Coucou les loulous,

Je reviens avec un nouvel OS bien plus long que mes précédents, il m'a donné du fil à retordre à écrire lol

Je mets juste en garde sur le fait qu'il comporte un passage assez violent.

Merci pour vos gentils commentaires, même s'ils sont peu nombreux, c'est toujours un plaisir d'avoir vos retours sur mes histoires. 😊

Bonne lecture !


- Alors ça t'a plus cette conférence sur l'intelligence artificielle? demanda Walter tout sourire en sortant de l'Académie des Sciences, suivi par Paige.

- Eh bien je dois avouer que oui. Tu sais que je suis toujours partante pour découvrir de nouvelles choses et le professeur Wilson était passionnant. Sans compter qu'il a un physique charmant, ça rend le tout beaucoup plus intéressant, taquina Paige.

L'enthousiasme de Walter se fana à ces derniers mots.

- Je ne savais pas que tu avais un faible pour les hommes d'âge mûr avec une calvitie bien avancée... répondit-il en essayant de cacher sa jalousie.

Elle éclata de rire en voyant la tête renfrognée de son homme. Il tombait à chaque fois dans le piège et elle devait bien avouer qu'elle adorait le rendre jaloux.

- Walter détends-toi je plaisante, tu sais très bien que je n'ai d'yeux que pour un seul homme et il est juste en face de moi.

Sur ces mots, elle passa ses bras autour de son cou et scella leurs lèvres dans un doux baiser. Quand ils se séparèrent, un sourire s'étirait de nouveau sur les lèvres de Walter.

- Tu noteras quand même que je n'aime pas trop quand tu joues avec mes émotions comme ça.

- Dixit le génie au faible quotient émotionnel, blagua Paige avec un sourire mi-malicieux, mi-satisfait.

Il sourit affectueusement à son comportement enfantin et caressa tendrement sa joue en contemplant les traits angéliques de son visage. Il ne pensait pas que c'était possible et pourtant chaque jour il tombait un peu plus amoureux d'elle.
Elle ferma les yeux, savourant la douceur de sa main sur sa joue. Quand elle les rouvrit, elle se perdit dans la chaleur de ses yeux noisette et son cœur gonfla sous l'intensité du regard qu'il lui lançait.

Un grognement en provenance du ventre de Paige les fit sortir de leur bulle.

- Et si on allait manger un bout, je meurs de faim !

Sur ces mots, elle le prit par la main et l'entraîna avec elle en se faufilant dans les rues bondées du centre-ville.

La nuit était déjà tombée quand ils s'arrêtèrent dîner dans un restaurant qui avait trouvé grâce aux yeux de Paige, contrairement aux dix autres précédents qu'ils avaient croisés.

Durant le repas, Walter n'arrêtait pas de disserter à propos de la conférence. Ça partit de « tu ne te rends pas compte cet algorithme va permettre d'accélérer le déploiement d'une technologie universelle... » et « tu savais que grâce à une approche fondée sur le deep learning, des chercheurs ont appris à l'intelligence artificielle à reconnaître automatiquement certaines maladies... ». Paige l'écoutait parler, désormais habituée à ce flot de paroles scientifiques qui ne s'arrêtait jamais vraiment et dont elle ne saisissait pas toujours tous les mots. Qu'importe, elle aimait ces moments passés avec Walter. Elle savait dès le début dans quoi elle s'engageait avec lui et que leur relation serait différente de toutes celles qu'elle avait connues auparavant.
Aujourd'hui, elle ne regrettait en aucun cas son choix. Walter était unique et spécial de la plus belle des manières et elle l'aimait tel qu'il était (même si des fois, elle devait avouer qu'il avait le don de la rendre complètement folle). À cette pensée, un sourire se dessina sur ses lèvres.

Alors qu'il continuait de parler, elle laissa ses yeux s'attarder sur lui... Elle aimait tant son magnifique sourire qui illuminait son visage et faisait ressortir ses pommettes, ses yeux qui se mettaient à briller quand il parlait d'un sujet qui le passionnait, ses adorables petites boucles brunes qui lui tombaient légèrement sur le front, et ses lèvres... mon Dieu qu'elles étaient attirantes... Elle avait tellement envie de les embrasser et de les mordiller...

- Paige, t'es encore avec moi là ? s'inquiéta Walter en posant sa main sur la sienne.

- Désolée, je me suis perdue dans mes pensées, répondit-elle en sursautant, essayant de reprendre une certaine contenance. Elle lui sourit affectueusement avant d'entrelacer ses doigts avec les siens.

- Excuse-moi, je t'ennuie avec mes histoires... marmonna-t-il nerveusement.

Elle décela un bref instant un mélange d'incertitude et de crainte passer dans le regard de Walter. Paige connaissait ce regard, elle sentit son cœur se serrer. Elle savait qu'il avait toujours cette peur qu'elle s'ennuie avec lui et qu'elle finisse par le quitter. Elle caressa doucement ses doigts sous les siens et se pencha pour l'embrasser tendrement, essayant de faire passer tout l'amour qu'elle avait pour lui dans ce baiser.

- Hey ne t'inquiète pas, pour tout t'avouer c'est toi qui m'a distraite... Ça devrait être interdit d'être aussi séduisant, comment veux-tu que je reste concentrée ?

Un sourire gêné apparut sur le visage de Walter. Même après plusieurs mois de relation, il n'arrivait toujours pas à croire que ce genre de compliments de la part de Paige lui était destiné et qu'il avait la chance de sortir avec la femme la plus merveilleuse qui soit.
De son côté, Paige fit taire ses propres craintes qu'un jour ce soit lui qui la quitte pour une femme à la hauteur de son intelligence...

Sur le retour vers leur voiture, ils flânèrent main dans la main dans les rues désormais pratiquement désertes à cette heure tardive, savourant la douce chaleur de ce mois de juillet. Le ciel était clair, dévoilant une centaine d'étoiles que Walter se fit un plaisir de faire découvrir à Paige.

C'est alors que deux hommes visiblement ivres les interpellèrent.

- Eh mec ! Elle est bonne ta copine, surtout son joli p'tit cul... J'en ferais bien mon dessert pour ce soir.

Les deux hommes rigolèrent en buvant leur bouteille de bière et s'approchèrent d'eux pour leur barrer la route. Walter sentit la haine gronder au fond de lui à ces paroles et il détestait le regard de prédateur qu'ils avaient envers Paige. Il se mit instinctivement devant elle pour la protéger et prit sur lui pour leur répondre calmement et ne pas empirer la situation.

- Écoutez on ne cherche pas de problème, il est tard on veut juste rentrer chez nous.

- J'crois qu'on s'est pas bien compris, en fait on te demandait pas ta permission. Vous êtes dans notre quartier ici et c'est nous qui établissons les règles. Et j'ai décidé que ce soir j'allais baiser ta pute, cracha le plus grand des deux en regardant Walter droit dans les yeux.

Sur ces mots, Paige se colla un peu plus dans le dos de son homme, sentant une bouffée d'angoisse monter en elle. Walter lui bouillonnait intérieurement et bien qu'il détestait la violence, il n'avait qu'une seule envie, c'était d'encastrer cette ordure dans un mur. Malheureusement, il était très loin d'être bon au combat et même si Cabe lui avait appris quelques coups, il ne ferait jamais le poids face à deux hommes assez baraqués.

Il cria à Paige de courir alors qu'un des hommes bondit sur lui, l'attrapant violemment par son col de chemise. Paige n'eut pas le temps de bouger que l'autre homme l'avait déjà agripper par le bras avant de la plaquer contre le mur.
Walter tenta de s'extraire de la poigne qui le maintenait fermement, il donna un grand coup de genou dans le ventre de son agresseur, qui lâcha prise sous la douleur. Il courut alors vers Paige pour l'aider mais fut vite rattrapé par derrière, deux bras encerclèrent son cou et le jetèrent brutalement au sol. Il n'eut pas le temps de réagir que le premier coup de poing tomba, frappant durement sa joue, puis un deuxième s'en suivit dans sa mâchoire. Son tortionnaire continua à le ruer de coups au sol pendant un temps qui lui parut interminable. Les coups de pieds étaient tellement violents que Walter avait le souffle coupé et il sentit plusieurs de ses côtes se casser. Il cria sous la douleur qui martelait son corps de toutes parts, essayant tant bien que mal de se protéger le visage.

- Je t'avais prévenu mon gars c'est moi le chef ici, faut pas me chercher ! fit l'homme en lui assénant un dernier coup dans le ventre.

Paige hurlait, se sentant tellement impuissante face à la scène qui se jouait devant elle, c'était insoutenable à regarder. Elle se débattait de toutes ses forces mais le deuxième homme la tenait fermement par les poignets et l'a bloquait de tout son corps.

- T'inquiète pas ma jolie, on va bientôt s'occuper de toi, ricana-t-il, l'haleine gorgée d'alcool à quelques centimètres de son visage.

Elle eut un haut le cœur et un frisson d'horreur parcourût tout son corps à ces dernières paroles. Il fallait absolument qu'elle trouve une solution pour les sortir de là tous les deux. Tout ça ne pouvait pas être en train d'arriver, c'était un cauchemar, ça ne pouvait pas être réel !
Elle vit l'autre homme abandonner Walter à moitié inconscient et venir vers elle, un sourire carnassier accroché au visage... Elle ferma les yeux et pria pour qu'un miracle se produise.

À moitié sonné, Walter essaya de se relever mais sa tête bourdonnait terriblement et son corps meurtri refusait de bouger. Il grimaça au goût métallique du sang qui se répandait dans sa bouche. C'est alors qu'il entendit Paige crier son nom à plusieurs reprises. Il tourna la tête et vit les deux hommes sur elle, la tripotant vulgairement et commençant à arracher son haut. Les voir s'en prendre à elle de cette façon était la pire des tortures pour lui.
Le sang de Walter bouillonna dans ses veines, la fureur et la haine prirent possession de lui. Il se releva en chancelant, ignorant l'immense douleur qui pulsait dans chacun de ses membres et attrapa une des bouteilles de bière laissée à l'abandon. Il la brisa au sol et s'empara d'un tesson de verre pour s'en faire une arme. Plus rien ne comptait à part Paige, quoi qu'il arrive il ferait tout pour la sauver.

Il s'approcha par derrière sans bruit et planta d'un coup le morceau de verre dans le dos du premier mec qui hurla et s'écroula à terre, paralysé par la douleur. Il se tourna alors vers l'autre homme, il l'attrapa par la gorge en le plaquant durement contre le mur et le regarda droit dans les yeux.

- Touche-la encore une fois et t'es un homme mort.

Sa voix était rude et grave comme il ne l'avait jamais entendu. L'homme sortit en réponse un couteau de sa poche. Ça, Walter ne l'avait pas vu venir... Il lâcha sa prise et s'écarta en arrière d'un geste vif.

- T'en veux encore on dirait, la raclée que je t'ai mise tout à l'heure t'a pas suffit ? Grogna l'homme en pointant son arme vers lui.

Walter attrapa le couvercle d'une poubelle à côté de lui comme bouclier pour se protéger, alors que son attaquant le chargeait avec son couteau. Malgré le fait qu'il avait énormément de mal à bouger, il réussit à esquiver plusieurs fois la lame qui sifflait dans l'air. Dans un geste calculé, Walter réussit à déséquilibrer son assaillant et à le faire tomber à terre. Il se jeta alors sur lui au sol et essaya de le désarmer, mais étant loin d'être au mieux de sa forme, l'autre homme en profita pour prendre le dessus et inverser leur position.
Soudainement, Walter sentit la froideur d'une lame traverser la chair de son ventre. Son cri de souffrance déchira le silence de la nuit, suivi par celui horrifié de Paige qui lui fit écho. Il sentit le sang s'échapper de son corps et couler le long de ses flancs. Sa respiration se bloqua dans ses poumons alors que la lame fût retirée brusquement de son corps par son agresseur qui arborait un sourire victorieux. Il lutta pour rester conscient, il ne pouvait pas se permettre de perdre connaissance car il fallait à tout prix qu'il protège Paige. Malgré sa combativité, il sentit ses forces le quitter peu à peu. C'est alors qu'il vit l'homme au-dessus de lui s'écrouler dans un bruit sourd...

Durant leur lutte, Paige avait eu la bonne idée de partir fouiller le sac à dos d'un des deux hommes à la recherche d'une arme, ou n'importe quoi qui aurait pu les aider. Elle tomba alors sur une batte en fer et s'en saisit au moment où l'homme planta son couteau dans le ventre de Walter. Elle hurla à cette vue, son cœur se brisant en mille morceaux. Elle ne réfléchit pas une seconde de plus, elle leva la batte et cogna de toutes ses forces la tête de cet enfoiré. Il tomba instantanément comme une masse au sol. À ce moment, elle se foutait de savoir si elle venait de tuer ce monstre ou s'il était juste assommé, elle ne pensait plus qu'à Walter.

Elle se précipita aux côtés de Walter et utilisa son écharpe pour comprimer la plaie avec sa paume de main et essayer de stopper l'hémorragie. Le brevet de secourisme qu'elle avait passé il y a quelques années aura au moins servit à quelque chose, même si elle aurait préféré ne jamais s'en servir. Elle entendit au loin le son de sirènes venir dans leur direction, un voisin avait sûrement dû donner l'alerte.

- Tiens le coup mon cœur ça va aller, les secours arrivent, fit-elle en caressant doucement la joue de Walter de sa main libre.

Son corps tout entier tremblait, submergé par la peur et le désarroi qui s'emparaient d'elle à ce moment. Des larmes ruisselaient sur ses joues alors que son coeur se brisa un peu plus à la vue du visage tuméfié de Walter. Un de ses yeux était boursouflé et bleuté et de longues traînées de sang coulaient de son nez et de son arcade. Le regard brumeux et lointain de Walter trouva le sien. Il essaya faiblement de lever sa main vers le visage de Paige et ouvrit la bouche pour parler, mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge.

- Chut je suis là chéri, reste calme, il faut que tu économises tes forces... fit-elle en attrapant sa main et en déposant un baiser dessus. Elle essayait de rester forte pour lui mais intérieurement elle était terrifiée. Elle avait tellement peur pour lui, tellement peur qu'il ne s'en sorte pas... Elle n'arrivait même pas à imaginer cette éventualité, c'était impossible.

Walter serra doucement sa main, soutenant toujours son regard et lui murmura « je t'aime » dans un dernier souffle, avant que ses paupières se ferment lentement.

- Non ! Walter je t'en supplie me laisse pas ! Cria-t-elle en se jetant dans ses bras et en le serrant désespérément contre elle. Dans sa détresse, elle ne prêta même pas attention à la police et au SAMU qui venaient d'arriver à toute allure. À l'intérieur d'elle, tout n'était plus qu'un immense trou noir.

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Walter se réveilla difficilement, son cerveau était engourdi et confus et son visage était terriblement endolori. Il tenta d'ouvrir les yeux mais ses paupières étaient lourdes, comme si deux encres y avait été accrochées, il avait beau essayer, il n'arrivait pas à les soulever.
Pourquoi se sentait-il si mal et si épuisé ? Il avait l'impression qu'il pourrait dormir cent ans.

Il prit alors conscience de son environnement. Il n'était définitivement pas dans son lit, le matelas était bien plus dur qu'à l'accoutumé, une odeur de désinfectant flottait dans l'air et il entendit le bip régulier d'une machine à côté de lui... Tous ces indices le menèrent à la conclusion évidente qu'il était dans une chambre d'hôpital, mais pourquoi ? Il tenta de rassembler ses derniers souvenirs mais son esprit embrumé était loin d'être aussi coopératif que d'habitude.

Il essaya de bouger mais une vive douleur en provenance de ses côtes et de son ventre lui fit arrêter tout mouvement. C'est alors que des bribes de souvenirs lui revint brutalement en mémoire... Les coups qui s'abattaient sur son corps, le visage terrifié de Paige sous ces mains qui violaient son intimité, la lame qui s'enfonçait dans son ventre... Tous les morceaux du puzzle s'imbriquèrent les uns avec les autres. Son esprit se focalisa alors sur Paige. Où était-elle ? Est-ce qu'elle allait bien ? Il se souvenait vaguement qu'elle avait frappé la tête de l'homme qui essayait de le tuer, mais après tout était flou. Sous l'inquiétude grandissante, son cœur commença à s'emballer tout comme le monitoring qui contrôlait son rythme cardiaque.
À l'entente de ce son, il sentit quelqu'un bouger brusquement à sa gauche puis il entendit une voix... une voix qu'il aurait pu reconnaître entre mille... Paige était à côté de lui. Il pouvait maintenant sentir son doux parfum de lavande venir chatouiller ses narines. Elle était saine et sauve et c'était le plus important.

- Walter tu m'entends ?

La voix de Paige semblait à bout de souffle et plus aiguë que d'habitude. Il sentit sa main douce et chaude venir prendre la sienne. Il se détendit immédiatement à ce contact et son rythme cardiaque redescendit lentement à la normal.

- Mon cœur si tu m'entends, ouvre les yeux.

Face à l'anxiété qu'il perçût dans sa voix, il se força péniblement à ouvrir les yeux. Il grimaça de douleur, son œil droit ne s'ouvrait qu'à moitié à cause du gonflement de sa paupière. Tout semblait flou autour de lui, la pièce était plongée dans la pénombre, uniquement éclairée par la lueur de la lune qui passait à travers la fenêtre. Il battu plusieurs fois des paupières, sa vision devint plus nette et s'habitua à cette semi-obscurité. C'est alors que son regard se posa sur Paige, assise à ses côtés et tenant fermement sa main.

- Hey comment tu te sens ? Fit-elle en déposant un doux baiser sur son front et en passant une main à travers ses cheveux bouclés.

Il décela la nervosité dans sa voix, bien qu'elle essayait de la cacher derrière un sourire.

- J'ai connu des jours meilleurs, plaisanta-t-il en lui souriant, sa voix légèrement rauque et cassée à cause de sa gorge sèche.

Malgré la faible luminosité, il discerna le visage fatigué et marqué de Paige. Elle semblait ne pas avoir dormi depuis une éternité, ses yeux étaient cernés et rougis, sa peau était plus pâle que d'ordinaire et ses cheveux étaient en bataille.
Il leva doucement sa main et caressa sa joue. Elle se nicha un peu plus dans la chaleur de sa paume et des larmes commencèrent à couler sur son visage.

- Paige ne pleure pas, tout va bien...

Il détestait la voir pleurer et le fait qu'elle semblait être si détruite à ce moment. Il la tira délicatement vers lui en faisant attention qu'elle ne s'emmêle pas dans tous les fils qui étaient accrochés à son bras. Elle grimpa à ses côtés dans le lit et se blottit dans ses bras, la tête au creux de son cou.

- Je sais, j'suis désolée... c'est juste que... j'ai cru que je t'avais perdu à tout jamais. Quand les secours sont arrivés, ton cœur ne battait plus et ils... ils ont mis un temps qui m'a parût une éternité pour te réanimer. S'il t'était arrivé quelque chose, je ne m'en serais jamais remise...

Ses larmes redoublèrent d'intensité. Il la serra fort contre lui, embrassant son front.

- N'y pense plus c'est fini, je suis là maintenant, fit-il une boule dans la gorge, les larmes commençant aussi à lui monter aux yeux. Tu ne me perdras jamais, j'te le promets...

Ils restèrent dans les bras l'un de l'autre durant de longues minutes, sans prononcer un mot. Paige avait sa main posée sur le cœur de Walter comme si elle écoutait le rythme de ses battements pour se rassurer qu'il était bien en vie.
Il s'en voulait terriblement pour tout ce qu'elle avait subi, s'ils n'étaient pas aller à cette foutue conférence, rien de tout cela ne serait arrivé.

- Je suis désolé... murmura Walter s'en même s'en rendre compte.

- Désolé de quoi ? demanda Paige, ne semblant pas comprendre où il voulait en venir.

- Désolé pour tout ça, tout est de ma faute. C'était mon idée qu'on aille à cette conférence... et surtout je... je n'ai pas réussi à te protéger...

La voix de Walter craqua légèrement en prononçant ce dernier mot.

Paige se décala légèrement pour pouvoir le regarder dans les yeux. Elle détesta la culpabilité qu'elle lut dans son regard. Elle se pencha et colla son front contre le sien.

- Walter ce n'est en aucun cas de ta faute, en fait ce n'est la faute de personne. Et je te rappelle que tu m'as sauvé la vie... Malgré ton état et tes blessures, tu t'es relevé et battu pour moi, c'est bien plus que n'importe qui aurait fait, le rassura-t-elle en caressant ses joues de ses pouces.

- J'aurais fait n'importe quoi pour toi... souffla-t-il, mais c'est toi qui m'as sauvé la vie, tu as pris de gros risques pour venir à mon secours alors que cet homme était armé. Tu as été incroyablement courageuse, murmura-t-il contre ses lèvres.

- Et toi aussi, je t'interdit de penser le contraire. Tu es l'homme le plus courageux que je connaisse et je ne veux plus jamais t'entendre dire que ce qui nous est arrivé est de ta faute.

Sur ces mots, elle captura ses lèvres dans un tendre baiser. Walter sentit un frisson parcourir tout son corps alors que les lèvres de Paige se mouvaient à la perfection sur les siennes. Il laissa ses tourments de côté et approfondit le baiser, alors que Paige agrippait ses cheveux et glissait délicieusement sa langue entre ses lèvres. Il remonta une main dans sa nuque pour la tirer encore plus contre lui, laissant leurs langues se mêlaient dans une danse sensuelle qui lui faisait doucement perdre pied. À ses mouvements, la douleur dans son abdomen se réveilla furieusement, mais ça n'avait aucune importance tant que Paige continuait à l'embrasser comme ça... Le baiser n'avait plus rien de doux, il était passionné, enflammé... il était devenu comme un besoin vital pour eux deux.

Il se séparèrent à bout de souffle, les joues rougies et le coeur battant. Le monitoring à côté d'eux s'était lui aussi emballé et bipait à un rythme effréné. Ils échangèrent un regard complice et rigolèrent.

- Il vaudrait mieux qu'on se calme si on ne veut pas qu'une ruée de médecins débarquent pour vérifier que tu vas bien, blagua Paige en l'embrassant une dernière fois au creux des lèvres.

Elle se leva du lit et se réinstaller dans le fauteuil à côté. Elle attrapa la petite bouteille d'eau posée sur la table de nuit et lui tendit.

- Tiens chéri, bois un peu d'eau ça va te faire du bien.

Il la remercia et se redressa légèrement, grimaçant sous la douleur qui s'était réveillée dans son corps. Il avala d'un trait la bouteille d'eau, le liquide frais glissant le long de sa gorge sèche était effectivement le bienvenu.

- Combien de temps suis-je resté inconscient ? demanda-t-il en observant la lune par la fenêtre.

- Environ une journée. A cause de ta blessure au ventre, tu as perdu beaucoup de sang, ce qui a entraîné un choc hémorragique et un arrêt cardio-respiratoire... Après t'avoir réanimé, les médecins ont dû t'opérer en urgence et te faire une transfusion sanguine. Ils nous avaient dit que si tout allait bien tu mettrais entre 24 et 48h pour te réveiller, donc c'est plutôt une bonne chose.

Walter passa sa main sur le large pansement qui entourait sa taille et observa la multitude d'hématomes qui ornaient son buste, dont un particulièrement foncé et étendu sur son flanc gauche.

- Tu as trois côtes de cassées, l'infirmière a dit que tu devais faire très attention à ne pas faire de gestes brusques, ni d'efforts et tu dois impérativement rester couché le temps que tes os se reconsolident.

Il hocha la tête pensivement, il savait qu'il en aurait pour au minimum un mois et demi le temps que ses côtes se rétablissent complètement. Sans compter sa blessure au ventre... Il soupira, sachant qu'il ne pourrait ni travailler sur les missions à venir avec l'équipe, ni avancer dans ses projets scientifiques. Il détestait l'idée de rester allonger toute la journée à ne rien faire.

Voyant sa tête dépitée, Paige ajouta :

- Ne t'inquiète pas je serais là pour veiller sur toi et t'aider du mieux que je peux. Je serais ton infirmière personnelle, fit-elle avec un clin d'œil et un sourire coquin.

Walter ne put s'empêcher d'imaginer Paige en tenue d'infirmière... Tout bien réfléchit, il n'y avait pas que des mauvais côtés à être en convalescence.

Il laissa son regard vagabonder dans la pièce et ses yeux furent alors attirés par plusieurs BD Super Fun Guy posées sur une chaise. Un large sourire s'étira sur ses lèvres, ils savaient que ses amis étaient passés par là.

Paige suivit son regard et sembla lire dans ses pensées.

- Toute l'équipe a passé la journée ici à tes côtés. Quand ils ont su ce qui était arrivé, ils m'ont tout de suite rejoint à l'hôpital. Je savais qu'avec eux à tes côtés, tu ne risquais plus rien. Heureusement qu'ils étaient là, sans leur soutien je me serais complètement effondrée...

Sentant la tristesse dans sa voix, Walter prit sa main et déposa un doux baiser sur sa paume. Il ne pouvait même pas envisager dans quel état il aurait été si les rôles avaient été inversés et qu'elle avait failli mourir...
Paige sourit à ce geste et entrelaça leurs doigts avant de continuer.

- Ça a été très dur pour Ralph aussi, tu sais à quel point il est attaché à toi, il n'a pas lâché une seconde ta main tout le temps qu'il était là.

Walter eut un sourire tendre, lui aussi était très attaché au garçon. Pour lui, il était comme son fils.

- Ils ont dû tous partir à 19h car les visiteurs n'étaient plus autorisés. L'infirmière a eu un mal fou à les mettre à la porte tant ils ne voulaient pas te laisser, rigola-t-elle. Je suis la seule à avoir eu le droit de rester à tes côtés pour la nuit. J'ai donc confié Ralph à Sylvester et je leur ai dit que je veillerai sur toi et que je les appellerai au moindre problème.

Walter les imagina tous là autour de lui pour le soutenir et cette pensée lui fit chaud au cœur. Il était heureux d'être si bien entouré, il avait trouvé en eux une vraie famille.

Il bâilla, sentant la fatigue revenir au galop et ses yeux commencèrent à papillonner malgré lui.

- Maintenant il faut que tu te reposes, tu en as besoin, fit-elle en l'aidant à se rallonger confortablement.

Elle se pencha pour remonter le drap sous son menton et caressa sa joue au passage. Elle s'immobilisa alors quelques instants, sans dire un mot, semblant contempler son visage. Soudainement et avec une infinie douceur, elle fit courir ses lèvres sur sa peau, telle une légère caresse. Elle déposa des baisers sur chaque parcelle de son visage meurtris, comme si elle voulait effacer les stigmates de la nuit dernière. Walter frémit sous ce contact aussi doux et léger qu'une plume. Il pouvait sentir le souffle chaud de paige chatouiller sa peau et enflammer tous ses sens.
Il ferma les yeux sous l'émotion qui s'emparait de lui, il avait l'impression que des centaines de papillons s'envolaient dans son ventre. Elle en profita pour déposer délicatement un baiser sur chacune de ses paupières. Quand il rouvrit les yeux, il tomba nez à nez dans les siens. Il y avait une telle intensité dans son regard, un mélange d'amour et de tendresse, que le cœur de Walter rata un battement. Malgré le fait qu'il était défiguré et sûrement monstrueux à voir, Paige le regardait comme s'il était la huitième merveille du monde.
Elle termina son chemin sur ses lèvres, qu'elle effleura du bout des siennes. Walter n'en pouvait plus, il captura la bouche de Paige avec passion, caressant délicieusement sa lèvre inférieure entre les siennes. Elle gémit légèrement au dessus-de lui et répondit ardemment au baiser. Elle le rendait complètement dingue, l'embrasser était la chose la plus addictive qu'il n'ait jamais connu.

Elle mit fin au baiser bien trop tôt au goût de Walter qui grogna à cette perte soudaine.

- Même si j'aimerais continuer à t'embrasser durant des heures, il faut que tu dormes... insista-t-elle en riant devant la mine triste de Walter.

Il soupira, résigné, bien que la fatigue se faisait de plus en plus présente.

- D'accord... mais tu veux bien revenir t'allonger près de moi ? Demanda-t-il presque timidement en prenant sa main.

Paige sentit son cœur fondre à cette demande si attendrissante.

- Bien sûr mon cœur.

Alors qu'elle se glissait dans le lit pour venir se blottir contre lui, il l'encercla de ses bras en soupirant de contentement et déposa un baiser dans ses cheveux. Paige l'embrassa dans le cou, avant d'y enfouir son visage en respirant son odeur.

- Je t'aime, souffla Walter à moitié endormi.

Paige eut un flash-back de la dernière fois qu'il avait prononcé ces mots, alors qu'il était à terre et sur le point de mourir. Son ventre se tordit douloureusement et elle secoua la tête pour dissiper cette image, elle ne voulait plus jamais y penser... Elle le serra plus fort contre elle et murmura :

- Je t'aime tellement...

Elle bâilla à son tour et ferma les yeux, l'angoisse de ces dernières heures l'avait complètement épuisée. Elle se laissa bercer par le bruit de la respiration paisible de Walter et s'endormit doucement dans la chaleur de ses bras.