notes : Bon, j'aurais mis 2 semaines à le poster, ce chapitre, pas trois comme pour le 8... on y croit, je peux réussir à revenir à un chapitre par semaine ( mais n'y croyez pas trop quand même, c'est les vacances scolaires, du coup les horaires de la patinoire sont chamboulés, ça va me perturber dans ma routine et dans mon écriture ! ( si, cette excuse est totalement valable xD ) )


Une fois rentré chez lui, Sephiroth déplia aussitôt un des lits parapluies à côté de son canapé, afin d'y coucher les deux petits somnolents.

Inutile d'installer les deux lits, pensa-t-il. Dans une heure je devrais rendre les enfants, de toute manière…

— Tsss, c'était bien la peine d'acheter tout ce matériel… Qu'est-ce qui m'est passé par la tête d'imaginer que je pourrais les garder avec moi. À moins d'un miracle, je n'aurais jamais aucun droit sur ces gosses…

Il avança une main dans le lit et caressa doucement la tignasse rousse de petit Genesis, lequel, à moitié endormi, agita mollement ses bras et bailla en émettant un petit bruit qui fit fondre le cœur de l'argenté.

— Un miracle... répéta-t-il, maussade.

Il s'installa dans son sofa ou il passa tout son temps à regarder les jumeaux dormir, tandis que son cerveau – et ce malgré ces nombreuses tentatives pour penser à autre chose - s'obstinait à explorer les possibilités de pouvoir les garder avec lui.

— Arrête de te faire du mal… se réprimanda-t-il, secouant la tête dans l'espoir de chasser ces pensées. Ça ne sert à rien de chercher. Je pourrais y réfléchir autant que je veux, aucun plan ne pourra faire de moi leur père biologique…

En prononçant ces mots, l'image de Genesis s'imposa à son esprit, parant aussitôt son visage d'une grimace désagréable. Le roux avait beau être l'un de ses seuls amis, pour l'heure Sephiroth était beaucoup trop amer pour le considérer autrement que comme un obstacle à son envie viscérale de paternité.

Alors que l'heure de répit allouée par Angeal touchait à sa fin, l'argenté n'aurait pas su dire si elle était passée trop vite ou trop lentement tant les sentiments se contredisaient en lui. D'une part, il aurait souhaité que le temps se fige pour profiter à loisir des jumeaux, mais de l'autre, il n'en pouvait plus d'attendre que la discussion arrive, afin d'enfin savoir ce qu'il allait advenir d'eux.

Au sortir de l'ascenseur de sa résidence, Genesis râlait. Et à dire vrai, depuis l'annonce d'Angeal, il n'avait cessé de râler sans discontinuer, ne prenant pas même de pause, ne serait-ce que pour respirer.

— Et voilà ! s'écriait-il, à l'adresse d'un Angeal blasé. On est arrivé, maintenant ! Alors, tu vas la cracher ta pastille ? Pourquoi ce rendez-vous ici ?

— Tu permets qu'on soit entrés chez Sephiroth, oui ? Ça ne va pas te tuer d'attendre 30 malheureuses secondes de plus, si ? soupira le brun, indiquant la porte de chez l'argenté, à une vingtaine de mètres.

Genesis renifla avec dédain.

— Non mais qu'est-ce que tu crois ? Que je suis à ta disposition quand tu le désires ? Tu ferais mieux de te montrer au moins un peu reconnaissant que j'ai accepté de te suivre ! Je te signale que je suis un homme occupé, moi !

Angeal leva les yeux au ciel.

— Hé ! Je t'ai vu, tu sais !

— Moi aussi ! répliqua le brun. J'ai bien vu à quel point tu étais occupé quand je t'ai retrouvé à la tour, tout à l'heure, en train de proposer un resto à cette cadre des ressources humaines.

— Ce… ça n'a rien à voir. C'était parfaitement professionnel ! Et puis je rentre à peine de mission, tu sais comment c'est ! Je dois taper mon rapport et… tout un tas d'autres choses... Je n'ai pas une minute à moi ! Donc je te fais une grosse fleur, là, tu t'en rends bien compte ? Toi qui n'as même pas pris 5 secondes pour me féliciter à mon retour !

Devant l'air parfaitement sérieux de son ami d'enfance, Angeal se demanda un instant s'il devait rire ou pleurer, et leva les yeux de plus belle.

— Et... tu es au courant que tu viens de perdre volontairement une minute de ton si précieux temps pour me dire ça ? fit-il remarquer.

Ne lui laissant pas le loisir de répliquer, il le doubla dans le couloir et gagna en vitesse la porte de chez l'argenté.

— Je t'assure que cette discussion ne sera agréable pour personne, alors rend nous service à tous les trois et essaie de ne pas entrer chez Seph en gueulant, d'accord !

Tout comme dans le hall de la tour un peu plus tôt, l'air qu'affichait le jeune homme le dissuada de répondre. Aussi, tout en se demandant d'où son ami tirait sa soudaine capacité le réduire au silence, Genesis s'approcha de la porte à son tour. Cela dit, il ne comptait pas le laisser s'en tirer à si bon compte, et une fois cette histoire de discussion réglée, il entendait bien prendre Angeal entre quatre yeux pour lui signifier qu'il n'appréciait que moyennement sa méthode visant à le faire taire. Il en était là de sa réflexion lorsque l'argenté – pas vraiment en meilleur état qu'une heure auparavant – leur ouvrit la porte, la mine crispée.

— Bonjour l'accueil, marmonna le roux.

Un coup de coude du brun accueillit sa remarque.

— Gen', bon sang…

— Quoi ? J'ai pas gueulé, que je sache ! lança-t-il. Si on ne peut même plus émettre une simple opinion !

— Apprend à lire un minimum l'ambiance…

— Laisse, Angeal…, répondit Sephiroth, las. Et puis de toute façon, c'est s'il se montrait avenant que je commencerais à m'inquiéter.

Sur ces paroles, il s'écarta, invitant ses deux amis à entrer. L'estomac noué, il referma la porte derrière eux et vint possessivement agripper un coin du lit parapluie, tandis que les deux autres s'installaient sur son sofa.

— Bon alors ! Maintenant qu'on est là, tu vas enfin me dire de quoi il faut qu'on parle tous les trois, exactement ?

Les bras croisés, le sourcil froncé, le roux, de plus en plus contrarié, battait le sol avec son pied.

— Tu… n'en a vraiment aucune idée ?

— Puisque je te le demande ! Tout ce que je sais, c'est que ça ne va pas être agréable, visiblement, alors ne te fais pas prier, accouche !

Angeal prit une profonde inspiration, tandis que Sephiroth resserrait jalousement sa prise sur le bord du lit.

— Tu… ne voudrais pas jeter un œil aux jumeaux ? proposa-t-il, ne sachant pas vraiment comment annoncer la bombe à son caractériel ami d'enfance.

— Quoi ? Quel rapport ?

Le roux fronça les sourcils.

— Oh, je peux t'assurer que ça en a un…

Commençant à se demander si le brun n'avait pas une case en moins, Genesis soupira. Il se tourna vers le lit, s'appuya contre la rambarde et posa la tête contre son avant-bras, s'offrant une vue optimale sur les deux petits occupants.

— Hum… laissa-t-il échapper, ne sachant pas bien quoi en penser.

De son côté, de plus en plus stressé, Sephiroth ne put s'empêcher de laisser échapper un claquement de langue. Genesis leva un regard interrogatif vers, lui, mais celui-ci se détourna. Le roux haussa les épaules, puis baissa de nouveau les yeux vers les jumeaux quelques secondes, avant de revenir à Angeal.

— Bon… j'ai vu ! Est-ce que tu vas enfin me dire ce qu'il se passe, maintenant ? J'ai pas la nuit je te rappelle !

— Non mais tu es certain d'avoir bien regardé ? insista le brun. Vraiment ? Et, il n'y a pas quelque chose qui te saute aux yeux, chez ces deux petits ?

Genesis poussa une plainte agacée. Venant se frotter le menton, il observa une nouvelle fois les deux bébés, ne comprenant pas du tout où son ami voulait en venir.

— Alors ?

— Alors quoi ? C'est peut-être très clair pour toi qui voit exactement de quoi tu parles, mais en ce qui me concerne, j'aurais besoin d'un complément d'information !

Incrédule, Angeal se demanda si le roux le faisait exprès.

— Tu ne vas pas me dire que tu ne vois pas la ressemblance !?

« La ressemblance ? »

Genesis regarda alternativement le brun, Sephiroth, puis les jumeaux.

— Une ressemblance, hein… C'est vrai qu'en y regardant de plus près…

Il plissa légèrement les yeux comme pour mieux y voir, tandis que les deux autres retenaient leur souffle.

— Celui-là, hésita-t-il, pointant du doigt petit Genesis, ressemble un peu à Sephiroth, non ? Quant à l'autre… Angeal, c'est vraiment ton portrait craché, mon vieux ! s'exclama-t-il, très sérieux, à l'attention du brun.

Sidéré, Angeal resta muet quelques secondes, la bouche entrouverte sur une expression incrédule.

— Du coup… qui est le père ? poursuivit Genesis, perdu. Je me doute que vous ne les avez pas faits ensemble, mais…

— Bordel, Genesis ! coupa Angeal. Tu te fous de nous, c'est pas possible autrement !

Outré et sincèrement perdu, ce n'est que par égard pour les deux bébés que le roux se retint de lui hurler dessus.

— Écoute-moi bien… Je ne suis pas venu ici pour jouer aux devinettes et encore moins pour me faire malmener par toi !

À bout de patience, le jeune homme se leva d'un coup.

— Alors maintenant tu as dix secondes pour me dire ce que tu voulais, pas une de plus ! décréta-t-il, bras croisés sur son torse.

Embêté, le brun regarda Sephiroth, lequel détourna les yeux.

« Génial...qu'est-ce que je fais, maintenant ? »

Il commençait à douter. Devait-il vraiment tout dire à Genesis, alors que celui-ci ne pensait pas même une seconde être le père ? Et puisque Sephiroth voulait les garder…

Il secoua la tête. Non, il ne pouvait tout de même pas laisser son ami d'enfance dans l'ignorance, même pour arranger tout le monde. Et puis c'est le genre de secret qui finit toujours par se savoir, alors pourquoi hésiter ? Genesis devait savoir…

— Tic-tac , Angeal !

Le roux, à deux doigts de partir, leva un sourcil, commençant à douter d'avoir une réponse.

Sorti de ses réflexions, le brun sentit la pression monter. Il ne pouvait pas le laisser partir sans lui avoir rien dit, car il sentait bien que plus il tarderait, plus il lui serait compliqué de lâcher cette bombe. Sans compter que sur ce coup, il était seul. Clairement, il ne pouvait pas compter sur Sephiroth pour l'aider.

— Ok, ça suffit ! Quand monsieur sera enfin décidé à parler, qu'il m'envoie un message ! Moi, j'en ai ma claque !

— NON, ATTEND ! s'écria le brun.

— Trop tard ! Au revoir !

— Genesis tu… tu es le père des jumeaux !

Un silence de plusieurs secondes accueillit la nouvelle.

— je… Je suis quoi ?

Les jambes coupées par la nouvelle, le jeune homme bascula en arrière et retomba lourdement sur le sofa, tandis que dans le lit, petite Genesis, réveillée en sursaut par la voix d'Angeal, commençait à pleurer.