Voici un nouveau chapitre! Très bonne lecture ! :)


Faites le guet, faites le guet, bande d'ingrat, en plus il caille sérieux. Les nains sont partis à l'intérieur de l'armurerie depuis maintenant cinq minutes et moi, je fais le guet dehors. Les rues sont calmes, vraiment très calmes, j'aime pas trop ça, mais en même temps si tout pouvait se passer comme prévu pour une fois, ce serait bien.

- Fuyions !

Et merde…

Je me précipite de l'autre côté du bâtiment discrètement pour voir les nains face aux gardes. Et voilà… On fait quoi maintenant ? Je reste cachée à la vue des gardes et repars vers la maison de Bard en vitesse. Il pourra sans doute me fournir de l'aide, même si nous sommes partis sans un mot… Je monte les marches quatre par quatre et frappe à la porte après un moment d'hésitation.

- Que voulez-vous encore ?

Je le regarde surprise de ça colère. C'est légitime…

- Ils se sont fait prendre…

- Tsss, que voulez-vous que ça me face ?

- Bard, je vous en pris…

Il semble réfléchir deux minutes et sort de la maison.

- Très bien, suivez-moi.

Je le suis doucement à travers les rues sombres, la neige commence à tomber et un frisson parcours mon dos me faisant m'arrêter de stupeur. Je reste figée en regardant autour de moi, cherchant, je ne sais pas vraiment quoi… Une présence ?

- Qu'avez-vous ? Me dit-il en prenant mon bras.

- Rien, juste une mauvaise impression.

- Vous auriez dû l'avoir avant.

Je soupire et recommence à le suivre. Cette sensation… Ce n'est pas la première fois que je ressens ça. Je n'ai pas le temps de réfléchir plus quand nous débouchons sur une place remplit de monde. Tous les habitants de LacVille sont rassemblés, beuglant sur je ne sais pas quoi. Il y a un homme sur l'estrade d'une maison, le maître sans doute en vu de ses vêtements, mais sûrement pas par rapport à ça coupe, son bide, son visage horrible…

- Ce temps reviendra. Je rallumerai les grandes forges des nains et ferai déborder les richesses des grandes salles d'Erebor !

Thorin… J'arrive à me faufiler encore un peu, pour arriver derrière eux laissant Bard à côté de moi.

- La mort ! Voilà ce que vous nous apporterez. Dit-il d'un coup.

Bard pose une main sur mon épaule en essayant de passer après avoir dit cette phrase.

- Bard, non… Je murmure sans qu'il entende.

Il arrive finalement à passer et se place au centre à côté de Thorin qui le regarde avec mépris…

- Le feu et les ravages du dragon. Si vous réveillez cette bête, elle nous exterminera.

- Vous pouvez écouter ce défaitiste, mais je vous promets ceci, ci nous réussissons, chacun aura ça part du trésor sous la montagne…

Un autre frisson me parcourut à ses mots.

- Vous aurez assez d'or pour rebâtir Esgaroth dix fois et bien plus ! Hurle Thorin.

Les villageois explosèrent de joie à cette annonce. C'est fou comment l'or peut aveugler les hommes, les aveugler du danger et du prix à payer. Bard à raison, si le dragon s'éveille, j'aurai probablement encore du travail… Un dragon, au top.

- Vous tous ! Écoutez-moi ! Il faut m'écouter ! Avez-vous oublié la fin de Dale ? Ceux qui ont péri dans cette tempête de feu ?

Les villageois firent « non » de la tête en se souvenant de la mort causée par le dragon, je pouvais lire la douleur dans leurs yeux.

- Au nom de quoi ? De l'ambition forcené d'un roi, si rongé de cupidité que son désir l'aveuglait !

- Allons, allons. Commence le maître d'Esgaroth. Evitons, nous tous ici les jugements trop hâtifs. N'oublions pas que c'est Girion, seigneur de Dale, votre ancêtre, qui a échoué à tuer la bête.

Quoi… ? Bard fil de Girion ? Mon dieu alors c'est pour ça. Il sait, son père est mort du feu de Smaug. Il est légitime et logique qu'il voit la quête des nains d'un mauvais œil et je suis de son avis. La cupidité n'a jamais apporté le repos et la paix… Je ne peux rien dire, pas le soutenir, je ne suis là que pour protéger, pas prendre partie. Si les nains accèdent à la montagne et réveillent le dragon, je n'aurai pas d'autre choix que de protéger Esgaroth, s'il s'aventure jusqu'ici. Je le sais et je le ferai, tel est mon devoir, mais je ne peux pas empêcher les nains d'essayer de reprendre leur terre, en aucun cas.

- Chacun connaît l'histoire. Il a tiré flèche sur flèche. Toutes ont manqué la cible. Enchaine Alfrid.

Quel crétin celui-là, si je pouvais lui arracher ça langue j'y pendrai plaisir…

- Rien ne vous autorise à entrer dans la montagne. Lance Bard à Thorin.

- Tout m'y autorise… Rétorque le nain.

Il se détourne de lui et fait face au maître.

- Je m'adresse au maître des hommes du lac. Voulez-vous voir s'accomplir la prophétie ? Voulez-vous avoir votre part des immenses richesses de notre peuple ? Qu'en dite vous ?

Bien sûr qu'il va accepter, quelle question…

- Ce que j'en dis… Bienvenue !

Je m'approche de Bard tristement lui posant ma main sur l'épaule.

- Je suis désolée. Dis-je.

Le maître nous invita dans ça grande, riche demeure. Il fut promis aux nains un bateau, des armures et des armes pour les accompagner dans leur quête. Je restais en retrait, pas que je ne sois pas heureuse pour eux, loin de là, ils avaient enfin la chance de pouvoir atteindre leur but. Mais je ne sais pas pourquoi cette chance me paraissait amère. Notre hôte était l'homme le plus cupide que je n'avais jamais rencontré jusqu'ici et ça je ne le supportais pas.

Beaucoup de questions sans réponse restaient dans mon esprit, les orcs ou étaient-ils, Gandalf ou êtes-vous ?

- Vous paraissez loin de nous Maliha, n'êtes vous pas contente ? Me demande Balin un verre de vin à la main.

- Si si je le suis, vous vous rapprochez du but, alors bien sûr que je suis contente pour vous.

- Alors qu'est-ce qui vous tracasse ? Enchérie Thorin.

- J'ai un mauvais pressentiment, c'est tout.

- Oubliez ça ! Demain, nous serons à Erebor et tout s'éclaircira ! Cri Thorin en buvant une coupe.

Je n'avais guère d'entrain à me soûler avec les nains, mes pensées vagabondaient ailleurs et la fatigue me prenait aux fils des heures. Je n'avais pas eu une nuit de sommeil complète depuis des jours… Nous avions passé la journée à préparer le dernier jour de voyage à chercher une stratégie pour le dragon. Je me couche lourdement dans un lit non loin et tombe dans le sommeil bercé par les chansons des nains.


Une forteresse menaçante se distinguait au loin, une vieille tour noire en ruine dans la brume épaisse. Je pouvais entendre les cordeaux dans les branches des arbres morts. Un pont non loin tout aussi noir et froid.

Un piège… Me murmurait une voix lointaine.

Les couloirs sombres, la pierre humide et froide mélangée à l'acier, le courant d'air glacial. Le vent faisait hurler les barreaux d'acier accrochés à la roche des anciens bâtiments, des hurlements de haine et de colère.

- L'abomination dissimulée ici, je lui ordonne de sortir. Je lui ordonne de se manifester !

Une vague blanche fouette mon visage, Gandalf…

La pierre murmure plus fort encore, ça colère toujours plus grande, ma peur toujours plus présente.

- L'abomination dissimulée ici, je lui ordonne de sortir. Je lui ordonne de se manifester !

Une deuxième vague me prit le visage, je m'écroule sur les ronces, mais me relève vite. Un cri hante le vent. Gandalf ! Je cours aussi vite que je peux suivant les cris et les grognements.

- Tu es arrivé trop tard, magicien…

Gandalf !

- Où est ton maître ? Où est-il ?!

Mon dieu Gandalf, je cours à en perdre mes jambes, mais je n'avance pas, rien ne bouge autour de moi. Je tombe à genoux dans les ronces, je suis épuisée…

- Il est partout…

Un éclair blanc m'aveugle et je me retrouve toujours à genoux, mais au bord d'un ravin, devant moi ce tien Gandalf, bâton à la main sur un pont.

- Gandalf ! Aucun son ne sort de ma bouche.

J'ai beau hurler à la mort et essayer de me relever, je ne peux pas bouger, je ne peux pas parler, je ne peux rien faire, que contempler la scène.

- Aucune lumière magicien… Ne peut vaincre les ténèbres…

Une voix morte, une voix glacial, pas roque, pas forte, un murmure cadavérique qui fit couler mes larmes sans que je ne sache pourquoi. Je ne savais qu'une seule chose devant ce brouillard noir vivant devant mon ami, c'est que je devais pleurer. Pleurer, car tout espoir était sorti de moi.

La lumière jaillis encore du bâton de Gandalf repoussant le mal. La brume noire essai de rentrer dans le champ de lumière du magicien. Celui-ci faiblit, mais ce repris sous des gémissements. Il réussit à repousser le monstre de brume qui se retira finalement dans la roche.

Mon cœur paniqua devant la suite, une image rougeoyante apparue, un homme fait de flamme marcha vers Gandalf. Il essaya de l'arrêter, mais son bâton parti en cendre entre ses doigts.

- Gandalf ! Je hurle.

Le magicien fut plaqué contre le mur derrière lui. Mes larmes ne s'arrêtaient plus… Le désespoir dans mon cœur grossissait, je le sentais se serrer avec douleur dans ma poitrine.

- Sauron…


- Gandalf ! Je cris en me redressant dans le lit.

Je tremble en regardant autour de moi, un cauchemar, c'était un cauchemar… Je regarde mes mains qui tremblent encore, je suis en sueur…

- Maliha…

Je me tourne vivement, personne, je cherche encore, me retournant dans tous les sens, mais il n'y a rien, je suis seule dans ma chambre. Je suis pourtant certaine de ne pas être folle, j'ai bien entendu une voix.

Je sursaute en entendant quelqu'un frapper à la porte.

- Oui ? Dis-je en soupirant.

La porte s'ouvre doucement sur Balin.

- Nous y allons mon amie. Me dit-il.

- J'arrive de tout de suite.

Il referme la porte. Je reste encore un moment à me reprendre, laissant mes peurs de côtés. Je m'habille en silence et rejoins les nains dehors. Ils sont vêtus tous d'armure clinquante et d'armes lourdes. Ils sont tellement recouverts d'acier, pas à leur taille d'ailleurs, que je peine à les reconnaître. Nous marchons tranquillement vers le bateau qui nous attend en bas sous les acclamations et les trompettes de la ville. Mon cœur se serre, il me dit qu'il ni a rien à fêter. Je cherche des yeux Bard, mais aucun signe de lui. Je soupire en aidant les nains à embarquer.

- Pas toi.

Cette phrase m'interpelle, Thorin prend Kili par le bras.

- Il nous faut nous hâter et tu nous ralentirais.

- Quoi ? Thorin, je viens avec vous. Lance Kili.

Thorin à raison, je le sais, Kili est de plus en plus pâle, je ne sais pas comment il fait pour tenir, mais bientôt, il va s'effondrer.

- Je veux voir la porte s'ouvrir ! Et découvrir la salle de nos pères.

- Kili, reste ici, repose-toi, tu nous rejoindras une fois guéri.

Le pauvre Kili fit un pas en arrière le visage plein de tristesse.

- Je reste avec lui. Dis-je.

Thorin me regarde surpris.

- Je pense qu'à ce stade du voyage vous n'avez plus besoin de moi.

- Mais, et le dragon ? Me demande Bilbon.

- Le dragon. Si Smaug se réveil, ce sera à vous de vous débrouiller. Une troupe d'orc nous poursuivait, s'il on contourner le lac alors ils ne vont pas tarder à arriver ici, et ma tâche est de protéger les peuples libres, pas de réparer leurs boulettes. Si le dragon vient jusqu'ici comme Bard le pressent… Alors je devrais rester là…

Mon choix était fait et je pense avoir fait le bon, de plus… Gandalf, quelque chose me dit qu'il ne sera pas au point de rendez-vous et que je vais devoir mettre ça au clair.

- Très bien dans ce cas, prenez soin de Kili.

- Pas de problèmes, je veillerais sur lui.

- Je reste aussi, il faut soigner sa blessure. Lance Oin.

J'aperçois Fili essayé de remonter sur le quai, mais il est arrêté par Thorin fermement.

- Fili…

- Quand tu seras roi, tu comprendras… Lance Thorin. Je ne compromettrais pas cette quête pour un nain.

Fili sort du bateau d'un bon pour rejoindre son frère, mais Thorin le retient encore avant qu'il ne s'avance vers son frère.

- Fili ne fait pas l'idiot.

- Ma place est auprès de mon frère.

Fili vain ce placer à mes côtés.

- Bonne chance Thorin, que les Valars vous protège. Dis-je en lui faisant un signe de la main.

- Prenez soin d'eux Maliha.

Ils partirent doucement sous les acclamations des villageois. Vais-je le regretter ? Aucune idée, mais quelque chose me disait que je devais rester ici.

- Vous aussi, vous avez raté le bateau ?

Bofur… J'esquisse un sourire le regardant la mine déconfite.

- Kili !

Je me retourne sous l'acclamation de Fili, Kili tombe à la renverse dans les bras de son frère. Je me précipite pour le maintenir, mais il sombre.

- Kili, Kili répondez-moi ! Je cri.

Mais rien, fait chier… Je le prends doucement et commence à partir, le nain dans mes bras. Bard…

- Où allez-vous ?

- Trouver de l'aide.

Nous remontons la ville, passons dans les rues désertes.

- Kili ! Vous m'entendez ?

Aucune réponse, je monte les marches et arrive devant la maison de Bard. Bofur toc à la porte. Le batelier sort.

- Non… J'ai eu mon compte de nains, allez-vous en.

J'arrive à passer mon pied pour bloquer la porte avant qu'il ne là referme.

- Bard… Je commence.

- S'il vous plaît, personne ne nous aidera, Kili va mal. Lance Bofur.

Bard regarde le nain dans mes bras.

- Très bien rentré.


J'ai passé toute la journée à soigner Kili, onguent, après onguent, mais rien ni fait, rien je suis impuissante, la blessure est devenue beaucoup trop importante et les herbes de Sigrid n'agissait plus, je voyais mon impuissance grandir en fonction de la fièvre de Kili. Je suis resté là, à faire des choses inutiles, tant de force et pourtant là à regarder mon ami mourir sans rien pouvoir faire… Il reste une chose, une seule.

- Va chercher de l'Athelas ! Je cri a Bofur.

- Mais Maliha nous sommes sur une ville flottante ou veux-tu que je trouve ça ?

- Je m'en fous, retourne toutes les pierres, toutes les planches, mais il me faut cette plante ok ? Sinon il va mourir !

- La feuille des rois ? Demande Bard.

- Oui !

- C'est de la mauvaise herbe, on en donne aux porcs.

- Aux porcs… Dit Bofur restant bloqué.

- Cours bordel ! Je cri.

Bofur me regarde, apeuré et cours hors de la maison. Une fois partie, je m'attele à faire bouillir encore des linges avec Sigrid quand la maison se met à trembler. Oh non… Je me tourne vers Bard.

- Bard ? Ça vient de la montagne… Dis-je.

Il me regarde perdu sans rien dire.

- Ok, laissez-nous ici, partez avec vos enfants.

- Pour aller où ? Il me répond tristement. « On a nulle par ou aller ».

- On va mourir papa ? Demande la plus jeune.

- Non ma chérie.

- Le dragon va nous tuer… Finit-elle les larmes aux yeux.

- Je m'occuperai de ce dragon s'il vient ici… Dis-je essorant un linge.

Bard ce retourne et agrippe une barre en fer au-dessus de la table, l'arrache et la serre dans sa main. Une flèche, une flèche énorme, noire, et forgée.

- Pas si je le tue avant. Il répond finalement.

- Que pensez-vous faire avec ça ? Je demande.

- Protégé mes filles, c'est tout ce que je vous demande.

Je lui fais un signe de tête avant de le voir partir la flèche à la main avec son fils. Je soupire en regardant les deux filles devants moi.

- Restez près de moi d'accord ?

- Oui Maliha.

Une sensation de froid me parcourt la colonne.

- Maliha…

Je me retourne vivement. Encore cette voix…

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Me demande Oin.

- Rien, rien une mauvaise impression, encore.

La maison grince. Des bruits de pas sur le toit font tomber de la poussière. Bain revient finalement en pestant que son père lui a demandé de rester à la maison.

- Chute ! Je lance à Oin.

Je marche doucement vers la source des bruits et récupère Nordeline au passage en la sortant de son étui doucement.

- Tilda, Bain aller avec Oin. Fili vient. Je murmure.

Fili se place à côté de moi attendant l'issus des bruits. Je cherche autour de moi, mais ne vois pas Sigrid, mon cœur s'affole. Où est cette fille bordel ! Un hurlement me tord de peur et je vois Sigrid entré en trombe dans la maison.

- Sigrid !

Elle essaie de refermer la porte, mais en vain, une main d'orc lui barre la route. Je me précipite, ouvre et balance un coup de pied à l'orc qui part tomber dans le lac. Un autre traverse le plafond, puis un second par une fenêtre.

- À terre, cachez-vous avec Kili ! Je hurle.

Je tranche la tête de celui qui est sur la table et abat la lame sur l'épaule du deuxième, me retourne, Fili envoi un banc sur un autre qui tombe à la renverse par terre. Je lève ma lame et le tue au sol. On me découpe le flanc droit avant que je ne puisse retirer Nordeline du cadavre. Je serre les dents de douleur en me levant faisant face à l'orc qui perd son sourire, prends son visage entre mes mains et lui tourne la tête d'un coup sec, craquant ses os. J'arrache Nordeline du sol et tourne la lame au-dessus de moi avant de décapiter le suivant d'un tour mortel, arrachant un bout de mur avec.

Une ombre passe sur ma gauche, je finis mon mouvement ramenant Nordeline sous mes yeux en tournant sur moi-même, prête à découper l'orc sur ma gauche. Mes yeux rencontrent le visage de Legolas venant d'atterrir sur la table derrière l'orc en question, d'un mouvement ample de bras, je lui coupe la tête. Legolas bande son arc, sa flèche frôle ma joue, je me retourne de surprise et vois l'orc tomber en arrière une flèche entre les deux yeux.

- Soyez attentive

J'arque un sourcil en revenant à ses yeux bleus. Nous restons quelques minutes, qui ne me semblent pas assez longue, à nous dévisager. Il baisse les yeux sur mon flanc et fronce les sourcils, il affiche une mine sombre et dure en revenant à mon visage. Il descend de la table et me fait face, mon cœur bondit quand je le vois lever une main vers mon flanc.

J'entendant Kili hurler, je me retourne sortant de mon trouble à contre cœur… Il est en mauvaise posture, j'aperçois Tauriel qui lance une de ses dagues dans la tête de l'orc. Et bien tout va bien…

Un orc agrippe mon bras, je prends appui contre le torse de Legolas et lui envoi un coup de pied dans le ventre en arrière, il passe à travers le salon et explose une vitre.

- Saleté…

Je rengaine Nordeline, la place manque, elle est trop longue pour la taille de la pièce, je risque de toucher les autres, je finirai aux mains. Je passe devant Legolas et commence à enchaîner les coups de poings et de pied énergiquement avec souplesse. Ceux qui ne sont pas mort sous ma force, Legolas les achèvent avec ses dagues. Je regarde autour de moi et appuis mon dos contre celui de l'elfe. Je reprends mon souffle face au silence soudain, guettant le moindre bruit, le moindre mouvement.

- Vous les avez tous tué ?

- Il y en a d'autre. Je réponds en m'avançant vers Sigrid qui se relève.

- Boh vous avez une de ses forces ! Lance Bain. Comment vous avez fait pour l'envoyer par la fenêtre ?!

- Ça, c'est un secret. Je lui fis un clin d'œil en lui ébouriffant les cheveux.

- Tauriel.

Legolas marche à travers la pièce faisant signe de sortir. Il me paraît froid à cet instant. Je regarde Tauriel qui semble, elle, hésiter.

- On va le perdre ! Lance Oin prenant Kili.

Je m'approche à mon tour et regarde l'état de Kili, en effet, ce n'est pas bon du tout ! Il hurle de douleur, se tord, il est trempé de fièvre. Je le prends dans mes bras et le pose sur la table.

- Mais que fou Bofur bon sang !

Tauriel regarde Legolas devant la porte, suppliante. L'elfe se détourne après m'avoir regardé rapidement d'un regard froid. Tauriel reste figée, elle ne doit pas savoir quoi faire, suivre l'ordre ou suivre son cœur. Pour moi, le cœur doit être écouté, car il nous montre la vérité de nos sentiments et guide les choix à faire… Et c'est toujours le bon choix, la bonne voie. Je m'approche d'elle et lui pose une main sur l'épaule, je croise alors son regard vert foncé, son regard perdu.

- Restez avec Kili. Je lui dis avec un sourire. Il a plus besoin de vous que de moi, Bofur est parti chercher

- Je l'ai !

- Athelas… Je souris.

Je me détourne, Tauriel récupère la plante dans ses mains et me fait un signe de remerciement avant que je ne parte.

- Prenez soin d'eux, protéger les enfants coûte que coûte !

- Compter sur moi.

Je sais que j'ai fait le bon choix, Tauriel les protégera tous et elle sauvera Kili, parce que l'amour ce lit dans ses yeux. Je cours en voyant l'elfe sauter devant moi au loin. Je saute sur un pont et tranche un orc en passant. Legolas est encerclé et je suis encore trop loin de lui, dans un mouvement sans réfléchir, je lance Nordeline qui vient transpercer la tête devant les yeux écarquillés de l'elfe. Il retire la lame de la tête avant que celui-ci ne tombe l'eau, mais son bras s'affaisse sous son poids, il la regarde plein de questions quand j'arrive en face de lui.

- Elle est trop lourde pour vous. Je lui souris en tendant ma main.

Il lève les yeux et me tend le pommeau, je récupère Nordeline et la place sur mon épaule. Je replonge mon regard dans ses yeux d'acier qui brillent sous la lune. Je le vois les plisser et finir par fronce les sourcils.

- Vous ne devriez pas être ici. Me dit-il sévère.

- Et où voudriez-vous que je sois ? Je réplique sèchement.

- Loin d'ici… Une femme n'a pas sa place au combat et vous avez été blessée, n'en rajouter pas.

Je pensais qu'il avait déjà compris qui j'étais, mais visiblement non… Je ne réponds pas et le regarde, il est froid, son regard est glacial. Pourquoi ?

- Rentrez chez vous.

Hein ? Je le regarde partir en courant poursuivre les orcs plus loin. Il se fou de moi ? Je râle encore en reprenant moi aussi la course à sa suite. Je vois encore quelques orcs et les tues, une fois terminé, je me tourne, mais je n'aperçois plus l'elfe. Je cours encore sans plus un ennemi en vu quand un bruit de combat m'interpelle. Je m'avance prudente et tombe sur Legolas, trois orcs autour de lui, dont le grand qui à planter la flèche dans la cuisse de Kili. Il arrive à se débarrasser des deux orcs et commence à affronter le capitaine seul. Je décide tout de même de rester loin de se combat le voyant avoir l'avantage, je risquerai de le gêner si j'interviens.

Il coince ça lame d'un bras, l'elfe n'arrive pas à la retirer, l'orc se lève alors et projette Legolas contre un poteau, le récupère et le balance sur un mur de l'autre côté, il va finir par le tuer. Legolas se reprend, assène des coups sur l'orc et lui enfonce la tête à plusieurs reprise dans un poteau à son tour. L'orc le pousse violemment et l'enserre dans ses bras par-derrière. Legolas gémit de colère et de douleur sous la pression. Il arrive à se dégager, mais se prend un revers de bras brutal qui le renvoie contre le mur.

N'écoutant que mon instinct, je cours vers eux sans trop réfléchir, submergé par la peur dans mon cœur.

Legolas peine à se relever complètement désarçonné, je le vois se tenir à un poteau puis un autre et s'arrête finalement touchant son nez qui saigne, mais l'orc ne lui laisse aucun répit, je le vois abattre son arme sur l'elfe lourdement, Legolas ne réagit pas lui tournant le dos. Trop tard, je suis là.

- Non !

Je me jette à terre et contre son arme avec Nordeline posée sur mon coude, coinçant l'arme contre la garde. Il essai de prendre ma gorge, mais j'agrippe son poignet, il me regarde,, médisant. Derrière moi, l'elfe se relève encore une fois péniblement. Je souris et pousse le bras du monstre tranquillement en me remettant sur mes pieds. Il me regarde surpris et grogne.

- Tu ne le toucheras plus. Dis-je en langue noire.

Il bout de rage en me voyant le repousser si facilement.

Je le lâche et lui lance mon pied dans le ventre d'une telle force qu'il atterrit lourdement dix mètres plus loin. Il se relève, incrédule, grogne encore et part pressé.

Je me retourne vers Legolas, il titube ce dirigeant dans la direction d'où c'est enfuit l'orc… Je m'approche de lui et le soutiens par le bras le temps que ses esprits reviennent. Il se stabilise sur mon épaule et reprend son souffle. Son nez coule encore de sang qu'il retire d'un coup sec de manche.

- Ça va aller ? Je demande le voyant perdu dans ses pensées. Vous avez eu de la chance, un peu plus et….

Je n'eus pas le temps de finir ma phrase qu'il me pousse violemment contre le mur de planche, et sens une lame froide dans mon épaule, suivit de la douleur.

Il est allé tellement vite, que je n'ai rien vu venir… Pourquoi ?

Je le regarde sans comprendre, la douleur sur le visage, je sens mon sang chaud couler sous mon kimono. Je pose ma main sur la sienne qui tient la lame et essai de la retirer. Mais je croise ses yeux et arrête mon geste à cette vue, ses yeux sont gris et profond, je ne vois plus le bleu habituel. Il y a de la colère, mais aussi, le doute et… La peur… Je ne comprends rien… Sa main est bel et bien sur la lame qui est dans mon épaule… Pourquoi voudrait-il me tuer ?

Il respire rapidement, semble reprendre contenance petit à petit posant son autre main contre le mur à côté de ma joue. Je serre ma main sur la sienne sous la douleur. Il ferme les yeux, mais ne lâche pas pour autant.

- Je n'avais pas besoin de votre aide. Il me murmure finalement.

- Quoi… ?

Alors c'est juste par orgueil… ? Non…

- Votre place n'est pas ici, je vous l'ai déjà dit. Le jour où j'aurai besoin de votre aide, vous serrez probablement morte et enterrée.

Il s'écarte de moi retirant ça main de la lame et part après un regard noir sans se retourner.

Je ne sais pas combien de temps, je suis resté là, la lame dans mon épaule, figée, ne comprenant rien à ce qui venait de se passer. Ou ni croyant simplement pas. C'était par orgueil… Vraiment ? Un elfe considérerait les hommes avec si peu d'importance ? Qu'ai-je fait ? Et ses mots si froid, si dure…

Je sens mon cœur sombré dans la détresse sans que je ne sache vraiment pourquoi. Je n'avais jamais, ou pas depuis bien longtemps, ressenti cette détresse, celle de ne pas comprendre, de ne rien maîtriser, d'avoir espéré quelque chose qui était en réalité qu'une illusion. D'être aussi insignifiante aux yeux de quelqu'un…

Je prends la dague et l'arrache de mon épaule. La contemple perdue, puis retire le sang avec ma veste. Une cicatrice de plus, me dis-je, en sentant mon corps réparer la plaie. Je reste là sans bouger pendant plusieurs minutes à regarder la lame de Legolas dans ma main. Que dois-je faire maintenant ? Rejoindre les nains ? Poursuivre les orcs ? Le dragon…

Je me laisse glisser le long du mur et fini assise par terre, je suis complètement perdue, je n'ai aucune idée de ce que je dois faire.

- Maliha

Je lève les yeux, encore cette voix.

- Maliha, nous avons besoin de vous ... Cette voix est dans ma tête…

Je reste incrédule.

- Gandalf est en grand danger, il vous faut aller à Dol Guldur, il vous faut le sauver.

- Gandalf !

Je me lève et tente de reprendre mes esprits en plaçant la dague de l'elfe à ma ceinture. Marche quelques pas et commence à courir, Dol Guldur, je dois me rendre à Dol Guldur, alors j'y vais. Tant que j'aurai un but, je ne serai pas inutile.


En espérant que ça vous plaise!

La bise au chat! :)