Note de l'auteur: Me revoilà (après un délai bien plus long que la normale et je m'en excuse) pour le dernier chapitre des aventures de Jarod & Cie. Bon comme vous vous en êtes sûrement rendus compte, je n'ai jamais réussi à avoir une longueur type pour les chapitres, et je vous préviens tout de suite celui-ci est un des plus courts... Notamment parce que j'ai fais le choix d'en désolidariser le court épilogue dans une logique plus conclusive. Promis cette fois il n'y aura pas de longue attente pour la conclusion, si tout se passe bien ce sera en fin de semaine au plus tard.

Bon allez assez blablaté, bonne lecture!


Contrairement à la bonne humeur, la mauvaise n'est pas communicative et c'est pour ça que malgré son énervement Miss Parker devait supporter les jacasseries incessantes de ses deux compères. Ceux ci étaient tellement contents de voir leur plan réussir qu'ils ne pouvaient s'empêcher de bavarder joyeusement de choses et d'autres. En ce moment ils parlaient avec animation de Nicholas et Jarod – avec son désespérant optimisme – se réjouissait à l'idée de pouvoir les aider à nouer des liens. Tout ça pour dire qu'il était exaspérant lui et ses grands sourires, comment pouvait il avoir l'air aussi heureux alors que sa vie était le scénario parfait d'un roman noir du vingtième siècle… Il ressemblait à un gamin le jour de la rentrée des classes, joyeux, ignorant encore que les sourires les plus gentils cachent les pires trahisons et que l'on peut se retrouver pris au piège de sa propre existence sans jamais pouvoir en réchapper… Il avait encore l'air du petit garçon qu'elle avait connu en somme, et c'était sans doute ça le pire ; voir qu'il avait su rester lui même quand elle s'était complètement transformée au contact de son père. Bon après ça avait ses avantages aussi, elle ne passait pas le plus clair de ses journées à faire mumuse avec des singes en plastique rouge et des maisons pour cafards, elle.

S'allongeant sur une des banquettes elle ferma les yeux et fit semblant de dormir, profitant de la relative tranquillité que sa mise en scène lui procurait – Les deux bavards ayant baissé le volume de leurs voix pour ne pas la déranger. Petit à petit le sommeil la revendiqua réellement et elle plongea dans une torpeur qui ne se dissipa que lorsque les secousses de l'atterrissage se firent sentir. Se redressant immédiatement – Mieux valait être opérationnelle à proximité du Centre – elle regarda par le hublot et ne vit rien d'anormal, la nuit avait étendu son ombre depuis deux heures déjà et la piste d'atterrissage était vierge de toute présence humaine. Se détendant quelque peu, elle ôta la main qui s'était instinctivement déportée sur son arme de la gâchette et observa ses deux coéquipiers. Ils étaient absorbés dans une partie d'échec et Jarod – Après avoir sacrifié son cavalier – prit la dame de Sydney avec son fou, le mettant « échec et mat ». Leur jeu ayant pris fin, ils rangèrent le tout et demandèrent à la jeune femme si elle était bien reposée. Leur répondant d'un hochement de tête elle se leva et, suivie des deux autres, alla jusqu'à la sortie de l'avion qui venait à peine de s'immobiliser. Ils descendirent rapidement et se dirigèrent vers la sortie de l'aéroport. Ils allaient franchir les portes vitrées quand un flash info diffusé sur un écran géant attira leur attention. Le bandeau titrait « Drame à Blue Cove. Les habitants sous le choc, les autorités enquêtent ». S'arrêtant net, ils écoutèrent la présentatrice résumer les faits avec le ton détaché des personnes racontant un événement ne les concernant pas.

- « ...Et les services concernés ont été dépêchés sur place et tentent de faire la lumière sur ce drame. Les habitants de cette petite bourgade située au sud-ouest de Dover sont quant à eux sidérés par cette affaire et s'interrogent beaucoup pour leur sécurité comme en témoigne cette femme, mère de deux enfants et proche résidente du lieu de l'incident. »

Une jeune femme d'une trentaine d'années apparut alors au micro et déclara :

- « Mon mari et moi sommes vraiment abasourdis par cette histoire, je ne sais vraiment pas quoi dire. C'est une petite ville côtière qui a toujours été très tranquille, pas de violence, très peu de vols, jamais nous n'aurions pu imaginer qu'une telle chose pouvait se produire ici, on se sentait en sécurité. Maintenant oui, je suis tourmentée à l'idée de rester chez moi. J'habite en périphérie vous comprenez, à trois cent mètres du grand bâtiment où tout c'est passé et avec toute cette affaire j'ai peur pour mes enfants, je me dis que même chez nous ils ne sont peut-être plus en sécurité. »

L'écran sauta et se retrouva de nouveau sur un plateau de télévision. La présentatrice reprit alors l'antenne et enchaîna du même ton décontracté que précédemment :

- « Ce témoignage poignant nous permet de réellement prendre conscience de l'impact de ce tragique accident, qui devrait sans aucun doute faire frémir toute une tranche de l'Amérique allant jusqu'aux fortunés habitants de l'Upper East Side… Allons désormais faire un tour du coté de Los Angeles où une jeune musicienne a été abattue à la sortie d'une boite de nuit alors qu'elle discutait avec le propriétaire des lieux – un homme dont la réputation sulfureuse n'est plus à faire et qui a, selon toute vraisemblance, miraculeusement survécu à la fusillade. »

Laissant là le journal télévisé, les trois associés se précipitèrent dehors et coururent jusqu'aux taxis, craignant le pire. Le chauffeur qui leur fit face était dans de mauvaises dispositions et dans un premier temps refusa tout de go de les prendre tous les trois. À fleur de peau, l'ex nettoyeuse commença à faire glisser sa main sous sa veste quand Jarod, qui avait compris ses intentions, saisit son poignet et arrêta son geste.

- « Parker ! Non ! Souffla t-il, si tu sors un flingue juste devant un aéroport tu es bonne pour aller faire un tour en salle d'interrogatoire, et nous avec ! Voyant que son argument ne la touchait pas plus que ça il continua dans sa lancée dissuasive, Et dis toi bien que s'ils nous laissent finalement partir c'est Le Centre qui risque de nous récupérer à la sortie, et ce sera la Commission T puis l'accident mortel pour vous. »

Sachant pertinemment qu'il avait raison, elle délaissa à regret son pistolet et les laissa négocier pendant environ vingt-cinq secondes avant que, vaincue par l'impatience, elle ne colle le chauffeur à sa voiture en écrasant son avant bras sur sa trachée ; le menaçant de le découper en tout petits morceaux qu'elle ferait frire avec l'huile du moteur de sa poubelle roulante s'il ne les emmenait pas immédiatement où elle le désirait. Terrifié, le pauvre homme hocha comme il put la tête et alla directement se placer derrière le volant dès qu'elle le lâcha. Lançant un regard victorieux à Jarod qui la regardait l'air de dire « Franchement Parker ? », elle s'installa à coté du chauffeur terrorisé et lui aboya de les emmener à Blue Cove le plus vite possible. Dire qu'il lui obéit au pied de la lettre fut encore un euphémisme tant il s'empressa sur la route menant à la petite ville. Le trajet qui durait en règle générale un quart d'heure fut effectué en moitié moins de temps et lorsqu'ils se firent déposer à quelques rues de leur destination finale, afin de ne pas éveiller les soupçons des sentinelles en arrivant en taxi, ils eurent à peine le temps de descendre du véhicule qu'il repartit en trombe, ne demandant même pas à être payé. Eux même prirent rapidement la direction du Centre, prenant soin d'arriver par la plage, pour rester discrets. Lorsqu'ils atteinrent l'endroit d'où on voyait l'infernale maison de poupées, ils échangèrent un regard chargé d'incompréhension avant de se précipiter en avant et de se figer, muets d'étonnement. En voyant les informations ils s'étaient attendus à tout, sauf à ça.

...

- « Oh mon dieu ! Il va tous nous tuer ! S'exclama Amber.

- Qui ça ? S'enquit Jason avec angoisse.

- Le nettoyeur, répondit sobrement le Major Charles, à coté de la petite, celui qui nous tire dessus avec un lance-rocket. »

Il allait ajouter quelque chose quand soudain un fracas encore plus impressionnant retentit et qu'il vit le bâtiment se mettre à trembler sur lui même. Signifiant aux autres de s'arrêter, tous se retournèrent et virent de leur propres yeux l'immense bâtisse s'effondrer sur elle même jusqu'à n'être plus qu'un énorme cratère emplit de gravats fumants. Sous le choc, ébahis, sans voix, ils se regardèrent, incapables de comprendre ce qu'ils voyaient. C'était tout bonnement impossible, le lieu maudit qui avait gâché leurs vies durant des années ne pouvait pas avoir disparu comme ça, en un instant. Et pourtant c'était le cas. Ils fixèrent longtemps ce qui ressemblait ni plus ni moins à un trou dans le monde pour eux, jusqu'à ce que les sirènes de la police ne les sortent de leur état presque catatonique et ne les pressent à décamper. Ils se rendirent dans un petit restaurant à la sortie de la ville tenu par un afro-américain dont le talent pour la cuisine n'avait d'égal que sa sensibilité et que les enfants adorèrent immédiatement. Le plus âgé d'entre eux se rappelait vaguement du monde extérieur mais les autres vécurent ce repas comme une folle et merveilleuse aventure. À la fin de ce dernier, les voix d'Ethan se manifestèrent de nouveau et lui dire de retourner sur l'emplacement du Centre, qu'il y retrouverait des personnes chères à son cœur là bas. Faisant passer le message à son père ils reprirent immédiatement le chemin y menant et y arrivèrent en dix minutes. Faisant descendre tout le monde de la camionnette, ils s'approchèrent du cordon de police lorsqu'ils repérèrent dans la lueur des gyrophares deux têtes bien connues.

Heureux de les retrouver, Ethan couru dans leur direction en criant leurs noms et les serra dans ses bras avec soulagement ; après tout ils auraient très bien pu se trouver à l'intérieur du bâtiment eux aussi. Le Major Charles offrit à son tour une accolade chargée d'émotions à son premier fils avant de serrer la main – après quelques hésitations – aux deux autres. N'y tenant plus Jarod leur demanda s'ils savaient ce qui c'était passé :

- « Nous n'en avons pas la moindre idée, nous venions à peine de sortir avec les enfants quand tout s'est effondré sans raison. Au début on n'arrivait pas à en croire nos yeux tellement ça nous paraissait impossible mais… c'est bien réel, c'est fini.

- Fini… répéta le Caméléon, fini ! Ça y est, on est libre ! »

Entraîné par son euphorie il prit son père et ses frères dans ses bras, puis vint le tour de Sydney et Angelo qui lui rendirent son étreinte avec joie. Miss Parker quant à elle fit un pas en arrière, dans le but de se soustraire à cette démonstration d'affection, mais loin d'être découragé il se contenta de la soulever par la taille et de la faire tournoyer avec un rire heureux. Lorsqu'il la reposa au sol, il la regarda quelques instants dans les yeux avant de déposer soudainement ses lèvres sur les siennes. Il se recula ensuite légèrement et comme tout le monde – les enfants y compris – aurait pu le prédire ; une main s'abattit violemment sur sa joue.


J'aimerai faire passer un message, on ne vous le dira jamais assez, une petite review fait toujours plaisir. Il n'y a rien de pire que de voir qu'il y a de la fréquentation dans les stats sans avoir le moindre retour... alors quand vous lisez une fic, s'il vous plaît, prenez toujours le temps de mettre un petit mot, même si c'est juste pour dire "J'aime" ou "J'aime pas"... Ça compte pour les auteurs ;)