Crise


Temari soupira pour la troisième fois. C'était la Sixième fois qu'elle appelait Shikadai pour qu'il vienne manger son petit déjeuné mais il n'était toujours pas là. Elle était pratiquement sûr qu'il s'était endormi à nouveau. Il n'était pas croyable, comme son père.

Shikadai avait bien grandi. Il était aujourd'hui âgé de cinq ans et c'était un enfant relativement calme. Il avait le même caractère que son père. C'était littéralement la miniature de Shikamaru. Son digne héritier.

La blonde se décida à se rendre dans la chambre du petit Nara, l'appelant encore, la voix légèrement agacée. Elle entra en trombe, prête à lever son fils de force mais au lieu de ça, elle le vit sur son lit, assit dos à elle. Temari fronça les sourcils.

« Shikadai, ça fait plusieurs que je t'appelle pour ton petit déjeuné. » Dit-elle d'un ton strict.

Elle le vit sursauter et passer ses mains sur son visage, comme pour l'essuyer. Elle l'entendit renifler et il se leva, la tête baissée. Il y avait quelque chose qui n'allait pas.

« Shikadai ? Quelque chose ne va pas ? » Demanda Temari en s'approchant de son fils.

« Désolé maman de pas être venu manger… » Fit le petit garçon d'une petite voix.

La blonde lui releva le visage de force et vit que Shikadai avait les joues et les yeux rougis. Il avait pleuré.

« Pourquoi tu pleures ? » Fit-elle, d'une voix douce en caressant la joue de son fils.

« Je ne pleures pas maman. » Répondit-il, la voix tremblante.

Temari s'assit sur le lit du garçon et l'attira vers lui. Il se laissa faire, baissant la tête vers le sol.

« Est-ce que tu pleures parce que tu as peur que je te cris dessus ? » Demanda Temari, asseyant l'enfant sur ses genoux.

Il haussa les épaules. Il laissa une larme couler sur sa joue et cette image brisa le cœur de Temari. Elle savait que Shikadai pleurait toujours beaucoup pour des choses futiles, elle ne le comprenait pas parfois.

« Mon chéri… Explique à maman pourquoi tu es triste. » Dit-elle en lui embrassant le front.

« J'ai perdu mon doudou… » Fit le petit garçon après un petit instant, explosant en sanglot.

« Il ne doit pas être bien loin, tu sais. On va le chercher tout les deux et après on ira déjeuner, d'accord ? Ne pleure pas, ce n'est pas grave. » Rassura-t-elle en le câlinant.

Shikadai continua de pleurer, il était inconsolable. Temari finit par laisser son fils se calmer seul sur le lit pour partir à la chercher de son cerf en peluche. Elle foula partout, dans toute la chambre et finit par vérifier sous le lit du garçon. Bingo, il était sous le lit. Elle le prit et le donna à Shikadai.

« Regarde mon ange, il était juste en dessous de ton lit. Tu vois, il n'était pas loin. »

Le petit prit sa peluche contre lui et la serra, continuant de pleurer. Il ne s'arrêtait plus de pleurer et Temari trouva cela bizarre. Sa peluche était près de lui, intacte. Il devrait arrêter de pleurer. Y avait-il autre chose.

« Shikadai, pourquoi tu pleures encore ? »

Il haussa à nouveau les épaules, reniflant, le visage cacher par sa peluche.

« Tu ne te sens pas bien ? Tu as mal quelque part ? »

Temari eu le souffle coupé en connaissant la réponse de son fils. De bout des doigts, il lui montra son cœur.

« Tu… Tu as mal au cœur ? »

À nouveau, il hocha la tête.

« Et qu'est-ce que ça te fait ? »

Temari n'eu aucune réponse à cette question, puisque Shikadai préféra sécher ses larmes et se mettre dans les bras de sa mère.


Temari préparait le repas et entendit la porte d'entrée s'ouvrir. C'était Shikamaru qui rentrait du travail. Elle entendit le rire cristallin de Shikadai, probablement déjà dans les bras de son père. Il avait toujours pris l'habitude de l'attendre devant la porte. C'était sa routine.

Shikamaru arriva dans la cuisine, un petit garçon dans les bras. Temari se retourna et leur sourit.

« Tu arrives juste à temps, Shikamaru. J'ai fini de préparer le repas. » Dit-elle.

« Je vais installer le petit. Viens mon garçon, on va se préparer pour manger. Tu as faim j'espère ? »

« Oui ! » Répondit Shikadai, le sourire jusqu'aux lèvres.

Shikamaru et Shikadai sortirent de la cuisine suivit de Temari, un plat dans les bras. Elle posa le plat sur la table et servit Shikadai d'abord. C'était toujours comme ça. Shikadai devait être servi en premier, suivit de Temari et de Shikamaru. Elle servit les assiettes et partit remettre le plat dans la cuisine. La blonde vint s'installer en face de son mari qui commença à lui raconter sa journée. Les deux adultes commencèrent à manger, mais pas le petit Nara.

« Tu ne manges pas ? » Demanda Shikamaru.

« Non. »

« Je pensais que tu avais faim. »

« La purée est à gauche. D'habitude elle est à droite. » Fit le petit garçon en fixant son assiette.

Shikamaru leva un sourcil, jugeant du regard son fils : « C'est pas si grave que ta purée soit à gauche au lieu de la droite. Mange avant que ça se refroidisse. »

Il secoua la tête : « Qu'est-ce qu'il y a ? Tu es bizarre en ce moment. » Fit Temari.

Shikamaru leva les yeux vers sa mère et la fixa. La blonde le regarda sans rien dire. Soudain, Shikamaru se mit à pleurer, sans aucune raison. Shikamaru regarda le garçon en fronçant les sourcils, dans l'incompréhension la plus totale.

« Shikadai, ne fais pas de comédie pour… »

« Ne fais pas ton pleurnichard, c'est pas grave. » Fit Shikamaru avec un petit sourire aux lèvres.

Cette phrase ne fit qu'aggraver les pleures du garçon. Il semblait énervé, si bien qu'il poussa l'assiette devant lui, la laissant se briser sur le sol. Temari ne compris pas ce qu'il se passait, et elle n'eut même pas le temps de réagir. Shikamaru se leva et attrapa son fils par le bras, le tirant pour le faire descendre de la chaise. Le petit Nara se débattait en hurlant. L'adulte sortit de la pièce, tenant toujours fermement son fils par le bras. Temari observa la scène, ne sachant pas comment réagir. C'était la première fois qu'il faisait une crise comme celle-là, et elle n'avait aucune idée du pourquoi du comment. Temari entendit Shikamaru crier sur Shikadai qui cria encore plus fort.

Shikamaru revient quelques secondes après, le visage crispé par l'incompréhension et la colère : « Qu'est-ce qu'il lui prend… »

« Tu ne lui a pas fait mal j'espère… » Fit Temari, la voix tremblante.

« Non. Je l'ai juste enfermé dans sa chambre dans le noir histoire qu'il se calme un peu. »

Les deux adultes entendirent Shikadai continuait d'hurler. Temari se leva, voulant aller réconforter son fils.

« Reste assise. Il se calmera tout seul. Ce n'est qu'une comédie. »

« Tu ne trouves pas ça étrange toi la façon dont il réagit ? »

« C'est simplement une comédie. » Soupira Shikamaru.

« Je ne suis pas de ton avis. Ça fait déjà un certain temps qu'il a des réactions étranges à tout ce qui l'entour. »

« Qu'est-ce que tu veux dire par là ? » Demanda Shikamaru en fronçant les sourcils.

« Il a toujours du mal à savoir si on parle sérieusement ou quoi. Parfois, il se met à pleurer quand tu fais de l'ironie, comme là. Il a dû penser que tu lui criais dessus. Ce matin, il m'a fait une crise de larmes parce qu'il avait perdu son doudou sous le lit et il m'a dit qu'il avait mal au cœur. Il était inconsolable. Et il a toujours des habitudes bizarres comme la purée à droite. Il a une véritable obsession pour le shogi alors qu'il n'a que cinq ans. »

« Il est juste peut-être un enfant plus sensible que les autres, ça fait rien. Je vais l'endurcir quand il sera un peu plus grand. »

« Je veux qu'il aille voir un médecin. Je veux qu'un spécialiste mette un nom sur ce que ressent Shikadai. »

« Temari… »

« On est incapable de le comprendre, et je ne suis pas sûr qu'il se comprenne lui-même. Il a peut-être quelque chose de grave. »

« Tu t'en fais pour rien… C'est juste une co… »

« Arrête avec tes foutus comédies. C'est tout sauf une comédie, ça. »

« Si madame le dit… » Fit le jeune homme en levant légèrement les mains.

Temari se leva et se rendit dans la chambre de son fils. Elle ouvrit la porte et alluma la lumière. Shikamaru était assis sur le seul, le visage rouge inondé de larmes. Temari le leva et le porta contre elle. Le petit continua de pleurnicher, s'agrippant à sa mère.

« Si tu fais dodo avec maman, ça te ferait plaisir ? » Demanda-t-elle dans un chuchotement.

Shikadai hocha la tête, plongea son visage humide dans le cou de sa mère. Temari ferma les yeux et câlina son fils.

« Shikadai, tu es calmé ? » Fit la voix de Shikamaru à la porte de la chambre.

Le petit ne répondit pas, ce qui agaça profondément le jeune homme.

« Je t'ai parlé. »

« Shikamaru laisse-le un peu. »

« Il pourrait au moins hocher la tête comme il me fait d'habitude. » Dit Shikamaru en passant sa main dans le dos de son fils.

Soudain, Shikadai se tourna vers son père et frappa son bras pour lui faire retirer sa main de son dos.

« Shikadai ! » Fit Temari.

« Je veux bien que tu fasses une comédie comme tu viens de me faire, mais que tu me frappes c'est autre chose ! » Fit Shikamaru d'une voix froide qui fit frissonner Temari.

« Excuse-toi à papa… » Chuchote-t-elle dans l'oreille de son fils.

Il secoua la tête : « Pourquoi non ? » Demanda-t-elle.

« Méchant… »

« Shikadai… »

« Moi méchant ! J'aurais tout vu ! Tu me frappes et c'est moi le méchant ?! » Cria Shikamaru, énervé.

Shikadai se remit à pleurer dans le cou de Temari : « Pleurer dans le cou de ta mère ne changera rien à la situation, jeune homme. » Lança le jeune homme.

« Shikamaru, je vais m'occuper de lui. Je t'avais dit qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas… »

« Tu m'énerves à prendre tout le temps sa défense. » Lança Shikamaru en sortant de la chambre.

Shikadai pleurait en silence. Temari le coucha dans son lit et lui caressa la joue.

« Demain tu iras présenter tes excuses à ton père, d'accord ? Ça le rend triste que tu l'as frappé, tu comprends ? »

Le petit garçon secoua la tête : « Pourquoi il est triste… »

Temari fronça les sourcils : « Parce qu'un enfant ne doit pas frapper son père. Il est triste que tu le fasses. »

« Comprend pas… » Souffla le petit en fermant les yeux.

La blonde ne répondit rien, préférant caresser les cheveux de son fils. Cette nuit-là, Temari préféra rester prêt de son fils, voulant le surveiller. Dès demain, elle prendrait rendez-vous avec un médecin spécialisé dans le comportement de l'enfant. Elle était persuadée que Shikadai avait quelque chose, mais quoi ?


Selon-vous, pourquoi Shikadai est comme cela ? Donnez moi vos hypothèses, je serais ravis de les lire !