J'espère que vous m'excuserez par avance pour le big retard : j'ai complétement zappé de mettre le nouveau chapitre mdr Désolé !


Chapitre 7.

Hermione était hors d'elle ! Elle faisait ce soir face à un Harry à la fois dans une très mauvaise posture, mais lui aussi, assez remonté.

Habitué des bals de Noel de Poudlard, jusqu'à aujourd'hui, elle s'y était rendu en sa compagnie chaque année depuis son arrivée. Et cette fois, il s'était invité seul, sans avoir reçu de demande de sa part.

Bon, peut-être qu'il pensait qu'elle avait oublié. Ça peut arriver ! Mais voilà qu'il lui filait un savon parce qu'elle lui avait collé « un lapin ».

« Un lapin » ? Elle ne lui avait même pas demandé de venir !

Et il lui reprochait d'avoir pris un jour de congé pour rien, voilà qui était un comble. Enfin, il n'avait pas demandé avec qui elle y allait et heureusement. Elle aurait presque payé cher pour voir sa tête à l'entente du prénom de Snape, mais elle n'avait plus le droit de le prononcer alors...

Agacée, Hermione planta Harry sur place et claqua la porte avant de rejoindre les cachots. Avant qu'elle n'arrive jusqu'au bureau du maître des potions, elle tomba sur lui et ils manquèrent de se percuter.

Snape avait de nouveau sursauté, ayant perdu quasiment tous ses réflexes de survie depuis la fin de la guerre.

« Bon sang de… saleté de poussin des bois ! »

Hermione manqua d'exploser de rire, mais se contenta de se redresser. Il s'était vite fait à son nouveau nom, et même si elle le détestait, c'était toujours mieux que la « Miss Je-Sais-Tout ».

Le sorcier portait ce même costume qu'il ne quittait jamais, et Hermione avait opté pour une robe sobre aux couleurs chatoyantes de sa maison, sans toutefois trop en faire. Aucune fioriture, et encore moins de représentation d'un lion quelconque. Son accompagnant était le directeur de Serpentard, et mieux valait être prudente.

« Vous avez prévu vos meilleurs sorts ? Lui demanda-t-elle en emboitant le pas.

_ Vous avez prévu votre appareil photo ? Je veux voir la tête de Minerva quand on va ouvrir la porte de la Grande Salle ensemble. »

Hermione lui adressa un regard faussement surpris, avant de sortir son téléphone de sa poche, appareil qui prenait bien évidemment des photos.

« Vous me comblez Miss Gr…

_ Non ! S'empressa-t-elle d'hurler avant de poser sa main sur sa bouche pour le faire taire.

_ Poussin, finit-il par lâcher. »

Hermione approuva en un soupir, soulagée de ne pas connaître le sort qui leur été réservé s'il venait à déroger à la règle de la directrice. Elle détacha sa main de sa bouche, encore un peu affolée.

« J'ai hâte de vous entendre dire mon nom de code, souffla-t-il.

_ « Faucon Millenium », je me croirais en train de converser en talkie-walkie avec un soldat en pleine guerre de Vietnam.

_ Cette idée vient de vous, je vous le rappelle.

_ Il m'arrive malheureusement de l'oublier, murmura-t-elle. »

Les notes de musique déjà trop fortes leur venaient aux oreilles, et Hermione grimaça. Oh, elle n'avait pas envie d'y aller.

Dans son adolescence, c'était beaucoup plus drôle, mais dans son rôle de professeure, ces fêtes raisonnaient avec alcool dissimulé, recherches de gosses en chaleur et une migraine garantie à l'arrivée. Et puis, Harry lui avait servi de parfait bouclier jusqu'alors. Tout le monde voulait un autographe et une photo du survivant, ça lui permettait de se faire oublier.

Hermione eut envie de s'enfuir à toutes jambes, mais Snape lui prit délicatement le bras pour le poser dans le creux du sien. Elle leva ses yeux vers les siens, et fut tenter de lui demander s'ils ne pouvaient pas se barrer d'ici pour aller Dieu sait où.

Snape leva un sourcil, avant de se souvenir que d'ordinaire, elle venait toujours accompagnée de Potter. Et que c'était ce que tout le monde s'attendait à voir, en réalité.

« Attendez. Qu'avez-vous dit à Potter ?

_ Je l'ai renvoyé chez lui, quelle question. »

La jeune femme avait lâché cette information avec un naturel déconcertant, et Snape resta planté sur place. S'il avait pu laisser sa bouche ouverte béatement, il l'aurait fait, mais la retenu et le choc l'empêchaient de réagir.

« Vous venez ? »

xxx

Snape était assis nonchalamment sur son siège. La fête était terminée. Enfin, presque…

Il ne restait qu'une dizaine d'élèves tout au plus.

Bien sûr, à leur arrivée, la vieille bique de McGonagall avait piqué un fard du tonnerre (il avait la photo, et il avait bien prévu de l'imprimer et de l'accrocher dans son bureau en plusieurs exemplaires). Puis, elle les avait surveillés pendant plus de QUATRE HEURES.

En fait, ils n'avaient même pas pu s'approcher de quoi que ce soit, et quant à sortir sa baguette : s'eut été hors de question. Alors, chacun avait passé sa soirée comme une âme en peine, incapable de menacer un élève ni de jouer au gendarme.

Bien sûr, pour se venger, la Directrice leur avait imposé de ne pas déroger à leur rôle et de rester jusqu'au bout.

C'était la pire fête de Noël que Snape n'avait jamais vécu. Enfin, il y avait bien celle où Lily avait donné son premier baiser à cet empoté de James.

Cette soirée-là était inégalable sur le plan de la nullité.

Il s'en souvenait comme si c'était hier. Il n'avait pas eu de cavalière, et s'était pointé par curiosité. Il avait vu Lily près du punch, sans doute un peu alcoolisée et en train de ricaner avec Potter, son cavalier. Puis, le garçon avait entouré son bras autour de sa taille, lui avait chuchoté quelque chose et avait capturé sa bouche par surprise.

Lui, s'était enfuit et…

Et il ne préférait pas penser à la suite, c'était trop misérable.

Snape eut l'envie soudaine de se secouer.

Il avait plus de trente ans désormais nom d'un chien ! Mais… Mais certains souvenirs lui collaient à la peau, et rien de ce qu'il avait pu dire ou faire n'avait réussi à les détacher de sa tête. Enfin, il y avait bien la possibilité de ruiner le fameux bal de Noel aux adolescents les plus chauds lapins de Poudlard, mais cette perspective délicieuse lui avait été soigneusement ôté par nulle autre que la vieille diablesse de Minerva.

En plus, il avait encore l'impression de sentir toutes ces railleries, ce jugement. Il s'était ainsi forgé une carapace impénétrable autour de lui, le protégeant de toutes les attaques possibles et imaginables. Il aurait préféré que sa vie ne se déroule pas ainsi, mais il n'avait pas eu le choix.

Enfin bon. Dans tous les cas, Potter-fils n'avait pu se résigner à partir sans prendre son bain de foule, même si son amie n'avait pas voulu danser quoique ce soit avec lui. Snape n'en revenait pas qu'elle ait délaissé ce garçon pour se rendre ici avec lui.

Mais Hermione n'en demeurait pas des plus joyeuses.

C'était qu'elle était aussi contrariée que Snape.

Jamais personne, hormis Ombrage, ne lui avait interdit d'exercer la magie. Et en plus, Harry n'avait pu se résoudre à s'en aller sans une dernière salutation à cette chère Minerva. McGonagall, elle qui adorait, adulait Harry et qui s'était mis à la détester, elle, son élève la plus douée. Elle qu'elle avait pourtant choisi alors qu'elle sortait à peine de l'école pour prendre le poste de professeur d'étude des runes. Elle qui aurait été tout aussi capable de devenir, à long terme, directrice de la maison Gryffondor, mais qui s'était subitement faite blacklisté à partir du moment où la guerre avait commencé entre Snape et elle.

C'était tout bonnement injuste.

Et maintenant que tout allait un peu mieux, voilà que la directrice de Poudlard semblait la haïr encore plus !

Dire que son plan avait été excellemment bien pensé ! Elle avait même inventé des sorts pour l'occasion, dont un qui aurait dû rendre les chaussures de son acolyte plus glissantes qu'une piste de patinoire. Ça aurait été grandiose et la vieille chouette avait tout gâché.

Maintenant, les derniers retardataires traînaient la patte, et Hermione n'attendaient qu'à ce qu'ils s'en aillent pour tout nettoyer d'un sort bien pensé avant de s'écrouler dans son lit.

Alors qu'elle regardait autour d'elle, elle vit Flitwick endormi, Hagrid concentré sur le buffet, les trois quarts du personnel absent, et un Rusard maugréant dans sa barbe, prêt à en découdre avec son balais brosse.

Mais aucun signe de McGonagall.

Avait-elle déserté ?

Si oui, c'était le moment ou jamais…

Pourtant, alors qu'Hermione se mit à chercher hâtivement Snape du regard, elle le vit enfin… Au fond de la salle, presque caché dans la pénombre.

L'homme était adossé au mur, le regard dans le vide, plus morne que ce qu'elle n'avait encore jamais vu jusqu'à maintenant.

Il observait les lumières vacillantes des bougies allumées sur sa table, alternant son regard vers la fenêtre au travers de laquelle quelques élèves se bécotaient dehors. Flitwick partit de la pièce en même temps que les quatre derniers Poufsouffle, et Hermione n'eut pas le cœur de sortir sa baguette.

Tacitement, il avait été convenu que ce serait à eux de tout ranger. Plusieurs cotillons et rubans traînaient sur le sol, et la musique avait été baissée à un niveau sonore plus convenable.

Snape ruminait, repensant à Lily. Lily qui avait choisi James, Lily qu'il avait abandonnée, sa mort, tout ce gâchis et maintenant sa vie misérable entre deux fêtes d'étudiantes minables.

Alors que son regard pensif était fixé sur la lueur des flammes, Snape les détourna lorsqu'une paire de jambes obscurcirent sa vision.

Il releva peu à peu ses iris et rencontra la robe longue et rouge d'une certaine Gryffondor.

« Qu'elle m'achève, songea-t-il dans l'immédiat. »

Il n'était plus à ça prés. Un bon sort contre sa personne, voire même un petit duel et il s'en irait sans avoir l'impression d'avoir gâché totalement sa soirée. Alors, son attention se porterait sur autre chose, comme nettoyer ses cheveux une bonne trentaine de fois pour en ôter une couleur suspecte.

Snape plissa le regard lorsqu'elle lui prit le bras pour le tirer, et grogna en se levant. Que préparait-elle encore ?

Le sorcier traina la patte et prêt à protester lorsqu'elle prit sa main pour la poser dans le creux de ses reins. Vite, elle posa son menton sur son épaule, prit son autre main pour le guider dans un balancier lent et régulier.

« Qu'est-ce que vous faites, murmura-t-il, décontenancé mais suivant son mouvement malgré tout.

_ Vous êtes mon cavalier. »

Hermione rencontra ses prunelles perdues, et tenta de garder une certaine maîtrise, même si elle se demanda subitement quelle mouche l'avait piqué.

« Non ? »

_ Heureusement que les élèves étaient partis. Malgré ses doutes, la jeune femme apparaissait plus que sobre. Alors c'était l'enchantement dont elle était victime qui l'amenait à se comporter de la sorte ?

Snape soupira lorsqu'elle reposa sa joue sur son épaule. Alors que ses cheveux étaient lâches au début de la soirée, elle les avait attachés en une queue de cheval classique qui lui permettait de ne pas avoir le visage enfoui dans ses boucles.

« Vous avez perdu l'esprit.

_ Je me suis toujours demandé si vous aviez donné des cours de danse à vos élèves comme Minerva l'a fait avec nous.

_ Croyez-moi, vous n'avez pas envie de le savoir. »

Hermione ricana, et Snape prit plus fermement sa main pour la faire tournoyer. Elle lui sourit avec sincérité alors qu'il rendait leur valse un peu plus dynamique.

Fort heureusement qu'elle avait pensé à porter des talons plus hauts, même s'il continuait de la dépasser de quelques centimètres.

« J'ai mal aux pieds, lui glissa-t-elle.

_ Pourquoi diable avoir mis ces engins de torture, grogna le sorcier.

_ Vous avez vu la taille que vous faites par rapport à moi ? J'aurais eu l'air d'une naine.

_ Arrêtez de dire des âneries, et retirez-les, lui intima-t-il en entamant un balancier plus lent.

_ Quoi ?

_ Si je les fais disparaître, vous risquez de tomber. Et je ne garantis pas que je vous rattraperais, mais je me fendrais la poire, n'en doutez pas. »

Hermione secoua la tête, avant de se contorsionner pour ôter ses chaussures sans aucune once de délicatesse.

Les talons retombèrent plus loin en un bruit sourd.

Désormais, il la dépassait d'une tête, et elle ne pouvait plus poser son menton sur son épaule. Elle fit une moue un peu embêtée, avant qu'il ne la fasse basculer et qu'elle se trouve dos à lui, ses bras enserrant sa taille. Elle sentait son cœur battre dans son dos, et ne put s'empêcher de laisser expirer l'air de ses poumons, comme enfouie dans un réconfortant nuage de douceur. Il continuait de la faire danser malgré tout en rythme de la chanson douce qui s'échappait de la scène.

« Professeur, murmura-t-elle.

_ C'est un autre nom de code ? Lui souffla-t-il. »

Hermione rit faiblement avant de lever son visage pour capter le sien.

« Très bien, Faucon millenium.

_ Oh vous faites battre mon palpitant, lui glissa-t-il en la faisant tourner pour se retrouver face à elle de nouveau. »

Hermione éclata de rire dans les bras du redouté maître des cachots. Elle oublia cette soirée, ses souvenirs, sa mélancolie le temps d'une danse, et il en fit de même. Ses doigts glissèrent entre les siens, et tous deux se demandèrent bien s'ils n'étaient pas devenus complètement fous.

« On aurait dû leur dire de partir plus tôt, souffla-t-elle. »

De nouveau, elle capta ses iris, et Snape réalisa qu'elle venait de lui dire, indirectement, qu'elle aimait ce moment passé avec lui.

Personne ne lui avait dit une chose pareille depuis des lustres. Lily… Il avait rêvé de vivre ce même moment avec elle durant son adolescence, que ses nuits en soient témoins. Et qu'aurait été sa vie si cette soirée s'était déroulé ainsi pour lui ? Pourtant, le vivre avec Hermione Granger avait une autre saveur. Et pour la première fois de toute son existence, il était heureux que ça ne se soit pas passé, pour le vivre ce soir.

Cette femme avait le don d'être d'une sincérité sans tabou, mais aussi d'une force incroyable. Et elle dégageait plus de lucidité, d'intelligence qu'il ne voulait bien l'admettre, en plus de le voir comme quelque chose d'autre qu'un indésirable.

Hermione sentait ses mots lui échapper, et faire écho à la tristesse de son acolyte. Elle se sentait moins seule, plus écoutée qu'elle ne l'avait jamais été.

Alors qu'ils dansaient avec toujours autant de lenteur, leurs deux visages s'approchèrent. Hermione se sentait attirée par les lèvres du maître des cachots sans qu'elle ne le contrôle et son corps lui aussi, ne répondait plus de rien.

Son nez frôla le sien, et elle riva ses prunelles chocolat dans les siennes, si sombres, mais si expressives à la fois. Il avait ce magnétisme indéniable auquel elle se sentait si réceptive, et ses piques à la fois malignes et acerbes titillaient encore son esprit.

Esprit qui était si brisé, mais si touchant à la fois.

Hermione n'éprouvait aucune pitié, mais une admiration sans pareille. Elle aurait aimé avoir sa force.

Le parfum fleuri de son collègue envahit son espace, et elle s'y complaisait avec délectation. L'odeur de plantes qu'il portait sans arrêt attisait sa curiosité. Snape posa sa main à plat sur son torse, et laissa sa paume sur la sienne.

Son cœur battait plus fort que tout à l'heure, et elle ferma les yeux pour mieux se concentrer sur leur cadence.

Les notes de piano ainsi que la lente basse rythmaient leur pas, et chaque mouvement les rapprochaient toujours un peu plus.

Snape observa le visage serein de la jeune femme, ses paupières closes, ses traits si détendus. Sa peau était douce, parfumée et ses cheveux indisciplinés comme jamais. Elle avait raison, face à lui, elle était si petite et pourtant, demeuraient sur le même pied d'égalité. Et Dieu sait qu'il n'accordait pas ce privilège à n'importe qui.

« Professeur, murmura-t-elle de nouveau. »

Si elle l'appelait encore comme ça, il ne jurerait plus de rien, que Merlin en soit témoin. Il avait senti son souffle contre le sien, ainsi que l'odeur du kir au cassis qu'elle avait avalé avant de venir le voir. Il laissa mollement sa main lâcher la sienne, et la passa tout contre sa nuque.

Hermione remonta la sienne jusqu'à son cou, pour venir titiller la racine de ses cheveux.

Leur balancement était maintenant quasi imperceptible. Hermione ouvrit délicatement les yeux, et cacha sa surprise d'être si proche de son collègue.

Elle entrouvrit la bouche, et son cœur s'accéléra lorsqu'il fixa ses lèvres. Elle avait l'impression d'être… « désirée ». Et jamais elle n'avait été désirée. Enfin si, par Viktor, mais ça avait été si rapide. Depuis, malgré Ron et quelques conquêtes, rien n'avait été équivalent à ce qu'elle ressentait depuis quelques minutes.

L'envie, dans son état le plus brut et pur.

« Miss Gr…

_ Ne le dites pas, lui chuchota-t-elle, comme un léger rappel. »

Hermione posa son index sur la bouche du maître des potion, puis le glissa pour caresser ses lèvres de son pouce. Snape s'approcha alors un peu plus, et ils purent presque sentir leurs lèvres se frôler.

Soudain, un groupe d'élève chahuteurs entrèrent en trombe dans la pièce et les firent s'éloigner vivement l'un de l'autre, le cœur pulsant.