Me revoilà après une longue absence ! Chapitre un peu plus court et doux, l'intrigue franchira un nouveau pas à partir du prochain ! Bonne lecture c:


Kalupso avait décidé que l'aveu d'Arthur était une preuve suffisante de la bonne volonté de ses invités et avait accepté qu'ils restent autant qu'ils le souhaitaient, mais l'évènement à la villa l'avait inévitablement traumatisée, si bien qu'elle avait instauré une certaine distance physique avec les deux hommes. Le temps de se sentir moins sale, se disait-elle. Elle avait été touchée qu'Arthur et Venec prennent sa défense, au point de vouloir donner une leçon au fautif, mais avait surtout été surprise. Même si elle était convaincue par son instinct, et son instinct la trompait rarement, qu'ils étaient de bonnes personnes, compte tenu du passé professionnel du bandit, elle aurait plutôt parié sur une réaction indifférente. Peut-être qu'ils trouvaient cela inacceptable parce qu'elle avait du sang de bourgeois. Peut-être qu'ils s'étaient attachés à elle. En tous cas, ils l'avaient soutenue dans sa décision d'arrêter le service des soirées durant quelques semaines. Elle avait honoré le dernier engagement qu'elle avait déjà pris auprès des amis de ses parents et était partie la boule au ventre, mais c'était fini pour un temps. Elle recommencerait quand elle se sentirait prête. Les deux fugitifs lui avaient affirmé qu'ils se débrouilleraient quand la nourriture et les économies viendraient à manquer. Leur compréhension l'avait rassurée. Au final, elle avait le sentiment que cet incident les avait rapprochés.

A tel point que Venec lui interdisait le ménage et la sollicitait plus souvent pour des parties de dés, et qu'Arthur prenait plus de responsabilités en cuisine. Ils faisaient en sorte que Kalupso puisse se reposer en dormant et en lisant et elle trouvait ça absolument adorable. Maintenant qu'il n'y avait plus de secrets entre eux, Kalupso posait d'innombrables questions sur la Bretagne pendant les repas. Arthur et Venec étaient heureux de partager certains de leurs souvenirs, et cela leur permettait d'en apprendre plus l'un sur l'autre en même temps. L'ancien souverain s'était vite rendu compte que la vie de Venec était bien plus compliquée qu'il n'y paraissait et que malgré ses activités, le bandit avait son propre code d'honneur. Il semblerait que sauver la vie de son roi en faisait partie.

Un après midi que Venec était parti au port, Kalupso tomba sur un des rudius, mal rangé. Elle hésita quelques instant puis se dit qu'un peu d'exercice ne pouvait pas lui faire de mal. Arthur avait la main lourde sur les sauces et elle sentait son corps s'alourdir ces derniers jours. Elle saisit l'épée avec fermeté et se lança dans une chorégraphie improvisée de mouvements guerriers. Les enchaînements que son père lui avait appris se répétaient en boucle dans son esprit, elle ne voyait plus le reste. Les décors de la villa devenaient flous, les seuls sons qu'elle distinguait étaient les battements de son coeur dans ses tempes et son souffle court. Quelques minutes avaient suffi pour qu'elle se retrouve enfermée dans sa bulle.

Bulle qui éclata lorsqu'Arthur entra dans l'atrium. La jeune femme s'immobilisa, retrouvant un souffle régulier. Elle remarqua que le roi tenait l'autre rudius de Venec dans ses mains et sourit.

« Est-ce que… je peux me joindre à vous ? »

Le sourire de Kalupso s'élargit alors qu'elle encourageait son invité à la rejoindre d'un mouvement du bras. « Avec plaisir. »

Elle reprit ses mouvements pendant qu'Arthur s'échauffait durant quelques minutes, avant de lui proposer de faire quelques passes.

Une nouvelle énergie prit possession des deux corps et l'adrénaline monta en flèche. Ils échangèrent un sourire complice puis Kalupso se jeta vers Arthur sans le prévenir. La concentration durcit leurs traits pendant un long, très long moment.

Ils ne s'arrêtèrent pas malgré leur fatigue physique. Leurs yeux noirs se rencontraient quelques fois et cela avait pour effet de renforcer encore le combat. Ils y mettaient toute leur rage, leur peur et leur tristesse. L'adversaire incarnait les démons qu'ils avaient fui pendant des années, et aucun des deux ne semblait avoir envie de perdre cette fois. Ils étaient de nouveau prêts à se battre.

Venec se glissa à l'intérieur de la villa tel une ombre, à la nuit tombée. Les deux silhouettes dans l'atrium ne semblaient pas l'avoir remarqué. Il se laissa doucement tomber contre l'un des murs, toujours dans l'obscurité, et observa la scène. Ses deux amis tenaient chacun un rudius et parlaient doucement. Leur peau luisait sous la lumière blafarde de la lune. Arthur plaçait Kalupso dans une position de combat typiquement Bretonne. Du moins, Venec n'avait vu cette manière de combattre que dans les rangs de Kaamelott. Le bandit fut frappé par les sourires rayonnants qu'abordaient ses compagnons. Ils semblaient plus détendus que jamais, et leur aura étincelait avec une puissance nouvelle. Ils étaient… éblouissants.