Klaus esquissa un sourire amusé, son regard oscillant entre son frère et son ex-belle-sœur, Elijah quant à lui leva les yeux au ciel, déjà agacé par la situation. Kol et Valentina, quant à eux, ne se lâchaient maintenant plus des yeux.
- Où est ton larbin, Valentina ? Railla Kol après avoir bu une gorgée de son bourbon.
- Où est le tien ? Rétorqua-t-elle. Klaus n'a pas pensé à inviter ta petite sorcière ? Attends, c'est vrai, elle a essayé de détruire cette famille plus de fois que Klaus lui-même.
- Et Dieu sait que j'ai essayé. Murmura l'intéressé.
- Fais attention. Gronda Kol. Tu t'avances en terrain miné.
- Tu devrais peut-être me donner quelques conseils, après tout, tu es un expert dans l'exercice. Tu sais éviter des mines, c'est comme jouer sur deux tableaux, ça demande énormément de dextérité. Et on sait l'immense expérience que tu as dans ce domaine.
- Je suis étonné que tu sois venue sans escorte, tu as finalement décidé de l'abandonner dans un coin ? Tu es partie sans rien dire ?
- Encore une fois, c'est ta spécialité, pas la mienne. La seule personne qui se lasse aussi vite c'est toi, Kol. Moi je suis quelqu'un de fidèle.
La fidélité était quelque chose que Kol n'aimait pas aborder, il avait maintes fois perdu son sang-froid lorsqu'elle l'avait interrogé sur sa fidélité envers elle et elle avait vite appris à ne plus l'interroger à ce sujet.
- N'est-ce pas Nik ? S'enquit-elle en se tournant vers lui. Combien d'hommes, plus agréables les uns que les autres, plus riches les uns que les autres et plus fidèles les uns que les autres ai-je repoussé au fil des années ?
Mais même l'hybride semblait commencer à sentir le changement d'ambiance, certes elle avait été froide quelques minutes plus tôt mais elle était maintenant glaciale. Valentina était en train d'armer une bombe qu'ils auraient bien du mal à contenir si elle venait à exploser.
- La fidélité, c'est un principe qu'on ne peut pas tous intégrer. Marmonna-t-elle en reportant son attention à Kol.
- Ça suffit. Gronda-t-il dangereusement.
- Regarde-toi. Toujours incapable de reconnaître tes fautes.
- Tais-toi, Valentina.
- Tu sais, je crois que je t'ai toujours un peu idéalisé. Et maintenant que je te vois réellement, sans être aveuglée par ces sentiments stupides, je me demande pourquoi j'ai perdu autant de siècles. Parce que soyons honnêtes, l'un envers l'autre, je conçois que ce soit un exercice difficile pour toi, mais Kai avait raison sur un point te concernant. Tu n'es pas bien différent de mon premier mari.
Elle l'avait vu venir avant même qu'il ne pense à se jeter sur elle, c'est probablement grâce à ça qu'elle parvint à l'esquiver aussi facilement. Avant qu'il ne puisse repasser à l'attaque, elle passa elle-même à l'offensive en lui adressant un coup de genou bien placé, parce qu'au-delà du vampire originel, Kol Mikaelson n'était qu'un homme. Elle s'empara ensuite du coupe papier oublié sur la table basse et alors qu'elle allait se servir de son arme de fortune, une main se posa sur son poignet, l'empêchant d'aller plus loin.
- Nous sommes ici pour nous intéresser à une menace bien plus importante. Rappela Elijah en lui adressant un regard sérieux.
- Bien sûr. Concéda Valentina.
Lentement, elle rajusta sa jupe et reposa son coupe papier avant de regagner son siège, comme si rien ne s'était passé.
- Exposez-moi la situation.
Elle écouta attentivement le discours des frères Mikaelson, sans piper mots, sans poser de questions, elle analysa ensuite longuement cette nouvelle situation dans laquelle ils se trouvaient.
- S'ils n'étaient qu'humains, le problème serait réglé depuis longtemps. Lança-t-elle pensivement. Qu'est-ce qu'ils sont ?
- Humains. Soupira Elijah.
- Des humains ? S'étonna la rouquine. Qu'est-ce qui vous empêche de les tuer ?
- Klaus a décidé de passer un marché, de faire une trêve. Expliqua-t-il. Nous ne pouvons intervenir.
- Vous n'attaquez pas à cause d'une trêve ? Voilà qui est nouveau.
La rouquine but une longue rasade de bourbon avant de reposer son verre sur la petite table en verre.
- Si vous me disiez plutôt ce que je n'ai pas le droit de savoir parce que je ne suis pas une Mikaelson ?
- Ils ont un moyen de nous tuer. Lâcha finalement Kol.
- Du bluff. Maugréa Klaus.
- Ils s'en sont pris à Kol. Expliqua finalement Elijah. Ils ont réussi à le mettre à terre. Il lui a fallu des jours pour s'en remettre. Et l'aide de Freya.
- Ce n'est même pas l'affaire d'une heure, vous attaquez par surprise, ils n'auront pas le temps de réagir.
Les trois frères se jaugèrent un long moment, le regard d'Elijah, posé sur Kol, était étrangement accusateur. Klaus la regardait prudemment, ce qui n'arrivait jamais et Kol arborait cette moue mi-coupable mi-neutre qu'elle avait appris à détester avec le temps.
- Ils sont liés à Davina. S'ils meurent, elle mourra. Confessa Kol.
Cet aveu lui fit l'effet d'un coup de poing, sa respiration s'arrêta nette et ses lèvres s'entrouvrirent. Alors qu'elle s'était convaincue que ça n'arriverait plus, une violente douleur lui oppressa la poitrine, une douleur si vive qu'elle porta une main là où se trouvait son cœur. Sa mâchoire se contracta violemment, tellement qu'elle entendit ses dents grincer avant qu'elle ne souffle bruyamment.
- Tu m'as fait venir pour que je sauve ta maîtresse ? Souffla-t-elle.
La situation exposée ainsi à voix haute était encore plus douloureuse. Mais elle n'était pas uniquement douloureuse, elle était humiliante. Son regard blessé oscilla entre Klaus et Elijah, qu'elle avait toujours cru de son côté jusqu'à présent.
- Valentina… Tenta Klaus.
- Tais-toi. Siffla-t-elle en lançant un regard noir à l'hybride.
Elle aurait pourtant dû s'en douter, elle aurait dû savoir que revenir ne lui causerait que peine et souffrance et pourtant elle était venue. Et encore une fois, elle regrettait amèrement sa décision.
- J'ai quitté les Bahamas pour ce trou à rat pour venir sauver ta maîtresse ? Répéta-t-elle sombrement. Tu n'as donc aucun respect pour moi ? Vous n'avez aucun respect pour moi ? Siffla-t-elle.
- Freya travaille déjà sur le problème, j'ai pensé… nous avons pensé que tu pourrais nous prêter main-forte.
- Tu veux dire que mon larbin pourrait te prêter main-forte. Rectifia-t-elle.
- Ne le prend pas comme ça. Plaida Kol. Pourquoi ne pas laisser cette histoire de côté ?
- Laisser ton aventure avec cette sorcière de côté ? S'écria-t-elle en se relevant brusquement.
- Ce n'est qu'un malentendu.
- Non ! Tu m'as trompée. Je t'ai pleuré, en quarante-quatre et encore dans les années soixante, j'ai pleuré ta mort, tes morts. Je te suis restée fidèle encore et encore. Je t'ai demandé de choisir et tu l'as choisie elle. Cette décision, t'a enlevée tous les droits que tu avais sur moi. Quand tu as pris la porte, tu as renoncé à moi. À nous. J'ai été idiote de penser que tu pourrais au moins me respecter assez pour me laisser en paix.
- Si on ne trouve pas de solution elle mourra. Tenta une nouvelle fois Kol.
La détresse dans ses yeux intensifia un peu plus la peine qu'elle ressentait. Mais Kol, lui, il se fichait de ce qu'elle pouvait bien ressentir, la seule raison pour laquelle elle était là c'était parce qu'il pensait que Kai pouvait l'aider. Une larme roula sur sa joue et elle la chassa d'un revers de la main. Immédiatement, elle sentit la main d'Elijah se poser sur son épaule, lui offrant un brin de réconfort.
- S'il te plait. Tenta une dernière fois Kol.
Elle tressaillit lorsque les doigts de l'originel se posèrent sur sa main, un frisson désagréable la parcourut et elle s'empressa de se soustraire au toucher du vampire.
- Qu'elle meurt. Siffla-t-elle. Je m'en fiche.
Elle partit sans se retourner, elle ignora Klaus, elle ignora la colère de Kol, elle ignora les pleurs de Hope à l'étage. Elle se contenta de tourner les talons et de retourner à la maison dans laquelle elle comptait loger avec Kai. Contrairement à ce qu'elle avait cru, elle ne le trouva pas devant la télévision. Elle le trouva dans la cuisine, debout devant l'ilot central, il avait dans une main le grimoire, dans l'autre un soda. Il ne l'entendit pas entrer, où il l'ignora volontairement. Elle se dirigea droit vers lui et enroula ses bras autour de sa taille, collant son buste contre le dos du sorcier. Elle posa la joue contre son omoplate et ferma les yeux, profitant de la chaleur qui irradiait de sa peau. Elle le serra un peu plus fort et sans prononcer un mot, il finit par poser ses mains par-dessus les siennes.
