.oXOXo. Dans les tripes.
Un vent de panique hurle en lui. Celui d'avoir cru la perde. Il a eu peur. Et maintenant il a peur de ces sentiments étranges qui fleurissent dans le reste des ses organes dolents.
Elle a utilisé la Force.
Ce fait aurait dû réveiller une joie venimeuse mais n'a fait qu'invoquer ses démons. Une créature aux traits doux et aux yeux révulsé. Elle le fixe depuis son tombeau sur Naboo et il le sait.
Il a eu peur. Les liens du sang seraient-ils plus pernicieux que ce qu'il aurait imaginé ? Il ne doit pas laisser s'y prendre. Ces liens sont ceux qu'il utilisera pour façonner Leia telle une marionnette.
Elle a utilisé la Force. Seule, elle grandit et fait sienne cette puissance. Mais ce n'est pas assez. Ce n'est qu'un commencement. Le temps est venu de la former lui-même au maniement de cette énergie qui court dans ses veines. De faire grandir sa colère, sa haine, son désespoir. De la dessiner pour qu'ensemble ils règnent enfin sur ce trône qu'il convoite depuis tant d'années.
Une ride trouble cependant ses plans : l'Empereur ne devra jamais la découvrir. Il la tuerait. Ce qui serait fâcheux.
La douce image d'une assassine dévouée corps et âme à son service naît dans son esprit tordu et lui plais.
Oui, Leia serait parfaite pour ses plans. Demain sera l'aube de sa destinée.
.oXOXo.
Elle a écouté longuement sans broncher. La Force, les sabre-laser, la lumière, mais surtout l'obscurité. La Force, sentier de la puissance et du pouvoir. Elle s'est abreuvée des paroles de Vador, fascinée, assoiffée de connaissances nouvelles.
Un pouvoir qui pourrait lui permettre d'entrer dans les bonnes grâces de Vador, de monter les échelons plus rapidement encore… de tuer l'Empereur.
Assise en tailleur au sol, elle presse ses paupières et cherche, elle traque. Où est-elle, cette Force ?
« Trouve mon esprit » que lui a ordonné Vador dans son crâne.
Elle laisse son souffle filer lentement. Elle se dissout avec lui. Elle se décompose et se répand dans la salle comme un fin filet de brume. Étrangement, elle a de plus en plus froid. Le givre remplit ses poumons et l'intrigue, alors elle continue son périple vers le point névralgique du gel. Elle avance et ses tripes se crispent lentement. Une peur inconnue plante lentement ses aiguilles dans sa peau jusqu'aux os.
Elle y est presque, elle peut toucher du bout des doigts cette sphère de glaciale, alors elle projette encore un peu plus en avant son esprit… Et puis tout se désaxe. La douleur. La douleur court sur sa peau, dans sa chair. Elle hurle dans son esprit. Elle s'est trop approchée, elle doit fuir.
« Leia, sort de la Force. »
Mais lorsqu'elle rouvre les yeux elle n'est plus entourée des murs gris du Drestoyer. La douleur n'est plus là, remplacée par la panique. Où se trouve-t-elle ?
Tout autour s'étend un désert aux couleurs boueuses sous un ciel d'encre noire.
- Seigneur Vador ?
Mais seul le silence lui répond.
- Où suis-je ? se murmure-t-elle.
- Tu es en toi.
Leia s'est retournée d'une traite pour faire face à… ses yeux se plissent d'étonnement : c'est une gamine sans visage à la robe blanche et aux cheveux savamment noués.
- Ici c'est tout pourri, ici c'est chez toi, a continué la gamine au visage flou.
- Comment faire pour sortir d'ici ?
- Tu n'as qu'à écouter sa voix, elle te guidera vers la sortie.
Le ton narquois de cette petite fille lui donnerai envie de l'étrangler. Pourtant elle dresse l'oreille, à la recherche de cette fameuse voix.
Au bout de quelques minutes de silence, Leia soupire et s'assoie lourdement dans la boue et les herbes sèches.
- J'entends que dalle !
- Parce que tu t'es renfermée. Écoute.
- Je fais que ça, écouter !
La gamine n'a pas répondu, elle est droite, stoïque et sa blancheur tranche avec ce paysage de boue et de herbes jaunies.
- Où suis-je ? questionne Leia après un autre silence. Comment ai-je atterrie ici ?
- Tu as voulu forcer un esprit plus fort que toi. Il s'est défendu, alors tu t'es recroquevillée comme un mollusque.
- Super… lâche Leia pleine d'un sarcasme dégoulinant.
Toujours assise en tailleur, Leia arrache une à une les herbes desséchées à ses pieds. « Écouter la voix... ». Alors elle bascule son corps vers l'arrière et s'écrase dans la boue pour perdre son regard dans l'encre noire du ciel. Son ciel. Elle est seule. Coincée dans un désert irréel. Coincée dans sa propre tête.
Elle clos ses paupières, laisse filer son souffle. Elle attend. Elle écoute. Elle attend. Elle roule sur le coté, la face dans la boue.
Elle est seule. Et elle sent qu'elle le restera pour l'éternité. Alors elle se rappelle la forêt d'Alderaan, la terre et l'humus, les feuilles mortes et les bras rachitiques des arbres.
- Maman, aide-moi.
.oXOXo.
Leia s'est écroulée au sol, comme une poupée de chiffon, un corps sans os. Aussitôt il s'approche et pose une main sur son épaule.
- Leia ?
Mais elle reste désespérément inconsciente. Il porte ses doigts mécaniques vers son front plissé, figé dans une tourmente inconnue.
- Leia, sort de la Force.
Leia ne bouge toujours pas, et il reste un moment immobile près de son corps avant de se décider à ce mouvoir.
Avec une précaution extrême, il soulève ce corps désarticulé. Elle semble si frêle, si fragile malgré son armure charbonneuse qui dissimule son corps. Il prend quelques secondes pour observer son visage de plus près. Des secondes volées rien que pour contempler le visage de sa fille qui lui ressemble tant.
Il l'a porté jusqu'à ses droïdes médicaux personnels. A nouveau là voici qui gît sur la table médicale comme au premier jour, ce jour où il a compris, où il la vu comme pour la première fois. Ce jour où il a reçu les bilans ADN confirmant ce qu'il ne voulait s'avouer. Ce en quoi il avait eu peur de croire…
Il chasse ses pensées. Il est temps d'aller chercher sa fille qui s'est repliée dans son propre monde. Il s'est installé dans sa chambre de méditation et a commencé à traquer son esprit. Elle est si loin, si emmurée, semble si tourmentée.
- Leia, reviens-moi, qu'il murmure, reviens-moi car tu es mienne.
.oXOXo.
- J'en ai ma claque, fais-moi sortir d'ici ou je te crève !
Mais la gamine n'est plus là, et ses paroles se perdent dans l'infinie du désert.
- Fait chier…
Elle shoot dans une touffe d'herbe qui décolle du sol avec un petit paquet de boue accrochée aux racines.
« Pof, » qu'elle fait en atterrissant mollement.
Le temps s'étire en silence et elle fixe cette petite motte de terre herbeuse. Soudain, elle démarre en trombe pour shooter de nouveau dans la boue et les brins jaunes.
« Pof. »
Plus fort, il faut qu'elle frappe plus fort pour atteindre le ciel !
- LUKE ! qu'elle hurle dans le vide de la plaine. Et si rien ne fait écho au prénom de son ami chimérique d'enfance, l'espoir s'est rallumée dans sa poitrine.
- MAMAN !
Où sont les bleus bras de sa mère qu'une douce nuit lui avait apporté ? Où est le sourire de Bail Organa ?
- PÈRE !
Le monde s'est désaxé une nouvelle fois.
.oXOXo.
« Maman, père… »
Sa fille a remué ses lèvres pour geindre ces quelques mots. Des mots qui résonnent dans son crane et fissurent le marbre de sa conscience.
Vador l'a retrouvé. Il a retrouvé sa fille perdue dans un monde qu'elle seule connaît. Un monde impénétrable dans lequel elle se débat. Un combat qu'elle mène en l'appelant, lui. Alors il s'est accroché à cette minime trace de Leia dans la Force et s'y est agrippé de toute ses forces pour drainer sa conscience dans la réalité.
« Je suis là. »
Et Leia a rouvert les yeux.
.oXOXo.
Son arme crépite de violet contre la lame sanguinaire de Vador. Un unique pas en avant est une victoire si durement arrachée au prix de trop nombreux coups parés in-extrémistes. Elle ne veut plus reculer, pas après tant de mois passés à l'affronter, après tant de défaites. Sa rage monte d'un cran encore lorsqu'elle reçois le premier coup à l'épaule, poussant un grognement de douleur entre ses dents.
- Tu as de la colère, mais tu ne t'en sers pas, tu restes faible. C'est pour ça que tu ne me vaincra jamais Leia, parce que ta colère est trop faible.
La sueur roule sur ses tempes, son souffle se fait court, ses doigts ont blanchi autour de son arme.
- L'Empire t'as pris tes parents Leia, haïe-le, méprise-le comme tu méprises cet univers.
Elle pare un nouveau coup et contre attaque d'un geste aussi souple que brutal, mais rien n'y fait, la garde de son sombre Maître semble imperméable. Et en fraction de seconde, la voici qui s'arrête dans son élan, la lame rouge pointée sur son cou. Elle est défaite, une fois de plus.
Elle reprend son souffle, lentement, tandis que Vador désactive enfin son arme.
- Trop faible.
Ses molaires auraient éclatées sous la pression de sa mâchoire Elle presse ses paupières et tente de se reprendre. Si elle pouvait l'étrangler comme il étrangle ses amiraux elle l'aurait fait depuis longtemps.
Mais pour l'heure, il est temps de méditer. Reposer ses muscles, se rapatrier dans son esprit et ruminer sur sa défaite pour faire éclore toujours plus de pouvoir.
Ce pouvoir qui bouillonne dans ses veines. Elle se rappelle encore du jour où Vador l'a convoqué pour l'emmener dans cette salle, pour lui demander de se battre contre lui et où il l'a écrasé en l'espace de quelques malheureuses secondes. Il lui avait alors parlé de la Force. Un pouvoir qui pouvait la rendre plus forte, d'étrangler ses adversaires sans avoir à se salir les mains, soulevant des masses énormes sans avoir à forcer le moindre muscle. Qui pouvait tourmenter les esprits, les plier à sa volonté, les briser après s'être repu de leur pensées. Que le pouvoir est grisant.
Alors elle s'était entraînée des mois durant, posant un regard nouveau sur ce qu'elle avait toujours pris pour de l'instinct. Progressant chaque jour un peu plus sous la tutelle intransigeante de Vador.
- Trop faible, qu'il répétait. C'est pour ça que ceux à qui tu tenais sont morts, parce que tu étais faible. À toi de t'emparer de ce pouvoir.
C'est sur ce souvenir qu'elle s'élança dans la Force, ses chemins devant plus familier avec le temps.
Elle rentre dans son corps, au rythme des battements de son cœur qui scande le temps. Elle s'y enfonce comme dans un marais, comme dans de la boue. Le paysage qu'elle côtoie à présent à la couleur de l'amertume. Du verdâtre, de la boue, une odeur rance, le souffre.
Elle gît, dans la terre, dans sa boue. Dans sa chair qui ne semble plus lui appartenir. Dans son corps qui n'est plus le sien. Son esprit est parti trop loin dans ces terres uligineuses. Et tandis qu'elle marche dans les contrées mortifères de son esprit, elle fredonne. Un fredonnement sans parole, un fredonnement immuable, impénétrable. Un fredonnement dont elle ne se rappelle plus l'origine.
Elle continue d'avancer, à s'enfoncer. Que son corps se fasse ronger par les mousses et les lichens. Elle sent la nature sauvage et violente qui cogne contre sa poitrine. Les ouragans qui cherchent à se déchaîner pour ravager la vie. Les tempêtes divines qui mugissent comme des animaux pour réclamer la mort de toute sérénité.
« Tu as de la colère, mais tu ne t'en sers pas, tu restes faible. »
Il n'y a pas de colère en elle, il y a de la vengeance. Il y a un cri qui déchire sa gorge et réclame vengeance. Contre cette vie animale. Contre le destin. Il y a de la rancœur qui pourrie ses organes, et déchiquette tel un rongeur ses boyaux.
Il ne lui reste plus qu'à tordre le cou à la gamine qui lui fait face. Cette gamine aux yeux insolents, à la bouche méprisante, aux joues maculées de terre, au nez lame d'orgueil. Elle voudrait lui faire la peau, enrouler ses doigts blafards et gelés autour de son cou et serrer jusqu'à ce que ses mains cessent de trembler.
Pourtant, elle ne se meut pas. Elles se font face, sous ce ciel de nuit qui se fond avec la boue du marais.
- J'aurai ta peau.
La gamine n'a pas cillé.
- Tu es trop faible, Leia, qu'elle a répondu. Tu es trop faible.
.oXOXo.
Elle pénètre dans les quartiers de la Garde. Son entraînement avec Vador l'avait usé, ses muscles lui faisaient mal, seul son esprit était clair, résultat d'une courte heure de méditation passée à ruminer sa rancœur. Un esprit clair et une humeur exécrable.
- Tu fous quoi ?
Elle tourne des yeux ronds sous son casque vers Mérhim.
- Je te demande pardon ?
- T'es souvent avec Vador. Alors je te demande, qu'est ce que tu fous ?
Serait-ce de la jalousie qu'elle discerne dans ses pensées ? Additionnée à un soupçon de mépris.
- Pas tes affaires.
Il s'avance et hôte son casque, révélant un faciès sec et colérique.
- C'est pas normal de passer autant de temps avec le Seigneur Vador…
- Pas. Tes. Affaires.
Un rictus méprisant vient déformer ses lèvres.
- Alors c'est ça… je me demandais comment une fille comme toi avait pu intégrer la Garde aussi rapidement.
Il crache et sa salive arrive aux pieds de Leia qui n'a toujours pas bougée, puis ajoute en ce retournant vers le reste de la Garde :
- Aucune gloire, seulement une putain !
Son poing s'écrase contre la mâchoire anguleuse. Le coup est parti seul. Mérhim crache une seconde fois au sol, cette fois il y a du rouge dans la salive. Elle tente un nouveau coup, mais son poignet est encerclé par une main de colosse et c'est à son tour de valser sous des phalanges qui lui font voir des étoiles noires.
Elle tombe au sol, Mérhim la suit dans sa descente pour lui arracher son casque. Elle tente un coup de genoux mais rien n'y fait. Elle sent le sang dans sa bouche, ne voit plus rien. Elle tente de ramener ses mains pour protéger sa face, sans grand résultat. Il y a quelque chose qui craque et crisse entre ses tympans. Un crissement sinistre avant que d'autres bruits n'envahissent sont espace sonore. Et puis il y a un sifflement. Elle entend seulement son cœur qui cogne. Le sang dans sa bouche. Le sifflement. Des tâches noires.
Lorsqu'elle soulève péniblement une paupière, le sol est flou. Son autre paupière ne veut pas bouger. Elle se sent enfler. Et puis le gel vient se plaquer sur son visage tuméfié. Elle pousse un petit hoquet de surprise plus que de douleur.
La caresse du gel se fait plus délicate, simple effleurement. Le froid se presse contre l'arcade de son œil invalide. Elle se laisse faire. Que pourrait-elle faire d'autre, de toute façon ? Elle est trop sonnée pour réfléchir à sa dignité envolée.
- Fait chier.
- T'as une sale gueule.
C'est Tran. Sa présence lui arracherai un sourire. Pourtant elle a soudainement honte d'être aussi fragile.
- C'est bon, murmure-t-elle en dégageant sa tête.
Il continue pourtant à essuyer avec délicatesse son visage douloureux.
- J'ai dit que t'avais une sale gueule.
Il prend une autre compresse et la plaque délicatement sur son nez qui crisse méchamment.
- C'est cassé.
- J'avais senti.
Le mentholé du Bacta lui arracherait un grommellement de soulagement.
- C'est bon. Enfin, c'est surtout tout ce que je peux faire, dit-il après quelques minutes. La prochaine fois, attaque-toi à quelqu'un de ton gabarie… Quelle idée de défier Mérhim ? continue-t-il pour lui-même en marmonnant.
- Quelqu'un comme toi ?
Il la regarde avec ses yeux de poisson, ceux qu'il fait quand il est surprit. L'image lui arrache un faible demi sourire et il se détend, lui rend son sourire centuplé. Cela la gêne.
- Je reviendrai te voir demain, en attendant, c'est repos. Arless devrait être compréhensif sur cette fois-là.
Il sort de la petite salle blanche, laissant Leia seule sur le lit de l'infirmerie. Elle s'allonge avec précaution, ses muscles lui font toujours aussi mal, son visage endolorie est juste venu rajouter de la douleur à sa journée.
Elle entend le chuintement de la porte qui se rouvre. Que lui veut-il encore ? Elle sourit, bêtement. Elle se retourne vers la porte et l'air se bloque dans sa trachée. Le son du respirateur artificiel remplit l'espace.
Elle se redresse vivement, faisant fi de la douleur.
- Seigneur Vador.
Elle rive son regard sur le sol. Attend qu'elle soit autorisée à parler. Le temps s'étire en de longues secondes. Il s'avance, elle entend ses pas et sa respiration sifflante qui se rapproche. Il soulève alors son visage par le menton et elle se retrouve bloquée face à son masque anguleux, voit son reflet dans ses immenses lentilles noires.
Étrangement, quelque chose contracte son ventre. Une colère inconnue vient s'ajouter à sa détresse tandis qu'elle se met à trembler. Une colère qui ne lui appartient pas mais provient de la Force.
Il retire sa main et elle tressaute, laisse son souffle s'exhaler après l'avoir retenu trop longtemps.
- Votre rapport G-8 ?
- Je… je me suis battue avec Mérhim, mon Seigneur. Je n'aurais pas dû, je suis déso-
- Vous vous êtes fait battre.
Elle pince ses lèvres enflées.
- Ça ne se reproduira pas, mon Seigneur.
Il la considère encore un moment avant de croiser ses bras.
- Dois-je le tuer ?
Leia le regarde avec de grands yeux où on peut trouver tout l'étonnement qui l'habite. Elle n'est pas sûre d'avoir compris mais ne se risquera pas à le faire répéter. Lui propose-t-il réellement de la venger ?
- Avec tout le respect que je vous dois, mon Seigneur, c'est mon combat.
Encore une fois, elle ressent une touche de fierté qui lui est étrangère. Serait-ce Vador qu'elle peut sentir ? Il se retourne vers la porte.
- Ne me déçoit pas la prochaine fois, Leia.
.oXOXo.
- L'empereur l'apprécie, sa disparition devra passer pour une attaque rebelle. Sa navette doit arriver d'ici trois jours. Il viendra depuis Coruscant.
Les consignes ont été brèves, le message est clair.
- Il serait vraiment dommage que les Rebelles apprennent la trajectoire du Grand Moff Tarkin…
- Je veux que le travail soit fait proprement.
- Il en sera selon vos désirs, Seigneur Vador.
Leia a revêtue une armure blanche de trooper. Elle marchait dans l'anonymat qui sied tant au troopers jusqu'au département 6827K du Destroyer. C'est là qu'elle aimait retrouver, au détour d'un couloir, l'agent très respectable de maintenance. Elle appréciait leurs conversations.
- Alors, on ne traîne pas la patte à ce que je vois ! fit-elle d'une ironie inoffensive.
C'est un homme d'une quarantaine d'année qui se retourne, tout sourire aux lèvres. Leurs échanges, aussi banales qu'emprunt de fausseté innocente font toujours sourire Leia.
- … sais-tu que le Grand Moff Tarkin vient sur le Destroyer ? Mais si tu sais, un vieux sec et rigide comme une vieille branche. Il est déjà venu sur ce Destroyer avec toute sa clique et son air pompeux. Arf c'est vrai que tu as pas dû le croiser, coincé dans ce département… Bref, toujours est-il qu'il me fiche une de ses trouilles ! Et à raison, c'est une grande figure dans l'armée de l'Empire ! Mais si je t'assure, même le Seigneur Vador en a la trouille. Et il vient d'ici trois jours depuis Coruscant en passant par Dardoom. Comment je sais ça ? Mais tout le monde le sait voyons !
Le son de son petit rire massacré par le vocodeur arrive tout de même à paraître innocent.
- Allez, prend soin de toi Lewis, et à une prochaine !
Il est toujours bon d'avoir quelques rats rebelles dans ses rangs.
Elle est partie sans qu'un seul accord ne soit accepté, sans un mot de tour de contrôle. Officiellement son chasseur personnel repose toujours dans le hangar du Destroyer de Vador.
Officieusement les étoiles s'étirent déjà leurs froides lumières sur la vitre de son chasseur dans le tunnel de l'hyper-espace. Puis le tunnel de blancheur a ouvert sa gueule sur l'obscurité de l'espace. La navette de Tarkin est en vue, entourée de chasseurs TIE et d'autres épaves de la résistance qui se détruisent entre-eux
Elle ne sait si sa présence a déjà été repéré, elle s'en fiche, elle a déjà poussé ses manettes. Elle tir et trace un sillage de mort aussi efficace que rapide. Tandis qu'un dernier vieil appareil rebelle se délétère sous une vive pluie colorée, elle entre en contact avec la navette de Tarkin.
- Veuillez décliner votre identité immédiatement.
- L'Empereur m'a dépêché : sa Majesté se doutait que vous tomberiez dans un piège et m'a envoyé. J'ai un message de sa Majesté à remettre en mains propre au Grand Moff Tarkin. Demande d'abordage.
Il y a un temps de latence. Tous savent qu'elle n'a pas décliné son identité, seulement sa mission. Mais la curiosité est grande quand-t-il s'agit d'une dépêche de l'Empereur et mettre en doute ses souhaits revient à tendre le cou à la dague de l'exécution…
Leia le sait et ne leur laisse plus le choix, d'une main experte elle manœuvre son chasseur et le colle sous le fuselage de la navette. Elle attend encore quelques minutes avant d'entendre le chuintement d'une trappe ainsi que sa radio, grésillant une réponse dont-elle se fiche royalement.
Elle jaillit dans la navette d'un bon entre deux soldats qu'elle fait reculer d'un vague geste de la main et un soupçon de Force.
- Je dois voir Tarkin. Vous, vous restez là.
- Nous, nous restons là, répètent-ils en écho.
Elle n'avance pas, elle traque. Les portes s'ouvrent sur son chemin à l'effarement total des gardes postés derriè est ce soldat qui leur est familier, seule son armure peinte couleur nuit dénote. Dubitatifs, avant même de pouvoir hurler à l'intrusion, que quelque chose ne tourne par rond, leur oxygène se bloque quelque part dans leur trachée. Ils sont à genoux lorsque Leia passe et au sol lorsqu'elle les dépasse. Une dernière porte. Elle reste quelques secondes devant, étend ses sens pour être sûre que la Force ne l'a pas trompé. Non, Tarkin est bien là et dans sa tête se tortillent des pensées anxiogènes sur ce mystérieux message de l'Empereur.
Alors elle entre. Il y a des visages sévères où l'on peut lire de la surprise. D'un premier tir elle met hors service le tableau de commande et le précieux communicateur. Et dans ce temps infinitésimal, la surprise et l'austérité se sont muées en sidération. Trop fugacement. Car le temps accélère encore et cette fois ce sont les deux techniciens de l'Empire qu'elle abat. Alors Tarkin comprend, un blaster braqué sur lui, ses traits tirés oscillent entre ricanement et mépris. Il se retient de cracher sur le sol, de cracher sur ce soldat au casque noir de geai. Mais c'est déjà trop tard. Le temps s'est emballé et Leia n'a que trop peu de considération pour les dernières pensées des hommes.
Je suis désolé pour le temps de publication qu'a pris ce chapitre. Pas d'énergie ou de temps pour corriger/réécrire, encore moins pour poster. Portez-vous bien et si vous avez quelques minutes pour une review, n'hésitez pas, ça fera toujours plaisir à mon moral en PLS ahah. Badass Leia continue son chemin pendant ce temps là.
