Comme d'habitude (oui ça commence à devenir une habitude xD), un grand merci à Destrange pour son retour ! Si vous suivez cette fiction dans l'ombre et qu'elle vous plaît, n'hésitez pas à me faire part de vos impressions. Ça me ferait vraiment très plaisir.
Je vous souhaite une bonne lecture !
LES DEUX SAPHIRS
Cela faisait plus d'un mois qu'elle était arrivée à Londres. Que le temps passait vite ! En un mois, elle avait paraphé plus de huit cents contrats, envoyé plus de mille sept cent cinquante courriers de relance, jeté par erreur seulement un dossier dans le puits sans fond. Elle avait découvert trois nids de larves dans son bureau, s'était découvert à quatre reprises des bleus qu'elle suspectait avoir été causés par les bords durs des wagonnets, et avait eu pas moins de six altercations avec Gornuk. Elle s'était aussi fait suivre à trois reprises en rentrant chez elle sur le Chemin de Traverse, mais elle commençait à avoir tristement l'habitude.
Elle avait reçu cinq hiboux de la part de Roger Davies, suite auxquels elle avait décidé de mettre un terme à leur correspondance. Sortir avec un collégien, quand bien même eût-il été en septième année, et puis quoi encore ? C'étaient en tout cas les motifs qu'elle lui avait froidement exposés dans sa dernière missive. La réalité, c'était que le Serdaigle lui rappelait Poudlard, et qu'elle voulait oublier les derniers mois passés sous les nuages d'Écosse. Ainsi que les mauvais souvenirs qui y étaient associés… La jeune femme voulait oublier tout ce qui lui rappelait de près ou de loin la troisième tâche du Tournoi. Elle voulait se tourner vers l'avenir, son avenir…
En un mois, elle avait contacté dix-huit fois Gabrielle, deux fois Madame Maxime, une fois sa mère. Personne d'autre. Elle n'avait besoin de personne d'autre. Enfin, c'était ce qu'elle croyait jusqu'à cet après-midi d'août particulièrement éreintant où Gornuk avait poussé la porte de son bureau avec derrière lui l'employé de Gringotts fraîchement rapatrié du Caire.
C'était celui dont elle avait tamponné l'autorisation la semaine passée, en se demandant pourquoi quiconque voudrait soudain quitter les pyramides et le soleil égyptien pour le vulgaire Chaudron baveur et la météo désastreuse de la capitale anglaise. Elle avait imaginé un homme grincheux qui ne pouvait s'épanouir que sous la pluie qui tombait drue, comme ces oiseaux de mauvais augure, lugubre. Mais le jeune homme qu'elle avait soudain devant elle n'avait rien d'un Augurey (1). Au contraire. Ses beaux yeux bleus n'auguraient que de bonnes choses pour la suite.
« Miss Delacour, je vous présente Mr Weasley.
— Bill, tout le monde m'appelle Bill. »
Fleur se mordit la lèvre. Bill… était-ce un surnom ? Un surnom… entre collègues… c'était tellement… cavalier ! Elle secoua la tête. Son nom importait peu, elle voulait juste qu'il ne la quitte pas des yeux. Bill Weasley n'était définitivement pas le genre d'hommes qui aurait plu à Apolline Delacour avec ses habits Moldus, ses cheveux flamboyants négligemment noués en catogan, et la grande dent – de serpent ? c'était un homme qui aimait l'aventure ! – qui ornait l'une de ses oreilles. Il était définitivement charmant, et elle lui demanderait bien quelques cours de langue à l'occasion…
« Fleur. »
Ce fut la seule chose qu'elle fut capable de prononcer. Elle avait les mains moites et la gorge sèche. Les murs s'étaient-ils mis à palpiter ou étaient-ce les battements de son cœur qui faisaient soudain trembler la pièce ? Elle avait chaud, et cela n'avait aucun rapport avec la chaleur du mois d'août : ils étaient des centaines de mètres sous terre.
Gornuk avait l'air profondément ennuyé. Il se racla bruyamment la gorge :
« Mr Weasley a demandé un emploi de bureau au sein de la banque pour un rapprochement familial. (2) C'est pour cela qu'il sera amené à travailler quelques temps avec vous.
— A… avec moi ?
— Vos jolies petites oreilles sont tout à fait en état de marche », observa le gobelin d'un air narquois.
Et sa langue à lui était décidément bien pendue… S'il continuait à la mettre dans l'embarras elle serait contrainte de le balancer par-dessus bord lorsqu'ils remonteraient à la surface.
« Mon médecin préféré, ironisa-t-elle. Il me tarde d'en savoir plus sur les pyramides », ajouta-t-elle à destination de Bill.
Et sur vous… avait-elle pensé si fort qu'elle aurait été étonnée qu'il ne parvienne pas à lire en elle comme dans un grimoire ouvert. Elle battit des cils dans la direction de son futur collègue et secoua sa longue chevelure blonde et argentée. Elle se renfrogna cependant bien vite face à son apparente absence de réaction. Ne lui plaisait-elle pas ? La Française avait l'impression d'être celle qui était le plus sous le charme. Était-il un genre de Vélane, lui aussi ? Un grand sourire s'étira soudainement sur son visage couvert de taches de son. Il glissa avec malice :
« Et moi sur Beauxbâtons.
— Q… quoi ?
— Votre bel accent ne trompe pas. »
Gornuk toussa.
« On ne vous paie pas à compter les cils de l'autre. »
Si seulement… soupira intérieurement Fleur.
« Gripsec vous attend sur le quai pour régler quelques formalités administratives Mr Weasley, grinça-t-il en tapotant du bout de son index le verre saphir de sa montre. Vous feriez mieux de ne pas trop tarder… »
Celui-ci hocha la tête et, lançant un dernier regard à Fleur, disparut derrière la porte que Gornuk avait immédiatement refermée avec véhémence pour se tourner vers elle.
« Vous devriez vous essuyer le menton.
— N'importe quoi, répliqua-t-elle en passant cependant une main sur son visage. Et puis ce n'est pas du tout mon type d'homme. Mr Weasley est trop… négligé !
— Si vous le dites.
— Depuis quand êtes-vous amateur de ragots ?
— Depuis que vous en bavez sur les contrats. Ça n'est pas très professionnel. Lui aussi d'ailleurs, il devrait se nettoyer le menton, ajouta-t-il d'un air entendu. On n'a pas idée de produire autant de salive, j'ai cru que nous allions devoir missionner des Elfes pour nettoyer les flaques de bave laissées derrière lui.
— Vraiment ? »
Elle était tellement excitée à l'idée que ce qu'elle ressentait puisse être réciproque !
« Pas votre type d'homme, hein ?
— Qu'est-ce que vous savez de ce que j'aime ? l'interrogea-t-elle d'un air provocateur. Peut-être que mon type d'homme, c'est vous ? »
Il eut une moue dégoûtée.
« Je ne vous laisserai plus sortir de votre bureau quand Mr Weasley sera dans les parages. Vous êtes absolument écœurante. »
Fleur éclata d'un rire si puissant qu'elle songea qu'il avait dû résonner dans une bonne partie des galeries.
(1) Un Augurey est un oiseau de très mauvaise réputation, souvent associé à la mort. On dit qu'il ne sort de sa cachette et ne chante qu'une fois la pluie venue.
(2) On peut imaginer que le rapprochement familial a été un motif évoqué par Bill pour son rapatriement immédiat (par rapport aux conflits avec Percy et les difficultés d'Arthur peut-être?), mais on apprend bien dans le quatrième chapitre de l'Ordre du Phénix (12, square Grimmaurd) qu'il est rentré dans le but de se rapprocher de l'Ordre.
La romance n'est pas vraiment le sujet de cette fiction, mais elle appartient à mon sens pleinement à l'expérience de Gringotts qu'a pu faire Fleur. Et puis j'aime trop ce couple de toute façon niark niark niark.
Que pensez-vous de la solitude de Fleur qu'elle semble finalement apprécier ? Aviez-vous déjà remarqué la mention à Bill dans le chapitre précédent, et vous attendiez-vous à le croiser dans cette fiction ? Que pensez-vous de réactions de Gornuk le rabat-joie : est-ce qu'elles vous amusent, vous agacent ?
J'espère que ça vous aura plu, et si jamais vous avez des remarques, n'hésitez pas ! Je suis vraiment très curieuse de savoir comment ce texte est reçu.
En vous souhaitant une belle journée ou une belle soirée selon l'heure à laquelle vous me lisez, et à très vite !
