Annnnh.

Bon, j'étais pas méga inspirée pour ce chapitre, ca trainassait un peu. Et puis il y a eu la review de Agapee. Et pouf, la motivation au plafond et le chapitre s'est écrit tout seul ! Ambiance musicale et review, cocktail gagnant !

Bref, bonne lecture !

Love


Chapitre VIII


Harry, un sac de glace sur la tête, tentait de calmer sa migraine. Honte. Il avait tellement honte. Il s'était...effondré, comme un pantin, devant la moitié de l'école.

C'était terminé. Maintenant il allait devoir subir les rumeurs, plus que véridiques, comme quoi il était complètement fou. Et il ne pourrait certainement rien répliquer à ça après la petite scène qu'il leur avait servie.

Il imaginait parfaitement le spectacle auquel les élèves avaient assisté. Le survivant, moitié effondré contre le mur, convulsant et gémissant. Merlin.

La journée avait pourtant parfaitement bien commencé. Sauf qu'il avait fallu qu'il croise ces types. Qu'ils fassent remonter en lui des souvenirs bien trop traumatisants et que, par-dessus le marché, le Lord en ait profité. Il frissonna d'horreur en repensant à l'attaque qu'il venait de subir. Il avait fait tout son possible pour écarter Voldemort de la partie la plus sombre de son esprit. Sauf que le lord l'avait remarqué. Il l'avait entendu rire au fond de sa tête, sifflant en fourchelangue qu'il finirait par découvrir ce que Harry lui cachait.

Il entendit la porte de sa chambre s'ouvrir doucement et gémit en voulant ouvrir un œil. Non. C'était trop tôt.

- Doucement. Bois ça.

Snape. Il sentit le rebord d'un verre contre ses lèvres et sans poser de question bu la potion au goût bien trop sucré pour lui.

- Contre le mal de tête. D'ici dix minutes tu devrais pouvoir réfléchir. Nous devons parler.

Il le savait. Il n'échapperai pas à cette explication. Il la redoutait cependant. Il ne voulait pas expliquer au professeur ce qu'il s'était réellement passé dans ce couloir.

- Et avant que tu ne cherches à te défiler, Draco est venu me raconter ce qu'il a vu. Tout comme tes deux amis Gryffondors qui ont tout entendu.

Snape observait la silhouette menue de son pupille et fronça les sourcils alors qu'il le voyait se crisper en réaction à ses paroles. Le gamin semblait avoir honte de quelque chose. Il soupira et se leva doucement.

- Rejoins-moi au salon quand tu iras mieux.

Il sortit en silence de la chambre plongée dans le noir le plus total avant de s'asseoir dans son fauteuil. Il avait encore les mots de son filleul gravé dans la tête.

- Severus ! Ces types sont arrivés et, sans la moindre raison, ont attaqué Potter.

La voix glaciale et pleine de rage de Draco avait un peu surpris le professeur.

- Mais encore…?

- Je ne sais pas ce qu'ils lui ont dit, mais d'un coup, il est devenu tout pâle. Et ce Maxwell, ce crasseux de demi-troll a envoyé son poing dans le mur à deux centimètres du visage de Potter.

En prenant en compte la carrure du sixième année et le passé de sévices de Harry, Snape remettait petit à petit les pièces du puzzle à leur place. Il avait été probablement pris d'une crise de panique comme il en avait déjà vu. En conséquence, ses barrières avaient été abaissées. Le plus inquiétant était donc de savoir que le Lord rodait autour de son esprit en permanence. Salazar.

- Tu comptes faire quelque chose…?

- Je ne vois pas en quoi cela te concerne. Ni moi. Il s'agit d'un élève de Gryffondor. Je n'ai pas à intervenir, cela revient à Minerva.

- Est-ce que tu te moques de moi ? Elle ne va rien faire d'autre que lui enlever des points.

Snape toisa froidement son neveu. Le message passa pour le blond. Il rendit son regard hautain à son Parrain.

- Je vois.

- Je te déconseille de faire quoi que ce soit Draco…

- Bien sûr cher Parrain. Bien sûr.

Il arborait un sourire mesquin. Snape était persuadé que son filleul allait trouver un moyen de discrètement se venger sur les Gryffondors responsables.

- Draco. Qu'est-ce qu'il se passe entre Harry et toi ?

Le jeune homme s'était arrêté, la main sur la poignée de la porte des appartements du Maître des potions.

- Lui et moi….On a une sorte de trêve en cours. On s'est rendu compte que la captivité est moins difficile à deux…

Il était sorti sans un mot de plus et le professeur avait soupiré. Maintenant assis, il passait une main sur ses yeux fatigués. Si ces deux là s'alliaient, cela risquait de poser bien plus de problèmes qu'il ne pouvait en gérer. Il devrait parler à Lucius et Narcissa.


Après une bonne demi-heure, Harry fit son apparition dans la pièce, il semblait moins pâle. Il s'approcha lentement du canapé et s'y laissa tomber. Il avait le visage fermé. Il ne tenait, apparemment, pas du tout à discuter des derniers événements.

- Il me semble qu'il est dans l'intérêt de tout le monde que nous évitions que la situation ne se reproduise…

- … Je ferai plus attention à mes barrières… Je ne pensais pas qu'il profiterait de ça…

- Harry. Il s'agit du Seigneur des Ténèbres. Pas d'un enfant de chœur. Il profitera toujours de la moindre de tes faiblesses. Il l'exploitera jusqu'à son dernier souffle.

Harry était devenu encore plus sombre. Ses yeux ressemblaient trop à celui du gamin hanté du début de l'année. Le professeur se crispa, un mauvais pressentiment lui étreignant le ventre.

- Que s'est-il passé exactement…?

- Je n'ai pas su contrôler mes émotions...Ma magie a explosé sans que je puisse rien y faire… Ensuite… Impossible de me concentrer pour en reprendre le contrôle alors qu'il s'attaquait à mon esprit.

- ...Je ne parlais pas de cela. J'ai pu le constater seul. Je te parle de ce qu'il s'est passé entre toi et le Lord.

- Il était furieux…

Harry venait se poser ses coudes sur ses genoux, posant ses mains sur ses yeux, comme s'il voulait brouiller sa vue. Condamner sa vision.

- Il n'arrivait plus m'atteindre… Alors il s'est vengé à sa manière. J'ai vu les gens qu'il a torturé. Tuer. A cause de moi.

- Ce n'est pas…

- Je l'ai vu vous torturer aussi.

Snape se tut brusquement. La bouche sèche. Il avait jusque-là réussi à cacher à son pupille ce que le Lord lui faisait subir lors des réunions de Mangemorts. L'illusion venait de se briser.

- Je l'ai vu vous lancer les doloris. Les sectum sempra. Je vous ai vu vous vider de votre sang. Il a fait exprès de me montrer des gens que je connaissais plus ou moins…

Avait-il été démasqué…? Non. Sinon le Lord ne l'aurait jamais épargné. Le souffle court, l'angoisse au fond des tripes, Severus se tut alors que le gamin racontait.

- Il m'a montré des gens du passé aussi. Il a m'a laissé voir chaque personne qu'il a tué ou torturé dans sa rage de ne pas m'atteindre. Mes parents. Les Londubats. Vous. Les membres de l'Ordre. Les sorciers innocents. Ou même des moldus. Je sais très exactement le nombre que cela représente. Il les a comptés.

Il laissa échapper le souffle qu'il retenait depuis quelques secondes.

- Vous savez Professeur. J'ai tout fait pour lui cacher mes faiblesses… alors j'ai pas pu faire autre chose que regarder… J'avais pas la force de me battre sur les deux fronts…

Ses faiblesses. Oh. Il venait de réaliser que Potter avait probablement caché au Seigneur des Ténèbres cette partie de sa vie qu'il avait dissimulé à tout le monde.

- C'était la bonne décision.

Parce qu'il n'osait imaginer ce qu'aurait fait Voldemort de telles informations à propos du survivant. Il frémit intérieurement.

- Harry. Ces personnes ne sont pas mortes à cause de toi.

- Non. Merci mais je n'ai pas besoin de vous écouter me ressortir le même refrain que tout le monde. Arrêtez de me dire que rien n'est ma faute.

Il y avait de la colère dans la voix du gosse. Alors il se tut une seconde. S'il devait être complètement franc, alors oui, il avait raison.

- Très bien. Ces personnes sont décédées parce que vous vous opposez au Lord. Elles sont mortes parce que vous êtes qui vous êtes je vous l'accorde. Mais, Monsieur Potter, la Guerre est une chose monstrueuse, et c'est au camp qui saura le mieux faire fît de toute pitié ou sentimentalisme, que la victoire reviendra. Cependant, en qualité de tuteur, laissez-moi vous rappeler que je ne peux pas non plus tolérer votre auto-flagellation pour les meurtres d'un autre.

Voilà. Au fond de lui, Harry se sentait mieux. Il s'était un peu décrispé. La vérité pure et froide. Voilà qui avait quelque chose de réconfortant. Il nota, dans un petit ricanement que dès que le Professeur le sermonnait, il revenait au vouvoiement.

- Hn… Professeur… Il faut vraiment que je devienne plus fort…

- Effectivement Monsieur Potter. Je ne saurai trop vous conseiller de vous mettre sérieusement au travail. Il me semble également que vous avez un certain Serpentard de votre entourage qui pourrait vous aider en ce qui concerne votre déplorable niveau en occlumancie.

Surprit, le jeune homme releva la tête. Il ne parlait évidemment pas de lui- même… Ah.

- Je lui demanderai. Il sera ravi de pouvoir enseigner quelque chose au Sauveur du - Monde.

- Très certainement Monsieur Potter. Il est plus que temps que vous vous rendiez compte de vos lacunes.

Un rictus moqueur et le Maître des potions se levait.

- Retourne te reposer. Demain, tu as cours. Pas question de louper encore une journée.

Harry hocha lentement la tête avant de rejoindre les quatre murs si sécuritaires. Il était peut-être temps d'arrêter toutes ces histoires de maison et de véritablement ouvrir les yeux.

- Le lendemain, Harry retournait en cours. Alors qu'il traversait les couloirs, il ne fut pas surpris des différents commérages qu'il suscitait.

- Ha..Harry…?

Il se tourna, et haussa lentement un sourcil. Ginny. Elle ne lui avait plus adressé la parole depuis quelques temps déjà.

- Ginny… ?

- Je...euh...Est-ce que tu as une minute…? Pour discuter…?

Sincèrement, il n'avait vraiment, mais vraiment pas envie de discuter avec elle. Mais il soupira et hocha la tête. Il était un idiot. Il le savait. Quand il se retrouva dans une salle de classe vide, sac sur l'épaule, appuyé contre la porte, il posa son regard sur elle.

- Qu'est-ce que tu voulais…?

- Ahem...Je ...Enfin tu vois… avec ...votre dispute avec Ron je..j'ai pas osé venir te voir avant mais… mais je voulais savoir….ça va…?

C'était probablement gentil de lui demander ça. Seulement, il n'avait pas envie de rentrer dans son jeu. Elle le fixait, toute rouge, triturant ses doigts.

- Oui. Merci.

Un mensonge tellement éhonté que c'était presque inscrit sur son visage. Mais elle ne sembla pas y faire attention.

- Je...tant mieux ! C'est super ! Est-ce que tu vas revenir bientôt au dortoir ?

- Non.

C'était sorti spontanément. Non. Il était hors de question qu'il remette les pieds là-bas. Autant tout de suite se livrer à l'ennemi.

- Quoi…? Mais pourquoi ?

- Parce que. Il me semble plutôt claire que je ne suis pas le bienvenu là-bas.

- C'est faux ! Harry ! Tu ne peux pas continuer comme ça. Écoute moi…

Elle venait d'adopter le même ton de voix moralisateur et condescendant que Molly Weasley. Il eut un frisson dans le dos. Il détestait cette manière qu'elle avait de le prendre en pitié.

- … Il y a plein de gens qui pensent que tu préfères être avec des Serpentard. Que cela te vient du lien que tu entretiens avec Tu-Sais-Qui…. Harry ! Tu dois les détromper !

- Je ne dois rien du tout…

Il allait probablement devenir blessant quand la porte s'ouvrit à la volée.

- Ah Potter. Je te cherchais.

Le survivant se tourna, surpris, et tomba directement dans le regard argenté de son ennemi personnel.

- Malefoy ! Dégage de là ! On a une discussion privée !

L'aristocrate ignora superbement la jeune fille, comme s'il reniait son existence même.

- Qu'est-ce que tu veux Malefoy.

- Bouge-toi. On a cours de Botanique dans dix minutes.

- ….Et alors ?

Harry ne comprenait pas du tout. Qu'est ce qui prenait au blond ? Pourquoi devait-il subitement aller en cours avec lui ?

- Et alors bouge-toi je te dis ! Tu crois que je vais passer ma journée à t'attendre ? Merlin. Lent d'esprit et de corps. Tu es désespérant comme cas.

- Malefoy…

Il s'interrompit brusquement, Ginny venait de se saisir de sa main et le tirait vers elle. Qu'est ce qui lui prenait à elle aussi exactement ? Il retira sèchement son bras et recula d'un pas pour s'éloigner d'elle. Le contact avait été désagréable.

- Harry ! Ne te laisse pas manipuler par ce type !

Draco s'était assombri et il toisait maintenant la fille Weasley d'un air mauvais. Harry grimaça avant de ricaner. Enfonçant ses mains dans les poches, il tourna le dos à son ancienne amie.

- Ah désolé Ginny… J'essaie de me faire de nouveaux amis. Du genre qui ne tenteraient justement ni de profiter de moi, ni de me planter un couteau dans le dos. Je pense pas que tu puisses comprendre.

Il avait été mesquin. Vraiment pas gentil. Mais il en retirait une certaine fierté et… Il avait vraiment envie de la blesser. De l'envoyer sur les roses une bonne fois pour toute en lui faisant comprendre tout le mépris qu'il avait pour elle et sa crédulité. Elle et sa mère avaient été les premières à se servir de ce qu'il était.

Il rejoignit Draco qui, toujours immobile, toisait la rousse avec un rictus supérieur.

- Harry ! mais qu'est-ce que tu racontes ? Je te comprends ! J'ai toujours été là pour toi ! Tu sais très bien ce que je ress…

- Stop la belette… Je pense pas que tu veuilles encore te ridiculiser un peu plus… Rentre donc pleurer dans les jupes de tes frères.

Harry, planté aux côtés du blond, lui jeta un regard amer et plein de colère.

- Je sais ce que tu ressens, merci. A force de me jeter tes sentiments au visage sans te préoccuper des miens j'ai fini par comprendre. Je ne suis pas idiot. Mais remballe-les. Je n'en veux pas. Amène-toi Malefoy.

- Bah alors Potter… On brise les cœurs maintenant ?

La rousse vit son amour d'enfance quitter la salle sans le moindre regard pour elle, le Serpentard se moquant de celui-ci comme s'ils partageaient quelque chose de spécial. Répugnant.

Elle serra les poings. Elle crevait d'envie de faire ravaler son sourire à la fouine et surtout de forcer le sauveur à enfin la voir. Elle n'était pas une enfant. Elle l'avait admiré, encouragé, soutenu, écouté à chaque fois. Elle avait toujours fait en sorte qu'il la remarque...et pour quoi ? Rien.

Harry marchait aux côtés du blond, encore en colère, il ne faisait ni attention aux élèves ni à ce qui était chuchoté autour d'eux.

- Potter. Calme-toi. Je sens presque ta magie cogner contre ta boite crânienne.

Les paroles de son rival sortirent Harry de la spirale de colère qu'il empruntait lentement mais sûrement. Il revint sur terre et se rendit compte qu'il disait vrai. Prenant une grande inspiration, il chercha à contrôler les courant de magie qui circulaient autour de lui.

- Désolé.

- Hn. Tu devrais vraiment mieux te contrôler.

Brusquement, le brun se souvint de la conversation de la veille avec son tuteur et s'arrêta.

- Malefoy. En parlant de ça. Il paraît que t'es une sorte de génie en ce qui concerne l'occlumencie…. ?

- Pas une sorte Potter. Je suis naturellement doué pour cela. Tout comme la Légilimencie. Pourquoi ?

Le blond s'était arrêté à quelques pas de lui, l'observant d'un air ennuyé. Autour d'eux, les élèves circulaient sans oser s'approcher. La situation devait être trop étrange pour eux. Harry le rejoignit en quelques pas avant de se remettre en route.

- Snape m'a dit… que j'avais besoin de m'entraîner… tu peux m'aider…?

C'était dit. Et la réaction ne fut pas longue avant qu'un sourire moqueur ne se dessine sur le visage hautain de Draco.

- Oh… Le Grand pourfendeur du destin, le sauveur du monde sorcier, le Grand Harry Potter en personne me demande mon aide…?

- Ça va Malefoy. Pas besoin de sourire comme ça… C'est pas comme si t'avais tellement de talent que j'avais souvent eu besoin de ton aide.

- Mn. C'est très regrettable d'ailleurs. Et cela prouve que tu ne connais encore rien de moi.

- C'est oui ou non ?

- J'y gagne quoi…?

Harry le fixa, interloqué. Qu'est ce qu'il y gagnait…? Il n'en avait pas la moindre idée…

- Un merci…?

- Tu te fiches de moi Potter…? Je ne vois vraiment pas l'intérêt de t'aider dans ces conditions.

Le blond accéléra le pas, absolument pas décider à céder son aide pour rien.

- Quoi ? Attends Malefoy ? Merlin mais qu'est-ce que tu veux que je te donne que t'as pas déjà ?

La question figea une seconde le serpent qui haussa doucement un sourcil. C'était pertinent. Il resta silencieux alors que le brun se replaçait à son côté, traversant avec lui une cour pavée pour sortir de l'école et rejoindre les serres. Il s'était retenu. Retenu de justesse de lui dire un truc stupide du genre "Disons qu'à partir de maintenant t'es à moi Potter". Mauvaise idée. Par Merlin, Salazard et les autres fondateurs. Il avait besoin d'un psychomage.

- Disons que tu me dois une faveur. Un jour je viendrai te la réclamer Potter. Quand j'aurais besoin d'aide.

Le brun haussa un sourcil avant de lentement hocher la tête.

- Mn. Marché conclu.


Suite à cette discussion, les choses semblèrent changer drastiquement dans l'école.

Potter et Malefoy formaient maintenant un duo. Ils se fichaient complètement de ce qui était dit sur eux. On les voyait souvent travailler leurs cours ensemble, ou discuter. Même si leurs échanges étaient toujours vifs et souvent à la limite de l'insulte.

Harry était assidu. Il travaillait de plus ou plus souvent son occlumancie. Et d'ailleurs ses barrières n'avaient jamais été aussi solides. Petit à petit, il avait appris à parler avec le blond. Ils se retrouvaient souvent en haut de la tour d'astronomie, juste pour décharger les tensions.

Draco avait été convoqué par le Lord, qui avait été positivement ravi d'apprendre son rapprochement avec le Sauveur. Il l'avait littéralement couvert de compliment, l'érigeant en Mangemort exemplaire auprès des autres fidèles. Les exhortant tous à adopter un comportement pareil. Lucius avait également été félicité d'avoir élevé un tel élément.

Quand Draco était revenu à Poudlard, il s'était senti malade pendant trois jours rien que d'y penser. C'était Harry qui l'avait finalement sorti de son mutisme.

- Je vois pas vraiment ce qui te choque…

- Tu plaisantes Potter… ? Il se sert encore de moi et je devrais trouver ça normal… ?

- De sa part, oui.

- …. J'aime pas ça…

- Hn.

Potter semblait un peu perdu dans ses pensées et Draco allait lui faire une remarque de son cru quand il ouvrit la bouche.

- Tu te souviens de quand j'ai pété un câble… ?

- Difficile d'oublier ta grande scène…

- Il était dans ma tête. Il a cherché à me rallier à sa cause. Il m'a proposé une place à ses côtés…

Draco ouvrit doucement les yeux alors que le jeune homme brun se rembrunissait.

- Il m'a dit qu'on se ressemblait. Il m'a fait voir son passé. Il était comme moi. Un sorcier élevé comme un moldu. Il avait le même genre de famille… Et c'est Dumbledore qui a aussi été son mentor un temps… Comme à moi, on lui a menti.

- Potter… Excuses-moi mais même comme ça, difficile de lui ressembler…

- Peu importe… ce que je voulais dire, te montrer, c'est qu'il tente constamment de manipuler, de se servir des gens autour de lui. Il promet, fait miroiter ce qu'on voudrait vraiment avoir. Il tente. Il s'appuie sur les défauts et les faiblesses pour arriver à ses fins. Alors… oublie ce qu'il a dit. Son point de vue compte pas vraiment n'est-ce pas…?

Il s'était tourné vers Draco en haussant les épaules avec fatalisme.

- Sinon qu'est-ce que je devrais penser de moi aujourd'hui…?

Les arguments étaient percutants. Silencieusement, le Sang-Pur observa l'autre sorcier, le visage grave.

- Potter… Est-ce que t'as prévu de mourir pour le camp de la lumière…?

Harry eut un regard sombre et secoua la tête lentement.

- Non… J'ai pas prévu ça. Pourquoi ?

- Parce que je regretterai de perdre un rival de ta qualité….

La gêne les prit tous les deux une seconde. C'était maladroit. Un peu étriqué. Mais réconfortant.

- Mn. Moi aussi. Alors évite de te prendre un sort le cas échéant.

Draco finit par se lever, mettant fin à leur moment avant d'épousseter ses habits.

- Marché conclu.


Harry fixait le vieux sorcier en face de lui. Immobile et silencieux. Encore une fois, il l'abrutissait de ses discours sur le Plus Grand Bien. Sur ce qu'il devait faire. Sur le bon chemin à suivre.

- Et donc, j'ai fini par enfin mettre la main sur l'entièreté de ce souvenir Harry. Sais-tu ce qu'est un Horcruxe…?

Le brun se tendit légèrement. Dumbledore arborait ce regard qu'il détestait plus que tout. Celui qui annonçait qu'il allait lui confier quelque chose et qu'il allait encore faire un pas de plus pour se rapprocher du Mage noir.

- Non Monsieur.

- Hm. Oui, oui j'imagine que ce genre d'information n'est évidemment pas de celle qu'un étudiant de cinquième année a l'habitude de lire dans ses livres de cours.

- Oui Monsieur.

Il n'y pouvait rien, mais à chaque fois qu'il se retrouvait dans ce grand bureau, convoqué en plein milieu de la journée, il se sentait servile. Il n'arrivait pas lutter contre ça. Oui Monsieur. Non Monsieur. En fait...cet homme lui faisait peur.

Pas comme Vernon… Pas comme Voldemort. Non c'était plus pervers. Il avait l'impression de ne jamais savoir quelle serait ses réactions, ni comment se comporter face à lui. Comme à cet instant, où il posait sur Harry ce regard pétillant de bienveillance. Calculateur.

- Eh bien Harry. Ce que je vais te confier à présent, il faudra strictement le garder pour toi. N'en parle, pour le moment à personne, y compris ton tuteur. Je n'en suis qu'aux balbutiements de mes recherches mais, il me semblait que vu ton lien disons… particulier, avec le Seigneur des Ténèbres, tu aurais peut-être des indices.

- Je vous écoute Monsieur…?

Il vit Dumbledore se lever pour caresser doucement la tête de Fumseck avant de soupirer et redresser ses lunettes en demi-lune.

- Un Horcruxe Harry, est la résultante d'une magie noire absolument ignoble. Il s'agit de l'acte de diviser son âme en plusieurs fragments et de les loger dans des objets. On atteint ainsi une certaine forme d'immortalité.

Le jeune homme était devenu pâle. Alors...c'est comme ça que le Lord avait survécu….? C'est ça qu'il avait vu dans le cimetière, cette créature à peine humaine…?

- Cependant, pour la création de chaque Horcruxe, un meurtre doit être perpétué. Je ne connais pas les conditions exactes mais il semble que Tom en ait créé plusieurs… Rappelle toi. Tu t'es déjà retrouvé confronté à l'un d'entre eux.

Un frisson glacial remonta la colonne d'Harry alors que les images de sa deuxième année à Poudlard remontaient petit à petit.

Le fourchelangue. La chambre des secrets. Le Basilik et surtout le journal de Tom Jedusor.

- Sauf que je l'ai détruit. J'ai vu le morceau d'âme de Voldemort partir en fumée.

- Exact. C'est bien pour cela que j'en suis arrivé à la conclusion qu'il y en avait plusieurs.

- Professeur. Comment est-ce possible de vivre avec une âme fractionnée… ?

Le vieil homme soupira longuement avant de s'assombrir.

- Au vu de ce que tu m'as raconté lors de ton retour après le labyrinthe, nous ne pouvons pas dire que Voldemort est réellement vivant. A la lumière de son apparence, il semble plutôt dans un état entre la vie et la mort.

Il n'avait pas tort, impossible de parler d'être humain en regardant le Lord.

- Pourquoi n'est-il pas plus faible s'il a divisé son âme…?

- Les mystères de la magie noire. Je suppose cependant que le prix à payer pour son existence sera terrible. Enfin bref. Maintenant que tu sais cela, vois-tu quelque chose qui pourrait m'aider dans mes recherches…?

Le brun se plongea lentement dans ses souvenirs. Dans ceux que le mage noir avait fait entrer de force dans sa tête. Il grimaça doucement.

- Je ne sais pas Monsieur… Il faudra que je réfléchisse… Que je cherche…

- Bien. Sache également que l'ordre du phénix sera mis au courant de leur existence et enquêtera également à ce sujet. Les détruire sera notre priorité. Nous ne pourrons battre Voldemort sans éradiquer ces choses.

Le jeune homme hocha lentement la tête et allait partir quand Dumbledore le retint.

- As-tu progressé de ton côté Harry…? En occlumancie ?

- Oui Monsieur. Je suis bien meilleur maintenant.

- Je vois. Il est important que tu fasses tout ce qu'il est en ton pouvoir pour ne surtout pas laisser Voldemort s'infiltrer dans ta tête. Tu détiens trop d'informations capitales…

- Oui Monsieur. Je sais.

Ah bien évidemment. Il soupira discrètement avant de reculer d'un pas, refusant que le sorcier pose amicalement sa main sur son épaule dans un geste paternaliste.

- Je peux y aller Monsieur…? J'avais cours de Divination.

- Bien sûr, bien sûr Harry. Je te recontacterai si j'ai plus d'informations. J'attends de même de ta part.

- Oui Monsieur. Bonne fin de journée.

Quand il sortit du bureau, il respira un grand coup. A quel point Tom Jedusor s'était-il noyé dans la noirceur ? Rajustant son sac sur son épaule, il se dépêcha de rejoindre le terrain de Quidditch. Ils avaient entraînement aujourd'hui. Le prochain match les opposerait à Serpentard et ce n'était pas gagné.


Hermione repensait à Dumbledore les sourcils froncés. Elle et Ron avaient été convoqué le soir-même. Il s'était d'abord enquis de leur santé, de leurs résultats. De leurs familles.

- Professeur, pourquoi sommes-nous ici …?

- Oh. Eh bien jeune fille, je me demandais s'il ne serait pas temps de remédier à vos différents avec Harry…

- … Pourquoi ?

C'était Ron qui avait posé la question. L'air renfrogné, les bras croisés sur son torse. Il jouait encore aux idiots butés.

- Il me semble que notre Harry aura besoin de soutien ces prochains mois. Il est chargé d'une certaine mission et je suis certain que vos compétences et votre aide à tous les deux seraient précieuses…

- Quelle mission ?

- Hermione, surprise, observait le sorcier placer ses pions. Que cherchait-il à faire exactement ?

- Eh bien Miss Granger, prenez donc une tasse de thé…

Elle était ressortie de cet entretien inquiète. Ron à ses côtés était pâle, un peu nauséeux.

- Je ne comprends toujours pas quelles sont les conditions requises pour diviser son âme…

- Hermione...on s'en fiche. Sérieusement c'est le truc le plus - immonde que j'ai jamais entendu !

- Ron. Si je connaissais ces conditions, cela me permettrait d'orienter mes recherches sur les objets en question.

- Nan mais tu rigoles. Tu veux pas non plus te mettre à étudier la magie noire pendant que tu y es ?

- Eh bah figures-toi que si. Cela serait vraiment pratique de comprendre quelque chose à tout ça !

Ron la fixait, bouche-bée.

- Ma parole. T'es complètement tarée ! Tu entends ce que tu dis ?

- Oui. Et bien quoi ? De nombreux sorciers font de la magie noire sans non plus tomber aussi bas que Volde…

- Chut! Ne prononce pas son nom devant moi.

- Tu me fatigues. Ce n'est qu'un nom !

- Pas devant moi.

- Oh ! très bien, très bien ! Tu-Sais-Qui !

- A part ça… Tu trouves pas ça bizarre… qu'il nous demande de nous réconcilier avec Harry… ?

La brune se renfrogna doucement, son visage affichant clairement ce qu'elle pensait de toute cette situation.

- Si. Je ne comprends pas pourquoi il s'implique autant dans la vie d'Harry… Tout comme sincèrement, je ne vois pas pourquoi nous serions si décisifs dans la recherche des Horcruxes…

- J'sais pas.. Mais j'ai pas trop aimé ça… J'ai eu l'impression de jouer à une partie d'échec sans qu'on ne m'ait prévenu…

- Moi aussi Ron….

- Peut-être qu'on devrait parler à Harry… ?

- Oui. Sûrement même.


- Potter. Concentre-toi !

Harry grimaça de douleur alors que le blond lui envoyait sa main à l'arrière de la tête. Assis à côté de lui dans la bibliothèque, il rêvassait sur leur devoir de potion sans la moindre honte.

Il était crevé. Les entraînements étaient rudes et le mauvais temps n'arrangeait rien. Ils approchaient fatidiquement de la fin de l'année et le froid glacial rendait la pratique du Quidditch de plus en plus dure.

- Désolé...

- Je me fiche complètement de tes excuses. Je suis fatigué de toujours devoir être après toi. Travaille tout seul !

Il avait apparemment vexé le blond. Il grimaça doucement et allait réitérer ses excuses quand il vit Hermione se planter devant leur table.

- Harry…. Est-ce que je peux te parler… ?

Il se crispa et son visage se ferma. Draco s'était arrêté de râler et toisait froidement la jeune femme.

- Qu'est-ce que tu veux Hermione…?

- Juste te parler… J'en ai pour quelques minutes…

- A propos de quoi… ?

- De ce que tu m'as dit la dernière fois.

Ce qu'il lui avait dit…? Harry se rappelait vaguement leur dernière dispute et hésita. Il soupira. Ferma son livre de Potion avant de le ranger sous le regard agacé du blond. Il rangea ses affaires dans son sac avant de le mettre sur son épaule.

- A plus tard Malefoy.

- …. Y'a intérêt Potter…

Il se tourna vers la jeune femme et lui fit signe de le suivre. Sortant de la bibliothèque, il allait l'emmener tranquillement vers l'extérieur quand elle le traîna de force derrière elle.

- Hé ! Mais qu'est-ce que tu fais ?

- Je dois te parler. C'est urgent et c'est privé.

- Quoi ?

- Harry ! S'il te plait !

Elle s'était arrêtée pour lui lancer un regard suppliant. Il ne pouvait pas, malgré tout ce qu'il s'était passé, lui refuser ça… Il se sentait terriblement idiot. Encore une fois, faible.

Quand elle l'amena jusqu'à l'entrée de la Salle sur Demande, il haussa un sourcil mais resta silencieux. Une minute plus tard, la porte se refermait dans leur dos et il se crispait entièrement.

- Salut Harry…

- Ron…

Hermione le poussa doucement en direction des fauteuils disposés devant une cheminée et s'y assit.

- Ron et moi devons te parler de quelque chose…

Harry était resté debout, les bras croisés, les regardant d'un air sombre tous les deux.

- Je me tire.

- Non ! Attends !

La brune s'était relevée d'un bond, agrippant le poignet du survivant.

- Je sais qu'on a des excuses à te présenter ! Je sais mais il faut qu'on te parle ! Dumbledore nous a parlé des Horcruxes !

Il se figea. Il...leur en avait parlé…? Très lentement, il se tourna. Ron était debout aussi et il regardait le sol, gêné.

- Mec… Je suis désolé d'être un vrai con… Désolé...d'être aussi jaloux de toi.

- Et moi je suis désolée de ne jamais m'être rangée de ton côté franchement...de n'avoir jamais osé me battre avec toi…

Ces mots-là, il les avait attendu pendant longtemps.

- C'est un peu tard pour tout ça...vous ne croyez pas…?

- Si...si c'est clairement trop tard… On a merdé tous les deux, moi bien plus qu'Hermione et sincèrement, aujourd'hui j'attends pas de reprendre notre amitié comme avant… Seulement… J'crois vraiment que t'as besoin d'entendre ce qu'on a à dire…

- Harry...Je t'en prie. Écoute-nous...Ensuite, on avisera… Mais c'est important…

Il resta silencieux, hésitant encore de longues minutes avant de retirer son poignet des mains d'Hermione et d'aller s'asseoir en soupirant sur le fauteuil le plus isolé.

- Allez-y… Je vous écoute…

Ron prit une inspiration et échangea un regard lourd avec le dernier membre de l'ancien Trio d'or.

- Déjà… J'crois… qu'on va rapidement passer sur la partie excuse. Pour ma part, j'ai été juste débordé par ma jalousie et, t'avais raison, mon envie de briller. Et c'est toujours là. J'arrive pas le contrôler. Mais au moins...j'en suis conscient…

- T'as jamais été un ami en fait.

C'était encore plus difficile à entendre de cette manière.

- Peut-être pas non. Mais j'ai pas été non plus personne… Je me suis approché de toi pour des mauvaises raisons et j'ai souvent agis comme un con… Mais quand on rigolait ensemble ou qu'on discutait, j'étais pas en train de jouer la comédie non plus…

- Si tu le dis…

Le silence s'installa entre les deux hommes. L'un méfiant, l'autre en pleine rédemption. Hermione brisa doucement celui-ci, s'éclaircissant la gorge.

- Pour ma part… Je suis désolée d'avoir défendu tout le monde sauf toi. J'avais peur de prendre position entre vous deux...Même si j'ai toujours pensé que le comportement de Ron était stupide…

Harry haussa les épaules. Sincèrement, aujourd'hui il s'en fichait… Elle avait fait son choix à l'époque et il souffrait moins de son comportement que celui de Ron qui avait été, du moins il le pensait, comme un frère.

- Je note. Maintenant si vous me disiez le reste… ?

A nouveau, c'est Ron qui se lança.

- Bah...tu vois, l'été passé, Hermione et moi on a été introduit au sein de l'ordre… Avant de te revoir à la rentrée… On nous a expliqué la mission en gros… Qui en étaient les membres… Et depuis, on nous tient au courant de l'évolution de la situation… Du moins je crois. Je suis franchement pas sûr de ce qu'on fait là dedans…

- Qu'est-ce que tu veux dire…?

- Ce que je veux dire, c'est que j'ai l'impression, depuis que j'y réfléchis, d'être sur un échiquier et qu'on avance les pions autour de moi sans que je sois au courant de la stratégie….

Harry était surpris. Il ne s'attendait pas à ce genre de réflexion de la part du roux. D'Hermione peut-être mais lui…?

- Ron a raison. Et...il y trois jours, Dumbledore nous a convoqué à son bureau… Il nous a parlé des horcruxes… des recherches à faire là-dessus…

- Et alors…? Il m'en a parlé également...Il en a informé tous les membres de l'ordre apparemment…

Et Harry le savait parce que Snape était venu lui en parler. Draco aussi.

- Et alors ce qui franchement nous a pas plu, c'est que ce vieux vicelard nous a demandé également de faire la paix avec toi !

- Ron !

- Quoi ? Tu peux pas dire que plus on grandit et plus on se rend compte que Dumbledore a un côté pas net !

Harry avait failli se lever et partir en supposant que la demande de Dumbledore était la seule raison de leur présence quand les mots de Ron le figèrent.

- Si..si… je suis d'accord mais de là à l'appeler ainsi…

Sincèrement Herm' je l'appelle exactement comme je veux… A chaque fois qu'il nous a convoqué, c'était pour nous parler de Harry… nous poser des questions sur lui ou nous laisser supposer ci et ça à son propos…

- Oui...mais on est sûr de rien…

- Il a raison… Ron a raison…

Les deux autres tournèrent la tête vers lui alors qu'il soupirait.

- Ça fait un moment que j'ai cette même impression. Qu'il m'utilise dans son plan pour le Plus Grand Bien.

- Tu vois ! je te l'avais dit que c'était pas net Herm' !

- Qu'est-ce que tu veux dire par là Harry…?

- Ce que je veux dire, c'est que Dumbledore a, plusieurs fois, mis ses intérêts avant les miens.

Hermione fronçait de plus en plus les sourcils alors que la tension montait.

- Est-ce que ta famille te battait…?

Harry et Ron sursautèrent de concert. Qu'est-ce qui lui prenait de poser une question pareille…? Harry hésita. Mais...s'il devait étayer ses arguments, quel meilleur exemple que celui-là… ?

- Oui. Entre autre.

- Les marques quand tu revenais...ta maigreur...c'était à cause d'eux…?

- Oui.

Ron était tout pâle subitement. Et il déglutit avant de poser sa question.

- Mec… quand...t'étais...plein de sang… ?

- Mn… Mon oncle s'est montré plus violent que d'habitude l'été dernier… Notamment avec sa ceinture.

Il entendit le roux laissé échapper son souffle comme s'il avait pris un coup dans le plexus alors qu'il balbutiait que c'était impossible. Le brun se crispa. Et sur un coup de tête, il leur tourna le dos et releva vaguement son pull et sa chemise, les laissant deviner une petite partie de sons dos. .

Il savait ce qu'ils voyaient. Les marques sur son dos étaient nettes. Aucune magie n'avait pu retirer jusqu'au cicatrices. Et elles étaient si nombreuses sur sa peau que c'était innommable. Et rien qu'en découvrant quelques centimètres de peau, ils pouvaient deviner l'ampleur des dégâts.

- Merlin… Harry…

Hermione avait la voix tremblante. Il remit sa chemise, jeta sa cravate dans son sac et enfila son pull.

- De...depuis...quand ?

C'était Ron cette fois. Il semblait sur le point de vomir. Ses doigts s'enfonçaient dans l'accoudoir de son fauteuil et la jointure de ses articulations blanchissait. Comme s'il mourait d'envie de frapper quelqu'un.

- Depuis toujours.

Il se rassit. Devant lui, ni l'un ni l'autre ne savait plus quoi dire. La gêne prit le dessus alors qu'ils se regardaient dans le blanc des yeux et brusquement Hermione sembla réaliser quelque chose.

- Dumbledore le savait ?

- En partie oui. Je l'ai supplié à genoux en troisième année de ne pas me renvoyer là-bas…

- Et...il l'a fait chaque année…

- Exact.

- Po...Pourquoi ?

- Parce qu'il croyait qu'il n'y avait rien de pire que Voldemort.

Le roux se redressa d'un bond, faisant les cents pas dans la pièce.

- Et parce qu'être tué par un moldu c'est mieux ? Ou affamé ? Je comprends rien ! Comment ils ont pu laisser faire ça ? Il était pas censé te protéger ? Il refusait que tu viennes à la maison pour ça !

Le brun le regardait et haussa lentement les épaules, fataliste.

- Les Dursley ne m'ont pas tué… Je suppose que c'était un risque calculé..

Hermione sortit finalement de son mutisme.

- Un risque calculé ? C'est une blague ? Pourquoi tu ne nous en a pas...par...lé.

Harry la fixait, un sourire moqueur aux lèvres.

- Quand Hermione…? Et pourquoi j'aurais fait ça après tout ce qu'il s'est passé…?

Un air de pure culpabilité se peignit sur les visages des deux Gryffondors. Ils regrettaient tellement maintenant. Mais les cicatrices ne partiraient jamais. Et ils en étaient en partie responsable.

- Où est-ce que tu vis maintenant…?

Ron s'était laissé tomber à nouveau sur son fauteuil. Il semblait avoir pris dix ans.

- Avec mon nouveau tuteur…

Hermione semblait avoir repris un peu espoir.

- Qui est-ce ?

Il croisa lentement les bras sur son torse dans une posture défensive, prêt à encaisser toute remarque.

- Snape.

La réaction ne se fit pas attendre. Ron s'étrangla avec sa propre salive, Hermione en laissa tomber sa mâchoire au sol.

- Snape ?

- Je vous arrête tout de suite. Jamais un adulte ne s'était comporté comme lui avec moi. Il joue parfaitement son rôle. Et pour la première fois on s'occupe de moi comme l'adolescent que je suis. Pas comme le sauveur. Pas comme une victime ou je sais pas quoi. Alors je veux pas entendre un mot sur lui. Compris ?

Ron qui s'apprêtait visiblement à tempêter contre la terre entière referma brusquement la bouche. Hermione, quant à elle, plus mesurée, s'approcha lentement du brun.

- Peu importe qui c'est… L'important c'est qu'effectivement, il semble bien s'occuper de toi… Il n'y a qu'à voir ton nouveau style…

- Hn.

- Et...et tu vis...chez lui ?

Il y en avait un qui ne semblait pas arriver à s'en remettre.

- Oui…. Dans une vraie chambre…

- I..Incroyable…

- Mais bref. On était pas là pour parler de ça…

Hermione donna un coup de coude à Ron et s'assit près de lui.

- Non. Tu as raisons. En fait, on voulait tous les deux te proposer notre aide pour ces Horcruxes… et aussi une sorte de trêve entre nous…?

De l'aide…? Une trêve…? L'image de Draco s'imposa à lui une seconde alors qu'il pesait le pour et le contre… mais après tout, la guerre ne souffrait aucune fierté mal placée. Snape avait raison. La victoire reviendrait à ceux capable de mettre leurs émotions de côté.

- D'accord…

- C'est vrai…?

- Oui.