Titre: Le temps de la réflexion.

Disclaimer: Cette histoire m'appartient mais les personnages et l'univers appartiennent à J.K Rowling.

Rated: M

Résumé: Passer de bourreau à victime, c'est ce que va expérimenter Draco. Hermione ne sait plus qui elle est, ni ce qu'elle souhaite. Et le sentiment de perdition de ces deux êtres va les pousser à faire des choix. Et bientôt, très bientôt, il ne sera plus question de faire cavalier seul.

Note de l'Auteure: Bonsoir tout le monde ! Publication assez tardive, j'en suis consciente mais j'avais tellement hâte de vous retrouver ! On est en octobre (à nouveau) et je ne sais depuis combien de temps je vous ai fait faux bon. J'ai tellement honte mais j'ai une assez bonne excuse croyez-moi !

Enfin, j'espère que vous allez tous bien en ces temps si troublés. Je suis désolée pour ce manque cruel de nouvelles mais je suis de retour et cette fois pour un moment.

Je remercie encore une fois Orlane , qui assure puissance 1000 en tant que beta reader !

Je ne parle pas plus longtemps et on se retrouve en bas !


Le temps de la réflexion

Chapitre 7 : Les adieux d'un père

Draco était toujours enfermé dans les geôles du Ministère, il attendait le retour de sa mère qui se faisait plus qu'attendre. Elle était partie depuis maintenant un quart d'heure quand il entendit à nouveau des pas dans le corridor. Il se leva alors précipitamment et se jeta sur les barreaux dans le but de l'apercevoir.

Elle revenait de son entrevue, les liens magiques toujours autour de ses poignets et l'Auror chargé de la surveiller sur ses talons. Lucius n'esquissa pas un geste dans sa direction quand elle franchit à nouveau les portes de leur cellule mais Draco, lui, se précipita sur sa mère et coula un regard plein d'interrogations dans sa direction.

Les liens magiques avaient été enlevés et l'Auror scella à nouveau la porte de la cellule d'un coup de baguette avant de les laisser seuls.

« Je vais bien » signala Narcissa à Draco, tout en époussetant ses vêtements.

Le blond hocha la tête, constatant par lui-même qu'effectivement on ne lui avait fait aucun mal.

« Qu'as-tu dit à Granger ? »

Narcissa regarda Lucius mais il ne la regarda pas en retour, il avait la tête baissé entre ses jambes. Le désespoir semblait avoir déjà pris possession de son corps, comme si des détraqueurs étaient présents aux abords de leur cellule. Et les détraqueurs il les connaissait bien.

Se pourrait-il que ce séjour dans les geôles du Ministère rappelle à son père son triste passage il y a deux ans à Azkaban ? Draco s'était toujours demandé comment cet endroit était. Lucius n'en avait jamais parlé mais il se doutait que ça devait être un lieu horrible.

Narcissa se décala pour s'appuyer à son tour contre le mur, elle avait l'air épuisée.

« Je lui ai dit ce que j'avais à lui dire » l'informa-elle brièvement après un moment. « Maintenant les cartes sont entre ses mains. J'espère simplement qu'elle se montrera à la hauteur de sa réputation. »

Draco souffla de frustration. Il détestait Granger et il détestait se dire qu'il aurait possiblement une dette envers elle pour le restant de ses jours. Il n'en pouvait plus d'être ici et de ne rien pouvoir faire. Il était en train de se demander si il n'allait pas lui-même demander une entrevue avec Saint-Potter, chose qui lui paraissait complètement au-dessus de ses forces, quand sa mère lui posa une question qu'elle ne lui avait encore jamais posé :

« Crois-tu que l'on ait été de bons parents pour toi, Draco ? »

Elle avait les yeux baignés de larmes contenues, son masque d'impassibilité s'étant fissuré depuis bien longtemps. Elle ne se serait jamais permis cela en public car Draco savait à quel point elle tenait à son image. Cependant, le jeune homme se demandait bien d'où sortait cette question ? Sa mère n'était pas le genre de femmes à avoir des remords ou en tout cas elle ne les exprimait pas à haute voix. Il n'avait jamais envié les parents des autres, ça c'était certain. Il avait côtoyé beaucoup de parents de familles Sang-Pur et il pouvait dire qu'il n'était pas si mal tombé en fin de compte. Il avait toujours eu bien plus que ce qu'il souhaitait. Enfin, presque. La seule chose qu'il avait sans arrêt cherché sans jamais l'obtenir c'était la fierté, l'admiration, l'amour, de son père à son égard.

Il profita du silence qui s'était installé pour observer celui-ci. Installé à même le sol, le visage rivé sur les pierre qui l'en recouvrait. Draco ne portait plus le même regard sur lui mais ce n'était pas pour autant qu'il ne recherchait plus son approbation. Il avait toujours eu à cœur de lui faire plaisir et de faire honneur au nom qu'il portait.

L'ancien Serpentard chercha la réponse la plus appropriée à fournir à sa mère et se racla la gorge avant de lui répondre.

« Je ne pense que vous ayez été de mauvais parents. Je pense que vous avez fait de votre mieux avec ce que vous aviez en votre possession. »

Narcissa hocha la tête calmement, elle semblait sceptique. Pourtant, il avait dit la vérité. C'était son ressenti. Son enfance n'avait pas été des plus joyeuses, son adolescence encore moins, ses relations ayant toujours été houleuses avec son père. Et il lui en voulait encore d'avoir accordé sa confiance à un sorcier aussi minable que le Seigneur des Ténèbres. Sans son dévouement, ils ne se seraient pas retrouvés dans cette situation. Pendant longtemps Draco avait été assombri et guidé par la colère et désormais il ne lui restait qu'un arrière goût d'amertume. Sans sa colère pour le guider, il ne savait plus très bien à quoi se fier.

Il ne savait pas quel avait été la teneur de l'échange entre sa mère et Granger mais il espérait qu'elle avait réussi à défendre leur cause autant que possible. Malheureusement, leur destin ne dépendait pas seulement de cette Miss-Je-Sais-Tout, il y avait une foule de monde au sein du Magenmagot qui rêvait sans aucun doute de les voir enfermer voire pire mais il ne voulait pas y songer pour le moment.

Il ne sut pas combien de temps ils restèrent à attendre quand ils furent appelé à sortir. On leur lia à nouveau les poignets et ils se retrouvèrent dans la salle d'audience, une nouvelle fois. Ils étaient traités comme du bétail, de la viande fraîche pour les journalistes et les jurés tenant leurs vies entre leurs mains. Là-bas tout le monde avait repris sa place. Les regards étaient un peu plus inquisiteurs, un peu plus perçants. Bien sûr, en bons Malfoy qu'ils étaient, ils ne devaient en aucun cas montrer leur trouble mais Draco ne pouvait nier qu'il se sentait particulièrement mal à l'aise. L'angoisse montait chez lui à grande vitesse.

Le trio infernal était encore là et se tenait à leur droite. Le blond capta l'attention de Granger et ne la quitta pas des yeux. Il essayait de lui faire passer un message à son tour par ce contact oculaire, il se demandait bien ce que sa mère avait pu lui dire. Cela le rendait fou. La jeune femme fut la première à interrompre leur échange silencieux et si les yeux de la belette avaient lancé des Avada Kedavra, il serait certainement mort sur place.

Draco lui aurait bien fait un geste grossier pour se rappeler à son bon souvenir mais il se retient au dernier moment. On les installa à nouveau sur leur siège et les liens leur enferment le cou et les chevilles. La position était particulièrement inconfortable mais ils n'étaient pas là pour prendre le thé donc jusque là tout était normal.

Après quelques instants, le Président du Magenmagot arriva dans la salle et imposa de fait le silence. Il prit le temps de regarder l'ensemble de la salle, puis il débuta son discours :

« Moi, Kingsley Shacklebolt, Ministre de la Magie et Président en chef de cette assemblée, je déclare la reprise immédiate de cette audience, opposant le Ministère de la Magie et la famille Malfoy, ici présente. Je rappelle les faits qu'ils leur sont reprochés : Actes de magie noire, adhésion aux rangs du plus grand mage noir de notre siècle et participation à la bataille de Poudlard ayant entraîné la mort de nombreux sorciers et sorcières certains étant encore détenteurs de la Trace. Nous avons pu constater tout à l'heure que Madame Malfoy était la seule à ne pas porter la Marque des Ténèbres. A présent une question destinée à Monsieur Malfoy, est-ce bien exact que avez participé à la première guerre des sorciers ? »

Le père de Draco hocha la tête mais ceci ne dû pas suffir au Président en chef puisqu'il ajouta :

« Je vous prie de bien vouloir répondre par voix haute et intelligible. »

« Oui, c'est exact » répondit-il fébrilement.

« Et dans quel camp vous trouviez-vous ? »

Quelle question stupide, pensa Draco. Tout le monde savait très bien dans quel camp son père se trouvait. Ce n'était qu'une stratégie pour les montrer du doigt.

« Celui... Celui du Seigneur des Ténèbres » indiqua-t-il platement.

« Vous vous êtes donc engagé par deux fois auprès de ce Mage noir ? Cela est-il exact ?»

« C'est... C'est exact. »

Kingsley Shacklebolt s'installa dans son fauteuil et commença à chercher un élément dans le dossier des accusés.

« Qu'est-ce qui vous a poussé à combattre aux côtés de Voldemort ? » demanda-t-il de but en blanc.

Lucius ne répondit pas tout de suite et tiqua au nom de Voldemort. Quelques-uns des membres frissonnèrent à leur tour. Depuis la première guerre, prononcer ce nom n'avait jamais été dans les mœurs des sorciers. On leur avait toujours appris à craindre son nom, même disparu la peur était encore bien ancrée dans leurs esprits. Draco se retourna vers son père et le pria intérieurement de réagir au plus vite. L'assemblée commençait tout juste à chuchoter quand il se décida enfin à répondre à la question.

« Je pense qu'il partageait les mêmes idéaux que moi, les mêmes désirs, la même vision de la vie que je projetais pour mon fils et ma femme. »

Lucius avait donc pour projet d'envoyer sa femme et son fils tout droit vers l'échec ? Il avait dû être bien aveuglé à l'époque par la prestance du Seigneur des Ténèbres. Draco se demandait même si il n'avait pas tout simplement eut peur de lui. Il est vrai que le Seigneur réunissait beaucoup d'adeptes par la force. Tout le monde s'inclinait devant lui et ses pouvoirs magiques. En tout point, il dépassait bon nombre de sorciers.

« A l'époque » reprit Shacklebolt tout en lisant un rapport en sa possession. « Vous avez prétexté être sous le sortilège de l'Impérium et aujourd'hui vous nous dites qu'en réalité vous étiez conscient de vos actes et pleinement en capacité de vous désengager. »

Des murmures se firent entendre dans la salle. Draco regarda son père, affolé. Comment avait-il pu oublier ce détail. Un peu déboussolé au début, Lucius n'en laissa rien paraître dans la suite de son discours.

« Il est impossible de se refuser au Seigneur des Ténèbres. Enfin, il ETAIT impossible. Oui, je partageais quelques idéaux avec celui que j'appelais Maître mais même si j'avais voulu partir, j'aurais alors risqué la vie de ma famille. Ce n'était pas un sorcier des plus conciliant. »

« Il est vrai » admit calmement Shacklebolt.

Draco savait qu'il pouvait comprendre, plusieurs Aurors avaient dû se plier à la volonté du Seigneur des Ténèbres. Parfois ils avaient été corrompus, avec lui la négociation n'était pas quelque chose d'envisageable, l'allégeance devait être totale et immédiate.

« Lorsque vous parlez d'idéaux en commun, faites-vous référence à la pureté du sang Monsieur Malfoy ? » demanda une des membres du Magenmagot.

Draco se retourna vers elle, cependant son air revêche le laissa de marbre.

« Tout à fait » consentit-il.

« Pensez-vous que les Nés-Moldus soient inférieurs à vous Monsieur Malfoy ? » questionna le Ministre.

Draco observa son père se pincer les lèvres sûrement car il était contrarié par cette question mais il fallait bien qu'ils en passent par là. Il était difficile de faire preuve d'honnêteté dans la vie réelle mais lorsqu'il s'agissait d'une audience telle que celle-ci, le choix s'imposait de lui-même. Lucius prit son temps pour réfléchir, il avait l'air de peser le pour et le contre.

« Je pense que de par le statut de leur sang, ils ne sont pas au même niveau que les Sang purs et ne peuvent accéder au même mode de vie, aux mêmes avantages que nous. De ce fait, oui, je les considère comme étant inférieurs. Les écarter de notre vie a été pour moi une solution toute trouvée. Je pense qu'il est dangereux et illusoire de penser que nous pourrons un jour nous afficher auprès des Moldus et que les Nés-Moldus et les Sang-mélés sont de ce fait des anomalies qui se propagent et nuisent à la magie du monde sorcier. »

La foule sembla s'arrêter de respirer, certains étaient tellement choqués qu'ils avaient porté une main à leur cœur dans un geste de stupéfaction pure.

Draco était tout simplement sidéré, son père avait-il vraiment des pensées aussi arrêtées ? Il pensait que ces quelques semaines lui aurait permis de revoir son jugement mais il fallait croire qu'il n'avait absolument pas changé d'avis. Draco n'irait pas jusqu'à prétendre qu'ils étaient égaux aux Moldus mais delà à traiter les Nés-Moldus et les Sang-mélés d'anomalies, il y avait un monde.

Le Président en chef, fut bien le seul à garder son calme, imperturbable, il jeta un regard scrutateur à son père. Il avait l'air de vouloir le cerner. C'est ainsi qu'il lui demanda plus de précisions quant à sa volonté d'intégrer les rangs du Seigneur des Ténèbres.

« Monsieur Malfoy dans quelles circonstances vous êtes vous retrouvez engagé dans cette deuxième guerre des Sorciers ? »

Draco savait bien dans quelles circonstances ils s'étaient retrouvés dans tout cette pagaille. Il avait en réalité suffit d'une nuit pour que sa vie telle qu'il la connaissait change. Il soupçonnait son père de ne jamais avoir vraiment voulu le retour du Seigneur des Ténèbres. Il n'avait jamais cherché à le faire revenir malgré ce qu'il prétendait. Alors, le soir du Tournoi des trois sorciers, Draco supposait qu'il avait dû être bien surpris de revoir un mort revenir à la vie.

« J'ai adhéré aux rangs du Seigneur des Ténèbres bien avant la naissance de mon fils et une fois le Seigneur disparu, j'ai continué à perpétuer son savoir. Je n'étais pas à l'initiative du rituel ayant participé à son retour, je ne voulais pas y croire en fait, je n'arrivais pas à croire que cela pouvait être possible... »

« Mais vous espériez que cela arrive un jour? » demanda un homme coiffé d'un chapeau pointu.

« Je n'y pensais pas. Je voulais simplement que mon fils ait une éducation de qualité. Bien sûr, une partie de moi se disait que les choses seraient certainement plus appréciables si le Seigneur était encore présent. »

« Suggérez-vous que le retour de Vous-Savez-Qui était une aubaine pour vous Monsieur Malfoy? » questionna une voix haut perchée dans le public.

« Je le pensais mort, je n'ai donc pas cherché à le faire revenir. C'est tout ce que je peux en dire. »

Le Ministre dû sentir que les questions allaient fuser par la suite car il les arrêta dans l'œuf. Après tout, ce n'était pas le procès de son père mais de la famille Malfoy.

« Nous allons désormais en venir à la bataille de Poudlard si vous le voulez bien... Je voudrais savoir quel était rôle de votre famille ? Quelle place occupait-elle ?»

« Je n'avais pas de rôle précis, ni même Draco à vrai dire. J'avais déjà essuyé plusieurs défaites face à Potter que cela soit au Ministère ou au sein de mon Manoir. Je ne voulais qu'une chose, qu'il meurt. »

Silence de mort face aux paroles vindicatives de Lucius. Draco jeta un regard vers Potter mais il était aussi impassible qu'un Malfoy. Son père avait souhaité sa mort mais plus par vengeance, par volonté de bien faire, d'être bien vu du Seigneur des Ténèbres.

« Mais il n'est pas mort. Comment cela est-il possible ? Monsieur Potter se trouvait bien à terre ce matin-là ? Il venait d'être vaincu par Voldemort. Et pourtant il était en vie. Monsieur Potter, comment expliquez-vous que vous soyez avec nous aujourd'hui ? »

Draco n'était pas dans la forêt interdite mais sa mère lui avait précisément décrit la scène et ce rayon de lumière verte avait bien frappé Potter. Draco se demandait réellement comment il avait pu y survivre mais ayant déjà été face à la mort étant petit, Potter était peut-être immunisé. Comme une maladie infantile.

Harry Potter remercia timidement Monsieur le Ministre de lui laisser la parole. Il s'avança jusqu'à être prêt du balcon.

« Je suis ici aujourd'hui car je dois ma vie à Madame Malfoy. »

Stupéfaction dans le public, tout le monde avait du mal à croire aux paroles de Saint Potter. C'était pourtant vrai. Sa mère n'avait jamais voulu une telle guerre. Elle avait vu en Potter un espoir d'y mettre un terme.

« Qu'a-t-elle fait pour vous sauver la vie Monsieur Potter ? » interrogea un sorcier à la longue barbe rousse.

« Après le premier Avada Kedavra, qui était nécessaire pour tuer une partie de l'âme de Voldemort qui était toujours en moi, elle a prétendu au Lord lui-même que j'étais mort. Elle ne l'a fait qu'après que je lui ai confirmé d'un hochement de tête que son fils était vivant et allait bien. Même dans ce contexte funèbre, Madame Malfoy n'a eu de cesse de penser à son fils, Draco.»

Potter se rassit et laissa ses révélations aux mains de l'assemblée. Les chuchotements avaient repris de plus belle. Draco reconnaissait sa mère dans ces mots. Elle était le genre de femme à se dévouer pour le fruit de ses entrailles.

Le Président se racla une nouvelle fois la gorge pour faire taire le brouhaha ambiant.

« Vous auriez très bien pu le dénoncer, Madame Malfoy. Pourtant vous n'en avez rien fait. Pour quelle raison ? »

Narcissa leva les yeux au ciel, elle semblait chercher ses mots. Il était vrai qu'elle ne s'était que peu exprimée jusqu'à présent.

« J'ai eu comme une... illumination. C'est comme si j'avais vu mon propre fils allongé à sa place et il m'est alors paru impossible de le dénoncer. Et après l'enfer que nous avions vécu au Manoir, quelque part j'espérais que cela ne perdure pas et qu'il arrive à arrêter tout cela. »

« Etiez-vous au courant du mensonge de votre femme Monsieur Malfoy ? »

« Non, je ne l'étais pas. J'ignorais qu'elle avait mentit pour le protéger. »

Draco ne savait pas ce que pensait son père de tout cela à ce stade. Était-il déçu des agissements de sa mère ? Avait-il la sensation d'être pris pour un idiot ? En voulait-il à la terre entière comme c'était son cas. Il commençait à avoir mal à la nuque à force d'être maintenu de la sorte. Ses membres devenaient de plus en plus engourdis et il avait terriblement faim. Il repensait au sandwich de leur geôlier, il aurait tué pour en avoir un bout.

« Monsieur Malfoy, qu'avez-vous ressenti à l'annonce de la présumé mort d'Harry Potter ? L'obstacle, l'anomalie comme vous l'avez dit tout à l'heure, était écarté du chemin. »

« Du soulagement ? Je crois bien » déclara Lucius lui aussi en pleine réflexion sur ses sentiments visiblement partagés. « Mais très vite la peur m'a gagné car je savais que je ne rentrais plus dans les bonnes grâces du Seigneur et Draco non plus. Hélas, nos jours étaient comptés. Ceux de Narcissa également. J'étais conscient que nous n'étions plus vraiment utile à son ascension. Un nouveau pas de travers et c'en était fini de nous. Le Seigneur des Ténèbres n'avait que peu de considération pour la vie humaine mais il faisait toujours en sorte de tirer le meilleur potentiel de vous avant de vous... Comment avez-vous dit ? Ah oui, avant de vous écarter du chemin. »

« Pourquoi avoir pris la fuite le jour de la Bataille de Poudlard ? Peut-être pouvez-vous répondre à cette question Draco. »

Le jeune homme prit une grande inspiration en fermant les yeux.

« Je n'ai pas pris la décision de fuir. Je ne voulais pas quitter Poudlard en réalité. J'ai suivi mes parents parce que je ne voyais pas d'autres alternatives. »

« Si tu voulais rester sur place, c'était pour aider tes copains Mangemorts ? » questionna un homme de son accent des Highland. « Les vermines ne font que des vermines. Ce petit a suivi les traces de son père. Il devrait... »

« Calmez vous Alister ! Nous ne sommes pas au moment du rendu du jugement ! » le recadra Shacklebolt.

Draco lui jeta le regard le plus noir qu'il avait en sa possession. Il avait envie de l'étriper. Ça l'avait bien arrangé de quitter les lieux en vérité, il n'avait sa place dans aucun camp de toute façon. Comment faire comprendre une réalité aussi complexe à un sorcier qui avait dû connaître Merlin en personne.

« En parlant du verdict, nous n'allons pas tarder à nous réunir pour conclure cette audience. Je pense que nous avons à présent assez d'éléments. Est-ce que quelqu'un a encore des choses à évoquer ? »

Quelques secondes passèrent, les plus longues que Draco n'avait jamais connu, puis une petite voix s'éléva sur sa droite. Il s'agissait de Granger.

« Moi aussi je... Je voudrais apporter mon témoignage. »

En frôlant le torticolis, Draco observa sa mère et Granger s'échanger un regard. Tout le monde était scotché à ses lèvres, attendant avec appréhension ce qu'elle pourrait rajouter.

« Faites donc Miss Granger, la parole est à vous. »

« Merci. »

Weasley, avait l'air de fulminer à ses côtés, les bras croisés sur son siège, lui n'avait aucunement l'intention de se lever pour les disculper.

« Je ne vous cache pas que Draco Malfoy, ici présent, a quelque peu gâché ma scolarité et celle de bien d'autres élèves de Poudlard. Adepte d'insultes en tout genre sur la qualité de mon sang ou sur mon physique. J'étais son souffre douleur mais ce que j'ignorais c'est qu'il n'avait été que l'objet de manipulations perfides de la part de son père, qui ne voyait en lui qu'une projection de sa propre personne. Malfoy... Draco je veux dire, n'a jamais voulu être Mangemort et je pense que s'il avait été entouré de meilleures personnes, il aurait agi différemment. Les faits sont là comme vous les avez énoncé. Draco n'a pas réalisé la plupart d'entre eux ou pas de son propre chef. Je ne le pense pas capable de tuer qui que ce soit. Draco a fait semblant de ne pas nous reconnaître lorsque nous avons été emmenés au Manoir, ce qui a retardé l'arrivée de Voldemort et nous a permis de nous enfuir. Je voulais simplement souligner que Draco Malfoy avait longtemps été aveuglé par son désir de vengeance et d'élévation. De plus, sous l'emprise d'un géniteur lâche, méprisant et épouvantable. Que lui restait-il comme option ? »

Draco ne voulait pas le montrer mais il était tout simplement choqué par le discours de son ancienne camarade. Il comprenait mieux pourquoi sa mère tenait temps à la rencontrer. Il n'aurait pas dit mieux. Cependant, la façon dont elle avait dépeint son père ne lui convenait pas du tout.

Par la suite, ils furent rapidement ramené dans leur cellule le temps du rendu du verdict. Dès qu'ils furent seul, Draco détendit son corps endolori, puis le blond se retourna vers sa mère.

« Je n'arrive pas à croire que tu aies réussi à persuader Granger de prendre la parole ainsi. »

« Je ne lui ai jamais demandé de faire une chose pareille. »

« Et c'est ce qu'elle a fait pourtant » siffla Lucius acerbe. « D'après ses dires, je serais un psychopathe dangereux. Si je n'étais pas condamné avant, c'est certain que je le suis à présent ! »

Il s'approcha de Narcissa et la prit par les épaules en la secouant.

« Qu'est-ce qui t'as pris Cissy ?! Que lui as-tu dit? »

« Arrête Lucius, tu me fais mal ! »

La tête de Narcissa était secouait de tout côté, son chignon se défaisait au fur et à mesure des assauts. Lucius finit par la relâcher brutalement et commença à faire les cent pas.

« Je n'arrive pas à croire que tu aies pu faire confiance à cette saleté de Sang-de-Bourbe. »

« Et moi je ne peux pas croire que tu puisse penser que l'insulter comme tu viens de le faire sera d'une grande aide à notre situation. Je n'ai fait que lui dire la vérité » l'informa-t-elle en se recoiffant.

« Vous n'êtes pas resté longtemps en entrevu pourtant » constata Draco.

« C'est normal, je me suis dit qu'il était préférable de lui montrer. Je lui ai donné des fragments de souvenirs. »

« Lesquels ? » questionna Lucius de manière dédaigneuse.

« Ceux de l'enfance de Draco, de son adolescence... »

« Ces souvenirs sont de toute évidence biaisés. Draco n'aurait jamais accepté de faire cela. Draco n'a peut-être pas le même regard que toi sur les événements. Tu auras ma mort sur la conscience. »

Le jeune homme avait bien sûr un avis sur la question mais il sentait que ce n'était pas le moment d'intervenir dans leur dispute. Dans ces moments-là il avait toujours préféré faire profil bas. Narcissa n'avait, de toute évidence, aucune intention de se laisser faire.

C'est dans cette ambiance pleine de tensions qu'ils passèrent le temps et quand ils furent appelés on ne prit pas le soin de les installer sur leurs sièges habituels. Chacun d'entre eux avait simplement un Auror attitré.

Monsieur le Ministre remit correctement sa toque avant d'annoncer le verdict. Draco était tellement nerveux qu'il sentait la sueur s'écouler sur son front.

« Les membres du Magenmagot et moi-même avons pris la décisions de relaxer entièrement Madame Narcissa Malfoy. Le Ministère ne poursuivra donc pas Madame Malfoy pour les faits cités plus tôt. »

Draco était soulagé pour sa mère. Elle ne méritait clairement pas de finir ses jours derrière les barreaux surtout étant donné tout ce qu'elle avait fait pour lui.

« Les membres du Magenmagot et moi-même, après des échanges assez vifs pour ne rien vous cacher, avons décidé de relaxer Monsieur Draco Lucius Malfoy pour les faits qui lui sont reprochés. Au vue de son jeune âge et de l'influence dont il a pu être victime, nous ne poursuivrons pas Monsieur Draco Lucius Malfoy. »

Il aurait pu faire encadrer ces mots, ce qu'il ressentait aujourd'hui était au-delà du soulagement. Au-delà de tout, il était enfin libre...

« Toutefois, Monsieur Draco Lucius Malfoy devra reprendre ses études à Poudlard. Celles de l'année écoulée n'étant pas conformes au programme validé par le Ministère. Monsieur Draco Lucius Malfoy devra obtenir ses ASPIC et choisir un métier digne d'un sorcier convenable. Nous invitons Monsieur à se réinsérer dans la société. En ce sens, le prévenu ne pourra faire usage de la magie que dans l'enceinte de Poudlard et cela jusqu'à nouvel ordre. Aucune sortie du territoire britannique n'est autorisée. »

Il écopait d'une peine plus sévère mais à ce stade il considérait que ce n'était que justice. Ce qui le contrariait plus était la perspective de remettre les pieds à Poudlard, il aurait voulu être débarrassé de la corvée des révisions.

Le tour du verdict de son père ne se fit pas attendre après le sien.

« Quant à Monsieur Lucius Malfoy. Compte tenu de son allégeance notable au plus grand Mage noir de notre siècle, de ses propos inchangés et cela malgré la fin de la guerre... Les membres du Magenmagot et moi-même Président de cette assemblée, avons décidé de condamner celui-ci à un emprisonnement à perpétuité à la prison d'Azkaban . La sanction est immédiate. »

Draco voyait bien que sa mère était choquée, les larmes au yeux, elle n'osait pas bouger. Elle était comme figée sur place. Elle n'avait peut-être pas envisagé cela possible mais Draco s'était préparé à toutes les éventualités. Et malgré qu'il ait mis cette éventualité dans son équation, il n'arrivait pas à se dire qu'il ne reverrait probablement plus jamais son père.

« Veuillez emmener le prisonnier à présent » lâcha Shacklebolt en s'adressant aux Aurors chargés de les escorter.

« Un instant ! Monsieur le Président ! Un instant, je vous en prie ! » supplia Lucius lorsque les Aurors l'attrapèrent par les coudes.

« Attendez! » ordonna le Ministre.

« Je vous en prie, laissez moi dire au revoir à ma famille. »

Kingsley Shacklebolt les zieuta tour à tour puis finit par acquiescer. Ils devaient faire peine à voir.

« Très bien, vous avez une minute. »

Lucius le remercia chaleureusement et se retourna vers sa femme et son fils. Il n'avait plus l'air contrarié mais simplement triste. Narcissa était maintenant en larmes mais elle se refusait toujours à être trop démonstrative. Aussi, c'est Lucius qui lui attrapa les mains. Il les porta jusqu'à sa bouche pour un baiser des plus tendre et il lui murmura :

« Soit certaine que je comprends. »

Narcissa agréa silencieusement, les joues toujours baignées de larmes. Lucius se retourna par la suite vers Draco qui sentait une boule le gêner au fond de sa gorge. Il ne voulait pas se laisser aller à l'émotion alors il se mordait soigneusement l'intérieur de la joue.

« Draco... » commença Lucius.

Le blond sentait dans son regard qu'il voulait lui dire tant de choses mais il se contenta de renifler avant de lui lâcher les mots qui allaient certainement rester gravés dans son esprit.

« Santimonia Vincent Sempre... Adieu mon fils. »

Il s'agissait de la devise des Malfoy. Il l'avait déclaré comme pour lui dire qu'il devait rester fidèle à ce qu'il était avant tout. Comme pour lui dire de ne pas oublier d'où il venait, de ne pas oublier qui il était. Un Malfoy.

« Adieu père. »

Famille sous l'emprise d'un sorcier cruel. Tout le monde entendait cela. Lucius avait certes risqué la vie de sa femme et de son fils, obscurci par l'appât du pouvoir, mais il n'avait pas su comment s'extirper de cette situation et aujourd'hui il en payait les conséquences.

Il n'y eut aucune embrassade, aucune accolade, peu après les Aurors emmenèrent Lucius. Narcissa et Draco se retrouvèrent libres dans la salle d'audience, incapables de dire par quoi ils allaient commencer et à quoi ressembleraient leurs nouvelles vies.


C'est tout pour ce soir mais je reviens dès la semaine prochaine ! J'ai enfin réussi à me mettre des chapitres de côtés et j'ai un peu d'avance. Je propose donc le jeudi comme nouveau jour de publication afin d'être cohérente dans mon incohérence.

Dites-moi vite ce que vous avez pensé de ce chapitre, je stresse à mort de ce retour sur FF.

A très bientôt et prenez soin de vous et de vos proches,

Flow 01