place quand il fallait.

Petit à petit, les uns et les autres ont quittés la soirée, ne laissant que Sam, Emily, Jared, Kim, Sara et moi. Sans compter sur Al' qui passe la tête par l'entrebâillement de la porte fenêtre.

– Je vais patrouiller avec Ed' et Brady, finalement ! m'informe-t-il.

– Ok, je prends ton prochain tour de nuit, déclaré-je.

Il salue tout le monde, se déshabille, se transforme un immense loup gris au reflets brun et s'enfuit dans la forêt. Sara me regarde avec des grands yeux puis fronce les sourcils.

– C'est pas Sam le chef ? dit-elle avec une moue.

Sam rit et me donne une tape dans le dos.

– C'est Embry qui a pris les commandes de la meute depuis quelques années, répond Jared à ma place, mais tu as raison c'est quand même Sam le chef.

– J'ai arrêté de muter depuis plusieurs années, j'ai laissé Jared prendre ma place, puis Paul, puis Embry, explique Sam.

– Alors moi j'ai rien compris à la soirée… boude-t-elle. Je croyais que c'était un truc avec la meute…

– Tous les garçons et Leah ont été ou sont encore des loups, explique Kim, d'une voix douce, aujourd'hui les seuls modificateurs qui restent sont Embry, pour commencer, Quil, Seth, Brady, Edmund, Ethan et Alphonse.

– Et pourquoi la plupart sont venu sans leur copine ?

Tous me fusillent du regard et je me gratte derrière la tête, gêné. Sara m'observe avec ses grands yeux chocolat dans lequel je voudrais plonger.

– Elles ne sont pas au courant, répondis-je simplement, et ne doivent pas l'apprendre.

– Embry ! gronde Emily.

– Em', plus tard ok ? soufflé-je.

De toute façon, je vois déjà que Sara fatigue, elle a les yeux qui se ferment progressivement depuis tout à l'heure… elle lutte pour rester éveillée et continuer de poser ses questions. Sa tête balance légèrement et menace de tombe contre l'épaule de Jared, assis à côté d'elle.

Je m'avance vers elle et elle lève machinalement les bras vers moi. Je me penche pour qu'elle crochète ma nuque et ses jambes s'accrochent à ma taille. Dans mes bras, elle se laisse aller à tête dans le creux de mon cou.

– Merci pour la soirée, c'était sympa, on se refait ça ? salué-je l'assemblée.

Tout le monde acquiesce et je quitte la maison des Uley, Sara dans les bras.

Le lendemain matin, en prenant notre petit déjeuner, Sara me fixe réfléchissant à toute vitesse. Je vois bien dans son regard qu'elle cherche ses mots. Je la fixe à mon tour, l'encourageant du regard.

– Embry, est-ce que… Est-ce que tu m'aimes comme Jared aime Kim ? bafouille-t-elle.

Je suis surpris de la tournure de sa question, mais je souris tendrement.

– Oui, Sara.

Elle sourit à pleine dent et croque dans sa tartine. Je ris en la regardant manger et elle rougit.

– C'est vraiment là ta seule réaction ? Pas d'autres questions ?

– Non, je m'en fiche du reste, tu m'aimes, je t'aime et je sors avec le mec qui me plaît ! déclare-t-elle.

Je me lève et l'embrasse avec tout l'amour que je lui porte. Elle est si mignonne ! Je retourne à ma place et décide de tout lui dire, qu'elle comprenne vraiment de quoi il en retourne.

– Je me suis imprégné de toi à la minute où j'ai croisé ton regard à l'école, expliqué-je, c'est comme si tu étais mon âme-sœur, mais en plus complexe, tu es toute ma vie, mon univers, mon centre de gravité… Face à toi je n'ai aucun pouvoir de décision…

Elle plisse le nez et je sais instantanément à quoi elle pense.

– Tu étais mineure, chérie ! la disputé-je

– Oui, oui, bon ça va ! boude-t-elle.

Je ris et elle me lance un sourire éclatant.

– C'est pas grave parce que maintenant tu es a moi et je te laisserais pas partir !

– Hum, fis-je semblant de réfléchir, séquestration, c'est passible d'une peine de prison ça, tu sais ?

Elle m'envoie sa serviette de table à la figure et éclate de rire. Nous reprenons notre sérieux et finissons de manger avant de se préparer pour aller travailler. Elle enfile une tenue de travail tandis que je m'habille simplement pour aller en classe.

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Après avoir terminé de me préparer pour aller travailler. Sara me retrouve dans la salle de bain et je soupire doucement en la regardant s'habiller à son tour.

– Ils vont me donner le compte rendu du conseil d'administration aujourd'hui, soupiré-je, tu vas certainement en recevoir un exemplaire par la poste…

Elle hoche la tête et m'embrasse avant de filer à l'atelier rejoindre Quil, depuis quelques temps, elle s'est inscrite sur une fac en ligne avec une demande d'alternance en entreprise, ainsi elle continue de travailler au garage et suit ses cours en même temps.

Je récupère mon trousseau de clefs, quitte la maison et enfourche ma moto pour me rendre au lycée. Je suis accueilli au lycée par mon très cher monsieur Burke, qui a tenu particulièrement à être mon observateur pendant ses quelques mois.

Et il a pris sa mission à cœur, en interrogeant les élèves, contactant les anciens élèves… Tout ça pour qu'au final rien ne soit retenu contre moi. Je suis un bon professeur, apprécié de ses élèves et je n'ai jamais rien fait de dérangeant. La plupart des anciens élèves connaissant Sara et qui sont à l'université se sont même montrés étonnés que je la fréquente.

5 ans plus tard

Installés dans le canapé, les jambes de Sara posés sur mes genoux, nous regardons la télé en faisant des commentaires sarcastiques sur la série en cours. Je vis avec elle depuis un peu plus de cinq ans et nous n'en sommes que plus heureux.

– Non, Embry, pitié ne me laisse pas, ne divorçons pas ! imite-t-elle le personnage de l'épisode qui vient de se terminer.

– Il ne fallait pas me tromper avec mon meilleur ami, je rétorque d'une voix tout aussi débile.

Elle rit et laisse tomber son front contre mon épaule. Je lui masse tendrement les mollets ainsi que les pieds et elle éteint la télé. Elle m'observe attentivement et fronce les sourcils, soucieuse.

– Tu sais chéri, j'aimerais bien me marier, un jour…

– Oui, d'accord, répondis-je en la regardant dans les yeux.

– C'est vrai ? T'es d'accord ? sourit-elle.

– Et pourquoi je ne voudrais pas me marier avec toi ? ris-je.

– Je sais pas, on en a jamais parlé avant… dit-elle d'une moue.

Je lui plante un baiser sur les lèvres et elle sourit.

– Je peux poser une condition ? annonçais-je et elle acquiesce de la tête. Allons voir tes parents avant.

– Attends, tu me demande en mariage, là ? boude-t-elle.

– Non, je demande juste à rencontrer tes parents avant de te demander en mariage.

– J-je vais y réfléchir… souffle-t-elle.

Elle y a réfléchi pendant deux mois avant de me dire qu'elle a organisé un rendez-vous chez ses parents. Après cinq ans sans leur donner des nouvelles, je suis vraiment fière de ce qu'elle fait pour moi.

Le soir en question, nous sommes reçus chez monsieur et madame Mohutah qui nous accueillent chaleureusement. Sara est méfiante et un peu revêche, mais je reste charmant et courtois pour nous deux.

Le dîner se passe bien, je vois bien que tout le monde essaye d'éviter le sujet qui fâche, c'est-à-dire leur fille en couple avec son ancien professeur… Pourtant, cela devrait bien tomber à un moment donné ! On ne pourra pas y échapper et autant crever l'abcès tout de suite…

– Bon, je vais le dire puisque personne n'a l'air de vouloir se lancer, ça fait sept ans que je suis avec Embry alors je pense que vous devriez arrêter de lui en vouloir, gronde Sara.

– Mais ce n'est pas à Embry qu'on en veut, rétorque Martha Mohutah, mais à toi !

– Moi ? s'étonne Sara.

– Oui, toi ! gronde sa mère. Tu as ouvertement fait du charme à l'un de tes professeurs ! Sara, c'est toi qui nous as fait honte !

– Co…comment tu… bredouille-t-elle.

Martha se lève et va chercher quelque chose dans un tiroir qu'elle pose sur la table d'un geste sec. C'est le compte-rendu du conseil d'administration, reprenant la transcription de nos entretiens individuels ainsi que les observations menées par le professeur Burke.

– C'est Embry qui nous l'a déposé il y a quelques années pour que l'on puisse comprendre la situation, explique-t-elle.

Sara regarde le document et écarquille les yeux avec effroi. Elle me fixe d'un regard noir et quitte la table pour s'enfuir… dans sa chambre ! Martha et son mari, Frank, me regardent d'un air peiné.

– Elle va se calmer… me rassure Martha d'une voix douce.

– Je ferais mieux d'aller lui parler… soupiré-je.

– Sa chambre est…

Mais je n'ai pas besoin d'écouter, je sais déjà où elle est, je n'ai qu'à écouter les battements de son cœur. Je hoche la tête et sourit à mes beaux-parents avant de grimper les escaliers. En arrivant devant la porte ouverte, je reste un instant silencieux à l'observer, assise sur son lit. Je toque doucement sur le panneau de bois et elle lève la tête vers moi.

– Eh ben, on dirait que mon fantasme devient réalité… pouffe-t-elle, mon professeur préféré qui vient me voir dans ma chambre !

Je souris et entre dans la pièce. Son lit est installé contre un mur et elle se décale afin de me laisser la place de m'asseoir sur le rebord du matelas. Elle tient un carnet dans les mains et me le tend.

– C'est mon journal intime spécial monsieur Call, explique-t-elle. J'y raconte tous les détails de ta carrure de Dieu vivant et tout mes rêves érotiques… Je suis étonnée que mes parents n'aient rien touchés à cette pièce, change-t-elle de sujet.

– Sara, si tu leur avais parlé avant tu aurais pu arranger les choses dès le départ.

– Pourquoi tu leurs a donné le rapport du conseil d'administration ? me reproche-t-elle.

– Ils ont le droit de savoir… soupiré-je, Sara…

Elle souffle bruyamment et plante son regard dans le mien, elle sait que j'ai raison, mais ne l'avouera pas.

– Monsieur Call, si vous saviez toutes les choses que je voudrais que vous me fassiez dans cette chambre… reprend-elle, changeant encore une fois le fil de la conversation.

Elle s'approche de moi et s'installe à califourchon sur mes genoux, on s'embrasse langoureusement tandis qu'elle se presse contre moi. Son bassin bouge de manière lascive et mon sexe réagit immédiatement. Je l'arrête aussitôt.

– Chérie, je n'ai pas de préservatif, lui rappelé-je.

– Et alors ? boude-t-elle.

– Et alors, tu vas tomber enceinte et on sait très bien tous les deux que tu n'es pas prête pour avoir un bébé.

– Un bébé avec toi c'est tout ce que je veux ! insiste-t-elle.

– Sara… grondé-je avec tendresse.

Elle me dévisage avec un regard espiègle et sourit en coin.

– Il n'y a d'autres moyens pour se faire plaisir… susurre-t-elle.

– Allez, on y retourne, la grondé-je en me levant, Sara dans les bras.

Elle reste accrochée quelques instants, puis finis par glisser au sol. Lorsque nous redescendons, nous retrouvons Martha et Frank installés dans le salon. Sara et moi prenons places dans des fauteuils installés de part et d'autre du canapé. La gorge sèche, le regard fuyant, Sara essaye de repousser au maximum le sujet principal de notre visite. Je me racle la gorge et elle soupire bruyamment.

– Si on est venu aujourd'hui c'est parce qu'on songe à se marier un de ses quatre, balance-t-elle du but en blanc.

– Oh, mais c'est une merveilleuse nouvelle ! s'émerveille Martha. Frank, tu pourras aller pêcher avec ton gendre !

– Est-ce qu'il pêche au moins, mon gendre ? gronde-t-il sa femme gentiment. Embry, est-ce que tu pêches ?

– Non, on ne m'a jamais appris, mais je serais ravi d'aller pêcher avec vous, si vous acceptez un débutant !

Sara intervient pour préciser que nous ne sommes pas fiancés, mais que nous pensons seulement au mariage, mais rien à faire, Martha imagine déjà sa fille dans son bel habit de mariée. Moi aussi, d'ailleurs, mais je me garde bien de lui dire !

En en rentrant à la maison le soir, Sara me redonne son journal intime que je pose sur la table basse. Elle ne dit rien, mais je vois à son air soucieux qu'elle s'attendait à ce que je le lise en long, en large et en travers.

– Je m'en fiche de ton journal, chérie… ris-je en l'attrapant doucement par les hanches.

– Mais ça parle de toi…

– Je m'en fiche, insisté-je, le plus important c'est maintenant !

– D'accord, monsieur Call, dit-elle avec une voix espiègle et je l'embrasse. Hum, tu sais ce qui m'a fait craquer chez toi ?

– En plus d'avoir une carrure de Dieu vivant ? me moqué-je et elle me donne une tape sur le torse. Je t'écoute, l'encouragé-je.

– T'es plus âgé que moi… J'ai toujours voulu avoir un mec plus grand et plus âgé que moi… Je suis toute petite alors je me sens protégée… avoue-t-elle en me regardant dans les yeux.

Je ris et l'embrasse de nouveau. A partir d'aujourd'hui, je vais arrêter de muter pour vieillir avec elle !


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