On s'approche de la fin ! Ce gros chapitre est assez différents des autres, comme vous vous en doutez bien vu comment a terminé le précédent. J'espère qu'il vous plaira et je vous dis à bientôt dans les commentaires ;)
En parlant de commentaire, merci à Guest pour sa review anonyme. Pour les autres, je réponds à tout le monde par MP donc pensez à aller les voir sur le site, ffnet n'envoie plus de notification pour cela ces derniers mois...
Sur ce, je vous souhaite à tous une bonne lecture,
Yume u_u
Chapitre 15 :
Il sentit Neville se tendre à ses côtés et eu l'envie puissante de le prendre dans ses bras pour lui ôter de la vue celle qui avait détruit l'esprit de ses parents. Il ne bougea pas, cependant, conscient comme les autres que le moindre geste pourrait tous les conduire à la mort : les mangemorts étaient des adultes entraînés et ils étaient douze face à huit adolescents. Si un combat s'engageait, ils n'auraient plus aucune chance.
- Tu jettes le déshonneur sur notre famille, reprit Bellatrix d'une voix plus forte et plus furieuse encore.
- Du calme Bella, intervint une autre voix. Draco, tout comme son ami Zabini, a probablement été embarqué ici par erreur, et peut toujours nous prouver sa fidélité à son sang.
Draco sentit une pierre tomber au fond de son estomac.
C'était son père qui venait de parler.
Bien sûr, Draco savait que son père était de ce côté-là, il savait qu'il avait accueilli Voldemort dans sa propre maison, qu'il se battrait contre Dumbledore un jour… Il savait tout cela.
Mais jamais il n'avait pensé qu'il s'en prendrait à des enfants de son âge.
- Draco, je te prie de demander à tes petits copains de retourner dans la salle tournante. Il y a quelque chose que Potter veut absolument récupérer là-bas.
Oh non, ils allaient manipuler Potter ! Draco manipulait toujours Potter, il savait à quel point il était facile de le pousser à sortir de ses gongs pour faire quelque chose de stupide ! Il espérait vraiment qu'il avait survécu à toutes ces aventures jusqu'à présent en se montrant un peu plus raisonnable lorsqu'il était en danger !
- Je n'ai rien à récupérer là-bas, cingla Harry. Sirius n'est pas là !
Draco se retint de soupirer de soulagement. Au moins, il ne s'était pas fait avoir par cela…
Il fronça cependant les sourcils quand Bellatrix éclata vulgairement de rire. Son rire était crissant, aigu et désagréable. Il glaça Draco jusqu'au fond de ses entrailles. Cette fois, il ne put se retenir de se rapprocher de son fiancé, lui saisissant la main sous le couvert des plis de leurs robes.
Son père, bien que moins démonstratif, sembla lui aussi amusé par la réplique de Potter.
- Je ne parlais pas du rêve que tu as visiblement pris pour la réalité si tu es ici ce soir, Potter. Je te parle de tes parents.
Draco fronça les sourcils. Vraiment, s'attaquer aux parents d'un orphelin ? N'y avait-il pas que lui qui osait des coups aussi bas ? Il n'aurait pas dû raconter à son père ses disputes avec Potter : le Gryffondor était son rival et c'était à lui de le blesser, et à personne d'autre ! Même s'il ne l'avait plus fait depuis que Neville le lui avait demandé, ce n'était pas une raison.
Son père n'avait cependant aucune intention de respecter leur rivalité puisqu'il continua son discours, imperturbable :
- Il y a, dans ce département, la raison pour laquelle tes parents sont morts. Ne voudrais-tu pas la connaître ?
Granger agrippa la robe de Potter dans le dos, comme pour le retenir d'avancer. Potter n'en fit rien. Il avait la mâchoire si crispée qu'elle devait lui faire mal.
- C'est Voldemort qui a tué mes parents !
- Ne prononce pas son nom ! s'écria Bellatrix en brandissant sa baguette.
Harry ne frémit même pas, et Draco se surprit à avoir un peu de respect pour son sang-froid face à la menace. Un tout petit peu, cependant, parce qu'il était surtout énervé contre lui pour les avoir amenés ici dans un premier lieu.
- Tu oses prononcer son nom avec ces lèvres indigne et cette langue de sang-mêlé !
- Vous saviez que Voldemort aussi était un sang-mêlé ?
Granger gémit d'horreur et Draco ferma les yeux. Mais pourquoi les provoquait-il ? Était-il suicidaire à ce point ? N'étaient-ils pas déjà suffisamment en danger pour qu'il en rajoute ? Parce qu'évidemment, il n'en avait pas fini :
- Oui, la mère de Voldemort était une sorcière, mais son père était un moldu. Oh, mais peut-être qu'il vous a dit être un sang-pur ?
C'en fut trop pour Bellatrix qui hurla :
- Stupéfix !
- Protego !
Potter et Draco avaient invoqué un bouclier d'une même voix, bloquant efficacement le sort quelques centimètres avant sa cible.
La mangemorte écumait de rage mais le père de Draco avait toujours un léger sourire au coin des lèvres, même s'il était crispé. Draco pouvait comprendre : Potter venait d'insulter son Maître de la pire façon qu'il soit, en prétendant qu'il pourrait être un sang-mêlé. Imaginer qu'une descendante de Serpentard en personne ait pu copuler avec un vulgaire moldu était encore plus ignoble que de prétendre que le Seigneur des Ténèbres soit un sang-de-bourbe.
- Voyons, restons polis, badina Lucius avec l'air hypocrite qu'il portait toujours en soirée. Nous avons tous quelque chose à gagner ici. Il suffit que tu nous suives, Potter, et tu sauras ce que Dumbledore t'a toujours caché : la raison pour laquelle le Seigneur des Ténèbres s'en est pris à tes parents cette nuit-là. Ne voudrais-tu pas le découvrir ?
- Ne l'écoute pas.
Tous les regards convergèrent vers Draco et il se sentit mourir de l'intérieur en se rendant compte que c'était lui qui venait de parler.
Bellatrix siffla de rage, mais la main de Neville était toujours dans la sienne alors Draco ne flancha pas.
- Je ne sais pas s'il y a vraiment cette réponse ici, mais tu ne gagneras rien à les écouter. C'est juste un autre piège. De retour à Poudlard, tu pourras demander à Dumbledore, alors surtout ne…
Il ne put finir sa phrase, étouffé par une main invisible qui lui écrasa soudainement la gorge. Il lâcha la main de Neville pour griffer son cou dans l'espoir de se dérober au sortilège. Un râle désespéré sortit de sa bouche alors qu'il cherchait à inspirer sans y parvenir. Il entendit Neville appeler son nom et se sentit misérable à provoquer la panique de celui qu'il aurait tant voulu protéger.
Des points noirs commençaient à danser devant ses yeux quand la voix de Potter traversa le brouillard de son esprit pour s'écrier :
- C'est bon, je vous suis ! Relâchez-le !
L'air s'engouffra de nouveau dans ses poumons dans un claquement sec et Draco tomba à genoux en toussant, les larmes aux yeux. Neville s'accroupit aussitôt à ses côtés pour lui saisir les épaules et Draco dut fermer les yeux pour ne pas perdre connaissance.
Ressaisis-toi ! s'ordonna-t-il de toutes ses forces. Ce n'est pas le moment d'être faible !
- C'est bien, Potter. Je suis heureux que tu saches te montrer raisonnable.
Ses oreilles bourdonnaient et l'envie de vomir le tiraillait. Il eut besoin de quelques secondes pour remarquer que le bourdonnement n'en était pas un, mais le marmonnement indistinct d'une incantation.
Quand il réussit à ouvrir les paupières sans que le monde ne bascule, il vit non pas un des stupides Gryffondor tentait quelque chose, mais son meilleur ami. Sa baguette émettait une légère fumée noire, dissimulée derrière les corps de Weasley et Lovegood. Draco ne savait pas ce que c'était, mais il fit mine de n'avoir rien remarquer pour ne pas le trahir.
- Après tout, cela m'aurait porté peine de devoir blesser mon fils à cause de toi.
Neville l'aida à se remettre debout, ce qu'il fit avec peine, puis il reporta son attention sur les mangemorts. Le discours de son père était aussi faux qu'à vomir : il n'avait jamais hésité à lever sa baguette sur lui. Ce n'était déjà pas le cas durant son enfance, il n'y avait aucune raison que cela change maintenant qu'il était un « traître ».
- Maintenant, je vais vous demander à tous de ranger vos baguettes et nous suivre docilement jusqu'à la salle des prophéties.
Potter, avec réluctance, rangea sa baguette dans sa poche, tandis que Weasley fille et garçon se contentaient de la baisser, hésitant encore à obéir.
Ils n'eurent pas le temps de faire davantage. La fumée noire de Blaise se répandit brusquement dans le couloir, passant en un instant d'une brume de quelques centimètres-cubes à une vague puissante qui balaya les lieux et renversa leurs adversaires. Quand elle se dissipa, ils purent voir qu'ils étaient tous à terre, immobiles.
- Vite, barrons-nous ! ordonna Blaise en attrapant la main de Weasley. Ils ne vont pas rester comme ça longtemps !
Ils n'insistèrent pas pour rester et partirent aussitôt, enjambant les corps pour filer de l'autre côté du couloir, prenant une porte au hasard mais pas celle qui avait hanté les nuits de Potter. Les mangemorts les voulaient à la salle des prophéties ? Parfait, ils allaient aller partout sauf là-bas !
- C'était quoi ce sort ? demanda Granger en courant au niveau de Blaise.
- Un repousse-satyre ! Haleta le garçon. Ma mère me l'as appris pour que je me débarrasse des éventuels kidnappeurs pédophiles. Ça rend inconscientes toutes les personnes majeures des alentours pendant trois minutes, le temps que je m'enfuis ou que j'appelle à l'aide. Je ne pensais pas encore devoir l'utiliser à mon âge.
- Heureusement que tu avais un corps assez désirable pour que ta mère te l'apprenne alors, plaisanta Weasley.
Draco écarquilla les yeux. Le rouquin venait vraiment de dire que le corps de Blaise était désirable devant tous ses amis ? En plus, Blaise le tenait toujours par la main et cela ne semblait pas le déranger. Il n'avait pas froid aux yeux !
Ils débouchèrent dans une salle remplie de livres du sol au plafond, littéralement, puisqu'ils marchaient sur des tranches de manuscrits de différentes tailles et que des couvertures étaient visibles au-dessus de leurs têtes. Le paradis de Granger, vu ses yeux brillants, mais Draco pouvait la comprendre sur ce point. La salle suivante était plus étrange, car remplies de cages de toute tailles qui ne contenaient rien. Celle qui suivait ensuite était vide, mais possédait trois portes de différentes tailles. Ils choisirent celles de gauche, qui était la plus petite, et qui donna sur une espèce de cagibi immonde et sale, à peine suffisant pour qu'ils y entrent à huit mais si haut qu'ils ne pouvaient voir le plafond. Draco se demanda s'ils n'étaient pas dans une sorte de cheminée.
La porte suivante était au-dessus de la première, et ils se décidèrent à l'emprunter.
- Si les mangemorts ne viennent jeter qu'un simple coup d'œil ici, ils penseront que c'est un cul-de-sac et iront chercher ailleurs, leur dit Ginny en contemplant la porte.
- Fait moi la courte échelle, Ron, demanda Potter en se plaçant en face.
Weasley fut obligé de lâcher Blaise mais ils échangèrent un regard un peu trop intense pour être normal. Il aida ensuite Potter à atteindre la poignée, puis Neville et Blaise l'aidèrent à passer directement à l'intérieur. Une fois en place, Potter aida Neville à monter à ses côtés, puis ils tirèrent le reste les uns après les autres jusqu'à ce que tout le monde soit en place. Ils refermèrent la porte derrière eux et se permirent de souffler.
Ils étaient désormais dans une imitation de jardin à la française, comme Draco les appréciait, avec de multiples bosquets taillés à la perfection et une pelouse parfaitement égale.
- Et maintenant, on fait quoi ? interrogea Weasley fille.
- On attend du secours ? proposa Granger, mais même elle ne semblait pas convaincue.
- Il faudrait qu'on informe l'Ordre qu'on est là, mais sans que les mangemorts le découvre, fit Potter en s'essuyant le front en sueur. Si j'envoie un autre patronus, il y a des chances qu'il passe devant les mangemorts à l'aller ou au retour, ça ne me semble pas une bonne idée.
- Essayons plutôt de nous échapper d'ici, décida Draco en se recoiffant avec ses doigts. Je ne sais toujours pas ce qu'est l'Ordre, mais je sais que si quiconque nous trouve ici, alliés ou ennemis, nous aurons de graves problèmes.
- Tu as une idée ?
Comme c'était Neville qui lui avait posé la question, il n'y eu pas l'agressivité qu'il aurait sans doute retrouvé dans la bouche de Potter vu la manière dont il semblait apprécier son intervention.
- Toutes les cheminées du Ministères sont reliées à celles du hall. On ne peut pas sortir directement du Ministère avec, sauf peut-être avec la cheminée du Ministre et quelques hauts responsables. Par contre, si on arrive jusqu'à l'atrium, on pourra prendre la cabine téléphonique et sortir de là.
- Ça pourrait marcher, fit Potter en hochant la tête. Mais comment trouver une cheminée ?
- En continuant d'avancer. On finira bien par tomber sur ce qu'il nous faut…
Au bout du jardin, ils trouvèrent quatre portes gravées dans les troncs d'acacias, dont une seule accepta de s'ouvrir. Ils traversèrent trois pièces, remplies toutes d'objets plus étranges les uns que les autres, avant d'enfin tomber sur ce qu'ils cherchaient.
C'était un petit salon, avec des broderies sur le fauteuil, un verre entamé sur la table basse, un bouquet de fleurs fraîches sur la commode et surtout un feu de cheminée ! Draco n'avait aucune idée de la raison de l'existence d'une pareille pièce dans un pareil endroit, mais il supposait qu'avec un nom pareil, il ne fallait pas poser trop de questions au département des Mystères…
- On a trouvé ! s'exclama Weasley en s'approchant de l'âtre.
- Il nous faut de la poudre de cheminette.
Ah, c'est vrai que Draco n'avait pas pensé à ce détail…
Ils se mirent tous en quête de la poudre, sachant qu'en général les sorciers la plaçait dans une petite boite à proximité de la cheminée. Ce n'est qu'après avoir retourné chaque tiroir et soulevé chaque tapis que Lovegood la trouva : au fond du vase de fleurs.
Ne se posant pas plus de questions, ils jetèrent la poudre au feu et, les uns après les autres, traversèrent le passage en demandant « atrium ».
Draco se matérialisa à l'endroit dit et sourit triomphalement en voyant que son plan avait réussi. Il fronça cependant les sourcils en voyant que Potter, Blaise, Lovegood et Granger, qui étaient passées avant lui, s'étaient figés juste devant la cheminée.
Il regarda alors au-dessus de leurs épaules.
Grand, mince, un capuchon noir sur la tête et un visage de serpent blafard et émacié, le Seigneur des Ténèbres avait ses yeux rouges fixés sur eux. Son aura était glacial et immonde. Draco reconnut sans mal la poisse écœurante qui avait envahi son manoir pendant les vacances d'été, même si c'était la première fois qu'elle était aussi près de lui.
Ils allaient mourir.
Draco n'eut qu'une seule seconde pour réagir. Il fit volte-face et, d'un mouvement de baguette, condamna la cheminée. Les mangemorts allaient rejoindre leur Maître de toute façon. S'ils devaient mourir aujourd'hui, Neville au moins s'en sortirait.
Quand il refit demi-tour, il s'attendait à être châtié sur place, mais Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ne lui avait pas accordé un seul regard.
Toute son attention était fixée sur Potter qu'il regardait avec beaucoup trop de calme pour que ce soit normal.
Le Seigneur des Ténèbres rassemblait en une seule personne l'ensemble des choses que Draco haïssait chez l'être humain : son corps encore plus malsain puisque corrompu par une magie si mauvaise qu'il en était devenu difforme son ambition de s'attaquer à son rival personnel et pire que tout, son manque de considération pour la glorieuse personne qu'était Draco.
Finalement, même s'il allait sans doute mourir ce soir, au moins il aurait la consolation de se dire qu'il n'aurait jamais travaillé pour une créature pareille, aussi puissante qu'elle soit.
Et avec la chance fabuleuse et insolente de Potter, peut-être même qu'ils allaient survivre à cette épreuve, sait-on jamais !
- Et bien, Potter, il semblerait que vous ne soyez pas là où vous étiez attendu ce soir… s'amusa le Seigneur des Ténèbres en contemplant Harry de haut.
Potter ne répondit pas. Face à un mage noir de cette ampleur, apparemment, il faisait moins de remous que devant douze mangemorts… Draco tenta de se dire que c'était une bonne chose.
- Il faudrait mieux régler cette affaire juste entre nous, en revanche.
Il leva sa baguette et Draco eut juste le temps d'entendre Potter tenter un « Protego » avant que le noir envahisse sa vision et qu'il s'écroule.
Il resta cependant parfaitement conscient de ce qu'il se passait autour de lui, de la voix du Seigneur des Ténèbres qui lui lança un imperium.
Il n'avait visiblement pas suivi les actualités : Potter résistait à l'imperium depuis qu'ils avaient eu cours avec Maugrey l'année dernière. Et même s'il n'était pas le seul (Draco était lui aussi plutôt doué dans ce domaine), il était sans contexte bien plus doué que la moyenne…
Sans surprise, Voldemort dut répéter une seconde fois le sortilège, d'une voix plus agacée cette fois.
- Puisque tu me résistes, Potter, tu ne me laisses pas le choix ! Endolo…
Draco ne sut jamais s'il avait eu le temps de finir de prononcer l'impardonnable. Il y avait eu tout d'un coup un bruit d'explosion et de nombreux cris tout autour d'eux. Les sorts fusaient, explosaient, sifflaient dans l'air, et Draco se sentait terriblement vulnérable, allongé sur le sol, aveugle et immobile, incapable d'éviter quoi que ce soit qui lui foncerait dessus.
- Dumbledore !
Le Seigneur des Ténèbres avait rugi le nom du directeur, le seul sorcier au monde capable de l'enrager encore plus que Potter. On prétendait que Dumbledore était le seul à lui faire peur, mais Draco n'entendait aucune peur dans sa voix. Uniquement de la rancœur et de la haine.
- Finite incantatem ! lança la voix de Potter un peu plus loin. Finite incantatem. Finite incantatem !
Draco papillonna des yeux en reprenant conscience avec la réalité. Il se redressa sur les coudes et observa ses camarades en faire de même avant de tourner la tête vers le centre de l'atrium.
La bataille faisait rage, des sorciers et sorcières s'affrontaient de tous les côtés, les sorts fusaient de toutes les couleurs, si intenses qu'ils l'aveuglaient partiellement à chaque fois. Il n'avait aucune idée de qui était en train de prendre le dessus sur l'autre tant le hall du ministère était en plein chaos.
Le plus impressionnant était cependant le combat entre les deux monstres : Dumbledore et le Seigneur des Ténèbres.
Aucun mot ne venait à l'esprit de Draco pour qualifier ce qu'il voyait. Ce n'était pas de simples rayons de lumière, c'était de véritables invocations ténébreuses, de la magie élémentaire d'eau et de vent, de la métamorphose de très haut niveau… Un duel qui dépassait l'imagination.
Une fois que tout le monde eut reprit ses esprits, Potter ne tarda bien évidemment pas à se jeter à son tour dans la bataille, rejoignant le meurtrier notoire qu'il était venu sauver à l'origine. Comme si cela ne suffisait pas, Weasley et Lovegood en firent de même, et Draco se félicita d'avoir empêché Neville de les rejoindre.
À peine eut-il jeté un coup d'œil aux ascenseurs, envisageant de retourner en arrière chercher Neville, que Blaise se jeta sur lui, lui évitant de justesse un maléfice qui s'écrasa sur la cheminée derrière eux.
Ils roulèrent au sol avant de se redresser vivement. Lucius leur faisait face, sans sa cagoule, les cheveux ébouriffés et les yeux brillants d'une rage que Draco n'avait encore jamais vue chez son propre père.
- Il a fallu que tu viennes, siffla Lucius en s'approchant d'eux menaçant. À un moment aussi important de l'Histoire, il a fallu que tu viennes !
Draco jeta un regard terrorisé à Blaise qui n'en menait pas large non plus.
- Si seulement tu avais attendu ! Si seulement tu ne t'étais pas enamouré de n'importe qui !
Il ne prononça pas un mot quand il envoya le sort de claque, et la gifle invisible bouscula Draco qui s'éloigna de Blaise en titubant. Il se sentait aussi humilié que lorsqu'il recevait la claque étant enfant, mais aujourd'hui, il savait que ce n'était que le début.
- L'avenir ne dépendait que de ce jour et tu l'as piétiné !
- C'est faux, s'exclama Draco en portant une main à sa joue brûlante. Je voulais…
- Endoloris !
Son hurlement fut impossible à retenir. Il s'écroula au sol, les yeux écarquillés sous une douleur qu'il ne pouvait même pas concevoir. Il se recroquevilla en proie à un tourment irréel. Il pleura face au déchirement de ses chaires et de son esprit.
- STUPEFIX !
Le doloris fut rompu mais quelqu'un criait encore :
- STUPEFIX ! STUPEFIX ! STUPEFIX !
Des mains brunes l'entourèrent, les mains de Blaise. Il fut redressé et contempla Neville avancer vers Lucius en continuant de lui lancer encore et encore le même sort. Arrivé à sa hauteur, il lui donna un coup de pied en plein visage. Le sien était désormais déformé par la colère.
Jamais Neville n'avait été aussi beau.
Quand il revint vers Draco, ce dernier crut que le doloris lui avait totalement détraqué le cerveau tant il était dur dans son pantalon. Neville s'accroupit devant lui, lui saisit le visage entre ses mains et le regarda dans les yeux avec attention. Il cherchait sûrement à savoir comment Draco allait, mais sa proximité finit de briser l'esprit de Draco.
Il se jeta sur lui, verrouilla ses bras derrière sa nuque et l'embrassa à perdre haleine.
Les mangemorts n'existaient plus, la bataille avait disparu, il n'y avait plus de cris ou d'explosion, juste la langue de Neville contre la sienne, ses lèvres qui se pressaient furieusement contre lui, les mains qui agrippaient son épaule et son dos, son odeur entêtant et son goût incomparable.
Et Draco fondit en larmes, s'écroulant contre son fiancé.
Il eut vaguement conscience de l'arrêt des combats, de l'arrivée des aurors et du ministre en personne. Il ne se préoccupa ni de l'arrestation des mangemorts, ni des déclarations de Dumbledore à Fudge. Tout ce qu'il fut capable de faire, c'est d'enfouir son visage dans la robe de Neville et d'attendre que l'horreur de la situation soit engloutie par l'amour qu'ils se portaient.
Finalement, ce fut un portoloin qui eut cette fonction.
Juste avant de poser sa main dessus, Draco contempla l'atrium ravagé, les statues de la fraternités fracassées au sol ou se baladant hors du socle, les longues banderoles en lambeau et le parquet inondé.
La scène qui devait accueillir ses fiançailles était dans un bien triste état…
C'est sur cette désolante vision que, la main étroitement enlacée à celle de Neville, Draco quitta le ministère de la Magie.
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